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Accueil du site > Actualités > Environnement > L’Allemagne sort du nucléaire grâce au... charbon

L’Allemagne sort du nucléaire grâce au... charbon

Un peu moins du quart de la production d’électricité de la République fédérale d’Allemagne est assuré à l’aide de 17 réacteurs nucléaires ayant fourni 135 TWh en 2007. Ces 17 réacteurs (1) développent une puissance totale de 20 GWe. Le programme de sortie du nucléaire décidé par le gouvernement Schröder et confirmé par le gouvernement actuel devrait s’étaler entre 2008 (arrêt du réacteur Biblis 1) et 2022 (arrêt du réacteur de Neckarwestheim-2). La relève sera fournie par des centrales thermiques à flamme brûlant du charbon. En effet, entre 2009 et 2017, il est prévu de mettre en service 30 centrales à charbon (2) pour une puissance totale de 26,4 GWe et une production annuelle ! qu’on peut estimer égale à 210 TWh (3).
 
Une augmentation très importante des émissions de CO2…
 
Ces centrales conduiront à l’émission de 170 millions de tonnes de CO2 (4) soit environ 20 % des émissions allemandes actuelles, près de 5 % des émissions totales de l’Europe et plus que les émissions totales d’un pays comme la Belgique.
 
… impossible à compenser par… la capture et le stockage du CO2 additionnel émis. 
Pour minimiser cette dégradation de l’environnement, il faudrait recourir systématiquement à la capture et au stockage du CO2 émis par les nouvelles centrales à charbon. L’Allemagne n’a pas fait ce choix-là et l’utilisation de cette technique n’est envisagée pour aucune de ces centrales. Seule Vattenfall s’est engagée dans la construction d’une petite centrale de démonstration de 30 MW en Brandeburg « Swarze Pumpe », mais, en même temps, dans celle de centrales « classiques, sans dispositif de stockage » de 820 et 670 MW. Curieusement Greenpeace a réservé ses foudres à cette petite centrale « propre ». (5)
Malgré les grandes déclarations du ministre allemand de l’Environnement, M. Sigmar Gabriel, la sortie du nucléaire s’accompagnera obligatoirement d’une forte augmentation des émissions de gaz carbonique, les énergies renouvelables (voir note ci-dessous) étant radicalement incapables de remplacer les centrales nucléaires ; l’Allemagne est en train d’en faire la démonstration.
 Note :
La construction de nouvelles éoliennes ne pourrait que diminuer au mieux de 30 % ces émissions. En moyenne, sur ces dix dernières années, le facteur de charge du parc éolien allemand, qui est pour l’instant exclusivement on-shore, est de 1 700-1 800 heures par an ; dans l’hypothèse d’un développement amenant la production off-shore à près de 40 %, le facteur de charge pourrait approcher les 2 300 heures, soit de l’ordre de 28 % du temps de fonctionnement des centrales thermiques à flamme. Le remplacement de la production thermique par la production éolienne exige la même puissance pour les deux parcs. Ainsi, la réduction maximale des émissions de CO2 qui pourrait être obtenue par les éoliennes serait de 48 millions de tonnes. L’arrêt du nucléaire compensé par le mix charbon-éolienne devrait alors conduire à une augmentation de 14 % des émissions actuelles de CO2 par l’Allemagne.
Ajoutons qu’il n’est pas évident que, dans le contexte de dérégulation actuelle, les opérateurs des centrales thermiques acceptent de gaieté de cœur la réduction de près de 30 % de leurs revenus.


(1) Biblis-A, Neckarwestheim-1, Brunsbüttel, Biblis-B, Unterweser, Isar-1, Phillipsburg-1, Grafenrheinfeld, Krummel, Gundremmingen-B, Gundremmingen-C, Gröhnde, Phillipsburg-2, Brokdorf, Isar-2, Emsland.
(2) Neurath, Walsum 10, Boxberg, Datteln, Westfalen(2), Moorburg(2), Luenen, Stade(3), Mannheim 9, Brunsbüttel, Staudinger 6, Antwerpen, Greifswald(2), Karlsruhe 8, Stade, Dörpen, Profen, Ensdorf(2), Krefeld, Niederaussem(2), Emden(2), Heilbronn 8.
(3) Sur la base de 8 000 heures de fonctionnement par an.
(4) Sur la base de 800 g de CO2/kWh.
(5) Greenpeace considère que cette technologie est trop consommatrice en énergie, coûte trop cher et réduit l’efficience de la production des centrales à charbon. “The environmental organization Greenpeace, considers the technology too energy-intensive and expensive. It also reduces the efficiency of the electricity production from brown coal in such plants, Greenpeace says.” http://www.bruessel.diplo.de/ 

Moyenne des avis sur cet article :  4.06/5   (47 votes)




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30 réactions à cet article    


  • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 2 octobre 2008 12:10

    C’est vrai que l’Allemagne est exportatrice nette vers la France. Conséquence de la pause dans la construction de réacteurs en France. Une satisfaction pour SDN.
    Reste que chaque Allemand émet 9,82 tonnes de CO2 par an et chaque Français 6,19 (chiffres tirés de Key World Staistics editiion 2007 de l’AIE). Stéphane Lhomme peut il expliquer cette différence
    Pour l’heure l’Europe a pris la convention que les émissions sont calculées à partir de la production nationale et non sur la base de la consommation. Le courant importé ne contribue donc pas aux émissions de CO2.
    Vous pouvez ne pas aimer le nucléaire mais, au moins, reconnaissez honnêtement ses aspects positifs. Sinon cela ressemble à de la chasse aux sorcières. Dire que le nucléaire français est responsable des émissions de CO2 allemandes frise le ridicule.
    Le point essentiel de cet article est que la sortie du nucléaire s’accompagnera automatiquement d’une augmentation des émissions de CO2. Sauf si les techniques de captage-stockage du CO2 deviennent opérationnelles. Et il faudra stocker dans le monde des milliards de tonnes de CO2 chaque année. 


  • Stéphane Lhomme Stéphane Lhomme 2 octobre 2008 14:07

    Il y a 58 réacteurs en France (contre 17 en Allemagne) et ce serait parce qu’on ne construit plus de réacteurs qu’on importe l’électricité allemande ???? On a 40 réacteurs de plus qu’eux !!!!
    M. Nifenecker, vous venez de battre tous les records d’absurdité !!!


  • Bulgroz 2 octobre 2008 14:49

    " C’est vrai que l’Allemagne est exportatrice nette vers la France"

    Faux, l’allemagne est importatrice nette d’électricité en provenance de France, idem de la part de tous les pays limitrophes de la France.

