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Accueil du site > Actualités > Environnement > La loi sur l’eau

La loi sur l’eau

La loi sur l’eau s’apprête à rendre encore plus draconiennes les conditions d’utilisation de la force de l’eau.

Or il faut encore une fois rappeler que l’hydro-électricité est une source d’énergie renouvelable et réversible, au coût faible et indépendant du prix du pétrole, respectueuse de l’environnement, surtout depuis que des règles draconiennes en encadrent l’utilisation, et enfin facteur de développement rural et décentralisé.


Or cette loi va instaurer un débit réservé qui sera autant de kilowatts/heure qu’il faudra retirer à la filière hydroélectrique pour aller les chercher auprès des centrales thermiques à gaz ou à charbon, ou encore nucléaires, avec les conséquences écologiques qu’on connaît.


Il est indispensable de préserver le biotope de la rivière afin d’y limiter les effets de l’activité humaine, il est aussi primordial de ne pas préférer un mal pour un bien. Il convient donc de décider en toute pondération quelle part de ce débit doit rester dans la rivière et quelle part peut être turbinée. Une part de 1/20e à 1/10e du débit normal observé restant dans le lit naturel me paraît juste. Par ailleurs, il serait bon d’encourager le turbinage du débit réservé lorsque ce turbinage ne donne pas lieu à une dérivation.


Dans le même registre, le classement de rivières en première catégorie est une catastrophe, car elle empêche toute valorisation du potentiel hydroélectrique de nos cours d’eau, qui recèlent encore de forts potentiels.


Or les microcentrales hydroélectriques doivent aujourd’hui respecter des règles d’utilisation bien plus draconiennes qu’il y a cent ans, lorsque celles-ci furent installées initialement pour subvenir aux besoins d’industriels, à un moment où bien souvent on n’avait cure - ou conscience - de leur impact sur l’environnement  : écluses, déversement de détritus et déchets dans la rivière, prélèvement de tout le débit, etc. Aujourd’hui, les usiniers se doivent de respecter le débit réservé cité plus haut, d’installer des passes à poissons, à kayaks le cas échéant, de limiter les écluses - voire de les annuler par des bassins de compensation, d’utiliser des huiles biodégradables et tendant vers la certification ISO 140001.

L’interdiction de toute nouvelle installation sur les cours d’eau de première catégorie ne se justifie donc pas, surtout lorsque ceux-ci comportent des chutes d’eau de plusieurs mètres, infranchissables aux poissons migrateurs.

Une autre source d’énergie qui ne donnera lieu à aucune polémique est le turbinage d’eau potable et d’eaux usées. La loi sur l’eau donnera un plus grand pouvoir aux élus locaux, ils ont donc entre leurs mains le pouvoir d’explorer, en amont de toute décision concernant leurs réseaux d’eaux usées et potables, l’intérêt d’allier adduction d’eau et valorisation électrique de leurs réseaux. Comme indiqué plus haut, les huiles biodégradables sont aujourd’hui répandues et certaines turbines sont même lubrifiées à l’eau, il n’y a donc pas de dangers de pollution ou de contamination. De nombreuses communes suisses romandes se sont équipées, et la ville de Megève l’a mis en place, développons en France cette idée à large échelle.

Je rappelle que nous sommes tous à présent, que nous l’acceptions ou non, que nous en ayons conscience ou non, engagés dans une transition civilisationnelle qui nous fera passer d’une société non viable et fossile (nucléaire compris) à une société à croissance renouvelable ; nous n’avons d’ailleurs pas le choix.


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20 réactions à cet article    


  • Anthony Meilland Anthony Meilland 12 mai 2006 11:05

    Il certes interressant de développer l’hydroélectricité là ou cela est possible. Il y a cependant certains points de l’article qui sont contestables :

    - L’hydroélectricité engendre des polutions, en particulier elle provoque la destruction totale de la faune et la flore d’une vallée. En réalité toute activité humaine provoque des polutions. C’est vrai aussi pour les énergies renouvelables. Déplacez-vous près d’un cite éolien par grand vent et vous pourrez apprécier la polution sonore par exemple. Et la pollution visuelle.

    - Pour sortir du nucléaire en développant l’hydroélectricité, il faudrait construire des barrages comme celui des trois gorges en Chine. Ou comptez-vous les mettre ? Des petites structures mulipliées sur de nombreux cours d’eau ne pourraient servir que d’appoint. Et la vie, et le paysage de ces cours d’eau seraient alors assez mal-mené, et ce malgré les normes draconiénnes dont vous parlez.

