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Accueil du site > Actualités > Environnement > Alternatives altermondialistes : L’agroécologie, la décroissance et (...)

Alternatives altermondialistes : L’agroécologie, la décroissance et la simplicité volontaire

« C’est de l’ignorance de nos droits, que l’arbitraire tire sa plus grande force. » Cette phrase de Denis Langlois, écrivain français pacifiste et observateur judiciaire de plusieurs procès politiques en Grèce, Espagne, Algérie, Koweït, Mali, résume à elle-même ce qui nous attend à l’avenir : si la population continue à fermer les yeux, dans un sommeil hypnotique sur la manière dont elle se fait piétiner ses droits par les sbires qu’elle croit avoir élus, nous n’auront en retour que le bruit des bottes, le vacarme policier des coups de matraques distribués gratuitement sans distinction, et la mise sous verrou de toute contestation. Et la terreur généralisée, conscientisée, intégrée par tous et perçue comme normale. Il sera bientôt trop tard pour faire marche arrière, lorsque nous penserons, exaspérés, à ce que fut le temps où nos existences pouvaient encore se laisser aller à des actes non conformes et des pensées subversives.

Il y a une atmosphère si nauséabonde au bal des clowns médiatiques dirigeants nos temps contemporains, théâtralisant la politique en toc, où chaque fait divers est le prétexte à un durcissement des mesures répressives, que pour la première fois de son Histoire, c’est l’Humanité toute entière qui se trouve enrôlée de force dans une guerre sociale mondiale, attaquée de toutes parts, comme un virus colonisant les cellules viables du système immunitaire. Et cette Humanité déshumanisée a moult raisons d’être inquiète. Et gravement en colère. Seulement le problème, c’est que comme dans tout conflit perdu d’avance, elle n’a pas encore conscience d’être en guerre, et pense être en paix relative depuis 1945 (sauf les peuples d’Amérique Latine, du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie du sud-est…). Pire, les Êtres les plus manipulables, et les classes anciennement dominées et conscientes de l’être, en arrivent à fournir leur consentement à un rouage néolibéral finalement perçu comme acceptable (puisqu’il ne les oppresse plus). Les fils d’agriculteurs, d’ouvriers, de petits commerçants qui parviennent à gravir les hauts échelons grâce au système universitaire, grossissent les rangs de la petite bourgeoisie, et deviennent ainsi acteurs de la « violence symbolique ».

Dans la violence structurelle tout autant cachée que dangereuse de la clase possédante mondiale, qui consolide ses pouvoirs et ses incursions économiques néocolonialistes contre 5.5 milliards d’êtres humains, la vie humaine et ses frontières sociales ne comptent guère. D’ailleurs, quelle vie ? La plupart des gens sont déjà morts de faim ou esclaves de la tyrannie des banques au moment où ils voient le jour. La naissance libre et égale en droit, est une honteuse chimère philosophique, qui a du, somme toute, être rédigée par un notable, aristocrate, banquier ou riche propriétaire du 18ème siècle. Non, désormais, seuls comptent les agrégats monétaires, il faut de la croissance à tout prix, des chiffres en hausse sur les tableaux des places boursières, et le dogme vénéré de la performance en pilotage d’entreprise, de l’intelligence économique et des guerres propres à frappes chirurgicales. Finies, et ce n’est pas né de la dernière pluie acide, les valeurs de partage et de respect humain respectées autrefois par les États (et qui pourtant étaient portées par la Religion). L’oligarchie ambiante, qui est même prête à ruiner jusqu’à l’extrême pauvreté ses confrères capitalistes si les profits sont juteux, n’a aucun principes moraux, dévaste tout sur son passage, et est en passe (si ses agissements continuent encore longtemps, ce que je doute) d’anéantir toute vie sur Terre. Si dix mille euros sont sur la table de poker, c’est tout-de-même préférable que ce soit un ou deux qui se partagent le butin, plutôt que les dix joueurs qui sont attablés. Jean Ziegler rappelle que les 500 entreprises les plus puissantes ont contrôlé 52 % du produit mondial brut (en 2004).

I/ De la décroissance à la simplicité volontaire, un altermondialisme raisonné.

Nous vivons, nous le savons, au temps où l’entreprise doit prospérer. En tant que personnalité morale, elle a plus de valeur qu’un simple humain, doit tirer profit de son activité florissante, et doit être compétitive pour étendre ses conquêtes. Une entreprise (de grande envergure) fonctionne comme un Empire : elle s’implante, s’impose, met en place une politique d’expansion et de conquête d’un marché concurrentiel, s’adapte à son environnement pour mieux l’asservir, organise son plan de propagande commerciale, elle place devant notre œil des panneaux publicitaires tels des soldats brandissent un drapeau après chaque conquête militaire, elle enrôle des salariés pantins qui salueront sa gloire au prix des gouttes de sueur dégoulinantes de force de travail surexploitée, et enfin, elle colonise petit à petit les espaces de production qui autrefois appartenaient à d’autres, en bâtissant filiales et synergies. D’ailleurs, ne dit-on pas « servir les intérêts d’une entreprise », et « Empire économique » ? La seule chose qui importe, est que tous les individus consomment sans conteste les produits mis abondamment sur le marché par ces entreprises, ce à des coûts de production optimisés, qui soient les plus faibles que possible. Tiens d’ailleurs, si cette optimisation sous contraintes pouvait se faire grâce à du travail non rémunéré, ce serait pas mal (les capitalistes et le Medef aussi, sont utopiques…). Si la consommation stagne avant de stopper, c’est qu’il y a des prémices à la chute de l’Empire.

