• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Europe > Le défi de l’avenir ? Ce n’est pas le clivage droite/gauche (...)

Le défi de l’avenir ? Ce n’est pas le clivage droite/gauche mais progressistes/nostalgiques

Quiconque affirme que les idéologies sont mortes, est mal renseigné ou de mauvaise foi. Les idéologies, en tant qu'ensemble de valeurs qui orientent un groupe social établi, n'ont pas disparu. Ont fait leur temps les idéologies des années 1900, les blocs massifs qui ont dominé la scène du siècle écoulé ; celui qui s'y accroche manque de vision, pèche de paresse ou - pire encore - est mû par des intérêts personnels.

Appliquer le regard du siècle dernier à l'époque contemporaine est une erreur majeure qu'on ne peut plus se permettre de commettre. On ne peut plus se permettre d'utiliser les paradigmes d'une époque révolue et les appliquer à la nôtre ; et non, il ne suffit pas de prendre un concept des années 1900 et lui coller un préfixe "post" pour le rendre actuel.

On s'est trompé en croyant à la fin de l'Histoire, à la mort des grandes narrations. Non, l'Histoire n'est pas morte, pas plus que les grandes narrations : elles ont tout simplement muté. Il en va de même pour les idéologies, plus encore pour les idées. On a voulu croire que la mort du contenant entrainerait la mort du contenu, on a confondu le medium avec le message, oubliant que leur essence même dépend d'une relation osmotique.

Et c'est exactement dans cette relation osmotique entre signifiant et signification que la droite a su mieux, et plus vite, se réinventer. Elle a su tirer profit de l'émotivité des réseaux sociaux en chevauchant la vague de la nostalgie, cette nostalgie qui nous pousse à partager sur nos profils virtuels les photos du passé et les chansons de notre adolescence. Cette nostalgie qui est à la base des populismes et de leurs slogans : "Make America great again" ou encore "Remettre la France en ordre". Concepts qui se tournent vers un passé idéalisé et glorieux vers lequel revenir, au lieu de se pencher vers un futur à construire.

Inerte, la gauche a complétement abandonné la recherche d'un nouveau rêve. Le printemps rouge ne s'étant pas produit, il n'y a pas eu nécessité d'imaginer et bâtir un nouvel idéal. Afin de le trouver, la gauche a tout intérêt à abandonner le rétroviseur nostalgique. Le Pantheon, l'Histoire, en tant qu'éléments identitaires, doivent être désormais envisagés en devenir plutôt que tels des monolithes intouchables. C'est pour cette raison que la gauche se doit d'abandonner le terrain de la droite - pour mieux dire, le conservatisme - et descendre dans l'arène du progrès ; progrès vu en tant qu'outil pour venir en aide aux plus faibles, aux laissés-pour-compte de la société. La gauche - pour mieux dire, le bloc censé être progressiste - ne peut pas se permettre d'avoir peur du changement, ne peut pas s'opposer aux transformations sur la base d'un quelconque conservatisme, car ainsi faisant elle franchirait les frontières qui la séparent de la droite.

Si la gauche s'aventure dans ces contrées, les électeurs, entre la copie et l'original, choisiront toujours l'original. Si les forces progressistes aspirent à retrouver leur statut d'acteur culturel avant que politique, elles se doivent de remettre en question l'approche adoptée jusqu'à présent afin d'affronter les défis du XXIème siècle. La troisième voie, les politiques giddensiennes, ne sont plus d'actualité car le contexte historique a changé et, surtout, elles n'arrivent pas à souder l'approche sociologique, économique et prophétique. Approche qui fut le jalon de la gauche des années 1900. 

Les nouvelles forces progressistes doivent embrasser le progrès en tant qu'outil d'émancipation de l'homme. Les nouvelles forces progressistes doivent remettre au centre de leur agenda une culture vectrice d'émancipation. Mais la culture vit et se propage seulement quand elle est en relation au medium. Point d'émancipation par le biais du paternalisme. Point d'émancipation qui vient d'en haut. Le progrès, c'est le medium. Il incombe à la gauche du futur d'en écrire le contenu.


Moyenne des avis sur cet article :  2.5/5   (10 votes)




Réagissez à l'article

21 réactions à cet article    


    • Paul Leleu 19 avril 12:40

      @Jean-Pierre Llabrés


      le « printemps rouge » reviendra... tout simplement car nous sommes dans l’hiver capitaliste... 

    • Onecinikiou 20 avril 02:40

      @Paul Leleu


      Oui, un printemps rouge du sang des innocents !

      Vu les promesses criminelles du communisme auquel vous adhérez, je préfère garder mon écharpe et subir l’hiver capitaliste, et à mon vis je ne suis pas le seul.

    • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 19 avril 11:39

      Nostalgique est un mot péjoratif pour qualifier le conservatisme.


