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Accueil du site > Actualités > Europe > Crise grecque : 4 raisons et 1 solution

Crise grecque : 4 raisons et 1 solution

Alors que les instances européennes et mondiales se penchent sur le cas de la Grèce pour trouver une solution à une situation que le précédent plan « de soutien » n’a fait que détériorer, il est bon d’essayer de prendre un peu de recul sur les raisons de la crise avant d’étudier les solutions.

Pourquoi la Grèce est en crise ?

La Grèce est en crise aujourd’hui parce que l’Etat a accumulé des dettes tellement importantes que les marchés refusent aujourd’hui de les financer à des taux raisonnables. Bien sûr, l’Etat Grec porte une lourde part de responsabilité puisque non seulement il a emprunté plus que de raisons, mais qu’en plus, il a camouflé l’état véritable de ses comptes en les trafiquant.

Mais il serait trop simple d’en rester là. Goldman Sachs porte également une part de responsabilité en ayant aidé le gouvernement précédent à cacher l’état de la situation. Ensuite, il faut se demander pourquoi le pays s’est autant endetté. Et là encore, on peut trouver une part de responsabilité dans les marchés financiers qui ont accordé à la Grèce des taux comparables aux taux allemands.

S’ils avaient bien fait leur travail et distingué les taux des obligations des Etats européens, la Grèce aurait été contrainte de moins emprunter. Elle aurait ainsi abordé la crise de 2009 dans un meilleur état. En outre, il faut bien reconnaître que c’est une crise financière extérieure au pays et causée par des marchés irresponsables et exubérants qui a lourdement accentué les problèmes…

Enfin, la quatrième cause de la crise grecque est le déséquilibre des comptes extérieurs du pays. La Grèce accumule des déficits commerciaux depuis dix ans. En fait le pays achète trop de produits à l’étranger par rapport à ce qu’il parvient à exporter, entre autre à cause d’un euro trop cher en dehors d’Europe, et qui lui interdit de dévaluer au sein de la zone euro.

La seule issue possible est argentine

Et cette quatrième cause est fondamentale. En effet, supposons que la dette grecque soit lourdement restructurée et que les pays européens s’engagent à la financer tout en organisant des transferts plus importants. Passons sur le fait que cette solution, défendue par les fédéralistes, est irréaliste puisque l’Allemagne, principal bailleur de fonds de l’Europe, la refuse…

Mais une telle issue ne serait pas durable. Certes, cela améliorerait la situation de la Grèce. Mais la compétitivité du pays ne serait pas restaurée pour autant et il conserverait des coûts décalés par rapport à sa productivité. Du coup, ce ne serait qu’un nouveau moyen de financer ses énormes déficits commerciaux. Cela reviendrait à remplir une baignoire sans bonde…

Bref, un tel plan ne ferait rien pour relancer la croissance du pays et faire baisser le chômage. C’est exactement ce que faisait l’Argentine de 1998 à 2001 en maintenant le lien entre le peso et le dollar, s’imposant déjà des plans d’austérité sauvages sous l’égide du FMI. Ces plans sont comme des saignées qui affaiblissent le pays et retarde la résolution du problème.

La Grèce a besoin d’une double solution  : non seulement une restructuration de sa dette (que l’Europe peine à lui accorder) et une amélioration rapide de sa compétitivité prix pour rééquilibrer rapidement ses échanges, quitte à restreindre ses importations. La dévaluation est absolument essentielle pour permettre au pays de retrouver une croissance que les plans actuels détruisent.

C’est pourquoi la seule solution durable possible est une sortie de l’euro. Toutes les autres solutions ne sont que de simples expédients qui ne font que retarder le problème, en le faisant grossir, en transférant les risques des établissements financiers sur les Etats, et en provoquant une immense régression sociale dans le pays, pour rien. L’euro fait partie du problème, pas de la solution.

L’Europe impose aujourd’hui une terrible régression sociale à la Grèce pour sauver l’euro. Mais Athènes montre à tous les effets pervers de cette aventure monétaire artificielle. Les plans européens ne font que repousser l’issue, la sortie de la Grèce de l’euro. La seule question et de savoir quand.


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7 réactions à cet article    


  • Aldous Aldous 20 mai 2011 15:08

    Les causes principales de la dette (et pas que celle de la Grèce) c’est la privatisation du droit régalien de battre monnaie, associé à l’utilisation de la dette comme arme économique d’assujettissement par corruption des élites.