Cependant, l’empreinte de l’entreprise est invisible, calfeutrée derrière le circuit économique et ses aléas monétaires. Dans ce paysage déstructuré, chaotique où la patrie, l’enrichissement matériel personnel, et le lucre prédominent sur l’amour pour l’humain et son prochain, la stratégie de lutte à adopter n’est donc pas la résistance par la prise des armes (puisque ce n’est plus l’Homme qui tue, mais les institutions qu’il a mises en place), mais la résistance par la non-consommation de ces choses que le sens commun appelle désormais « biens matériels et immatériels ». Non-consommation, vous dites ? Encore un extrémiste bobo de la décroissance altermondialiste qui pollue la Toile de ses palabres paradoxalement tenues, internet à l’appui, et ordinateur destiné à polluer les rivières chinoises lorsqu’il sera désuet !

Non, faire l’apologie de la décroissance pure et parfaite, où l’individu militant des temps modernes se refuse à utiliser voiture, et nouvelles technologies sous prétexte qu’elles sont polluantes, dans sa perspective de lutte contre l’ordre établi, me paraît être une bourrasque contreproductive contre un moulin à vent. Parce qu’un boycott personnel n’empêchera pas les grands cartels de la consommation outrancière de remplir leurs étalages, on ne doit pas avoir à culpabiliser de consommer des produits issus des grandes multinationales, se lamentant d’avoir rempli les statistiques de la demande globale des entreprises ! Évidemment, ce n’est pas en stoppant personnellement la consommation de Mc Donald’s ou de Coca-Cola que l’Empire marchand tombera. Cet acte individuel, au mieux, et c’est déjà ça, ne pourrira pas plus l’organisme de produits sucrés et cancérigènes. Évidemment, les vêtements que l’on porte, achetés à bas prix, importés des antipodes de nos frontières, ont été fabriqués par femmes et enfants rémunérés si faiblement qu’ils n’ont qu’un dollar par jour pour vivre. Et nous ne voyons pas les liens existants entre la marge commerciale sur le paquet de café pris chez Carrefour, et le faible niveau de vie des producteurs d’Afrique subsaharienne.

Je pense qu’une bonne alternative à tous ces rouages consiste à réfléchir chacun de notre côté à ce qui est bon pour nous. Schématiquement, nous sommes tous capables de le faire, et n’importe quel être normalement socialisé n’ira pas se saborder en affirmant qu’il n’est pas capable de réfléchir par lui-même. Et pourtant, le système dont on se plaint reste autoalimenté de toutes parts par ce manque collectif de réflexion et de pensée critique ; il se renforce, se nourrit d’un consentement inconscient rétribué par l’acteur-électeur, comme si, conscient de son aliénation, l’opprimé demandait à ce que son maître lui double son temps de travail enchaîné.

-Une consommation primaire, résistance pour la simplicité volontaire.

Dans ce royaume de la fausse abondance, où la culture du rêve à bon prix nous plonge dans un océan de frustrations ou de convoitises les plus malsaines, les écarts entre l’accumulation et la rareté se creusent. Sans tomber dans la prose de l’ascétisme, où vouloir que tous aient une vie dénuée de tout superflu, visant le bien-être et le bonheur par la détermination de ce qui est essentiel, ne peut qu’amener à une catégorisation arbitraire de ce qui est superflu, essentiel et de ce qui ne l’est pas, nous pourrions au moins repenser nos modes de consommation. En Occident, la surconsommation, en plus de pérenniser la puissance des grandes entreprises et des banques, contribue à la destruction des écosystèmes et au saccage de la planète. L’offre a depuis longtemps surpassé la demande, et bien que les déchets soient recyclés, les emballages plastiques et le conditionnement des produits est démesuré.

Dans tous les pays où sont implantées les grandes entreprises françaises, (Total, Areva, Veolia etc…), les fleuves et les eaux sont pollués, les sols sont infestés de polluants chimiques, et l’air devient irrespirable par les fuites de gaz générées pour l’extraction des matières premières. Le taux de cancers chez les animaux du à la pollution des grandes industries a explosé ces vingt dernières années, à un tel point que certaines espèces sont menacées de disparition. L’espérance de vie en bonne santé de l’humain est en passe de se trouver pour la première fois depuis soixante ans en diminution à cause de la consommation répétée des produits issus de l’industrie agroalimentaire. L’ingérence de médicaments chimiques n’a pas encore montré tous ses effets destructeurs sur l’organisme, mais le lobbying de l’industrie pharmaceutique est pourtant en train, grâce à l’Union Européenne, de remporter un coup de force monumental sur la commercialisation des produits de phytothérapie (1). Une directive européenne qui imposera dès le 1er avril 2011 (non, ce n’est pas un poisson d’avril) aux producteurs de médicaments issus des plantes naturelles d’être soumis aux mêmes contrôles que les entreprises productrices de médicaments chimiques, ce qui risque d’avoir pour conséquence dangereuse la suppression des médicaments naturels, vu que les laboratoires de médecine naturelle ont infiniment moins de fonds que les multinationales de la pharmaceutique pour payer la facture des instituts de contrôle.

