• jeudi 24 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Europe > Dernier avertissement ?
13%
D'accord avec l'article ?
 
87%
(8 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Dernier avertissement ?

En dégradant d’un palier supplémentaire son vote sur la dette publique italienne, l’agence internationale de notation Standard & Poor's a clairement signifié, ce lundi 19 septembre, que la crise financière aigüe que traverse l’Italie depuis plusieurs mois possède clairement des racines politiques.

Dans sa note explicative, l’agence américaine pointe en effet, avant toute autre faiblesse structurelle, la fragilité de la coalition gouvernementale et, par voie de conséquence, les capacités de réactions limitées des pouvoirs publics en vue d’une sortie de crise. 

Il est vrai qu’avec près de 2 000 milliards de déficit, les effets de l’effort budgétaire, pourtant considérable, décidé par le gouvernement italien en juillet dernier risque d’être réservé en très large partie au seul remboursement des intérêts sur cette même dette. Par ailleurs, si l’on couple cette donnée à la chute dramatique de l’épargne au cours des dernières années, on voit que la marge de manœuvre de l’exécutif en sort grandement limité. Mais il y a plus inquiétant : les prévisions de croissance pour l’année 2011 sont passées, en moins de deux mois, de 1,1 % à 0,7 % du PIB. Cette réduction de la croissance prévisionnelle est hautement préjudiciable car elle risque non seulement de retarder durablement la réalisation de l’objectif de réduction des déficits à l’horizon 2013 mais elle démontre, une fois de plus, l’absence totale d’une perspective de relance de l’économie réelle à moyen terme. Et donc d’effets positifs sur le taux d’occupation.

Il était prévisible que la manœuvre budgétaire votée l’été dernier, dont les effets avaient été postposés, pour des raisons purement électoralistes, à 2013, ne soit pas de nature à rassurer les marchés ni même à relancer l’activité économique. Par ailleurs, la déclaration de M. Berlusconi de ce mardi, selon laquelle la dégradation de la note par Standard & Poor’s relève d’un complot politico-médiatique à son encontre, démontre à quel point l’Italie est désormais dépourvue de toute forme de leadership sérieux. À quel point le chef du gouvernement, empêtré dans ses interminables problèmes judiciaires, est aujourd’hui incapable de prendre la mesure de la gravité de la situation.

Dès lors, les velléités de départ de la Ligue du Nord, réitérées ce week-end encore par M. Bossi, la guerre à peine larvée entre les différents courants des deux partis au pouvoir (la Ligue du Nord et le Peuple de la Liberté, le parti du premier ministre), la menace grandissante d’une nouvelle défaite référendaire sur la réforme électorale, les demandes de levée d’immunité qui frappent en cascade les membres de la majorité parlementaire (une nouvelle demande de levée d’immunité doit être mise au vote ce mercredi à l’encontre de M. Milanese) ne peuvent que fonder les craintes d’un scénario catastrophe dont la mécanique serait la suivante : 1) incapacité politique à appliquer les réformes nécessaires à enrayer la crise 2) ralentissement voire cessation de l’achat de la dette italienne par l’extérieur (banques et états) 3) difficulté (voire incapacité) à rembourser les intérêts 4) fin (même temporaire) des prêts et des achats de la dette italienne 5) situation de banqueroute potentielle et donc mise sous tutelle.

Si ce scénario est, à l’heure actuelle, le pire que l’on puisse envisager, il est tout de même utile de rappeler que l’achat d’obligations d’état italiennes par la BCE vient de diminuer, en moins d’une semaine, de plus de 50 %. S’il s’agit d’un avertissement, il doit être pris au sérieux. Désormais, le temps presse.

par Giuseppe Santoliquido (son site) jeudi 22 septembre 2011 - 10 réactions
yahoo
13%
D'accord avec l'article ?
 
87%
(8 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Horatiu Russin (xxx.xxx.xxx.254) 22 septembre 2011 11:01
    Horatiu Russin

    N’oublions pas que l’Italie fait partie du Groupe « PIGS » (Portugal, Italie, Grèce et Espagne), pays ciblés par le NOM et dont leur faillite a été programmée bien d’avance.  Mais quel est le rôle de l’agence soit-dite « internationale » Standard & Poor’s dans toute cette équation, sinon de contribuer davantage à  la déstabilisation économique des pays voués à une faillite programmée ?

    Savez-vous quelle a été la réaction de cette agence « internationale » de cotation face à la demande justifiée du Président Hugo Chavez, visant le rapatriement de l’or du peuple vénézuélien  déposé à l’étranger ? Tandis que les grands institutions financières dépositaires de cet or vénézuélien, telles que JP MORGAN, ne savent plus exactement où se trouve cet or,  Standard & Poor’s a réagit vite en dégradant la note de la République Bolivarienne de Venezuela de BB- à B+.Qu’en pensez-vous ?

  • Par Horatiu Russin (xxx.xxx.xxx.254) 22 septembre 2011 14:17
    Horatiu Russin

    Bonjour AntoineR

    Je crois que « Standard & Poor’s » vient plutôt du NOM d’une agence globale qui standardise la pauvreté au niveau mondial.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox