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Herman Van Rompuy élu du conclave européen de Bruxelles

Avec son allure modeste et « rond de cuir », le Belge Herman Van Rompuy devient le premier pape des nouvelles institutions européennes : une étape historique dans la construction européenne.

À la suite de sa laborieuse période de ratifications nationales (presque deux années), le Traité de Lisbonne va être mis en application à partir du 1er décembre 2009.
 
Étape historique car avec lui, c’est la conclusion d’une décennie de discussions sur les problèmes institutionnels inextricables qui visaient à transformer une structure initialement prévue pour six pays (avec règle de l’unanimité) en une structure plus souple et plus efficace pour gérer vingt-sept pays membres (avec des majorités qualifiées).
 
 
De nouvelles institutions pour l’Europe
 
Parmi les principaux changements, la désignation de deux nouveaux personnages qui devraient clarifier les rapports entre l’Union européenne et le reste du monde : un Président du Conseil européen pour un mandat de deux ans et demi reconductible, chargé de préparer les Conseils européens tout en maintenant les présidences tournantes tous les six mois, et un Haut représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, équivalent d’un super-ministre des Affaires étrangères.
 
Après de difficiles négociations et une précédente réunion du Conseil européen des 29 et 30 octobre 2009, les vingt-sept chefs d’États et de gouvernement de l’Union européenne ont réussi finalement à sauver la face lors du sommet européen de Bruxelles du jeudi 19 novembre 2009.
 
Tout laissait entendre que la nuit serait longue et que le sommet pourrait être prolongé jusqu’au week-end. Le pire n’étant jamais sûr, la fumée blanche est donc sortie dès le début de la soirée.
 
Fumée blanche pour un conclave européen. Car opacité dans le processus de décision puisque certaines personnalités s’étaient présentées comme candidates, mais d’autres noms furent aussi en jeu sans être candidats.
 
 
Présidence du Conseil européen
 
Le premier Président du Conseil européen sera la personnalité clef des nouvelles institutions européennes. Son rôle est avant tout de personnifier l’Union européenne tant vis-à-vis des interlocuteurs étrangers que des citoyens européens. Donner un visage et une voix à l’Union européenne.
 
On se rappelle à quel point la personnalité peut créer la fonction. Celle par exemple de Jacques Delors, Président de la Commission européenne de 1985 à 1995, qui avait su impulser deux réformes essentielles, l’Acte unique et le Traité de Maastricht visant à acquérir une monnaie unique.
 
Mais on sait aussi que des personnalités plus fades, ou des volontés politiques moins affirmées peuvent également "ramollir" l’âme européenne.
 
À cet égard, les chefs d’État et de gouvernement ont souvent été les "impulseurs" de la construction européenne, et en particulier le couple franco-allemand : que ce soit Charles De Gaulle et Konrad Adenauer, Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, François Mitterrand et Helmut Kohl, Jacques Chirac et Gehrard Schröder… ou maintenant Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. L’idée de Giscard d’Estaing de faire des sommets européens aurait pu faire croire qu’elle allait favoriser les États au détriment de l’Europe alors qu’en fait, ce fut toujours par cette instance que l’intégration de l’Europe a fait des avancées notables.
 
 
Les anciens favoris
 
Il y a un an et demi, le favori à ce poste était le Premier Ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Président de l’Eurogroupe (l’ensemble des Ministres des Finances de la zone euro), il s’était montré comme le plus compétent et le plus expérimenté pour un poste qui requiert à la fois une grande habileté politique et une bonne reconnaissance internationale. Son inertie face à la crise financière a toutefois déçu beaucoup d’acteurs européens.
 