Bref, quand les lois protègent la grande industrie, l’on a du mal à concevoir à quoi sert un sommet international sur le changement climatique à Copenhague ou je ne sais où, où d’ailleurs, est oubliée l’imminence de la crise écologique. Dans le même temps, les médias nous occupent l’esprit avec des futilités telles que les chutes de neige qui sèment la pagaille en Ile de France, nouveaux prétexte au déploiement de l’armée dans les rues, ou en se demandant qui de Martine Aubry et DSK passera le cap des primaires socialistes. En réalité, si l’écologie était le souci majeur des gouvernants politiques, c’est toute la chaîne de production et de consommation qui serait radicalement transformée, bien plus qu’un simple accord multilatéral sur l’émission de gaz à effets de serre. Mais cela fâcherait les dirigeants et actionnaires des cartels industriels, bien que la décision politique serait possible (la Bolivie et Cuba l’ont fait), cela incomberait le changement des élites pour le gouvernement du peuple, mon dieu qu’il serait dommage d’appliquer la démocratie. Alors, face à ce désarroi social, celui où le citoyen n’a qu’un pouvoir d’action réduit, la nécessité pour chaque acteur social, de vivre dans ce qu’on appelle la simplicité volontaire aurait infiniment plus d’influence qu’un bulletin déposé dans l’urne tous les quatre ou cinq ans, se dépossédant ainsi crédulement de son pouvoir sur l’Humanité auprès de malhonnêtes assermentés pour manipuler. Agir, donc, au lieu d’élire, pour une vie simple, sans consommation ostentatoire, basée sur la satisfaction des besoins primaires, et recentrée sur les valeurs humaines et sociales, apparaît comme un défi majeur de ce siècle. Tout comme il y eut les luttes ouvrières du début du 20ème siècle, les acquis du Front Populaire, du Conseil National de la Résistance, nous devrions relever le défi de la simplicité volontaire et de la décroissance pour éviter le chaos écologique au 21ème siècle. 

Évidemment, maintenant que nous avons tous été habitués ici à considérer comme normal le fait d’aller chercher au centre commercial des produits manufacturés, sans se demander d’où proviennent les articles que l’on achète, un tel discours sur la réduction de la consommation peut être considéré comme un appel à la privation.

Et c’est légitime, mais de tout temps, la possession démultipliée est la condition de notre propre déshumanisation : à force de vouloir acquérir toujours plus de biens, nous en oublions nos propres éléments, ceux d’évoluer en phase avec la nature et de s’y épanouir. L’Homme n’est plus un Homme, il est un robot articulé qui attend son heure en évoluant dans un univers de béton, d’acier, et respirant de l’air toxique. Le système actuel pousse l’individu à acquérir plus de choses qu’il n’a besoin. A manger plus que l’apport journalier demandé par son organisme. Or, comme rien n’est gratuit, cela passe par davantage de travail, pour avoir l’argent nécessaire à la satisfaction des nouvelles pulsions consuméristes. De la poudre aux yeux. Ainsi, même avec un salaire plus que décent, le consommateur insatiable qui flambe son salaire pour se sentir exister, se retrouve en situation de précarité à la fin du mois, il engrange du stress, et s’enferme dans la spirale marchande, quête illusoire vers plus d’argent. Pourtant, chaque objet acheté, ordinateur, voiture, téléphone, etc, n’est pas nécessairement voué à être renouvelé l’année suivante, et en vivant à hauteur de ses moyens, un smic amélioré peut même parfois suffire à « joindre les deux bouts ». Du travail pour avoir de l’argent et manger, plus de travail pour pouvoir avoir plus d’argent. Cela ne vous rappelle pas un slogan de 2007 ? Cet article ne lance pas la pierre à ceux qui trouvent leur bonheur à gagner de l’argent pour se faire plaisir en achetant, tant que cet argent n’est pas la part appartenant à autrui, pas plus qu’il ne prône un retour pour tous aux champs.

Mais acheter, renouveler régulièrement son matériel par du neuf, et du plus performant, relève-t-il, pour notre consommateur, d’une quête de bonheur, ou d’une pulsion pathologique que ce système économique nous inocule pour maintenir ses chefs de guerre dans leurs rangs ?

Plus qu’une morale à donner au lecteur, je n’en ai ni la prétention ni la compétence, ce papier voudrait ouvrir à réflexion pour jouir sans entraves d’une consommation raisonnée, dans une simplicité volontaire combattant un monde en guerre qui voudrait nous décharner de notre humanité. Une mondialisation des échanges qui soit purement fondée sur l’égale répartition des richesses, la justice sociale, et l’équité, pour que nous puissions tous nous réattribuer nos conditions d’Hommes libres. Enfin libres…dans la stricte mesure où nous ne cherchons pas à divaguer en dehors du cadre dans lequel nous sommes autorisés à évoluer ! Notre liberté s’étiole à mesure que nous prenons conscience de ce qu’elle est : un idéal à approcher que nous ne toucherons jamais du doigt.

II/ Pour un altermondialisme décroissant, une agriculture saine et raisonnée

 Quoi de plus normal que de grandes entreprises multinationales de l’agroalimentaire s’accaparent le marché des semences, commercialisent des céréales génétiquement modifiées, et exproprient les terres des petits exploitants pour en faire de grosses coopératives se gavant de subventions de la politique agricole commune (ou d’autres organisations de libre échange) ? Quoi de plus logique que l’OMC ait imposé que les prix à l’importation soient lavés de toute barrière tarifaire, et que le prix des céréales soit régulés par la spéculation sur les matières premières des grandes agro-industries ? L’avenir de l’agriculture appartient davantage à la culture intensive et à l’économie d’échelle réalisée sur l’élevage industriel du bétail, qu’à l’agriculture vivrière peu nourricière, et à la mise en jachère des sols peu fertiles. Critiquer ce fait serait vouloir faire un énorme retour en arrière.

Ce n’est pas une citation, heureusement, mais certains hommes d’affaires doivent le penser. Et en matière d’agriculture, peut-être qu’un retour en arrière serait justement nécessaire, dans le sens d’un retour aux sources. Nous nous sommes tellement éloignés de la nature, qu’en habitat urbanisé, on en vient vite à ignorer le cycle de la nature, mangeant des tomates en janvier, des clémentines en juillet, et l’Homme citadin (en exagérant un petit peu), peut devenir incapable de faire pousser la moindre plante : quel intérêt, il ne la fait pas pousser, il l’achète à taille adulte.

La mondialisation, et l’importation de produits agricoles de hors saisons nous montre des immenses montagnes de fruits et légumes colorés, sans aucune tâche de pourriture ou de terre, ayant des formes bien sphériques. Sur les étalages des grands centres commerciaux, des beaux fruits et légumes, mais peu de goût. De plus, quel cynisme d’acheter des tomates du Maroc ou d’Espagne dans un cartel de la grande distribution, lorsque chacun peut en faire pousser sainement chez soi, ou lorsque moult producteurs locaux la cultivent. Non seulement les producteurs marocains (ou d’ailleurs) touchent un bénéfice à l’exportation bien moindre que ceux réalisés par la grande surface commerciale, mais en plus, le consommateur ne fait pas vivre les petits agriculteurs locaux, ses propres voisins, qui augmentent leurs prix en raison du manque d’affluence. C’est comme si j’étais viticulteur, et que je me rendais à l’épicerie de proximité acheter du vin californien, ou des raisins labellisés « Commerce équitable » ou « bio » de Chine (biologique, mais importé par avion brulant des tonnes de litres de kérosène) alors que j’en produis moi-même.

La plupart des trusts agroalimentaires ayant bonne presse justifient les inégalités mondiales d’accès à la nourriture par le fait qu’il n’y a pas assez de matières premières produites pour nourrir toute la population du globe. Alors, pour pallier à la crise alimentaire, ceux-ci étendent leur commercialisation de produits transgéniques dans les pays du Sud, soit disant pour supprimer les famines. Ceci est un immonde non sens, car l’agriculture familiale et durable pourrait nourrir le double de la population mondiale, c'est-à-dire douze milliards d’êtres-humains, si les États retrouvaient leur souveraineté alimentaire. Ce n’est pas moi qui l’invente, c’est ce que disent tous les militants paysans (Via Campesina à l’appui), et la FAO de l’ONU. Dans les pays riches en ressources où sont implantés les agroindustriels, outre le fait que les entreprises multinationales délocalisent une fois que les sols sont dévastés et fertilisés, l’agriculture industrielle œuvre à la production d’agro-carburants pour alimenter nos voitures là où il serait nécessaire de nourrir 925 millions de personnes souffrant de la faim. Et le pire, c’est que ces millions de personnes dont les pauvres existences sont rythmées par la misère, la disette et la salubrité, pourraient aisément être nourries. Pourtant, les grands médias tentent de faire considérer ces maîtres de l’agrobusiness pour des entreprises écologiques qui n’utilisent désormais plus le pétrole pour faire tourner les moteurs…l’écologisme capitaliste par la mort lente et douloureuse des pauvres, Darwin n’aurait pas mieux théorisé.

Selon Via Campesina, (mouvement militant pour la souveraineté alimentaire de tous les pays), il y a 1.5 milliard de paysans et de paysannes sur 380 millions d’exploitations, 800 millions font de l’agriculture périurbaine, 410 millions récoltent les produits issus de nos forêts et savanes, 190 millions sont bergers, et plus de 100 millions sont pécheurs. Au moins 370 millions de ces paysans sont également des populations indigènes. Ensemble, ils représentent presque la moitié de la population mondiale, et produisent au moins 70% de l’alimentation mondiale. (2)

La culture intensive, l’utilisation de produits chimiques et l’argument macro-économique de la spécialisation des cultures (un pays se spécialise dans la culture où il sera le plus compétitif, hérité du théorème de D. Ricardo sur les avantages comparatifs) contribue à détruire la biodiversité, à éroder et fertiliser les sols, et engrange aussi des rendements décroissants, aussi paradoxalement que cela puisse paraître : le sol ne se repose plus, il est cultivé en permanence à flux tendus. En culture paysanne traditionnelle, la culture suit le rythme de la nature, dans le respect de la biodiversité, et les rendements augmentent puisque le sol n’est pas érodé par la mécanisation lourde et les adjuvants chimiques.

L’agroécologie, agriculture saine et raisonnée pratiquée dans le respect des écosystèmes apparaît donc comme la solution alternative, et le remède urgent pour assurer à tous une alimentation saine et viable. Ainsi, on voit bien que la promotion politique de l’écologie vise, une fois de plus, à protéger la grande industrie. Si le prix de l’alimentation au fond du caddie du consommateur grimpe, ce n’est donc pas à cause d’une crise de la production, de la rareté, mais bel et bien de la spéculation provenant de cette la dérèglementation financière sur les productions agricoles. Car avec une agriculture vivrière (d’autosubsistance), paysanne et souveraine, les « gains » sont doubles : la population se nourrit mieux, et les prix deviennent plus abordables, car le processus de production n’implique plus des dépenses faramineuses en engrais chimiques, en innovation et en investissement des machines mécaniques.

Quel comble, d’ailleurs, que notre ère dite technique, scientifique, moderne et développée, soit celle où les hommes meurent de trop manger, de cancers liés à l’alimentation, de maladies qui n’existaient pas il y a deux siècles.

L’agriculture est la première des nécessités humaines, car elle permet à l’Homme de manger et boire, donc de vivre. Celle-ci est pourtant en passe d’être éradiquée pour le profit à court terme de quelques milliers. Sommes-nous comme dans les dessins animés, assis sur une branche d’arbre que nous avons scié du mauvais côté, en chute libre, terrifiés par le choc imminent qui s’impose à nous ?

(1) Directive du Parlement Européen et du Conseil, qui entrera en application le 1er avril 2011 :

http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2004:136:0085:0090:fr:PDf

(2) Via Campesina, « L’agriculture familiale, paysanne et durable peut nourrir le monde. », Djakarta, septembre 2010.

Samuel Moleaud.

http://sam-articles.over-blog.com.


