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Accueil du site > Actualités > Europe > Le plurilinguisme est une richesse mais aussi un handicap

Le plurilinguisme est une richesse mais aussi un handicap

La première assertion est devenue un cliché tant les médias l’ont reprise ; la deuxième, elle, fut longtemps sacrilège. Pourtant, depuis peu, l’Unesco et des pédagogues, linguistes ou enseignants commencent à reconnaître aussi le plurilinguisme pour un handicap dans certaines circonstances.

Car on confondait deux caractéristiques différentes : la richesse et l’utilité.
Avoir trente diamants et cinq lingots d’or dans ses poches (on peut rêver, non ?) est une richesse, mais pour courir un cent mètres, c’est un poids supplémentaire, un handicap !

Or, il en est de même avec les langues, à force de se voir répéter que les langues sont une richesse, que la diversité est une richesse culturelle, que les 6000 langues environ sont un patrimoine de l’humanité, on en oublierait que ce foisonnement de langues peut aussi être un redoutable casse-tête logistique, un frein au développement, une entrave à la scolarisation, et un problème majeur pour l’Union européenne.

Pour l’aspect richesse du plurilinguisme, faisons court : il ne se passe pas un jour sans qu’un média ou un autre nous en parle !

Voyons maintenant le plurilinguisme-handicap :
Pas de blabla théorique, que des exemples concrets issus de divers pays -ilustration pédagogique des vertus du copier-coller en ces temps de fête !

« Le gouvernement flamand a donné son feu vert mardi à l’avant-projet de décret du ministre de l’Enseignement Frank Vandenbroucke (sp.a) imposant aux parents qui inscrivent leur enfant en première année primaire de l’enseignement néerlandophone de lui avoir fait suivre auparavant une année en néerlandais. Cette contrainte devrait entrer en vigueur pour la rentrée 2010. »

« Le gouvernement de Lettonie veut renforcer la législation sur l’obligation d’utiliser la langue nationale lettone. Plusieurs amendements visent à doubler les amendes pour infraction à la législation en la matière : 100 dollars pour ne pas avoir utilisé le letton sur leur lieu de travail, 400 dollars pour absence de traduction en letton lors d’événements publics, note le quotidien russe RBC Daily. De plus, le niveau de maîtrise de la langue lettone requis pour les locuteurs étrangers sera rehaussé. »
(Courrier international)

« Le Conseil de l’Europe considère que l’État espagnol fait peu usage des langues statutaires comme le catalan, le basque et le galicien et souhaite que l’asturien, l’aragonais, le portugais, bénéficient d’une meilleure protection
Le rapport européen critique le fait que l’État espagnol n’ait pas encore résolu les problèmes de connaissance et usage des langues catalane, basque et galicienne dans le domaine judiciaire ou dans les grandes entreprises d’Etat. Ainsi, le texte réclame que l’Espagne garantisse qu’un “pourcentage adéquat” de son personnel dédié aux territoires à langue propre différente au castillan connaisse ces mêmes langues. “Les autorités espagnoles n’ont pas pris de mesures significatives pour surpasser les problèmes identifiés”, regrette le rapport. »
Novopress

« Dès cet automne les petits Argoviens ont 50% au moins d’allemand dans leur semaine. Les Lucernois eux privilégient depuis 2006 en grande majorité l’allemand standard avec des modules en dialecte. »
Il s’agit d’un débat sur l’utilisation de l’allemand avec les tout-petits, ou d’une forme dialectale de celui-ci... article dont le titre à lui seul vaut tous les grands discours :
« A la recherche de la solution miracle pour introduire l’allemand au jardin d’enfants »
 Le Temps en ligne
Sur le même thème :
« L’initiative demande que le suisse allemand soit la langue dominante durant les deux années de jardin d’enfants dans le canton de Zurich. Durant la première année, les enseignants ne devraient utiliser que le dialecte.(...) Depuis la dernière rentrée scolaire, le bon allemand et le dialecte doivent être parlés chacun durant au moins un tiers des heures dans les jardins d’enfants zurichois. Pour le reste, les écoles sont libres de choisir. »

« Bruxelles, Belgique (Le Vif/L’Expr) - Alors que le français est banni en Flandre, l’Open VLD bruxellois suggère que la capitale s’ouvre à l’anglais. Schizophrénie ? Lors du congrès de l’Open VLD Bruxelles, le député flamand Sven Gatz a proposé que l’anglais devienne la troisième langue dans les administrations régionale et communales de la capitale. Proposition acceptée à l’unanimité. La même semaine, son coreligionnaire et ministre flamand de l’Intérieur, Marino Keulen, refusait de nouveau la nomination des trois bourgmestres francophones de la périphérie. Leur « crime » ? Avoir envoyé des convocations électorales en français à leurs administrés francophones. »

« La justice ordonne à Europ Assistance de traduire un logiciel en français
Paris, France (TV 5) - Le tribunal de Nanterre, saisi par le syndicat CFTC, a ordonné vendredi à Europ Assistance France de traduire en langue française un logiciel de comptabilité qui n’avait été mis à disposition des salariés qu’en anglais, selon un jugement dont l’AFP a eu copie. »

« Cem Özdemir pour l’enseignement du turc à l’école
Paris, France (Courr International) - Cem Özdemir, le nouveau coprésident des Verts allemands, d’origine turque, veut éveiller au multilinguisme les enfants d’origine turque. "Pourquoi ne pas enseigner le turc à l’école aux côtés de l’anglais, du français, de l’espagnol et du russe ?" s’interroge Özdemir, cité par le quotidien Die Welt. Sa proposition a suscité de nombreuses critiques. »
Courrier international

« L’anglais à la portée des tout-petits
Une dizaine d’élèves de l’école maternelle Metz-Vagliano suit un cours d’anglais deux fois par semaine... »

Il n’est pas précisé s’ils ont dit merci, ces petits malpolis ! Bienvenue à tous les cobayes sur lesquels on expérimente l’anglais dès la maternelle...

« - En 2004, l’Italie avait porté plainte contre un appel d’offres externe à l’UE, publié uniquement en trois langues. La Cour européenne de justice lui a donné raison hier. »Inttranews

« Des assistants de langue chinoise à bord de SriLankan Airlines

Pékin, Chine (Quot du Peuple) - Les vols de la compagnie SriLankan Airlines auront maintenant un assistant de langue chinoise à bord de chaque vol. (...) et introduire des assistants de langue chinoise aiderait considérablement les passagers chinois, dont la majorité ne parlent pas l’anglais couramment.

Tiens, l’anglais langue mondiale, encore un mythe qui s’écroule ?

« Le commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Michel Carrier, affirme que le gouvernement provincial ne répond pas entièrement à son obligation d’assurer des services bilingues. « 

Sur l’Inde, un très intéressant article de Lachman M. Khubchandani, qui mérite une lecture attentive :

« Dans les sociétés multilingues, les revendications linguistiques et la fonction réelle d’une langue peuvent diverger. Un écart important existe entre les politiques linguistiques et la réalité en classe. Dans un grand nombre d’établissements, il n’est pas inhabituel que l’enseignant et les élèves communiquent dans une langue, que les cours soient donnés dans une deuxième langue, les manuels rédigés dans une troisième langue et les réponses dans une quatrième. »

C’est d’un pratique ! Ce sont en quelque sorte ces situations extrêmes que l’UE voudrait nous voir adopter...

« L’hétérogénéité des modèles de communication dans de nombreuses régions du sous-continent, l’utilisation inégale de différentes langues dans l’enseignement, le recours à une version élaborée de la langue maternelle dans les situations formelles, le manque de personnel maîtrisant la langue dans laquelle sont rédigés les manuels scolaires et le passage à une autre langue à différents niveaux de l’enseignement sans une préparation adéquate sont quelques-unes des difficultés auxquelles font face les élèves qui suivent des cours dans leur langue maternelle. »

Richesse... ou handicap ?

« À la lumière de ces faits, nous devons chercher comment enseigner les deux niveaux de langue : la langue parlée et la langue écrite. (...) Il faut bâtir un nouvel ordre sur les ressources inhérentes à une vaste diversité d’environnements linguistiques qui fournissent un profil caractéristique des communautés segmentées dans le pays. »

« Les langues européennes retardent l’Education en Afrique :
En ce qui concerne l’impact de la langue maternelle sur les résultats académiques, l’universitaire éthiopien, Teshome Nekatibeb, a indiqué que les apprenants ayant fait leurs études dans leur langue maternelle enregistraient de meilleurs résultats que ceux ayant fait leurs études en anglais. Selon M. Nekatibeb, il ressort d’une enquête réalisée dans 372 écoles primaires d’Ethiopie que la correspondance entre la langue maternelle et la langue d’enseignement est le facteur de réussite le plus déterminant pour les apprenants. "C’est à la suite de cette constatation qu’il avait été recommandé l’usage de la langue maternelle comme vecteur d’instruction en Ethiopie", a-t-il encore mentionné »

« (Syfia Afrique) Des atouts indéniables, mais faute de volonté politique et de soutien populaire, les langues africaines peinent à s’imposer comme langues d’enseignement sur le continent. Tel est l’amer constat d’intellectuels et de décideurs, réunis début août à Windhoek, en Namibie.
"Il est grand temps que l’Afrique cesse d’être le seul continent où quand l’enfant va à l’école, il est obligé d’accéder à la connaissance et à la science dans une autre langue que celle qu’il parle dans sa famille." Adama Samassekou, président de l’Académie africaine des langues (Acalan) en impose par sa conviction à défendre l’introduction des langues maternelles dans les systèmes éducatifs africains. »

« Le manque de valorisation des langues africaines dans l’enseignement entraîne des défis éducatifs graves aux enfants et sociétés africaines. On l’a dit qu’un peuple ne peut pas réaliser des progrès technologiques par l’intermédiaire d’une langue étrangère.
Les langues européennes, malgré leur présence sur le continent africain durant 100 ans et plus, sont inconnues à plusieurs millions de citoyens africains. Aussi longtemps qu’il n’y a pas d’engagement sérieux pour intégrer les langues maternelles dans l’apprentissage par le biais de l’éducation multilingue, l’Afrique et le monde n’auront pas accès à une grande partie de l’immense richesse intellectuelle africaine. »
Là, l’Unesco valorise le plurilinguisme, mais en signifiant que l’enseignement doit se faire dans la langue maternelle, c’est-à-dire en fait enseigner et penser dans sa langue, et remettre les langues étrangères à leur place de supplément, d’extra. Comme c’est l’Unesco, il fallait le dire en y mettant les formes...

Notre article sur Avox

Un excellent article, très documenté, de John Daniel, Sous-Directeur général pour l’éducation, UNESCO , qui aborde en détail le multilinguisme en Afrique oui, mais en conseillant l’enseignement d’abord dans sa langue maternelle.
 Il aborde aussi divers autres exemples (le quéchua au pérou)
« Fortement concurrencées par le russe pendant près de 70 ans, les langues parlées dans les anciennes Républiques soviétiques manquent aujourd’hui des termes adéquats pour décrire notre environnement technologique ou scientifique. »

C’est ce qui arrive en Europe au suédois et au norvégien, ce qui pourrait arriver au français si l’anglais se généralisait à l’université...

« L’un des éléments les plus frappants mis en lumière par ce tableau est le relatif « recul » de l’usage du maltais chez les parents qui s’adressent à leurs enfants. Peut-être faut-il interpréter ce phénomène par une volonté (inconsciente ?) d’encourager les nouvelles générations à s’exprimer dans un idiome internationalement répandu, et dont la maîtrise précoce serait la garantie d’une meilleure réussite professionnelle. On note en effet que si la langue maltaise est très majoritairement employée dans les relations « privées » (à la maison ; dans le quartier), c’est plutôt l’anglais qui semble privilégié sur le lieu de travail des locuteurs.
Pour résumer, il semblerait que le maltais soit massivement considéré comme une langue de cœur, porteuses de valeurs culturelles et identitaires très fortes, et sans ambition extra-territoriale. Parallèlement, l’anglais, symboliquement peu chargé (voire déprécié : « langue des snobs », disent même certains) serait naturellement reconnu comme la langue indispensable de communication internationale, sentiment exacerbé par la mondialisation et l’entrée de Malte dans l’U.E. »
« (Mémoire de DEA "Le bilinguisme dans l’éducation à Malte : des pratiques en évolution" par Jullien FERNAND, Docteur en Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Provence. )
(1. L’enquête et l’analyse qui en découle ont été effectuées dans le cadre de l’obtention de DEA de Sciences du langage, à l’Université Paul Valéry (Montpellier III). Elles ont fait l’objet d’un mémoire, « Le bilinguisme dans l’éducation maltaise : des pratiques en évolution », dirigé par Mme Michèle Verdelhan ).

L’Unesco évoque depuis quelques années un aspect méconnu qui pourrait bien prendre de l’ampleur dans le futur : l’enseignement dans sa langue "maternelle", reconnu plus efficace (car on pense mieux dans sa propre langue), ne serait-il pas tout simplement un droit ? (exemples : le conflit récent aux USA sur l’espagnol, ou le Pérou qui fit l’essai de reconnaître le quéchua).

Pourquoi cette longue et peut-être fastidieuse accumulation d’extraits ? Pour montrer qu’au-delà des belles paroles sur la richesse du plurilinguisme, la question de la transmission des connaissances et celle de la communication entre les peuples est partout et depuis toujours un terrible casse-tête. Un pays doté de plusieurs langues officielles est certes riche, mais il est riche aussi de difficultés structurelles...

Mais un peu de réalisme pointe enfin le bout de son nez dans le monde des langues et de la pédagogie : très récemment, une émission de France-Culture abordait justement les difficultés de l’apprentissage de la lecture lorsque l’enfant y est obligé dans une langue autre que sa langue maternelle, soit parce que l’école se fait ainsi dans son pays, soit parce qu’il est immigrant :
« Dans un monde qui favorise la confrontation à plusieurs univers, cette multiplicité est synonyme de richesse tout autant que de handicap. »
(France-culture 21/12, 15h)

Dans la même émission :
« " On n’apprend à parler qu’une fois, et dans la langue de sa mère", scande le linguisteAlain Bentolila. " Prétendre apprendre à lire et à écrire à un enfant dans une langue qu’il ne parle pas, c’est tout simplement le condamner à l’analphabétisme " ajoute-t-il, en précisant que ce simple fait explique le taux d’analphabétisme de Haïti (85%) ou du Maroc (55%°) »

Il a rappelé qu’il était bien difficile pour un enfant vers six ou sept ans d’apprendre à lire en arabe standard alors qu’il a appris les mots jusque là en berbère, en espagnol alors que sa langue maternelle est le quéchua, a donné quelques autres exemplesen Afrique, Haïti, ou chez nous en français si l’élève est immigrant récent et n’a qu’un stock de mots francophones très limité.
Il suggérait, si nous avons bien compris, de favoriser un accueil progressif, en intégrant un apprentissage de la lecture dans sa langue maternelle, le décalage scolaire vis-à-vis du français se rattrappant progressivement avant la 6e, sans vouloir aller trop vite.

On peut rapporter également une réflexion sur un sujet voisin, faite par Patrick Weil, Directeur de recherches au CNRS, dans un article intitulé « Il faut passer à l’action au lieu de se contenter de symboles ! » paru dans l’édition du 17/12/08 du journal Le Monde, qui répondait sur la discrimination positive :

« Question : Patrick Weil, vous êtes directeur de recherche au CNRS, auteur de "La République et sa diversité" (Le Seuil, 2005) et de "Liberté, égalité, discriminations" (Grasset, 2008). Faut-il inscrire la discrimination positive dans le préambule de la Constitution ?
Réponse : "Non, je n’y suis pas favorable. (…)
Question : Que pensez-vous des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy ?
Réponse : Je trouve qu’elles sont un peu timides. (…) On pourrait également modifier voire supprimer les épreuves des concours les plus discriminantes comme la culture générale et, surtout, les langues vivantes : la culture générale parce qu’elle fait appel à des notions que l’on apprend dans les milieux favorisés et les langues vivantes parce qu’il n’y a pas meilleur apprentissage que les séjours à l’étranger, qui ne sont pas accessibles aux milieux populaires. Il faut, bien sûr, maîtriser les langues mais il faut les apprendre au cours de sa formation, et non être sélectionné sur cette base. (…) »

On aura compris que, par « les langues », on entend l’anglais comme épreuve dans les concours d’admission. Augmenter les heures, financer des stages d’été comme l’a annoncé Xavier Darcos ne fait que déplacer le problème et augmenter le niveau exigé par les concours ou les entreprises : sera-t-on demain obligés de commencer l’anglais à la maternelle ?

Conclusion :
Reconnaître que le plurilinguisme, qui est une richesse, peut aussi être un handicap, est un premier pas vers l’acceptation qu’une langue étrangère est un immense travail, un premier pas vers la reconnaissance du droit –encore fragile - à recevoir un enseignement dans sa langue maternelle, un premier pas dans la réflexion sur l’incommunicabilité entre les habitants de la Terre, sur la tour de Babel.

