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MES : une nouvelle arnaque européenne ?

Demain le traité instaurant le mécanisme de stabilité européenne va être soumis au vote des députés. Qu'en est-il exactement ? Ne veut-on pas forcer la main aux députés ? N'y a-t-il pas un air de déjà-vu  ? Vigilance.

Par Christian Tallon, géopoliticien

Lettre ouverte aux députés et sénateurs tentés de ratifier le traité instaurant le MES

Madame, Monsieur le député,


Mardi, vous vous prononcerez dans l'urgence et peut-être sous la menace d'un vote bloqué sur le traité de ratification du MES (Mécanisme Européen de Stabilité).

Ce texte, sous prétexte de sauver la zone Euro effectue un transfert de souveraineté illimité dans le temps à une institution non élue et juridiquement inattaquable.

Comme il n’y a pas eu de référendum sur le transfert définitif et permanent de pouvoirs vers Bruxelles, ni de débats publics sur le fond du problème, votre responsabilité personnelle est immense.

Sans rentrer dans le détail du texte, nul gouvernement ou parlement ne pourra s'opposer à ses injonctions même a posteriori. Le MES sera le dictateur financier de toute la zone Euro.

Beaucoup de français ignorent tout de ce texte. D'autres de toutes sensibilités pensent qu'il s'agit là d'un coup d'état. Votre vote est le seul moyen de s'y opposer.

Au nom de la République Française et des principes démocratiques qui la fondent, nous vous demandons d'être effectivement présent à ce vote et de bien réfléchir avant de voter. Vous en porterez la responsabilité jusqu'à la fin de votre carrière politique.

Nous savons que vous serez confronté à des pressions formidables pour voter ce texte, peut-être sans avoir le temps de le lire. On vous dira probablement qu'il s'agit du seul moyen de sauver la monnaie commune : l'Euro. On vous parlera probablement moins de ses effets probables sur le niveau de vie de centaines de millions d'Européens et de ses effets catastrophiques qui ne vont pas tarder à se manifester notamment en matière d'émigration.

Beaucoup de français pensent que pour des raisons de différence de nature des économies qui composent la zone Euro, l'Euro est une monnaie non viable, sauf à organiser un transfert massif et permanent de richesse du nord de l'Europe vers le sud, et donc une nouvelle fuite en avant dans l'union sans cesse plus étroite des peuples, ce dont les peuples ne veulent clairement pas (les trois pays qui ont eu droit à un référendum ont clairement dit non).

La monnaie soi-disant unique a été dès le début mal pensée. Elle présente un vice de conception que le MES espère résoudre en instaurant la terreur économique sur les pays à faible économie et la dictature sur les gouvernements et les parlements des économies plus fortes. L'Europe n'a pas une économie mais juxtapose une demi-douzaine d'économies différentes, certaines plus faibles que d'autres. Au sein de la zone Euro certains pays du nord ont une balance des paiement structurellement excédentaire tandis que d'autres en ont une structurellement déficitaire.

Il s'en suit que les pays faibles doivent emprunter sur les marchés et contre intérêts (ils n'ont pas le droit du fait même des traités de le faire auprès de leurs banques centrales respectives ou de la BCE) tandis que d'autres accumulent des excédents leur permettant d'investir massivement dans des technologies qui leur permet de creuser toujours plus l'écart de productivité per capita.

Avant l'euro, ces pays pouvaient dévaluer leur monnaie de façon à rendre les produits d'importation plus chers et rendre les produits d'exportation plus compétitifs. Cela décourageait les importations, favorisait les exportations et rétablissait la balance des paiements du pays. Ceci est un mécanisme universel. L'histoire économique montre que toutes les économies sans exception se sont développées à l'abri de la concurrence trop forte de l'extérieur. Si elles n'ont pas pu le faire, elles ont été détruites et ont régressé à l'état de fournisseur de main d'œuvre ou de matières premières. L'Allemagne, les États-Unis, le Japon, la Chine, La France et même l'Angleterre avant sa désindustrialisation ont eu recours à des protections tarifaires ou non tarifaires. Un vaste marché ouvert avec une seule monnaie ne provoque pas la spécialisation pour le bonheur de tous mais la destruction d'économies entières et l'émigration.

