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Accueil du site > Actualités > Economie > Vous reprendrez bien encore un petit peu de dette ?

Vous reprendrez bien encore un petit peu de dette ?

A dater du 16 avril, suite à une décision de l’AMF (Autorité française des marchés financiers), la plateforme Eurex (« European exchange ») va mettre à disposition des investisseurs un nouveau produit financier (« future ») permettant d’acheter ou de vendre à terme des obligations d’Etat françaises (« OAT »).

En clair, au-delà des exposés et débats généralement techniques et obscurs que les médias ont consacrés au sujet, il s’agit d’ouvrir un nouveau champ à la spéculation sur les dettes publiques, avec toutes les facilités qu’apprécient les opérateurs : effet de levier, paiement différé, informatisation autorisant les transactions à haute fréquence …

De tels contrats ne constituent pas une nouveauté. Ils existaient pour les grandes monnaies nationales européennes avant que le Traite de Maastricht n’instaure l’Union économique et monétaire (surtout monétaire …) de la zone Euro. Ils ont ensuite disparu de la scène (sauf pour les emprunts d’Etat allemands). Sans doute faut-il y voir un effet de l’illusion d’harmonie économique et budgétaire créée par la zone Euro et par les attendus ambitieux de la construction européenne (parmi lesquels la fameuse « règle d’or » budgétaire dont beaucoup semblent avoir oublié qu’elle figure déjà en toutes lettres dans le Traité de Maastricht). 

Depuis, la crise est passée par là, les finances publiques se sont dégradées et l’Union européenne a découvert qu’elle avait soigneusement assemblé tous les rouages d’une bombe à retardement :

- une union monétaire sans véritable coordination économique et budgétaire ;

- l’abandon par le politique du pouvoir monétaire au profit d’une Banque centrale dont l’indépendance est inscrite dans le marbre des traités (de même d’ailleurs que la libre circulation des capitaux, entre les Etats de l’Union mais aussi entre l’Union et le reste du monde) ;

- l’interdiction faite à cette banque centrale d’être prêteur en premier ressort des Etats ;

- l’absence de solidarité pleine et entière entre les Etats de l’Union, qui aboutit à un taux moyen de financement de la dette publique européenne insoutenable ce qui, in fine, coûtera cher à tous, aux pays dits vertueux comme aux pays dits laxistes.

Autrement dit : tout ce qu’il faut pour remettre le destin des peuples européens entre les mains des « marchés ».

Cette mise en application scrupuleuse de la vulgate « ultralibérale » est une marque de fabrique de l’Union européenne. Aucun Etat, aucune région au monde n’ont poussé aussi loin la soumission au dogme : aux USA et au Royaume-Uni, la Banque centrale soutient directement le budget public ; au Japon, la dette publique (très élevée : 200 % du PIB) est, pour l’essentiel, entre les mains des résidents et notamment des ménages, ce qui permet à ce pays de considérer avec le recul qui convient les oracles des agences de notation.

Les « marchés » ont vite compris qu’il était possible d’enfoncer des coins dans l’Union européenne et de s’attaquer avec profit à ses maillons les plus faibles. D’où le retour à un traitement différencié des dettes souveraines par pays et la sophistication croissante des produits de spéculation.

La récente décision de l’AMF, qui va élargir les possibilités de spéculation sur la dette publique française, est une illustration parmi d’autres de cette tendance. Elle est doublement fâcheuse : techniquement, on ne voit pas son utilité ; symboliquement, elle renforce les soupçons de collusion entre le politique et les intérêts financiers.

Le 9 décembre 2010, le Président de l’AMF déclarait au Monde : « Nous n’avons pas eu une approche assez politique au moment de négocier la directive MIF (qui a ouvert à la concurrence les marchés financiers en Europe, avec effet au 1er novembre 2007). On ne s’est pas posé les bonnes questions : de quels marchés voulons-nous ? Comment faire pour qu’ils financent au mieux l’économie ? (…) Il faut réfléchir à ce qu’apporte cette accélération des échanges : quels sont les bénéfices financiers, économiques, pour quelle utilité sociale ? ». Apparemment, l’AMF est toujours en pleine réflexion …

Cependant, ne laissons pas l’arbre nous cacher la forêt : la création d’un nouvel outil de spéculation financière n’est qu’un épiphénomène dans le contexte plus général de dépérissement du pouvoir politique face aux pouvoirs économique et financier.

C’est à ce contexte général qu’il faut s’attaquer, à un niveau où la puissance de réaction et de conviction a quelque chance d’être suffisante, c'est-à-dire au niveau de l’Europe.

Globalement, l’Europe a un niveau d’endettement public encore maîtrisable (ce qui ne dispense évidemment pas les pays les plus endettés de remédier dans la durée à ce déséquilibre). En dépit d’un Euro surévalué et de l’ouverture inconditionnelle de ses frontières, elle bénéficie en outre d’une balance commerciale proche de l’équilibre.

Il est donc encore temps de réagir. Pour s’en tenir aux sujets qui sont en relation immédiate avec la question de la spéculation sur les dettes publiques, cela veut dire :

- réappropriation du pouvoir monétaire par le politique, dans le cadre de principes de saine gestion ;

- application du principe de solidarité pleine et entière au sein de l’Union ;

- retour à une participation de l’épargne des ménages au financement des dettes souveraines, ce qui permettra aussi de mieux rémunérer cette épargne ; les temps s’y prêtent puisque le taux d’épargne des ménages est actuellement élevé (du moins pour ceux qui peuvent épargner ...).

Il n’en sera que plus facile, ensuite, de s’attaquer au casino spéculatif.

 

http://www.citoyensunisdeurope.eu


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82 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 13 avril 2012 08:07

    on entend souvent parler de la dette , mais trés peu de question au sujet de qui la detients, lire cet article pour y voir un peu plus clair :

    http://2ccr.unblog.fr/2012/02/29/qui-detient-la-dette-de-la-france/


    • scripta manent scripta manent 13 avril 2012 11:06

      Sur cette question du « Qui détient de la dette ? » on pourra lire aussi une intéressante synthèse parue en Août 2011 dans Le Monde :
      http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2011/08/10/a-qui-appartient-la-dette-de-la-france_1558009_823448.html

      Il en ressort notamment que :

      « La situation française en Europe est particulière : selon une étude publiée en avril par la fondation pour l’innovation politique (Fondapol), notre pays est en troisième position de l’Union européenne, derrière le Portugal (75 % de la dette détenue par des non-résidents) et la Grèce (71 %). En moyenne, 53 % de la dette des pays européens est détenue par des non-résidents. C’est une différence majeure avec un Etat comme le Japon, dont l’énorme endettement (plus de 200 % de son PIB) est essentiellement possédé par ses épargnants. Les Etats-Unis, quant à eux, ont un tiers de leur dette aux mains de non-résidents »

      Et bravo pour votre site « Conscience citoyenne responsable ».


    • Buddha-dassa 13 avril 2012 15:07

      Merci Robert.....pour le lien qui détient la dette publique....la sont les voleurs...


    • mortelune mortelune 13 avril 2012 15:42

      @ Robert

      Bien vu ! Nous en saurons davantage quand la France aura décidé de ne pas payer la dette. Les créanciers finiront bien par se faire connaitre. Mais ça c’est une autre histoire... Les français sauront-ils faire le bon choix ça aussi c’est une autre histoire. 
      Monsieur Melenchon pourra put-être nous aider à les trouver ces gens là. 

    • lagabe 13 avril 2012 17:13

      va ici http://www.lafinancepourtous.com/Qui-detient-la-dette-publique.html
      Selon les chiffres publiés par l’Agence France Trésor (AFT), parmi les détenteurs de la dette publique, on trouve près de 65,9 % de non-résidents (à fin septembre 2011).
      Une proportion en baisse par rapport à fin 2010 (70 %). Mais en hausse sensible depuis la fin du XXème siècle (en 1993, un tiers de la dette publique française était détenu par des non-résidents). Pour l’essentiel il s’agit d’investisseurs institutionnels (fonds de pensions et fonds d’assurance notamment), mais aussi de fonds d’investissements souverains, de banques, voire de fonds spéculatifs. Il n’existe pas d’information publique détaillée à ce sujet.*

      Ce sont d’ailleurs également des banques et des investisseurs institutionnels (principalement les fonds d’assurance vie) que l’on retrouve parmi les principaux détenteurs résidents de la dette publique française. L’Etat français emprunte donc environ un tiers de sa dette aux banques et sociétés financières nationales. 20 % sont détenus des compagnies d’assurance, qui « achètent » des titres de dette française pour les placements d’assurance vie. Les particuliers sont donc indirectement détenteurs d’une partie significative de la dette publique française. Les banques françaises en détiennent environ 14 %. C’est moins que dans les autres pays européens.

      ce n’est absolument pas un secret bancaire


    • frugeky 13 avril 2012 08:51

      Il est tout de même aberrant, alors que Mélenchon, Dupont-Aignant, Cheminade, Le Pen, Arthaud, en ont parlé, on ne retienne de ces candidats que des petites phrases secondaires.

      On peut y voir l’hallali des puissants et des politiques qui les soutiennent (je pense au clan au pouvoir) qui sentant la défaite approchée font en sorte de pouvoir s’en aller en spéculant contre la France et partir les poches pleines.

      • devphil30 devphil30 13 avril 2012 09:32

        Merci pour vos commentaires frugeky , toujours de bonne qualité.


        Je trouve très étonnant que Lundi 16 Avril , 7 jours avant le premier tour , une libéralisation ( terme large signifiant plus de contrôle ni de restriction ) et une possibilité accrue de spéculer sur la dette Française soit autorisé.

        Je pense que nous allons assister à un grand mensonge et à une nouvelle manipulation.
        Il semblerait dans les sondages que Hollande soit repassé devant sarko au premier et deuxième tour , j’ai entendu ça ce matin.

        Je pronostique pour Lundi une petite attaque dont l’ump sera l’écho en disant que la remonté de Hollande a généré une réaction des marchés dont cela explique la spéculation , à partir de là super zorro va nous enfumer et la tempête va se calmer et nous aurons droit aux auto compliments de l’Union de Menteurs Patentés.

        C’est compagne n’est que mensonge et magouille à l’image du passé de sarko , repensez aux évènements de Toulouse , pour moi c’est pas clair.

        Philippe





      • Jean Valjean Jean Valjean 13 avril 2012 13:57

        I"l est tout de même aberrant, alors que Mélenchon, Dupont-Aignant, Cheminade, Le Pen, Arthaud, en ont parlé, on ne retienne de ces candidats que des petites phrases secondaires.« 
        +1
        Oui et cela mets aussi en lumière les candidats qui n’ont rien dit au sujet de ce nouveau produit spéculatif destiné à attaquer la France, leur absence de réactions face à ce scandale prévu à une semaine du premier tour comme pour le scandaleux  »Mécanisme Européen de stabilité" montre bien pour qui ils roulent.
        Ces candidats sont donc à écarter en priorité de nos choix de votes.


      • Catart Catart 13 avril 2012 16:33

        @ Jean Valjean

        Tout à fait c’est pour cela que nous en parlons depuis des mois sur notre site avec de nombreux articles ou vidéos comme celle d’Etienne Chouard.

        La haute finance, les « maîtres du monde » sentent qu’i y a un risque de changement de monde, le basculement dont tout le monde parle à voix basse, ils installent une série de mécanisme pour faire peur et bloquer tous les issus de sortie de crise autres que de passer par eux afin de museler les Peuples et de s’enrichir encore plus... ??? et cela jusqu’à l’explosion qui aura lieu juste après la ruine... ??? mais eux seront dans des paradis où il sera difficile d’aller les chercher...

        Et notre mouvement abonde dans ton sens il faut en urgence éradiquer l’UMPS et ses alliés il ne faut en aucun cas voter pour eux c’est du poison. C’est pour cette raison que nous faisons un appel AU VOTE BLANC c’est le seul moyen pour affaiblir le trône du futur roi et ipso facto après les législatives porter les gens dans la rue, voire même si Mélenchon ne cède pas à la tentation du PS juste après le 2ème tour.
        C’est pour cette raison que le vote blanc fait tant peur aux politiques et aux encartés et qu’ils passent leur temps à hurler au vote utile... ??? et à dire pour faire peur "vous êtes des irreponsables car même avec 1 voix le président peut-être élu... ??? Certes c’est vrai...MAIS en face de lui et son unique voix ... ??? dans la rue il y aura des millions de gens...et je pense que celui qui fera rire le monde entier et qui partira en courant c’est le président ridicule et sa voix...

        Le changement est là, le reste est magouille politique pour mieux asservir le Peuple.

        http://www.indigne-je-propose.fr/


      • Pierre-Joseph Proudhon Pierre-Joseph Proudhon 13 avril 2012 18:28

        @Catart

        Le vote blanc est une ESCROQUERIE !!!

        Les votes blancs ne sont pas du tout pris en compte, seul le pourcentage de votants a une réelle valeur.

        En fait, si par exemple il y a 100 inscrits, que seuls 80 viennent voter, et que 79 votent blanc, le SEUL VOTE NON BLANC pour XXX sera comptabilisé, donc nous aurons la propagande officielle suivante :

        80% de votants, XXX élu avec 100% des suffrages exprimés !!!
        Alors qu’en réalité il aura été élu avec 1% des voix réelles !!!

