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Un extrait des propositions de Maurice Allais exprimées dans « La crise mondiale d’aujourd’hui »

Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires

 

1. Des facteurs majeurs

Si nous considérons non seulement l'Histoire de ces dernières décennies, mais également celle des deux derniers siècles, et sans doute celle de ceux qui les ont précédés, les facteurs monétaires et financiers apparaissent certainement comme ayant une importance tout à fait exceptionnelle dans le fonctionnement de toute économie.

Si en effet des conditions monétaires et financières appropriées ne sont pas assurées, l'expérience montre qu'il ne saurait y avoir ni efficacité de l'économie, ni équité de la distribution des revenus. L'instabilité économique, la sous-production, l'iniquité, le sous-emploi, la détresse et la misère qui en résultent, sont des fléaux majeurs.

Cependant, les profonds désordres qui se sont constatés ne peuvent en aucune façon être considérés comme le résultat inévitable du fonctionnement d'une économie de marchés ; ils ont été, et ils sont généralement, les conséquences des politiques financières et monétaires mises en œuvre dans un cadre institutionnel inapproprié.

Plus que jamais, des réformes, très profondes et radicales, sont nécessaires :

-réforme du système du crédit ;

-stabilisation de la valeur réelle de l'unité de compte ;

-réforme des marchés boursiers ;

-réforme du système monétaire international.

2. Le système du crédit

En fait, le système actuel du crédit, dont l'origine historique a été tout à fait contingente [accidentelle, non nécessaire], apparaît comme tout à fait irrationnel, et cela pour huit raisons au moins :

- la création (ou la destruction) irresponsable de monnaie et de pouvoir d'achat par les décisions des banques et des particuliers ;

- le financement d'investissements à long terme par des fonds empruntés à court terme ;

- la confusion de l'épargne et de la monnaie ;

- la très grande sensibilité du mécanisme du crédit à la situation conjoncturelle ;

- l'instabilité foncière qu'il engendre ;

- l'altération des conditions d'une efficacité maximale de l'économie ;

- l'altération de la distribution des revenus ;

- et enfin l'impossibilité de tout contrôle efficace du système du crédit par l'opinion publique et le Parlement, en raison de son extraordinaire complexité.

 

Au regard d'une expérience d'au moins deux siècles quant aux désordres de toutes sortes et à la succession sans cesse constatée de périodes d'expansion et de récession, on doit considérer que les deux facteurs majeurs qui les ont considérablement amplifiées, sinon suscitées, sont la création de monnaie et de pouvoir d'achat ex nihilo par le mécanisme du crédit et le financement d'investissements à long terme par des fonds empruntés à court terme.

Il pourrait cependant être facilement pallié à ces deux facteurs par une réforme d'ensemble qui permettrait, sinon de mettre fin aux fluctuations conjoncturelles, tout au moins d'en diminuer considérablement l'ampleur.

 

Cette réforme doit s’appuyer sur deux principes tout à fait fondamentaux :

1 - La création monétaire doit relever de l’État et de l’État seul. Toute création monétaire autre que la monnaie de base par la Banque centrale doit être rendue impossible, de manière que disparaissent les « faux droits » résultant actuellement de la création de monnaie bancaire.

2 - Tout financement d’investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts à des termes plus longs, ou tout au moins de même terme.

 

 

La réforme du mécanisme de crédit doit ainsi rendre impossibles à la fois la création de monnaie ex nihilo et l’emprunt à court terme pour financer des prêts à plus long terme, en ne permettant que des prêts à des échéances plus rapprochées que celle correspondant aux fonds empruntés.

 

Cette double condition implique une modification profonde des structures bancaires et financières reposant sur la dissociation totale des activités bancaires telles qu’elles se constatent aujourd’hui et leur attribution à trois catégories d’établissements distincts et indépendants :

1. des banques de dépôt assurant seulement, à l’exclusion de toute opération de prêt, les encaissements et les paiements, et la garde des dépôts de leurs clients, les frais correspondants étant facturés à ces derniers, et les comptes des clients ne pouvant comporter aucun découvert ;

2. des banques de prêt empruntant à des termes donnés et prêtant les fonds empruntés à des termes plus courts, le montant global des prêts ne pouvant excéder le montant global des fonds empruntés ;

3. des banques d’affaires empruntant directement au public ou aux banques de prêt et investissant les fonds empruntés dans les entreprises

.