C'est pour tenter sauver ce système monétaire mercantiliste mal conçu qu'on vous demande de ratifier en urgence et avec le minimum de réflexion un texte mettant en place une dictature économique définitive et non contrôlée démocratiquement sur les gouvernements des pays de la zone Euro.

De plus en plus de français commencent à prendre conscience :
  • Que de la vraie nature de la crise de l'Euro est due à un vice de conception que le MES ne réglera pas, ainsi qu'à une guerre à mort entre des monnaies, le dollar en premier lieu, des instruments financiers remplaçant les bombes mais les morts et les destructions étant bien réelles.
  • Que l'article 8 de ce traité établissant un lien entre l'aide du MES et le FMI et ses fameuses conditionnalités de sinistre mémoire dans les pays du Sud ou d'actualité en Grèce est rigoureusement inacceptable. Que vient faire le FMI en Europe ? Le but non avoué de ce vote ne résiderait-il pas dans cet article 8 ?
  • Que la rigueur budgétaire imposée à des économies structurellement faibles ne sert rigoureusement qu'à plonger ces économies dans une spirale récessionniste comme de 1930 à 1932 en Allemagne ou en Grèce aujourd'hui, faisant le lit de la violence et du fascisme. Avec ou sans MES, la tragédie de la Grèce se reproduira pays après pays plongeant un continent entier dans le chaos et in fine provoquant une émigration massive non des cerveaux mais des estomacs vers l'Allemagne, les régions encore productives de la France et de la Belgique, les pays du nord de l'Europe. En votant pour le MES vous sauverez peut-être très temporairement l'Euro mais au prix de la création d'un Mezzogiorno à l'échelle de l'Europe au Sud, de trottoirs envahis de SDF au Nord. Probablement, tout ceci s'accompagnera de mafias, traites, émigrations, esclavagisme, insécurité, vols et à coup sûr la détestation par tout un continent de l'UE qui n'aura tenu aucune de ses promesses.
  • Que l'on vous demande se sacrifier à l'idole de l'Euro, car il s'agit bien d'un sacrifice, plusieurs siècles de principes démocratiques que vous incarnez et qui sont l'identité même de l'Europe, les services publics, la cohésion sociale, les capacités d'investissement de votre pays et finalement votre fonction qui risque à terme d'être supprimée quand le peuple ou le dictateur européen se seront aperçus que vous êtes devenu inutile.

Madame, Monsieur le député, aucune des mesures que vous aurez à avaliser par votre vote ne pourra annuler les différences qui causent les déséquilibres économiques d'un continent. Au contraire, en plongeant certains pays dans la récession structurelle, vous les aggraverez. D'autres solutions sont possibles. Ce vote en urgence a pour but de vous forcer la main et de vous mettre devant le fait accompli.
Ce débat ne doit pas être l'occasion d'une nouvelle et peut être finale capitulation de votre rôle de représentant du peuple mais l'occasion de demander du temps pour vous informer et pour consulter vos électeurs. Ce débat doit être l'occasion par excellence de refuser que la fonction de parlementaire soit encore une fois et peut-être à jamais bafouée. Ce débat doit être pour toute l'Assemblée celle du sursaut et de la dignité. L'Assemblée Nationale n'est pas et ne devait jamais être une chambre d'enregistrement. Par ce vote en urgence, le gouvernement viole encore une fois l'Assemblée et avilit la fonction parlementaire. .

Madame, Monsieur le député, c'est donc le moment d'ouvrir les yeux et de prendre vos responsabilités. L'exemple grec ou islandais, les leçons de l'histoire des années 30, les traditions parlementaires, votre propre survie politique vous invitent à considérer votre vote comme un vote devant l'histoire.

Au nom du Peuple Français, merci de vous trouver effectivement à l'Assemblée Nationale mardi.

Mardi, soit vous vous placerez dans la lignée déflationniste de Pierre Laval ou de Brüning et des décrets-lois qui ont abouti au fascisme, pétainisme, nazisme et ferez sombrer un continent entier dans la misère, le désespoir et le fascisme, soit en sanctionnant vigoureusement cette initiative du MES (ou tout du moins en l'amendant considérablement), vous donnerez un coup d'arrêt à une dérive dictatoriale et totalitaire qui commence a devenir très dangereuse, pour vous y compris. Il est inadmissible que cette structure ne soit pas limitée dans le temps, que ses membres soient inattaquables et que le FMI ait quoi que ce soit à faire en Europe.