        Les 79 guenilles qui se seront déplacés et qui auront voté blanc en signe de protestation ne seront pas pris en compte, ils seront considérés comme APPROUVANT LE SYSTÈME MAIS HÉSITANT ENTRE LES CANDIDATS.

        TANT QUE LES VOTES BLANCS NE SERONT PAS RÉELLEMENT PRIS EN COMPTE DANS LES ÉLECTIONS (À SAVOIR QUE SI LES VOTES BLANCS SONT MAJORITAIRES L’ÉLECTION EST ANNULÉE ET ON PRÉSENTE D’AUTRES CANDIDATS) IL EST INUTILE DE SE DÉPLACER AUX URNES.

        LE BOYCOTT ÉLECTORAL EST BIEN PLUS EFFICACE.

        SI LORS D’UNE ÉLECTION SEULS 10% DES INSCRITS SE DÉPLACENT POUR ALLER VOTER, ÇA VOUDRA DIRE QUE 90% DES INSCRITS REJETTENT MASSIVEMENT CE SYSTÈME MAFIEUX QUI NE PRÉSENTE QUE LES MEMBRES DE LA CASTE AU POUVOIR.

        QUELLE SERA LA LÉGITIMITÉ D’UN SYSTÈME POLITIQUE QUI N’EST APPROUVÉ QUE PAR 10% DE LA POPULATION ?

        ELLE SERA NULLE !!!

        C’est bien pour cela qu’on nous rabâche sans cesse d’aller voter. Le système a BESOIN d’une majorité de VOTANTS pour maintenir sa légitimité.

        Et comme cette CASTE POLITICARDE ne voudra JAMAIS céder PACIFIQUEMENT sa place, elle sera bien OBLIGÉE de se muer en DICTATURE OFFICIELLE pour préserver ses avantages, montrant bien qu’elle se comporte comme la noblesse de l’ancien régime.

        A tous ceux qui refusent de s’allier à cette gigantesque ESCROQUERIE, je vous demande DE BOYCOTTER MASSIVEMENT CES ÉLECTIONS TRUQUÉES.

        Le jour où les peuples auront compris ça, le jour où ils BOYCOTTERONT cette MASCARADE et où ils REVENDIQUERONT HAUT ET FORT LEUR REJET DE CE SYSTÈME POLITICO-MAFIEUX ils auront fait un grand pas pour se débarrasser de cette OLIGARCHIE.

        N’oublions pas que le PS est la face « soft » de l’UMP...

        Ils roulent pour les mêmes lobbies, et les élus ne pensent qu’à préserver leur propre intérêt en votant des lois de complaisance dictées par ceux qui les financent.

        Ken Livingstone l’ancien maire de Londres, a dit devant plus de mille personnes : « Hang a banker a week until the others improve »...( Pendre un banquier par semaine jusqu’à ce que les autres comprennent).

        Je pense qu’il faudrait faire de même avec les politicards professionnels... En pendre un chaque semaine jusqu’à ce que les autres comprennent...

        En attendant, au premier tour, votez Poutou, Arthaud, éventuellement Mélenchon (attention : c’est quand-même un MEMBRE DU SYSTÈME et il avait voté POUR MAASTRICHT ne l’oubliez pas)...

        Et au second tour, NE VOUS DÉPLACEZ SURTOUT PAS POUR ALLER VOTER...
        C’EST CE QUI LES EM... LE PLUS !!!


      • bigglop bigglop 13 avril 2012 19:42

        Bonjour @Scripta Manent et à tous,

        Comment en somme-nous arrivés là ?

        Les idées, principes du Traité de Rome et de Bruxelles ont été détournés par l’Acte Unique (J. Delors, 1986), puis par les traités suivants : Maastricht, Amsterdam, Nice, Lisbonne et le futur TSCG et MES.

        La mondialisation et la globalisation des échanges commerciaux et financiers ont été permis et favorisés par la dérégulation systématique, notamment des activités financière sous les présidences de Nixon (accords de la Jamaïque), de Reagan, des Bush et même d’Obama. Suppression du Glass-Steagall Act, des accords de Bretton-Woods et apparition de la titrisation, des produits dérivés (CDS), etc...

        Le tout reposant sur la théorie ultra-libérale de l’auto-régulation des marchés (matières premieres, produits financiers.

        Cette ideologie ultra-libérale est aujourd’hui toujours d’actualité dans le sens où il faut satisfaire les demandes des marchés financiers, les rassurer. Cette idéologie conduit à des réformes structurelles qui saignent à blanc les pays de la zone euro et dont le laboratoire d’expérimentation est la Grèce.

        Une observation sur le Japon :

        Sa notation a été dégradée par Moody’s. Depuis les années 1980, le Japon vit dans un état de déflation structurelle (trappe à liquidités) avec une dette de 225% du PIB (12 000 mds$), détenue à 94% par les banques privées, assurances, banque centrale et particuliers nippons. La situation s’aggrave par un taux de natalité très insuffisant et le vieillissement de la population.

        Maintenant, j’aborde plusieurs évènements importants récents :

        Les deux LTRO

        Les Obligations assimilables du trésor (OAT)

        Les Candidats et leurs relations avec le Traité de Lisbonne, les Traités MES et TSCG, le PSI Grec, et surtout la bombe qu’est la lettre Chevreux, qu’il faut absolument lire.

        Je sais que je suis bavard, mais je pense que les enjeux qui nous attendent le mérite

        LTRO de la BCE

        Les deux « contrats » LTRO sont des prêts de monnaie « BCE » aux banques commerciales européennes, sans limite, pour une durée de trois ans.
        Nota : au sens BCE, le LTRO est passé de 6 mois, à 1 an, puis à 3 ans !!!
        Pour garantir les prêts les banques emprunteuses fournissent une garantie nommée « collateral »
        sous forme de titres, notamment des obligations souveraines (les moins pourries), la BCE deviendrait-elle une Bad Bank ?
        La conséquence est que les banques commerciales conservent dans leurs bilans les positions les plus toxiques, pourries. Les provisions pour dépréciation sont calculées suivant des « méthodes internes » (bonjour l’angoisse des commissaires aux comptes qui certifient les comptes). Elles ne correspondent pas à la réalité.
        Donc, la BCE détient des titres moyennement pourris, qui pourraient être dépréciés davantage à l’échéance des 3 ans, si ce prêt n’est pas remboursé par anticipation par un autre LTRO ou un autre moyen.

        Attention, la monnaie « BCE » n’est pas de la monnaie « secondaire » créée par les banques commerciales notamment par l’émission de crédits (limitée par les réserves fractionnaires et l’obligation d’acheter un % de monnaie BCE en garantie (accords de Bâle 2)).

