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Accueil du site > Actualités > Environnement > Quel impact des décharges sur l’eau courante ?

Quel impact des décharges sur l’eau courante ?

Super-Trash est un film choc, qui a le mérite de réveiller les consciences sur la gestion des 250 décharges en France. Son réalisateur, Martin Esposito a eu la bonne idée de filmer la décharge de la Glacière de Villeneuve-Loubet (Alpes Maritimes) avant sa fermeture en 2009. 

Si une grande partie des décharges françaises peuvent être citées à juste titre pour leur bonne gestion, des failles commencent à apparaître aux quatre coins du territoire. Avec un talon d’Achille : en France, les deux plus grands distributeurs d’eau courante, sont aussi ceux qui gèrent la majeure partie de la collecte et du traitement des déchets. Au risque de conflits d’intérêts locaux ?

C’est ce que raconte Lionel Lucas, le député UMP des Alpes Maritimes, qui en 2000, s’oppose vent debout à l’installation d’une décharge dans sa circonscription, jugeant que l’emplacement suscite des risques environnementaux beaucoup trop élevés. Il se heurtera à un mur pendant neuf ans.

Opacité dans les Alpes Maritimes

« La préfecture a préféré se fier au travail d’un ingénieur hydrogéologue proche du gestionnaire d’eau. Or à l’époque j’avais fait faire une contre-expertise par un cabinet indépendant qui démontrait que le site n’était pas du tout approprié à cause des risques de pollution du milieu naturel et des nappes phréatiques » rappelle le député dans les colonnes de Marianne. La décharge fonctionne malgré les nombreuses voix qui s’élèvent pour dénoncer les pollutions qu’elle engendre. Elle est fermée en 2009.

Il faut attendre la sortie du film Super-trash pour qu’une note du ministère de l’environnement reconnaisse en novembre 2013 « des dysfonctionnements inadmissibles, comme l’admission de déchets interdits par la réglementation tel que les boues. » Mais au-delà de la décharge, c’est tout l’appareil de protection de l’environnement et de la santé qui a échoué. Ainsi en retraçant l’historique des mises en garde autour de cette décharge, le ministère de l’Environnement se rend compte qu’une « étude sanitaire d’évaluation des risques » exigée en 2007 par Jean Louis Borloo, est tout simplement tombée aux oubliettes, personne ne donnant suite à l’annonce ministérielle.

Si le gestionnaire nie fermement toutes les accusations de Super Trash – dépôts d’hydrocarbures ou de boues interdites dans ce type de décharge – un de ces représentants se montre pour le moins maladroit lorsqu’il s’agit de rassurer la population. Quand Nice Matin l’interroge sur l’écoulement dans de lixiviat dans une rivière - le lixiviat est un liquide généré par les déchets qu’on pourrait comparer à du « jus de déchets » - le représentant régional du groupe dément vigoureusement. Avant d’ajouter « Le lixiviat n’est pas si dangereux, Vous pouvez en boire ! C’est pas recommandé, c’est sûr, mais vous n’allez pas en mourir. Vous pouvez vous en mettre sur la peau, vous n’allez pas peler ! » Une formule pour le moins malheureuse, lorsqu’on représente un distributeur d’eau, censée se soucier de la qualité des cours d’eau !

La double peine du Val de Marne

Dans le Val de Marne, c’est la déchetterie de Claye Souilly, la plus importante en matière de déchets non recyclables de France, qui pose problème si l’on en croit un article du Parisien intitulé Inquiétudes sur la qualité de l’eau pour 350 000 habitants.

A 11 reprises en 2013, l’eau distribuée au consommateur a été jugée non-conforme en raison d’une « présence de carbone organique total trop importante » et d’une « turbidité néphélométrique » deux fois supérieure à la limite autorisée. Pas quoi rendre l’eau toxique, mais une pollution avérée qui aurait dû faire l’objet d’une information donnée aux habitants.

En attendant, les habitants subissent une véritable double peine : d’un côté une qualité de l’eau affectée par les pollutions de la décharge et de l’autre côté, un mètre cube d’eau facturé 5€55, l’un des plus élevés d’Ile de France… Or qui gère la distribution d’eau potable à Claye Souilly ? La même entreprise qui gère la décharge responsable de sa pollution…


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2 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 28 mars 2014 10:34

     « Le lixiviat n’est pas si dangereux, Vous pouvez en boire ! C’est pas recommandé, c’est sûr, mais vous n’allez pas en mourir. Vous pouvez vous en mettre sur la peau, vous n’allez pas peler ! »

    il doit avoir un grain


    • claude-michel claude-michel 28 mars 2014 10:58

      80% des eaux usées ne sont pas filtrées et vont dans les cours d’eaux ou nous retrouvons toute cette pollution... !

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