 

· Dans son principe, une telle réforme rendrait impossibles la création monétaire et de pouvoir d’achat ex nihilo par le système bancaire et l’emprunt à court terme pour financer des prêts de terme plus long. Elle ne permettrait que des prêts de maturité plus courts que ceux correspondant aux fonds empruntés.

Les banques de prêt et les banques d’affaires serviraient d’intermédiaires entre les épargnants et les emprunteurs. Elles seraient soumises à une obligation impérative : emprunter à long terme pour prêter à plus court terme, à l’inverse de ce qui se passe aujourd’hui.

 

Une telle organisation du système bancaire et financier permettrait la réalisation simultanée de conditions tout à fait fondamentales :

1 - l’impossibilité de toute création monétaire et de pouvoir d’achat en dehors de celle de la monnaie de base par les autorités monétaires ;

2 - la suppression de tout déséquilibre potentiel résultant du financement d’investissements à long terme à partir d’emprunts à court ou à moyen terme ;

3 - l’expansion de la masse monétaire globale, constituée uniquement par la monnaie de base, au taux souhaité par les autorités monétaires ;

4 - une réduction majeure, sinon totale, de l’amplitude des fluctuations conjoncturelles ;

5 - l’attribution à l’État, c’est-à-dire à la collectivité, des gains provenant de la création monétaire, et l’allègement en conséquence des impôts actuels ;

6 - un contrôle aisé par l’opinion publique et par le Parlement de la création monétaire de la création monétaire et de ses implications.

 

 

Tous ces avantages seraient essentiels. Les profonds changements que leur obtention implique se heurteraient naturellement à de puissants intérêts et à des préjugés fortement enracinés.

Mais, au regard des crises majeures que le système actuel du crédit n’a cessé de susciter depuis au moins deux siècles, et continue à susciter aujourd’hui, et que les autorités monétaires se révèlent toujours incapables de maîtriser, cette réforme apparaît comme une condition nécessaire de survie d’une économie décentralisée et de son efficacité.

JPEG - 60.4 ko
Maurice Allais - 2001
Studio Harcourt Paris

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72 réactions à cet article    


  • HELIOS HELIOS 2 mai 2012 11:38

    ... le verrouillage tel qu’il est expliqué ici peut fonctionner, mais va ineluctablement, comme cela est prevu, steriliser l’expansion economique.

    Une analogie, juste pour comprendre....
    imaginez un moteur a explosion avec sa bougie d’allumage...
    le moteur a un regime stable... si vous voulez accelerez, il faut imperativement « avancer » le point d’allumage.. si vous ne le faites pas, le moteur n’accelere pas.

    Pour le credit, c’est la même chose... si vous l’encadrez a ce point, il n’y aura pas « d’avance » c’est a dire de creation monaitaire non souhaitée, justement celle qui permet l’acceleration de l’economie donc la croissance economique.

    Ce commentaire ne veut pas dire qu’il ne faille pas controler le credit. Il faut juste savoir, que la « couverture » a 100% des prets par des ressources existantes et/ou la couverture temporelle (pret a long terme sur ressources a court terme) sont des mecanismes de stabilités stricts, et donc sterilisants...

    il faut du jeu dans les rouages pour que cela ne grippe pas.

    Commençont par redonner a l’etat l’exclusivité de la creation monetaire et à ajuster les differents taux et durees de couverture pour que l’equilibre croissance/stabilite soit respectable... ce qui veut dire qu’il existe un organisme independant et serieux auquel les acteurs se soumettent.

    Bonne journee


    • Croa Croa 4 mai 2012 07:53

      C’est justement une des perversités du système actuel que de créer la monnaie avant les richesses réelles via le crédit. Ce dopant économique entraîne mécaniquement une obligation de croissance, laquelle entraîne cette surconsommation des ressources qui nous mène dans le mur  : Il ne peut pas il avoir de croissance infinie dans un monde fini !  Le crédit ne saurait pour autant être aboli mais l’usure si et totalement ! Il n’y a que les états qui puissent gérer une telle économie.

