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NON

En Grèce, le 28 Octobre est un jour de fête nationale. On célèbre le fameux NON. Cette fin de non recevoir à l’ultimatum Mussolinien, qui voulait occuper ce pays au seul bruit des bottes de son armée. S’en est suivi la guerre qui très vite se transporta sur le sol albanais où les Italiens, jour après jour et pendant six mois n’ont fait que reculer. Au point que Hitler fut obligé d’intervenir pour sauver son allié fasciste. La suite est connue : l’opération Barberousse retardée, avec les conséquences que l’on connaît ; celle de Crète décimant les parachutistes allemands qui en tirèrent les conséquences, limitant au possible l’usage de cette arme. Surtout, cette bataille de la Grèce fut la première défaite de l’Axe, jusque là invincible. Grandiloquent, comme à son habitude, Churchill déclarait alors : « Nous ne dirons pas que les Grecs combattent tels des héros, mais que les héros combattent tels des Grecs ». Plus étonnant, l’hiérarchie militaire allemande rendit hommage aux combattants grecs et Hitler déclara : « il doit être dit, pour le respect de la vérité historique, que parmi tous nos opposants, seuls les Grecs se sont battus avec autant de courage et de défiance envers la mort. » Comme en Yougoslavie, la résistance grecque fut d’une toute autre nature de celles du reste de l’Europe. Pour contrôler ce pays de huit millions d’habitants, la Wehrmacht utilisa un nombre de divisions égal à celui de la France, même après le franchissement de la ligne de démarcation. 

Tout cela pour dire que la fête nationale du 28 octobre ne se réfère pas à Salamine ou aux Thermopyles, mais à l’histoire contemporaine impliquant directement le reste de l’Europe. La guerre froide aidant, l’Allemagne refusa de payer les dommages de la guerre ni même les « emprunts obligatoires », en d’autres termes la saisie des avoirs en or de la banque de Grèce qui représentent aujourd’hui un peu plus que la fameuse dette grecque. Par contre, elle organisa depuis les années 1950 l’arrivée massive des immigrants grecs qui participèrent à la renaissance de l’industrie allemande dans des conditions similaires à celles des travailleurs nord africains en France. 

Tout cela pour dire que les festivités et le défilé militaire du 28 octobre font partie de la mémoire collective vivante et les perturber, comme ce fut le cas cette année, n’est pas un acte anodin : les manifestants criaient NON, les façades des immeubles exhibaient des NON à la place du drapeau, les indignés arrêtaient le défilé militaire, au nom de ce NON à l’occupant. 

Car c’est ainsi que sont perçus les décisions du sommet européen. Les mesures imposées par l’Angélique Merkel sont considérées comme un abus de pouvoir, dont une des conséquences, et pas la moindre, sera qu’une grande partie des entreprises grecques tomberont aux mains de l’étranger, soit à travers le système bancaire, soit par des achats directs et pour une bouchée de pain, soit enfin à travers des opérations boursières. 

Le sentiment d’injustice n’est plus en Grèce l’apanage des mal lotis. Un peuple entier refuse la déchéance, et le fera savoir au reste de l’Europe, signe annonciateur aux peuples européens de ce qui les attend.


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31 réactions à cet article    


  • Yvance77 29 octobre 2011 09:46

    Salut,

    Très bon billet. Ceci étant le plus abject est qu’il ne s’agit que d’une poignée de personnes (moins de dix) qui viennent de décider de la vie et de la mort de millions d’autres. En Europe notamment.

    Oh, quant allons-nous comprendre que nous sommes plus nombreux, quand bien même ils aligneraient leurs escadrons protecteurs de la misère sociale !!!


    • bigglop bigglop 29 octobre 2011 12:42

      Bonjour Michel,

      Merci pour ce très bon article qui décrit bien l’état d’esprit, la résistance du peuple grec.
      C’est plus qu’un génocide financier, c’est le génocide d’une nation, la négation de la volonté populaire. Les citoyens grecs sont très dignes et eux se battent en utilisant la désobéissance civile alors que les autres européens ont débranché le seul neurone qu’il leur reste.
      J’ai bien peur que cette seule désobéissance ne soit pas suffisante.

      Je pense que de plus en plus de citoyens en Europe prennent conscience de l’incroyable hypocrisie, du cynisme et des mensonges de ceux qui prétendent vouloir nous gouverner.

      Ainsi, pendant l’intervention de Sarkozy, au cours des débats qui ont suivi (Le Pen, Valls, Pécresse, Mélanchon) et les commentaires des médias mainstream, tous se sont bien préoccupés de ne pas soulever le lièvre du vote du Traité de Lisbonne en congrès en 2008, annulant le vote référendaire démocratique de 2005. Ne pas oublier la double forfaiture de Sarkozy qui avait promis de respecter ce vote et celle du Parti Socialiste qui a permis d’atteindre le quorum de validation du vote par la seule présence de ses députés et sénateurs

      Ainsi, il vaut mieux « détourner » les aides européennes vers nos « caisses » plutôt qu’elles aillent dans les poches des banques mondiales même si c’est au détriment des citoyens grecs. L’Allemagne de Merkel n’est pas en reste car elle a aussi vendu des armes et tente d’imposer un contrat d’investissement dans l’énergie solaire à la Grèce et dont elle serait la principale bénéficiaire et financée par les aides européennes (FESF)

      http://www.lesechos.fr/entreprises-...

      http://www.meretmarine.com/article....

