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Le jour où l’Allemagne a (encore) oublié son Histoire

Le 27 novembre, Angela Merkel a rassuré les députés de son camp en assurant fermement que la dette grecque ne sera pas effacée. Un intransigeance qui nous rappelle celle de Clémenceau et de son « l'Allemagne paiera ! », dont la suite tragique des événements allaient révéler l'irréalisme mais surtout la bêtise : piétiner un pays déjà au fond du gouffre n'amène jamais rien de bon.

La répétition de cette absurdité, que l'Histoire devrait nous permettre d'éviter, n'en est qu'une parmi la longue liste d'erreurs tragiques que sont en train de commettre les dirigeants européens, poussés ( forcés ? ) par le pays même qui devrait s'y opposer avec force : l'Allemagne. Car les Allemands sont en train d'offrir comme remède, à une situation dont ils sont en grande partie responsable, le même poison qui ouvrit un boulevard à Hitler. Double oubli historique donc, mais aussi absurdité économique totale.

Car oui, la crise que traverse aujourd'hui l'Europe est la conséquence directe d'une politique européenne directement inspirée des idées allemandes : le libre-échange, une monnaie forte, une banque centrale concernée uniquement par la limitation de l'inflation, la rigueur budgétaire.

Tout d'abord, le libre-échange. La seconde partie des années 1980 voit les débuts d'une ouvertures des frontières entre les États européens avec notamment l'Acte Unique de 1986 qui prévoit à terme la fin des contrôles douaniers entre les États européens. Cette politique néo-libérale est très favorable à l'Allemagne qui est alors deuxième exportateur mondial et effectue la moitié de ces échanges avec ses partenaires européens. Elle dispose en outre d'une industrie ancienne et hautement qualifiée ( notamment dans la fabrication de machines-outils ) ayant tout intérêt à une libéralisation des échanges qui lui permettrait de venir concurrencer les industries plus jeunes des pays d'Europe du Sud.

De plus, les allemands vont imposer à l'Europe leur politique monétaire : tout d'abord avec le Système Monétaire Européen en 1979 qui de fait va lier les monnaies européennes à la plus forte d'entre elles, le mark allemand, puis avec le traité de Maastricht qui crée une monnaie unique quasiment assimilable au mark : ainsi à son lancement l'euro vaut 1,95583marks allemands, à comparer avec son équivalence à 6,55957 francs français et à 166,386 pesetas espagnoles . On a donc une monnaie forte comme l'était le mark, c'est-à-dire une monnaie adaptée à l'économie allemande ( mais beaucoup moins à celle des autres États européens ). En effet, l'industrie allemande se concentre sur le haut de gamme et voit donc sa demande faiblement impactée par le prix, de plus elle effectue la majeure partie de la production hors zone euro ( Europe centrale et orientale ) et est donc moins désavantagée par le cours de l'euro. Mais, pour les autres États, cette monnaie surévaluée pèse lourdement sur leur compétitivité-prix.

Maastricht va également créer une Banque Centrale Européenne confinée par le traité au rôle unique qu'occupait la Bundesbank : le maintien d'une faible inflation. On a ainsi un politique monétaire européenne conforme aux vues monétaristes allemandes et adaptée à un pays, l'Allemagne, qui vieillit et qui a donc besoin d'une monnaie stable pour assurer la rente de ses retraités, le système de retraites allemand fonctionnant par capitalisation, c'est-à-dire que l'argent des pensions correspond aux revenus du capital mis de côté par les travailleurs pendant leur vie active.

Enfin, la doctrine monétariste règle aussi le budget des États avec le Pacte de stabilité et de croissance de 1997, qui en réalité parle beaucoup plus de stabilité que de croissance et qui fixe aux États des limites de déficit budgétaire et de dette publique, et le tout récent TSCG ( Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance ) qui durcit la limite du déficit budgétaire et instaure un véritable contrôle par l'Europe sur les budgets nationaux.

Ainsi, l'Europe se voit imposer un libre-échange, une politique monétariste et une monnaie forte parfaitement adaptés à l'économie allemande mais qui vont s'avérer destructeurs pour de nombreux pays qui vont voir leur industrie incapable de soutenir la concurrence dans des conditions aussi défavorables ( France, Italie, Grèce, etc ).

A ces avantages concédés par l'Europe, l'Allemagne va à partir de 1998 et l'élection de Gerhard Schröder à la chancellerie ajouter une politique de déflation salariale qui aura de nombreuses conséquences sociales bien mal connues tant l'admiration béate de la grande majorité des élites françaises devant le « miracle allemand » est aveugle.

On a tout d'abord une forte montée des inégalités. Premièrement, si le pouvoir d'achat du salaire médian connaît de 2003 à 2010 une baisse de 5,6% ( voilà déjà une bien belle performance ! ) ce chiffre cache de fortes disparités : là où les 40% de salariés les mieux payés ne voient le pouvoir d'achat de leur salaire ne subir qu'une baisse de 4%, les 40% les moins bien payés subissent eux une baisse de 14%. Dans la même veine, la moitié de la population la plus pauvre ne détient que 1% des actifs. Ce n'est pas pour rien que, sur la période 2000-2005, un rapport de l'OCDE ne considère que « les inégalités salariales et la pauvreté se sont développées plus vite en Allemagne que dans n’importe quel autre pays de l’OCDE » ( Growing inequal ? Income distibution and poverty in OECD countries, Paris, 2008 ).

A cela s'ajoute une précarisation du travail sous les effets d'une politique visant à « flexibiliser » le marché du travail : un quart des salariés allemands ont un contrat autre qu'un CDI à plein temps ( temps partiel, CDD, stage, etc ), et cette proportion monte à 40% chez les femmes. Il convient aussi de préciser que seulement 35% des chômeurs étaient indemnisés en 2008 ( contre 80% en 1995 ).

Les classes les moins aisées, déjà touchées par la réduction de leur pouvoir d'achat et la précarisation de leur situation professionnelle, voit s'ajouter un manque cruel de structures d'accueil de la petite enfance ( réduction des dépenses publiques oblige ) qui a pour conséquence directe la nécessité d'un conjoint au foyer pour s'occuper des enfants : il leur est ainsi extrêmement difficile d'avoir des enfants, ce qui explique la démographie déclinante de l'Allemagne ( 82,5 millions d'habitants en 2003, 81,8 en 2011 ). Le modèle allemand, si souvent montré en exemple, est ainsi tellement performant qu'il ne permet pas à la quatrième puissance économique du monde de permettre à tous d'avoir des enfants...

Petit rappel : c'est ce modèle que suit actuellement toute l'Europe, y compris la France depuis la mise en œuvre du « pacte de compétitivité » par notre bien-aimé président socialiste ( et dire qu'il fut un temps où les socialistes étaient de gauche... ) François Hollande. Tous les pays européens vont donc baisser leurs salaires pour améliorer leur compétitivité-prix face à leurs voisins : ils mèneront donc tous la même politique qui du coup n'aura aucun effet. Ainsi, tous les coûts sociaux évoqués ci-dessus nous serons imposés sans aucun résultat économique, si ce n'est de nous plonger dans la récession que connaissent tous les pays soumis à ces politiques tellement intelligentes et efficaces : ainsi la Grèce a vu son PIB chuter de près de 20% et sa dette passer de 111 à 165% du PIB de 2008 à 2011. Mais bon, si Angela Merkel a dit que c'est ce qu'il fallait faire...

Enfin, une dernière petite remarque : le modèle allemand n'est basé que sur les exportations car il tue par sa politique déflationniste la consommation intérieure : ainsi entre 1999 et 2007 les exportations ont davantage contribué à la croissance allemande que la consommation intérieure. Il y a donc nécessité de disposer d'un ( fort ) excèdent commercial. Or un tel excédent ne peut évidemment se baser que sur les déficits d'autres pays, et les États européens effectuent la majeur partie de leur commerce entre eux. Chacun cherchant à améliorer sa balance commerciale, cela va fatalement déboucher sur une guerre économique : belle ambiance en perspective ! Belle occasion de mériter le prix Nobel attribué à l'Union cette année !

Mais ce qui rend encore plus absurde et coupable l'imposition de cette austérité par l'Allemagne, ce que si elle regardait un temps soit peu son histoire jamais elle ne prônerait cette idiotie.

En effet, quelle fut la suite de la politique d'austérité menée au lendemain de la crise de 1929 par les chanceliers Brüning, puis von Papen ? L'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933. Et devinez qui a fait son entrée dans le Parlement grec en 2012 ? Un parti néo-nazi, Aube Dorée. Comment ne pas faire le rapprochement ?

Comment est-il possible que les dirigeants européens, qui sont tous des gens instruits de l'économie et de l'Histoire, ne voient-ils pas que leur politique est idiote est à la fois une totale aberration sur le plan économique mais également au regard de l'Histoire ?

J'aimerais vous répondre, mais j'en suis bien incapable. Je pense cependant avoir trouvé au moins une partie de cette explication . C'est La Fontaine qui me l'a offerte dans sa fable de l'Hirondelle et les Petits Oiseaux  :

« Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres

Et ne croyons le mal que quand il est venu »

Il ne nous reste plus qu'à savoir à quel moment ils considéreront que le mal est venu...


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28 réactions à cet article    


  • devphil30 devphil30 7 décembre 2012 11:04

    Comme vous avez raison de rappeler l’histoire tragique de l’Europe avec l’avènement de parti dictatorial qui ont mené l’Europe vers le trouble et la guerre.


    Parfois on se demande même si le monde ne peux pas fonctionner autrement que par des cycles de destruction et de reconstruction.

    De tous temps l’humanité s’est déchiré et les hommes ont conquis des territoires au dépend 
    des autres , aujourd’hui la guerre est devenue économique mais la population augmente et certains pays me font penser à des cocottes minutes qui risquent d’exploser avec des peuples qui n’auront plus rien à perdre.

    La Grèce en fait partie comme l’Allemagne dans les années 30.

    Philippe 

    • ZEN ZEN 7 décembre 2012 11:19

      Bonjour
      Article éclairant
      Un certains nombre d’Allemands commence à prendre conscience de l’impasse des choix économiques de Schröder-Merkel et de l’échec de cette Europe où la solidarité n’est pas le principe le mieux appliqué.
      En attentant (quoi ?), Merkel louvoie...

      La chancelière allemande Angela Merkel n’a pas exclu un effacement de la dette de la Grèce dans quelques années, dans une interview du journal Bild am Sonntag. « Si la Grèce arrive un jour à s’en sortir avec ses recettes sans contracter de nouvelles dettes, alors on doit regarder et évaluer la situation. Cela ne se passera pas avant 2014/15, si tout marche comme prévu », a dit la chancelière, questionnée si elle comptait se pencher sur un effacement de la dette d’Athènes après les législatives allemandes de 2013. « L’actuel programme d’aide à la Grèce court jusqu’à 2014. Et nous avons donné deux ans supplémentaires, jusqu’en 2016, à la Grèce pour qu’elle atteigne certains objectifs budgétaires », a-t-elle ajouté. C’est la première fois que la chancelière conservatrice évoque l’éventualité d’un effacement de la dette grecque, un sujet particulièrement délicat pour les contribuables et électeurs allemands, à moins d’un an des élections législatives dans le pays, prévues pour le 22 septembre 2013. Le Ministre des Finances Wolgang Schäuble s’était pourtant opposé à cette décision vendredi dernier, niant les spéculations sur l’effacement de la dette grecque."


      • Antenor Antenor 7 décembre 2012 14:51

        La caractéristique multi-séculaire de l’Allemagne, c’est son absence d’Etat central puissant. Ce n’est pas un hasard si pratiquement tous les grands projets industriels européens (Ariane 6 encore récemment) ont été portés à bout de bras par la France.

        La faiblesse de cet Etat central rend l’Allemagne hyper réactive mais également hyper dépendante de la conjoncture mondiale. Quand le monde va bien, l’Allemagne va très bien et quand le monde va mal, l’Allemagne va très mal.

        La France, c’est le contraire. Nous sommes probablement le pays doté de la plus forte inertie au monde. On est très très long à redémarrer mais une fois que ça roule, on ne s’arrête plus.


        • titi 7 décembre 2012 16:05

          « La caractéristique multi-séculaire de l’Allemagne, c’est son absence d’Etat central »
          L’allemagne est un état fédéral.
          Comme les Etats Unis... comme la Suisse...
          Que ce genre de système dépasse l’entendement des francais jacobins est une chose. Mais dire que c’est une faiblesse ca ma fait doucement rigoler.

          En fait les francais ne comprennent pas qu’on puisse choisir un mode de gouvernance différent du leur.

          « est très très long à redémarrer mais une fois que ça roule, on ne s’arrête plus. »

          Vous vous consolez comme vous pouvez...
          En France un « bon » taux de chomage c’est 8%.
          En Allemagne un « mauvais » taux de chomage c’est 8%.

           


        • Antenor Antenor 8 décembre 2012 00:13

          « En Allemagne un « mauvais » taux de chomage c’est 8%. »

          On en reparlera quand l’Espagne sera en cessamment de paiement. Vous croyez que l’Allemagne sera encore compétitive quand tous les « boulets » du Sud auront quitté l’Euro un à un ? On a beau être des pays de feignasses, il n’empêche que les génies du nord de l’Europe sont bien contents de nous avoir pour empêcher que la valeur de l’Euro ne s’envole et rende leurs produits inexportables. Qu’on sorte de l’Euro ou qu’on fasse tourner la planche à billets, l’inflation va frapper tôt ou tard et il vaudra alors mieux avoir un Etat puissant pour amortir le choc.


        • titi 8 décembre 2012 00:44

          « On en reparlera quand l’Espagne sera en cessamment de paiement »

          On en reparlera peut être, mais...
          - Ca fait 10 ans que c’est comme cela
          - La cessation de paiement de l’Espagne n’est pas pour demain, ni après demain.

          Alors ca fait peut être 10 ans que les francais ont raison.
          Mais en attendant ca fait 10 ans que les francais s’enfoncent dans la merde.


        • titi 8 décembre 2012 00:54

          J’ajoute, puisque l’auteur parle des « dettes de l’allemagne » et que vous parlez de l’Espagne, que l’Espagne ferait bien de réclamer les réserves d’or que les républicains avaient confié à la bonne garde du camarade Staline, et que celui ci s’est bien gardé de restitué à la fin de la guerre.

          C’est la 4ème réserve d’or mondiale de l’époque qui a été subtilisée par Staline. Il s’en serait servi pour financer les PC « frères ».

          Alors « camarades » remboursez vos dettes.


        • Antenor Antenor 8 décembre 2012 01:41

          « Mais en attendant ca fait 10 ans que les francais s’enfoncent dans la merde »

          Exact et cela grâce à nos courageux dirigeants qui ont cédé à tous les caprices de l’Allemagne lors de la création de l’Euro.

          « La cessation de paiement de l’Espagne n’est pas pour demain, ni après demain. »

          Je serais curieux de savoir comment les Espagnols vont inverser la tendance. Ca fait dix ans qu’ils tournent à la croissance fictive. La dette privée ne suffit plus à le masquer, c’est maintenant la dette publique qui prend le relais.


        • filo... 7 décembre 2012 15:52

          1989 Chute de mur de Berlin et réunification de 2 Allemagnes.

          Et peu du temps après Allemagne réunifiée a provoqué la destruction de la Yougoslavie.

          Et ça continue c’est au tour de la Tchécoslovaquie de disparaître quelque temps après.

          Petit rappel : les deux pays étaient crées par le traité de Versaille en 1919.

          Vengeance et arrogance retrouvée ?

          Europe est une création catholique et donc la Grèce orthodoxe doit subir des humiliations et payer le prix fort pour rester dans cette Europe. Idem pour la république de Serbie et les autres pays orthodoxe (Boulgarie, Roumanie etc.).

          Ça sera Europe allemande ou elle ne seras pas !

          Merkel poussée par les américains devient insolente et va même jusqu’à Moscou pour critiquer et défier les Russes.

          Allemagne réunifiée est elle un monstre qui a perdu la tête ? Les allemands sont ils aussi moutons comme en 1930 et qui ont mis Hitler au pouvoir.

          J’ai quelque appréhensions au vu de dernier score électoral qui a reconduit Merkel sur la tête de l’Allemagne.

          Est ce que tout bonnement Europe c’est trompée en laissant les 2 Allemagnes se réunifier ?

          L’avenir nous le dira...


          • Deneb Deneb 7 décembre 2012 22:26

            Ce n’est pas l’Allemagne qui a démoli la Yougoslavie, mais le nationalisme serbe et la conjoncture internationale de la chute du bloc communiste. Les Yougoslaves ont été forcés de vivre dans le même Etat par une dictature . Elle s’est disloquée dés les premières élections libres.


          • Spip Spip 7 décembre 2012 23:02

            @ Deneb.


            Ce que vous dites est exact mais il n’empêche qu’en se pressant de reconnaître la scission de la Slovénie sans demander l’avis de personne, l’Allemagne, ce jour-là, a bien mis de l’huile sur un feu qui n’en avait pas besoin...


          • Deneb Deneb 7 décembre 2012 23:26

            En effet elle fit ce qu’elle a pu pour sauver au moins la Slovénie, avec succès d’ailleurs. Les Slovènes rêvaient tous de l’Europe, ils ont été le seuls à y entrer.

            Si l’Allemagne n’avait pas reconnu la Slovénie, il y aurait eu quelques milliers de morts slovènes en plus, sans changer vraiment le cours de l’Histoire. Une sage décision donc, au moment où la France faisait des sourires à Milosevic.

          • Spip Spip 8 décembre 2012 00:04

            @ Deneb.


            C’est une façon de voir, parmi d’autres. La Slovénie, avant la création de la Yougoslavie était sous la coupe des Habsbourg. On pourrait donc parler de retour au bercail, peut-être ? 


            Pour ce qui est du nombre de morts, les Slovènes sont ceux qui s’en sont tirés le mieux et de loin. Eloignés de la Serbie, avec la Croatie comme tampon et peu de Serbes sur leur territoire, ils intéressaient moins Milosevic.


            http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_en_Slovénie_(1991)


          • Deneb Deneb 8 décembre 2012 08:40

            La Croatie aussi était sous les Habsbourgs. Et il n’y avait aucun Serbe en Slovénie, sauf les cadres de l’armée, qui ont tous demandé la nationalité slovène après l’indépendance, après avoir combattu la défense territoriale slovène, ce que l’état Slovène, pas rancunier, leur a accordé dans la plupart des cas.
            La décision allemande de reconnaître la Slovénie et la Croatie (Mitterand s’y est opposé) a eu justement pour effet d’épargner des dizaines de milliers de morts, Milosevic était prêt à réaliser coute que coute sa grande Serbie dans le feu et le sang, en utilisant l’armée yougoslave, de moins en moins multinationale (les non-serbes désertaient en masse), mais surtout les milices nationalistes, tels les partisans d’Arkan, qui était des délinquants et criminels relâchés des prisons pour l’occasion par Milosevic et qui ont fait tant d’exactions en Bosnie et dans la Krajina. Arkan, le parrain du clan de Zemun, mort dans un reglement de comptes il y a quelques années, était un mafieux notoire, d’ailleurs la Serbie est un Etat corrompu sous les ordres du clan de Zemun, une banlieue de Belgrade.


          • ZEN ZEN 7 décembre 2012 16:12

            La réunification posait des problèmes à Mitterand et à quelques autres
            Aujourd’hui, la question taboue commence à se poser...

            Wolfgang Münchau, journaliste au Spiegel, très pessimiste sur l’avenir de l’Union européenne dans ces conditions, estime que  « La réunification allemande est notre péché originel »
            "L’Allemagne ne se considère plus comme un membre de l’Union européenne mais comme une puissance autonome, traitant d’égale à égale avec les Américains, les Russes et les Chinois sans se préoccuper de petits importuns comme les Etats européens...
             Au début des années 90, il était inconcevable que l’Allemagne se détache un jour du consensus proeuropéen. Ce glissement s’est en partie opéré avec l’arrivée de responsables politiques est-allemands, comme Angela Merkel, qui n’avaient pas de lien personnel avec le projet européen et se sont détournés de l’intégration européenne.
            La réintégration de l’ex-Allemagne de l’Est ne suffit toutefois pas à expliquer cette évolution. Dans les pays occidentaux aussi, les priorités ont changé. L’une des raisons est économique. A cause du poids de la réunification, l’Allemagne a adopté la monnaie unique avec un cours surévalué. Résultat, durant 10 ans, la politique économique de l’Allemagne a consisté à augmenter sa compétitivité au lieu d’essayer de renforcer la productivité de l’espace européen dans son ensemble. C’est là l’une des principales causes de la crise actuelle.
            La réunification de l’Allemagne et celle de l’Europe ne vont pas de pair, toutes deux ont économiquement mal tourné. Les futurs historiens porteront, à mon avis, un regard plus critique sur la réunification et les mérites du chancelier Kohl qu’à l’heure actuelle."

            x " ______Selon le Céri, "les Allemands appréhendent le monde en des termes plus géoéconomiques que géostratégiques : il y a quelques années, Peter Struck, alors ministre de la Défense, avait déclaré que la défense de l’Allemagne commençait à l’Hindu Kusch. Celle de l’économie allemande débute à Shangaï et Guenzhou, pas à Paris ou à Londres.

            • Richard Schneider Richard Schneider 7 décembre 2012 16:52

              à l’auteur,

              Je souscris à peu près à tout ce que vous écrivez dans votre article, en particulier quand vous mettez l’accent sur « l’Europe allemande » - idée-force de l’establishment germanique depuis la réunification. Vous l’avez bien démontré.
              Je pense que Hollande est un peu naïf (?) quand il envisage la défaite de la Chancelière l’an prochain ... de plus le SPD, même si, par le plus miraculeux des hasards, il devait arriver au pouvoir - dans le cadre d’une Grande Coalition ? - n’hésitera pas à poursuivre la politique économique instaurée par Schröder, poursuivie et affinée par Merkel.

              • ddacoudre ddacoudre 7 décembre 2012 16:59

                bonjour L.F

                une bonne analyse d’une partie des cause de nos difficultés et une des raisons qui fait comprendre pourquoi l’Angleterre a refusé l’euro et n’adhère pas au pacte de stabilité
                j’ai déjà écris sans aucun ostracisme sur la base d’événement historiques que l’Angleterre à le nez pour sentir anguille sous roche et se méfie toujours quand l’Allemagne veut imposer son dictat. dans ce jeu d’influence l’on a l’impression de retrouver la même structure et les mêmes rapports que quand l’Angleterre annonçait la guerre que préparait Hitler et que la France s’accrochait envers et contre toute réalité à la paix imaginaire dont la rassuré celui qui la dupait.
                http://ddacoudre.over-blog.com/article-l-autoroute-du-desastre-113203819.html.
                dans cet article j’explique qu’il ne faut pas se tromper de cible, ce qui va emmener le désastre, ne sera pas celui qui l’incarnera, mais la pensé unique qui prévaut à ce jour par la doxa économique.
                cordialement.


                • Abou Antoun Abou Antoun 7 décembre 2012 19:50

                  et les mêmes rapports que quand l’Angleterre annonçait la guerre que préparait Hitler et que la France s’accrochait envers et contre toute réalité à la paix imaginaire dont la rassuré celui qui la dupait.
                  Parce que Neville Chamberlain n’a pas signé les accords de Münich.


                • ddacoudre ddacoudre 8 décembre 2012 00:06

                  bonjour adou

                  en France ces accords ont consommé le front populaire (la Russie n’était pas invité), en Angleterre Chamberlin n’a dupé que le peuple et pas les spécialistes ou des hommes comme Churchill, c’est surtout cela que je voulait indiquer.
                  cordialement.


                • plexus plexus 7 décembre 2012 20:55

                  Oui, l’allemagne était à genoux après le traité de 1919, et hitler a joué sur cette humiliation, les difficultés, pour se rebiffer, exalter ce peuple écrasé.
                  Cela ne s’est pas répété en 1945, les alliés avaient compris, et l’Allemagne, exactement comme la France, a bénéficié du plan Marshall, vos interventions l’oublient.
                  De ce côté-ci du Rhin, ça réclamait, des belles pancartes « Charlot, des sous » pendant que ça marnait sec et que ça économisait de l’autre côté.
                  Si l’ouest n’avait pas racheté l’allemagne de l’Est, le deutsch mark aurait valu 5 francs, alors qu’il était à parité en 1958 1 franc = 1 DM. Pourquoi ?
                  C’est la mode, en ce moment, on critique les « fritz », on dit que, finalement ils ne sont pas heureux et que ça ne durera pas.
                  Allez faire vos courses de l’autre côté de la frontière, vous verrez les prix.
                  Quant à écraser la Grèce, ce n’est sans doute pas adroit.
                  N’empêche que ces gens nous ont menti, ont truqué leurs chiffres, ce sont des escrocs, ou, à tout le moins, des incapables.
                  Personnellement, je commencerais par mettre à la porte tous ces naïfs et hauts fonctionnaires européens qui se sont laissés berner....ou corrompre, car tout est possible.


                  • Abou Antoun Abou Antoun 7 décembre 2012 21:08

                    C’est la mode, en ce moment, on critique les « fritz », on dit que, finalement ils ne sont pas heureux et que ça ne durera pas.
                    Oui, on peut encore critiquer l’Allemagne, peut-être même la Belgique, sans s’attirer les foudres d’une quelconque ligue anti-anti-..... C’est même tendance.
                    Maintenant, comme il m’arrive de faire mes courses en Allemagne, je vous comprends parfaitement.
                    Le seul reproche à l’Allemagne que je trouve mérité c’est d’avoir œuvré au démantèlement de la Yougoslavie, mais la France, en toute crétinerie, a participé contre son intérêt à cette œuvre de destruction.


                  • Spip Spip 7 décembre 2012 23:37

                    @ Plexus. Quelques précisions quand même.


                    - Si les erreurs du traité de Versailles n’ont pas été répétées, c’est aussi parce qu’il y avait un élément nouveau et de poids : les Russes à nos portes ! Ca valait tous les pardons et toutes les aides...


                    - Les Grecs ont truqué leurs chiffres, c’est vrai mais avec l’aide/l’incitation de qui ? Goldman Sachs bien sûr et qui place maintenant ses boys aux postes clés des pays qu’il a mis dans la m...


                    • AlainV AlainV 8 décembre 2012 08:53

                      Vous écrivez que  »l’argent des pensions correspond aux revenus du capital mis de côté par les travailleurs pendant leur vie active" en="en" bien="bien" connaissez-vous="connaissez-vous" le="le" de="de" retraite="retraite">Ce ne sont pas les travailleurs qui ont des économies à la banque ou dans les assurances, mais les professions libérales les plus lucratives -et qui ont tout perdu quand c’était placé dans les banques islandaises !


                      • Eloi Linquette 8 décembre 2012 10:38

                        Votre article est juste sur beaucoup de point, mais vous oublier de dire que les autre pays (autre que l’Allemagne) ont profité de l’euro, leur endettement n’ont été que facilité durant 10 ans, et leur taux d’intérêt assez faible vu les risques a ce moment la...il n’y a aujourd’hui qu’un ratrapage. 


                        Quant a la la Grèce, (et a tous les pays européen) j’ai peur que le fascisme revienne en force, austérité ou non, car de toute façon nous payeront d’une manière ou d’une autre...(voire mon article L’Équation Impossible des déficit publics) et que des sentiment de haine envers les autre européen se développable...

                        J’espère que nous n’iront par vers le guerre de seccesion,.. 

                        • kitamissa kitamissa 8 décembre 2012 11:03

                          Je vois surtout que les Allemands travaillent, que leurs productions se vendent bien, jouissant d’une réputation de sérieux et de qualité universellement reconnues ..


                          que Mercédes,BMW, Audi et Porsche se vendent bien mieux que Renault ou PSA ..

                          que leur réussite suscite des jalousies alors qu’au moment de la chute du mur et de la RDA, il a fallu intégrer des gens vivant avec 30 ans de retard sur l’évolution du monde, et inadaptés pour le plupart aux réalités de l’économie de marché et à la liberté de penser et d’agir ...

                          les Allemands, aidés de leurs syndicats,on accepté de se serrer la ceinture pour sauver leurs emplois à un moment où la crise sévissait !!

                          et maintenant on parle à mots demi couverts de nazisme, parce qu’ils ne veulent pas aider un pays d’incapables et de magouilleurs qui ont dépensé tout le pognon ?

                          pourquoi personne ne parle du Stade Olympique d’Athènes ayant servi 15 jours pour les JO, et maintenant envahi par les herbes folles !!

                          du clergé Orthodoxe richissime exonéré d’impôts ? 

                          des pavillons de complaisances maritimes, de ces armateurs qui ne paient pas un rond d’impôt !!

                          de ces fonctionnaires inutiles embauchés par copinage, des magouilles fiscales et du manque de rigueur de l’état partagé par deux familles ?

                          et vous voulez qu’on paie pour ces gens imprévoyants et sans rigueur ?

                          c’est un peu comme si votre voisin dépensait toute sa paie en conneries et vous demandait de payer ses traites et ses factures à sa place !! 

                          • Antenor Antenor 8 décembre 2012 23:10

                            L’Allemagne et la Grèce : le dealer et le junkie

                            Qui a le plus besoin de l’autre ?


                          • BA 9 décembre 2012 15:03

                            Zone euro : chiffres du deuxième trimestre 2012 :

                             

                            1- Médaille d’or : dette publique de la Grèce : 300,807 milliards d’euros, soit 150,3 % du PIB.

                             

                            2- Médaille d’argent : dette publique de l’Italie : 1982,239 milliards d’euros, soit 126,1 % du PIB.

                             

                            3- Médaille de bronze : dette publique du Portugal : 198,136 milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB.

                             

                            4- Dette publique de l’Irlande : 179,718 milliards d’euros, soit 111,5 % du PIB.

                             

                            Ah, l’Irlande ...

                             

                            Nous avions oublié la faillite de l’Irlande, mais l’Irlande vient de refaire parler d’elle.

                             

                            Comme la Grèce, l’Irlande vient d’annoncer qu’elle sera elle-aussi incapable de rembourser les 85 milliards d’euros du plan de sauvetage.

                             

                            Interrogé sur le délai supplémentaire nécessaire pour rembourser, le gouverneur de la Banque centrale d’Irlande a plaidé pour la recherche d’une « solution durable », qui n’aurait pas à être de nouveau modifiée par la suite.

                             

                            "En conséquence, le délai de remboursement devrait être considérablement allongé", a-t-il ajouté, sans donner aucune autre précision.

                             

                            http://www.boursorama.com/actualites/l-irlande-a-besoin-de-plus-de-temps-pour-rembourser-d6283fc6783fb9654f3eab584245a0d8

                             

                            Depuis le 27 novembre 2012, nous savions que les soi-disant "plans de sauvetage" de la Grèce étaient UN ECHEC TOTAL.

                             

                            Nous savions que les soi-disant « plans de sauvetage » de la Grèce allaient coûter des milliards d’euros aux contribuables français.

                             

                            Et aujourd’hui, nous venons d’apprendre que le soi-disant « plan de sauvetage » de l’Irlande est lui-aussi UN ECHEC TOTAL.

                             

                            L’Irlande est en faillite. L’Irlande est incapable de rembourser quoi que ce soit.

                             

                            La question est donc :

                             

                            Combien de milliards d’euros ce défaut de paiement de l’Irlande va-t-il coûter aux contribuables français ?



                            • julius 1ER 10 décembre 2012 18:08

                              Comment est-il possible que les dirigeants européens, qui sont tous des gens instruits de l’économie et de l’Histoire, ne voient-ils pas que leur politique est idiote est à la fois une totale aberration sur le plan économique mais également au regard de l’Histoire.........


                              Cette question on peut se la poser mille fois, et chaque fois la réponse ne sera pas celle que l’on croit, mais celle que l’on veut entendre.....Je ne pense pas que nos dirigeants soient si intelligents que cela, je pense que le suivisme, la cooptation, l’opportunisme que l’on pourrait qualifier d’intelligence sont bien présents mais une intelligence créatrice et pourvoyeuse d’idées leur fait défaut !!!!

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