C'est pourquoi, nous, vos électeurs, sommes à vos côtés et n'oublierons pas votre vote, dans un sens comme dans l'autre. Une liste publique de la présence et du vote de chaque parlementaire sera tenue méticuleusement à jour et diffusée aussi largement que possible sur internet mais aussi par voie postale et d'affiches. Vos électeurs sauront dans tous les cas dans quel sens vous aurez voté.

Après le vote et avant les élections législatives, nous vous serions donc gré de faire savoir à vos électrices et électeurs par courrier postal les raisons de votre vote à ce texte. Si vous n'avez pas assisté au vote ou vous êtes abstenu merci d'en indiquer la raison. Se défausser d'un vote historique est aussi sérieux que de se prononcer. Le peuple que vous représentez est à vos côtés, vous soutient, mais saura aussi vous demander légitimement des comptes.

Madame, Monsieur le député, persuadé que vous saurez être à la hauteur de ce rendez-vous avec l'Histoire, nous vous en remercions d’avance et vous prions d'accepter notre plus haute considération.

Vos électeurs (électrices)
 


Liens utiles :

  1. Lien vers la liste des députés pour faire pression sur le sien
  2. Projet de loi de ratification accélérée du MES
  3. Lien vers la lettre à télécharger et à faire circuler

 

Video allemande sous titrée en français :

par Christian Tallon mardi 21 février 2012 - 25 réactions
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  • Par devphil30 (xxx.xxx.xxx.62) 21 février 10:46

    Merci Christian pour votre article sur le MES.


    Le vote a lieu aujourd’hui mais combien de Français sont au courant de ce texte ????
    Très peu et les socialistes à défaut de se mouiller risque de s’abstenir , belle démocratie

    Nous attendons toujours la position de Hollande sur le sujet .......

    Philippe
  • Par SEPH (xxx.xxx.xxx.154) 21 février 11:52

    LA FORFAITURE DES MES : La perte de la souveraineté pour chaque pays de la zone Euro

    Le billet suivant de Rudo de Ruijter est remaquable. Je vous le propose comme une arme contre la forfaiture des MES :

    "L’Europe bouge. Le 2 février 2012, sous prétexte de vouloir sauver l’euro, des Ambassadeurs des gouvernements nationaux de chacun des 17 pays de la zone euro ont signé le Traité établissant le Mécanisme Européen de Stabilité. Sous ce beau nom se cache un énorme transfert de compétences de ces gouvernements vers Bruxelles. Le traité est prévu d’entrer en vigueur au premier juillet 2012. Avant cette date c’est aux parlements nationaux des 17 pays de la zone euro d’accepter ou non la ratification de ce MES. En France une procédure accelérée a été suivie pour que l’Assemblée Générale puisse en décider dès le 21 février 2012. Juste au préalable, on leur demandera de ratifier l’amendement de l’article 136, sur lequel le MES est basé. 

    Accroissement des compétences de l’Union Européenne
    Pour le contenu du MES on peut dire, en résumant, que c’est en apparence un fonds de secours permanent pour la zone euro.

    art. 8.1 Le capital autorisé du MES est fixé à sept cents milliards (700 000 000 000) d’euros.

    art 10. 1. Le conseil des gouverneurs [...] peut décider de modifier le montant du capital autorisé et de modifier l’article 8 et l’annexe II en conséquence. Cette construction fait qu’en somme les gouverneurs peuvent décider d’augmenter le capital indéfiniment et d’en exiger le payement par les pays membres.

    art. 9.3 Les membres du MES s’engagent de manière irrévocable et inconditionnelle à verser sur demande les fonds demandés [...] dans les sept (7) jours suivant la réception de ladite demande. Il est important de noter que c’est donc les gouverneurs du MES qui décident de l’augmentation du capital et non pas les gouvernements nationaux. En cela (et pour beaucoup d’autres raisons par ailleurs) le MES est un accroissement des compétences de l’Union Européenne. [1] [2]
     

    L’article 48.6 du Traité de l’Union Européenne (TUE)
    L’article 48 permet à la Commission Européenne de modifier des articles du traité, mais comme il est précisé en 48.6, une telle décision "ne peut pas accroître les compétences attribuées à l’Union" 

    C’est pour cette raison, que la première version du MES, signé le 11 juillet 2011 par les membres d’Eurogroup [3], était illégale. C’était l’Union Européenne qui s’octroyait plus de compétences. [4] 

    Et c’est donc pour cela que la deuxième version, du 2 février 2012, n’a pas été signée par ces Ministres de Finances, membres d’Eurogroup, mais par des Ambassadeurs de Coreper, qui sont des représentants légaux des pays. Cette fois-ci, ce sont donc les pays, qui donnent plus de compétences à l’UE.

