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Accueil du site > Actualités > Environnement > Recycler le café pour faire du biocarburant ? Qu’en penser (...)

Recycler le café pour faire du biocarburant ? Qu’en penser ?

Synthèse de l’actualité Moins de déchets pour un biocarburant plus stable

 Les travaux de 3 scientifiques viennent de révéler qu’il était possible d’extraire jusqu’à 15% d’huile du marc de café. Ce taux est proche de celui du soja ou du palmier à huile (20%). Cette huile, naturellement riche en antioxydant, pourra être transformé en un biodiesel très stable.

Une source non négligeable mais à l’étude

 Le recyclage des 7,26 millions de tonnes de marc de café produits par an pourrait générer 1 million de mètre cube de biodiesel, soit 10% de la production estimée en 2010.

 Actuellement, seule une faible partie des déchets de café est réutilisée, principalement par compostage, pour faire de l’engrais. La construction d’usine pilote pour évaluer la rentabilité de ce déchet comme source d’énergie renouvelable est prévue dans les 6 mois, même si l’hypothèse d’un recyclage intégral du café reste peu probable.

Réflexions  :

Du biocarburant sans ses défauts

 Concilier retraitement des déchets et production d’énergie renouvelable, voilà une opération intéressante. Si les volumes hypothétiques ne sont pas énormes, l’expérience mérite d’être tentée, car cette source de biocarburant n’entre pas en compétition avec la production alimentaire ni n’entraîne une intensification de l’agriculture.

Pour des biocarburants vraiment verts

 L’avenir des bio-carburants et des agro-carburants repose sur le développement de la seconde génération, à savoir la conversion de matières premières non-alimentaires (cellulose, etc.) en carburant, et sur la conversion des déchets (agricole, ménagers). Cette filière devrait donc être multi-sources  : production agricole, déchets ménagers ou agricoles, algues, etc.
 Une analyse du cycle de vie de la production des biocarburants, du champs à la roue, est requise pour évaluer l’impact réel de cette source d’énergie et son caractère durable. On pourrait ainsi imaginer une labélisation "Bio" des biocarburants, comme le propose le WWF. Cela permettrait de s’assurer que les biocarburants utilisés aient moins d’effets négatifs sur l’environnement que le pétrole et les autres hydrocarbures conventionnels.

Un bilan carbone, mais aussi environnemental

 Attention toutefois à ne pas tout sacrifier pour produire cet "or vert". Les matières organiques (MO) sont un élément primordial dans les cycles de la matière et les écosystèmes. Si toute cette MO était convertie en carburant, les sols deviendraient moins fertiles (appauvrissement en MO, diminution des réserves hydriques) et les organismes décomposeurs (insectes, champignons, bactéries...), maillons de la chaîne alimentaire, seraient gravement affectés.

Un intérêt, mais limité

 Mais une chose est certaine, il n’ y aura jamais assez de surfaces agricoles pour supporter l’ensemble de la consommation de pétrole actuelle, même si l’on cessait de nous alimenter. Le premier effort à fournir est donc de réduire cette consommation, avant de songer à utiliser des énergies renouvelables.
 Cette réduction passe par l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules, par un changement des comportements (télétravail, proximité, transport en commun, co-voiturage...) et une diversification des modes de déplacement (rail, fluvial et maritime, mobilité douce).

Chiffres  :

Déchets de café  : 7,26 millions de tonnes/an.
Taux d’huile extractible  : 15%.
Conversion en biodiesel  : 1 million de mètre cube/an.


Pour allez plus loin et sources  :


MaxiSciences, 16/01/09
. Du marc de café transformé en biocarburant  ?

R. Bonnaterre, 13/01/09. Pour une politique progressive vers des biocarburants utilisant quasi totalité de la ressource, Le blog des énergies nouvelles. Un point de vue économique.

ADEME/DIREM, 2002. Bilans énergétiques et gaz à effet de serre des filières de production de biocarburants en France. Document PDF.

Dossier Wikipédia. Très complet.

Jancovici. Que pouvons-nous espérer des biocarburants  ? Manicore.com

Activart.com. Biocarburants  : le mauvais choix de la France.


Crédit illustration  : Sean Dreilinger.


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17 réactions à cet article    


  • Bobland59 Bobland59 22 janvier 2009 16:40

    D’accord avec votre idée sur le café . mais une question, sans doute bête, comment je fais ? J’habite un appartement en pleine ville de Lille, sans jardin ........ je les mets où mes déchets de café ??? je tri déjà mes déchets avec ce que nous donnes la ville, mais je ne me vois mettre dans cette poubelle container au milieu des bouteilles, papiers et autres déchets solides mais recyclables du résidu de café ....
    Et je n’ai pas le courage d’aller porter cela à des km en voiture dans un centre de recyclage agrée !!!


    • stef stef 22 janvier 2009 19:08

      Ben, vous démanagez à Linselles, à Halluin ou à Fretin smiley


    • Gregoire Macqueron GreG 22 janvier 2009 16:54

      Bonjour :)
       Tout d’abord, je tiens à préciser que ce n’est pas mon idée, mais un article de MaxiSciences que j’ai analysé (cf mes sources).

       Ceci posé, il est en effet difficilement concevable que les particuliers puissent contribuer à ce recyclage. Cette possibilité s’adresse plutôt à des entreprises (cafés, restaurations, grands comptes, etc.) qui génèrent de grands volumes de marc de café.

       Par contre, le café est tout indiqué pour le compostage, même en ville, pour peu que vous disposiez d’un peu d’espace vert ou d’un composteur, individuel ou collectif. De plus en plus de collectivités mettent à disposition de leurs concitoyens ce type de composteur, en France et en Europe.

       Mais le tri des déchets pose en effet problème en milieu urbain, surtout si ce tri devient de plus en plus spécifique. A moins de mettre en place des locaux à poubelles bien organisés dans les résidences et les quartiers. C’est déjà le cas en Suède, et peut-être ailleurs en France.

       J’espère avoir répondu à vos interrogations.
       Durablement,
       GreG.


      • Romain Desbois 23 janvier 2009 00:20

        Ouf merci pour cet article, je commençais à me sentir seul à soutenir les biocarburants (agro ou pas)

        Ma grand-mère qui habitait en HLM (Les Mureaux 78) avait un petit cube en bois fabriqué par mon grand-père, elle mettait dedans son marc de café et peut-être quelques peaux de banane.

        Lorsqu’on allait sur son balcon, cela sentait bon le café. Elle mettait ce compost dans son terreau en engrais et son balcon était connu pour être le plus beau et le plus fleuri de la ville.

        Cette anectode pour dire que nous redécouvrons l’eau tiède et c’est bien car en plus on la perfectionne.

        Des "déchets" végétaux sont innombrables et encombrent souvent les entreprises. Les boues d’épuration, le lisier de porc, etc on avait l’habitude de s’en débarasser en épandage sur les champs. avec les conséquences que l’on connaît.

        Maintenant on sait les valoriser autrement ;

        Mais les algues vertes (laitues de mer) qui empestent les touristes l’été et envahissent les plages (conséquence de l’afflut de nitrate dû entre autres à l’épandage des lisiers), peuvent aussi être valorisées en biocarburants.

        Ailleurs ce sont les jacinthes d’eau qui eutrophient les eaux (elles doublent de superficie en 24 heures), en floride c’est la nourriture du lamantin, mais en asie elle tue la faune fluviale. Cette plante se décompose en 3 à 5 jours, on peu en faire des paniers avec les tiges. C’est un super bio carburant.

        Ailleurs c’est le jatropha qui comme la jacinthe d’eau est un excellent dépollueur qui plus est.

        Partout ce sont des milliards de tonnes de noyaux, de brous, d’écorces, de graines non comestibles ou non que l’on jète après avoir consommé le fruit ou parcequ’on ne fait plus de deuxième pression à froid ou à chaud.

        Et avec peu d’imagination, beaucoup moins de gaspillage, on peut remplacer le pétrole ! Ne mettons pas nos yeux dans le même palmier, l’éolien, le solaire, l’hydrolien, l’huile de coude couplée à la dynamo (et oui y en a tellement qui poussent de la fonde pour rien alors qu’ils pourraient fabriquer l’éclairage de la salle de sport)...

        Allez je m’enflamme ! Et si la roue pête, le gaz part et c’est la mort sure ! smiley


      • foufouille foufouille 22 janvier 2009 17:18

        le mieux serait d’utiliser des algues, si possible
        la mer c’est grand


        • stef stef 22 janvier 2009 19:10

          Oui, pourquoi pas, utiliser les algues.

          Après l’extinction programmée des poissons, après la pollution du plancton, arrachons le peu de vie qui restera dans les mers et océans afin d’en faire du carburant.


        • Gregoire Macqueron GreG 22 janvier 2009 17:35

           Les algues sont aussi une piste pour les biocarburants, notament pour "recycler" le CO2 émis en biocarburant.
           Mais il vaut mieux explorer toute les voies.

           Pour allez plus loin sur les algues : Green Univers, 16/06/08. Qui dit mieux sur les algues ?

          Durablement,
          GreG.


          • edouard 22 janvier 2009 17:44

            C’est ma voyante qui va être contente !


            • antireac 22 janvier 2009 20:58

              Je suis content que vous utilisez le vraie terme:BIOCARBUANT


              • sobriquet 22 janvier 2009 23:18

                Ce que l’on prend à la terre doit retourner à la terre. Ce n’est pas de l’ésotérisme, mais du pragmatisme : cela permet d’éviter la dégradation des sols en entretenant l’humus.

                En conséquence tout usage plus que marginal des produits du sol pour en tirer de l’énergie va dans le sens contraire du "développement durable".

