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Accueil du site > Actualités > Environnement > Les poissons n’ont plus la pêche

Les poissons n’ont plus la pêche

Les Océans, on le sait, représentent les 71% de la surface de la terre, et si l’on considère la masse d’eau en question, le pourcentage grimpe à 98%.

Ce qu’on sait moins, c’est qu’en profondeur, de graves exactions sont perpétrées par de puissants lobbys, par l’intermédiaire de pécheurs peu scrupuleux.

Le drame se passe à l’abri des regards, par plusieurs centaines, voire milliers, de mètres de profondeur, et lorsque nous nous rendons dans notre grande surface locale, nous ignorons souvent que coquillages, poissons et crustacés qui s’offrent à nos regards ont été parfois récoltés de manière peu respectueuse sous le regard bienveillant de la direction de la grande surface, qui est en fait le principal responsable de ce scandale.

3 entreprises françaises pratiquent cette pêche, et la flotte la plus importante est celle des magasins « Intermarché » avec 6 navires de grands fonds. lien

Ces navires-usines mesurent en moyenne 50 mètres de long, et les plus gros, les chalutiers-congélateurs, peuvent atteindre 150 mètres de long, transportant des milliers de tonnes de poissons dans leurs cales. lien

Pour de nombreux observateurs, dont Greenpeace, d’ici 2048, il n’y aura plus aucun poisson dans nos océans. lien

L’amateur de poisson rétorquera que la plupart des poissons proposés proviennent aujourd’hui d’élevages, sauf que, connaissant les méthodes discutables pratiquées, le consommateur finalement préfère acheter du poisson sauvage, lequel n’est pas, comme ses cousins d’élevage, nourris aux farines animales.

Des zones d’élevages concentrationnaires, provocant diverses maladies, apparition de parasites, de malformations, nécessitant l’utilisation massive d’antibiotiques, la dispersion de pesticides sur les poissons, mettant en doute aujourd’hui la qualité sanitaire des poissons proposés à la vente ont largement déçu les consommateurs avisés. lien

Bien sur la règlementation est stricte et permet au consommateur de savoir si le poisson est pêché en eau douce, en mer, élevé, sa zone d’origine, mais est-ce suffisant ? lien

Du coup, la seule solution acceptable est de créer un peu partout, dans les mers, les océans, des réserves qui couvriraient 40% de la surface de ceux-ci, alors qu’aujourd’hui, un seul tout petit pourcent fait l’objet d’une protection.

Alors bien sur, certaines grandes surfaces, dont Casino, par exemple, ont pris les devant, décidant de bannir en 2014 tous les poissons issus de la pêche profonde. lien

Le responsable majeur de tous ces dégâts est bien sur le chalutage de grande profondeur qui par les méthodes utilisées racle, à l’aveuglette, à l’aide de ses filets géants lestés de plaques métalliques, les fonds marins provocant des dommages irréversibles sur la faune et la flore sous marine jusqu’à 4000 mètres de profondeur.

98,5% des captures d’espèces de poisson de grande profondeur péchées en France le sont par seulement 9 navires, soit le 1% de la flotte française, et selon une étude réalisée par la commission européenne, si 771 navires pêchent plus de 10% des espèces profondes une fois par an, seulement 11 navires capturent plus de 10% des espèces profondes plus de 3 jours par an. lien

Mais les chaluts ne sont pas sélectifs, et pour 3 espèces de poissons recherchées par les pêcheurs, plus d’une centaine d’autres sont rejetées à la mer, morts bien évidemment, représentant entre le 1/3 de la pêche et les 9/10ème suivant les lieux de pêche. lien

Les fonds marins sont habités par des espèces surprenantes comme le Siphonophore géant, qui avec ses 100 mètres de long rendrait jaloux n’importe quelle baleine. lien

Mais une chose est certaine, on ne sait pas grand-chose sur ce qui vit au fond des mers, d’autant qu’on découvre un nouvel animal toutes les 2 semaines, et qu’on estime que seul 1% de ce qui vit dans nos océans a été échantillonné.

De plus ces chaluts détruisent les coraux, ceux là même pour qui peuvent atteindre 4200 ans.