    La solution est dans le principe de la Dette Odieuse : Il faut la déclarer illégitime et refuser de la rembourser.


    • Paolini Paolini 22 mai 2011 20:54

      Tout à fait d’accord avec Aldous.

      Pour être plus précis, ce sont les intérets demandés par les banquiers sur l’argent qu’ils créent qui entretient cette spirale de dette.

      Cet enrichissement a donné à cette mafia de banksters une immense puissance qui leur permet effectivement un controle des individus « haut placés » dans tout les domaines (financier, politique, académique, médiatique........) 

      Cette mafia globale utilise le chantage, les menaces, une terreur d’une violence indicible ainsi que de très importantes sommes d’argent pour obtenir une coopération totale de leurs victimes.


    • Guido Falxius 20 mai 2011 17:49

      Bon article ! Effectivement c’est l’article 104 de Maastricht (article 123 de Lisbonne) qui interdit aux pays de battre monnaie. Dans les faits ils ne s’agit pas d’une suppression de la planche à billet (cf. l’argument foireux de l’inflation) mais d’une PRIVATISATION de la planche à billet.

      « l’inflation oui, mais j’veux ma commission ! »

      La Grèce doit sortir de l’Euro. Mais elle est un vassal ! DSK venait voir Merkel pour évoquer la Grèce, dans son dos ! Institutionnellement rien dans les traités ne permet la sortie de l’Euro. Rien !

      Donc la seule vraie solution est l’article 50 du TUE : sortie pure et simple, et unilatérale de l’Union Européenne.

      Et tenez-vous bien : la France souffre du même problème insoluble, toutes proportions gardées et en différé, mais c’est le même problème exactement ! Et la solution est la même : sortie pure et simple de l’UE ! Oui, il faut y croire !


      • Catherine Segurane Catherine Segurane 20 mai 2011 19:22

        D’accord avec l’article et avec les commentaires.


        • HELIOS HELIOS 20 mai 2011 23:32

          Sortie de l’Euro et de L’UE ? dans ce cas, il n’y a qu’une solution : MLP !

          Sauf que je ne crois pas personellement que ce soit LA solution. La solution c’est de revoir les traités avec un esprit different, justement l’esprit des interets de la France d’abord ! Mais c’est difficile d’aappliquer cela, vu que les « forces economiques », c’est a dire les predateurs, n’ont ni sentiment ni patrie.


          • Guido Falxius 23 mai 2011 02:16

            L’UE est un système autobloquant, dit « stratagème des chaînes », dans lequel les décisions sont prises au mieux sur la base du plus petit dénominateur commun, au pire selon la volonté d’un « syndic extérieur », en l’occurence les Etats-Unis. De Gaulle l’avait dénoncé dès 1967.

            Le système est autobloquant parce que, et contrairement à la propagande rabâchée, les intérêts des pays sont très divergents entre eux. Tropisme méditerranéen vs. espace vital à l’est ? Monnaie forte vs. monnaie faible ? Délocalisations vs. dumping fiscal ? Americanophilie vs. americanoscepticisme ? Francophonie/Commonwealth/monde hispanique vs. le club catho-blanc de l’Europe des 27 ?

            Ce système est conçu pour n’avoir comme seule solution à l’engrenage que la sortie pure et simple, et de rendre cette dernière idéologiquement impossible. Nos politiques biberonnés à l’Europe (quand ils n’en sont pas les salariés) nous ont menti toutes ces années. Le référendum de 2005 a au moins eu pour mérite de révéler la mascarade au grand jour. Traité simplifié ? C’est le même. Un président fort ? Herman Von Rompuy. Une diplomatie efficace ? Catherine Ashton. Plus de démocratie ? Toujours moins.

            En attendant, Bruxelles interdit les médecines douces, impose les OGM, contrôle nos budgets et donne les clés de nos systèmes d’information bancaire aux américain via les accords Swift.

            L’agenda mondialiste prend forme petit à petit. Union Nord-Américaine, Union Transatlantique, Attali qui parle à chaque apparition d’un gouvernement mondial, les évènements s’accélèrent car le temps presse : bientôt les Etats-Unis ne pourront plus justifier leur position de coeur d’empire. Le dollar va mourir, et avec lui la domination états-unienne depuis 60 ans. Si d’ici là les travaux de leur tour de Babel sont achevés, ils pourront donner le change. Sinon...


          • HELIOS HELIOS 23 mai 2011 10:22

            ... on n’est pas sortie de l’auberge, hein....

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