      • manu manu 19 avril 12:04

        @Gilles Mérivac

        * Progressiste : qui veut aller de l’avant, est pressé d’être dans le futur. Fait tout pour hâter le changement ( + ou - à gauche )
         
        * Conservateur : est satisfait de sa petite vie, ne se pose pas de grandes questions philosophiques. Tente de s’adapter tant bien que mal aux évolutions en sauvegardant l’essentiel (si essentiel = acquis sociaux, alors socialiste (PS historiqe) ; si essentiel = épargne, alors droite (UMP et PS actuel) )
         
        * Réactionnaire : très mécontent des évolutions. « C’était mieux avant » (les années 50, etc.). fait tout pour retourner en arrière et aux bons vieux fondamentaux éthiques du « sens commun/tradition ». (+ ou - extrême droite )


      • Paul Leleu 19 avril 12:49

        @Gilles Mérivac


        des conservateurs comme Chateaubriand avaient la sagesse de savoir qu’on ne rappelle pas le passé... il est dans la sagesse de l’homme mûr de savoir vivre avec son temps, travailler sur soi-même, et bâtir l’avenir... 

        connaître le passé (tout le passé) est utile... se perdre dedans est une erreur. 

      • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 19 avril 13:18

        @manu
        Complètement caricatural, les deux grands partis anglais qui se disputent les élections sont les conservateurs et les travaillistes.
        Aucun des points que vous évoquez ne leur correspond.


      • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 19 avril 13:20

        @Paul Leleu
        « savoir vivre avec son temps »

        Voilà bien une tarte à la crème qui ne signifie absolument rien.


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 avril 17:55

        @Gilles Mérivac
        C’est du Macron dans le texte, non ? C’est ce que raconte le MEDEF, enchanté d’avoir une Europe qui exauce ses vœux !
        En finir avec le modèle social français issu du CNR, le MEDEF attend ça depuis 1945 !
        Le MEDEF en a rêvé, si nous ne sortons pas de l’ UE, les européistes vont le faire.


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 avril 18:00

        @manu
        Réactionnaire : très mécontent des évolutions. « C’était mieux avant » (les années 50, etc.). fait tout pour retourner en arrière et aux bons vieux fondamentaux éthiques du « sens commun/tradition ». (+ ou - extrême droite )

        Mélenchon a déclaré qu’il ne voulait sortir ni de l’ UE, ni de l’euro, Alléluia !
        Quand il va appliquer les GOPé de la Commission européenne, ce sera « retour vers la Grèce de Tsipras », quel progrès fantastique !

        « L’épopée austéritaire de »la Gauche radicale « grecque continue ! »


      • Tall Tall 19 avril 11:57

        La gauche doit juste faire un pas de retrait en s’appuyant sur la nation, au lieu de s’entêter à l’utopie universaliste.

         
        Car oui, l’homme préfère sa famille, son patelin, sa communauté, son pays ... et il est attaché à ses racines.
         
        Le business s’internationalisera toujours + facilement que l’amour.

        • Paul Leleu 19 avril 12:44

          @Tall


          certes... on est attaché à ses proches (encore qu’on préfère plus ses amis que sa famille parfois)... 

          mais quand Donald Trump vous balance des missiles sur la tête à Alep ou à Pyongyang, alors vous comprennez que le « patelin » humain est véritablement mondial. Le « socialisme dans un seul pays » est condamné à l’état de siège... c’est un pis-aller... mais il faut espérer que les humains qui crèvent à Alep ou en Méditerrannée, dans les mines du Zaïre ou les usines de Chine comprendront que leur destin est lié au destin du monde... le « nuage de tchernobyl géopolitique » ne s’arrête pas aux frontières... la révolution non plus ne devrait pas s’arrêter aux frontières... 

        • Paul Leleu 19 avril 12:56

          @Tall


          il faut aussi entreprendre d’anéantir les pseudo-identités comme l’Islam... imaginez juste qu’on supprime les pétrodollars et les manipulations de la CIA... et regardez ce qu’il va rester de cette prétendue religion ... même pas de quoi remplir un musée... 

          il faut reprendre la lutte décidée contre les offines réactionnaires qui inventent et financent des pseudo-identités pour diviser les peuples... il faut arrêter de prendre pour un fait accompli les inventions des puissants... 

          Eginard, l’évêque de Charlemagne était un fieffé politique...et regardez comment Charlemagne a « christianisé » les Saxons... et comment Clovis s’est « converti » au « chrisitianisme » (auquel il n’a rien compris)... non... il sera impossible de sortir des massacres et des guerres sans mettre fin à ces pseudo-identités qui ont besoin de pétrodollars et de propagande pour exister... 