      La solution est dans le partage, pas dans la croissance. 


    • ObjectifObjectif 4 mai 2012 10:55

      croa a écrit : « Il n’y a que les états qui puissent gérer une telle économie. »

      Justement non, il n’y a que le Peuple, ie l’ensemble des citoyens qui peuvent gérer une économie monétaire : car les personnes cachées derrière l’Etat finissent toujours par détourner le pouvoir de la monnaie.

      En France après 1945, c’est bien l’Etat qui créait la monnaie par les crédits des banques nationalisées. Or les élus politiques ont réussi à persuader les citoyens de privatiser les banques, avec la création monétaire en paquet cadeau.


    • epapel epapel 2 mai 2012 12:40

      C’est très bien et il faut sûr le faire mais ça ne règlera pas tous les problèmes ça le système monétaire n’est qu’un moyen de piloter l’économie et non un carburant ou une ressource.
      .
      Et le carburant de l’économie c’est quoi : l’énergie.
      Et les ressources de l’économie c’est quoi : les matières premières.
      .
      L’avenir c’est quoi : une disponibilité de plus en plus faible du carburant et des ressources.


      • lagabe 2 mai 2012 14:38

        faut pas aller bien loin , pour la fin
        1972-2012 : le Club de Rome confirme la date de la catastrophe - AgoraVox le média citoyen
        rien de plus à ajouter


      • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 3 mai 2012 06:05

        Je pense la même chose, Musima. Je ne crois pas qu’il sera possible de se transformer cette civilisation sans passer par sa mort. Le signe révélateur a été pour moi la passivité de la population et des institutions médiatiques devant le 11 septembre : arrivé à ce stade de paralysie mentale, un effondrement de civilisation n’est plus évitable. Je ne sais pas quelle forme il va prendre, mais ça arrive, la vague sera sur nous dans peu de temps.


      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 mai 2012 13:11

        @ l’auteur

        Merci pour cet article intéressant mais qui, néanmoins, me fait penser que le diable est dans les détails.

        Je trouve en effet intéressant de revenir au texte d’Allais mais l’exercice de pédagogie consistant à le rendre accessible me paraît délicat car il va laisser un certain nombre de lecteurs ou de problèmes sur le bord de la route.

        Pour ma part, je suis convaincu (cad sûr et certain) de l’importance d’avoir l’intégralité de la création monétaire aux mains de l’Etat et je me fous un peu de savoir comment il conviendrait exactement d’ajuster cette création monétaire pour que tous les acteurs du système puisse emprunter à un tarif qui puisse satisfaire tous les besoins.

        Je suppose qu’il y a des solutions mais pour moi, c’est de l’intendance. La clé c’est l’intégralité de la création monétaire aux mains du peuple.

        Le diable est dans les détails car lorsqu’on vient à ceux-ci, c’est alors que le consensus se perd. Comme on le voit dans les commentaires, chacun y va de sa solution, de sa conception et l’unanimité sur le fondamental est perdue de vue.

        C’est bien dommage car je pense que le consensus sur la création monétaire réservée au peuple et interdite aux banques (tel que je le comprends, c’est l’hypothèse 100% monnaie) est nécessaire et bien suffisante au sens où si nous l’obtenons alors nous aurons tout ce qu’il faut. Le reste suivra en temps utile.

        Me trompè-je ?


        • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 3 mai 2012 17:51

          @Luc-Laurent Salvador
          Non, vous ne vous trompez pas... mais la transition est sans doute difficile si elle n’est pas parfaitement organisée et surtout les banques commerciales et leurs actionnaires feront tout pour ne pas perdre leurs avantages considérables.
          Je suppose que vous avez lu mon explication au sujet du 100% monnaie que vous trouvez par exemple ici ou ailleurs (et sur Agoravox mais je n’ai pas le lien sous la main)


        • ObjectifObjectif 3 mai 2012 19:33

          @Luc-Laurent Salvador : "C’est bien dommage car je pense que le consensus sur la création monétaire réservée au peuple et interdite aux banques (tel que je le comprends, c’est l’hypothèse 100% monnaie) est nécessaire"

          C’est là qu’est l’arnaque : vous faire confondre peuple (ie ensemble des citoyens) et Etat.

          Si les citoyens reçoivent chacun leur part de création monétaire, la création est équilibrée et tout le monde part à égalité.

          Si un Etat reçoit la création monétaire et la distribue selon le bon vouloir de quelques élus et fonctionnaires, alors les citoyens sont grugés, immanquablement à terme quand les élus et les fonctionnaires ne résistent plus au pouvoir de la monnaie.

          cf http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/pour-un-systeme-monetaire-112936

          PS : je n’ai plus vu la suite de notre discussion entamée dans un autre article smiley


        • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 3 mai 2012 20:30

          @Objectif
          Actuellement la création et la distribution de la monnaie est aux mains des banques. Comme Allais je veux la remettre dans les mains du peuple (et donc de l’Etat) par ses représentants en particulier le Parlement lors du vote du budget (et je ne nie pas qu’il y a trouver une formule qui ne permette pas aux élus et au gouvernement d’en faire n’importe quoi à leur bon vouloir ; mais c’est un autre sujet)


        • ObjectifObjectif 3 mai 2012 20:45

          En France, elle est aux mains des banques privées uniquement parce que ces banques nationalisées en 1945 par le CNR (sauf 2 protégées par Gaulle, dont la future Paribas) ont été privatisées sans prévenir les citoyens que la création monétaire était dans le paquet cadeau.

          Donc oui, le principal problème quand la création monétaire est un monopole d’Etat, est bien de protéger la création monétaire des élus et fonctionnaires au mieux incompétents et au pire corrompus.

          Faisons directement un monopole de tous les citoyens, et ce problème sera réglé, ainsi que :
          - celui de la neutralisation de l’inflation monétaire ;
          - celui de la création d’un revenu inconditionnel de base, et avec le problème du financement de la politique sociale ;
          - celui du financement des petits entrepreneurs locaux, le vrai moteur de l’économie ;
          - celui du vote démocratique sur le choix des projets à financer ;
          - celui de l’assèchement des sources de financements de la spéculation et de la corruption par les crédits bancaires favorisant les amis et parents (cf rapport sur la faillite des banques islandaises),
          - et la liste n’est pas exhaustive...


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 4 mai 2012 11:44

          @ A-J Holbecq

          Merci pour la confirmation. Donc ma représentation n’est pas incohérente.
          J’ai en effet lu vos articles mais surtout votre excellent livre sur la dette, affaire rentable... (ainsi que les standards du web)...

          @ ObjectifObjectif

          Autant je suis pour la distribution du pouvoir, autant pour la croissance de la masse monétaire, je pense qu’il faut une régulation efficace et donc centralisée.
          Elle pose la question de la réalité de la démocratie qui est bien triste actuellement, mais malgré tout, l’histoire montre qu’un peuple en maîtrise de sa monnaie (comme de ses ressources et de sa puissance de travail) peut être florissant alors qu’il n’a pas mis en oeuvre ce que vous proposez.

          Dès lors j’infère que ce que vous proposez n’est pas nécessaire. Et pour le moment, je préfère faire simple. Le 100 % monnaie me satisfait amplement. Si vous voulez me convaincre le moins du monde, expliquez moi comment sera (idéalement) régulée la croissance de la masse monétaire avec votre approche distribuée ou collective...


        • ObjectifObjectif 4 mai 2012 19:37

          @Luc-Laurent Salvador :

          "Autant je suis pour la distribution du pouvoir, autant pour la croissance de la masse monétaire, je pense qu’il faut une régulation efficace et donc centralisée."

          Et alors ? Dans une coopérative monétaire équilibrée, il y a bien sûr une coordination entre les citoyens. Cette coordination est définie par les 5 principes suivants :

          1. Toute création monétaire est réservée aux citoyens : c’est le droit de vote économique ;

          2. La création monétaire est transparente et équilibrée : chaque citoyen en reçoit la même part.

          3. La création monétaire est récurrente : la masse monétaire est augmentée de 1% chaque mois.

          4. Nul ne peut vendre ou louer ce qu’il ne possède pas à l’instant de l’établissement du contrat.

          5. Nul ne peut prélever des intérêts sur la monnaie : c’est une unité de compte, pas une valeur.

          Peut-on faire plus simple ?