        Depuis plusieurs mois, les banques privées ne se font plus confiance (rappel de la crise des subprimes) ne se prêtent plus d’argent sur le marché interbancaire, qui est devenu illiquide, donc ces deux LTRO auraient dû donner des liquidités, de mettre de l’huile dans ce mécanisme et non de favoriser le crédit aux particuliers/entreprises de l’économie réelle car la demande européenne est faible en raison des positions de désendettement.

        Les banques espagnoles et portugaises, sous la pression de leurs états, ont racheté massivement de la dette souveraine (+ ou - pourrie), provoquant une baisse des taux, qui sera limitée dans le temps, mais sans résoudre le problème des déficits, de la dette, tout en se fragilisant un peu, beaucoup plus.
        Les autres, plus « saines » :

        sont allées sur les marchés spéculatifs (prise de risque). et/ou ont soldés d’anciens prêts En réalité, ce ne sont pas 1020 mds€ qui ont été injectés en net, mais 527 mds€

        Mais les faits sont têtus, rien n’est résolu. Les banques, techniquement, sont dans une situation de défaut et ces LTRO ne font que retarder l’échéance. La chute des banques provoquera la chute des états qui ne pourront plus les recapitaliser.

        Sans parler de crise de la dette des Etats-Unis qui va nous arriver en pleine figure et bien pire que la crise des « subprimes »

        http://www.investir.fr/infos-consei...


        Obligations assimilables du Trésor sur la dette française :

        "Pour une fois Fiorentino a raison en parlant de la mise en place par Eurex (détenu par Deutsche Boerse), d’OAT sur la dette française.

        Une nouvelle arme de destruction massive a été donnée aux spéculateurs le 21 mars 2012 :
        la création d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT) sur la dette française pour le 16 avril 2012.
        Eurex, avec l’accord plus ou moins explicite des politiques, de l’UE et de la BCE, va donc lancer un nouveau moyen d’arbitrage des dettes souveraines, basé sur le principe des future du Bund allemand. 

        Le but, en théorie, serait de réduire le « spread » entre la France et l’Allemagne. Dans la réalité, il s’agit d’une autre torpille de l’oligarchie pour nous couler un peu plus, et nous allons nous faire saigner par des prises de positions spéculatives de ventes à découvert (et à nu) à la baisse sur la dette française, entraînant une méfiance des marchés et mécaniquement une hausse des taux pour le financement de notre dette.

        En fait, tous ceux qui spéculeront sur la dette française seront les arbitres de notre capacité à rembourser la dette (donc à emprunter).

        Il n’y aura plus besoin des agences de notation. 

        Les politiques et autres décideurs ne veulent toujours pas se souvenir des leçons du passé, notamment comment George Soros a coulé la Livre et le Franc.

        Tout le monde pourra acheter ou vendre à découvert des emprunts d’état français avec un effet de levier de 20. Avec 50 000 € vous pourrez négocier à découvert jusqu’à 1 million d’euros d’emprunts d’état français et cela sans avoir recours à l’achat de CDS (Credit Default Swap).

        Pour une étude détaillée : http://www.les-crises.fr/speculatio...

        Pour mémoire, les ventes à découvert avaient été interdites (partiellement) :

        Le 12 août 2011, quatre pays européens interdisent les VAD, comme l’U.E.

        Le 9 novembre 2011, l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) proroge à début février 2012 cette interdiction.

        Le 11 février 2012, l’interdiction sur les VAD est levée.

        Le 21 mars 2012, EUREX annonce la mise en place d’OAT sur le dette française, le 16 avril 2012..

        Le timing est bon, nous pouvons dire un grand merci à Sarko 1er, et peut-être aussi à Merkel et Draghi.

        Hollande n’en a pas parlé, hier soir, dans « des paroles et des actes », mais promet de « dominer » la finance, tandis que JL Mélenchon le met en garde. J’espère que dans l’émission de ce soir, il en parlera, sachant que Sarkozy y participera lui aussi.

        Effectivement, il en a parlé et même très bien, ce soir, mais les médias d’infos permanentes ne relaient que très peu l’info, comme pour le vote du Mécanisme Européen de Stabilité.

        Concernant sa lutte contre la « finance », guère plus d’informations sur la séparation des activités bancaires spéculatives, des activités de banque traditionnelle (dépôts, crédit), mais aussi des assurances par la création d’entités juridiques distinctes tout en faisant un audit de leur dettes, notamment en hors bilan et dans les paradis fiscaux (shadow baanking, dark pools,....).
        Je ne l’ai pas entendu sur une régulation des activités spéculatives sur les produits dérivés, les nouveaux instruments financiers.


      • bigglop bigglop 13 avril 2012 19:43

        LES CANDIDATS :

        Le dernier débat, qualifié de démocratique, a été celui de 2005 sur le TCE. Les cadres du Parti Socialiste, favorables majoritairement au Oui et certains de leur succès ont autorisé un débat au niveau de leurs militants et qui s’est répandu dans la nation.

        Mais ils se sont piégés eux-mêmes et le Non l’a emporté à 54,68%.
        Ils n’ont jamais digéré cette défaite et surtout le vote noniste de leurs militants.
        Ils nous l’ont fait payer en 2008 par la ratification du Traité de Lisbonne, où par leur seule présence (et leur vote abstentionniste majoritaire) ils ont permis d’atteindre le quorum pour la ratification de ce traité.
        Le détail du vote
        En avril 2012, vient devant le Parlement la ratification, en urgence, du Traité sur le MES (Mécanisme Européen de Stabilité) pour lequel le Parti Socialiste et certains EELV/Verts viennent apporter courageusement leur soutien par une abstention massive.
        Le détail du vote des députés et des sénateurs 

        JM Ayrault a qualifié ce vote « d’abstention dynamique et agressive », belle langue de bois.

        Un peu plus tard, notre Petit Timonier a signé le TSCG (Traité sur la Stabilité, la Croissance et la Gouvernance économique et monétaire européenne) ou Pacte Budgétaire européen qui devra être ratifié par notre Parlement, après les présidentielles, en juillet 2012.
        Mais sans référendum !!!

        Notre Petit Timonier (Sarko) a répondu à la question posée par un journaliste sur la tenue d’un référendum sur le TSCG : Un référendum sur un Traité complexe de 200 ou 250 articles ? Allons , allons !!!

        Souvenons-nous de son action, ses paroles sur le référendum grec, avec un Hollande qui, en fait, s’abstient de se prononcer.

