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Une station d’épuration écologique trop... économique !

Les élus riverains de la Nesque se sont réunis vendredi à Méthamis (Vaucluse) afin d’en savoir davantage sur un type particulièrement intéressant de station d’épuration écologique. Sur l’invitation de Jean-Pierre Saussac, président de l’association pernoise de "la Nesque Propre", Julie Estadieu, représentante de la société Epur Nature, est venue faire un tour d’horizon sur les différentes alternatives "vertes" qui existent en matière de traitement des eaux usées. Lagunages, saulaies, bambouseraies et filtres plantés de roseaux ont ainsi fait l’objet, durant la première partie de la matinée, de la curiosité de la trentaine de maires, conseillers généraux et représentants d’associations présents à cette occasion. Après de nombreux échanges avec Julie Estadieu, notre assemblée s’est rendue à la station d’épuration de Villes sur Auzon, afin d’illustrer concrètement la présentation qui leur a été faite de l’utilisation de filtres plantés de roseaux.

Dans ce type de station, plusieurs lits de graviers silicieux et de sable filtrent l’essentiel des particules polluantes. "Les roseaux, plantés en surface, apportent alors de l’oxygène aux bactéries pour qu’elles puissent dégrader ces particules" affirme Julie, "et créent des fissures permettant une meilleure pénétration de l’eau dans le massif". Outre l’avantage de ne pas créer de nuisances olfactives, l’eau ne devant y stagner, les massifs de filtration ne nécessitent qu’un curage tous les 20 ans environ. Les maigres boues d’épuration ainsi produites n’ayant pas besoin d’être retraitées avant leur épandage, ces dernières étant inoffensives pour l’environnement. Et si se doter d’une telle station revient à réaliser un investissement plus ou moins équivalent à celui d’une station d’épuration ordinaire, "son coût d’entretien est en revanche dix fois inférieur" nous assure Julie. Très embarrassé, Nicolas Rechu, responsable des stations d’épuration sur le secteur de Carpentras pour la Société de Distribution d’Eau Intercommunale (SDEI), a eu quelques difficultés à admettre effectivement que si "un désherbage important est nécessaire au cours des premières années, ainsi qu’une taille épisodique des roseaux, l’essentiel de l’entretien consiste en un contrôle régulier du bon fonctionnement des automates qui gèrent la station".

En effet, l’un des principaux éléments qui pourrait freiner le développement de telles stations écologiques, même s’il n’est pas exprimé ouvertement comme tel, est bel et bien le manque à gagner pour les sociétés privées qui en ont la charge… et dont le consentement est, pour le moins en pratique, un préalable incontournable à leur construction. L’autre frein, sur lequel la SDEI a bien entendu insisté, est la place que ces stations requièrent. "Il faut compter deux mètres carrés de roseaux par habitant, et jusqu’à quatre à cinq mètres carrés avec les voiries" confirme également la représentante d’Epur Nature. Un argument que l’écologiste Jean-Pierre Saussac ne considère pas comme un véritable obstacle, affirmant que "lorsque la volonté politique est réelle, des solutions existent", notamment en matière d’acquisition de terrains, ces dernières devant procéder, toujours d’après lui, d’une "indispensable concertation entre les communes et la société dont dépend la distribution de l’eau".

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10 réactions à cet article    


  • zelectron zelectron 8 novembre 2008 14:02

    Pas assez cher mon fils ! *

    Effectivement ça ne doit pas plaire aux marchands d’eau.



    *(pub Renault)


    • wawa wawa 8 novembre 2008 14:24

      cette solution devrait etre mieux exploitée. 2m² /habitant çà reste à la portée de nombreuse communes. Et puis la surface n’est pas perdue, la production de roseau peut parfaitement etre brulée dans une chaufferie collective ! çà ferait une augmentation des "zones humides" meme pollueé, elle sont riches en biodiversité.
      et çà peut faire des zones tampon en cas d’innondation.


      • judel.66 8 novembre 2008 15:06



        merci Yannick de soulever ce problème.......contrairement a ce que vous croyez les ecolos sont contre cette solution ils veulent des rivières sauvages et c’est ainsi que nous avons des inondations , des eaux douces perdues a la mer ,et des nappes phréatiques en voie d’épuisement ,, sans compter les mers souillées..........

        il est certain que là où le relief le permet il serait possible de construire des seuils .....attention je ne dis pas des barrages.....un seuil parfois ne mesure pas plus d’1 metre de haut c’est au sens technique un ralentisseur (ecreteur ) de crue ....une rivière devalant de seuil en seuil a des eaux qui s’infiltrent davantage et s’evaporent davantage d’où meilleure alimentation de la nappe phrèatique , régularisation du climat et ""décantation"" par ralentissement des eaux.....la crue residuelle qui arrive a la mer y arrive plus propre ....tout est gagnant mais c’est trop simple a comprendre pour certaines grandes gueules ecolos.....