    L’amendement de l’article 136 du Traité sur le Fonctionnement de l’UE (TFUE)
    La Commission Européenne était consciente que le MES constituerait un accroissement de leurs compétences. C’est pour cela qu’elle a cherché un moyen de contourner l’article 48.6 TUE. A cet effet un petit bout de texte a été rajouté à l’article 136 TFUE disant que "les États Membres dont la monnaie est l’euro peuvent établir un mécanisme pour la stabilié de la zone euro dans son ensemble..." [5] 

    Cette description est assez neutre et n’implique pas que cet amendement sera forcément en conflit avec article 48.6 TUE. 

    Pour la Commission Européenne le premier test était donc la première version du traité, signé par les membres de l’Eurogroup le 11 juillet 2011. Ce traité était basé sur cet amendement et comportait clairement un accroissement des compétences de l’UE. Dénoncé pour son illégalité [6], le traité n’a pas été proposé aux parlements nationaux pour être ratifié.

    La deuxième version, signée le 2 février 2012, est toujours basée sur l’amendement de l’article 136. Cette fois-ci le nouveau MES sera assorti d’un traité annexe (curieusement pas encore signé, et donc pas non plus ratifié) qui fixe les conditions pour bénéficier du MES en imposant un grand nombre de nouvelles règles aux pays membres.
    Cependant, comme mentionné plus haut, cette fois-ci ce sont les pays membres eux-mêmes qui transfèrent des compétences vers l’UE et non pas l’UE, qui se les octroie. 

    D’ailleurs, pour ce deuxième MES, les pays membres n’avaient nullement besoin de l’existence de cet amendement dans le règlement intérieur de l’UE. Comme c’est un "simple" traité entre gouvernements, ils auraient pu décider les mêmes choses sans l’existence de cet amendement.
    Alors, pourquoi ont-ils laissé le texte comme si le traité était basé sur cet amendement ? La raison est simple. L’UE a l’intention d’intégrer ce traité le plus rapidement possible dans le cadre des traités de l’UE. (Lire : pouvoir le faire accepter comme un traité de l’UE.) Si le texte dit déjà qu’il est basé sur l’amendement 136, la Commission Européenne prévoit moins d’objections. 

    Il n’en reste pas moins vrai que l’usage qui est fait de l’amendement de l’article 136, constitue chaque fois un accroissement des compétences de l’UE. Ratifier cet amendement ouvre la porte à la Commission Européenne pour lui permettre d’y baser de nouvelles règlementations, qui seront chaque fois à faire annuler en justice, puisqu’elles seront contraires à l’article 48.6 TUE. "
     
    Notes et références : 

    [1]. La petite curiosité, que les gouverneurs sont par définition les personnes qui sont en charge des finances dans les pays membres (ministres de finance), ne change rien à cela. Rien n’oblige les gouverneurs à obéir à la volonté de leur gouvernement. De la même façon les parlements nationaux n’ont aucun droit de veto concernant les augmentations de capital (même si, à tort, un nombre de parlementaires nationaux le croient.) La seule chose que les parlements nationaux puissent faire, c’est de renvoyer leur Ministre de Finances, qui, de ce fait, perd alors sa position de gouverneur. Il sera remplacé immédiatement par un nouveau Ministre des Finances, qui deviendra Gouverneur du MES avec les mêmes pouvoirs excessifs.
    Est-ce un moyen de pression suffisante pour faire obéir un Gouverneur ? Je ne pense pas. Avec sa connaissance de dossiers, il gagnerait, dès le lendemain, trois fois plus chez une des entreprises privées que le MES aura gratifiées avec des juteux contrats.  