          "l’histoire montre qu’un peuple en maîtrise de sa monnaie (comme de ses ressources et de sa puissance de travail) peut être florissant alors qu’il n’a pas mis en oeuvre ce que vous proposez.« 

          Au début oui, comme dans tout système pyramidal, mais jamais plus de 2 générations sans guerre économique... Demandez aux clientsde Madoff, ils étaient tous très contents au début !

          Mais dans l’histoire, vous semblez juste oublier l’invention de l’écriture, issue de la comptabilité des échanges économiques sur des boules d’argile (donc sans valeur matérielle), qui aussi inventé le principe de l’enveloppe soleau actuelle et le mot »calcul"...

          « Dès lors j’infère que ce que vous proposez n’est pas nécessaire. »

          Relisez les démonstrations mathématiques de la TRM avant d’inventer des inférences smiley

          "Et pour le moment, je préfère faire simple.« 

          Comment faire plus simple que les 5 principes présentés ci-dessus et dans cet article ? Vous pensez que essayer de maintenir stable un système par essence instable car assymétrique sera simple ?

           »Le 100 % monnaie me satisfait amplement.« 

          Une monnaie équilibrée est 100% monnaie : toute création par des banques privées lors de crédit y est interdite, par application des principes 1 et 2.

           »Si vous voulez me convaincre le moins du monde, expliquez moi comment sera (idéalement) régulée la croissance de la masse monétaire avec votre approche distribuée ou collective..."

          Distribuée et collective ! Avec une synchronisation parfaite, puisque chacun reçoit la même part de nouvelle monnaie sur son compte chaque mois : c’est l’application des principes 2 et 3...

          A votre disposition pour plus de détails !


        • sisyphe sisyphe 2 mai 2012 14:33

          Merci pour ces extraits de proposition de réforme monétaire de Maurice Allais, plus que jamais d’une brulante actualité.

          Réforme monétaire urgente, essentielle, indispensable, développée également par d’autres économistes et chercheurs :

          James Robertson

          Etienne Chouard

          Joël Halpern

          Pierre Jovanovic

          etc....

          REFORME MONÉTAIRE D’UNE URGENCE ABSOLUE


          • spartacus spartacus 2 mai 2012 17:04

            La modification de la banque va se faire par une nouvelle concurrence inattendue.

            Le remplacement de la banque par l’individu.
            Aux USA le prêt entre individus officialisé a déjà pris 15% de part de marché des prêts aux particuliers. Le lobby bancaire et l’administration bloquent le prêt direct aux entreprises.
            Ca s’appelle le peer-to-loan.

            Les individus voient les demandes de prêt, et les particuliers exposent leurs demandes. L’accès au crédit désacralise la banque et permet de s’en passer.
            Pas de bouleversement pour les 15 prochaines années, le temps que ça se généralise, rentre dans les habitudes, que les blocages de lobby s’estompent. Mais a long terme il est prévoir que le crédit ne sera plus distribué par les banques mais par des groupes d’individus.

            Cela résous les points 1 et 2 et 3 la banque d’affaire peut emprunter directement aux particuliers mais aussi la petite comme la grosse entreprise 

            • samuel 25 mai 2012 16:24

              « Mais a long terme il est prévoir que le crédit ne sera plus distribué par les banques mais par des groupes d’individus. »

               

              ça existe déjà en Italie. ça s’appelle Cosa Nostra. Les méthodes de recouvrement des impayés sont assez folklorique et ils ne payent pas d’impôts !!!