    Exportations et importations de la France TWH :
    http://www.industrie.gouv.fr/energie/statisti/f1e_stats.htm

    1979 Imp : 16 Exp : -11
    1985 Imp : 6 Exp : -29
    1990 Imp : 7 Exp : -52
    1995 Imp : 3 Exp : -73
    2000 Imp : 4 Exp : -73
    2004 Imp : 7 Exp : -68
    2005 Imp : 8 Exp : -68
    2006 Imp : 9 Exp : -72
    2007 Imp : 11 Exp : -68

     
    Les soldes nets sont en TWH (2006) :
    Allemagne:15,4
    Suisse : 9,4
    Italie : 14,2
    Espagne : 4,7
    UK : 10,9
    Belgique : 16,0


  • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 2 octobre 2008 17:52

    Sans doute donc que si on divisait par deux le nombre de réacteurs nucléaires on pourrait exporter beaucoup vers l’Allemagne. Cela m’avait échappé....Drôle d’arithmétique pour un ancien enseignant !


  • Stéphane Lhomme Stéphane Lhomme 2 octobre 2008 11:27
    La France nucléaire fonctionne... grâce au charbon allemand !

    Les promoteurs du nucléaire prétendent souvent que l’Allemagne sort du nucléaire… en achetant l’électricité nucléaire française. Il s’agit d’une contre-vérité dont le seul but est de tenter de décrédibiliser le plan de sortie du nucléaire en cours en Allemagne. En réalité, depuis 2004, c’est l’Allemagne qui est exportatrice nette d’électricité vers la France. (Nous précisons "nette" car il y a des échanges dans les deux sens. L’important est que la différence est effectivement défavorable à la France, laquelle est bien importatrice d’électricité depuis l’Allemagne.

    Il suffit d’ailleurs d’étudier les bilans annuels (Résultats techniques du secteur électrique en France) publiés par le Réseau de transport de l’électricité (RTE-EDF). 8,7 TWh en 2004, puis 9,7 TWh en 2005, puis 5,6 TWh en 2006, et 8,2 TWh en 2007 : c’est plus de la production annuelle d’un réacteur nucléaire que la France importe annuellement depuis l’Allemagne. 
     
    Note sur les émissions de CO2 : la plupart de ces importations ont lieu lorsque fonctionnent les millions de convecteurs électriques installés en France par EDF et l’Etat français afin de "justifier" la construction des réacteurs nucléaires. Mais, en fin de compte, ce sont les centrales thermiques allemandes – fortement émettrices de CO2 - qui approvisionnent en partie ces convecteurs électriques français.

    Ces émissions de CO2 devraient donc en toute logique être créditées à la France, et même au nucléaire français. Il apparaît donc que l’industrie nucléaire, outre ses propres tares (risques, déchets radioactifs, rejets dans l’environnement, prolifération), est aussi co-responsable de l’aggravation du réchauffement climatique.

    Heureusement, sur Terre, les énergies renouvelables produisent beaucoup plus que le nucléaire. Le rapport KEY WORLD ENERGY STATISTICS 2007 de l’AIEA ( www.iea.org/textbase/nppdf/free/2007/Key_Stats_2007.pdf ) montre en page 6 la répartition de la production d’énergie primaire dans le monde. Attention : l’AIEA : elle compte en énergie primaire, ce qui avantage outrageusement le nucléaire en le faisant passer pour bien plus important qu’il n’est. Pourtant, malgré ce subterfuge, on voit que les renouvelables (y compris l’hydroélectricité, bien sûr), atteignent 12,2%, contre 6,3% pour le nucléaire. CQFD.

    • tmd 2 octobre 2008 12:51

      Je déduis de ce que vous dites sur l’importation d’éléctricité qu’il faudrait que la France construise vite une nouvelle centrale nucléaire (peut-être même deux). De plus, ces chiffres qui paraissent énormes en tera-watt-heures correspondent en fait à moins de 2 % de la prduction annuelle totale française.

      Votre comparaison avec les renouvelables oublie aussi de préciser quelques points. D’abord la plus grosse partie du renouvellable est l’hydroéléctricité. Or vous savez pertinament qu’à peu près tout ce qui est possible a été fait. Seuls de nouveaux monstres comme les trois gorges seraient possibles, mais je préfère ne pas l’envisager tant ce barrage est une horreur sur le plan humain et écologique. Ensuite, la seconde plus grosse part du renouvelable, c’est le bois. Notamment dans les pays en voie de dévelopement dont c’est l’unique moyen de chauffage et de cuisson. Et l’utilisation de ce bois là engendre plutôt déforestation que renouvellement. Enfin, même si ce n’est pas celle que nous utilisons directement, comptabiliser l’energie primaire me semble être la seule manière viable de compter les sources d’énergie, même si cela ne vous convient pas.


    • Zalka Zalka 2 octobre 2008 14:13

      "Ces émissions de CO2 devraient donc en toute logique être créditées à la France, et même au nucléaire français"

      Non mais faut que vous arrêtiez de dire des conneries...

      Il y a un paquet de gens en France, qui aimeraient moins de nucléaire et un système de production d’électricité plus diversifié. Mais gràce à des opposants bas du front dans votre genre, la lutte contre le tout nucléaire (et pas contre le nucléaire) en est au degré zéro.

      J’ai un scoop pour vous : le nucléaire, comme l’éolien ou le solaire ne rejette pas de CO2 et DONC ne participe pas à l’effet de serre. C’est clair, c’est net et sans contestation possible.

      Après, il reste d’autres angles d’attaques : les déchets nucléaires à gérer, le coût pour maintenir une sécurité fiable, ou l’absurdité d’une production 100% nucléaire. Mais vous préférez raconter des conneries. Contre productifs, comme d’hab.


    • Bulgroz 2 octobre 2008 16:56

      " Il suffit d’ailleurs d’étudier les bilans annuels (Résultats techniques du secteur électrique en France) publiés par le Réseau de transport de l’électricité (RTE-EDF). 8,7 TWh en 2004, puis 9,7 TWh en 2005, puis 5,6 TWh en 2006, et 8,2 TWh en 2007 : c’est plus de la production annuelle d’un réacteur nucléaire que la France importe annuellement depuis l’Allemagne. " dit Stéphane Lhomme.

      Certes, les chiffres d’imports sont vrais. Il ne manque plus que les chiffres de l’export. N’est ce pas ?

      Par ailleurs, ces chiffres correspondent à ceux des échanges contractuels (c’est à dire prévus par contrat à l’avance) et non pas aux échanges physiques.qui sont ceux qui nous intéressent et particulèrement le solde 

      Sur le document :Facture énergétique 2007 :

      http://www.industrie.gouv.fr/energie/statisti/pdf/facture-2007.pdf

      Page 7 :
      "En 2007, c’est toujours avec l’Allemagne que le solde exportateur le plus important est enregistré, avec 15,7 TWh, soit 0,3 TWh de plus que l’année d’avant. 

      Le solde avec l’Italie progresse également légèrement, à 14,0 TWh ; il s’agit du deuxième solde le plus important.

      Le troisième solde des échanges physiques est celui relatif à la Suisse, avec 8,2 TWh, en baisse de 1,2 TWh par rapport à 2006.
      Vient ensuite le solde relatif aux échanges avec le Royaume-Uni :6,9 TWh, après 10,9 TWh en 2006.
      Le solde avec la Belgique s’établit quant à lui 6,2 TWh, et celui avec l’Espagne à 5,5 Twh."

      Plus note de renvoi du document :

      "Dans le bilan de l’Observatoire de l’énergie, les flux utilisés pour déterminer les importations et les exportations d’électricité concernent les flux physiques et non les flux contractuels. Cet agrégat est la somme des flux transitant sur les lignes RTE (lignes d’interconnexion -référencées par l’UCTE- et autres lignes transfrontalières - non référencées par l’UCTE), des flux transitant sur les autres réseaux et des compensations au titre des droits d’eau."

      Corrigez vos infos, Monsieur Lhomme !!!

    • Bulgroz 2 octobre 2008 17:02

      On nous dit que nous sommes mauvais du point de vue énergétique.

      i) L’Allemagne émet 2 fois plus de dioxine de cartonne dans l’atmosphère que la France .

      808 Millions de tonnes par l’Allemagne contre 373 par la France

      source . »United Nations site for the MDG Indicators 

      http://mdgs.un.org/unsd/mdg/Home.aspx

      Nous savons tous que la production d’électricité à base de charbon (du lignite qui est un charbon sale dans le cas de l’Allemagne) est la principale source de pollution au CO2.

      Citons au hasard :« le WWF a publié son rapport ’Dirty Thirty’ 2007, répertoriant les 30 centrales électriques les plus polluantes d’Europe en termes d’émissions de CO2. A elles seules, elles comptent pour 10% des émissions totales générées dans l’UE. L’Allemagne et le Royaume-Uni accueillent chacun 10 centrales listées, toutes alimentées au charbon. »

      http://www.euractiv.com/fr/changement-climatique/allemagne-royaume-uni-centrales-electriques-polluantes/article-163717

      Nous pouvons aussi lire ce que pense Cohn Bendit sur la production d’électricité à partir du charbon :

      http://www.cohn-bendit.de/dcb2006/fe/pub/fr/dct/170


      ii) faisons maintenant la comparaison des balances énergétiques des 2 pays du point de vue des consommations d’énergie primaire.

      Agence Internationale de l’énergie

      http://www.iea.org/Textbase/stats/index.asp

      Dépendance de l’Allemagne aux importations d’énergie . 49% (France 39%)
      Dépendance de l’Allemagne au charbon 24% (France 5%)
      Dépendance aux hydrocarbures : Allemagne 58% (France 46%)
      Production d’énergies alternatives (hydro, Geothermal,Solar, Renewables and Waste dans la consommation totale d’énergie primaire 5% en Allemagne ; (France 6%)

      Notons par ailleurs, que la France a exporté 2,7% de son électricité produite vers l’Allemagne.

      (source « L’énergie en France 2007 » publié par l’Observatoire de l’énergie et le Ministère de l’Economie des Finances et de l’Emploi et le Ministère de l’Ecologie,du développement et aménagements durables)

      L’Allemagne a en projet de construire 40 centrales à charbon !!!!!.


    • tamain 3 octobre 2008 11:56

      Je voudrais réagir à la polémique entre S. Lhomme et H. Nifenecker et sortir des dogmes pour simplement regarder les faits.
      Il est vrai que 12,5% de l’énergie mondiale sont d’origine renouvelable. Mais il faut tout dire : l’essentiel vient de la combustion du bois utilisé dans les pays peu développés pour se chauffer ou faire la cuisine. Il est plus pertinent de comparer ce qui est comparable. Le nucléaire sert à faire de l’électricité et là, j’en suis personnellement désolé, la place des énergies renouvelables est, en dehors de l’hydraulique, très faible. Et l’hydraulique est pratiquement saturé dans les pays développés. Alors que faire ?
      Si on raisonne sur l’ensemble des énergies, il faut d’abord ECONOMISER.
      Première priorité : isoler les bâtiments, première source de consommation, et développer le chauffage solaire en particulier avec des pompes à chaleur (mais il faut alors disposer de plus d’électricité "propre").
      Ensuite, il faut TOUT mettre en oeuvre pour essayer de satisfaire les besoins énormes ét croissants de l’humanité. Et celà en gardant en tête qu’un problème majeur de l’humanité sera le réchauffement climatique : ON LE SAIT !
      De ce point de vue, développer massivement des centrales au charbon SANS SEQUESTRATION du dioxyde de carbone (comme le fait l’Allemagne) est tout simplement criminel. Il faut donc obtenir des politiques qu’ils contraignent les industriels sur ce point. Ce sera très dur, car ce sera cher et que les quantités à stocker s’expriment en milliards de tonnes.
      Il faut bien sûr aussi développer les énergies renouvelables mais on SAIT qu’elles ne peuventt pas tout faire en particulier car elles sont diluées et intermittentes.
      Il faut tenter de développer les voitures électriques (non polluantes) mais se pose bien sûr le problème de l’accroissement de la production électrique que ne peuvent assurer les énergies renouvelables.
      On ne peut donc pas remplacer le nucléaire sauf si on construit massivement des centrales au charbon !
      La seule attitude raisonnable n’est sûrement pas de dire "tout nucléaire", mais sûrement pas non plus de dire "pas de nucléaire". La seule attitude raisonnable est d’encadrer le nucléaire pour résoudre ses problèmes. De ce point de vue il faut aussi voir quelques chiffres : la radiotoxicité des déchets nucléaires d’une centrale d’aujourd’hui est de 5000 fois celle de la mine de départ. Il faut donc d’une part tenter de réduire ce chiffre (c’est l’un des objectifs des réacteurs de génération IV), d’autre part apprendre à stocker les déchets ultimes avec des taux de fuite inférieur à 1/10000. C’est possible si on le décide. Mais il faut faire les recherches associées et ne pas décider de façon dogmatique.


    • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 4 novembre 2011 07:02

      Les messages de Yeti me montrent que ma contribution de 2008 était prémonitoire. Les Verts et Grünen sont les meilleurs fourriers du réchauffement climatique. Les vertueux allemands ne s’en soucient plus du tout et les Belges les suivent. Le caractère limité des énergies renouvelables intermittentes (éolien et PV) devient évident. Le récent scénario Negawatt montre que la sortie du nucléaire avec une limitation des émissions de CO2 exige une diminution de notre consommation de plus d’un facteur 2( et cela ne pourra se faire que par une augmentation considérable, environ un facteur 4, du prix de l’électricité). J’ajoute que Negawatt ne traite pas sérieusement de l’intermittence, se contentant de produire du méthane les jours de grand vent. J’ajoute que Negawatt et les Verts sont totalement muets en ce qui concerne ce qu’ils feront des déchets nucléaires qu’ils faudrait bien qu’ils gèrent, eux aussi.
      On aurait pu penser que les Verts soutiendraient une vraie solution alternative au nucléaire : la capture stockage du CO2. Et bien non, ils sont aussi contre comme ils sont contre les barrages hydroélectriques. Ce qui leur reste c’est un immense réseau de lignes Très Haute Tension (de l’ordre du million de volts) reliant l"Europe du Nord à l’Afrique du Nord en espérant que lorsqu’il n’y aura pas de production éolienne en Mer du Nord (calme ou tempête) il y aura de la production solaire supplémentaire en Afrique du Nord et vice versa. Ce qui leur plaît aussi c’est de remplacer nos prairies par des champs de Miscanthus, Après la lutte contre les émissions de CO2 ils sont prêts à tirer un trait sur la biodiversité....Il faudra bien qu’un jour la politique antiécologique des Verts soit révélée. Et tout cela pour leur rêve de nous forcer à une sobriété qu’ils ne sont pas les premiers à respecter (ils se précipitent à tous les grands raouts de Bali, Copenhague, Kyoto etc.)


    • Deneb Deneb 4 novembre 2011 07:48

      La solution au problème d’énergie sont les appareils individuels autonomes. Un ordinateur consomme de moins en moins, c’est la loi de Moore. Dans un très proche avenir, on verra apparaître les appareils qui tireront leur énergie de leur environnement : solaire, éolien... ou tout simplement du mouvement humain - si votre batterie est faible, il suffira de faire quelques pas.
      La plus grande partie d’énergie consommée l’est par le chauffage et le mouvement. On va devoir trouver des économies substantielles dans ces deux domaines. Le mouvement, il va falloir le limiter. Les déplacements physiques devront, quand ils le pourront, être remplacés par des déplacement virtuels. Le télétravail a certainement un grand avenir. La fabrication et le transport des marchandises devront être optimisés et réduits au nécessaire, ici aussi on a du pain sur la planche. Pour le chauffage, la solution est dans l’isolation. Ce qui se traduira, dans l’industrie du vêtement, par l’utilisation de nouveaux matériaux, des habits auto-chauffants isolés à l’aérogel, par exemple. Ou, au contraire, des vêtements climatisés. Donc, on chauffera moins, mais on n’aura pas forcément froid. Déjà, on bougera plus, ne serait ce que pour recharger nos batteries, qui seront, bien sûr, remplacées par les supercapacitors. Voilà, quand on bouge, on n’a pas froid et en plus, c’est bon pour la santé !


    • Bacher 2 octobre 2008 14:41

      L’Allemagne apporte la preuve que les éoliennes et les autres énergies renouvelables ne peuvent pas remplacer le nucléaire, puisque, malgré un programme massif d’éoliennes, il lui faut construire 20 GW de centrales au charbon.


      • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 2 octobre 2008 17:46

        Mon texte ne portait que sur ce qui se passait en Allemagne, dont la politique est encore déterminée sur les bases fixées par les Grünen (Monsieur Sigmar Gabriel est très proche d’eux). On pouvait donc s’attendre à ce que les économies d’énergie et l’éolien seraient suffisants. Ce n’est pas le cas. C’est tout ce que je dis et constate.


      • Chelyabinsk 3 novembre 2008 17:36

        Sigmar Gabriel vient surtout du SPD qui a une forte assise électorale chez les mineurs de charbon allemand ! Il est donc plus vraisemblable que la diminution du charbon en Allemagne puisse être accélérer en cas de changement politique. D’autant plus qu’Angela Merkel a obtenu la fermeture des mines de charbon allemande.


      • judel.66 2 octobre 2008 14:44


         lhomme , cabanel vous etes des dangereux obsédés antinucléaires.....

         tot ou tard les allemands reviendront au nucléaire .......


        • JONAS JONAS 2 octobre 2008 14:59

          @ L’Auteur,

          Votre article est intéressant, mais comme l’a dit l’un des commentateurs, il est de parti pris. Il est même surprenant, que vous n’ayez pas fait allusion aux mineurs qui périssent lors de l’extraction du charbon ? C’est un des arguments de dédouanement des pro nucléaires.

          On parle toujours dans le sens d’une croissance de consommation ! Mais jamais d’économie d’énergie ? Pourtant si nous commencions à réduire notre consommation, nous n’importerions plus de l’énergie électrique d’Allemagne.

          Le nucléaire est la solution de facilité et il permet à des multinationales comme AREVA-EDF, de détenir des monopoles incontournables. Les politiques par le jeu des combines, y retrouvent leurs comptes, sur les marchés internationaux dont l’opacité est bien connue.

          D’un autre coté, il bloque le développement des énergies renouvelables, sans compter le nombre considérable de micros centrales que nous pourrions créer dans un nombre considérable de communes, sans pour autant faire du gigantisme au niveau des retenues. Dans les Alpes elles existaient avant qu’EDF ne captent une majorité de cours d’eaux.

          Elles auraient aussi l’avantage, de ne pas défigurer les paysages avec des lignes à THT, à entretiens coûteux, vulnérables aux intempéries qui se multiplient et aux attentats que l’on ne peut exclure. Leur enfouissement est hors de prix et pose des problèmes techniques considérables.

          Je n’ai même pas parlé des risques que font encourir les chaudrons du Diable nucléaires. Nos centrales électronucléaires deviennent de véritables passoires à isotopes artificiels. À bout de souffle pour la majorité, ne disposant plus de pièces de rechanges, nous faisons du bricolage et dans ce domaine c’est suicidaire.

          Je n’ai pas peur du nucléaire, on n’a pas peur de ce que l’on connaît, MAIS : je n’ai plus confiance en ceux qui en assurent la maintenance.

          Les raisons purement mercantiles, qui poussent certains à continuer de faire fonctionner des épaves comme Tricastin, vont nous conduire à un accident majeur !

          Faut-il en arriver là, pour la vindicte populaire mette un terme à cette aventure irresponsable ?

          La vétusté est irrémédiable, la corrosion des circuits est irréversible, la fissuration des enceintes de confinement, même double, ne permet plus une étanchéité parfaite, etc.

          Voilà les vrais problèmes ! La diversification de nos sources d’énergies est vitale pour l’avenir. Cherchez les mobiles du statu quo actuel, et vous comprendrez les arguments fallacieux de ceux qui le maintiennent.

          Bonne journée.

           

           

           

           

           


          • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 5 octobre 2008 22:05

            Je vous conseille de lire le texte suivant :
            http://sauvonsleclimat.org/new/spip/IMG/pdf/Duree_de_vie.pdf
            écrit par d’anciens responsables EDF. 
            Le discussion en sera plus riche. Je crois que rien ne permet de dire que des centrales de 30 ans d’âge sont des chaudrons du diable. Mais cela doit être contrôlé et je regrette, à cet égard, que les associations qui aurait pu jouer un rôle positif en la matière se soit mises, par une attitude de refus systématique, dans l’impossibilité de le faire.
            Je trouve paradoxal qu’on reproche à EDF et AREVA de rechercher la rentabilité. Dans les deux cas c’est de l’argent public (100 % pour AREVA et 80% pour EDF) qu’il s’agit. C’est vrai qu’il y a forcément des compromis à trouver entre rentabilité et sécurité. L’ASN a évidemment un grand rôle à jouer pour trouver le point d’équilibre.
            C’est vrai aussi que les méthodes "modernes" de management ne sont pas les meilleures possibles préférant la compétition entre individus à la collaboration. C’est une évolution regrettable d’une société de plus en plus individualiste et qui croît plus à la carotte et au baton qu’à l’esprit d’équipe. 


          • Di Girolamo 2 octobre 2008 19:35

            Il faudrait poser le débat au bon endroit et que ce soit pour la production et distribution d’énergie ou celle des patates , c’est la logique systémique qui compte ; si vous voulez tous rester en ville et continuer à papoter sur agora vox , alors que ce soit charbon ou nucléaire ou autre , il faudra des productions massives centralisées pour répondre aux besoins massifs de populations nombreuses concentrées .

            On voit ce que ça donne ! A tous les niveaux !

            je suis partisan d’un bilan diagnostic global de la société et on s’apercevra de la nécessité de relocaliser populations et productions .
            De ce fait on produira sur place ce dont on a besoin ; cela demandera de la créativité de l’imagination , de la recherche parce que c’est plus difficile que les systèmes centralisés ; mais au bout du compte c’est plus durable , plus humain , plus juste et plus capable de nous rendre heureux de vivre.


            • Eloi Eloi 2 octobre 2008 20:49

              Cet article et ses commentaires montrent bien que "sortir du nucléaire" nécessite certains prérequis :
              * moyens de productions alternatifs sans CO2, massifs, fiables et en continu (sinon compensation des arrêts des éoliennes par des centrales au charbon !)
              * relocalisation de la production, et donc aussi de la population, développement des transports en commun : grossièrement faire de l’urbanisme !
              * réduction des dépenses énergétiques (technologies d’économies, politique malthusienne, "quotas" électriques et carbone ?)

              En attendant, mieux vaut conserver notre atout, et exiger (et travailler) les points suivants :
              * financement de la recherche pour les énergies alternatives (actuellement, notons la baisse absurde du financement public sur les systèmes à dihydrogène : produits par électricité ou solaire à concentration, ils peuvent remplacer l’essence)
              * renforcement des moyens (financiers et humains) pour la sécurité du nucléaire (il faut noter que les subventions et le recrutement au CEA diminuent chaque année, ce qui n’est en rien un bon signe !)
              * développement des technologies de surgénération pour brûler nos déchets nucléaires
              * arrêter notre logique masochiste consistant à détruire notre cohérence énergétique nationale (privatisations, fabrication de GDF-Suez uniquement par idéologie de marché)

              Malheureusement, tout cela arrive au pire moment ! Mais rien ne sert de se lamenter sur le fait que les idées arrivent trop tard ! Il reste à FAIRE plutôt qu’à DEFAIRE !

              Merci à l’auteur pour son article


              • Thierry LEITZ 3 octobre 2008 08:19

                @ Eloi

                Je partage cette vue. Peu d’efforts sont consentis à mettre en oeuvre des solutions viables au succès prévisible telles celles que vous citez (on pourrait ajouter l’hydrolien, très puissant, mais aussi le solaire dans ses diverses formes qui représente de plus un marché considérable).

                C’est pourquoi je déplore depuis 2005 les sommes gigantesques consacrés à des projets aux finalités vagues, lointaines et peu utiles tant à la science qu’à l’humanité tels ITER, le LHC, la Station Spatiale ISS, laser Mégajoule, etc.

                L’efficacité énergétique, la chasse au gaspillage, la relocalisation des productions pour éviter les transports longs facteurs de pertes, voilà encore des pistes qui permettront de réduire notre dépendance au nucléaire actuel qui arrive en limite d’âge et dont le remplacement est un défi "tératesque" !

                La voie, c’est un mix de solutions avec en fond, une réduction importante des consommations électriques. Cela prendra du temps, et la présence du nucléaire donne un délai, mais si on ne s’engage pas dans une bonne direction, le temps travaille contre nous.

                Bonne journée à tous !


                • dazibao dazibao 5 octobre 2008 16:48

                  Une question lancée à l’assemblée d’Agoravox .

                  Pouvez-vous me rappeler la part relative, que représente le CO2 dans la composition de l’atmosphère terreste ?

                  Vous ne trouvez pas ? Vous voulez, que j’vous aide ?

                  Bon, selon les auteurs, le CO2 ne représente, qu’entre 0,033 et 0,054 % de l’atmosphère terrestre. De plus, de récentes études (certes, elles sont américaines...), semblent démontrer, que le CO2 suivraient l’augmentation des températures, plutôt que de la précéder.

                  Alors d’une part, même si les fameuses émissions "anthropiques" chères à JANCOVICI augmentent, elles demeurent quotités négligeables et d’audre part, des scientifiques, des vrais (de ceux, qui publient dans "Nature" et autres publications scientifiques) semblent remettre en cause la belle mécanique élaborée par le GIEC.

                  Alors, don’t panic...


                  • Chelyabinsk 3 novembre 2008 16:38

                    "Sauvons le climat", curieux assemblage de retraités du CEA, de représentants de la Société Française d’Energie Nucléaire, des faux écologistes (mais vrai staliniens) du mouvement nationale de lutte pour l’environnement et des partisans de l’écologie profonde tendance secte de l’association des écologistes pour le nucléaire... Une étrange alliance qui prône le contrôle des activités humaines par des instances de régulation centralisée, la mise en place de bons de rationnement énergétique et l’enfermement technologique jusqu’à ce que liberté périsse...

                    Déjà je remarque que l’auteur de l’article est incapable de donner les vrais chiffres des émissions de centrales à charbon allemand... Il existe pourtant des bases (UE, CARMA—Carbon Monitoring for Action) qui aurait pu lui permettre d’éviter de procéder par ratios. 

                    Mais s’il avait pris cette peine, il n’aurait évidemment pas pu écrire sa propagande. Il y a actuellement 40 GW de centrales au charbon en Allemagne qui vont être fermé dans les 10 à 15 prochaines années, ce sont des centrales vieillissantes qui sont parfois même des héritages de l’ex RDA... Ce n’est pas 900 geqCO2/kWh qui sont émises par ces centrales mais 1200 gCO2/kWh.

