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L’obsolescence programmée ou le meurtre prémédité de la planète

Elle a 110 ans, elle est californienne, travaille dans la caserne de pompiers de Livermore et ne dort jamais. Elle aurait du être la grande chance de survie de notre planète. Mais voilà, la société de consommation a fait en sorte qu’elle ne puisse ni se multiplier ni donner d’idée à personne.

C’est une ampoule de 60 Watts à incandescence améliorée fonctionnant à quatre Watts pour fournir un éclairage nocturne à des pompes à incendie. Elle a été conçue par Adolphe A. Chaillet et fabriquée par la firme américaine Shelby Electric Co.

Son filament, constitué de carbone, est huit fois plus épais que celui d’une ampoule traditionnelle. Du coup, elle semble éternelle. Durable. Inusable. Gênante.

Elle ne fut pas la seule dans son genre immortel. Des articles furent également conçus au vingtième siècle, conçus pour durer. Des bas nylon qui ne filent jamais. Sauf entre les doigts des industriels qui voient alors le renouvellement des stocks et donc de la ressource financière repoussée aux calendes grecques.

Il est facile, plus de cent ans plus tard, de comprendre à quel point cette situation était économiquement insupportable. Donc, le Profit s’organisa pour ne pas mourir ou ne pas stopper sa croissance, ce qui revient, pour ses grands prêtres, à la même chose.

Naquit alors un courant, celui de « l’obsolescence programmée ». Une bande de joyeux drilles, issue de ce que l’Amérique comptait de petits malins avides, nommée le « Cartel de Phébus » fît des pieds et des mains pour que la durée de vie maximum des ampoules soit techniquement limitées à 1.000 heures.

DRILLES

Cette doctrine s’appliqua bien entendu à la gamme sans fin - elle - des produits sortis de l’imagination, également infinie, des ingénieurs dopés par les génies du marketing.

Un passionnant reportage diffusé il y a quelques temps sur la chaîne de télévision franco-allemande Arte, intitulé « prêt à jeter » met en évidence que le système a cru en force et en beauté et qu’il est devenu implacable. Pire : totalement accepté par l’immense majorité de la population des consommateurs. Ou presque.

Ainsi, nous pénétrons dans l’intimité d’une imprimante qui ne veut plus rien faire. Morte ? Non blessée seulement ! L’appareil détient en son sein une petite puce qui, comme les "répliquants" de Blade Runner, programme sans état d’âme le trépas de son fonctionnement.

Son propriétaire, un forcené jusqu’auboutiste, n’abdique pas et fini par trouver auprès d’un ingénieur russe un logiciel qui neutralise la puce et hop ! L’imprimante se remet à galoper. Magique. Sauf pour le fabricant…

L’obsolescence programmée ne remplit pas, alors, les poubelles. Ce qui est providentiel. L’imprimante est donc prête à fêter ses anniversaires. Comme la sainte ampoule de Livermore.



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Les réactions les plus appréciées

  • Par velosolex (---.---.---.81) 23 février 2013 10:20
    velosolex

    J’ai encore un grille-pain et une cafetière fabriquée dans feu l’Allemagne de l’est....Deux appareils robustes, tout comme la MZ , une motocyclette à un cylindre, consommant à peine trois litres au cent, et qui m’avait fait faire toute un tour de compteur sans pratiquement la moindre réparation.

    Si les ex pays de l’est avaient bien des défauts, ils avaient aussi des qualités, qu’on a nié à l’époque, pour mieux imposer notre modèle
    C’était la gratuité des études pour les enfants, l’accès au soin pour tous, un travail aussi
    .
    Le matériel fabriqué n’était pas confronté aux nécessites du marché, et de la loi du renouvellement, ce qui permettait la fabrication d’objets peut être pas très flashy, mais souvent inusables, en tout cas très facilement réparables.

  • Par Slift (---.---.---.215) 23 février 2013 12:30
    Slift

    C’est un sabotage de la quête de perfection du génie humain,pendant des millénaire nos ancêtres ont élaborés des techniques de plus en plus perfectionnées pour fabriquer des outils durables et fonctionnels,aujourd’hui ce génie est au service d’un capitalisme sans morale.
    Il y a donc un abandon de la valorisation du travail bien fait.
    La vrai richesse est le savoir-faire,
    un ingénieur qui met la richesse de sont génie au service d’un travail volontairement bâclé pour faire du profit,fait honte au génie humain.

  • Par Ricquet (---.---.---.169) 23 février 2013 15:16
    Ricquet

    Ton argument de « guignol » me fait penser à une emission sur les shadoks.

    (qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez)
    Donc pour résumer : Polluons, c’est bon pour le commerce.
    Si c’est du travail que tu veux : tu fais un trou dans ton jardin et avec la terre de ce trou, tu rebouches le précédent trou et ainsi de suite.
    Au moins ça aérera la terre et ça t’oxygénera le cerveau.
    L’économie ne se donne même plus la peine de répondre à des besoins avec des logiques vertueuses et pérennes. 
    La consommation touche à son paroxysme de non sens.
  • Par Pyrathome (---.---.---.99) 23 février 2013 14:26
    Pyrathome

    Talchounet,

    D’où la fameuse maxime « mentir comme un arracheur de dent »......

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