Ensuite, ce fut le tour de Tony Blair, ancien Premier Ministre britannique, de devenir le favori. Son avantage est sa notoriété internationale et sa forte personnalité qui lui aurait permis d’être un interlocuteur de poids face à Barack Obama, Vladimir Poutine ou Hu Jintao. Son handicap, c’est ce qu’il représente politiquement : travailliste alors que la majorité européenne est plutôt démocrate-chrétienne, plus atlantiste qu’européen au point d’avoir été un allié trop actif de George W. Bush dans la guerre en Irak, et relativement mou concernant un référendum qu’il avait lui-même envisagé pour doter la Grande-Bretagne de l’euro.
 
Le suspens en 2009 concernant les processus de ratification du Traité de Lisbonne (notamment en Irlande, Pologne et République tchèque) et certaines polémiques sur le Traité ont rendu les supputations encore plus confuses.
 
Un courant assez large a vu le jour en faveur de l’ancienne Présidente de Lettonie, Vaira Vike-Freiberga (soutenue entre autres par Simone Veil et par Daniel Cohn-Bendit) afin de mettre en avant des femmes à des postes de responsables suprêmes en Europe. Cependant, âgée déjà de 71 ans, Vaira Vike-Freiberga ne semblait pas la mieux placée des candidats pour jouer un rôle moteur dans les institutions.
 
On évoquait aussi périodiquement l’hypothèse du Premier Ministre français François Fillon (proposé aussi par Jacques Delors pour succéder à José Manuel Barroso) et de nombreux autres personnalités politiques, souvent pour des raisons de politique intérieure des pays membres (comme Guy Verhofstadt, Mary Robinson etc.).
 
Finalement, c’est le favori du jour qui a été désigné à l’unanimité : l’actuel Premier Ministre belge Herman Van Rompuy, un flamand démocrate-chrétien de 62 ans qui a réussi à maintenir la fragile unité de la Belgique depuis onze mois (nommé le 30 décembre 2008) malgré de profondes divisions politiques et linguistiques.
 
 
Qui est Herman Van Rompuy ?
 
Intellectuel, francophile, très réservé (le contraire de Tony Blair : « Tout être humain doit choisir entre l’absurde et le mystère. Moi, j’ai choisi le mystère… »), une silhouette de professeur Nimbus d’un temps révolu, l’œil vif, plein d’humour et d’autodérision, et amateur de haïkus (il en a rédigé beaucoup lorsqu’il était ministre dont un sur sa propre calvitie : « Cheveux dans le vent, le vent rattrape les années, partis les cheveux… »), Herman Van Rompuy est souvent appelé "l’horloger des compromis impossible" pour sa capacité à mettre d’accord des camps très opposés.
 
À l’issue du sommet de Bruxelles, Herman Van Rompuy a déclaré le 19 novembre 2009 : « J’y vois d’ailleurs une marque de reconnaissance à l’égard de la Belgique qui, en tant qu’État fondateur, s’est investie sans relâche dans la construction européenne. » ajoutant avec modestie mais détermination : « Je n’ai pas sollicité cette haute fonction. Je n’ai entrepris aucune démarche. Mais à partir de ce soir, je l’assume avec conviction. ».
 
En dégât collatéral, la Belgique perd un Premier Ministre inespéré et aura bien du mal à préserver les espoirs de réconciliation entre Wallons et Flamands. Ce sera la dure tâche du roi des Belges dans les jours prochains (la nomination du futur Premier Ministre belge).
 
 
Conciliateur plutôt que leader
 
Le sommet européen a donc préféré miser sur une personnalité peu connue sur le plan européen, d’un leadership moyen mais ayant une forte culture du dialogue et de la négociation. Histoire peut-être de ne pas faire trop de l’ombre aux leaderships nationaux.
 
C’est aussi un succès personnel de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel qui ont su raviver la coopération franco-allemande (notamment à l’occasion des commémorations communes du 9 novembre 1989 à Berlin et du 11 novembre 1918 à Paris) et présenter une candidature commune pour cette nomination cruciale.
 
 
Super-ministre des Affaires étrangères
 
La désignation du super-ministre des Affaires étrangères a été couplée avec celle de Herman Van Rompuy obtenue avant tout grâce au désistement de Tony Blair (initialement soutenu par la Grande-Bretagne et par l’Italie). En lot de consolation, la Grande-Bretagne obtient donc ce poste également très convoité par la nomination de Catherine Ashton, 53 ans, commissaire européenne sortante (succédant le 6 octobre 2008 à Peter Mandelson au Commerce). D’origine française (née Courtenay), Catherine Ashton parle couramment le français comme Herman Van Rompuy. Elle est aussi baronne depuis 1999 afin de siéger à la Chambre des Lords (dont elle a été la Présidente).
 
Parmi les "recalés" à ce poste, la candidature italienne de Massimo D’Alema, ancien Président du Conseil italien et surtout ancien président du parti communiste italien dont ne voulait en aucun cas Angela Merkel ni les pays d’Europe centrale et orientale qui ont trop connu la répression communiste. Par ailleurs, D’Alema a été considéré aussi comme "trop" pro-palestinien pour avoir une réelle impartialité dans des négociations internationales.
 
Les autres noms français qui avaient été cités, entre autres, à ce poste, furent Michel Barnier, deux fois commissaire européen et ancien Ministre français des Affaires étrangères (du gouvernement Raffarin), et Hubert Védrine, ancien secrétaire général de l’État (sous François Mitterrand) et ancien Ministre des Affaires étrangères (sous Jacques Chirac) et déjà soumis aux tentations de l’ouverture au printemps 2007.
 
 
Un équilibre subtil
 
Les quatre principaux postes des institutions de la nouvelle Union européenne sont ainsi occupés avec une diversité de sexe, de tendance politique et de lieu géographique et historique : le Président du Conseil européen Herman Van Rompuy (démocrate-chrétien) représentant les membres fondateurs, le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso (démocrate-chrétien mais soutenu par beaucoup de responsables social-démocrates) représentant l’Europe du Sud, la Haute représentante pour les Affaires étrangères Catherine Ashton (social-démocrate), représentant la Grande-Bretagne et unique femme, et enfin, le Président du Parlement européen Jerzy Buzek (démocrate-chrétien), représentant les nouveaux venus de l’Europe centrale et orientale.
 
 
Le futur
 
Tout va dépendre de la manière dont Herman Van Rompuy va s’approprier de ses nouvelles fonctions. Il disait récemment : « L’avenir de l’Europe ne dépend pas d’une seule personne, mais de quelqu’un qui l’aidera à mieux fonctionner. ».
 
Dans tous les cas, son mode de désignation n’est pas absolument pas satisfaisant puisque c’est l’opacité des coulisses qui a prévalu à un choix clair, politique et démocratique.
 
L’étape suivante pourrait donc être de mettre en place une véritable procédure de désignation avec l’obligation de se porter candidat et d’être auditionné sur un projet à présenter à l’ensemble des représentants des États. L’heure n’est plus au consensus mou nécessaire à l’époque de l’unanimité mais au choix politique clair et clairement assumé dans cette nouvelle époque où prévaut pour la plupart des sujets une majorité qualifiée.
 
En attendant l’étape ultime, celle qui ferait de l’Union européenne une véritable entité démocratique : l’élection au suffrage universel (direct ou indirect) du Président du Conseil européen par le demi milliard de citoyens européens. Une élection qui serait donc supranationale et favoriserait l’émergence d’une opinion publique européenne et surtout, d’un véritable paysage politique européen.
 
Avec peut-être, dans un premier temps, un système qui pourrait être proche du processus électoral (complexe) des États-Unis afin de ne pas défavoriser les États européens.
 
Mais une telle élection, quel que soit son mode de scrutin, signifierait un réel changement de régime pour… les vingt-sept pays de l’Union européenne.
 