      Malgré sa dette publique en constant accroissement, les gouvernements grecs ont investi dans leur Défense des sommes colossales, 4,5% du PIB, 180.000 militaires sur 500.000 fonctionnaires (bénéficiaires : industries d’armement française, allemande, US...), pour plus de détail :

      http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-un-gouffre-explore-du-deficit-grec-les-achats-massifs-d-armes-a-la-france-a-l-allemagne-aux-eta-78300187.html

      La Grèce est le laboratoire de la déconstruction européenne et il patent qu’elle est sous tutelle du FMI, de la BCE, du FESF de la Banque-MESF et des marchés financiers spéculatifs. Papandréou, Président de l’Internationale Socialiste, n’est que le porteur de mauvaises nouvelles de ses tuteurs. Le courage politique aurait été de démissionner, de convoquer une nouvelle élection présidentielle et législative pour proposer des solutions alternatives d’organisation du système bancaire grec, refuser la partie indue de cette dette.
      Le pillage de la Grèce va se poursuivre jusqu’à ce qu’il ne reste que la carcasse et encore elle aura un prix.

      Voilà le projet de tutelle de la Grèce :

      http://bruxelles.blogs.liberation.f...

      http://bruxelles.blogs.liberation.f...

      En dehors de la période « des Colonels », la Grèce a été dirigée par trois familles :
      - les Papandréou
      - les Caramenlis
      - les Mitsotakis
      qui se sont servies sur les fonds publics par la corruption, les passe-droits, rémunération des influences, marchés truqués, etc...
      Et maintenant, les médias, occultant ces informations, s’acharnent, hypocritement à accuser le petit peuple de corruption

      En suivant, un commentaire sur AVOX d’une résidente en Grèce :

      "Bonjour a tous,

      ceci est mon premier message et je me décide a intervenir car "on dit" tellement de chose sur la Grèce qu`il est temps d`éclaircir pas mal de zone d`ombre sur ce pays, son histoire, sa culture, ses rapports avec l`argent, l`Europe etc... Je me permet de réagir notamment a l`article de chapoutier interrogeant une syndicaliste enseignante car je vis dans ce pays depuis de nombreuses années, non pas en tant qu`expatriée professionnelle mais par choix personnel. Ma vision n`est pas celle d`une personne gagnant des milliers d`Euro tous les mois mais vivant avec les Grecs, parlant grec bref totalement intégrée...

      Avez vous entendu parler de la Grèce avant la crise de 2008 ? Très certainement avec sa mer bleue, ses maisons blanches, sa joie de vivre et l`hospitalité grecque, cliché très vacances mais loin du quotidien même avant 2008 !
      La Grèce est aussi un pays ou l`État n`a aucun pouvoir sans le consentement de l`église car cette dernière possède 94% du foncier dans le pays, n`est pas soumis a un système fiscal mais par contre l`État paye les salaires des Pops et comme l`État n`a jamais pratiqué la fiscalité a la française bien au contraire, il ne rentre pas d`argent et cela depuis toujours.
      Les armateurs sont aussi exonérés comme certains le savent déjà mais ceci pour une raison... Ce sont ces derniers qui au cours du XX siècle ont tout développés dans la vie grecque.
      Les compagnies de Ferry, l`ancienne compagnie aérienne Olympic Airline etc... alors que l`État depuis la dictatures des colonels ne faisait absolument rien faute de moyen.
      Les armateurs tels que le célèbre Onassis mais pas seulement lui ont transmis ces pôles économiques a l`État pour que la Grèce continue de se développer en échange d`une exonération fiscale.
      Malheureusement ce fut pendant de nombreuses années le règne de deux dynasties (Papandreou/Caramalis) qui ont avec le temps, dilapidée l`héritage des généreux donateurs faute de rentrées fiscales aggravé de corruption a tous les niveaux (État, peuple, église). 
      Il faut savoir que le peuple grec n`aime pas payer quoi que ce soit, le Grec est râleur, capable de colère terrible et finir dans des embrassades chaleureuses deux minutes après.

      Les Grecs ne se sont jamais sentit redevable de quoi que ce soit vis a vis de l`État car ce dernier n`a jamais rien fait pour le peuple qui a appris a se « débrouiller ». Pourquoi aurait il payer alors que l`esprit de justice sociale est totalement absente, le pays vit sous la culture du bakchich depuis la nuit des temps. Il y a encore quelques mois il n`était pas rare de voir des Grecs sortir des liasses de billets pour payer qu`un paquets de cigarette, ça c`est le cote très oriental car le rapport a l`argent n`a rien de commun avec la France. Ici demander combien vous gagnez n`est pas tabou.