Toutes les espèces sont menacées, comme par exemple la Lingue bleue, appelée communément la Julienne, un poisson carnivore qui peut atteindre 1,60 mètre. lien

Ce chalutage de grande profondeur est responsable, d’après le CIEM (conseil international pour l’exploration de la mer), d’une chute des stocks de Julienne de l’ordre de 75%, et si des quota de pêche sont passé de 20 000 en 1988, à 6000 en 2004, faisant estimer par l’Ifremer en 2006 qu’il fallait arrêter de pécher ce poisson, et provoquant en 2008 la décision de fixer un quota à 2102 tonnes pour l’union européenne, légèrement augmenté en 2011 à 2598 tonnes. lien

Mais la Julienne n’est pas le seul poisson menacé, il faut évoquer aussi le Sabre noir, le Grenadier, l’Empereur, poissons dont on connait mal le taux de reproduction.

Ce Sabre noir, un carnivore qui vit une trentaine d’années, jusqu’à 1600 mètres de profondeur, à proximité des volcans sous marins, peut atteindre 1,5 mètre et si on n’a peu d’éléments sur sa croissance, on sait en tout cas qu’elle est très lente. lien

Comme sa peau est très fragile, il est généralement abimé par les chaluts, et on le retrouve sur les étals sous forme de filets. lien

On sait aujourd’hui que 80% d’entre eux ont été détruits en 30 ans. lien

Quand aux Grenadiers, qui peuvent vivre jusqu’à 60 ans, qu’ils soient « de roche », ou « berglax  », leur déclin est de 93,3% pour le premier, et de 99,6 pour le second sur une période de 26 ans. lien

L’Empereur est un poisson préhistorique qui pourrait vivre centenaire, mais les méthodes de pêche actuelle vont limiter cruellement sa durée de vie, et les études les plus récentes ont démontré que leur population s’est réduite au-delà de 90%. lien

La population des requins qui vivent en eau profonde à baissé de 90% en 15 ans.

A ce jour, 21 espèces de poissons sont considérées comme disparues.

 Au-delà de ces prédations, tout le fond marin est détruit, l’habitat de la faune marine détériorée, et tous les organismes posés sur le fond passent de vie à trépas.

Il y a plus grave, la destruction du fond marin va ralentir la production de plancton, donc aussi celle de l’oxygène, car contrairement à une idée reçue, le « poumon de la Terre » c’est avant tout l’Océan, supplantant largement nos forêts, lequel océan est aussi le premier « recycleur » de CO². lien

Tous les océans comportent, entre 100 et 1500 mètres de profondeur, une « zone d’oxygène minimum », et la décimation des espèces planctoniques accroit ce déficit en oxygène. lien

Ces chaluts, dont le maillage suit tout de même une réglementation précise, peut faire jusqu’à 150 mètres de large, et capturer 60 tonnes de poissons en 20 minutes, et comme ils peuvent racler les fonds pendant des périodes allant jusqu’à 3 heures, ce sont potentiellement 540 tonnes de poissons qui peuvent être récoltés rapidement. lien

La difficulté majeure, c’est qu’une partie importante des mers et des océans échappe à toute juridiction, les états ne contrôlant en principe les mers qu’à une certaine distance de leur côte, et si la FAO (Food and Agriculture Organisation) à déterminé avec précision des zones, en appréciant les ressources de chacune de ces zones, les organisations internationales qui les gèrent ont des moyens de contrôle limités. lien

S’il faut en croire le Docteur Elliot Norse, de l’ICM (institut de la conservation marine) cette industrie nocive qu’est le chalutage reçoit des subventions des Etats, et elle ne serait pas rentable sans celles-ci.