                7,26 millions de tonnes de déchets de café convertis en énergie tous les ans, c’est autant de tonnes de sol fertile qui disparaît. Actuellement, à l’échelle planétaire, 12 millions d’hectares de sol sont désertifiés chaque année. Vous voulez battre un record ?


                • Romain Desbois 23 janvier 2009 00:28

                  Hélas sotbriquet je ne pense pas qu’actuellement le marc de café retourne à la terre, d’autant que le café est récolté là et bu là bas à l’autre bout de la terre.
                  Peut-être alors faut-il leur renvoyer le marc de café là bas où je disais qu’il était récolté là et que nous nous sommes pour eux là bas alors qu’on est là.
                  Vous me suivez ? Ou ? Là bas... si j’y suis  smiley


                • Gregoire Macqueron GreG 23 janvier 2009 00:40

                  Bonjour,
                  C’est en grande partie vrai, et je rappelle l’importance du cycle de la matière organique dans ce billet.

                  Utiliser une plus grande part des productions végétales n’est pas en soi un problème, tant que l’on s’assure que l’exportation de MO d’un site n’est pas supérieure à la production primaire et que les écosystèmes du recyclage de cette MO ne sont pas pénalisés.

                  Mais il est vrai qu’il existe un point de vue strictement économique qui propose de convertir 100% de cette MO en bois de chauffage, biocarburant et autres produits alimentaires ou industriels. Et là, il y a un réel risque de dégradation des écosystèmes, des paysages, des sols !


                • sobriquet 23 janvier 2009 00:57

                  Oui, d’un autre côté, on n’a pas trop à s’inquiéter, vu que lorsque le Brésil, principal producteur, verra ses champs devenir stérile, ils n’auront qu’à déboiser l’Amazonie. De même, le Viet Nam, l’Indonésie et la Colombie on de bonnes réserves forestières. On a donc facilement quelques décennies voire quelques siècles devant nous avant de nous retrouver obligés de remettre nos pratiques en question. Et vu qu’aucun de nous ne vivra jusque là...

                  Nos descendant auront quand même beaucoup moins de classe que nous, à boire de la chicorée à la place du café.


                • sobriquet 23 janvier 2009 01:00

                  Cette réponse s’adressait bien entendu à Romain Desbois. Et bravo, Greg, d’avoir mentionné le cycle de la matière organique dans votre article, ce n’est que trop rarement le cas.


                • wesson wesson 23 janvier 2009 01:27

                  Bonsoir l’auteur,
                  "

                  Recycler le café pour faire du biocarburant ? Qu’en penser ? "

                  Que le jour ou on recyclera les cons qui ont ce genre d’idée, le problème énergétique de la planète sera résolu !


                  • Polemikvictor Polemikvictor 23 janvier 2009 08:56

                    Tout a fait d’accord.Voila le type de propositions typique de certains mouvements écolos  :

                    Pas de rigueur, ou est l’écobilan attendu de la chaine complete en terme d’émissions de CO2 en tenant compte de tout les intrants ( collecte, séchage, traitement.....), Pollution generée par la mise en place et la maintenance des investissements. Existance d’un point mort eventuel....

                    Interet marginal et propos ambigus : les 10% de la production mondiale dont parle l’auteur sont ceux de biodiesel ,soit pas grand chose. Ma consommation de 250Grammes de café par semaine à 2 donne une idée de ce qu’on peut récupérer 15% de carburant de 250gr cela fait 37,5gr.( je néglige la partie soluble du grain de café qui est passée dans la boisson)

                    Expertise supposée de l’auteur  : comment un ingenieur diplomé peut ecrire un article aussi faible ?


                  • Gregoire Macqueron GreG 23 janvier 2009 11:36

                    Bonjour,
                    Tout d’abord, une idée mérite toujours qu’on se penche dessus, pour l’évaluer, l’analyser et ensuite choisir, en fonction de cet éclairage, si elle mérite d’être étudiée plus en profondeur ou d’être abandonnée.

                    Par ailleurs, il s’agit ici d’un article de réflexion sur une actualité et non d’un dossier. Sinon, je l’aurais titré "Analyse prospective du recyclage des déchets issus de la consommation de café (marc de café) : forces et faiblesses"  smiley

                    Les travaux scientifiques dont est issu ce billet sont retrouvables à travers les liens proposés dans le billet et les voici :
                    http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/jf802487s

                    Ensuite, la question de l’impact environnemental global et des risques est justement abordé vis à vis de l’idée de ce recyclage, de même que la question du volume concerné.
                    Les commentaires précisent en outre dans quels cas la conversion des déchets du café peut être envisagée.

                    Enfin, la conclusion de ce billet insiste sur le fait que le café n’est pas la solution au problème du carburant, mais éventuellement un élément de solution.

                    En vous remerciant de participer à ce débat et d’enrichir ce billet de vos réflexions,
                    GreG, éco-citoyen sans appartenance à quelconques "mouvement écolos", scientifique curieux et pragmatique smiley

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