    [2] Bien que l’article 122.2 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE) [ http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2010:083:0047:0200:fr:PDF ] permette au Conseil Européen de fournir de l’aide financière à des membres en détresse (sur proposition de la Commission Européenne), la Commission européenne ne pouvait résister à la tentation d’ériger son propre FMI, ou plus précisément, un frère européen, qui collaborerait étroitement avec le FMI.
    Ils l’ont érigé promptement en mai et juin 2010. C’est le MEFS et le FESF. Ils ont un caractère provisoire et une base légale défaillante. La capacité de prêt du FESF a récemment été augmentée jusqu’à 440 milliards. (Cela représente 1320 euro par citoyen euro.)
    Le successeur est le MES. Le MES aura un caractère permanent et le pouvoir d’exiger des sommes illimitées des Caisses des États et de les prêter aux risques et aux frais des citoyens de l’euro. Ils commencent avec un capital autorisé de 700 milliards (2100 euro par citoyen euro), mais parlent déjà de montants de 1500 à 2000 milliards, dont ils pensent avoir besoin. Dès le 1 mars 2012 ils réévalueront leurs besoins. 

    [3]  Les Ministres des Finances font partie d’Eurogroup. Il est à noter, que sauf dérogation spéciale, ils ne sont pas les représentants légaux de leur pays. Pour les signataires de la première version, voir http://www.courtfool.info/fr_MES_le_nouveau_dictateur_Europeen.htm

    [4]  J’ai dénoncé cette illégalité dans http://www.courtfool.info/fr_MES_un_coup_d_etat_dans_17_pays.htm voir paragraphe "Saisie du pouvoir de la Commission Européenne." D’autres chercheurs et analystes sont arrivés à la même conclusion. 

    [5] Résolution du Parlement Européen du 23 mars 2011 sur le projet de décision du Conseil Européen modifiant l’article 136 du traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne
    "the Member States whose currency is the euro may establish a stability mechanism to be activated if indispensable to safeguard the stability of the euro area as a whole and stating that the granting of any required financial assistance under the mechanism will be made subject to strict conditionality. " 

     http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do ?pubRef=-//EP//TEXT+TA?TA-2011-0103+0+DOC+XML+V0//FR 

    [6]  Il va de soi que l’UE n’a pas reconnu que la première version était illégale. Elle a simplement fait signer la deuxième version par les représentants légaux des pays.
     
    Rudo de Ruijter
    Chercheur indépendant
    le 18 février 2012

     
    Contact :
    Rudo de Ruijter, peut être contacté via courtfool@orange.nl

  • Par SEPH (xxx.xxx.xxx.154) 21 février 15:58

             LA FORFAITURE POUR IMPOSER LA DICTATURE DE L’ARGENT

    L’excellent article suivant de Rudo de Ruijter, montre l’ignominie de nos dirigeants :

    "Le 2 février 2012 la nouvelle version du Traité du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) a été signé par les représentants légaux (Ambassadeurs de CoRePer) des 17 pays de la zone euro. [1]
    Déjà Alain Juppé à déposé une loi en procédure accélérée pour faire ratifier ce traité par l’Assemblée Nationale [2].

    La séance de ratification est prévue le 21 février 2012
    Fin du pouvoir suprême du parlement
    Comme j’ai dénoncé dans mes articles sur le MES, ce traité met fin à la souveraineté nationale des pays membres et réduit de façon significative le pouvoir des parlements nationaux, en particulier leur pouvoir suprême, celui de décider du budget de leur pays. Le traité qui sera associé au MES réduira encore davantage les possibilités des gouvernements nationaux pour gérer leur pays et pour faire face aux problèmes.
    S’engager financièrement sans connaître les conditions
    Si les pays de la zone euro ratifient le traité du MES [3], ils s’engagent à contribuer financièrement. Cependant, ils ne pourront pas bénéficier des contreparties, car celles-ci seront conditionnées par un autre traité qui n’est pas encore définitif (et donc ni signé, ni ratifié.) Curieux ? Oui. Cette contribution financière n’est pas qu’un petit montant. Avec les chiffres actuels il s’agirait, au démarrage, d’un montant assez comparable aux impôts sur les revenus annuels. Le montant est dû en cinq tranches annuelles. Mais il est déjà prévu, que seulement quelques jours après la ratification française, au mois de mars, les nécessités financières pour le MES seront réévaluées. Des montants plusieurs fois supérieurs ont déjà été annoncés.
    Procédure accélérée, information incomplète
    En raison de la procédure accélérée on a toutes les raisons de craindre que les députés n’aient pas assez de temps pour prendre connaissance de quelques informations essentielles, qu’on leur a cachées.
    En particulier on peut craindre que la plupart des députés ignorent toujours, 