    - La fission Nucléaire est certes compromise à moyen terme (100ans) tout comme le charbon, le gaz et le pétrole, mais pas la fusion thermonucléaire dont le « carburant » est de l’hydrogène (ou ses isotopes lourds Deuterium et tritium). Les reserves d’hydrogène sont quasiement inépuisables. Il y a aussi le concept de surgénérateur qui pourrait être développé. Vous pouvez néanmoins être contre l’énergie nucléaire par principe. Mais toutes les économies d’énergie ne permettrons pas de compenser le nécessaire transfert de la consommation de pétrole et de gaz vers l’électricité quand ces ressources viendront à manquer. Beaucoup d’écologistes veulent plus de transport en commun (et ils ont raison), cela implique de pouvoir augmenter notre production d’électricité de manière considérable et seul le nucléaire, ou d’immenses barrages peuvent répondre à cette demmande. Je vous repose donc la question : Ou construire ces immenses barrages ?


    • Bulgroz (---.---.251.52) 12 mai 2006 11:56

      Je partage complétement le commentaire d’Anthony Meilland.

      Il n’y a pas aujourd’hui et pour les 100 ans à venir, d’alternative au nucléaire.

      Tout le reste n’est qu’illusion, sauf peut être l’energie musculaire dont on sait qu’elle est la moins chère.


      • Fabrice Fabrice Duplaquet 12 mai 2006 17:02

        Les physiciens les moins inspirés disaient cela de la fusion de l’atome en 1930. Fort heureusement il y a des visonnaires et l’énergie nucléaires sera remplacée par l’énergie propre dans quelques années... à condition d’investir autant d’argent que dans le développement du nucléaire.

        Bien à vous


      • Stephane Klein (---.---.203.7) 12 mai 2006 13:14

        Avant de partager ’completement’ une opinion plus que jamais partisane et non etayee, il convient de rester prudent et de bien analyser le post.

        Et il convient d’autant plus d’etre precautionneux que l’hydroelectricite - et les EnR encore plus - sont des solutions a facettes multiples et aux implications innombrables. En effet, qui dit hydro dit haute ou basse chute, dit avec reservoir d’accumulation ou sans, etc...

        Mes deux centrales hydroelectriques font 1.60m et 180m de chute, qui osera m’accuser de barrer une vallee (une plaine en l’occurence) ?

        Optimiser notre potentiel hydroelectrique c’est ne pas s’aliener des sites de rivieres protegees mais aussi valoriser des sites de barrages de navigation ou agricoles, donc construits dans une optique initiale differente de la production electrique, valoriser des investissement d’adduction d’eau...

        Je parle dans mon message de microcentrales, ce qui sous-entend de facon evidente des puissance reduites sur des cours d’eau reduits et des derivations reduites, il n’a jamais ete question a aucun moment de parler d’enormes barrages, on me prete donc des paroles que je n’ai pas.

        On me prete de meme la these suivante : l’hydroelectricite peut remplacer a elle seule le nucleaire. je n’ai jamais rien dit de tel et ai suffisemment intervenu pour dire que toutes les EnR tendent a atteindre ce but mais n’y arrivent pas encore. Ce qui au demeurant n’a pas empeche nos voisins de se lancer dans ce defi.

        Quant a l’argument du buit d’eoliennes par grand vent, il est fallacieux : le bruit des eoliennes est alors largement couvert par celui du vent lui-meme. Il doit legalement etre de l’ordre de 35 dB a 300 metres soit le bruit d’une conversation. Quant a la gene visuelle elle est toute subjective. Curieusement cette gene s’estompe subitement lorsque le voisinage est associe de facon cooperative a l’investissement du projet.

        Non, Mr Meilland a entrepris un travail d’intox et d’obstruction systematique aux EnR pour une raison qui m’echappe.

        Pour finir, je rappele l’interet de l’hydroeletricite et des EnR en general :
        - renouvelable (c’est une lapalissade, je le sais).
        - reversible : une microcentrale hydro se demantele en quelques semaines et le biotope de la riviere retrouve son etat d’origine en quelques annees. j’en sais quelque chose : la plupart des centrales en cours de reactivation sont issues de sites construits il y a 100 ans et abandonnes il y a 50. Une eolienne se demantele en 2 jours.
        - pratiques de production plus respecteuses, cf premier post.
        - prix abordable et independant des variations des matieres premieres et des speculations.
        - facteur d’activite des zones rurales : nous cherchons aujourd’hui a maintenir une activite - souvent publique, subventionnee et fictive - en zones rurales : ne chercchez plus, vous avez la une activite rentable et durable.


        • Aldoo (---.---.242.182) 12 mai 2006 16:16

          « Non, MrMeilland a entrepris un travail d’intox et d’obstruction systematique aux EnR pour une raison qui m’echappe. »

          Vous allez bien plus loin que Mr Meilland, qui se contente d’inciter à la prudence, et préfère ne s’interdire aucune option a priori. La sagesse même.

          Si nous devons révolutionner notre système de production d’énergie, autant bien le faire. Réfléchissons à des structures efficaces, et le moins polluantes possible (comme vos minicentrales hydroélectriques, par exemple, mais aussi, pour le long terme, finançons la recherche pour la fusion thermonucléaire contrôlée). Mais en attendant la transfiguration de notre paysage énergétique, utilisons ce qui marche à moyen terme : la fission nucléaire, entre autre, ainsi que les actuelles implantations pour les EnR.


        • bocace bocace 12 mai 2006 17:14

          Je trouve ces posts très instructifs. Sauf erreur de ma part, aucun des auteurs ne parle des payeurs.

          Et c’est comme citoyen et contribuable que je m’interroge. Je me permet de rappeler que cette loi sur l’eau est d’actualité depuis 10 ans et a « usé » 5 ministres tous bords confondus. Nous sommes à un an des présidentielles. Il n’est plus question des polueurs=payeurs. Les industriels et surtout le monde agricole est ménagé

          C’est le particulier qui paierait aux dires de la presse, aux alentours de 78%.

          Sera-t-elle votée rapidement... ?

          Je n’ai plus d’illusion depuis fort longtemps. Voilà une autre illustration


          • jf88 (---.---.236.157) 12 mai 2006 22:58

            Avez vous déjà regardé la carte de Cassini dressée dans la 2ème moitié du 18ème siécle

            dans les régions de moyenne montagne il y avait des « chaines » de moulins ou scieries qui se suivaient parfois par paquet de 10 avec une implantation tous les 50 m La nature en est elle morte ? non les installations étaient des dérivations de la rivière principale. On peut avec des turbines modernes obtenir de bien meilleurs rendements qu’avec les roues à aube de l’époque.

            l’énergie en est gratuite et renouvelable la puissance bien sur modèrée et bien sur cela ne plait pas aux lobbys du pétrole et du nuclèaire ni d’ailleurs aux écolos citadins qui n’ont rien compris à la campagne.


            • Stephane Klein (---.---.169.41) 13 mai 2006 00:26

              Pour que les choses soient bien claires je suis tres favorable a toute source d’energie generant pas ou peu de dechets maitrisables.

              Je n’ai aucun a priori ideologique et le mot ’nucleaire’ ne me fait pas peur. Si la fusion permet de produire une energie abordable et peu polluante, tant mieux. J’observe seulement que les promoteurs meme de ITER ne prevoient pas mise en service avant 60 ans et que la communaute scientifique est tres divisee sur la realisabilite de la chose.

              Quant a la fission, vous me permetterez la de ne faire d’aucune retenue : une energie dangereuse, polluante et pas si bon marche que ca (4.6 cE/KWh issu de l’EPR selon Gadonneix), generant des dechets que nous laisserons aux milliers de generations a venir ne merite aucune ponderation : nous devons nous en debarasser et toutes les contributions doivent etre mises a profit.


              • Onéma (---.---.32.232) 13 mai 2006 08:56

                Ce que vous écrivez est faux !

                En tant que professionnel de l’environnement et des cours d’eau, je me dois de vous contredire.

                1/ il ne faut pas confondre la grande et la petite hydroélectricité. En France 12% de l’électricité est produite par quelques grands barrages, seulement 1% par la foultitude des petits barrages (moins de 5 m de chute) qu’on trouve sur nos cours d’eau : 3000 barrages d’après l’Etat des lieux du bassin Rhin-Meuse pour seulement 1/3 équipés de turbines.

                2/La loi sur l’eau dont les articles 1 à 3 (justement ceux concernant les barrages) ont été examinés jeudi 11 mai, assouplie la réglementation en vigueur. Les débats à l’Assemblée entre pro-énergie (ministère, UMP, UDF) et défenseur des écosystèmes (Verts, PS, PC) le montrent.

                L’actuelle réglementation fixe déjà des débits réservés au 1/10° du module lors des renouvellements de concession (ou d’autorisation). Les passes à poissons sont déjà imposées par la loi sur un petit nombre de cours d’eau (L432-6 du CE) ou par les Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux au titre du décloisonnement des cours d’eau.