        Encore un énorme mensonge que personne n’a relevé, ni la classe politique, ni les médias mainstream (dont le travail est aussi de contrôler l’exactitude des propos) . En réalité, ce fameux TSCG comporte 16 articles. Oui, vous lisez bien, 16 articles et la preuve est Et ce triste sire qu’est Flanby-Hollande qui veut nous enfumer avec une renégociation du TSCG, sans le soumettre à référendum. Sa pseudo renégociation vise à ajouter une proposition de loi sur le relance européenne et le contrôle démocratique présentée et rejetée lors de la ratification du MES par le Parlement..

        En cette matière, que nous proposent les différents candidats :
        Hollande veut « renégocier » le TSCG en ajoutant son projet de relance européenne et de contrôle démocratique qui, fondamentalement, ne le remet pas en cause et défend cette stupide Règle d’Or. Il veut s’attaquer à la Finance, aux Marchés financiers, tout en pratiquant la langue de bois, le double langage et en restant très évasif sur des propositions concrètes. Relevons la contradiction entre ses déclarations au Guardian et à son meeting du Bourget. Mais le pire est dans cette analyse du Crédit Agricole-Chevreux (en anglais). La traduction de la première page (sur AVOX) :

        "Il faudra que Hollande vende sa politique à son peuple. Il lui faudra donc le tromper . Tout ceci étant dans la lettre de Chevreux aux marchés."

        Et pour ceux qui auraient des doutes, voici la fameuse lettre de Cheuvreux, datée du 8 mars 2012 et signée de Pascal Perrineau (professeur à Science Po Paris) et Nicolas Doisy (Chef économiste chez Cheuvreux).

        Voici la traduction de la 1ère page effectuée par mes soins, j’ai essayé de garder la mise en forme (gras, souligné) :"

        Hollande devra clarifier sa position sur le marché du travail et les réformes fiscales lorsqu’il sera probablement élu président le 6 mai prochain. Bien entendu, il est resté évasif sur la question pour des raisons purement électorales : S’il clarifiait maintenant sa position, il pousserait les électeurs vers les extrêmes, ce qui complexifierait l’équation politique.

        Mais Hollande a déjà fait savoir aux électeurs centristes qu’il ne reviendrait pas sur les mesures utiles de son prédécesseur, à commencer par l’adoucissement du régime infâme des 35 heures.

        Jusqu’à présent, il n’a pas annoncé non plus un accroissement substantiel de l’interventionnisme de l’état, à commencer par son engagement de ne pas augmenter le nombres de fonctionnaires.

        Dans tous les cas, Hollande devra déplaire soit au marché financiers, soit à ses électeurs comme il l’a fait avec Mitterand en 1981-83, alors qu’il était son conseiller économique. Mais, son euro-pragmatisme devrait éveiller en lui la menace d’attaque du marché sur la dette Française, dû notamment à cause de la colère que suscite la France à ses pairs Européens concernant son inaction (à réformer le code du travail et la fiscalité).

        Par conséquent, et dans le cas du pire scénario (mais pas le plus probable), le marché le forcera à effectuer un demi-tour comme en 1983. Bien entendu, Hollande devra gérer sa Gauche, notamment celle du référendum raté de 2005 sur la constitution Européenne. Ses partenaires Européens seront alors bien avisés de lui laisser prétendre qu’il a obtenu quelques concessions de leur part sur sa politique de croissance, même si cela est faux.

        C’est un monument de cynisme qui en dit long sur ce qui nous attends. Les marchés ont déclarés une guerre aux peuples d’Europe, et ont décidé de leur imposer une dictature financière. C’est très exactement ce que ce document explique !

        Sarkozy, chacun sait où il veut nous emmener.

        Bayrou ne veut pas d’un référendum et est favorable au Pacte Budgétaire

        Le Pen est pour une sortie de l’Euro et de l’UE, mais son projet n’est pas crédible 

        Dupont-Aignan veut sortir de l’Euro, mais n’est pas clair sur les conditions

        Mélanchon veut réformer l’Union Européenne, sa gouvernance de « l’intérieur », mais veut un référendum sur ce Pacte Budgétaire. Son positionnement par rapport au MES et aux OAT-Eurex.

        Eva Joly veut soumettre le TSCG à un référendum. 

        Arthaud et Poutou sont contre le capitalisme financier, donc...

        Si ce TSCG est ratifié, nos Lois de Finances (Budgets) devront être soumises à l’approbation des instances européennes avant d’être votées par notre parlement.

        Un petit rappel : la règle d’or de Maastricht s’est fondée sur une dette publique maximale de 60% du PIB, un déficit annuel inférieur ou égal à 3% du PIB et avec un taux de croissance de 5% à l’époque

        Mais on compare pommes et poires, dans le sens où la dette est le cumul des soldes des emprunts antérieurs et ceux de l’année X majoré des intérêts mais dont les maturités (échéances) sont différentes (1 mois, 6 mois, 1 an à 10 ans) mais rapportée à un PIB annuel.

        Là, il y a comme un malaise !!!

        Aujourd’hui, l’Espagne tombe à son tour et ne pourra être sauvée, même avec l’aide du MES, les plans d’austérité car sa situation est bien plus grave que ce qui est présenté par les médias se voulant rassurants.

        De plus, le plan de restructuration de la dette grecque (PSI) n’a fait que retarder l’échéance sans rien résoudre

        En ce moment se « discute », le fameux Two Pack sur :

        Le renforcement de la surveillance économique et budgétaire des états membres connaissant ou pouvant connaître de sérieuses difficultés Le règlement établissant des dispositions communes pour le suivi et l’évaluation des projets de plans budgétaires et pour la correction des déficits excessifs des états de la zone euro. Ce Two Pack renforce les contraintes du TSCG comme le démontre l’analyse de Contre la Cour

        Entendez-vous les autres candidats parler du financement de notre système de retraite par répartition ?

        Lors de la réforme des retraites de 2010, Sarko a utilisé le Fonds de Réserve des Retraites (FRR) pour la financer, mais il faudra trouver plus de 200 mds € pour combler le gap démographique de 2018/2020.

        Ensuite intervient l’Union Européenne ou plutôt la Commission qui en 2005 dans le volet préventif et correctif du Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) précise deux dispositions relatives aux régimes de retraites :

        Toutes les évaluations des politiques nationales par le Coneil et la Commission prennent en considération la mise en œuvre de réformes des retraites consistant à introduire un système à piliers multiples avec un pilier obligatoire financé par capitalisation

        Le Six-pack qui fait partie du TSCG vise à une nécessaire harmonisation des régimes sociaux européens donc d’une réforme des retraites, mais aussi de la Sécurité Sociale, de l’Education, sans oublier la flexibilisation du travail.

        Mario Draghi enfonce le clou en affirmant que le modèle social européen est mort.

        Pour de plus amples détails, consulter le site Contrelacour



      • Perpia 14 avril 2012 00:59

        Il faudrait corrigé la position de MLP qui n’est plus pour la sortie ni de l’Euro et ni de l’Europe.


      • bigglop bigglop 14 avril 2012 01:38

        Bonsoir @Perpia,

        Aux dernières nouvelles, MLP  est :

        pour la sortie de l’Euro en accord avec l’Allemagne

        pour la sortie de l’OTAN et un partenariat avec la Russie

        pour une Europe des Nations, ce qui implique une renégociation



      • bigglop bigglop 14 avril 2012 01:44

        Mais ses positions, dans le temps, sont à géométrie variable et se contredisent
        http://www.sondages-election.com/programmes/programme-front-national.htm


      • Catart Catart 14 avril 2012 10:07

        @ PJP

        Tu nous dis...
        SI LORS D’UNE ÉLECTION SEULS 10% DES INSCRITS SE DÉPLACENT POUR ALLER VOTER, ÇA VOUDRA DIRE QUE 90% DES INSCRITS REJETTENT MASSIVEMENT CE SYSTÈME MAFIEUX QUI NE PRÉSENTE QUE LES MEMBRES DE LA CASTE AU POUVOIR.

        QUELLE SERA LA LÉGITIMITÉ D’UN SYSTÈME POLITIQUE QUI N’EST APPROUVÉ QUE PAR 10% DE LA POPULATION ?

        ELLE SERA NULLE !!!

        Cest idem ...avec le vote blanc le roi n’est plus roi mais ridicule... ??? sauf que nous on se déplace ce qui évite la critique du desintéressement.... Grande différence...

        http://www.indigne-je-propose.fr/


      • scripta manent scripta manent 14 avril 2012 10:23

        A Bigglop
        Voila au moins des réactions documentées ! Merci.
        J’ai établi un contact avec Contrelacour. Intéressant.


      • rastapopulo rastapopulo 14 avril 2012 22:05

        C’est débile de devoir le rappeler mais c’est Cheminade qui a argumenté en premier sur l’Eurex ET sur la finance folle, pas un Chouard !!!! Chouard continue le tabou sur Roosevelt exactement comme l’oligarchie. Oui, Roosevelt a prouvé que la représentativité marche !!! Il a sauvé les USA de l’autoritarisme, évité un coup d’état fasciste en 35, scindé les banques par activité,... En plus, c’est le le New Deal qui a servi de modèle à nos 30 glorieuses et c’est l’abandon des règles financières des 30 glorieuses qui fonde la théorie de l’absence actuelle de démocratie chez Chouard !!! Donc la démocratie existait avant grâce à Roosevelt.
         
        Maintenant que j’ai dégommé l’abstraction anti-roosevelt d’un Chouard (ce qui le met à des années lumières du discours rooseveltien de Cheminade), je peux contredire Cheminade. Il semble que la spéculation avec levier sur la dette française était déjà possible avant. C’est simplement l’accès au particulier qui est maintenant rendu possible. Je trouve que si il y a dérégulation, les particuliers doivent aussi y avoir accès même si je ne cautionne pas au départ ce type de produits financiers. L’analyse politique reste la même par contre.


      • bigglop bigglop 15 avril 2012 18:17

        Bonjour @Scripta,

        A titre indicatif, je vous donne les sites que je consulte en priorité :

        le blog de Paul Jorion, l’un des rares économistes à avoir annoncé la crise financière.

        le blog d’Olivier Berruyer, dont le site est classé 1er Top blog Ebuzzing Economie

        le site Rénovez maintenant 67, de Thomas Rudolf, universtaire, aussi Top Blog

        le site Investigattion Financière Economique et Boursière, d’Olivier Fluke recommandé par Médiapart

        le site OWNI que l’on ne présente plus

        le site Reflets.info, information générale axée sur l’Internet, ses technologies, sa liberté et sa neutralité, les hackers (blancs)

        Je vous souhaite une bonne lecture


      • scripta manent scripta manent 15 avril 2012 19:36

        @Bigglop
        Merci pour la liste des blogs : que du bon !
        Ajoutez-y à l’occasion www.citoyensunisdeurope.eu, qui n’est top de rien du tout mais qui s’efforce de mettre le citoyen au coeur de l’information et du débat sur la question européenne.
        Encore mieux : apportez-y votre contribution. Nous avons de besoin de « plumes » bien informées et de bonne volonté !


      • bigglop bigglop 16 avril 2012 01:49

        Bonsoir @Scripta,
        Merci pour votre commentaire, j’ai commis un article sur le bilan du plan de restructuration de la dette grecque (PSI)


      • scripta manent scripta manent 16 avril 2012 12:35

        @Bigglop
        J’ai lu votre article sur la dette grecque : le mythe de sisyphe appliqué à la gestion budgétaire.
        Intéressant. Merci.


      • pidgin 13 avril 2012 11:09

        Ce nouveau produit disponible le 16 avril n’est pas anodin.
        L’ambiance de crise de la dette en Europe peut donner aux spéculateurs (qui par nature ne voient pas plus loin que le profit individuel et immédiat) des moyens funestes.
        Est-ce à dire que l’AMF se lave les mains des conséquences de sa décision ?
        Question subsidiaire, l’AMF est-elle incontrôlable ? 
        Avez-vous des infos précises à ce sujet ?
        Cette décision incompréhensible mérite que l’AMF s’explique.


        • scripta manent scripta manent 13 avril 2012 12:11

          Lu sur le site de l’AMF : « Créée par la loi 2003-706 du 1er août 2003, l’Autorité des marchés financiers est issue de la fusion de la Commission des opérations de bourse (COB), du Conseil des marchés financiers (CMF) et du Conseil de discipline de la gestion financière (CDGF).Ce rapprochement a pour objectif de renforcer l’efficacité et la visibilité de la régulation de la place financière française. L’Autorité des marchés financiers est un organisme public indépendant, doté de la personnalité morale et disposant d’une autonomie financière, qui a pour missions de veiller : à la protection de l’épargne investie dans les instruments financiers ; à l’information des investisseurs ; au bon fonctionnement des marchés d’instruments financiers. Elle apporte son concours à la régulation de ces marchés aux échelons européen et international. Le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie désigne le directeur général du Trésor ou son représentant qui siège auprès de toutes les formations, sans voix délibérative. Le président de l’Autorité des marchés financiers est nommé par décret du président de la République pour un mandat de cinq ans non renouvelable. »

          L’AMF est supposée contrôler tous les marchés financiers, y compris les non réglementés, qui se sont multipliés depuis l’adoption de la directive « MIF » en 2007.

          Son président actuel est Jean-Pierre Jouyet, celui-là même qui déclarait au Monde en 2010 : « Il faut réfléchir à ce qu’apporte cette accélération des échanges : quels sont les bénéfices financiers, économiques, pour quelle utilité sociale ? »
          Excellente question, à laquelle l’AMF vient d’apporter une très mauvaise réponse en ouvrant un peu plus la voie à la spéculation sur la dette publique française.