        il est possible meme de constuire des seuils calibrés cad des seuils ayant un trou a une certaine hauteur par lequel passent les eaux habituelles , lorsqu’il y a crue ça passe par dessus.....

        la solution vauclusienne est excellente , lorsque le relief le permet un seuil peut permettre la creation d’un tres grand champ d’epandage avec des roseaux ,des nenuphars ,des grenouilles , des canards sauvages , des saules qui font que l’eau qui s’ecoule est redevenue presque propre....comment faire comprendre cela a des ecoloscons influents grace auxquels ce sujet n’a meme pas eté retenu au grenelle blabla de l’environnement......

        en plus ,ces seuils calibrés ou non , ces aires d’épandage végétalisées ,pourraient etre a charge du budget des conseils genéraux ou regionaux , ne couteraient pas cher , trop facile , sans intéret electoral et sans ""grandeur ""pour des ingénieurs des ponts...c’est petit ont ils dit , on veut des grands projets... !!!!!!!!!!!.....


        • Yannick Rossignol Yannick Rossignol 8 novembre 2008 16:12

          La capacité de filtration de la station "verte" de Villes sur Auzon est de 2 200 EH (Equivalent Habitant). C’est la plus grande du Vaucluse dans son genre. Pour l’instant, ce type de station semble pouvoir filtrer jusqu’à 5 000 EH sans aucun problème. Au-delà, cela paraît moins évident mais des études son en cours pour développer sa capacité et l’adapter à des communes plus importante.


          • oncle archibald 8 novembre 2008 19:44

             
            Le même principe est applicable au traitement individuel des eaux usées dans les sites non raccordables au réseau de collecte urbain, notamment pour les "écarts" à quelques kilomètres des agglomérations, et pour peu que la topographie du terrain s’y prête ça fonctionne parfaitement bien et sans aucune odeur. 

            Des amis agriculteurs très sensibles à l’écologie ont réalisé une installation de ce type, bien que l’investissement de départ ait été plus élevé qu’une fosse septique vulgaris ils sont totalement enchantés. Le "rejet ultime" en milieu naturel aboutit à un ruisseau dont ni la faune ni la flore n’ont été affectés par ce dispositif.


            • foufouille foufouille 8 novembre 2008 20:35

              c’est combien la difference de prix ?


            • Céline Ertalif Céline Ertalif 8 novembre 2008 21:59

              Les stations d’épuration (STEP dans le jargon) sur lit filtré planté de roseaux sont assez nombreuses et éprouvées maintenant jusqu’à 1000 ou 1500 EH. C’est même devenu la technique de base dans de nombreuses zones rurales - certains commentaires montrent ici surtout l’étendue de l’ignorance de nos concitoyens. Dans les grandes unités de traitement, c’est encore rare. Il y a des problèmes techniques - et des problèmes de nature de pollutions à traiter, les effluents n’étant plus exclusivement "domestiques". La technique tend à s’étendre aussi dans les stations plus classsique de traitement par oxygénation : mais si ce n’est le traitement lui-même, les lits plantés de roseaux sont de plus en plus utilisés pour traiter les boues avant épandage.


              • Yannick Rossignol Yannick Rossignol 9 novembre 2008 11:11

                Le coût d’une station d’épuration utilisant les filtres plantés de roseaux est de l’ordre du million d’euros, ce qui est également le cas d’une station classique. Pour plus de renseignements, il faut voir le site de la société Epur Nature qui est basée à Caumont sur Durance (84) : http://www.epurnature.com


                • fanche69 10 novembre 2008 14:49

                  Il n’y a pas beaucoup de données sur la qualité des boues de curage au bout de 20 et quels traitements seront nécessaires et donc quel sera le cout sur le cycle de vie de cette technique, ainsi que les précautions à prendre pour éviter les pollutions de la nappe phéatique.


                  • Di Girolamo 12 novembre 2008 13:22

                    Les meilleures solutions sont souvent les plus simples et les moins coûteuses !
                    Par exemple le wc sec évite tous les systèmes d’épuration , économise l’eau , et produit un compost utilisable en agriculture .
                    Par exemple les maisons pailles ou tous matériaux locaux , évitent , transports carrières etc

                    C’est dire que pour que ces solutions s’imposent il faut changer complètement et globalement la société .

                    A partir du moment où on sait que dans tous les domaines on va droit dans le mur , ce ne serait pas une mauvaise chose !

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