                    On a donc 40 GW à 1200 geqCO2/kWh de moins sur le réseau allemand remplacé par 30 GW (ou beaucoup moins) de nouvelles centrales émettant 900 gCO2/kWh.

                    Pourquoi je dis "ou beaucoup moins" ? Parce qu’il existe une énorme opposition populaire aux centrales à charbon en Allemagne. En Allemagne ce n’est pas le gouvernement qui impose la construction de centrales comme en France (quitte à lancer les CRS contre des manifestants en laissant à terre 1 mort et 3 blessés au moment du nucléaire français triomphant), ce sont les opérateurs d’électricité qui doivent convaincre la population d’accepter ces centrales... Et les opérateurs d’électricité n’y arrivent pas, puisque tous les projets de centrales au charbon en Allemagne sont soit en retard soit purement et simplement annulé. En 2007, 5 projets de construction de centrales au charbon allemands ( 4,1 GW) ont été annulé suite à des référendums locaux. C’est le cas de la centrale d’ Ensdorf qui a été rejeté à plus de 70% par un référendum locaux et dont l’impact médiatique est tel qu’on peut se demander si un auteur voulant "sauvez le climat" qui n’en aurait pas entendu parler est bien sérieux**. Et même avec mes maigres connaissances en géographie et en langue flamande, je sais que la centrale d’Antwerpen concerne la Belgique et non l’Allemagne...

                    Donc l’Allemagne diminue le charbon (dont la possibilité d’adaptation au stockage de CO2 est rendu obligatoire par l’UE), diminue le gaz naturel, arrête le nucléaire, mais alors comment vont-il réussir à s’en sortir pour leur électricité ?

                    Déjà par les renouvelables, que ce soit des énergies variables mais prévisibles comme le photovoltaïque (Q-cells se bat avec Sharp pour la première place mondial de production de cellules solaire) et l’éolien mais aussi des centrales pilotable comme la biomasse, le biogaz et les stockages hydroélectrique... 

                    L’auteur a semble-t-il laissé passer toutes les innovations technologiques depuis les années 70, puisqu’il est possible de suivre très précisément les variations de consommations en associant différentes énergies renouvelables et un controle de la consommation au sein de centrales virtuelles ***.

                    Et ensuite et surtout, par la diminution de la consommation d’énergie ! L’Allemagne est un des pays qui a le plus diminuée sa consommation d’énergie primaire en 2007 (battu seulement par le Danemark et l’Azerbaidjan)****. En 2020 l’Allemagne a prévu de consommer 11% d’électricité de moins qu’actuellement.
                     
                    Cet effort de sobriété contraste ainsi fortement avec la France qui vote des lois pour que les logements chauffés à l’électricité soient autorisés à gaspiller plus d’énergie que les autres chauffages...

                    * : il s’agit d’ailleurs d’un mouvement mondial, par exemple aux USA, sur 84 projets prévus en 2007, 59 ont pu être annulés
                    ** : http://www.reuters.com/article/rbssIndustryMaterialsUtilitiesNews/idUSWEB93 9620071126
                    http://www.sourcewatch.org/index.php?title=Coal_plants_cancelled_in_2007
                    *** pour un exemple en test en Allemagne www.kombikraftwerk.de
                    **** http://www.spiegel.de/international/germany/0,1518,560681,00.html


                    • Hervé Nifenecker Sauvonsleclimat 3 novembre 2008 19:01

                      C’est vrai que "Sauvons le Climat" a été créé par des anciens du CEA et d’EDF (souvent syndicalistes) écoeurés par les mauvais procés faits à l’une des réussites (à laquelle ils ont largement participé) industrielles les plus remarquables de notre pays, son industrie nucléaire. De plus il s’agit là d’une réussite du secteur public qui n’a que peu bénéficié à ses auteurs mais beaucoup aux français en leur assurant une des électricités les moins chères d’Europe (40% moins chère qu’en Allemagne par exemple) et en faisant que chaque français n’émet que 6,19 tonnes de CO2/habitant alors que chaque allemand émet 9,87 tonnes de CO2/habitant.
                      De nombreux scientifiques (et non scientifiques aussi, bien sûr) ont ensuite rejoint "Sauvons le Climat", dont 3 Prix Nobel et plusieurs Académiciens. Mais peut-être Chelyabinsk pense-t-il que les anciens du CEA et les scientifiques en général ne sont pas des citoyens et ne devraient pas avoir le droit de s’exprimer.
                      Par ailleurs, il serait intéressant d’avoir la liste des centrales allemandes qui doivent s’arrêter et quand. Et pourquoi, si les énergies renouvelables sont si efficaces, l’Allemagne est elle en train de construire ces centrales à charbon (souvent utilisant de la lignite et dont nous avons sciemment plutôt sousestimé les émissions) ?



                    • Xof59 17 décembre 2008 15:44

                      Question à Cheliabinsk qui écrit :

                      "...Il y a actuellement 40 GW de centrales au charbon en Allemagne qui vont être fermées dans les 10 à 15 prochaines années ....." et "On a donc 40 GW à 1200 geqCO2/kWh de moins sur le réseau allemand remplacé par 30 GW (ou beaucoup moins) de nouvelles centrales émettant 900 gCO2/kWh."

                      Aurais-tu une source, de ces informations, francophone ou anglophone, pour étayer ces chiffres ? 

                      La seule que j’ai trouvé est http://www.amisdelaterre.org/5-6-Milliards-d-euro-pour-la.html et laisse subsister une ambiguïté. On peut y lire il est écrit que

                      "Mais à coté de cette promotion des économies d’énergie dans le secteur du bâtiment en Allemagne, la construction de plus de 25 centrales thermiques au charbon est planifiée pour les années à venir, ce qui augmentera les émissions CO2 de 183 millions de tonnes de CO2 par an (3 ). "

                      Ce dernier chiffre est-il le bilan tenant compte des fermetures/ouverture de centrales, ce qui contrarierait ton affirmation ? Ou n’exprime-t-il que les émissions générées uniquement par ces nouvelles centrales, ne tenant pas compte des "non-émissions" des centrales fermées, ce qui serait compatible avec ton affirmation ?

                      Autre question : ton bilan exportation/importation semble différent de celui proposé dans un précédent commentaire que tu ne commentes pas. Où est donc la vérité ?
                       

                      (3) http://www.bund.net/nc/bundnet/presse/pressemitteilungen/detail/zurueck/pre ssemitteilungen/artikel/prima-klima-ohne-kohlekraftwerke/





                    • Chelyabinsk 6 novembre 2008 16:11

                      Ce n’est pas l’Allemagne qui construit du thermique ce sont les producteurs d’électricité, le bloc soviétique a perdu depuis longtemps la partie face au secteur privé.

                      Et ces producteurs d’électricité vont construire du thermique, pour la même raison que EDF construit du thermique et pour la même raison que la France possède une des centrales les plus polluantes d’Europe (Cordemais), parce que la consommation d’électricité augmente plus vite que les capacités des énergéticiens à construire et mettre en ligne des nouvelles centrales, énergies renouvelables incluses.

                      En plus en France le nucléaire est incapable de fournir de l’électricité en dehors des besoins de base, et que même en perdant de l’argent à exporter massivement de l’électricité (20% !) à bas prix la France n’est pas capable de se passer des centrales thermiques...

                      L’Allemagne va donc se retrouver avec autant de thermique que la France (mais moins par habitant) mais sans avoir à ruiner ses enfants pour démanteler les centrales, pas de problème éthique lié à l’exploitation des mines d’uranium (une des 10 pollutions les plus sérieuses sur la Terre : www.worstpolluted.org ), pas besoin de se préoccuper des déchets, pas besoin de se préoccuper de prolifération nucléaire, pas besoin de se préoccuper de la sécurité des centrales...

                      Quant à la soit disante réussite financière, elle serait plus crédible si elle visait un pays à l’électricité subventionnée massivement et où la dette approche les 70% du PIB... Le nucléaire a une réputation mondiale d’être une énergie ruineuse qui n’a jamais réussi à atteindre ses délais et ses couts de production et ce ne sont pas les chantiers en Floride ou en Finlande qui vont allez contre cette réputation.

                      Quand à sauvons le climat, vous pouvez vous exprimer, mais il est quand même franchement hypocrite de se camoufler derrière une cause planètaire pour des revendications chauvines (cf les commentaires xénophobes sur l’Allemagne et le Danemark qui parsèment le site de l’association)... En plus fin 70, la France était une des leader mondiale dans les énergies renouvelables et battait des records d’efficacité pour les panneaux photovoltaïque des satellites lancés par la fusée Ariane... Début 80 toutes les personnes qu’on retrouve maintenant dans sauvons le climat ont convaincu le pouvoir politique d’arrêter tous les financements à ces recherches sabotant ainsi toute une industrie de pointe qui aurait pu régler la question climatique avec 30 ans d’avances en faveur d’un nucléaire qui en a été incapable... Il est évident que quand on a fait une bourde pareille on doit être désespéré d’essayer de la camoufler, quitte à sacrifier le climat... Il serait donc un peu plus crédible de la part de cette association d’arreter de s’afficher comme étant "objective" alors qu’elle est une officine de lobbyiste au même titre que Sortir du Nucléaire ou les cabinets de relations publiques travaillant pour Exxon...

                      PS : ce n’est pas le CO2 qu’il faut prendre en compte c’est tous les gaz à effet de serre, la france est à 8,9 teqCO2/habitants, l’Allemagne est à 11,9 teqCO2/habitants (7e de l’UE-15). Pour comparaison la Belgique qui est quasiment aussi nucléarisé que la France est à 14,4 teqCO2/habitants.

                      L’électricité n’est qu’une petite partie des besoins en énergie et des dégagements de gaz à effet de serre vous devriez le savoir...


                      • olivier cabanel olivier cabanel 27 décembre 2008 11:12
                        à l’auteur,
                        vous développez vos arguments d’une manière manichéenne,
                        il y a une réalité qui vous a échappé,
                        merci d’en prendre conscience en lisant le communiqué de presse ci dessous :

                        Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 840 associations
                        Communiqué du samedi 27 décembre 2008 - Contact : 06.64.100.333


                        Vague de froid : la France atomique
                        sauvée par... l’Allemagne antinucléaire

                        L’option nucléaire face au réchauffement climatique n’est pas seulement dangereuse, elle est aussi parfaitement inefficace

                        A partir de ce samedi, une forte vague de froid est annoncée sur la France, avec des températures négatives sur une grande partie du territoire. A cette occasion, l’absurdité de l’option nucléaire française va une fois de plus être démontrée : en effet, bien qu’engagée dans un plan de sortie du nucléaire, c’est l’Allemagne qui va approvisionner une bonne partie des chauffages électriques de l’Hexagone.

                        L’explication est simple : pour "justifier" leur politique nucléaire, EDF et l’Etat français ont procédé à l’installation de millions de chauffages électriques. Or, chaque fois que la température baisse, la consommation due aux convecteurs électriques est telle que, malgré 58 réacteurs, le parc nucléaire français est largement dépassé : ce sont alors des centrales thermiques (gaz, fuel, charbon), françaises et étrangères, principalement allemandes, qui sont mises en service pour chauffer la "France électrique".

                        Le fait est que les centrales nucléaires ne sont pas du tout adaptées aux variations de puissance, elles fournissent une puissance constante... quelle que soit la demande en électricité. Comme EDF continue de promouvoir le chauffage électrique, on note le recours de plus en plus important à des centrales thermiques. D’ailleurs, dans son Rapport d’information n° 357 de juin 2007, le Sénat constate que "la France, pour assurer sa sécurité d’approvisionnement, doit consolider ses moyens de pointe. En effet, le parc de production dispose de surcapacités en base autorisant des exportations d’électricité mais semble insuffisant pour assurer la pointe".


                        • charpentier 7 janvier 2009 15:58

                          Je ne vois pas comment on peut progresser sur un sujet aussi capital que le réchauffement climatique et l’energie en s’envoyant des injures telles que celles contenues dans le dernier commentaire, alors qu’à priori tous les commentateurs ont à coeur la protection de notre planète.
                          Il serait peut être bienvenu qu’à partir des données actuelles, une discussion sereine s’établisse pour prendre des décisions et s’y tenir.
                          Il me semble que le Grenelle de l’environnement a été réalisé dans cet esprit , qu’il est parvenu à un consensus et que nous devons l’appuyer en essayant de développer toutes les sources d’energie renouvelable, de réduire nos consommations mais aussi en gardant notre outil nucléaire et en développant la recherche sur les surgenerateurs.
                          Il nous faudra dans l’avenir à la fois de l’electricité centralisée et sans doute des petites unités locales combinant l’eolien, le photovoltaïque et l’Hydrogène.


                          • Xof59 8 janvier 2009 11:54

                            A Cheliabinsk : dommage que vous éludiez mes 2 questions (bilan importation/exportation, bilan ouverture/fermeture centrale tehrmique en allemagne).

                            Cela étant, je trouve un peu vain d’essayer de comparer les tares apportées respectivement par l’énergie nucléaire et les énergies fossiles. Elles sont pour moi "aussi pires" (choléra vs peste) les unes que les autres et c’est pourquoi la SOBRIETE et l’EFFICACITE n’ont pas de prix face à ces deux maux.

                            Tant qu’un pays compensera un mal par un autre, toutes ces discussions sont dialogues de sourds même si il est bon de rappeler quelques chiffres. Je rève donc d’un pays qui aurait un IDH aussi élevé que l’Allemagne ou la France, qui n’aurait pas de production nucléaire et qui satisferait des émissions de gaz à effet de serre climat-compatible. Mais hélas !!!!!!


                            • Oliver Starc Oliver Starc 20 février 2014 01:37

                              nous étions en 2008 lorsque cette article à été écrit mai qu’en est t’il vraiment aujourd’hui en 2014 ? On s’aperçoit que toutes ces prédiction été fausse : Revenons sur le sujet : 

                              « La sortie du nucléaire ruinerait l’Allemagne, ferait exploser les émissions de gaz à effet de serre, serait amèrement regrettée par les citoyens… Telles sont les idées reçues qu’on entend fréquemment dans les médias français. Mais qu’en est-il en réalité ?
                              Non, l’Allemagne n’a pas été contrainte d’importer plus de courant de France pour compenser l’arrêt des réacteurs !

                              En Europe, les marchés de l’électricité sont interconnectés et des échanges ont lieu en permanence entre les différents pays. En 2012, malgré l’arrêt de 8 réacteurs, l’Allemagne est restée exportatrice d’électricité… et a même plus vendu d’électricité à la France qu’elle ne lui en a acheté, comme le montrent les chiffres du Réseau de Transport d’Électricité ! En effet, le boom des énergies renouvelables a provoqué un afflux important de courant issu du solaire et de l’éolien.

                              Non, l’Allemagne n’a pas massivement développé le charbon pour sortir du nucléaire !

                              Attention aux amalgames ! À tort, de nombreux médias français, présentent la situation en Allemagne comme l’opposition des partisans du charbon et du nucléaire. En réalité, ce sont les mêmes grandes firmes électriques (E.On, RWE, Vattenfall…) qui exploitent à la fois les centrales nucléaires et les centrales au charbon. Quant aux citoyens qui souhaitent la sortie du nucléaire, ils se mobilisent aussi pour les énergies renouvelables et contre le charbon et les gaz de schiste.

                              Pour compenser la capacité de production électrique supprimée en fermant les réacteurs nucléaires, l’Allemagne compte sur une production accrue des énergies renouvelables (60%), sur une réduction des exportations d’électricité (35%) (même si elle reste exportatrice nette) et enfin sur les économies d’électricité (5%).

                              La décision de sortie du nucléaire ne s’est pas accompagnée de nouveaux projets de centrales au charbon : les seules qui sont entrées en service depuis Fukushima sont celles dont la construction avait déjà commencé des années avant et/ou des installations qui avaient subi des travaux pour émettre moins de gaz à effet de serre.

                              Non, l’Allemagne ne subit pas une augmentation massive de ses émissions de gaz à effet de serre du fait de la sortie du nucléaire !

                              En 2011, la fermeture de 8 réacteursne s’est pas traduite par une hausse des émissions de gaz à effet de serre. La sortie du nucléaire est à resituer dans le contexte beaucoup plus large de la transition énergétique allemande, qui prévoit des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre : 80 % d’émissions en moins d’ici 2050.

                              Les émissions ont cependant légèrement augmenté en 2012, pour des raisons conjoncturelles qui ne sont pas liées à la politique de sortie du nucléaire, mais découlent de l’état mondial du marché de l’énergie : le boom des gaz de schiste aux USA a réduit la demande en charbon, poussant vers le bas les prix de la lignite, plus émettrice. L’Allemagne reste cependant en bonne voie pour atteindre son objectif de 40% de réduction d’émissions d’ici à 2020. Rappelons par ailleurs que la France, moins ambitieuse, ne compte réduire ses émissions que de 20% d’ici à cette même date… Un Français moyen consomme plus de pétrole qu’un Allemand ou un Britannique !

                              Non, les citoyens allemands ne regrettent pas la décision de transition énergétique !

                              Selon un sondage récent, 77 % des Allemands approuvent la transition énergétique. Les énergies renouvelables sont largement plébiscitées et beaucoup d’Allemands souhaitent qu’elles se développent encore plus. Il faut par ailleurs mentionner qu’en Allemagne, la consommation d’électricité des ménages est inférieure de 27% à la moyenne française !

                              Par ailleurs, la transition énergétique est un phénomène largement porté par les citoyens, un grand nombre d’entre eux étant désormais producteurs et revendeurs d’électricité. Les coopératives citoyennes de production d’électricité se comptent par centaines.

                              Si les Allemands soutiennent fortement la transition énergétique, ils sont en revanche très critiques de la nouvelle coalition gouvernementale formée fin 2013, qui pourrait la freiner et réduire les tarifs de rachat des énergies renouvelables.

                              Non, les énergies renouvelables ne sont pas un fardeau économique pour l’Allemagne !

                              Les énergies renouvelables bénéficient certes d’un tarif de rachat (qui risque d’ailleurs d’être remis en question). Mais depuis des décennies, elles ont coûté beaucoup moins que les énergies fossiles et nucléaire, massivement subventionnées.

                              Par ailleurs, leur coût de production baisse de plus en plus et elles permettent de diminuer les importations de combustibles fossiles. Le soleil et le vent n’envoient pas de facture !

                              Non, la transition énergétique ne mine pas la compétitivité de l’Allemagne !

                              Toute politique énergétique a un coût, qu’il s’agisse de maintenir le statu quo ou de changer radicalement. Les sommes dépensées pour la transition énergétique ne sont pas une charge, mais de vrais investissements pour l’avenir, qui permettent de diminuer les importations de matières premières, d’éviter des risques et de créer des emplois. Les énergies renouvelables ont déjà créé 380 000 emplois en Allemagne ; selon l’Agence des Énergies Renouvelables, ce chiffre pourrait passer à 500 000 d’ici à 2020.

                              Malgré un coût de l’électricité plus élevé qu’en France, pas de vague de délocalisations en Allemagne, qui reste la 4ème puissance économique mondiale...

                              Non, l’intermittence des énergies renouvelables n’est pas une menace pour la sécurité d’approvisionnement !

                              Contrairement aux craintes souvent exprimées, l’Allemagne n’a pas connu de black-out depuis l’arrêt de 8 réacteurs.

                              La fermeture progressive des réacteurs allemands et l’arrivée massive d’électricité d’origine renouvelable sur le réseau électrique nécessite de passer à un autre modèle de production d’électricité, reposant sur un plus grand nombre de petites installations de production, variables mais prévisibles. Cette transition nécessite des ajustements mais elle n’est pas insurmontable. Le projet  »Kombikraftwerk«  (centrale combinée) a montré qu’on pouvait garantir un approvisionnement électrique sûr et 100% renouvelables 24h/24, tout au long de l’année uniquement grâce à une multiplicité d’installations situées dans tout le pays.

                              Le principal enjeu n’est pas technique, mais économique : mettre fin au monopole des gros fournisseurs capitalistiques pour passer à un système reposant sur une diversité de petits producteur. »

                              source


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