      Tout c`est développé dans cette esprit et cela depuis très longtemps d`ou la difficulté pour un Français, un Allemand de comprendre le fonctionnement du pays en rapport avec le leur ou tout est encadré, loi, medecine, scolarité et j`en passe.
      Il en est de même au niveau des banques, des ministères, des services publiques ou devant le manque de développement économique privé, l`État a embauché des milliers de personnes souvent peu qualifiées dans des emplois, ou il n`était pas rare de trouver cinq personnes armées chacun d`un stylo de différentes couleurs pour signer un document. Peu payé mais les Grecs n`ayant pas de gros besoins, étant propriétaire de leur bien (Raison culturelle, dote du mariage etc..) il ne se sont jamais transformé en « killer ».

      Est arrivé l`Europe avec sa société de consommation et ça bien avant l`adoption de l`Euro. Les Grecs ayant toujours vécu dans une vie simple sortant d`une dictature militaire ou s`exprimer pouvait entrainer d`être fusiller en place publique, tout cela a bouleversé leur comportement d`autant que la structure financière bancaire n`a jamais été encadrée, prêt a gogo, pas de limite d`emprunt eux mêmes travaillant et étant payés en espèces, pas de recouvrement qui n`existe toujours pas actuellement... Pas d`huissier parce que la société grecque fonctionne a la confiance. Ça paraitra fou a un européen du nord mais au sud de l`Europe c`est comme ça, d`ailleurs si je devais faire une comparaison la culture grecque se rapproche plus du Liban que de la France. 

      Les investisseurs se sont empressés de s`installer ici car il y avait aussi a gagner pour eux, Carrefour, Fnac, ciment Lafarge, Société Générale, BNP, Crédit Agricole, EDF, Vinci.... Et surtout les « bienfaiteur francais/Allemand de l`armement » qui ont vu ce pays au centre des Balkans avec son ennemi juré de toujours la Turquie.
      Les USA ont entretenu ce conflit pendant des années leur permettant de vendre du F16 des deux cotés, vous n`avez pas d`argent, pas de soucis on vous prête. La Grèce est devenu en quelques années le quatrième acheteur d`arme !
      Les Grecs se sont vite retrouver acculer au mur en dépensant a outrance pour se protéger de la Turquie, l`État ne faisant pas de recette fiscale la situation est vite devenu ingérable.
      L`Europe est arrivée en « renfort » surtout a coup de concurrence sur les armes d`autant que la Grèce s`est vu gratifiée de l`espace Schengen, sans compter aujourd`hui les flux migratoire d`Afrique, moyen et proche orient, Europe de l`Est.
      Les Européens ont « aider » la Grèce a coup de prêt représentant des millions voir des milliards d`Euro, en contre partie la Grèce doit acheter son quota d`arme chaque années ! Pas d`achat d`armement pas d`argent. Cet ainsi que la dette de la dette a explosée accentuée par un manque de développement économique qui a plongé le peuple grec dans cette situation.

      Entendre dire des Français que les Grecs sont des voleurs est intolérable pour moi qui vit ici ! D`autant que les gros trusts financiers ont grandement creusé le déficit de se pays. Ce n`est certainement pas le peuple grec qui a piller le pays.
      Aujourd`hui les hôpitaux ne font plus de chimio faute d`argent, les enfants ont fait leur rentrée scolaire sans livre, les écoles ne sont plus chauffées en hiver et il y aurait tant a dire.
      J`entends dire « Diminuez le budget de l`armement », comment lorsqu`il est le fruit d`un odieux chantage financier !
      Les Allemands qui ont construit l`aéroport El Venizelos mais qui en ont l`exploitation totale ou les taxes d`aéroports sont les plus chères en Europe.

      Voila la réalité d`une Grèce qui souffre, d`un peuple a qui aujourd`hui on demande l`impossible et que les médias font passés pour des voleurs auprès de Francais ou aux yeux de l`Europe.
      piotreck parlait des médias grecs mais qu`en est il des chaines tv européennes ou y compris sur France 2 on balance des reportages sur Athènes a feux et a sang en utilisant des images des événements de 2008 alors qu`on est en 2011 n`ayant même plus la déontologie de marquer « images d`archives ».

      Le peuple européen vivant dans son confort social qui attends que le peuple grec fasse la révolution pour tous car eux mêmes critiquent ce pays, alors qu`en France personne ne plus défendue les acquis sociaux comme la retraite.

      Le Grec est tout sauf un voleur, il a appris a compter sur personne, il se « débrouille » comme il peut pour survivre dans un monde.

      Maintenant le temps est a la solidarité y compris celle de garder cette Grèce dans la zone euro qui ne représente que - 2% du pays européen et surtout de l`aider, car si demain elle sort de cette union le peuple souffrira davantage.
      Ce n`est pas en revenant a des monnaies nationales qui ne vaudront plus rien devant ce qui sera demain la guerre de la dévaluation.
      Nous sommes dans une restructuration mondiale de l`économie a coup de guerre monétaire est/ouest, s`entraider est une valeur essentielle a la survit de chaque pays européens sinon personne ne relèvera la tête y compris chez vous en France en Allemagne.
      Laissez le temps a la Grèce de faire ses reformes mêmes si elles sont difficiles pour le peuple grec mais on ne passe pas de l`économie libanaise a l`économie suisse en un clin d`œil. 
      Les Grecs souffrent mais restent pragmatiques pour la plupart, beaucoup savent que l`origine du mal est aussi la corruption et que dans la situation dans laquelle ils étaient auparavant il n`y avait pas d`avenir.
      Engendrer une révolution actuellement plongera le pays dans le sang car ils sont aussi conscient de qui etait au pouvoir il y a a peine quarante ans.

      Merci de m`avoir lue pour ceux qui le feront."

       

      http://www.slate.fr/story/11249/en-grece-le-pouvoir-politique-est-aux-mains-de-trois-familles

      http://mobile.agoravox.fr/actualite...




    • lesdiguières lesdiguières 31 octobre 2011 09:24

       La Déesse Athéna parviendra-t-elle à sauver son pays, la Grèce, de la faillite annoncée ?

      http://www.atramenta.net/lire/operation-athena/30255


    • latortue latortue 29 octobre 2011 10:02

      Tout cela est bien triste pour le peuple GREC ,mais c’est a lui de faire en sorte que ses politiques ne mettent pas le pays a sac comme cela ce passe en ce moment .
      vous avez voulu l’Europe maintenant assumez ,ou alors révoltez vous , mettez vos politiques dehors, balancez votre dette a la benne a ordure , sortez de l’europe , et remontez votre pays ,sinon désolé mais vous allez crever a petit feu .RÉVOLTEZ VOUS encore et encore et encore et encore ,c’est du sang et des larmes , mais c’est notre seul défense a nous le petit peuple quand les politiques ne nous entendent plus .


      • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 29 octobre 2011 11:25

        Commençons par votre PS : jamais peuple ne fut autant embobiné (par un caporal et sa clique de fous furieux) que l’allemand... Soyons plus sérieux : certes il existe des corrompus en Grèce et en grand nombre. Mais qui les corrompt ? Les deux plus grands scandales, SIEMENS et les sous marins, sont le fait de l’industrie allemande. La court constitutionelle de Kalsrhue protège cependant les les impliqués et refuse de les faire comparaître, même en tant que témoins, à la justice grecque... Pour l’instant, les seuls qui vivent aux dépends de tout le monde ce sont les financiers, les banquiers qui, malgré leur gestion, gardent leurs postes et leurs avantages. Si l’économie était vraiment libérale, il y a bonne lurette que ces messieurs seraient au chômage, pire, en prison... Enfin, ce n’est pas l’Etat en Grèce qui est une copurroie de transition vers la richesse, mais une société civile qui est abandonnée de puis des lustres dans une anomie par un Etat indifférent... 


      • diogene 29 octobre 2011 11:56

        Ma traduction à moi ce n’est pas « vivre aux depens des nantis » mais les nantis vivent à nos dépens.
        Il fallait bien le dire.
        A vous lire il semblerait que seuls les nantis bossent et créent de la richesse, les autres ne seraient que d’immondes parasites qui leur suceraient le sang.
        Mais la richesse est créée par chacun de nous, à son niveau, les « nantis » se contentant de la détourner vers leurs coffres.


      • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 29 octobre 2011 12:10

        On finit donc par se comprendre. 

        Bien sûr que la production de richesse est l’affaire de tous. Je le sais, mais peut-être pas les « spécialistes ». Ci-joint leur classement des entreprises les plus performantes : Apple, Amazon, Google, Samsun, Burbery, Hyundai, Carterpilar, Cartier, Oracle, et EBay. Entreprises de l’économie dite virtuelle, de luxe (et une seule produisant des voitures)... Si une ^partie de la crise était expliquée par cela ?

      • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 29 octobre 2011 14:04

        Des exemples de ce genre j’en ai bien plus que ça. Et si l’effort européen consistait à rationaliser l’Etat, d’ouvrir certains metiers hyperprotégés, à combattre les niches fiscales et certains privilèges criards, il n’aurait rien à dire. Cependant, on exige le contraire : 1.) réduire l’Etat (et donc son capacité de combattre les abus, les fraudeurs du fisc, les écoles privées qui doublent par des cours particuliers l’enseignement général, à moderniser et rationaliser les services de sante, etc, etc. 2.) réduire les salaires (et pas uniquement de la fonction publique), réduire les retraites, ponctionner fisacalement les plus démunis (taxes diverses, TVA, etc) et imposer à partir d’un seuil de 500 euros/mois, et j’en passe. Je m’exprimerai plus en détai dans un prochain article


      • BA 29 octobre 2011 11:54

        A propos du sommet européen :

         

        L’accord du jeudi 27 octobre n’a pas du tout rassuré les investisseurs internationaux. L’Italie est toujours obligée de payer des taux d’intérêt qui continuent à augmenter.

         

        Les taux d’intérêt de l’Italie sont repartis à la hausse.

         

        Italie : taux des obligations à 10 ans : 6,023 %.

         

        http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

         

        Vendredi 28 octobre 2011 : l’Italie a lancé un emprunt sur les marchés internationaux. Et ça a été un carnage.

         

        Malgré l’accord européen pour tenter de juguler la crise, le coût de financement de la dette colossale de l’Italie a encore grimpé vendredi lors d’une émission obligataire test, les marchés continuant de douter de la crédibilité du gouvernement Berlusconi.

         

        Signe le plus inquiétant, les taux d’intérêt des titres à échéance 2022 ont dépassé la barre symbolique des 6 %, seuil considéré comme dangereux par les analystes, en s’inscrivant à un niveau record de 6,06 %, contre 5,86 % le 29 septembre, date de la dernière opération similaire.

         

        Les taux des titres à échéance 2014 ont eux progressé à 4,93 %, contre 4,68 % lors de la précédente émission, ceux des titres à échéance 2019 à 5,81 %, contre 4,03 %, et ceux des titres à échéance 2017 ont progressé à 5,59 %, contre 2,33 %.

         

        http://www.romandie.com/news/n/CRISELe_cout_de_la_dette_italienne_grimpe_en core_malgre_l_accord_europeen281020111510.asp

         


        • Musardin Musardin 29 octobre 2011 13:12

          Très bon billet,

          Je suis d’origine Crétoise et Kalymnote et fier des partisans anti nazi de cette époque. 

          On ne dira jamais assez effectivement que la Grèce à une créance sur l’Allemagne de la mère maquerelle dont le règlement solutionnerait la plus grande partie de ses problèmes

           Pour être complet il faudrait parler des 4 années de guerre civile qui ont suivi jusqu’en 1949, de la royauté fantoche qui a suivie, de l’assassinat de « l’enfant souriant » , de la dictature fasciste soutenue par la CIA


          • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 29 octobre 2011 14:08

            Patrida loipon, comme mon nom l’indique je suis aussi de descendance calimniote...


          • chantecler chantecler 29 octobre 2011 13:53

            Merci Michel K.
            Puisque tu fais référence à juste titre à l’histoire , pourrais tu m’éclairer sur l’origine de la haine entre les communistes grecs et le ou la CNT ?
            Cdt.
            Cr.


            • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 29 octobre 2011 14:11

              Vous vous référez à la CNT espagnole ? 


            • chantecler chantecler 29 octobre 2011 19:20

              Euh non ! Je voulais parler des anars grecs qui se bagarraient ferme dans les manifs ...(ou alors j’ai vu des images qui venaient d’Espagne mais ça m’étonne ...)

              Au fait j’ai trouvé cet article :
              http://www.lepoint.fr/economie/le-vrai-faux-sauvetage-de-la-zone-euro-28-10-2011-1390516_28.php


            • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 29 octobre 2011 20:03

              Il y a en Grèce une longue tradition anarchiste et deux quartiers interlopes (derrière l’école Polytechnique) où ils sont assez nombreux. L’attitude très stalinienne du PC, l’histoire même de la résistance, ont créé plusieurs scissions au sein du parti mais aussi un mouvement trotskiste et libertaire qui s’opposent depuis tr !s longtemps. En Grèce, à la fin de la dictature il y avait deux partis communistes, l’un dit de « l’intérieur », plutôt proche du PC italien et europhile, et celui dit de « l’extérieur », proche de Moscou. Depuis, il existe un PC, dit « orthodoxe », et des ex communistes europhiles et très ouverts aux mouvements et enjeux « sociaux ». Chacun de ces deux pôles constitue entre 5 et 8% de l’éléctorat. 


            • chantecler chantecler 30 octobre 2011 08:17

              Merci pour ta réponse .
              Cr.


            • Alison 29 octobre 2011 13:56

              "elle organisa depuis les années 1950 l’arrivée massive des immigrants grecs qui participèrent à la renaissance de l’industrie allemande dans des conditions similaires à celles des travailleurs nord africains en France."

              Vous pensez réellement que l`Allemagne doit son bilan économique grâce a l`immigration grecque des années 50 ? Les Grecs ont fait comme bon nombre d`habitant de la méditerranée ils ont cherchés fortune a l`étranger alors que leur pays était peu prospère.

              A la fin des années 1950, un manque de main-d’œuvre se dessina à la suite de la forte croissance économique aussi nommée le "miracle économique". Poussé par le patronat, le gouvernement conclut des accords avec les États du sud de l’Europe afin de rendre possible l’appel massif aux travailleurs immigrés venus du Bassin Méditerranéen. Au début vinrent surtout des Italiens, mais ils furent bientôt suivis par des Espagnols, des Grecs, des Turcs et des Yougoslaves. Alors qu’ils n’étaient que 80.000 en 1955, leur nombre était passé dix ans plus tard à plus d’un million.
              Les travailleurs immigrés italiens travaillaient entre autres dans l’industrie automobile. A vivaient à une époque plus de 5.000 Italiens, « Castellupo » (traduction en italien de Wolfsburg, « château du loup ») devenant ainsi le plus gros village italien au nord des Alpes. Cependant souvent il n’y avait à proximité des entreprises allemandes que des hébergements provisoires, il s’agissait pour la plupart de baraquements en bois entourés d’un grillage et dont l’accès était contrôlé. Ainsi se formèrent de véritables ghettos et la population locale ne se donnait que rarement la peine d’établir des contacts avec les nouveaux « concitoyens » (Mitbürger) et collègues de travail. Poussés par le mal du pays, les hommes passaient une grande partie de leur temps libre dans les gares, car celles-ci représentaient le seul véritable lien avec leur patrie.