    1. que l’euro ne peut pas fonctionner dans une zone si hétérogène ;

    Voici la raison :
    Rien n’empêche les consommateurs dans des pays à faible productivité de préférer des produits meilleurs et moins chers venant de pays à plus forte productivité. Cela entraîne un flux permanent d’euros des pays faibles vers les pays forts. Il en suit, que les pays faibles manquent en permanence d’euros et doivent emprunter toujours plus pour pouvoir disposer d’euros. (Avant l’euro, ces pays pouvaient dévaluer leur monnaie de façon à rendre les produits d’importation plus chers pour leurs habitants et rendre les produits d’exportation moins chers pour les acheteurs étrangers. Cela freinait les importations, augmentait les exportations et rétablissait la productivité du pays.)
    Dans la zone euro les pays participants ont beaucoup trop de différences dans les conditions qui déterminent la productivité, comme par exemple le climat local, la situation géographique, la fertilité du sol, le volume d’eau douce disponible, la présence ou non de sources d’énergie, les distances à couvrir et les difficultés de transport. Ces conditions déterminent en grande mesure l’échec ou la réussite d’activités économiques. La Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal (pour n’en mentionner que quelques uns) ne ressembleront jamais à l’Allemagne.
    En outre, la Banque Centrale Européenne ne dispose que d’un seul taux d’intérêt pour 17 économies différentes. Un changement de ce taux, dont on a toujours dit qu’il est si important pour guider l’économie, ne peut que profiter à certains pays, tandis que les autres devront en subir les conséquences. Monétairement cette zone n’est pas gérable. 2. que la méthode des "fonds de secours", qui consiste à charger plus de dettes sur des pays qui en ont déjà trop, ne rime à rien ;
    Les projets que les prêteurs financent ne profitent pas à la population dans les "pays bénéficiaires". Ces projets sont généralement exécutés par des entreprises étrangères, qui viennent le plus souvent avec leur propre personnel. L’argent n’entre même pas dans ces pays, mais va à ces entreprises étrangères. Et comme l’argent n’est pas dépensé dans ces pays, ces pays ne disposent pas de cet argent et donc ne pourront pas le rembourser. En fait, les pays "bénéficiaires" ne se noient que davantage dans les dettes. 3. que le MES, en tant que traité international, a priorité sur la législation nationale, ce qui veut dire, en particulier, que le parlement ne dispose pas d’un droit de véto lors des rehaussements de capital du MES ;
    Il convient de lire très soigneusement l’article10, qui est rédigé de telle façon qu’un ignorant peut croire que les "procédures nationales applicables" signifient un droit de véto. Cependant, même si cela était le cas, ne pas accepter les hausses du capital du MES signifierait sortir du MES, et par définition sortir de l’euro, et par définition sortir de l’Union Européenne. (Bruxelles, dans son insolence, a ficellé tous les traités ensemble pour vous faire peur de dire non. Le Général De Gaulle n’est plus là, alors qui ose ? 4. que les coupes budgétaires détruisent inutilement l’économie et les acquis sociaux ;
    La discipline budgétaire n’a rien à voir avec une quelconque nécessité pour chaque pays pris individuellement. Aucun des pays membres de la zone euro n’avait des problèmes insurmontables au moment de son adoption de l’euro, malgré ses dépassements budgétaires et malgré ses dettes.
    Dans tous les états membres le gouvernement est à la base de beaucoup d’activité économique. Les coupes budgétaires réduisent cette activité et mettent les gens au chômage. Apparemment, ces têtes du Troïka pensent que miraculeusement ces chômeurs trouveront un emploi plus productif. Au contraire, le plus prévisible sera, qu’on devra soutenir des millions de gens en détresse avec une population active de plus en plus réduite. Viendront s’y rajouter tous les expatriés des autres pays en difficulté, qui espèrent trouver un emploi - même mal payé - dans les pays réputés plus riches. 5. qu’il existe une solution saine qui rapporte gros...
    Vous connaissez l’alternative, qui consiste à retourner au franc d’antan. C’est une possibilité. Comme la création de francs ne coûte quasiment rien et qu’on les échange contre tous les euros en circulation dans le pays, cela fait une jolie cagnotte d’euros. L’histoire qui dit que quitter l’euro coûte cher est archi-fausse. Il en va de même pour les histoires effrayantes que la coopération européenne s’arrêterait, si l’on quitte l’euro.
    Réintroduire le franc c’est un bon pas. Mais si l’on veut éviter que les crises financières continuent à ravager notre société, il faudra aller un pas plus loin. La cause profonde de ces dérapages du monde financier, c’est la croissance démesurée et exponentielle de la masse d’argent. Elle est causée par la multiplication de l’argent par les banques privées. Les banques privées créent de l’argent sous forme d’avoirs chaque fois qu’elles émettent des prêts. Et plus elles émettent des prêts, plus elles gagnent des intérêts.
    La solution est donc de créer une Banque Centrale de l’État (il ne faudra pas l’appeler BCE, mais Banque de l’État Français), qui sera seule habilitée de créer de l’argent. (C’est d’ailleurs la façon dont la majorité des gens pensent que cela fonctionne, ce qui hélas ! n’est pas le cas actuellement.) Dans ce nouveau système, les banques privées actuelles n’auront plus le droit de créer de l’argent du néant et elles pourraient - si elles veulent - devenir des guichets de la Banque d’État. Elles ne recevraient plus d’intérêts, mais, à la place, un dédommagement pour leurs services. Si elles acceptent, les usagers pourraient même garder leurs comptes actuels.
    Pour une explication facile, lisez l’article Des dettes d’État au franc d’État. Parlementaires sous pression
    Normalement les représentants du peuple doivent pouvoir voter librement et sans être mis sous pression. Si l’on juge les informations très subjectives et alarmistes qui leurs sont données et le peu de temps qui leur est laissé pour s’informer plus correctement, il y a un risque évident que le vote du 21 février 2012 ne respecte ni l’éthique, ni les règles démocratiques. Il en va de même pour l’absence de référendum pour connaître l’opinion du peuple sur le transfert de souveraineté vers le MES.