            • 59jeannot 2 mai 2012 17:15

              Un truc qui me taraude :
              Quand une banque accorde un prêt de 100€ ; elle utile ses fonds propres à hauteur de 8€ à 9€ ; disons 10€ pour simplifier ; le reste, elle fabrique l’argent ( création monétaire par le crédit)
              Elle perçoit donc un intérêt, par ex:7%, calculé sur l’intégralité du prêt soit 7€.
              Or, elle n’a utilisé que 10€ de ses avoirs et donc touche un intérêt de 7€ sur 10€ placés Cela fait un placement qui lui rapporte 70% l’an. Pas mal


              • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 3 mai 2012 17:59

                Non, elle n’utilise pas ses fonds propres : par contre il faut que ses fonds propres représentent au moins 8% des crédits qu’elle accorde (« Bâle 2 » )
                Par contre une banque va devoir assurer les « fuites » en monnaie centrale, sur ses dépôts :
                - demande de billets (#13%)
                - réserves obligatoires (1%)
                - mais surtout la compensation avec les autres banques si sa part de marché de crédits dépasse sa part de marché des dépôts de ses clients.


              • yvesduc 2 mai 2012 20:08

                Il y avait un petit jeune, hier place Denfert-Rochereau, qui distribuait un tract interpellant les candidats à la présidentielle sur la dette, et qui ne connaissait pas la loi de 1793… Je me suis naturellement fait un plaisir de lui expliquer. Merci pour votre article, qui “enfonce le clou”.


                • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 2 mai 2012 20:16

                  C’est quoi cette loi de1793 ?La guillotine bancaire ?


                • rocla (haddock) rocla (haddock) 2 mai 2012 20:18

                  la loi de 1793 c ’est l’ institutionnalisation du jus de paumes .


                  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 2 mai 2012 20:23

                    Avec interdiction au peuple de distiller les bénéfices !Salut Cap’tain !


                  • rocla (haddock) rocla (haddock) 2 mai 2012 20:27

                    Mais qu’ est-ce qu’ ils disent-ils ... smiley


                    Bonjour Aita Pea Pea .

                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 2 mai 2012 20:41

                      Nestor ,un calva pour le capitaine s’il vous plait,et pour moi,sans vous déranger .


                    • kiouty 3 mai 2012 00:05

                      Pour la 15 milliardième fois sur ce site : IL N’Y A PAS DE CREATION DE MONNAIE EX-NIHILO.

                      1) Parce que le principe de conservation des quantités ne serait pas respecté et que la monnaie n’aurait aucune valeur.
                      2) La monnaie est aujourd’hui créée par TITRISATION ou MONETISATION des dettes privées.

                      Ca va rentrer dans vos petites cervelles de conspirationnistes un de ces 4 ou quoi ?

                      Y en a marre de voir arriver des nouveaux initiés illuminés qui ont vu la vierge et croient avoir tout compris de la grande arnaque de la création monétaire ex-nihilo après avoir lu trois blogs pourris faits par des banquiers sur internet.


                      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 3 mai 2012 06:57

                        « TITRISATION ou MONETISATION des dettes privées » ?

                        C’est pas de la création ex-nihilo ça ? Vous créez de la monnaie à partir d’une dette, c’est comme créer de la matière à partir de l’anti-matière !

                        En fait, vous avez raison, c’est pas de la création ex-nihilo, c’est pire, c’est de la création à partir de l’absence, de l’inverse du sonnant et trébuchant de la relique barbare.

                        Si nous les « complotistes » on a vu la Vierge, alors vous vous avez vu le diable,

                        et il vous a roulé dans la farine  smiley


                      • MdeP MdeP 3 mai 2012 13:32

                        MdeP @ kiouty

                        Non mais sans blague : pourquoi n’y aurait-il pas de création de monnaie ex-nihilo (à partir de rien) ? Pour conserver des quantités de quoi ? De spéculateurs ?
                        Je vais vous donner mon point de vue : on sort direct de l’euro et on récupère tous nos actifs monétaires d’abord. Et puis, on se met d’accord avec la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande et tous ceux qui voudront nous rejoindre. Chacun sa monnaie convertible avec les monnaies des autres. Mais le fin du fin : toutes nos monnaies ne sont plus convertibles avec l’Euro. Interdiction d’accepter l’euro.
                        Tu vois ce que je veux dire, nom de Dieu !!! 

                      • MdeP MdeP 3 mai 2012 13:38

                        MdeP @ kiouty

                        C’est nous qui fixons le prix du pain.

                      • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 3 mai 2012 17:38

                        @Kiouti
                        Je crois que c’est vous qui n’avez pas bien compris et non pas Allais ou « les petites cervelles de conspirationnistes »
                        Lisez par exemple http://tinyurl.com/creation-monetaire

                        Mais vous pouvez aussi vous procurer quelques bouquins universitaires (je vous conseille « Economie monétaire et financière » ... c’est très bien expliqué)

                        Au final les banques (commerciales) ont de nombreuses manières de créer de la monnaie :

                        - Opération de crédit
                        - Acquisition d’un actif réel (terrain, immeuble…)

                        - Acquisition d’un actif financier (actions, obligations d’entreprises)
                        - Acquisition des bons du Trésor (créances sur le Trésor).

                        - Conversion des devises (suite exportation d’une entreprise cliente)

                        - Opération d’escompte

                        - Paiements pour compte propre (ex : loyers, salaires et charges diverses)


                      • Jason Jason 3 mai 2012 18:50


                        @ Kiouty

                        Pas d’accord. Lisez « The ascent of Money », Penguin Books,2008. De Niall Ferguson, Laurence A. Tisch Professor of history at Harvard University ; Senior Research Fellow, Oxford University, and professor at Stanford University. 

                        Je pense que vous changerez d’avis.


                      • ObjectifObjectif 3 mai 2012 19:18

                        kiouty a écrit :

                        "Pour la 15 milliardième fois sur ce site : IL N’Y A PAS DE CREATION DE MONNAIE EX-NIHILO.

                        1) Parce que le principe de conservation des quantités ne serait pas respecté et que la monnaie n’aurait aucune valeur.« 

                        Et justement, le principe de conservation des quantités n’est pas respecté pour l’€uro : 800% d’augmentation entre 1980 et 2009 selon la BCE dans la zone €euro cf http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/bancopoly-le-jeu-qui-fait-fureur-102959

                        Et la monnaie n’a pas plus de valeur qu’une mesure de température en °C ou en °F : tout ceux qui croient que la monnaie est un bien et qui payent pour sa location se sont fait avoir... cf http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/pour-un-systeme-monetaire-112936

                        Même la banque de France le dit :  »Création monétaire Opération aboutissant à produire une quantité nouvelle de monnaie. Le crédit* est un mode de création monétaire : il fait apparaître sur un compte une somme qui n’existait pas auparavant."
                        dans son opuscule http://www.citedeleconomie.fr/IMG/pdf/Livret_La_monnaie_nous.pdf page 29.

                        Et la Banque Nationale Suisse le confirme dans son glossaire en ligne : « Création de monnaie : Les banques créent de la monnaie en accordant des crédits. » http://www.snb.ch/f/welt/glossary/c.html#c8


                      • yvesduc 6 mai 2012 16:32
                        kiouty : il y a création ex nihilo, puis destruction. C’était un simple raccourci oratoire.

                        Le problème n’est d’ailleurs pas dans le processus de création/destruction lui-même, mais dans les intérêts, versés aux banques sur la totalité de la monnaie créée puisqu’il n’y a pas d’autre façon de créer de l’argent (que par la dette).

                        On ne peut pas toujours emprunter auprès d’investisseurs. Dans notre système, il vient forcément un moment où ceux-ci viennent à manquer, et où il faut faire intervenir les banques et le mécanisme de création ex nihilo. En effet, et c’est une lapalissade, la masse monétaire ne peut pas augmenter sans qu’il n’y ait, à un moment ou à un autre, création ex nihilo (ou plus exactement, comme dans notre cas, création temporaire ex nihilo).

                        Raisonnement par l’absurde : si l’on trouvait toujours des investisseurs auprès de qui emprunter, cela signifierait que la masse monétaire de demain existe déjà. Or par définition, la deuxième est inférieure à la première (en période de croissance).

                        Le principe de la réserve fractionnaire, que vous connaissez certainement, relève typiquement de la création ex nihilo. Il serait inutile si l’argent venait par un autre moyen que la dette.

                        En résumé, nous avons l’impérieuse nécessité d’être collectivement endettés, et de plus en plus endettés – c’est le fonctionnement normal. Mais les banques perçoivent la quasi totalité des intérêts dus à l’accroissement de la masse monétaire, puisqu’elles n’en reversent qu’une fraction à la banque centrale (selon le taux pratiqué par cette dernière et divisé par le taux de la réserve fractionnaire, si j’ai bien compris).

                      • MdeP MdeP 3 mai 2012 13:57

                        Il faut fixer un « cordon sanitaire » autour de notre économie. Tout ce qui n’a pas été fait régulièrement (spéculation avérée) doit être dénoncé : à l’impossible nul n’est tenu. La Grèce aurait dû sortir de l’euro, revenir à sa souveraineté (qu’elle a perdu, nul ne peut dire le contraire) avec la création de sa propre monnaie.

                        Et cette monnaie, me direz-vous, quelle valeur pourrait-on lui accorder : le temps que la Finance mettra à récupérer à la régulière son tribu de guerre, c’est-à-dire JAMAIS. Sa valeur sera égale à sa pérennité. Que le chien aboie, que la caravane passe.

                        • diverna diverna 3 mai 2012 14:17

                          Ne faisons pas dans l’angélisme : si on a cherché à couper le cordon ombilical entre l’état et la création de monnaie c’est aussi pour éviter que la planche à billet tourne pour un oui ou un non et il est à craindre que ce soit maintenant la seule solution pour payer des dettes insolvables.

                          Au passage pour l’auteur et parce que le nom de Maurice Allais est associé : le verbe pallier demande le transitif en français.

                           


                          • Roosevelt_vs_Keynes 3 mai 2012 15:16

                            Maurice Allais, notre seul prix Nobel d’économie, soutenait la réforme du système monétaire et financier international telle que la promeuvent Jacques Cheminade et Lyndon Larouche.


                            • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 3 mai 2012 16:13

                              @Diverna
                              « Pallier » ... merci j’essayerai de m’en souvenir

                              @Roosevelt
                              Il n’y a que peu de similitudes entre la proposition Allais du « 100% monnaie » (réserves pleines) et la proposition de Cheminade


                              • Roosevelt_vs_Keynes 3 mai 2012 18:57

                                Bien sûr, c’est évident !


                              • Le péripate Le péripate 3 mai 2012 19:24

                                Lecteur, si tu n’y comprend rien, c’est normal : c’est à peu près n’importe quoi.


                                • sisyphe sisyphe 4 mai 2012 08:32

                                  Houla !

                                  Le péripate sort de sa tanière !

                                  C’est qu’il est question de réforme monétaire ; le sujet tabou pour lequel il a toutes les alertes ...

                                  Supprimer le pouvoir des banques ? De quoi donner des sueurs froides au Friedmaniens et Hayekiens pinochetistes...

                                   smiley


                                • ObjectifObjectif 3 mai 2012 19:27

                                  La réforme ainsi proposée ne réglerait rien : le problème est d’assurer l’égalité de tous les citoyens devant la création monétaire.

                                  Si je reçois une part de 100 000 nouvelles unités de monnaie juste créées, et vous recevez 0, alors évidemment vous serez lésés :
                                  - car non seulement je pourrais acheter votre travail et vos biens sans me fatiguer ;
                                  - mais les nouvelles unités de monnaie ainsi ajoutées à la masse monétaire préexistante font perdre de la valeur à cette monnaie pré-existante : c’est l’inflation monétaire, à ne pas confondre avec l’inflation des prix.

                                  C’est un peu comme si dans une société par action, on décide de créer de nouvelles actions en les attribuant à un nouveau venu : il va prendre le pouvoir sur tous les autres actonnaires. Et pour l’Euro, si en 1980 les actions existantes représentaient 100, alors en 2009 les nouvelles actions représentaient 700 et on toutes été accaparées par les banquiers privés, en toute discrétion.

                                  La seule manière d’arriver à une monnaie qui ne lèse personne, c’est de procéder à une dilution : toute création monétaire est partagée à parts égales entre les citoyens, ie les actionnaires de la coopérative monétaire, et l’inflation monétaire n’a plus aucun effet sur la monnaie qu’ils possèdent déjà.

                                  cf http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/pour-un-systeme-monetaire-112936

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