              Pour info, voici ce que que représentait l`immigration en Allemagne en 2000 :

              http://www.deuframat.de/deuframat/images/4/4_1/wittenbrock/bild06.jpg

              Et si on parlait diaspora...

              Les Grecs ont depuis longtemps une tradition d’émigration lointaine. Leur diaspora est considérable en comparaison de la population du pays.

              La diaspora grecque représenterait quelque 6,5 millions de personnes sur les cinq continents et principalement au États-Unis (de 3 à 4 millions). Chicago, avec 300 000 Grecs est la troisième ville grecque du monde après Athènes et Salonique. Melbourne serait la quatrième (quelque 700 000 Grecs vivent en Australie). 300 000 vient au Canada, 50 000 en Amérique latine, 130 000 en Afrique (notamment en Afrique du Sud), 600 000 dans l’ex-URSS (une diaspora très ancienne et que l’on oublie souvent) et enfin quelque 500 000 en Europe où ils sont arrivés nombreux dans les années 1960-1970. La moitié de la diaspora européenne vit en Allemagne, un quart au Royaume-Uni et environ 35 000 en France.

              Comme pour toutes les diasporas ces chiffres sont assez généreux dans la mesure où ils prennent aussi en compte des descendants de Grecs, issus de mariages mixtes qui pour beaucoup ne parlent plus le grecs. Même sans liens avec la Grèce, le sentiment d’appartenir à la communauté hellénique reste fort, un peu partout dans le monde.

              Lorsqu’à la suite de la crise pétrolière une stagnation de l’économie ouest-allemande se dessina, le gouvernement décida le 23 novembre 1973 de  aux travailleurs immigrés. Jusqu’à cette date, 14 millions d’Européens du sud, surtout des hommes, étaient venus travailler en Allemagne. Environ trois millions d’entre eux ne retournèrent pas dans leur pays d’origine. Souvent ils firent venir aussi leur famille en Allemagne et dans la plupart des cas les enfants et petits-enfants de ces travailleurs immigrés se sont entre-temps largement intégrés dans leur nouveau pays.

              Il n`y a qu`un seul et unique problème en Grèce, la corruption de l`État ! Et cela dure et durera encore même a l`heure actuelle, les Grecs se refusent a payer toutes taxes fort de son expérience passée ou les dirigeants successifs ou plutôt « familles » ont gangrenés le pays.

              La Grèce vit depuis des lustres sur « l`histoire » notamment l`entretien permanent de l`ennemi juré le Turc ! Au nom de ce passage de l`histoire elle continue de dépenser des fortunes pour son armement sous l`oeil bien veillant de l`Église orthodoxe grec.

              Que dire de la Grèce avec l`immigration albanaise du début des années 1990 occupant pour la plupart, les segments les plus précaires du marché du travail. Aujourd’hui se sont des Philippins ou de Pakistanais mais aussi d’Éthiopiens, de soudanais ou de Sri Lankais, les Polonais, ainsi que quelques centaines milliers de Grecs pontiques (originaires de l’ex-URSS), ces derniers se voient facilement attribués la nationalité grecque alors que Le code de la nationalité grecque est toujours principalement fondé sur le droit du sang, ce qui de facilite pas l’intégration des nouveaux arrivants.

              Plutôt que d`imaginer que l`Allemagne rendra les lauriers pillés il y a soixante dix ans, ne ferait elle pas mieux de lutter contre les milliards qui sont partis et continue de s`envoler de la part des riches grecs mettant le fruit de leur « défiscalisation en Suisse. Ça c`est en ce moment  !

              Enfin aux grecs aillant quelques »trous de mémoire" je rappelerai le rapport accablant d’Amnesty international datant de 2005 ou tout allait encore bien Grèce, une Grèce condamnée a plusieurs reprises par le tribunal européen. N`a t`elle pas elle même exploitée une misère ? Sanscompter le méga concert organisé par Theodarakis pour soutenir la Serbie au plus fort de la guerre, alors que des milliers d’Albanais erraient sur les routes de Macédoine et d’Albanie.

              Lorsque l`on veut prendre l`histoire a témoin il ne faut pas faire abstraction de certains passages...

              Le problème de la Grèce est avant tout grec. Balayons devant notre porte avant de voir celle des autres.


                


              • Jean 29 octobre 2011 15:02

                "Il n`y a qu`un seul et unique problème en Grèce, la corruption de l`État ! Et cela dure et durera encore même a l`heure actuelle, les Grecs se refusent a payer toutes taxes fort de son expérience passée ou les dirigeants successifs ou plutôt « familles » ont gangrenés le pays.« 

                 »Le problème de la Grèce est avant tout grec.« 

                Parce qu’ en France, personne ne met sa fortune dans les paradis fiscaux ? et pas de corruption en France ? pas de parasites également du nom de »pro. de la politique, cumulars et cupides ? parce que la crise est seulement grecque ? etc.


              • Alison 29 octobre 2011 15:57

                Extrait d`edito de Los Teignos sur AudioFhttp://fr.audiofanzine.com/audio-fanzine/forums/t.474003,editorial-du-29-octobre-2011-commentaires.htmlanzine&nbsp ;

                Merci a lui,

                « 100 miyards ! 100 miyards d’euros ! Oui, ça fait beaucoup d’argent… Mais ce sera loin, très loin d’être suffisant pour éponger la dette qu’a contractée le Monde auprès de la Grèce. Ce serait l’inverse ? Non, j’insiste : la Grèce ne doit rien à personne, parce tout le monde lui doit beaucoup beaucoup plus que des milliards de milliards d’euros.

                Sans même parler du carré de l’hypoténuse, du nombre Pi, du théorème de Thalès ou de la géométrie euclidienne qui vous replongeraient un peu trop douloureusement dans le programme de maths de 4e, sans même m’attarder sur Hippocrate, le père de la médecine, Théophraste, celui de la botanique, Leucippe, celui de la chimie ou sur Aristote, père d’à peu près beaucoup trop de choses pour qu’on puisse les citer dans un mail de moins de 2 Go, sans même m’attarder sur Socrate, et Platon, et Hésiode, et Homère, et Diogène, et Epicure, et Sophocle, sans même m’attarder sur tous ces gens en chiton donc, je me souviens.

                Je me souviens que notre sens du beau, du juste ou du rationnel, à nous occidentaux, a été forgé dans ce petit pays. Tout comme la démocratie que nous chérissons. Je me souviens qu’à peu près tous les mots les plus intéressants de la langue française ont une racine grecque, et je me souviens surtout, lorsque j’accorde une guitare , que les douze notes qui font toute la musique que j’aime, elles ne viennent pas du blues, comme le croient Johnny ou Nikos Aliagas, mais de Pythagore.

                Alors bon, 100 milliards, à l’heure où toute idée se monnaye, où tout propos se copyrighte, avouez que c’est finalement peu cher payé comme licence d’utilisation de notre monde moderne. Et puis je vois mal comment on pourrait reprocher aux Grecques d’être dans une telle mouise, dans la mesure où si quelques sangliers bon marché suffisaient à sustenter Toutatis et Belenos, c’était une autre paire de manches que d’avoir une centaine de Dieux de l’Olympe tous les jours à table, au prix où étaient le nectar et l’ambroisie… Et c’est sans compter les factures d’eau et d’électricité atteignant des montants astronomiques à chaque fois que Zeus et Poséïdon, un peu bourrés en fin de repas, se mettaient à refaire la cosmogonie… »


              • suumcuique suumcuique 29 octobre 2011 22:53

                Les études génétiques ont démontré depuis longtemps - à ceux qui ont des problèmes oculaires - qu’’il n’y a pas pas plus d’un Grec sur 10000 qui descend des Grecs de l’antiquité. 


                Les « Grecs » modernes - qui ne lisent ni Platon, le précurseur de l’Etat fasciste, ni Aristote, un des grands défenseurs de l’esclavagisme - sont dans leur vaste majorité d’origine asiatique. 

                Quant aux descendants des Spartiates, dont l’Etat était exclusivement fondé sur l’appartenance raciale, il est bien évident qu’il n’y en a plus depuis longtemps.

                Plusieurs articles incitant à pleurer sur le sort des prostituées ont été récemment postés sur ce site. Maintenant, c’est sur celui des « Grecs » qu’on voudrait apitoyer ceux qui paient leurs impôts. L’indécence n’a aucune limite.

                Combien de milliards d’euros les « Grecs » se sont-ils arrangés pour planquer dans des banques étrangères avant le début de la crise déjà ?




                • lesdiguières lesdiguières 31 octobre 2011 09:27

                  "Les études génétiques ont démontré depuis longtemps qu’’il n’y a pas plus d’un Grec sur 10 000 qui descend des Grecs de l’antiquité. "

                  La Déesse Athéna parviendra-t-elle à sauver son pays, la Grèce, de la faillite annoncée ?


                  http://www.atramenta.net/lire/operation-athena/30255


                • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 30 octobre 2011 09:49

                  Extrait des déclarations de Mikis Theordorakis :



                  • Alison 30 octobre 2011 12:37

                    Il y a un malentendu grec au sein de l’Union européenne. Alors qu’il ne viendrait à l’idée de personne d’évoquer l’Empire romain en parlant de l’Italie de Silvio Berlusconi, rares sont ceux qui ne font pas le lien entre la Grèce antique et la Grèce moderne. Comme si le glorieux passé des Grecs leur avait donné une traite sur le présent. C’est ainsi pour son « apport à la civilisation européenne » que Valéry Giscard d’Estaing obtint, en 1981, l’adhésion de ce pays à la CEE alors qu’il ne remplissait aucun des critères nécessaires. En 2002, Athènes fut admise dans l’euro quasiment pour les mêmes raisons alors que tout le monde savait pertinemment qu’elle n’était économiquement pas prête. Et aujourd’hui, on n’hésite pas à invoquer les mânes d’Aristote pour justifier le coûteux sauvetage financier d’un pays en faillite. Pourtant, la Grèce moderne, dont l’histoire débute avec l’indépendance de 1828, n’a plus grand-chose en commun avec la Grèce antique : quatre siècles d’occupation ottomane sont passés par là.