Il ajoute que le taux de gaspillage sur des chalutiers pêchant dans l’océan Pacifique peut atteindre 95%, affirmant avec d’autres que le chalutage détruit la structure même du fond marin, ajoutant que tous les scientifiques qui se sont intéressés au sujet sont arrivés aux mêmes conclusions. lien

En 2009, Greenpeace avait mené une opération destinée à empêcher la pêche au chalut dans la mer entre Suède et Danemark, en immergeant des blocs de pierre, ce qui n’a manifestement pas découragés les chalutiers. lien

Une dessinatrice de BD, Pénélope Joli-coeur a lancée une pétition, sous forme dessinée, très originale et de grande qualité, et elle appelle François Hollande à soutenir « la proposition d’interdiction du chalutage en eaux profondes ». lien

La pétition, déjà signée par plus de 700 000 citoyens, est sur ce lien

L’association qui se bat contre ce massacre en profondeur s’appelle Bloom et son site est sur ce lien

C’est peut-être aussi l’occasion de défendre l’initiative européenne qui permettrait de punir le crime d’Ecocide. lien

Il faudrait atteindre 1 million de votants, et à 49 jours de l’échéance, moins de 80 000 européens l’ont signé.

Le 10 décembre prochain, le parlement européen décidera s’il faut ou non continuer ce chalutage néfaste, et on ne peut qu’espérer qu’il prenne la bonne décision.

Comme dit mon vieil ami africain : « quand les éléphants se battent, c’est toujours l’herbe qui est écrasée  ».

L’image illustrant l’article provient de « sosgrandbleu.asso.fr »

Merci aux internautes pour leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

Article ancien

Enfumés par le saumon


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98 réactions à cet article    


  • gaijin gaijin 5 décembre 2013 09:00

    j’ai découvert cette histoire avec la pétition de pénélope ........
    j’ai cessé de consommer du poisson intermarché .......
    pétitionner c’est bien mais il faut frapper là ou ça fait mal : au porte monnaie


    • olivier cabanel olivier cabanel 5 décembre 2013 09:18

      gaijin

      cent pour cent d’accord,
      j’ai pris la même décision
      et j’encourage tout le monde a en faire de même.
      parce que si l’Europe, le 10 décembre prochain, ne fait rien, je doute que les patrons de ce chaluts infernaux s’arrêtent du jour au lendemain.

    • gaijin gaijin 5 décembre 2013 09:23

      après c’est simple que chaque pétitionnaire aille dans son intermarché coller une affiche pour dénoncer le problème .......
      détruire les océans les indiffère mais écorner leur image les laissera moins froids .....


    • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 6 décembre 2013 08:59

      NI LES PECHEURS BRETONS

      ILS SONT RIDICULES QUI ? NOS ELUS NATIONAUX

      -ils donnent 3 MILLIARDS POUR CHASSER LA PEGRE MARSEILLAISE

      -ils donnent 2 MILLIARDS POUR LA BRETAGNE

      A QUOI CA SERT 40 MINISTRES 577 DEPUTES 350 SENATEURS ET LA COHORTE DE DEPUTES UE ..........................

      NOS MEDIAS AUSSI HOLLANDE A UN RHUME EUX DISENT LA TUBERCULOSE !!!!

      MALHEUREUSEMENT LE RIDICULE NE TUE PAS IL FAUT EN LARGUER 90% DE KI  ? DES ELUS BIEN SUR


    • claude-michel claude-michel 5 décembre 2013 09:37

      Il parait que nous avons dépassé notre quota de survie par rapport a ce que la planète peut produire pour nous nourrir.. ?


      • olivier cabanel olivier cabanel 5 décembre 2013 09:40

        claude michel

        vous en êtes sur ?
        si vous avez de la doc la dessus, ça m’intéresserait...

      • claude-michel claude-michel 5 décembre 2013 10:07

        Par olivier cabanel ....J’ai trouvé sur « new economics foundation »


      • Le Yeti Le Yeti 5 décembre 2013 10:11

        J’ai la cosse de rechercher mais en 2012 la Planète à consommé plus de nourriture qu’elle n’en à produite, ce qui en soi n’est pas une première. C’est pour cela que les réserves alimentaires existent.
        Le problème c’en qu’en terme de production alimentaire 2012 n’a pa été une année particulièrement mauvaise. Et en 2013, ce fut la même chose au point que l’ONU avais émis une alerte de crise alimentaire pour 2013.