Mais on peut aussi laisser la conclusion aux humoristes, aux auteurs anonymes de blagues russes :

A Odessa, deux habitants voient un étranger en grande difficulté dans la mer, car visiblement il appelle au secours :

- Help ! help !
Les deux gars ne bougent pas, et au bout d’un moment, l’étranger se noie.
L’un d’eux dit à son pote :

- Tu vois, au lieu d’apprendre des langues étrangères, il aurait mieux fait d’apprendre à nager.

Dans un tout petit village d’Ukraine, un touriste visiblement un peu perdu demande son chemin à des habitants. D’abord en anglais : pas de réaction. Il répète alors la même question en allemand, sans résultat. Puis en espagnol, italien, arabe, et, en désespoir de cause, balbutie quelques mots de chinois.
Devant l’absence de réactions, il finit par s’en aller, au hasard des rues.

- Tu as vu ce touriste ? s’exclame un habitant admiratif à son pote, il en connaît des langues !

- Ah ouais ? Et à quoi ça lui sert ?


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83 réactions à cet article    


  • morice morice 23 décembre 2008 12:43

     le plurilanguisme ne peut être qu’un avantage, désolé !


    • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 23 décembre 2008 16:24

      On trouvera, dans l’Etat français comme dans l’Etat espagnol, au Royaume-Uni ou ailleurs, des propagandes ayant recours à toutes sortes d’arguments pour s’opposer à la reconnaissance de fait de l’existence de plusieurs langues dans ces Etats.

      Mais, en ce qui concerne la France, voici ce qu’a écrit le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU en juillet dernier :

      http://www.ohchr.org/FR/countr...

      11. Tout en saluant la déclaration de l’État partie selon laquelle l’absence de reconnaissance officielle des minorités à l’intérieur de son territoire n’empêche pas l’adoption de politiques appropriées destinées à préserver et à promouvoir la diversité culturelle, le Comité continue de ne pas partager le point de vue de l’État partie selon lequel le principe, dans l’abstrait, de l’égalité devant la loi et l’interdiction de la discrimination constituent des garanties suffisantes pour assurer aux personnes appartenant à des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques la jouissance égale et effective des droits énoncés dans le Pacte (art. 26 et 27).

      L’État partie devrait réexaminer sa position concernant la reconnaissance officielle des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques, conformément aux dispositions de l’article 27 du Pacte.

      (fin de citation)

      Pour les articles 26 et 27 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques :

      http://www.unhchr.ch/french/ht...
      Article 26

        Toutes les personnes sont égales devant la loi et ont droit sans discrimination à une égale protection de la loi. A cet égard, la loi doit interdire toute discrimination et garantir à toutes les personnes une protection égale et efficace contre toute discrimination, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique et de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
      Article 27 
        Dans les Etats où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques, les personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du droit d’avoir, en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion, ou d’employer leur propre langue.
      (fin de citation)

      Voir, pour plus de détails, les commentaires (qu’on ne va pas reproduire encore !) à cet article du même auteur :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=48847

      L’article fait état de ces conclusions du Conseil de l’Europe à propos de l"Espagne :

      http://www.coe.int/t/dg4/education/minlang/Report/Recommendations/SpainCMRe c2_fr.pdf

      dont voici le bref résumé : http://www.coe.int/t/dg4/education/minlang/Default_fr.asp "Le Comité des Ministres vient de rendre public le deuxième rapport sur la situation des langues minoritaires en Espagne. Sur la base de ce rapport, le Comité des Ministres encourage l’Espagne à améliorer l’usage des langues régionales ou minoritaires dans le système judiciaire et dans l’administration d’Etat. Les autorités espagnoles sont également invitées à accorder un niveau de protection plus élevé à la langue asturienne, et à développer un cadre juridique spécifique pour protéger l’aragonais et le catalan d’Aragon. Les autorités espagnoles sont enfin encouragées à préciser le statut du galicien en Castille-et-León, du portugais dans la ville d’Olivenza, du berbère dans la Ville autonome de Melilla et de l’arabe dans la Ville autonome de Ceuta, et le cas échéant de protéger ces langues, en coopération avec les locuteurs."


      Indépendance des Chercheurs


    • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2008 17:26

      Les faitrs parlent pourtant d’eux-mêmes, et dans divers pays : ce n’est jamais facile. Si on parle de la même chose, car il ne s’agit pas du polyglottisme, mais bien de la coexistence de diverses langues sur un territoire.


    • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 23 décembre 2008 18:47

      Prenons le cas de l’Espagne. Si vraiment parler plus d’une langue était mauvais pour un enfant, les Catalans à qui l’école en Castillan a été imposée pendant la période franquiste auraient dû avoir du mal à s’en sortir, mais personne ne rapporte une chose pareille. Pour ne pas parler de ceux que, de surcroît, leurs parents envoyaient au Lycée français.

      A l’inverse, ceux qui arrivent en Catalogne provenant d’autres parties de l’Espagne ont toujours tenu à ce que leurs enfants apprennent la langue du pays. Les enfants s’en portent très bien.

      En France, on oblige depuis longtemps des populations dont la langue maternelle n’est pas le Français à faire dans cette langue l’essentiel de leurs études, voire la totalité.

      L’administration en Français pour tous serait très bien, nous dit-on, mais un peu de "langues régionales" poserait semble-t-il un "énorme problème".

      Il y a surtout des questions d’attitude. Connaître plusieurs langues depuis son enfance, y compris des langues "peu influentes", est une excellente préparation pour ne pas proférer un jour ce genre de trucs :

      (Jules Ferry, discours du 28 juillet 1885 devant la Chambre des Députés)

      http://survie.org/IMG/doc/doc-122.doc

      (...)

      Quant à la [guerre] […] engagée sur les rivages lointains de Madagascar, une immense majorité ici, prise dans tous les partis, et le Gouvernement en tête, proclame qu’elle est […] véritablement la plus nationale de toutes celles qu’on a entreprises depuis de longues années. […]

      (...)

      Un des reproches de l’opposition […] est d’avoir répondu aux impertinences des peuples barbares par une trop longue condescendance, c’est d’avoir trop longtemps négocié […]. Il n’y avait pas de négociation acceptable avec les Hovas [à Madagascar] […].

      L’honneur de la France exige que l’on ne se laisse pas jouer plus longtemps par un petit peuple barbare ; autrement, c’est la civilisation tout entière qui est compromise...

      (fin de citation)

      Indépendance des Chercheurs


    • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2008 18:54


      "En France, on oblige depuis longtemps des populations dont la langue maternelle n’est pas le Français à faire dans cette langue l’essentiel de leurs études, voire la totalité.
      "
      On attend toujours de voir comment vous allez nous organiser tout ça...


    • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2008 19:01

      Les langues régionales existent sans qu’il soit besoin de les reconnaître par un traité ! De même que la pluie ou le beau temps, ou telle ou telle génocide ou crimes du passé dont il faut laisser l’analyse aux historiens plutôt que d’en faire un sujet de querelle politique à l’Assemblée et de bisbilles internationales. 
      La question est de savoir quelle place elles doivent avoir, comment s’organiser, et la réponse n’est pas facile, et ne sera sûrement pas dans un rapport très général rédigé par des gens qui n’ont rien à gérer, eux, et soutiennent à fond l’anglais comme langue véhiculaire unique de l’UE.


    • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 23 décembre 2008 19:16

      "soutiennent à fond l’anglais comme langue véhiculaire unique de l’UE"

      En l’occurrence, il ne s’agit pas de l’Union Européenne mais du Conseil de l’Europe : http://www.coe.int/DefaultFR.asp , et la Russie en fait partie.

      Quant à organiser, c’est aux gouvernements et aux Parlements de chaque pays de le faire.

      Indépendance des Chercheurs


    • LE CHAT LE CHAT 23 décembre 2008 13:04

      remplaçons toutes ces langues par le langage des signes , universel ! en plus , plus de pollution sonore ! smiley le point noir , ç’est que ça va mettre du monde au chomâge , plus de sous titrage , plus de doublage des films ! smiley


      • Romain Desbois 23 décembre 2008 14:01

        non Le Chat, la langue des signes n’est pas universelle. Des sourds Chinois ne comprendront pas les signes des sourds français.


      • Jean-paul 23 décembre 2008 15:45

        @ le chat
        Erreur ,le langage des signes n’est pas universel .Certains pays utilisent les 2 mains ,d’autres une seule main .


      • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2008 17:29

        Le Chat, comme l’a fait remarquer R.Desbois, elle n’est pas universelle, j’ajoute qu’elle n’est même pas encore standardisée à l’échelle d’un pays, puisque il existe des signes locaux connus seulement de quelques vieux qu’un linguiste a cherché à recueillir.


      • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 23 décembre 2008 19:33

        Proposition intéressante, qui réveillerait néanmoins probablement des levées de majeurs...

        Typhon


      • jakback jakback 23 décembre 2008 13:17

        Sauf que , voyageant assez souvent, force est de constater hormis la langue maternelle ou l’anglais, point de salut, pour l’étranger de passage. Sans oublier que l’anglais est la langue du biz international.
        Pour le reste, l’espéranto, le breton, l’inuit, a part pour sa culture personnel ou briller dans les diners en ville, je vois bien l’intérêt immédiat pour les non concernés.


        • Romain Desbois 23 décembre 2008 13:59

           Tu as raison Jacback.
          Mais pour autant est-ceque parceque c’est ainsi que l’on doit s’en contenter. Devons-nous nous plier sans esprit critique à ce qui nous est imposé ?
          L’anglais (ou tout autre langue maternelle) avantage évidemment les anglophones de lait.
          Un medecin n’ayant pas l’anglais en héritage devra en plus de son cursus professionnel pourtant bien fourni, se taper des milliers d’heures d’apprentissage d’une langue qu’il peinera à maîtriser. C’est un handicap dont il ne peut s’affranchir, sous peine de ne jamais être medecin.
          Libres à nous de trouver cela normal et d’en accepter le prix ; libre à nous de refuser ce que l’on veut nous imposer.
          Cette stratégie d’engagement qui veut que l’on continue dans une mauvaise voie par peur de se renier, de reconnaître que l’on a fait le mauvais choix est symptomatique de la manipulation des masses qui d’ailleurs ne cherche pas à s’informer, dans l’esprit du compétiteur qui croit avoir plus de chance de réussite que l’autre.
          C’est d’ailleurs à mon avis la vraie raison du maintien de l’anglais. Langue difficilement accessible à la masse (qui osera dire le contraire en france ?), cela permet à ceux qui savent le parler de garder le pouvoir.
          De tous temps garder le savoir a été le moyen de garder le pouvoir.
          J’ai même lu ça dans Rahan que j’ai découvert sur le tard. Il parait que c’est d’obédience communiste (je désamorce les commentaires). Bon, pour une fois, non ... encore une fois, je suis d’accord avec les communistes (ce qui n’est pas toujours le cas).


        • LE CHAT LE CHAT 23 décembre 2008 14:04

          @romain Desbois

          exact , Rahan était commissaire politique dans Pif Gadget , comme son père le défunt Crâo ! smiley
          de son temps , on se génait pas pour dégraisser le mammouth !


        • Romain Desbois 23 décembre 2008 15:22

          Des milliers d’heures oui Le furtif si tu tiens compte du temps d’apprentissage hors scolaire (le soir à apprendre ses cours d’anglais, voire le stage en immersion)


        • Asp Explorer Asp Explorer 23 décembre 2008 16:21

          Mais pour autant est-ceque parceque c’est ainsi que l’on doit s’en contenter. Devons-nous nous plier sans esprit critique à ce qui nous est imposé ?

          Il ne nous est rien imposé, il s’impose de lui-même, par l’usage. Au contraire, la loi française, une des plus rétrogrades du genre, ne cesse de mettre des freins à l’usage de l’anglais grâce à des règlements d’une ubuesque stupidité. Ainsi on m’impose d’écouter les âneries fils à papa sans voix ni talent sous prétexte de promouvoir la chanson française, alors que je n’aime que la variété anglo-saxonne. C’est ça, la vérité.

          Un autre exemple d’"imposé", c’est par exemple la convention consistant à rouler à droite. Il y a sans doute des gens qui trouveraient avantageux de rouler sur le côté gauche de la chaussée. Oui, mais voilà, au bout d’un moment, il faut bien se décider. On roule à droite. Ce n’est pas moi qui l’ai choisi, je n’ai pas voté pour, mais je suis bien content que quelqu’un se soit décidé pour un sens de circulation quand j’emprunte les routes.


        • Hermes Hermes 23 décembre 2008 17:23

          &Il ne nous est rien imposé, il s’impose de lui-même, par l’usage. &

          Ha bon, l’anglais s’impose, moi je croyais que se sont ses locuteurs natifs et non natifs qui l’imposent

          &Au contraire, la loi française, une des plus rétrogrades du genre, ne cesse de mettre des freins à l’usage de l’anglais grâce à des règlements d’une ubuesque stupidité.&

          ben au contraire les contraintes francaises permettent que les entreprises francaises n’abusent pas trop des anglicismes dans la pub pour justment que les francais achetent ces fameux produits, et eviter que certaines entreprises ne travaillent q’en anglais alors qu’il n’y a que des francais 

          &Ainsi on m’impose d’écouter les âneries fils à papa sans voix ni talent sous prétexte de promouvoir la chanson française, alors que je n’aime que la variété anglo-saxonne. C’est ça, la vérité. &

          par définition la chanson francaise doit se faire en francais, et qui vous oblige ? vous avez internet donc vous pouvez écoutez tout ce que vous voulez, en france aux dernieres nouvelles c’est pas la dictature internet. Et bien moi en france grace à internet j’écoute des chansons dans plus de 10 langues differentes, ha lala la france quelle dictature


        • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2008 17:35

          Asp,
          Encore ce mensonge ? je vous ai dit cent fois que c’est faux : l’anglais est bel et bien imposé à l’école primaire, faute de choix proposé. C’est quand même simple : pas de choix = imposé ! Ca ne veut pas dire que de nombreux parents ne l’auraient pas choisi s’il y avait une possibilité de choix, mais ça ne change pas cette évidence : la notion de choix des langues étrangères ets morte en France, révolution pédagogique curieusement tue par les médias. D’autant qu’ne 6e c’ets apreil, dans de nombreux établissements, le "choix" est limité à anglais, ou bilingue angl/allemand, ce qui revient à une obligation.

          En outre, cette fois, ce n’est pas le sujet de l’article !


        • Asp Explorer Asp Explorer 23 décembre 2008 18:10

          je vous ai dit cent fois que c’est faux

          Vous pouvez répéter mille ou dix mille fois la même ânerie, elle n’en gagnera pas pour autant le statut de vérité.


        • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2008 18:18

          Demandez à n’importe quel parent d’élève du primaire s’ils ont reçu un papier avec des cases à cocher "concernant l’initiation aux langues étrangères, souhaitez-vous que votre enfant fasse un peu d’anglais, d’allemand, de langue régionale, d’italien, d’arabe, d’espagnol, etc. ?"

          85% au moins font de l’anglais, quelques uns la langue régionale, certains de l’allemand notamment en Alsace, mais hormis quelques rares exceptions (Alsace), il ne s’agit pas d’un choix. L’astuce est dans cette méthode officieuse, où quelques rares choisissent, quand la majorité se voient imposer l’anglais. Méthode française assez hypocrite, là où les italiens ont légiféré.
          J’ai quand même fini par trouver un journaliste qui l’ait écrit, dans Famille magazine, il y a quelques années, mais le plus souvent ils usent de formulations alambiquées pour masquer la vérité "85% font de l’anglais", "c’est l’anglais qui, en majorité..."

          Vous pourriez aussi lire d’autres témoignages à ce sujet, sur les sites des syndicats de parents d’élèves, mais j’ai déjà dû vous donner ces liens...


        • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2008 18:20

          Le Chat, Rahan, pour un commissaire politique, ets plutôt réfractaire à l’autorité : on ne compte plus les chefs ineptes et les sorciers malfaisants qu’il a renversés !


        • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2008 18:22

          Pourquoi vous fatiguer à lire AVox en français, lisez l’édition "internationale" !


        • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2008 19:11

          Allez, comme c’est la trêve des confiseurs, je mets quand même le lien vers un témoignage de parents d’élèves, spécialement pour Asp :

          « Nous avons exprimé le mécontentement des parents face à l’absence de choix de la langue enseignée en élémentaire, dans la mesure où cela détermine le "choix" de la 1ère langue en 6ème. »
          http://fcpedelunion.free.fr/articles.php?lng=fr&pg=149



        • Arnes Arnes 23 décembre 2008 20:53

          Pour ce qui est de l’apprentissage des langues, Il ne faut pas se baser sur les performances des profs de langue français : elles sont lamantables !!

          En allemagne, les eleves parlent à peu prés correctement le français ou l’anglais en 2 ans, alors qu’en france, apres 7 ans, on ne sait toujours pas parler. Un cadre devant s’expatrier peut devenir autonome apres 2 mois d’apprentissage intensif aupres d’organismes performants.




        • mick legrand 24 décembre 2008 11:55

          Arnes, les performances des profs de langue français ne sont pas plus lamentables que les vôtres en langue française (vous devriez vous relire).

          Pour le reste, pourquoi des gens qui se voient comme la crème du monde civilisé (les Français) s’abaisseraient-ils à faire apprendre un "patois" étranger à leurs enfants.

          Rappelez-vous l’article 88 de notre Constitution : " la République peut conclure des accords avec 					des États qui désirent s’associer à elle pour développer 					leurs civilisations".

          Tout est dit : les Français sont auto-suffisants.


        • skirlet 24 décembre 2008 13:52

          En allemagne, les eleves parlent à peu prés correctement le français ou l’anglais en 2 ans

          Encore une légende... J’ai vu des étudiants allemands venus en échange, leur français était tellement basique qu’ils ne pouvaient même pas comprendre une conversation simple. Et encore, il l’ont étudié... ce qui n’est pas toujours le cas dans ce pays où l’anglais est obligatoire.


        • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2008 17:41

          Bonjour, analogie classique mais trompeuse : la diversité biologique permet essentiellement à la nature d’avoir un réservoir de possibilités pour la survie des espèces, ainsi que la sélection darwinienne, mais en matière de langues, ce ne sont pas les meilleurs langues qui survivent ou s’imposent, mais celles des peuples qui survivent ou s’imposent, ce qui n’est pas la même chose. Pour reparler de l’anglais, même si le thème ici est plus général, il n’est pas autant répandu grâce à ses qualités linguistiques mais par d’autres mécanismes de pouvoir et d’influence.
          Après, on peut effectivement considérer qu’il est utile de préserver ce patrimoine intellectuel, mais c’est comme les espèces animales, il n’est pas simple d’assurer leur survie, il faut un renouvellement des locuteurs, sinon une petite langue est condamnée.


        • Iren-Nao 23 décembre 2008 14:50

          @ L’auteur

          On ne peut pas avoir que des avantages, et laissons tomber les droits.

          Une langue c’est plus qu’un moyen de communication. C’est de la racine, et sans racines, pas de feuilles.

          Il existe en ce moment une suprematie de l’anglais dans beaucoup de domaines, cela peut faire grincer des dents, c’est un des aspects de l’imperialisme americain, mais autant s’y faire, il y a je ne sais combien de langues et plus encore de jarguons sur la planete, mais enfin en dehors de leur petit bled qui les cause ?

          Au surplus, une grande majorite des gens n’a absolument jamais besoin de langue etrangere.

          Par contre dans des tas de domaines techniques ou scientifiques il est quasiment impossible d’etudier et de rester au courant sans la maitrise d’une langue et ecriture majeure car la litterature n’existe pas traduite dans les langues mineures, et certaines langues ne sont pas assez riches pour exprimer tous les concepts.

          La premiere langue mondiale est le chinois, mais qui en Chine en a vraiment besoin d’anglais ?

          Ce matin encore un charmant couple asiatique me demande bien poliment si je parlais anglais.

          I do.

          Pour la suite ca a ete difficile, ils etaient coreens, on a du ecrire....

          Il est long et difficile de reellement maitriser une langue etrangere. Il y faut un certain talent qui n’est pas donne a tous.

          Il est souvent tres perilleux d’utiliser des langues etrangeres en situation dangereuse demandant de la precision.

          En situation de stress, seule la langue maternelle fonctionne bien.

          Selamat malam

          Iren-Nao


          • Romain Desbois 23 décembre 2008 15:44

            Tu es mûr pour l’espéranto Iren-Nao smiley
            Tous tes arguments prouvent qu’une langue internationale doit être neutre, c’est à dire ne doit pas privilégier certains au détriment de la culture, de l’effort de l’autre.

            Tu dénonces par le fait la suprématie de l’anglo-américain puis tu sembles l’accepter (je te cite : autant s’y faire) sous pretexte que tout n’est pas traduit dans toutes les langues.
            N’est-ce pas justement parceque l’anglais est la langue internationale que l’on ne se donne plus la peine de traduire dans d’autres langues ? (comme c’est désormais le cas pour les travaux de Pasteur que l’on ne traduit plus en Français)

            Et oui pour les asiatiques il est plus facile d’apprendre l’espéranto que l’anglais (l’Eo ayant une contruction agglutinante proche du système de construction de certaiens langues asiatiques).

            Au passage je crois que le chinois n’est pas une langue, tu parlais surement du cantonais.

            Oui tu as raison la langue maternelle est la plus efficace, c’est pour cela qu’il ne faut pas que ce soit une langue maternelle qui soit utilisée comme langue internationale ; pour que tout le monde soit sur le même pied d’égalité.

            Et pour ceux qui croient à la Bible, il est dit dans la génèse :
            "et Iahvé dit : "Voici qu’eux tous forment un même peuple et ont un seul langage. S’ils commencent à faire cela, rien désormais ne leur sera impossible de tout ce qu’ils veulent entreprendre" GENESE chaprite XI


          • titi 23 décembre 2008 16:11

            "prouvent qu’une langue internationale doit être neutre"

            Question : que pensent les Chinois, les Russes, les Indiens, les Thaïs, les Viets, etc.. de l’utilisation de l’alphabet "latin" dans l’espéranto ?
            Sachant que les Indiens et les Chinois réunis représentent presque la moitié de l’humanité.


          • Asp Explorer Asp Explorer 23 décembre 2008 16:26

            Tous tes arguments prouvent qu’une langue internationale doit être neutre

            Le concept de neutralité des langues est une notion oiseuse introduite par les tenants des langues artificielles de manière à promouvoir leurs inventions. Mais dans la réalité, l’anglais (puisque c’est bien de cela qu’on parle) est la langue natale de nombreux peuples différents, et même au royaume-uni, personne ou presque ne parle l’anglais d’Oxford ou de Cambridge. Partant de là, la prétendue supériorité des anglo-saxons sur les autres locuteurs de l’anglais apparaît discutable et ne repose que sur des témoignages partiaux.