          L’AMF est une autorité publique indépendant, dotée de la personnalité morale. Elle peut donc être attaquée en justice, notamment si elle contrevient à sa mission.
          A creuser !


        • scripta manent scripta manent 13 avril 2012 15:40

          Complément d’information : En réponse à une question écrite du sénateur Louis Souvet (UMP), publiée en page 614 du JO du Sénat du 20 février 2003, relative à la publicité des débats, le ministère de la Justice a répondu, le 10 juillet 2003 (JO du Sénat, page 2242) que « S’agissant de la future Autorité des marchés financiers, le décret veillera à la conformité de sa procédure avec la Convention européenne des droits de l’homme ».
          Pour savoir ce qu’il en est advenu, il faut donc consulter le décret d’application n° 2003-1109 du 21 novembre 2003, lequel renvoie à une série de décrets en Conseil d’Etat. Tout cela est évidemment un peu compliqué mais le jeu en vaut la chandelle : ce serait bien de pouvoir s’appuyer sur une faille procédurale ou juridique pour demander la remise en cause de l’autorisation accordée à l’EUREX par l’AMF : publicité des débats ? attendus de la décision ? conformité avec le droit fondamental français et européen ?
          S’il y a des candidats ayant les compétences pour se lancer dans ces investigations, qu’ils se manifestent !


        • lagabe 13 avril 2012 17:16

          Il existe un marché ou se couvrir c’est le matif a travers des produits pour se couvrir sur les taux depuis 86


        • musashi 13 avril 2012 11:36

          La France est shooté à la dette et à la dépense publique...et les français semblent en redemender jusqu’à quand ?


          • scripta manent scripta manent 13 avril 2012 12:16

            Les français shootés à la dette publique ?
            Cela sort d’un nième sondage ?


          • musashi 13 avril 2012 15:58

            Concernant les chiffres de la dépense publique suffit de chercher un peu sur internet pour les trouver et comparer smiley


          • musashi 13 avril 2012 16:01

            http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9penses_publiques

            Passage intéressant :

            Evolution internationale[modifier]

            Beaucoup de pays de l’OCDE ont réduit leurs dépenses publiques depuis quinze ans. Elles sont ainsi passées de 50,4 % du PIB en 1990 dans la zone euro à 46,1 % en 2008 (prévision de l’OCDE). L’Allemagne est passée de 49,3 % en 1996 à 44,3 % en 2008. La Suède de 72,4 % en 1993 à 53,8 % en 2008.

            La France fait exception dans ce mouvement. Les dépenses publiques françaises sont en effet en constante augmentation depuis 30 ans[4]. Elles sont passées de 45.5 % du PIB en 1980 à 52.7 % du PIB en 2008. Le chroniqueur économique du journal Le Monde Éric Le Boucher a estimé que cela provenait de la non-recherche de l’efficacité de la dépense publique. Il écrivait ainsi en 2008 : « Gauche et droite ont confondu social avec dépenses publiques. »[7


          • scripta manent scripta manent 13 avril 2012 17:47

            Contrairement à une idée répandue à loisir, la France n’est pas mal placée en matière de taux de dépense publique, dès lors que l’on prend soin de comparer ce qui est comparable.
            La lecture de la note de l’OFCE « Les dépenses publiques en France : en fait-on trop ? » (21 mars 2012) est instructive à cet égard :
            http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/?p=1542

            Extraits :
            « Depuis 2005 la France dispute au Danemark la première place en matière de « dépenses publiques », telles qu’elles sont rapportées par l’OCDE. Comme le ratio dépense publique sur PIB a atteint 56,6% en 2010, il serait nécessaire, selon une opinion largement répandue, de « dégonfler » un Etat qui prendrait « trop » de place dans l’économie. Cette première place ne serait pas un titre de gloire mais le signe que nous avons atteint un niveau insoutenable de « dépenses publiques ». Puisque, par ailleurs, il est indispensable de réduire le déficit public, le chemin est clair : la réduction de la dépense publique serait la seule voie de maîtrise des finances publiques. Mais cette analyse simpliste est erronée. (...) Elle repose sur une mauvaise utilisation des statistiques (...) et elle découle d’une mauvaise compréhension de ce que le terme « dépenses publiques » signifie. (...)
            En France, en 2010, les « dépenses publiques » au sens strict (c’est-à-dire non-individualisables comme la sécurité intérieure et extérieure, l’administration, des dépenses d’intervention diverses) représentent 18,2% du PIB. Pour cette « dépense publique stricte » la France était en 2009 au 10e rang des pays de l’OCDE (voir également la figure 2). Si le « concours de maigreur » ne concernait que les dépenses de ce champ strict, la France serait dans une bonne moyenne par rapport à d’autres pays décidément dépensiers comme les Etats-Unis, le Portugal ou encore l’Italie. Qui plus est, et contrairement au Royaume Uni, aux Etats-Unis ou à l’Irlande, la France a réduit au cours des 20 dernières années la part de la « dépense publique stricte » faisant-là preuve d’une rigueur de gestion inattendue. »


          • musashi 14 avril 2012 12:04

            Intéressant ce rapport de OFCE mais sortir la santé et la retraite des dépenses publiques je serais plutôt d’accord si au moins ces 2 catégories étaient entièrement financés par les cotisations. Ce qui il me semble n’est pas le cas.

            Ensuite les pays cités « plus dépensiers » notamment Portugal et Italie ont fait de gros effort depuis les données utilisées de 2010...contrairement à la France.


          • rastapopulo rastapopulo 15 avril 2012 00:36

            Le vrai hic dans l’analyse de mushashi est que la part des dépenses publiques étaient moindre pendant les 30 glorieuses avec GlassSteagall, crédit publique productif et plan industriels !
             
            Donc la question n’est pas plus ou moins d’implication de l’état en chiffre mais quelle implication !!
             
            D’ailleurs, la différence entre les 30 glorieuses et le financiarisme actuel est que nous avons oublié le « plus jamais la finance folle » de la libération : nous trouvons normal que l’état amortisse les crises pour les individus (rentier comme chômeur) et s’interdise tout projet planifié de l’économie !!!
             
            Voilà le genre de paradoxe que je voudrais retrouver chez des gens. A défaut de reconnaître les paradoxes, le retour au règles financière des 30 glorieuses est impératif. On peut pas tout avoir, mais au moins la finance folle sera de nouveau muselé. 


          • HELIOS HELIOS 13 avril 2012 15:28

             «  » En dépit d’un Euro surévalué ... «  »

            Encore une attaque sans fondement contre la valeur de l’Euro.
            Ah, c’est facile de raconter n’importe quoi, pourtant dans l’article, on sent poindre le bon sens, mais non, il reste encore des relents d’intoxication...