                Cette future loi permettra des débits inférieurs au 1/10° du module sur certains cours d’eau à certaines période de l’année, au risque d’assécher certains tronçons de rivière. Et c’est bien connu, il y a beaucoup de poissons dans les rivières sans eaux smiley

                Pour l’obligation de construire des passes à poissons, une nouvelle liste de cours d’eau devra être fixée (sans l’avis des pêcheurs ni même des agents du futur Office de l’Eau et des Milieux Aquatiques), sans doute par les DRIRE qui réalisent actuellement des études du potentiel hydroélectrique des cours d’eau. On verra si elle sera plus contraignante que les listes actuelles issues de la loi de 1919 et de l’article L432-6 !

                Il n’y a que les « éclusées » (lâchage brutal d’eau, rappelez vous les morts sur le Dracq) qui sont actuellement autorisées qui pourraient être interdite à partir de 2014 (pourquoi attendre ?) si « la variation du débit dans le cours d’eau liée au fonctionnement des ouvrages ne permet pas la préservation des espèces migratrices vivant alternativement en eau douce et en eau salée ».

                Pour moi cette loi nous éloigne encore de l’objectif 2015 de bon état écologique. La nature est encore une fois considéré comme une ressource qu’il faut exploiter jusqu’à la corde au détriment des écosystèmes, des services qu’ils rendent (lutte contre les crues et les sécheresses, autoépuration, est) et de la biodiversité qu’ils abritent.

                Heureusement qu’il y a l’Europe. Je prédis à la France de nouvelles condamnations pour non respect de la directive cadre sur l’eau (bon état écologique en 2015).

                Et si vous êtes producteur de micro-électricité (c’est le terme officiel), vous deviez plutôt redouter le réglement européen sur l’anguille : http://ecoblog-sans-censure.over-blog.com/article-1261160.html Qui en état de l’ingénieurie écologique imposera l’arrêt du turbinage pendant 2 à 3 mois par an pour laisser passer (dévaller) les anguilles sans qu’elles ne soient hachées par les palles des turbines. Là vous aller avoir un sérieux manque à gagner smiley

                Désolé d’avoir fait si long et technique. Ca a été épidermique.


                • ct_qui (---.---.92.227) 13 mai 2006 21:57

                  Je suis également producteur et je viens de lire les commentaires, pour ma part je possède deux moulins datant d’avant 1789 que je possède depuis maintenant six ans, le débit réservé était effectivement de 1/40 mais je suis passée en accord avec la DDa au 1/10 et je ne vois pas de soucis la dessus et il y a plus souvent le double. J’ai également équipé les seuils de passe à poissons, les deux seuls a être équipés sur l’ensemble de la rivière en possédant 58 dont seulement 2 autres font de la production pour des habitations. Je suis moi-même pêcheur comme le fut mon père et grand père, et ne pratique que le no-kill. La chose que je vois depuis que je marche et plus particulièrement depuis les 10 dernières années est la pollution croissante de nos rivières et on ne me fera pas croire que c’est à cause de barrage existant depuis plus de 200 ans (Les step certainement). Je ramasse également l’ensemble des dechets que je retrouve au grilles et aux barrages el la masse annuelle est vraiment impressionante !. Pour les débits reservés 1/10 correspond généralement au débit d’étiage sur les petis cours d’eau, pour ma part lors de l’été 2003 le débit fut inférieur et même avec les températures que nous avons vu il n’y eu aucune mortalité sur la rivière. Il faut défendre des choses justes et que l’on connait de part l’expérience. Quand aux passes à poissons hors rivières possédant des grands migrateurs je pense que cela devrait se faire au cas par cas, quand on voit le nombre de passages de truites sur les passes de Vichy. Maintenant restera à voir l’article 9 et les droits de pêche qui sont chez moi souvent exploités illégalement par les appma sans les posseder et bien sûr faire les travaux qui les incombes ( entretien des berges etc..).


                • Fabrice (---.---.142.188) 13 mai 2006 23:22

                  Bonjour à tous

                  Je ne suis pas expert en hydroélectricité mais il me semble que les microcentrales ne produisent qu’une partie infime de l’électricité française. En contrepartie elle font toujours du mal, notament en limitant le transport des limons. Et il me semble aussi (je ne suis pas sur non plus) que les éoliennes feraient tout au moins aussi bien l’affaire ? Mettre des microcentrales en 1ere catégorie... heu ?sérieux ? Y en a deja assez comme ça...

                  J’habite dans le Doubs(25) et je suis pêcheur passionné par les milieux aquatiques. Je me rends régulièrement a Goumois (parcours myhtique) pour pêcher le Doubs en 1ere categorie. Et, voyez vous, ici il y a des barrages et ça turbine ! L’autre jours je vois une flaque toute proche du cours d’eau (quelques metres) qui s’était formée suite a une éclusée. A cette période, les alevins de truites de la dernière fraye (novembre/décembre environ) mesurent quelques 2-3cm et sont obligés de resté sur les bordures pour éviter des courants trop forts. Dans cette flaque, il y avait 5 ou 6 alevins de truites piégés et des centaines de larves (gamares, trichoptères etc...). J’ai réussi a attraper 3 des alevins pour les remettre dans les bordures...

                  Je sais vous devez me prendre pour un pêcheur fanatique, écolo et tout et tout... Je tiens juste a vous dire, je n’ai que 22ans et le sort des cours d’eau français me fait froid dans le dos.

                  Pour finir je vous laisse un lien vers une vidéo qui j’espère en fera réflechir quelques uns.

                  http://www.gobages.com/video/video_peche_310.html

                  Ceci est honteux !!!!!! Il faut que ça cesse et ce avant 2014 !!

                  Et si il fallait tous qu’on se serre la ceinture pour consommer moins ?au lieu de toujours consommer plus et de tout détruire ?

                  Y EN A MARRE !!!!!

                  Désolé si je m’enflamme mais je me sens tellement impuissant face à ces problèmes que je me doit d’en informer le maximum de personne.

                  Merci si vous m’avez lu en entier et surtout REGARDEZ BIEN LA VIDEO ! :)

                  Cordialement

                  Fabrice


                • Fabrice (---.---.142.188) 13 mai 2006 23:37

                  Je voulais aussi réagir sur les passes à poissons.

                  Sachez que très peu de passes a poissons fonctionnent faute de mauvais aménagements : Le courant a la sortie de ces passes n’est pas assez important et les poissons ne trouvent pas l’entrée et restent bloqués au pied du barrage, bien souvent ils restent devant le courant de la turbine...


                • fly.only (---.---.171.251) 14 mai 2006 11:11

                  Tiens, si vous n’êtes pas convaincu que la production d’électricité par les barrages peut faire des dégats, juste un petit film tourné en avril 2006 sur des rivières équipées de barrages.

                  La réalité des barrages, c’est CA au quotidien : http://www.gobages.com/video/video_peche_310.html

                  Attention, ça gigotte dans les flaques jusqu’à ce que ça crève et après, ça pue.

                  Fred


                • Stephane Klein (---.---.190.72) 13 mai 2006 13:10

                  Non, ce que j’affirme n’est pas faux, ca a ete mal ou partiellement compris a la rigueur.

                  En tant que professionnel de l’hydroelectricite, je me dois de vous completer.

                  1) il m’a semble bien faire la disctinction entre petite et grande hydro. Vous decrivez parfaitement le potentiel existant qui comme vous le savez reside surtout dans le domaine de la micro-hydro.

                  2) la loi sur l’eau est porteuse d’amelioration mais aussi de dangers pour l’hydroelectricite.

                  2.1) le debit reserve : il est de 1/10e aujourd’hui pour les nouvelles centrales mais du 1/40e pour les centrales anciennes et/ou fondees en titre (moulins anterieurs a 1789 pour faire simple). Ca peut paraitre tres insuffisant pour maintenir le biotope de la riviere, sauf a entrevoir que :
                  - beaucoup de ces moulins sont multi-centenaires : un equilibre s’est donc cree,
                  - leur chute est souvent proche ou inferieure a 2 m,
                  - le deversoir est plus une chaussee en pente douce qu’un barrage et ne constitue donc pas un obstacle a la montaison et devalaison de poissons.

                  Le debit reserve peut aujourd’hui etre turbine a condition qu’il reste dans le lit de la riviere, cette disposition doit etre maintenue et renforcee.

                  Qui plus est, 1/10e du module ne signifie pas 1/10e du debit instantanee mais 1/10e de la moyenne. Et 1/10e de la moyenne >= debit d’ete ou d’etiage. Autrement dit et compte tenu du debit d’armement des turbines de basse chute, les centrales se retrouvent bien souvent a l’arret pur et simple durant de longs mois d’ete.

                  Un exemple factuel est bien plus parlant : Site de 1.60m de chute a la centrale fondee en titre, 1.40 au barrage sur une largeur de deversoir de 5m : je vous laisse faire le calcul de la pente. Pas de canal d’amenee, canal de fuite de 150m. Module : 30m3/s, debit d’equipement : 9m3/s, debit reserve reellement respecte : 3m3/s (1 m3/s legal). Autrement dit : a partir de 3+3m3/s de debit estival, la centrale est mise en chomage. Par ailleurs, il va sans dire qu’aucune eclusee n’est possible.

                  Certes, cet exemple n’est pas applicables a tous les sites et la problematique d’integration harmonieuses de centrales dans l’environnement est differente a chaque cas.

                  Basons-nous sur un autre exemple : un site a equiper dans le futur : 34 m de chute court-circuitant une cascade de 18m : autant dire qu’aucune migration de poisson n’est naturellement possible. Petit reservoir permettant de stocker quelques heures de production : possibilite d’eclusee compensee par la presence d’un barrage agricole sans microcentrele 5 km a l’aval (35m sans passe a poisson, sans que ca ne souleve la moindre protestation d’ailleurs).

                  Chaque site s’apprehende reellement de facon unique.

                  Je me permets de mettre en lumiere un autre fait concernant les eclusees. a) petit barrage stockant quelques heures : la centrale fonctionne toujours en quasi-fil de l’eau mais le debit turbine l’est a 100% du rendement de la turbine tandis que ce rendement chute tres vite des qu’on s’eloigne du debit optimal dans une configuration sans reservoir : ecluser permet donc de produire plus a meme debit.

                  b) accumulation de taille moyenne permettant de produire en heure pleine / stocker en heures creuses. Vous savez sans doute que le besoin national de semi-base est fourni par nos centrales thermiques fossiles (charbon, gaz : 10% de notre consommation). En reactivant ainsi des centrales hydro sans s’opposer aux eclusees, on combat directement la production de GES. Entre deux maux, il faut savoir choisir le moins douloureux.

                  2.2) Sur les passes a poisson : je vous accorde que certains usiniers se foutent de leur impact sur le biotope et donc de l’installation de passes. Un nombre bien plus important s’en preoccupe et cela se traduit par l’installation parfois volontairement parfois legalement de passes a poisson. L’effort pro-biotope est patent et la situation s’ameliore chaque annee, a cela plusieurs raison :
                  - effort volontaire.
                  - obligation legale.
                  - contrainte financiere : je suis en contact avec un fond d’investissement ’ethique’ qui selectionne ses projets en fonction de leur rentabilite mais aussi et de critere environnementaux dont la passe a poisson, condition sinequanon.
                  - souci d’acceptation local par le monde de la peche.

                  Parmi les axes de recherche et d’effort j’oubliais :
                  - recherche sur l’inocuite de turbines (type Kaplan) sur la devalaison des poissons et sur l’oxygenation de l’eau.
                  - utilisation de filets repulsifs a poisson pour eviter leur passage dans la turbine.

                  Je vous accorde que ces derniers points sont encore marginalement developpes mais meritent d’etre signales : ils demontrent un reel souci de minimisation des effets de l’hydroelectricite sur le milieu aqueux.

                  Je reviens sur les rivieres de premieres categorie de peche : il devrait etre laisse la possibilte d’equiper sans contrainte les sites ou des barrages/deversoirs existent et laisser la possibilite d’equiper de zero les sites interessants sous reserve de mesure compensatoires concertees.

                  Quant a la directive europeenne sur l’anguille, vous me l’apprenez mais vous ne m’etonnez qu’en partie tant l’Etat Francais n’a pas le monopole de la schizophrenie. Les annees passees ont en effet ete riches de mesure pro-EnR suivies de mesures completement contradictoires (suppression du renouvellemnt de l’obligation d’achat par la derniere loi sur l’energie).

                  Il faudra donc se battre d’arrache-pied pour ne pas voire sabotee les directives europeennes pro-EnR dont la France fut a l’initiative et que nous serons tres loin de respecter, et pour laquelle nous risquons une sanction communautaire.

                  A votre disposition pour developper l’echange :).


                  • Stephane Klein (---.---.190.72) 13 mai 2006 13:17

                    J’aimerais mentionner un autre point : les exploitants de microcentrales sont les eboueurs de la riviere.

                    Cela est d’autant plus vrai que le cours d’eau est important.

                    Au cours des annees precedentes, il m’a ete donne de sortir :
                    - plusieurs dizaines de KG de cannettes, bouteilles en verre.
                    - a peu pres autant de materiel plastique : bouteille, emballages, balles en mousse, polystyrenes, etc..
                    - une poutre de chemin de fer qui m’a cause une avarie couteuse de degrilleur.
                    - un bidon d’essence contenant quelques 20 litres de gas-oil.
                    - un estomac de bovin.....

                    sans comper bien entendu arbre et branchages divers.

                    Tout ca devant bien entendu etre trille et recupere, pas question de le remettre dans la riviere. Grace a mes bons rapports avec la mairie, on en m’a pas oblige a payer pour ces dechets mais il est de usiniers qui sont dans cette obligation, difficile faire plus kafkaien.


                  • Onéma (---.---.165.180) 13 mai 2006 20:40

                    J’apprécie vos corrections, mais je crois rêver. Vous devez être l’arbre qui cache la forêt.

                    Bien peu de microcentrales « néttoient » les cours d’eau. Il y a bien des grilles et des dégrilleurs à l’entrée des turbines, mais la quasi totalité des branchages et parfois déchets qui sont retirés de l’eau sont rejetés en aval par une glissière, même quand le droit d’eau de l’exploitant donne obligation d’enlever les gros débris.

                    Pour les passes à poissons, vous êtes encore exemplaire dans votre profession. L’état des lieux du bassin Seine Normandie ( http://www.eau-seine-normandie.fr/index.php?id=2076 ) indique que 60% des usines hydroélectriques ne sont pas franchissables par les poissons migrateurs et moins de 20% possèdent une passe. Sur l’ensemble de ce bassin il ne se construit que 3 à 4 passes par an !

                    En ce qui concerne le fonctionnement des turbines en été, quand il ne reste plus d’eau dans les cours d’eau, à l’exception des centrales dites au fil de l’eau, de quel droit et pour quel besoin énergétique devrait on détruire les portions de cours d’eau court-circuitée pas ce prélèvement ? Bien évidemment vous pourrez me citer des sites sans incidence, mais ce sont là encore des exceptions.

                    Vous me faites penser aux extracteurs de graviers dans le lit majeur des cours d’eau qui creusent des trous se transformant en plan d’eau (gravières). Quand on les aménage, ils peuvent devenir des milieux écologiques intéressant. Mais les sites aménagés sont si rares ... en général on n’observe que de vagues trous d’eau sans intérêt.

                    Dernière petite correction : le classement des cours d’eau en 1ere et 2° catégorie, n’a rien à voir avec l’hydro-électricité. N’importe quel pêcheur pourrait vous dire que la première catégorie abrite des salmonidés (truites, ombre) et leurs espèces d’accompagnement. Les cours d’eau de seconde catégorie, des poissons d’eaux calmes comme le brochet. Ces classements impliquent des période de fermeture et d’ouverture de la pêche différentes pour permettre la reproduction des poissons. D’ailleurs c’est l’ouverture du carnassier ce week-end smiley

                    Pour les microcentrales il existe actuellement 2 classement
                    - rivières réservées (loi 1919)
                    - cours d’eaux classés par décrêt au titre des échelles à poissons (L432-6 CE)avec ou sans arrêté ministèriel fixant la liste des espèces migratrices.

                    Pour conclure, je persiste à dire que le projet de loi est plus laxiste que ce qui existe déjà. Pour les débits réservé à l’exception des barrages datant d’avant la révolution française et n’ayant pas été modifiés (fondés en titre), en 2014, ils auraient tous du passer au 1/10° du module (débit moyen annuel). Cette loi permettra de ne laisser que le 1/20° du module sur certains sites. Et pour les fondés sur titre, j’attends de voir si l’administration osera et aura les moyens d’exiger un débit réservé au 1/10°. Pour les passes à poissons, il parait évident que les nouvelles listes de cours d’eau seront peu contraignantes. Il reste très peu de cours d’eau en très bon état pouvant constituer des réservoirs biologiques (1ere liste). Pour la seconde liste prévue par l’article 3 du projet de loi, ce seront les SDAGE qui les fixeront sans consulter ses enquiquineurs de turbiner en rond que sont les pêcheurs...

                    On pourrait parler de l’abrogation de l’article L432-3 du code de l’environnement qui interdit la destruction des zones de reproduction, de croissance et d’alimentation des poissons et vous me direz si cette loi est un plus pour la protection des milieux aquatiques.

                    Cette loi réussira peut-être l’exploit de constituer un recul pour tout le monde : micro-centraliers, pêcheurs, écologistes, carriers, etc. smiley


                  • Onéma (---.---.165.180) 13 mai 2006 22:45

                    Bravo à vous aussi. Il y a eu bcp moins de mortalité de poisson que d’anciens durant la canicule 2003. Les lmortalité ont surtout été localisées en plaine et en plan d’eau et n’ont pas été imputées aux barrages quyi comme vous le rappelez turbine rarement en étiage.

                    Bravo sur des barrages fondé en titre d’avoir installé des passes à poissons et accepté le 1/10° du module pour le bras naturel. Vous êtes encore une exception. C’est fou toutes les personnes exceptionnelles se donneraient elle RDV sur Agoravox ??? smiley. Pourriez vous nous indiquer combien de passes à poissons il y a t’il sur les 58 autres barrages de votre cours d’eau. Et combien il y en a qui ont été construits après guerre ? Quand le béton et l’apparition des pelles méchaniques ont facilité leur construction.

                    Mais en ce qui concerne la qualité de l’eau sur la plupart des cours d’eau, elle s’améliore. Les Agences ont 40 ans et 40 ans de mesures de la qualité de l’eau. Le pic de pollution est derrière nous...

                    Ce que l’on constate c’est que 75% des cours d’eau ne seront pas en bon état écologiques en 2015 si on continue comme cela...

                    Tous les usager doivent y mettre du leur : agriculteurs, micro-centralier, ménages (pourquoi utilise t’on encore des lessives avec phosphates), etc...


                    • Andy Capp (---.---.107.217) 14 mai 2006 22:01

                      Je suis pour une multitude de source d energie renouvelable chez les citoyens Pourquoi ?

                      Ainsi lorsque que le particulier aura utilise ses 50 litres d eau chaude fournit journellement par ses recuperateurs solaires ou autres il se rendra compte que l energie est une denree precieuse et decouvrira sa place dans un systeme base sur le respect.

                      Respect de soi, des autres, des animaux, des choses, de son environnement, etc...


                      • Stephane Klein (---.---.101.8) 15 mai 2006 13:06

                        Encore une reaction : l’article du Monde de ce jour sur le meme sujet m’a fait bondir :

                        Selon le depute Germinal Peiro : « Je pourrais, en revanche, vous citer une vingtaine de vallées massacrées par de tels équipements qui ne servent que des intérêts privés, produisant très peu d’électricité, qu’EDF est obligée de racheter à un prix exorbitant ».

                        Voila encore une decideur bien indigent sur le sujet qu’il aborde. On sent bienla pointe de mepris a la limite de l’envie sur les ’interets prives’ , engraissant forcement le grand capital’ qui vous exploite et vous spolie, forcement, vous n’imaginez meme pas ce qui se complote derriere notre dos ma bonne dame.

                        Alors on va mettre les points sur les i :
                        - l’immense majorite des barrages (et surtout ceux pratiquent les eclusees importantes) et la quasi-totalite de leur puissance appartient a EDF.
                        - parmi cette vingtaine de vallees ’massacrees’, il a peut-etre celle(s) ou je travaille, j’invite cordialement cet efficace depute a me montrer ce massacre.
                        - Sur le prix : le contrat liant EDF et le petit producteur est de 15 ans (echeance 2012 max) ou 20 ans. Au-dela, c’est revente sur le marche au prix du marche. En attendant, on me paie 5.7 cE/KWh, et la plupart des petits producteurs sont dans ce domaine de tarif (ca se rapproche meme plutot de 5 cE). Le surcout n’est pas pris en charge par EDF mais par le consommateur au travers de la CSPE. Cette contribution additionnelle est calculee en tenant compte du prix de l’energie sur le marche, du tarif accorde au petit producteur et le tout est divise par le nombre de KWh vendu. Cette contribution couvre les frais supplementaire de service public comme son nom l’indique , surcout lies aux DOMs et la Corse inclut. Pour faire simple : 10% de la CSPE = surcout hydro, 10% de la CSPE = surcout eolien.

                        Et pour elargir l’horizon : des distributeurs independants d’electricite vendent aussi de l’energie verte (Poweo, Direct Energie) en proposant un surcout limite de cette energie par rapport a l’electricite polluante, et sans toucher la CSPE.

                        Un petit dernier arrive sur le marche : Enercoop distributeur cooperatif qui ne propose que de l’energie verte.


                        • Stephane Klein (---.---.101.8) 15 mai 2006 13:16

                          Au risque de monopoliser le fil, je me permets de completer certains points.

                          Sur les eclusees : c’est un probleme grave effectivement mais je vous fais remarquer que la plupart des barrages pratiquant ces eclusees apparteinnent a EDF (ainsi que la SHEM je crois). Pour compenser ces eclusees, il se construit des bassins de compensation qui permettent de lisser le debit sortant des turbines et renvoye vers la rivieres, c’est ce dispositif qu’il faut generaliser plutot que d’etre tente de s’opposer a tout projet.

                          Je reviens sur les GES : 10% de notre electricite est d’origine thermique fossile (gaz+charbon). Augmenter la puissance de centrale hydro a reservoir permettant l’eclusee + multiplier les microcentrales de cogeneration biomasse et les microcentrales biogaz peut nous contribuer à atteindre notre objectif de respect de nos engagement vis-a-vis du traite Kyoto.... et des generations a venir.

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