          • Iren-Nao 23 décembre 2008 16:28

            @ Romain, @ Titi

            Je ne sais pas si je suis mur pour l’esperanto, en dehors de l’anglais qui est ma langue de boulot, je me debrouille assez en indonesien qui se prononce facilement pour un francais, mais je cale completement avec le Thai a cause des tons. Et je crois que justement l’esperanto, pour le peu que j’en ai eu a connaitre serait sans doute tres ardu pour ceux qui ont des langages comme le thai, le viet le chinois....l’indo c’est du malais et c’est different,

            Et comme dit titi ca s’ecrit en latin, mais le Thai, l’ecriture est balaise, pas de majuscules, pas de separation des mots et a peu pres 60 ou 70 lettres et 5 tons parfaitement inaudibles pour mes vieux tympans de scaphandrier.. Ca ressemble un peu seulement a l’ecriture cambodgienne ou birmane....

            Aujourdhui les enfants thais apprennent tres jeune l’ecriture latine,

            Je crois que plus personne ne parle le beche de mer, il y a eu ainsi des sabirs vernaculaires un peu partout (le ouoloff,, etc)

            Bonsoir a vous

            Iren-Nao



          • Romain Desbois 23 décembre 2008 17:06

            L’alphabet latin certes mais comme pour l’anglais !
            La différence c’est que l’espéranto est bien plus simple à apprendre.
            Ce qui n’interdit à personne d’apprendre d’autres langues pour découvrir d’autres cultures


          • Hermes Hermes 23 décembre 2008 17:28

            &Le concept de neutralité des langues est une notion oiseuse introduite par les tenants des langues artificielles de manière à promouvoir leurs inventions. Mais dans la réalité, l’anglais (puisque c’est bien de cela qu’on parle) est la langue natale de nombreux peuples différents, et même au royaume-uni, personne ou presque ne parle l’anglais d’Oxford ou de Cambridge. Partant de là, la prétendue supériorité des anglo-saxons sur les autres locuteurs de l’anglais apparaît discutable et ne repose que sur des témoignages partiaux. &

            Ben vue qu’une grande partie du vocabulaire que ce soit écrit ou oral est identique entre chaque pays, il leur est extremement facile d’apprendre l’autre dialecte anglophone, comme nous il nous ai facile d’apprendre le dialecte francais suisse ou belge, bon le canadien c’est uen autre paire de manche mais plus facile à apprendre que l’anglais


          • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2008 17:48

            Iren-nao,
            « mais autant s’y faire »
            C’est une citation de Spartacus, Gandhi, M.L. King ou Nelson Mandela ? ! L’oppression linguistique est moins connue, moins grave, mais elle existe.

            « Au surplus, une grande majorite des gens n’a absolument jamais besoin de langue etrangere. »
            Là, je suis assez d’accord.

            « et certaines langues ne sont pas assez riches pour exprimer tous les concepts. »
            Ca, c’est très discutable. Ca dépend aussi de l’usage qu’on fait de la langue. Personne ne contesterait la qualité intellectuelle du suédois, par exemple, pourtant son vocabulaire technique ne suit pas depuis qu’ils enseignent en anglais dans de nombreuses disciplines universitaires.

            « Il est long et difficile de reellement maitriser une langue etrangere. Il y faut un certain talent qui n’est pas donne a tous. »
            Pleinement d’accord, c’est pour ça qu’à mon avis, l’avenir est à une langue simple et efficace, l’espéranto, ce qui libère du temps pour apprendre la langue du pays où on bosse, par exemple, et donne leur chance aux « petites langues »



          • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2008 17:56

            Il faut peut-être le leur demander, c’est probablement un des rares pays au monde où se voit l’usage de l’espéranto sur un site officiel national (en France, Montpellier aussi, mais à l’échelon local)
            http://esperanto.china.org.cn/

            L’alphabet est peut-être européen (avec quelques lettres composites), mais l’aspect agglutinant et la dérivation régulière sont familiers aux Chinois, l’Eo est bien moins européen que ce cliché classique le prétend.


          • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2008 18:11

            Marrant ça, les liens entre langue et pouvoir font l’objet de bouquins savants, de thèses d’historiens et de linguistes, mais l’idée d’une langue neutre serait oiseuse ?


          • skirlet 24 décembre 2008 11:36

            Question : que pensent les Chinois, les Russes, les Indiens, les Thaïs, les Viets, etc.. de l’utilisation de l’alphabet "latin" dans l’espéranto ?

            Le plus simple c’est de leur demander smiley Je suis Russo-Ukrainienne, on apprend chez nous l’alphabet latin très tôt, et ce n’est pas un gros effort intellectuel ! (entre parenthèses, les écoliers français devraient avoir une initiation large aux langues, avec l’apprentissange des autres alphabets, c’est mieux que l’anglais obligatoire). Les espérantistes chinois, indiens et vietnamiens, à qui j’avais posé cette question à l’époque, ne se plaignent pas non plus. Je ne connais aucun Thaï, alors vous devriez vous débrouiller pour en trouver au moins un et lui poser la question.


          • mick legrand 24 décembre 2008 12:26

            Iren-Nao écrit : " Je crois que plus personne ne parle le beche de mer, il y a eu ainsi des sabirs vernaculaires un peu partout (le ouoloff,, etc) "

            Quelle drôle de vision du monde... Il y a 12 millions de personnes parlent wolof, soit 6 fois plus que les espérantistes ! Autant que le danois, le bulgare. Posez-vous un regard aussi condescendant sur ces langues ?

            De plus, vous employez le terme "chinois" à la place de "mandarin", comme certains emploient ’espagnol" à la place de "castillan", oubliant que 5 millions d’Espagnols parlent catalan.

            Le monde est compliqué, c’est sûr. Désolé s’il ne rentre pas dans vos petits tiroirs...

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