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Débat consensuel après un Copenhague raté

« Nous sommes deux sœurs jumelles… »( Les parapluies de Cherbourg : le duo)

N’étaient la différence d ‘âge somme toute assez réduite et surtout celle des géniteurs politiques respectifs, on aurait pu les croire jumelles, ces deux députées européennes, invitées par « Les Jeunes Européens » de Strasbourg et CaféBabel au Club de la Presse pour tenter de faire un bilan sommaire de Copenhague et à deux voix .

Avec un papa Europe-Ecologie, l’une, Sandrine Bélier  jeune et fraichement émoulue de l’ action sur le terrain, a acquis avec une rapidité étonnante une aisance dans la rhétorique politique à laquelle sa formation de juriste de l’environnement l’a vraisemblablement préparée.

L’autre, Corinne Lepage, adoptée (et adaptée à, avec CAP 21 ?), par un mouvement centriste ( MoDem), rompue depuis belle lurette à toutes les formes de débats ( ancienne ministre, avocate de renom…) est toujours aussi sûre d’elle avec une plaisante et sérieuse décontraction. Enfin toutes deux des spécialistes du sujet, car il s’agissait de livrer à un public de jeunes, étudiants pour la plupart, les conclusions, leurs conclusions, à l’issue du sommet de Copenhague. On a donc une forte propension à leur accorder crédit.

 Fiasco total ou tout de même une lueur d’espoir ?

A tour de rôle, l’une répond librement aux questions de l’animateur de CaféBabel, tandis que l’autre écoute, acquiesce et apporte un complément consensuel et on repart dans l’autre sens. Il est vrai qu’entre « écolos », honnêtes et convaincues, il n’y a pas lieu de se livrer à des joutes meurtrières comme leurs mentors ou leaders respectifs en avaient donné l’exemple la veille des élections européennes (Cohn-Bendit et Bayrou).

Les deux femmes sont affables et vraies, avenantes et efficaces. Evidemment l’absence d’enjeu imminent facilite l’harmonie : on aurait pu les entendre sur fond de musique de Michel Legrand déjà évoqué ou alors, plus adapté, d’un impromptu de Schubert si délicieusement triste.

Alors que retenir ?

Echec à Copenhague ? Oui mais c’est la première fois que les 192 se réunissent pour au moins évoquer, même en dysharmonie un sujet aussi grave, incontournable à l’avenir.

Echec pour l’ONU, le Monde et l’Humanité ? Oui mais il faut avoir confiance en l’Homme, plein de ressources dès lors qu’il prend conscience de la gravité du danger.

Echec de l’Europe et de l’Union Européenne (UE) ? Voilà, ici, en la circonstance, le plus affligeant des aspects. L’analyse est partagée par les deux parlementaires et le réquisitoire sonne en mode majeur quand il fustige l’absence de volonté politique concertante des Européens. La partition n’est pas écrite et les discordances trop fortes.

La perte d’influence de l’Europe.

Toutes deux, entre autres explications, dénoncent la crise institutionnelle d’avant l’application du traité de Lisbonne avec un Président Baroso aphone, un président Sarkozy et nombre de ses homologues mis sur la touche par un président Obama, surpuissant et, quelque peu forcé, tourné vers la Chine et ipso facto vers les pays que celle-ci semble « coacher », en Afrique notamment.

Le président de l’UE Van Rampuy et la « ministre des affaires étrangères » Mme Ashton y auraient-ils changé quelque chose en donnant le la au diapason européen ? En réponse à cette question posée par un auditeur, Corinne Lepage, enjouée, réclame un joker.

Plus tard, puisque les parlementaires auditionnent actuellement les candidats Commissaires Européens, elle ne s‘est pas déclarée émerveillée par la prestation de la britannique.

Enfin ! Belle prestation dans l’ensemble, ici au siège du Parlement Européen : les Jeunes Européens à qui le débat était destiné, ont pu profiter comme d’un cours magistral original à deux voix, avec participation possible,

Hors combat électoral, de tels sujets ne peuvent que susciter le consensus, en gros bien sûr.

C’est pourquoi à une question en aparté, sur l’implication de l’UE dans le débat des élections régionales, pas de réponse. Les séances au Parlement et l’exercice du soir ont fatigué les cordes vocales mais pas tant qu’à Copenhague, peut-être pas tout à fait aussi inutilement..

Ceci dit en toute mauvaise foi, personne n’aurait osé étendre au plan national l’harmonie de ce duo, issu de deux partis différents et concurrents .....parfois..

Antoine Spohr.


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6 réactions à cet article    


  • Bill Grodé 22 janvier 2010 10:28

    Ouaip, à un petit détail près : il me semble que « Nous sommes deux soeurs jumelles.... » c’est dans « Les demoiselles de Rochefort ».


    • A. Spohr A. Spohr 22 janvier 2010 10:34

      Aux temps pour moi ! Merci Bill, le rouge me monte au front.

      La musique est si belle dans les deux cas, qu’elle égare.

    • Hussein Hussein 22 janvier 2010 13:08


      Pour répondre à Bill, je pense que M. SPOHR a fait volontairement ce lapsus afin de ne pas rappeler de mauvais souvenirs à Mme LEPAGE. C’est quelqu’un de fort avisé.

      En effet, elle a été remplacée à la tête des commissions de réflexion du MODEM national par un certain ROCHEFORT.

      D’où la sortie des parapluies ....(de Cherbourg ou d’ailleurs).


    • paul 22 janvier 2010 19:09

      Le cours magistral donné par les deux eurodéputées aux Jeunes Européens est peut être
      profitable sur le plan rhétorique . Il n’y a pas non plus de désaccords de fond entre elles ,d’où comme vous le dites , pas de joutes meurtrières : la musique de Michel Legrand peut convenir .

      Dans la réalité c’est une autre musique .Devant les problèmes ou les échecs de Copenhague ,
      de l’ONU, de la faible influence de l’U.E. , vous restez d’un optimisme béat : il faut faire confiance
      à l’ Homme , plein de ressources quand il prend conscience du danger .....
      Passons sur le rôle honorifique de Barroso ,le président de l’U.E. van Rompuy au charisme d’une
      huitre , clérical bon teint, a déjà justifié évangéliquement le libéralisme économique .
      Quant à la baronne anglaise Mme Ashton , en charge des Affaires Etrangères ,elle pratique
      parfaitement la langue de bois des élites qui agissent sans véritable contrôle démocratique .


      • A. Spohr A. Spohr 22 janvier 2010 19:40

        D’accord avec vous Paul mais l’optimiste ce n’est pas moi . Ce sont les positions des deux intervenantes. Je partage plutôt votre désarroi.

        Quant à Hussein , quel humour délicieux !

        • Pierrot Pierrot 26 janvier 2010 23:30

          Bonjour,
          Les deux principales puissances (USA et Chine) ont toujours dit qu’elles ne voulaient pas de contraintes chiffrées concernant les émissions de CO2.
          Les USA savent que leurs parlements (surtout Sénat) ne signeraient pas d’engagement chiffrés.

          L’Europe dont en particulier l’Allemagne et la France proposent le fameux 3 x 20 %, mais tous les experts savent que c’est complétement irréaliste.
          L’AIE prévoient une forte augmentation des émissions de GES dont le CO2 à l’horizon 2020 et plus encore jusqu’en 2050.
          Au delà il est difficile de faire des prévisions.

          Les pays dits en développement souhaitent augmenter leur production, leur développement et leur niveau de vie comme les pays « occidentaux » l’ont fait jadis.
          Est il raisonnable de leur refuser alors que nous l’avons fait sans état d’âme ?

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