        Il y a quelques années (4-5 je dirais), dans un reportage, Jean Ziegler expliquait que la barre des 60 jours étaient le seuil d’alerte pour les réserves alimentaires mondiales et qu’au moment où il parlait, on en était déjà plus qu’à 45 jours. De sources Internet « crédibles » en 2012 nolus étions tombés à 30 jours (soit 15 jours de moins en 3-4 ans ...) et qu’n 2013 nous étions à 15 jours seulement (soit de nouveau 15 jours de moins mais en une seulle année.

        Enfin, il est assez facile de trouver tout un tas d’infos sur le Peak Food. La production agricole industriel vient d’amorcer une baisse et un rapport de l’OMS de 2011 ou 2012 expliquait que les fruits et légumes indsutriel avait perdus en moyenne 30% ( smiley ) de leur valeur nutritive ...

        Depuis 3-4 ans que je n’arrête pas [Enfin si, j’ai arrêter depuis un an.] de dire aux gens « Penchez vous l’actualité ... Renseignez vous ... C’est vraiment le moment ou jamais ... » et que de mon côté je joins le geste à la parole et agis en conséquence, je passe peut-être pour un fou mais je ne suis pas con ...


      • olivier cabanel olivier cabanel 5 décembre 2013 10:36

        merci claude-michel... si vous avez un lien ?


      • olivier cabanel olivier cabanel 5 décembre 2013 10:46

        le yéti

        je suis tout à fait d’accord sur cet aspect de la question : la qualité du produit...
        en effet, je suis convaincu qu’une pomme qui a subi je ne sais plus combien de dizaines de traitements, ne nourrit pas le consommateur de la même manière que s’il en mange une qui soit saine...et ce raisonnement peut s’appliquer à tout ce que nous consommons.
        en hiver, je profite de mon four, chauffé au bois, pour faire mon pain, et je suis bien conscient qu’il n’a rien a voir avec les pains que nous proposent habituellement nos boulangeries...
        mais tout le monde ne peut pas faire son pain.
        (ne parlons pas de ces abominables machines à pain....)
         smiley

      • Le Yeti Le Yeti 5 décembre 2013 11:20

        « Bonjour, le Yeti.
        Peux-être que nous ne produisons [pas] de moins en moins de produits alimentaires, et que nos cultures passent ailleurs ? »

        Bonjour Hervé. (Et Olivier que j’ai oublié de saluer !).

        Oui mais l’un n’empêche hélas pas l’autre !
        L’Amérique vient de découvrir concrètement que les gaz de schiste ne sont qu’une fausse bonne idée. Il se trouve qu’il en va de même pour les agrocarburants qui sans être délaissés, ne sont toutefois plus les promesses d’avenir qu’ils ont été. Et enfin, il est également vrai que les parts agricole ET halieutique destinées à l’élevage ont augmenté ces dernières années.


        Mais toujours est-il que même avec quelques réajustement, une alimentation « à l’européenne » et raisonnablement saine n’est non seulement pas du tout envisageable à l’échelle mondiale mais même plus soutenable pour les pays industrialisés.

        Les signes des champs, agricoles ou marins, sont des chants du cygne qu’il est plus que temps d’écouter !

        O tempora, o mores ...



      • bourrico6 5 décembre 2013 16:22

        Il faudrait pondérer avec le gaspillage, qui s’il est difficile à quantifier, est estimé par certains à près de 50%.
        Et même la, les périssables genre fruits et légumes doivent faire monter le moyenne, même si certaines saloperies peuvent tenir un mois au frigo sans bouger, ce qui n’est pas bon signe.
        Les produits hors calibre sont jetés, les pertes dans les processus industriels sont assez significatives aussi, on fait pas dans la dentelle quand il s’agit d’éplucher les patates par exemple.
        Il y a les dates, qui font jeter des produits alors qu’on peut encore les consommer pendant des jours, voir des semaines.


      • Hermes Hermes 6 décembre 2013 15:29

        Olivier le lien c’est là.

        Bonne soirée,


      • olivier cabanel olivier cabanel 6 décembre 2013 16:39

        merci Hermes

        je n’avais pas percuté que c’était le fameux « jour de dépassement » !
        chaque année, c’est un peu plus tot !