    Et si l’on refuse le MES ?

    Si nos représentants refusent le MES, nous devons quitter l’euro. Va-t-on perdre des marchés ? Non, au contraire, on devient plus compétitif sans les coûts démesurés de l’euro. Est-ce que cela met fin à la coopération européenne ? Bien sûr que non, l’Europe ne peut pas se passer d’une forme de coopération et cela continuera, quel que soit la monnaie de ces membres.

    Vive l’Europe
    Si l’Europe veut être une communauté de gens qui travaillent ensemble en respectant les différences de chacun, elle ne devra plus laisser le monde financier détourner ses aspirations. Nous n’accepterons pas une dictature Bruxelloise, ni sous prétexte qu’il faut sauver l’euro, ni sous prétexte qu’il faut sauver les banques, ni sous quelque prétexte que ce soit. "

    Références :

    [1] Texte du nouveau Traité du MES (du 2 février 2012)
    http://www.european-council.europa.eu/media/582863/06-tesm2.fr12.pdf (si pas disponible , copie ici )
    video de 3’51’’ : http://www.youtube.com/watch?v=rFTbIGahzhU

    [2].
    Projet de loi d’Alain Juppé en procédure accélérée pour la ratification française du traité.
    http://www.assemblee-nationale.fr/13/projets/pl4336.asp

    [3]
    Selon l’article 48 du traité il n’y a pas besoin que tous les pays membres ratifient le traité. Il suffit que ceux qui détiennent ensemble 90% des souscriptions du capital se déclarent d’accord. Le nombre de souscriptions par pays est dans le tableau II sous le texte du traité. (Ils ont donc déjà tenu compte de l’éventualité que la Grèce et/ou un autre petit pays quitteraient l’euro ou refuserait de se rendre.)
     
    Par Rudo de Ruijter,
    Chercheur indépendant
     

  • Par devphil30 (xxx.xxx.xxx.62) 21 février 13:30

    Seph , merci pour cet éclairage supplémentaire.


    A croire que nos élus ne savent pas lire , ni comprendre les textes qu’ils votent ou qu’ils dorment durant les séances mais le réveil sera difficile car la coupe est pleine partout en Europe

    Philippe

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