Autrement dit, ce n’est donc certainement pas pour demain.
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (20 novembre 2009)
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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144 réactions à cet article    


  • Paul Muad Dib 20 novembre 2009 11:36

    le divorce définitif d’avec la pseudo démocratie parlementaire....un traite de Lisbonne non soumis au vote populaire, un pseudo président non élu populairement aux ordres du complexe atlantiste pour ne pas dire plus, on ne peut pas,interdit.., bref la continuation d’une société qui va devenir de + en + totalitaire ,société marchande de profit, injuste, élitiste, favorisant les rentiers, et toutes les professions parasites, ceux qui ne produisent rien , et piquent le maximum de ce qui est produit en collectivité, politiques, banquiers, etc...
    l’auteur nous parle d’une opinion publique européenne dans le futur , celle des puissants ,les autres fermez votre gueule...évidemment
    rompuy et barroso sont des démocrates chrétiens....si si je vous le jure..savez vous ce que ferait jésus christ , s’il a existe, en revenant voir ces gens qui se réclament de lui....il virerait a nouveau ces imposteurs et ces marchands du temple a coup de pieds dans le cul, mais l’infamie n’a pus de limite, elle n’a même plus la décence de se cacher......


    • jako jako 20 novembre 2009 11:45

      Tout à fait Paul, la « démocratie » est belle et bien morte et enterrée tant soit qu’elle ait existé


    • Paul Muad Dib 20 novembre 2009 11:49

      @ jako...merci..on est déjà deux..c’est un début..amicalement


    • guibbs 20 novembre 2009 13:54

      Je rejoins également ce que vous dites : cet homme, aussi consensuel soit-il, n’a pas de légitimité pour nous « gouverner », depuis que Sarko et sa bande de libéraux ont contourné allègrement le vote populaire formulé en 2005, en France et aux Pays-Bas.

      En 2005, j’avais déjà des raisons de croire que l’UE n’était pas une organisation démocratique, mais un club au service des grandes entreprises et lobbies, aujourd’hui j’en suis d’autant plus convaincu.

      ...Quelque fois, j’envie les Norvégiens, qui ont l’air d’être hors du monde et qui n’en meurent pas !


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 20 novembre 2009 20:17

      Le Royaume de Norvege fait partie de l’EFTA http://fr.wikipedia.org/wiki/Association_europ%C3%A9enne_de_libre-%C3%A9change et est donc associé au libre echange made in EU.

      Ils ne sont pas hors du monde.


    • kalon kalon 20 novembre 2009 22:14

      quitte ton fauteuil !


    • kalon kalon 20 novembre 2009 22:17

      Vouloir, à la fois, étre démocrate et engueuler sa femme me semble difficile comme concept de masse !


    • kalon kalon 20 novembre 2009 22:20

      Historiquement, il a existé, et on l’a cruxifié !, c’est bon comme réponse ?


    • Ouallonsnous ? 20 novembre 2009 23:28

      Pour que ca commence à changer, boycottons les lois d’origine bruxelloise ou dîtes européenne, ne respectons et n’observons que nos lois nationales d’avant Maastrich.

      Pratiquons la désobéissance civile comme une résistance à l’occupation des « européistes » anglo-américains, remettons en vigueur les éléments de notre souverainetée !


    • kalon kalon 20 novembre 2009 23:47

      d’accord avec toi, tu commences quant ?


    • SANDRO FERRETTI SANDRO 20 novembre 2009 12:35

      @ l’auteur,
      Bizzarement, vous passez à coté de la principale novation/ précédent de la nomination de Van Rompuy.
      C’est un belge, appellé à présider une institution internationale dont le siège est pourtant en Belgique ( et dont la capitale et sa banlieue vit à 60% des recettes induites des 60 000 fonctionnairesde l’UE et de l’OTAN -hotels et restaurants de luxe, concessionnaires automobiles, marché locatif, etc). Et dont les fonctionnaires belges sont déjà hyper-représentés au prorata du poids démographique de la Belgique.

      Or une régle non-écrite mais partout respectée veut que le pays qui a le siège n’a pas le « Boss ».
      Pas de français à la téte de l’UNESCO à Paris, pas de Suisse à celle de l’ONU à Genève, pas de Directeur italien à la FAO, etc...
      Avec la Présidence belge de l’UE qui s’annonce en juillet, le risque est que, dans une opinion publique (française, mais pas seulement) déjà réfractaire à l’Europe, on assiste à un rejet , genre « trop c’est trop ». L’UE devient « a Belgian thing », une « belgerie », diront les français.
      Je pense que cela n’aurait pas été imaginable ailleurs , sans déclencher un tollé chez les 27.


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 20 novembre 2009 20:27

        http://www.oneseat.eu/

        la transhumance Bruxelles - Luxembourg coute des millions.

        Sinon, Sandro, sur votre remarque : bien vu sauf que

        1. regle deja non respectee avec la Banque Mondiale a Washington
        2. President de l’UE c’est mieux si on est multilingue. Les Francais et les Anglais le sont rarements, et la Suisse n’eest pas dans l’UE. Restent la Belgique, le Luxembourg et les Pays Bas.


      • kalon kalon 20 novembre 2009 22:23

        ok, on le garde comme président et on supprime la Belgique, tu es content ?


      • kalon kalon 20 novembre 2009 22:27

        Bourre pif, t’as pas encore compris que c’est grace aux frontiéres qau’on nous prend pour des cons ?
        tu as envie de te faire mobiliser pour tuer des boulangers Belges, Hollandais, Russes ou Esquimaux, réfléchis, bourre pif, t’as pas le droit de tuer un mec qui t’a fait du mal mais on t’oblige à tuer des mecs que tu connais pas !, c’est ça, le nationalisme !


      • Antoine Diederick 20 novembre 2009 22:33

        coucou me revoilou, c’est Maertens qui est nommé par le Roi pour une mission d’exploration....

        ce sont les vieux de la vieille qui montent en première ligne car les plus jeunes ne valent rien, manifestement smiley


      • kalon kalon 20 novembre 2009 23:50

        mais méme les vieux, on les surveille ! smiley


      • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 21 novembre 2009 10:33

        A Sandro 20 novembre 12:35 ,

        Oui, bonne remarque. Le siège de Francfort a aussi été choisi pour la BCE avec cette condition implicite.

        D’un autre côté, je trouve cela plutôt bon signe : on n’a pas choisi un pays mais un individu, et on a cherché l’individu le plus apte à (au choix -multiple-) : rassembler le Conseil européen, occuper ce poste, faire redémarrer l’Europe, rendre concret le sentiment européen, etc. La Belgique a, il est vrai, une longue tradition diplomatique (comme l’Italie) à ne pas négliger.

        A priori, le Conseil européen n’a aucun siège puisqu’il se réunit dans le « pays-président » (la présidence tournante tous les six mois est maintenue, ce qui n’est pas très logique d’ailleurs) sauf dans le cas de réunions exceptionnelles (comme fin oct et celle du 19 nov).

        Faire explicitement de Bruxelles la capitale de l’Union européenne ne me paraît d’ailleurs pas une énormité (ce serait même des grosses économies), même si j’imagine la réaction de mes amis strasbourgeois. L’Afrique du Sud vit avec plusieurs capitales et ce n’est pas très aisé.

        Cordialement.


      • SANDRO FERRETTI SANDRO 22 novembre 2009 10:25

        @Sylvain R : non, depuis 2002, par souci d’économie, tous les Conseil Européens, extraordinaires ou non, ont lieu à Bruxelles, au sein du Justus Lipsus ( SGC). Il n’y a plus de C.E « itinérants » au gré de la Présidence tournante.
        Seul subsiste un accord « Benelux » de 1995 (toujours le partage du gateau des retombées économiques induites...) qui veut que un Conseil thématique Ministériel sur 3 ( Justice et Affaires Intérieures, Affaires Générales, etc) ait lieu au Luxembourg.

        @ Eucalis : Merci de me rappeller que la Suisse ne fait pas partie de l’UE.
        Si vous m’aviez lu, je ciatis la Suisse pour dire qu’il n’y a jamais eu de Suisse Secrétaire Général de l’ONU à Genève, pas plus que d’Américain à la téte de l’organisation à NewYork. Pas de Directeur Néerlandais d’Europol ou Eurojust (sièges à La Haye, toujours le méme « fromage » Benelux...), pas de Directeur d’Eurostat Luxembourgeois (siège au Luxembourg...)

        A l’heure où la fermeture d’une usine de 2000 ouvriers (la plupart payés au SMIC) dans une région française ou allemande fait un tollé chez les autorités locales en terme de perte de pouvoir d’achat pour les communes et commercants, que dire de 60 000 hauts fonctionnaires, payés en moyenne 8 à 9 000 euros par mois, gros co,nsommateurs , donc payeurs de TVA ( les fonctionnaires OTAN/UE ne paient pas l’impot sur le revenu en Belgique, mais ne sont pas éxonérés de TVA, n’ayant pas le statut diplomatique.

        Que dire des milliers de vigiles surveillant les batiments, des sociétés de nettoyage pour les millions de mètres carrés de bureau, des employés de restauration collective, tous belges, et qui profitent de la manne« ....
        La Belgique est européenne essentiellement parce que c’est un »jack pot « pour un pays financcièrement exsangue. Si l’église de scientologie comptait 60 000 cadres supérieurs et installait sont QG à Bruxelles, dans des millions de m2 de bureau, avec 60 000 cadres cherchant à louer une maison, acheter une voiture, prendre l’avion à Zavantem et aller au restaurant... eh bien, tous les belges seraient pour la scientologie, pardi !

        Il n’y a que les fonctionnaires, les chomeurs et les artistes qui ne profitent pas des retombées indirectes.
        Bref, dans une UE à 500 millions d’habitants, ca commence à faire beaucoup pour un pays de 10,5 millions. Qui ne contribue qu’à hauteur de 4,5% dans la clef de répartition du budget (Allemagne 31%, FR 26%, UK 25%, etc)

        4,5% des couts et 100 (ou presque) des recettes...
        Non, vraiment, M. Van Rompuy est un homme sage et cultivé, mais trop, c’est trop. Demandez à la Pologne , et ses 40 millions d’habitants, qui n’a aucun »siège« europeen (hormis FRONTEX) et qui commence à dire haut et fort que le »hold up" du Benelux, ca commence à bien faire.

        Et c’est vrai que ce qui se concevait dans une UE à 8 ou 12 devient indéfendable dans une UE à 27...


      • SANDRO FERRETTI SANDRO 22 novembre 2009 10:30

        Et je précise d’emblée, pour ceux qui confondent Union Européenne (et Conseil Européen) que ce n’est pas pla peine de me parler de Strasbourg, qui est le siège du Conseil de l’Europe. Rien à voir (52 états membres, y compris non européens).


      • kalon kalon 20 novembre 2009 22:29

        Toi, t’as tout compris !
        et tu fais quoi ?


      • kalon kalon 20 novembre 2009 23:53

        Bourre pif, imagine qu’il y a 300.000.000 d’hommes qui racontent, chacun, leur version de la connerie, tu vois le boulot ?


      • kalon kalon 20 novembre 2009 23:54

        pourquoi il a pas mis son gamin, Jeanjean, là, on risquait pas grand’chose !


        • kalon kalon 20 novembre 2009 21:19

          Qui es tu pour dire que Bildenberg te veut du mal ?


        • kalon kalon 20 novembre 2009 21:20

          as tu conscience de ce que c’est de gérer 6 milliards d’idées différentes ?


        • ZEN ZEN 20 novembre 2009 14:18

          Un brave homme, bien comme il faut...

          "... pour Eva Joly, c’est justement parce que « personne ne le connaît » que le Premier ministre chrétien-démocrate belge a été préféré : « On a choisi le plus petit dénominateur commun. Celui qui ne fera pas d’ombre, ni à Nicolas Sarkozy, ni à Gordon Brown. » En somme Eva Joly reprend à son compte les propos tenus par la plupart des commentateurs et notamment ceux de son camarade Daniel Cohn-Bendit dans un entretien à Libération donné avant la désignation de Van Rompuy : «  On a le sentiment que les Vingt-sept, et surtout Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, cherchent des personnalités qui ne leur feront pas d’ombre. Ils y sont déjà parvenus avec la nomination de José Manuel Durao Barroso à la présidence de la Commission et ils cherchent à refaire le même coup pour le président du Conseil européen : celui-ci devra seulement savoir organiser les petits-déjeuners et les déjeuners afin que tout le pouvoir reste aux mains des États membres. »

          • kalon kalon 20 novembre 2009 22:33

            Deuxiéme lecture : Le p’tit Nicolas peut garder ses jouets mais il ne s’occupe pas des choses des grands !


          • Antoine Diederick 20 novembre 2009 23:09

            A Zen,

            attention tout de même, les cathos flamands sont des « durs à cuire », nous en savons quelque chose en Belgique.

            les cathos francophones, sont des « sociétaux » par indigence et pour survivre ! smiley


          • Antoine Diederick 20 novembre 2009 23:10

            Sarko , en effet peut garder ses jouets....


          • kalon kalon 21 novembre 2009 00:06

            Antoine, si quelqu’un connait bien les flamands, ce ne peut étre qu’un homme dons ses enfants le sont !,
            Vrai que c’est une drole de bande mais ils ont des qualités, ils sont venus de la mer, un peu comme les portugais ont crées le Portugal.
            N’as tu jamais regardé la carte de Belgique, la frontiére linguistique est, exactement, à l’endroit ou la forét continentale commençait.
            Ils étaient fort en terrain vide mais dans les foréts, les peuples de l’époque avaient une tactique du combat qu’ils ne maitrisaient pas.
            C’est l’origine de notre frontiére linguistique !
            Les flamands sont des bas-germains qui ont envahit une terre en venant de la scandinavie, mais bon, cela fait si longtemps !
            Ils sont devenus mes fréres, et pour trois d’entrez eux, mes enfants !


          • hunter hunter 20 novembre 2009 15:31

            Projet X :

            Je viens de lire votre lien ; il s’est présenté devant le groupe Bilderberg, mais êtes-vous sur qu’il soit lui-même de cet obédience ?
            L’article de la presse belge ne le dit pas.

            en tout cas, votre lien très utile démontre bien qui choisit ce genre de fonction...de là à en déduire qui dirige la machine européenne, il n’y a qu’un pas mais je ne me risquerai pas sur ce terrain glissant, je laisse chacun seul juge.

            Par contre ne trouvez-vous pas étonnant que le groupe Bilderberg se contente d’un « pion » dans cette fonction en fin de compte bien honorifique ?

            Remarquez, c’est un début, puisque à moyen/long terme, les fonctions présidentielles de chaque membre de l’UE sont appelées à disparaître...il sera temps alors de placer un pion avec plus de « charisme »....et de pouvoirs !

            cordialement

            H /


            • projetX projetX 20 novembre 2009 16:44

              Je ne sais pas ,tant ce monsieur est discret.
              D’ailleurs il est exactement dans le profil du groupe bilderberg (« restons cachés pour mieux reigner »).

              Le terme de sous fifre me semblait adapté car je doute qu’il soit consulté pour les prises de décisions.
              Cependant, s’il n’avait pas de lien avec ceux ci, pourquoi aller « presenter son programme » (recevoir ces ordres) là bas ?
              Je doute qu’on puisse rencontrer ces personnes sans raison et sans invitation (convocation).
              Le fait qu’il ait été élu me conforte dans ma sensation que l’europe n’est qu’un décor de theatre pour cacher une mondialisation rampante et la disparition progressive de nos democraties.

              bien a vous.


            • projetX projetX 20 novembre 2009 16:47

              j’avais fait une reponse argumentée, mais suite à un bug, elle vient de disparaitre.
              je ferai donc court, je m’en excuse.

              je doute que n’importe qui puisse aller voir le groupe bilderberg.
              je dirais meme que ce sont eux qui convoquent.

              Et comme par hasard, il a été élu après avoir présenté son programme (recu ses ordres et rassuré les chefs).

              bref l’avenir sera : plus de molesse, moins de décision efficace, plus de décorum, plus de mondialisation, moins de democratie....

              bien a vous


            • kalon kalon 20 novembre 2009 21:27

              c’est certainement vrai, Herman Vanrompuy l’a dit dans son discours « mes idées s’éffacent devant les idées de ceux qu’il m’est demandé de mettre en concordanse »
              Etre un homme humble devant la tâche me semble trés sage !


            • kalon kalon 20 novembre 2009 21:29

              Qui es tu pour détruire ce que tu n’as jamais pu construire ?


            • L'enfoiré L’enfoiré 20 novembre 2009 15:39

              @L’auteur,

              Van Rompuy est l’anti bling-bling comme on l’écrivait chez nous.

              On l’a appelait comme un « notaire » de la CE ? Dans le passé il fut appelé « l’explorateur » alors que tout allait mal pour avec le gouvernement « Orange-bleue ». Il ne voulait pas être 1er ministre. Il l’a accepté à certaines conditions.

              Je l’ai déjà dit, un belge a un don de conciliation qu’on nous envie.

              C’est obligatoire quand on a un gouvernement démocratique à l’extrême qui veut faire participer tous les acteurs en fonction des élections. La proportionnelle, c’est ça qu’en France vous n’avez pas compris.

              Il en a l’habitude depuis très longtemps de trouver des compromis, car il a eu plusieurs épisodes de vie.

              Le problème se pose maintenant pour la Belgique, elle-même.

              Yves Leterme III ? Monsieur 800.000 voix, oui, mais dans le Nord.En plus, si les élections se représentaient combien de voix resteraient ?


              • faxtronic faxtronic 20 novembre 2009 16:02

                N empeche qu il fuadra bien qu elle se fasse un jour ou l autre cette scission en trois de la Belgique, Il n y aurapas eternellement des marchands de sable comme Rompuy a la tete de l« etat » belge, et hors Rompuy, qui a imprime la marque de l oreiller sur la politique belge, il n y a que des tensions improductives.

                Evidemment Rompuy va aussi endormir tout le monde en Europe, pour le plus grand bonheur des gens du statu quo.

                Quid de la democratie, tant que le business marche..


              • L'enfoiré L’enfoiré 20 novembre 2009 16:42

                Faxtronic,
                 « N empeche qu il fuadra bien qu elle se fasse un jour ou l autre cette scission en trois de la Belgique »

                Je suppose que vous êtes français.
                Je crois que vous n’avez rien compris à la Belgique.
                Le problème date de la première guerre mondiale.
                La Belgique n’a intrigué (pas intéressé) les Français que depuis 2007. Lors de la période de l’orange bleue.
                Qu’est-ce qui empêche de le faire cette scission et qu’est-ce qui fait la Belgique en potentiel : les entreprises et elles, je peux vous l’assurer ne sont pas intéressées d’avoir une frontière à passer entre leurs différentes succursales à cheval sur les différents territoires belges.
                De plus, la dette belge, cela ne se divise pas aussi facilement.
                Qu’est-ce qui pousse un flamand à la scission de BHV d’abord et les séparatistes ?
                Je vous laisse réfléchir.
                On en reparlera plus tard.
                 


              • faxtronic faxtronic 20 novembre 2009 17:56

                Je suis de Bxl man, francais mais a Bxl depuis 4 ans. Voila mon gars.

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