      • Le Yeti Le Yeti 5 décembre 2013 10:35

        « L’amateur de poisson rétorquera que [...] »
        L’amateur de poisson, 9 fois sur 10 ne cherche pas à se renseigner et parle sans savoir.
        « Ha ! Regarde ce saumon comme il bien rouge. Ça vaut le coup d’y mettre le prix. » Félicitation, tu viens d’acheter quelques goutes de colorant à prix d’or ! Et de toute façon, si tu savais que ton saumon est doper avec un produit chimique interdit en agriculture car il trop toxique, tu courrais vite à l’hôpital réclamer une chélation ! (Attention à bien prononcer ...)
        « Hum, c’est bon le panga ! » Dans panga, il y a de l’eau ; c’est bien connu. Vous savez ce que c’est que le panga ; d’où ça vient, avec quoi c’est nourrit ? ...
        « Ho la belle perche. On va se régaler ! » Avec l’accent Égyptien, peut-être. Ta perche, ce n’est pas de la perche -il n’y en a plus- c’est de la « perche du Nil » qui est un poisson d’apparence similaire mais pourtant totalement différent ...

        « Du coup, la seule solution acceptable est de [...] »
        Même si par ailleurs je suis bien d’accord avec cet article (encore une fois bien fourni et détaillé ; Merci Monsieur Cabanel), comme je dis toujours : «  Il ne faut pas ’sauver’ les bébés phoques, il faut juste arrêter de les massacrer ! »
        Il en est de même pour les océans.
        Déjà, le contexte est précaire. Le réchauffement climatique (peut en importe la cause ; je me penche ici sur les conséquences) qui au delà de modifier les courants marins pertube et déséquilibre totalement l’éco-système car ce réchauffement affecte grandement LES phytoplanctons ainsi que certaines espèces de poissons.
        Et donc, en plus de ce contexte ’naturel’, sciemment ou par simple négligence, l’homme utilise sans retenu l’océan comme poubelle. On y déverse ou bazarde nos égouts -tant civils qu’industriels !-, nos déchets toxiques, nos déchets nucléaire (y compris des navires entiers avec, donc, leur réacteur et parfois son combustible !) et tous nos plastiques au point que l’on parle de CONTINENTS de plastique !
        Sans même parler de surpêche, comment voulez vous que la flore et la faune marine ne fisse pas par s’écailler ? ...

         

        Enfin, je rappelle que toutes ces industries criminelles bossent pour un patron : nous !
        C’est nous qui finançons cette industrie en achetant ces produits.
        C’est nous qui avalisons concrètement cette industrie en consommant le fruit de ces activités.
        L’homme a besoin de se nopurri, ce qu’il ne peut faire que par la chasse/pêche, la cueillette, l’agriculture ou l’élevage. De nos jours, à 99% nous avons abandonner ces pratiques pour les déléguer à des entreprises et des consortium. Nous sommes bien les donneurs d’ordre, ou du moins les demandeurs et donc, en délégant l’activité, nous en sommes finalement responsable.


        • olivier cabanel olivier cabanel 5 décembre 2013 10:42

          le yéti

          merci de cette longue analyse, que je ne peux que partager totalement.
          il reste tout de même une solution...le boycott.
          il est probable que si demain les consommateurs alertés commencent à ne plus contribuer au massacre, et n’achètent plus ces poissons de haut fond...ni de poissons d’élevage... le commerçant pourrait commencer à se poser quelques questions.
           smiley
          ceci dit, je suis bien conscient que si on fait le tour de tout ce qui nous est proposé dans les grandes surfaces, aussi bien pour les produits transformés, (les lasagnes au cheval, et le reste...), que pour les légumes et fruits traités je ne sais combien de fois, il n’y aura plus qu’à se tourner vers le producteur, après s’être assuré qu’il proposait de la nourriture saine, ou a produire soi même.
          ce qui n’est pas à la portée de tous, bien sur.
           smiley

        • Cédric Moreau Cédric Moreau 8 décembre 2013 09:39

          D’aucuns vous diraient que le boycott est en fait vain tant qu’on ne changera pas de système monétaire. Pourquoi ? Tout simplement car quand l’on tire ses revenus du fait que l’on travaille pour ceux-là même qui créent notre perte écologique, hé bien la transition est tout simplement impossible.


