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Dernier avertissement ?

En dégradant d’un palier supplémentaire son vote sur la dette publique italienne, l’agence internationale de notation Standard & Poor's a clairement signifié, ce lundi 19 septembre, que la crise financière aigüe que traverse l’Italie depuis plusieurs mois possède clairement des racines politiques.

Dans sa note explicative, l’agence américaine pointe en effet, avant toute autre faiblesse structurelle, la fragilité de la coalition gouvernementale et, par voie de conséquence, les capacités de réactions limitées des pouvoirs publics en vue d’une sortie de crise. 

Il est vrai qu’avec près de 2 000 milliards de déficit, les effets de l’effort budgétaire, pourtant considérable, décidé par le gouvernement italien en juillet dernier risque d’être réservé en très large partie au seul remboursement des intérêts sur cette même dette. Par ailleurs, si l’on couple cette donnée à la chute dramatique de l’épargne au cours des dernières années, on voit que la marge de manœuvre de l’exécutif en sort grandement limité. Mais il y a plus inquiétant : les prévisions de croissance pour l’année 2011 sont passées, en moins de deux mois, de 1,1 % à 0,7 % du PIB. Cette réduction de la croissance prévisionnelle est hautement préjudiciable car elle risque non seulement de retarder durablement la réalisation de l’objectif de réduction des déficits à l’horizon 2013 mais elle démontre, une fois de plus, l’absence totale d’une perspective de relance de l’économie réelle à moyen terme. Et donc d’effets positifs sur le taux d’occupation.

Il était prévisible que la manœuvre budgétaire votée l’été dernier, dont les effets avaient été postposés, pour des raisons purement électoralistes, à 2013, ne soit pas de nature à rassurer les marchés ni même à relancer l’activité économique. Par ailleurs, la déclaration de M. Berlusconi de ce mardi, selon laquelle la dégradation de la note par Standard & Poor’s relève d’un complot politico-médiatique à son encontre, démontre à quel point l’Italie est désormais dépourvue de toute forme de leadership sérieux. À quel point le chef du gouvernement, empêtré dans ses interminables problèmes judiciaires, est aujourd’hui incapable de prendre la mesure de la gravité de la situation.

Dès lors, les velléités de départ de la Ligue du Nord, réitérées ce week-end encore par M. Bossi, la guerre à peine larvée entre les différents courants des deux partis au pouvoir (la Ligue du Nord et le Peuple de la Liberté, le parti du premier ministre), la menace grandissante d’une nouvelle défaite référendaire sur la réforme électorale, les demandes de levée d’immunité qui frappent en cascade les membres de la majorité parlementaire (une nouvelle demande de levée d’immunité doit être mise au vote ce mercredi à l’encontre de M. Milanese) ne peuvent que fonder les craintes d’un scénario catastrophe dont la mécanique serait la suivante : 1) incapacité politique à appliquer les réformes nécessaires à enrayer la crise 2) ralentissement voire cessation de l’achat de la dette italienne par l’extérieur (banques et états) 3) difficulté (voire incapacité) à rembourser les intérêts 4) fin (même temporaire) des prêts et des achats de la dette italienne 5) situation de banqueroute potentielle et donc mise sous tutelle.

Si ce scénario est, à l’heure actuelle, le pire que l’on puisse envisager, il est tout de même utile de rappeler que l’achat d’obligations d’état italiennes par la BCE vient de diminuer, en moins d’une semaine, de plus de 50 %. S’il s’agit d’un avertissement, il doit être pris au sérieux. Désormais, le temps presse.


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10 réactions à cet article    


  • dawei dawei 22 septembre 2011 10:06

    exact, c’est dans l’ordre des choses.
    De plus , ça reglerait mon problème de choix entre Asselineau, Cheminade, Melenchon et Montebourg (si élu au PS), car le programme d’Asselineau aure été appliqué ... si la FRance suit sa sortie de l’UE , et d’ailleur faudrait pas qu’elle traine, car le Titanic coule et le nombre de canoe est limité (dixit Asselineau) !! Donc un candidat en moins sur 4, il en reste plus que 3 !


  • Horatiu Russin Horatiu Russin 22 septembre 2011 11:01

    N’oublions pas que l’Italie fait partie du Groupe « PIGS » (Portugal, Italie, Grèce et Espagne), pays ciblés par le NOM et dont leur faillite a été programmée bien d’avance.  Mais quel est le rôle de l’agence soit-dite « internationale » Standard & Poor’s dans toute cette équation, sinon de contribuer davantage à  la déstabilisation économique des pays voués à une faillite programmée ?

    Savez-vous quelle a été la réaction de cette agence « internationale » de cotation face à la demande justifiée du Président Hugo Chavez, visant le rapatriement de l’or du peuple vénézuélien  déposé à l’étranger ? Tandis que les grands institutions financières dépositaires de cet or vénézuélien, telles que JP MORGAN, ne savent plus exactement où se trouve cet or,  Standard & Poor’s a réagit vite en dégradant la note de la République Bolivarienne de Venezuela de BB- à B+.Qu’en pensez-vous ?


    • Horatiu Russin Horatiu Russin 22 septembre 2011 11:46

      Erratum : Groupe PIIGS = Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne


    • jef88 jef88 22 septembre 2011 11:58

      ET LA DETTE DES USA ???

      On n’en parle plus, pschiiiit, zappée !!!

      Pourtant elle existe ! Elle continue à s’accroitre !

      Voyons à qui le crime profite à l’Europe ou aux USA ?


      • Razzara Razzara 22 septembre 2011 12:48

        Mais jef88, c’est bien le but de toutes ces gesticulation autour des PIIGS et de l’Europe : ne pas parler de la dette anglo-saxonne qui est de proportion héliogabalique, et qui ne SERA JAMAIS HONORÉE. 

        Un truc à lire qui analyse plus en détail la chose :

        http://www.leap2020.eu/Le-GEAB-N-57-est-disponible-Crise-systemique-globale-Quatrieme-trimestre-2011-Fusion-implosive-des-actifs-financiers_a7619.html

        Razzara


      • Horatiu Russin Horatiu Russin 22 septembre 2011 13:24

        @ Razzara
        Vous avez tout à fait raison et je partage le même point de vue que le votre !
        En passant, merci pour le lien !


      • AntoineR 22 septembre 2011 14:03

        « Standard & Poor’s », j’adore ce nom.

        ça veut dire que c’est une agence dédiée au pauvres et aux gens standards, c’est ça ?


        • Horatiu Russin Horatiu Russin 22 septembre 2011 14:17

          Bonjour AntoineR

          Je crois que « Standard & Poor’s » vient plutôt du NOM d’une agence globale qui standardise la pauvreté au niveau mondial.


        • Kalki Kalki 22 septembre 2011 17:14

          Vous voulez dire qui crée la pauvreté pour la montrer du doigts ? Comme le voleur de banque qui point son arme sur la caissière de banque et lui dis c’est pas bien de m’avoir donné ton argent maintenant prend toi ma balle dans la tete

          chienne

          Processus de pet


          J’en rêve encore fidèle à mes chimères
          De la fin des guerre intestines de la paix sur la terre

          Les tranchées occupées par des milliers d’hommes
          Constipent les boyaux et forment un fecalum

          L’exigu passage n’autorise que les flatulences de l’âme
          Le début du carnage prémices d’une diarrhée infernale

          Les sphincters diplomates ayant échoué dans leur mission
          Vue de l’esprit astigmate et processus de paix bidon

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