        • Tall Tall 19 avril 14:13

          @Paul Leleu

           
          Mais l’homme a besoin de s’identifier .... aimer est inégalitaire par nature

        • Tall Tall 19 avril 14:20

          @Paul Leleu

           
          anéantir les pseudo-identités comme l’Islam
           
          c’est ce que l’URSS a tenté pendant 3 générations en mettant en oeuvre avec les grands moyens : contrôle total des médias, de l’éducation, de la production ... tout ... et puis quand c’était fini, toutes les anciennes nations et religions étouffées pendant 74 ans ont ressuscité comme par enchantement en 2 temps 3 mouvements
           
          le déni de réalité est total chez les derniers mohicans du communisme

        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 avril 18:13

          @Paul Leleu
          Cela n’a rien à voir avec les Etats Nations !
          Si la finance, les pétroliers et les multinationales sont d’accord pour les guerres au Moyen Orient, c’est pour faire éclater 5 pays souverains en 14 petits califats bien soumis .
          La carte du MO balkanisé à été publiée dans le New York Times en 2013


          L’Internationalisme, ce sont des accords de coopération entre Etats souverains, pas la fin des frontières et des Nations ! Les Etats Nations sont le seul lieu où peuvent s’élaborer des lois, justement, contre la finance et les multinationales.

          Un Etat Nation peut gérer sa monnaie, la dévaluer, mettre des taxes aux importations, laisser les banques faire faillite, séparer les banques d’affaires et de crédit, voter des lois sociales, redistribuer la richesse produite, assurer la santé et l’école publique, contrôler les mouvements de capitaux, récupérer l’argent dans les paradis fiscaux, voter des impôts plus justes etc

          L’Europe est l’exemple type de la fin des Etats Nations ! Les lois sont faites par les lobbies de la finance et des multinationales qui grenouillent par milliers à Bruxelles, vous trouvez que c’est un progrès ??
          Quel pouvoir avez vous sur les lobbies de Bruxelles ? Aucun.

        • Albert123 19 avril 16:21

          « Le progrès, c’est le medium. Il incombe à la gauche du futur d’en écrire le contenu. »


          « Ont fait leur temps les idéologies des années 1900, les blocs massifs qui ont dominé la scène du siècle écoulé ; celui qui s’y accroche manque de vision, pèche de paresse ou - pire encore - est mû par des intérêts personnels. »

          L’art du gauchiste c’est aussi de dire un truc en intro et son contraire en conclusion.

          vous manquez visiblement de vision puisque vous vous accrochez à une idéologie vielle de bientôt 300 ans qui à fait son temps.

          Quand à votre progressisme il est au progrès ce que le mondialisme est à la mondialisation : une idéologie perverse qui fait souffrir les peuples pour enrichir la caste négrière dominante.

          Le progressisme consiste surtout à faire table rase du passé pour en reproduire de manière permanente les erreurs :

          Quel progrès derrière la liberté de circulation des capitaux et des hommes qui constitue surtout un risque sanitaire et financier sans précédent ?

          Quel progrès derrière le fait de payer le ventre d’une femme tierce pour enfanter ?

          Quel progrès derrière Hanouna, Barthès ou Kev Adams ?

          Quel progrès dans le fait de ne pas heurter la médiocrité réel de certains, médiocrité que l’on valorise en permanence par des diplômes sans la moindre valeur ?

          Quel progrès dans ce culte délirant de l’égalitarisme forcené qui fait en permanence le lit de Procuste ?

          Quel progrès dans le fait de remplacer de véritables abeilles que le progrès fait mourir un peu plus chaque année par des drones pour assurer la pollinisation ?

          Quel progrès dans cette marche forcée de la marchandisation du vivant au service du capital ?

          Quel progrès dans le transhumanisme qui réifie (chosifie) l’humain pour en faire du pur capital ?

          Quel progrès derrière cette volonté d’imposer le progressisme à coup de bombes chez les peuples pas assez coopératifs ?

          Quel progrès dans une société dont l’idéologie dominante dite progressiste use et abuse de la censure et du terrorisme institué pour s’assurer que rien ne change jamais (ce qui en dit long sur la validité de l’idéologie en question) ?

          Vous traitez les conservateurs de nostalgiques, pourquoi pas, permettez moi de donner aux progressistes le nom de bourrins sans cervelle pour avoir fait du monde un enfer sur terre en moins de 300 ans.

          Votre progressisme à surtout de bon gros relents de totalitarisme, au même titre que le mondialisme.

          un drap de soie n’a jamais enlevé les épines du cactus qui se cache derrière.



          • sarcastelle 19 avril 16:35
            l’auteur a écrit : 
            .
            la gauche se doit...............de descendre dans l’arène
            .
            Bonne idée. Les lions sont prêts ? 



            • Robert Lavigue Robert Lavigue 19 avril 16:38

              @sarcastelle

              Les lions sont-ils à jour de tous leurs vaccins ?


            • zygzornifle zygzornifle 19 avril 17:13

              VOLTAIRE : « la politique est le moyen pour des hommes sans principes de diriger des hommes sans mémoire »......


              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 avril 18:20

                Déjà, montrer un bouquin en anglais indique que le vent souffle d’Ouest !
                Un hommage rendu aux Young Leaders ?
                « La Gauche dernier rempart du capitalisme ! »

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès