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Accueil du site > Actualités > Europe > En bref : La banque centrale Grecque prête directement à l’Etat (...)

En bref : La banque centrale Grecque prête directement à l’Etat Grec

Une information capitale de plus ignorée royalement par les média grand public.

C'est ce qu'on appelle l'ironie du sort. Au début de la crise de la dette Grecque, les décideurs Européens ont employé tous les moyens possibles pour éviter de recourir soit à la monétisation, soit au défaut de paiement sur la dette de la Grèce.

Au bout du compte, nous y revenons finalement : Le défaut sur la dette privée Grecque a eu lieu, en pure perte puisque l'opération n'a même pas permis de ramener l'endettement à son niveau pré-crise. Et aujourd'hui, nous avons droit à la monétisation.

En effet, le défaut privé n'est plus une solution puisque grâce à l'action avisée de nos gouvernants, la quasi intégralité des titres de dette Grecque se sont retrouvés dans les bilans des banques centrales nationales ou à l'actif des trésors nationaux, et qu'il est simplement inenvisageable d'envisager un défaut sur ces titres, mettant en danger de faillite tous ces acteurs.

Donc, puisqu'il faut bien que la Grèce "paye" ses créanciers Européens, et que le FMI refuse de verser les tranches d'aide promises lors des fameux sommets de crise du fait de l'incapacité de la Grèce a remettre ses finances publiques en ordre, ceux-ci ont autorisé la banque centrale Grèce a faire une "avance de court-terme" au trésor Grec.

Certes, c'est interdit par les traités Européens .. mais bon comprenez, c'est juste une toute petite avance de 6 milliards de rien du tout, et c'est seulement pour 6 mois, ce n'est pas vraiment un prêt. D'ailleurs, la preuve que le temps n'est pas encore à la monétisation franche et massive, comme aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, c'est que c'est la banque centrale Greque et non la Banque Centrale Européenne qui consent cette avance.

Remarquez, vu que cette avance va servir à "rembourser" 3.2 milliards à la BCE, ça l'aurait mal foutu si ça avait été le cas. Imaginez un ménage surendetté qui demande au banquier d'augmenter temporairement le plafond du découvert sur son compte courant pour pouvoir "payer" la traite du prêt immobilier au même banquier. La bonne blague.

Il est évident que cette avance ne sera jamais remboursée par le trésor Grec et qu'il ne s'agit que d'un misérable bricolage destiné à maintenir le statut quo quelques semaines de plus. Le pourrissement de la zone Euro est désormais complet. Mario Draghi tel un joueur de poker, en est réduit à bluffer les marchés. Les chiffres du système Target 2 montrent que les actions de la BCE ne font qu'empirer la crise en permettant l'aggravation des déséquilibres économiques de la zone euro, qui font que quelque soit le montant de liquidité injecté dans le système, la crise reviendra toujorus plus forte.

Chaque jour de plus qu'elle cautionne l'Eurosystème, l'Allemagne accroit exponentiellement les pertes auxquelles elle s'expose. Et comme tout ce qui est trop beau pour durer, celà ne durera pas. De plus en plus de gens sentent le désastre - i.e, l'efffondrement bancaire - arriver, ce qui se traduit par une hausse massive des retraits de cash aux distributeurs de billets. Sauf exception - je me rappelle d'une séance mémorable chez Calvi - l'éventualité d'un tel évènement n'est jamais abordée dans les média grand public, qui ne veulent certainement pas être pointés du doigt pour avoir participé à la crise de confiance dans les marchés financiers. Il est pourtant vital que chacun garde à disposition une réserve suffisante de cash pour pouvoir dépasser sans douleur l'inévitable période d'arrêt - pour restructuration - du système financier international. On parle là - d'après ce que j'ai pu lire - d'une semaine tout au plus, mais quand même.

A vous de voir, mais pour nombre d'observateurs ça sent vraiment, vraiment, le pourri pour cet automne. Un exemple parmi tant d'autres.


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11 réactions à cet article    


  • BA 6 août 2012 13:18

    Les gouvernements se préparent à la dislocation de la zone euro : ça, on le savait. Les grandes compagnies d’assurance se préparent à la dislocation de la zone euro : ça, on le savait. Les grandes banques se préparent à la dislocation de la zone euro : ça, on le savait.

     

    Nous venons d’apprendre que les compagnies aériennes se préparent à la dislocation de la zone euro, elles-aussi.

     

    Et nous venons d’apprendre que les compagnies pétrolières se préparent à la dislocation de la zone euro, elles-aussi.

     

    Conclusion : en zone euro, les acteurs politiques et les acteurs économiques se préparent tous à la dislocation de la zone euro.

     

    IAG prête à une sortie de l’Espagne.

     

    Le groupe International Airlines Group (IAG), qui réunit la compagnie aérienne britannique British Airways et l’espagnole Iberia, a reconnu se préparer à l’éventualité d’une sortie de l’Espagne de la zone euro.

     

    "Vu notre présence dans ce pays, et notre exposition en zone euro de façon générale, nous avons réfléchi à la manière de réagir en cas de dislocation de la zone euro", a expliqué le directeur exécutif du groupe, Willie Walsh, vendredi lors de la présentation des résultats d’IAG, cité par The Telegraph.

     

    Un groupe de travail « Sortie de l’Espagne de la zone euro » a été mis en place il y a quelques temps avec l’aide de conseillers extérieurs.

     

    Ses travaux ont « très bien avancé », a précisé Willie Walsh.

     

    Résultat, le groupe IAG a réduit son exposition aux établissements financiers espagnols de 27% à 3% en six mois.

     

    Il serait « surprenant » que les autres grandes compagnies qui opèrent en Europe n’aient pas des plans d’urgence similaires, a estimé Willie Walsh.

     

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/08/04/97002-20120804FILWWW00357-iag-prete-a-une-sortie-de-l-espagne.php

     

    Le géant pétrolier anglo-néerlandais Shell préfère retirer des fonds des banques européennes à cause des risques associés à la crise de la dette en zone euro, a indiqué l’un de ses dirigeants.

     

    "Nous n’avons plus la même volonté de prendre des risques de crédit en Europe", a expliqué le directeur financier Simon Henry au journal The Times paru lundi.

     

    Shell préfère ainsi déposer ses 15 milliards de dollars de liquidités sur des comptes américains ou les transformer en bons du Trésor américains, poursuit le responsable, selon des propos rapportés par le quotidien britannique.

     

    Le groupe basé à La Haye est certes contraint de garder des liquidités en Europe pour y financer ses opérations mais préfère ainsi en laisser l’essentiel ailleurs pour éviter les risques associés à la crise en zone euro.

     

    "Nous faisons une différence entre les différents risques de crédit" en Europe, a toutefois précisé M. Henry, alors qu’on lui demandait s’il considérait de la même manière l’Allemagne et les pays les plus fragiles du sud du continent.

     

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp-00458922-shell-retire-des-fonds-des-banques-europeennes-a-cause-de-la-crise-350797.php


    • Karash 6 août 2012 14:47

      Rajoutez à cette liste EADS, qui veut créer sa propre banque tellement l’entreprise à la frousse de voir ses économies partir en fumée en les laissant chez d’autres. Voir le blog de Pierre Jovanovic pour des sources (j’ai la flemme, mais il suffit de faire un petit ctrl+f et chercher EADS sur la page). 


    • Antoine Diederick 6 août 2012 14:35

      Merci pour cet article.

      Une remarque concernant le leap.

      "L’évolution des événements mondiaux se déroule conformément aux anticipations élaborées par LEAP/E2020 au cours des récents trimestres. L’Euroland est enfin sorti de sa torpeur politique et du court-termisme depuis l’élection de François Hollande [1] à la tête de la France et le peuple grec vient de confirmer sa volonté de résoudre ses problèmes au sein de l’Euroland [2] démentant ainsi tous les « pronostics » des médias anglo-saxons et des eurosceptiques. A partir de maintenant, l’Euroland (en fait l’UE moins le Royaume-Uni) va donc pouvoir aller de l’avant et se doter du véritable projet d’intégration politique, d’efficacité économique et de démocratisation sur la période 2012-2016 comme LEAP/E2020 l’a anticipé en Février dernier (GEAB N°62). C’est une nouvelle positive mais, pour les semestres à venir, cette « seconde Renaissance » du projet européen [3] constituera bien la seule bonne nouvelle au niveau mondial.
      "

      Il est dommage que LEAP utilise de si bons outils pour cette fanfaronnade idéologique , ci-dessus.

      Ne mettant nullement en cause les fondements même du projet européen, il ne supporte pas l’idée que la fin d’un systéme financier entrainerait aussi la fin du projet européen .

      Si les anticipations du LEAP sont intéressantes et assez documentées ainsi qu’originales, jamais le LEAP ne remet en cause les politiques européennes.

      Ainsi, la blanche colombe, l’Europe est la paix des peuples et la paix de notre prospérité.

      Au contraire, le LEAP voit dans les récentes actions de la BCE, la chance de faire progresser le projet européen et de le refonder.

      Mais après une catastrophe finale annoncée et probable qui voudra encore de cette europe ?

      C’est Mario Monti, qui récemment s’est inquiété de l’impopularité croissante du projet chez les premiers concernés, les citoyens européens.

      A bien penser par prédictions un futur morose et inquiétant, certes confirmées de jours en jours, le LEAP ne poussera pas plus loins les déductions possibles d’un oracle consacré à l’avenir des institutions européennes, car cela ne sert pas ses espoirs.

      Ainsi la logique des catastrophes enchaînées et suivies ne pourrait s’appliquer qu’au monde financier et pas du tout aux institutions qui ont permis cette catastrophe.


      • Karash 6 août 2012 14:51

        Oui, le LEAP voit dans la construction Européenne l’Alpha et l’Omega de l’après crise, envers et contre tout bon sens. Mais pour ce qui est de placer les jalons des futures crises aiguës, jusqu’ici ils ont été plutôt bons. 


      • BA 6 août 2012 15:16
        Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne, Chypre, Malte, Slovénie : ces huit Etats européens sont incapables de sauver leurs banques de la faillite.

        Ces huit Etats européens foncent vers le défaut de paiement.

        Lundi 6 aout 2012 :

        L’économie chypriote est dans « un état pire que prévu », jugent les représentants de la « troïka » - Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Union européenne -, selon des documents auxquels Reuters a eu accès.

        Les émissaires de la troïka ont visité deux fois l’île depuis que Chypre est devenu le 25 juin le cinquième état de la zone euro à demander une aide financière. 

        Les deux principales banques chypriotes, Popular Bank et Bank of Cyprus, ont subi des pertes importantes après l’annulation d’une partie de la dette grecque il y a quelques mois, acceptée par Chypre comme par l’ensemble des membres de l’UE. 

        Selon les représentants de la troïka, qui prévoient une récession à Chypre pour 2012 et 2013, les problèmes chypriotes ne se résument cependant pas au secteur bancaire, mais concernent également des déséquilibres budgétaires qui doivent être comblés. 

        « Ce que nous avons vu, c’est que votre système budgétaire est pire que prévu, les perspectives de croissance sont plus faibles que ce que nous attendions, et, en conséquence, il y a un gros écart entre vos recettes et vos dépenses », a déclaré Maarten Verwey, représentant de la Commission européenne, selon le compte rendu d’une réunion à huis clos avec la commission des finances du parlement chypriote. 

        Maarten Verwey a ajouté qu’il faudrait « une augmentation et un renforcement significatifs de la surveillance du secteur bancaire », et a jugé prématurée une estimation du montant du plan de sauvetage. « Vous ne pouvez pas conserver votre train de vie actuel si cela continue », a-t-il ajouté. « Le gouvernement ne sera pas capable de payer les traitements (des agents de l’Etat), il y a donc un besoin urgent d’ajustement. » 


        • NeverMore 6 août 2012 17:19

          Les Grecs ont parfaitement raison.

          Est ce qu’on leur a demandé leur avis en d’autres temps ?

          Et leur passage par l’Euro n’est même pas l’ombre de l’esquisse d’une virgule dans le dictionnaire de leur histoire.

          A leur place, je n’hésiterais pas à imprimer autant d’Euromarkss que nécessaire.

          Et si Hollande « en avait », il aurait déjà lancé les imprimantes car, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, la France, le peu qu’il en reste, est en très mauvaise position.

           


          • Karash 6 août 2012 18:21

            Recourir massivement à ce genre de procédé serait profondément destructeur pour l’économie. Ca revient à peu de choses près à injecter de l’eau salée à quelqu’un qui perd du sang. C’est bien gérer la crise le temps d’aller à l’hôpital refermer la plaie, mais pas plus. En l’occurence, au début de la crise Grecque, ça aurait peut être pu marcher. Mais il est bien trop tard.


            Au stade ou on en est, il faudrait une transfusion massive de sang neuf, donc d’argent Allemand donné en masse ( Sapir parle de 12 % du PIB allemand qui devrait être transférés aux pays en difficultés ), ce qui n’arrivera pas.

            L’inflation est la solution la plus destructrice qui soit. Un intermédiaire entre la drogue dure et le poison pour l’économie. Si vous imprimez de l’argent, il n’y a pas de transfert de richesses matérielle des zones riches vers les zones pauvres, il y a inflation et appauvrissement généralau rythme de la destruction de l’économie. La prétendue « bonne inflation » avant 70 n’avait rien de bon. La seule bonne chose ( si on veut, à court terme au moins ) qui soit arrivé pendant cette période, c’est l’afflux croissant d’énergie fossile dans l’industrie.

          • NeverMore 6 août 2012 19:41

            « , donc d’argent Allemand »

            Lorsque j’écris « Euromarks », je veux bien dire Euros, sous l’actuelle domination Allemande.

             


          • Karash 6 août 2012 18:25

            Même réponse qu’au commentateur précédent. Cette nouvelle n’est pas une bonne nouvelle, c’est la preuve flagrante du stade avancé de pourrissement de la zone euro. La prochaine étape sur cette voie, c’est le retour de la Grèce à la drachme, si ce n’est pire.


          • Peretz1 Peretz1 10 août 2012 10:27

            Certes le retour à la drachme est évident, mais n’aurait rien de catastrophique. Il faudra compléter par des nationalisations.La catastrophe sera pour les banques. Normal : prêter c’est jouer. Perdre fait partie du jeu.


          • yohann 6 août 2012 17:50

            Le gouvernement grec est entrain de découvrir progressivement que l’euro et les politiques de l’UE sur la création moonétaire sont une mauvaises choses. Je pense que la Grèce va finir par demander sa sortie de l’Union monétaire pour retrouver sa monnaie national qui d’apprait une étude se dévalurait de 57% lui permettant a nouveau d’exporter et de faire marcher le tourisme

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