          L’asservissement est énorme : si on boycotte, on risque très fortement de perdre nos emplois et les revenus qui vont avec. Du coup, on devra se remettre à consommer pas cher, et donc revenir acheter les produits que l’on voulait boycotter.

          Plus vicieux tu meurs.

        • olivier cabanel olivier cabanel 8 décembre 2013 09:55

          vous dites que le boycott n’est pas efficace ?

          c’est avoir la mémoire courte... rappelez vous l’affaire Danone
          En France, l’affaire Danone a beaucoup marqué les esprits au début des années 2000. Suite à un plan de restructuration qui prévoyait la fermeture de six usines et la suppression de plus de 1 800 postes dans le monde, une partie des salariés avait appelé au boycott, créant même un site Internet. À cause de cette mobilisation, la croissance des ventes de biscuits a beaucoup été ralentie ! Certaines marques ne se relèvent jamais vraiment d’une telle action, comme Nestlé, boycottée en 1977 suite à l’affaire du lait infantile, des substituts de lait maternel qui contribuaient selon les militants à la mort de nourrissons au sein des populations pauvres. Malgré tous les efforts de la marque pour redorer son blason, le scandale reste ancré dans les esprits..
          l’article complet est cur ce liien

        • Cédric Moreau Cédric Moreau 8 décembre 2013 14:33

          @Olivier

          Disons que je pointe plutôt la propension des gens à le faire. Pour des boycott efficaces, il faut quand même un minimum de personnes. Être seul boycotteur ne change rien à la donne.

          L’affaire Danone, je ne la connaissais pas : j’avais 12 ans à cette époque. Mais on retrouve bien ce que je dis : il faut un minimum d’acteurs à aller dans le même sens.

          Et pour de vrais changements globaux, on ne peut pas compter uniquement sur le boycott. Pas dans notre système monétaire actuel, car les entreprises que l’on souhaite combattre sont aussi celles qui ont le plus de moyens et sont, de fait, la source de revenu d’une grande quantité de personnes (employés, mais aussi toute la chaîne de sous-traitance).

          Le boycott dans notre système ne peut pas se généraliser. Or pour une efficacité maximale, c’est ce qu’il faudrait. On n’a quasiment que le choix entre la peste et le choléra.

          Ce système monétaire nous piège, et de manière très insidieuse.

        • olivier cabanel olivier cabanel 8 décembre 2013 16:40

          Cedric

          le boycott ne peut évidemment réussir si on est seul
          mais il faut bien que quelqu’un commence.
           smiley

        • juluch juluch 5 décembre 2013 10:44

          Merci pour l’article Olivier...


          j’ignorais pour Intermarché et son poisson......et j’y vais régulièrement .

          Je tacherai de prendre le poisson ailleurs....

          • olivier cabanel olivier cabanel 5 décembre 2013 13:12

            juluch

            ceci dit, je n’ai pas encore d’informations sur la concurrence...
            il est probable qu’elle ne soit pas exempte de critiques.
            pour l’instant seul Casino a pris les bonnes décisions.
             smiley

          • juluch juluch 5 décembre 2013 16:48

            Ca doit être surement pareil ailleurs.....la concurrence, le profit.....pour le poisson et le reste.


            L’agriculture, l’élevage, la pèche intensive depuis la fin de la deuxième guerre a bousillé des secteurs entiers......il va être très difficile de repartir en arrière, très dur il y a des emplois, de l’argent en jeu.....

            Rien que la filière du porc est un bel exemple et la culture en Bretagne avec les pesticides........ smiley

            Il va falloir faire les choses progressivement.........

            On est pas sortie de l’albergo comme dirais San Antonio.........

            A bientot...

          • gaijin gaijin 5 décembre 2013 12:11

            a la pêche aux moules moules moules
            je n’ irait plus maman
            les gens de la vile vile ville
            ont pollué mon eau maman ......

            une souris verte qui courait dans l’herbe
            je l’attrape par queue
            je la montre a ces messieurs
            ces messieurs me disent
            trempe la dans l’huile, trempe la dans l’eau
            elle irradie trop !

            y a pas a dire les générations futures ils vont se fendre la gueule !!!!


            • oncle archibald 5 décembre 2013 12:24

              Bonjour Olivier. J’avais vu (et signé bien sûr) la pétition de « Pénélope Joli coeur » (quel joli pseudo).. et je n’achète plus aucune des espèces issues de la pêche en eaux profondes, même pas des filets de « sabre ». Pourtant ce poisson est très intéressant par son absence totale d’arêtes pour nourrir enfants et personnes âgées mal voyantes.

              Mais je voulais faire observer que si ces grands groupes industriels et commerçants ravagent les eaux profondes, les petits artisans pêcheurs sont tout aussi criminels en venant chaluter quasiment dans les pieds des baigneurs. Actuellement c’est de la folie chez nous, dans le golfe du Lion. De Sète à Port Vendres Ils ravagent tout à même pas 100 mètres de la cote. On trouve sur le marché des rougets qui mesurent 10 cm voire moins ! Ces bébés péchés aujourd’hui ne deviendront jamais des adultes et ne se reproduiront donc pas.

              A Gruissan, vu de mes yeux, un vieux Monsieur qui pêche tous les jours dans l’avant-port sort une daurade. Un bateau d’artisans rentrait au même moment, il redescend son filet là, dans le port, juste sous le nez du pêcheur amateur, alors que c’est strictement interdit. Ils sont fous ! 

              • olivier cabanel olivier cabanel 5 décembre 2013 13:15

                cher oncle

                puisqu’on en est dans les témoignages... j’ai vu dans le même secteur un pêcheur de bord pêcher au vif...
                quand les bateaux rentrent au port, ils jettent souvent les poissons morts, ou abimés, avant d’accoster... et ça fait le bonheur des mouettes, mais aussi des poissons prédateurs.
                c’est pour cette raison qu’il tentait de pêcher au vif, avec l’espoir de prendre un loup qui attendrait la manne...


              • oncle archibald 5 décembre 2013 14:13

                Dans notre coin effectivement le loup se pêche souvent au vif, à l’anguillon ! De petites anguilles d’une dizaine de centimètres voire plus si on cherche les très gros loups ... il y en a encore quelques uns. 

                Entre Gruissan et La Nouvelle ou les étangs sont situés juste derrière « le lido » l’épouse dévouée va pêcher les anguillons dans les herbiers en bord d’étang, avec une épuisette à mailles très fine, du tulle de son voile de mariée par exemple. Elle les stocke dans un seau à vendanges et les porte à son mari qui pêche soit dans l’étang soit dans la passe soit encore de la plage juste à coté de la passe. 

                Si « la femme » ne veut pas se plier à la règle cela peut faire un motif de divorce admis par les tribunaux ! Enfin, ça c’était avant « la condition féminine ». Madame Najad Vallaud Belkacem risque de vouloir nous coller une amende pour abus de pouvoir !

              • eau-du-robinet eau-du-robinet 5 décembre 2013 14:22

                Bonjour Olivier,

                ’’Le vendredi c’est le jour du poisson’’ dit t-on ... et pourquoi ne pas rompre avec cette coutume et de convertir le vendredi en un jour végétarien ?


                • olivier cabanel olivier cabanel 5 décembre 2013 18:14

                  eau du robinet

                  très bonne suggestion...
                  de toutes façon, a part acheter bio, on ne pourra bientot plus manger de la viande, ou du poisson, 
                  quel merdier ce pauvre monde !
                   smiley

                • bert bert 5 décembre 2013 23:54

                  ou jeuner le samedi  smiley


                • blablablietblabla blablablietblabla 5 décembre 2013 14:40

                  Bonjour, 1977 en sortie de l’école d’apprentissage maritime le fascicule en poche j’embarquais pour un chalutier .


                  Je l’ai fais un mois, toute la nuit et tous les jours on remontée le filet on défaisait le noeud et paf des centaines et des milliers de kilos de poissons de tous genre.

                  A cette époque là je commençai à me poser des questions à savoir jusqu’à quand ça va durer ça, résultat 30 ans ,et encore moi c’est le chalut, les thoniers n’en parlons même pas y a plus de thons .

                  Ha les thoniers ils sont unique, radars hélicoptère et tout pour détecter les bancs de thons. 

                  Le thons rouge n’existe plus résultat ils sont obligé d’aller de plus en plus loin voir carrément dans des eaux territoriales genre Somalie-(les pirates somalien ne sont pas tombés du ciel du jour au lendemain ) - sans qu’aucune instance internationale réagit .


                  Que ce soit la pêche ou autre chose du moment que ça arrive à une échelle industrielle c’est le début de la fin ! 

                  • olivier cabanel olivier cabanel 5 décembre 2013 18:15

                    blabla

                    merci de ce témoignage qui confirme ce que pensent de plus en plus d’experts...

                  • Pepe de Bienvenida (alternatif) 5 décembre 2013 14:57

                    Trop nombreux, trop rapaces. Claude Lévi-Strauss (un juif, je le dis avant que d’autres saisissent l’occasion pour leur discours habituel, mais un homme d’abord, et pas le dessous du panier) disait que nous sommes tels ces vers de farine qui s’empoisonnent à distance avant même que la nourriture vienne à leur manquer :
                    http://www.youtube.com/watch?v=ky0QTKRDDk0


                    • blablablietblabla blablablietblabla 5 décembre 2013 16:02

                      Pourquoi mentionner la race « juif » ? en faite j’ai tout bonnement l’impression que vous faites bel et bien partie du fond du panier que vous sous-entendiez dénoncer , des crétins j’en ai vu mais alors des frais tout beau comme vous c’est rare !


                    • Pepe de Bienvenida (alternatif) 5 décembre 2013 22:08

                      Un crétin, c’est celui qui comme toi ne comprend pas un commentaire. C’était juste à titre préventif, parce que je me doutais qu’un commentaire antisémite n’allait pas tarder. Pas besoin de monter sur tes grands poneys, microbe.


                    • bert bert 5 décembre 2013 23:49

                      ouaip c’estkom monsanto protégé par la loi de liberté d’association de 1901  smiley


                    • bert bert 5 décembre 2013 23:51

                      euh d’assotiazion


                    • K2017 Kxyz 5 décembre 2013 15:38

                      Merci Olivier smiley article si nécéssaire..comme d’ hab..

                      juste en complément surce massacre des bateaux usines qui viennent pêcher dans les zones où les petits pêcheurs locaux se voient déposséder de leur gagne pain..il faut non seulement que la conférence du 10 décembre interdise cette pratique mais par ailleurs mettre en place une politik de la pêche artisanale..européenne et se fasse porte parole d un droit de pêche revisité .

                      petit lien pour la route

                      http://aquaculture-aquablog.blogspot.fr/2012/09/marque-pavillon-france-tempete-belle.html
                       et enfin aux consommateurs de ne plus achetez ni saumon d élevage dont tu as omis de parler des ces saumons ogm..dans les désastres de ce type d élevage , qu il faut 3 kg de poisson pour produire 1 kg de poisson d "élevage..
                      .. grande pensée pour Paul Watson puisque nous parlons des mers et la biodiversité en danger
                      http://www.seashepherd.fr/


                      • olivier cabanel olivier cabanel 5 décembre 2013 18:26

                        kxyz

                        effectivement, il faut aussi ajouter que cette pêche industrielle se fait au dépens des « pêcheurs de bord de mer »... 
                        on pourrait aussi ajouter le scandale du panga, que des affairistes peu scrupuleux ont introduit pour le plus grand malheur des autres espèces...lien
                        pour le saumon, je ne l’ai pas évoqué, je l’avais déjà fait dans un article récent qui est signalé en fin de celui ci...
                        merci de ton commentaire.

                      • Pepe de Bienvenida (alternatif) 5 décembre 2013 22:13

                        Bonjour Olivier,
                        je suis fils de pêcheur de bord de mer, petit-fils de pêcheurs de bord de mer, etc.
                        Les bateaux-usines sont arrivés. La conserverie artisanale a fermé.
                        Aucun de mes cousins n’est pêcheur, ni leurs enfants. Dans ce village il en reste quelques rares, mais bientôt on les subventionnera pour entretenir le côté pittoresque, c’est couru d’avance.

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