            Repetons-le encore et encore... un Euro fort est bon pour l’economie des citoyens, surtout dans des pays comme les notres qui n’ont pas ou peu de matieres premieres.

            — Un euro fort .. peut diminuer l’interet de produire pour exporter (et seulement pour exporter) dans des pays faibles, mais ne change rien a l’interieur de la zone euro...

            — Un euro fort est un bon moyen pour re-equilibrer les termes de l’echange aupres de pays qui nous vendent de la merde a bas prix...

            — Un euro fort entraine mecaniquement l’obligation de produire de la qualité et du durable, justement ce qui convient a notre planete

            le seul probleme est que l’euro fort oblige la mise en place de regulation au niveau douanier pour proteger le modele social et economique... afin que la diminution des marges a l’exportation n’entraine pas la re-importation de biens autoriséee par la liberation des echanges.

            ...et c’est pour cette derniere raison, et seulement cette derniere raison, que les financiers, les multinationaux et les requins qui speculent sur du vent sans valeur ajoutée n’en veulent pas. Pensez un peu, ils perdraient leur controles des marchés... au profit de la libre concurrence qu’ils ne veulent surtout pas voir mise en place

            Ne les aidez pas, reflechissez par vous même

            un exemple de regulation (pas necessairement des droits de douanes, juste une taxe proportionelle au deplacement des marchandises... pour que ce qui vient de chine paie le vrai cout de son transport)


            • scripta manent scripta manent 13 avril 2012 15:54

              Merci pour la « pointe de bon sens ». Ce n’est déjà pas mal. Il paraît que c’est la chose du monde la moins partagée !
              Quant à la valorisation de l’Euro, comme vous le dîtes fort justement : « le seul probleme est que l’euro fort oblige la mise en place de regulation au niveau douanier pour proteger le modele social et economique... afin que la diminution des marges a l’exportation n’entraine pas la re-importation de biens autoriséee par la liberation des echanges ». Il se trouve malheureusement qu’il n’y a pas de régulation au niveau douanier. Il semble donc que nous disions à peu près la même chose.


            • lagabe 13 avril 2012 18:19

              le prix d’un conteneur( 6 m *2m *3 m) pour aller de Chine en France coute 50 $ , on triplerait les droits de douane , une goute d’eau


            • Pierre-Joseph Proudhon Pierre-Joseph Proudhon 13 avril 2012 18:50

              Taxes à l’importation de produits manufacturés en Chine : 300%.
              Taxes à l’importation de produits manufacturés en Inde : 280%.
              Par contre, les taxes à l’importation de matières premières non transformées dans ces pays sont comparables aux nôtres... Étonnant non ?
              Ils ne vont pas plomber leur propre économie.

              Une société Française a fait fabriquer en chine des appareils électroniques (pas cher). Comme c’était de la M.. 80% des produits sont tombés en panne durant la période de garantie.
              Les produits ont été ré-expédiés en Chine pour réparation et se sont pris 300% de taxes à l’importation, pour des produits défectueux fabriqués en chine...
              Ça a coûté une véritable fortune à la société qui voulait faire des économies... Au mois deux fois plus cher que si les produits avaient été fabriqués en France !!!

              Il faudrait appliquer aux produits Chinois, Indiens ou autres les mêmes taxes qu’ils appliquent aux produits qui sont importés sur leur territoire, question de réciprocité.
              Par contre, toutes les sociétés qui engrangent des bénéfices monstrueux en important de ces pays des produits de (très) mauvaise qualité couleraient immédiatement.
              Comme elles ont beaucoup de fric, elles peuvent corrompre les politicards véreux et les fonctionnaires NON ÉLUS de la Commission Européenne afin d’éviter que cela n’arrive...


            • paul 13 avril 2012 15:41

              Mais à quoi sert l’AMF dans cette affaire, est elle réellement indépendante ? on peut en douter quand on sait que son président, Jean Pierre Jouyet ancien secrétaire d’État de Sarkozy, a été nommé à ce poste par lui, et que les conseillers de l’Autorité sont entre autres :
              Olivier Davanne ( cogérant de Groupama Risk Premium), Olivier Garnier ( dir.adjoint de le Société Générale),Ruben Lee (PDG de Oxford Finance Group), Artus, Pastré, ect ....

              L’arrivée de l’affaire Eurex à cette date apparait clairement comme une mise sous surveillance du résultat de l’élection présidentielle par la Finance .
              JL.Mélenchon a animé une manifestation ce jour devant le siège de l’AMF, déclarant que si il est élu, « des poursuites seront engagées contre ceux qui ont préparé ou facilité la mise en place de ces mesures contre les intérêts économiques fondamentaux de la nation » .
              Réponse atterrante de Jouyet : « interdire ce » produit« n’est ni de notre ressort ni de celui des autorités de régulation européenne .Nous n’avons pas les moyens de nous y opposer, ni de dire quoi que ce soit » . (Les Echos 13/04/12 ) .
              Il n’y a pas grand chose à ajouter sur l’impuissance consentie des autorités de régulation financiére européennes ou françaises


              • scripta manent scripta manent 13 avril 2012 16:05

                Oui, cette impuissance assumée est consternante. Mais est-ce vraiment de l’impuissance ?
                Arrivés à ce stade, il faut se poser la question des voies de recours juridiques accessibles aux citoyens. Après tout, cet argent que certains mettent sur la table du casino, c’est le nôtre puisque nous paierons la dette et ses intérêts.
                Cela mérite en tout cas de creuser la question de la légalité de la décision et de sa conformité aux principes constitutionnels français et au droit européen, dans la forme (procédure, débat, publicité ...) et dans le fond.
                Ceci est un appel à compétence !


              • mortelune mortelune 13 avril 2012 16:21
                Petit mot au peuple de France
                J’ai fait une bonne action ce matin. j’ai acheté les 3/4 de la dette française pour vous la redonner. Nan c’est une blague, je vais la garder pour que vous vendiez vos baraques, vos bagnoles pourries. Pour que vous me mangiez dans les mains. Vous allez travaillez 48h par semaine et 12 mois sur 12 comme au bon vieux temps de mes ayeux. Si vous n’êtes pas content ? Et bien je m’arrangerai pour que votre président qui est à mes bottes se joigne à l’Otan pour faire la guerre en Iran. Ca vous changera un peu les idées d’aller sur le front.
                Bien évidemment si vous votez en masse pour Melenchon alors vous ferez preuve d’un peu de maturité et d’esprit critique. Mais je sais que vous en êtes incapable. Hi ! Hi ! Hi ! Je vous tiens et je ne vous lâcherai pas. 
                Je ne vous plains même pas


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