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36 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 12 janvier 2011 15:07

    Le bonheur est désormais assimilé à la consommation. Jamais au cours de l’histoire il n’a été produit autant de richesses, mais 80% des ressources de la planète sont consommées par seulement 20% de la population. Notre économie veut que nous fassions de la consommation notre mode de vie, il nous faut consommer, toujours plus, nous sommes la civilisation du « prêt-à-jeter ». Les spécialistes du marketing s’efforcent de nous vendre de plus en plus d’objets inutiles, pour faire croire aux consommateurs que l’accumulation matérielle est une fin en soi. Tout ce qui favorise la croissance est une bonne chose : la guerre aussi favorise la croissance, donc la guerre est une bonne chose ! article complet ci-dessous..


    http://2ccr.unblog.fr/2011/01/03/de-quoi-avons-nous-besoin/



    • plancherDesVaches 12 janvier 2011 16:41

      Le BESOIN d’écologie est né du capitalisme dévorant.

      Ainsi, la destruction de la planète est une conséquence directe de sa financiarisation.

      Ce n’est donc pas l’effet qu’il faut traiter. Mais sa cause.


      • plancherDesVaches 12 janvier 2011 16:43

        Autre remarque : l’écologie ne veut surtout pas changer le capitalisme.

        Mais en profiter. Commerciale-ment.


        • reprendrelamain reprendrelamain 12 janvier 2011 17:17

          Votre article est intéressant mais ne propose aucune solution, juste un constat avec lequel, du reste, je suis d’accord sur le fond.
          Vous ne le citez pas mais je conseille à tous la lecture du livre passionnant de Pierre Rabhi « Vers la sobriété heureuse » 2010 chez Actes Sud ou il donne quelques pistes et surtout ou il explicite ses 40 ans d’expérience en Agro-écologie.
          Je pense sincèrement que des articles comme le vôtre ne servent à rien et vous qui avez la chance de pouvoir vous exprimer en touchant des gens, profitez en pour avancer des débuts de solutions ou des pistes sur lesquels nous pourrions débattre.
          Bien plus intéressant que d’être d’accord et de passer à l’article suivant...


          • Yaka Yaka 13 janvier 2011 12:59

            Le constat et le diagnostique sont deux étapes très importantes.
            Je préfère un article qui se contente de constater et de diagnostiquer plutôt que de proposer des solutions foireuses.
            La recherche de solution à l’échelle d’une société demande des ressources intellectuelles et manuelles importantes, pour l’instant toute détournées à la fabrication d’objets et de services. 


          • Samuel Moleaud 13 janvier 2011 14:14

            Repenser nos modes de consommation, pour utiliser dans le respect de la nature et de l’humain les ressources produites et extraites.
            A défaut de pouvoir changer l’esprit des gouvernants, rejoindre les associations militantes pour une meilleure alimentation, (Attac, Amap, café associatifs, etc etc) ainsi qu’une meilleure répartition des richesses.
            Prendre toute information avec un certain regard critique et de méfiance envers l’endoctrinement massif de nos jours,

            Voici trois solutions que proposent cet article, je ne peux faire mieux à l’échelle individuelle. Ca me semble déjà pas mal, non ?


          • Rémi Manso Manso 12 janvier 2011 21:24

            Quid de la principale cause de tous les maux que connait l’espèce humaine, à savoir son trop grand effectif ? 

            Si décroissance il doit y avoir, pourquoi exclure à priori la décroissance de la population mondiale ? 
            Décroître en consommation tout en continuant à croître en nombre est-il réellement efficace ? 
            Se priver de plus en plus pour satisfaire le délire procréateur de certains est-il moralement justifié ?
            La solution la plus humaniste n’est-elle pas celle d’une Démographie Responsable ?

            • Samuel Moleaud 12 janvier 2011 21:34

              C’est à dire ? Réinstaurer les camps de la mort ?
              Imposer 1 enfant par femme partout dans le monde, et tuer le reste, la mère avec pour celles qui ne respecteraient pas votre loi ?

              Ca me paraît dangereux de réguler la population, surtout de la manière dont vous le dites.


            • reprendrelamain reprendrelamain 13 janvier 2011 11:34

              Je suis totalement d’accord avec vous, évoquer les camps de la mort c’est vraiment n’importe quoi !


            • rastapopulo rastapopulo 13 janvier 2011 01:47

              Je ne comprend pas cette sacrosainte décroissance. C’est très vide de sens, genre il y a une formule mathématique qui dit que n’importe quelle croissance est mauvaise... Mais c’est si joli de se flageller pour rien ! 

              Comme je suis fondamentalement pour l’importation de fruits SURTOUT en hiver (l’homme vient à l’origine d’autres l’attitudes et est un crudivore non carnivore pure (besoin de sucre dans l’estomac pour enclencher une digestion correcte des protéines animales (ce que n’ont pas les eskimos et qui leur donne mauvaise hallaine « naturellement »))) je serais tenté de rejeter tout en bloc sauf que je suis aussi un fervent défenseur du BIO et du moindre impact !!!

              Donc je voudrais dire ceci : Le BIO doit CROITRE, l’industrie (mise au service de la technique à grande échelle) doit aussi CROITRE sans rechigner à utiliser les matières premières mais dans un sens de moindre impact (la densité énergétique des éoliennes et des photovoltaiques étant ridicules comparé avec le nucléaire au passage).

              Et pour finir, le problème posé à la fin est très ancien et n’a rien avoir avec l’écologie. Le marchand a toujours tenté d’imposer sa domination sur l’artisan. Au premier souci, les artisans tombaient dans la misère. C’est l’histoire du 18° qui a montré la nécessité d’une structure d’état nation pour guider l’intérêt commun face aux mondialistes (autrefois appeler impérialistes anti-nations avec les empires marchands apatrides des Indes).  


              • rastapopulo rastapopulo 13 janvier 2011 01:56

                Et c’est légitime, mais de tout temps, la possession démultipliée est la condition de notre propre déshumanisation : à force de vouloir acquérir toujours plus de biens, nous en oublions nos propres éléments, ceux d’évoluer en phase avec la nature et de s’y épanouir. L’Homme n’est plus un Homme, il est un robot articulé qui attend son heure en évoluant dans un univers de béton, d’acier, et respirant de l’air toxique. Le système actuel pousse l’individu à acquérir plus de choses qu’il n’a besoin. A manger plus que l’apport journalier demandé par son organisme. Or, comme rien n’est gratuit, cela passe par davantage de travail, pour avoir l’argent nécessaire à la satisfaction des nouvelles pulsions consuméristes. De la poudre aux yeux

                Le discours hyperformaté qui ne se pose même pas la question de savoir si c’est vrai !!! Le vrai naturel de l’homme est de manger des fruits toute l’année. Notre mode de vie est plus « naturelle » que pendant les hivers du moyen âge. C’est juste une inversion de la réalité servie par le discours anglosaxon qui est historiquement contre le développement. Malthus est de quelle origine encore et pour justifier quelles injustices sociales son discours a été utilisé pour ne pas partager le progrès scientifique ?


              • Samuel Moleaud 13 janvier 2011 02:16

                Je critique la croissance, car elle augmente en permanence les richesses produites, on calcule même des taux de croissance annuels moyens pour mesurer cette richesse. Mais où est la répartition sociale et la redistribution ?
                Où est la reconnaissance des travaux non rentables, services et activités non marchandes, par exemple la connaissance produite entre les gens dans le milieu associatif, l’éducation des enfants par les mères au foyer ? etc etc ...

                Le problème de l’industrie, c’est qu’elle saccage la nature pour que vive le règne de l’hyper consommation. Et que l’argent se fait aspirer dans les mêmes comptes bancaires. Pas dans la poche de celui qui travaille, mais sur le compte bancaire dans des paradis fiscaux libérés de toutes taxes, par exemple.
                Et dans votre critique, si recevable soit-elle, aucun rapport entre la décroissance et l’Etat. Les deux ne sont pas ennemis, et peuvent coexister. Un Etat Nation n’est pas forcément capitaliste...
                Quand à la consommation de fruits en hiver...Nous avons les clémentines, les oranges... On est pas obligés d’acheter des bananes en janvier, produites par un producteur asiatique ou africain sous-payé, alors que le Géant casino ou Carrefour empoche la marge sur le kilo, et le consommateur paye l’acheminement par avion d’un produit qui devrait bénéficier à nombre d’acteurs locaux.

                En quoi notre mode de vie est-il plus naturel qu’au Moyen-Age, vous qui vérifiez tout ce que vous avancez ?

                La formule mathématique qui dit que toute croissance est mauvaise, c’est :
                PIB = Consommation finale + Investissement + Variation des stocks + Exportations - Importations. Aucun agrégat social dans cette équation, et vision à court terme des entreprises...


              • Yaka Yaka 13 janvier 2011 11:12

                « Je ne comprend pas cette sacrosainte décroissance. C’est très vide de sens, genre il y a une formule mathématique qui dit que n’importe quelle croissance est mauvaise... Mais c’est si joli de se flageller pour rien !  »

                Voici ce que Serge Latouche dit en substance :
                Décroissance est un mot obus, il serait insensé de vouloir la décroissance pour la décroissance (mais à y réfléchir, pas plus insensé que de vouloir la croissance pour la croissance). Le terme exact serait plutôt une a-croissance, comme on parle d’a-théisme. Le mythe de la croissance repose d’ailleurs sur un dogmatisme quasi-religieux.

                Je ne met pas de guillemets, ce ne sont pas les termes exacts.

                La croissance telle qu’elle a existée ces derniers siècles est fortement négative appliquée à notre époque. Et la croissance « verte » promise par les écono-écologistes n’est pas mieux. Il me semble naturel que la « croissance » en général soit critiquée, vu le sens que les initiés lui associent.


              • eric 13 janvier 2011 06:47

                Article potentiellement criminel par son égoïsme de nanti petit bourgeois et capitaliste.
                Le recours a tous les termes classiques de la rhétorique alterecolobio cache mal les prurits nombriliques des hypocondriaques surtout soucieux de leur petite sante personnelle, de leur bonne digestion de faire la morale a la terre entière et accessoirement, fascines par la consommation..

                L’agriculture bio a des rendements de l’ordre de 30 a 40% inférieurs a une agriculture intensive, et encore, dans les riches pays occidentaux. Qui plus est, cela ne se conçoit qu’avec des engrais bio, essentiellement animaux. Or, l’élevage, justement, exerce une pressions très importante sur les ressources naturelles.
                http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110112.OBS6104/d-ici-2050-les-pays-riches-devront-reflechir-au-contenu-de-leurs-assiettes.html
                Compte tenu du nombre prévisible d’etres humains, des surfaces cultivables, etc...faire le choix de l’agriculture bio apparait comme un choix de luxe et de bien être pour une minorité de nantis des pays riches au détriment du reste des habitants de la planete.

                Moi aussi je préfèrerait manger du pain bio, du poulet au grain en plein air et de la salade ecolobioselftouteseuleparellememedegradble.

                Aujourd’hui, le minimum de la « solidarité civile civique citoyenne » avec le tiers monde, consiste a accepter notre part du fardeau alimentaire en bouffant des ogm et du poulet aux hormones pour permettre a nos frères du tiers monde de ne pas crever de faim.

                Du reste, et ce n’est sans doute pas un hasard, les pays qui aident le plus le tiers monde, et notamment sur le plan alimentaire, sont les grands pays libéraux anglo saxon qui autorisent ces méthodes. EUA, Canada, etc... pendant que l’Europe égoïste et ecolo se soucie surtout de sa propre qualité de vie.

                Second point, sous nos latitudes, il existe clairement des catégories de gens qui échappent a la fascination de la consommation a tout prix, ce sont ceux qui font le choix d’avoir des familles nombreuses. Avoir un troisième enfant par exemple, c’est, déjà, accepter un très net décrochage de son niveau de consommation par rapport sa propre catégorie sociale et ce, quelle que soit la tranche de revenu. La vraie « simplicité volontaire » réelle vécue et assumée au quotidien, c’est d’avoir des gosses.
                Il est extrêmement frappant de constater que font ce choix, les pauvres, les riches et les catho.
                Bref, la droite.
                 La classe moyenne alter ecolobio, sous prétexte de soi disant « simplicité volontaire »préfère consacrer plus de ses revenus a l’achat de produits bio plus couteux et dont toutes les etudes sembleraient prouver qu’ils ne sont pas « si tellement beaucoup plus bio que les autres ». Ainsi, elle fait la preuve qu’ elle est absolument fascinée par les objets, les achats démonstratifs qui procurent statut social. C’est parce qu’elle en est la principale victime qu’elle s’imagine que les autres sont comme elle fascinés par la consommation.

                Combien de temps encore devront nous supporter ses lourds lamentos sur la société de consommation, le capitalisme, l’écologie, etc... qui sont le paravent de son vide existentiel ?


                • Mich K Mich K 13 janvier 2011 11:05

                  Dire que l’agriculture Bio ne pourrait nourrir la planète dépend de notre régime alimentaire, et ne peut donc être un argument couperet dans le sens où vous le voyez !

                  Je rappelerai simplement ces chiffres très parlant (de Hubert Reeves) :
                  Si toute l’humanité mangeait autant de viande que les pays riches, nous ne pourrions nourrir que le 1/3 des habitants de la planète
                  A l’inverse, si toute l’énergie captée par les plantes était absorbée directement (céréales, légumineuses, légumes et fruits), on pourrait nourrir 3 fois plus de monde qu’aujourd’hui.

                  Il y a donc urgence à remettre en question de standard de vie occidental comme modèle.
                  Sans cela, point de salut et on pourra débattre des années sur Croissance ou Décroissance.


                • Yaka Yaka 13 janvier 2011 11:20

                  « Aujourd’hui, le minimum de la »solidarité civile civique citoyenne« avec le tiers monde, consiste a accepter notre part du fardeau alimentaire en bouffant des ogm et du poulet aux hormones pour permettre a nos frères du tiers monde de ne pas crever de faim. »

                  Ou alors on mange directement les céréales qu’on donne habituellement au poulet aux hormones.
                  On aura besoin de moins de céréales donc on pourra faire du BIO smiley .

                  De façon général, ne vous laissez pas impressioner par le miraculeux agro-alimentaire. Les rendements sont supérieurs car les engrais apporte beaucoup d’énergie. Et devinez d’où vient l’énergie des engrais ?

                  Le pétrôle, toujours lui ! Il est donc nécessaire de passer au BIO au plus vite, plutôt que d’attendre d’y être forcé par le manque de pétrole.


                • AntoineR 13 janvier 2011 11:40

                  Vous faites parti des gens qui pensent que la fin dans le monde est dûe à un manque de nourriture ? Pourtant vous avez l’air cultivé vu tous les mots pompeux que vous utilisez !

                  Augmenter la productivité des terres ne changera jamais rien à la fin dans le monde.

                  Quelques chiffres pour contrer vos « 30 à 40% de productivité en moins du bio » (il sort d’où ce chiffre, c’est la productivité en terme de main d’oeuvre ou à l’hectare ? J’ai toujours entendu parlé de 12% en moins à l’hectare...) :

                  1) Il faut 4 protéines végétales pour faire 1 protéine animale (manger un peu moins de viande changerait déjà beaucoup de chose)

                  2) dans les pays industrialisés, au global 40 % de la nourriture est jetée (tout compté : hors calibre, déchêts industriels et ménagers...)

                  3) terres en jachère...

                  4) On utilise en moyenne 10 calories fossiles pour produire 1 calorie alimentaire (OUAHHH, super vos rendements.....)

                  Il n’y a aucun manque de nourriture, les OGM sont là pour des histoires de copyright ou d’association avec des pesticides précis (roundup ready...). Juste pour servir monsanto et compagnie...

                  Je vois que les millions dépensés en propagande dans les grand médias sont bien efficaces. Vous devriez lire Chomsky pour regagner la capacité de penser par vous-même.


                • Samuel Moleaud 13 janvier 2011 12:07

                  AntoineR, c’est clair que de ce côté, Chomsky apparaît comme une bible...
                  Mais eric dira encore que je suis un religioso-écolo-bobo-conso-néo-addict-capitalisto-libéralo-décroissano-crimino-nantis....

                  J’espère que vitre premier commentaire, eric, est ironique ! Parce que même un militant à l’UMP n’oserait sortir ce discours.

                  A propos, moi, dire que je suis nombrilique, hypocondriaque, fasciné par la consommation et capitaliste, ça fait bien, ce sont de beaux mots, tout comme je cherche à faire de belles phrases dans mes articles, mais ça prouve que vous ne connaissez rien de l’auteur, et que vous parlez sans prendre recul face à ces idées qui vous énervent...

                  Mais vous avez raison, ayez tous des gosses, des gosses, des gosses, 7 par femmes allez, vous verrez qu’avec 7 mômes à la maison, l’humain pourra enfin arrêter de se tuer au travail, et profiter de son temps libre pour cultiver sa pensée critique. Il ne cravachera plus à l’usine pour nourrir sa famille en dépit d’un coût exorbitant de la vie. Il pourra enfin soigner son régime alimentaire grâce à une industrie intensive pillant l’Afrique, l’Asie, les laissant crever de faim ou de cancer à cause des OGM de Monsanto et des grands trusts, et purifiant ainsi la population mondiale.

                  Et c’est moi qui suis criminel d’écrire mes articles ?


                • ecophilopat 13 janvier 2011 13:11

                  « L’agriculture bio a des rendements de l’ordre de 30 a 40% inférieurs a une agriculture intensive, et encore, dans les riches pays occidentaux. Qui plus est, cela ne se conçoit qu’avec des engrais bio, essentiellement animaux. Or, l’élevage, justement, exerce une pressions très importante sur les ressources naturelles. »

                  Renseignez-vous Sur Takao Furuno qui produit un riz bio avec des rendement supérieur de 30% par rapport aux méthodes traditionnelles.

                  http://www.lejapon.org/forum/content/848

                  Produire bio ne veut pas dire uniquement, comme le pense certains, revenir aux méthodes qui avaient cours il y a 50 ans. De nouvelles technique sont à inventées. Les hauts rendement obtenus par l’agriculture intensive ne sont pas apparus en 1 jours. Lorsque l’on aura consacré autant d’énergie et de moyens pour produire bio qu’on en a consacré à l’intensif, les rendements augmenterons certainement d’autant.


                • Samuel Moleaud 13 janvier 2011 14:03

                  Je présume, d’ailleurs que pour vous, l’agriculture à la cubaine fut un crime ?
                  Que Cuba est une autocratie, dictature autoritaire où les médias sont contrôlés par le pouvoir ?

                  ...


                • Nicolas Gora 13 janvier 2011 09:37

                  Bravo pour cet article qui formalise ce que de plus en plus de gens ressentent.
                  Pouvons-nous dire que nous sommes à une période de transition ?

                  Je renvoie à la lecture de l’article « a hydra without a head » page 6 du Newsweek du 10/1/2011 qui présente un nouveau fait de société : la protestation open source. Autrement dit un ensemble de personnes sont contre un projet pour différentes raisons et se retrouvent à protester ensemble sans qu’aucun porte parole ne puisse être identifié.

                  Ma question est de savoir si l’on peut changer des rapports de force par la simple action individuelle, y compris lorsqu’elle s’agrège sous forme de protestation open source ? Face à un système politique, financier et industriel hyperorganisé, puissant et autoprotecteur je ne vois pas comment se passer d’un leadership alternatif. Simple exemple historique : Inde, milieu du 19ème siècle, Mangal Pandey est à l’initiative d’une rébellion contre l’empire britannique, traçant la route de l’indépendance un siècle plus tard pour Gandhi qui développa une méthode de désobéissance civile. Je termine enfin en conseillant la lecture du livre « Indignez vous ! » de Stéphane Hessel qui souligne notamment que l’indifférence est la pire des attitudes, alors agissons !


                  • reprendrelamain reprendrelamain 13 janvier 2011 11:41

                    protester n’est pas agir...


                  • Samuel Moleaud 13 janvier 2011 12:12

                    Oui, mais ce Stéphane Hessel soutient DSK (donc le FMI) à la candidature pour 2012. Comme quoi, on a toujours des différences entre ce qu’on dit et ce qu’on dit ou fait...
                    Tout comme moi, qui incite à un altermondialisme décroissant, disons a-croissant, mais il m’arrive de faire mes courses au centre commercial.

                    Je pense que la simple action individuelle ne fera rien. Il faut se regrouper en collectifs, en associations, etc. Par contre, le développement de la pensée critique, la réflexion (quasi militante) peut passer par un geste individuel. Et je réponds que protester n’est peut-être pas agir, mais c’est la première étape. Pas de révolution pacifique sans conscience qu’il faut changer, sans protestation.


                  • Nicolas Gora 18 janvier 2011 21:48

                    Quelle est à ce jour la forme la plus aboutie d’organisation permettant d’affronter ce système pervers ?

                    Je pense qu’il faut combiner action individuelle (échapper le plus possible à la mauvaise bouffe > acheter ses produits en dehors des supermarchés, voir les produire soit même quand c’est possible, bien lire les étiquettes pour ne pas acheter d’OGM ou d’acides gras trans, échanger plutôt qu’acheter...) et action collective (faire du lobbying auprès des députés, mettre en place des réseaux d’achat hors grande distribution comme par exemple les AMAP...).

                    Je pense que la meilleure façon de s’en sortir c’est d’informer le plus de monde possible et de proposer des moyens alternatifs de répondre à nos besoins vitaux, bref pas une épreuve de force mais un mouvement de fond basé sur le libre arbitre.

                    Pour convaincre les plus réticents je renvoie à l’article du cycle idiot du cancer, ou comment ceux qui nous nourrissent ...nous soignent, et pour cause !
                    http://www.novethic.fr/novethic/planete/environnement/pollution/le_cycle_id iot_cancer/132459.jsp


                  • Mich K Mich K 13 janvier 2011 11:10

                    Ce qui est certain, c’est que le PIB comme boussole pour nos dirigeant est complètement obsolète et qu’il faut en changer rapidement !
                    Et que le paradigme du toujours plus qui a prévalu jusqu’ici et également à remettre en question collectivement pour se poser les questions suivantes :

                    - Quels sont les besoins fondamentaux qu’on veut assurer collectivement à tous ???
                    - Comment les rendre accessibles à tous (gratuité) ???
                    - Comment dissuader (taxe, interdiction parfois) tout ce qui est nuisible et/ou du domaine du superflu ???

                    Une partie de la réponse  : Réfléchir à l’instauration de tarifications progressives dans de nombreux domaines (énergie, eau), contrairement à la logique actuelle (prix moindre quand gros consommateur)...

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