                    L’historien grec Nicolas Bloudanis, 54 ans, qui vit à Patmos (l’île où fut déporté l’évangéliste Jean qui y écrivit l’Apocalypse), vient de publier Faillites grecques : une fatalité historique (éditions Xérolas). Il est aussi l’auteur d’une Histoire de la Grèce moderne, 1828-2010, mythes et réalités (Xérolas). Il propose une vision décapante de l’histoire grecque moderne, débarrassée de ses clichés nationalistes, éclairant d’un jour nouveau la crise de la dette publique qui menace la stabilité de la zone euro.

                    Peut-on dire que la Grèce est un pays sans Etat ?

                    Il y a un Etat en Grèce, mais il fonctionne par intermittence. Cela a été le cas, par exemple, du lendemain de la guerre civile, en 1950, à la fin de la dictature des colonels en 1974. Mais chaque fois que l’Etat a plus ou moins bien fonctionné, il s’agissait d’un Etat autoritaire où les libertés politiques et civiles étaient limitées. Sans parler des années de dictature, il y a eu des périodes de l’histoire grecque où l’Etat était tenu par une très forte personnalité, comme Elefthérios Venizélos au début du siècle ou Constantin Caramanlis dans les années 50-60. Dans la mémoire collective grecque, l’Etat est donc un Etat autoritaire dont il convient de se méfier.

                    La Grèce est sous tutelle européenne. Or, ce n’est pas la première fois qu’elle se retrouve dans cette situation…

                    Effectivement, après la faillite de 1893, la Grèce a été mise sous tutelle en 1897 par ses créanciers, soit principalement la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, ce qui a eu un effet positif, même si 10% de sa population a émigré. La tutelle de l’époque, qui a pris la forme d’une Commission financière internationale (CFI) installée à Athènes et chargée de contrôler directement le budget de l’Etat, a permis de construire un Etat. La situation financière et économique s’est améliorée, les détournements et abus qui caractérisaient la Grèce de l’époque (entre 1828 et 1892, 75% du total des emprunts ont été détournés par la classe politique) ont été limités et le pays a pu emprunter à nouveau pour effectuer d’importants travaux d’infrastructures qui faisaient cruellement défaut, l’Empire ottoman n’ayant pas laissé grand-chose derrière lui.

                    Surtout, une bourgeoisie moderne et un capitalisme local ont pu enfin émerger : elle a pris le pouvoir en 1909 en portant à la tête du gouvernement, Elefthérios Venizélos, le chef du Parti libéral. Une nouvelle Constitution a permis d’assainir la vie politique et la justice, l’administration a commencé à être purgée de ses éléments corrompus, des réformes sociales ont été votées (impôt sur le revenu, réforme agraire, etc.). La société grecque s’engage enfin sur la voie de la modernisation.

                    Mais la guerre contre la Turquie a stoppé net ce mouvement…

                    La Grèce voulait achever la libération des territoires (Macédoine, Epire, Crète…) et des populations grecques encore sous domination ottomane. Les guerres balkaniques, qui débutent en 1912 et s’achèvent par le traité de Londres en 1913, ont été des succès : le territoire triple de taille et la population passe de 2,5 millions à 5 millions.

                    La Première Guerre mondiale permet encore de s’étendre en Thrace et en Anatolie (autour de Smyrne), la côte Turque actuelle. Mais cette « Grande Grèce » réveille le nationalisme turc. Une nouvelle guerre se termine par un désastre : le traité de Lausanne de 1923 signe la perte de Smyrne et de la Thrace et 1,2 million de Grecs vivant en Asie mineure depuis deux millénaires doivent s’installer dans une Grèce ruinée par dix ans de guerre. Imaginez le choc : 1,2 million de personnes pour une population de 5 millions. Surtout, cet afflux de population venue d’Asie mineure a ramené la Grèce aux traditions orientales de ses débuts, un siècle plus tôt : leur esprit levantin, fait d’habilité, de compromis et de finesse, mais aussi de passivité et d’indifférence politiques, fruits de la réalité de l’Empire ottoman du XIXe siècle, a renforcé le clientélisme et la corruption qui commençaient à s’estomper.

                    La classe politique grecque acquiert à cette époque les traits qui la caractérisent encore aujourd’hui.

                    Cette classe politique commence alors à se préoccuper davantage du maintien de son pouvoir et des privilèges qui en découlent, que de l’intérêt de l’Etat. Elle acquiert sa « conscience » propre lors des périodes de dictature, comme celle du général Métaxas, en 1936-1940, ou des colonels, entre 1967 et 1974 : ces régimes autoritaires constituent en effet de rudes concurrents pour les politiciens, notamment au niveau des privilèges et des possibilités d’enrichissement réservés aux détenteurs du pouvoir. Tant avant la guerre qu’au début des années 70, on a vu se développer une convergence d’intérêts et une solidarité entre factions politiques auparavant ennemies, et qui avaient perdu leurs privilèges…

                    Après le rétablissement de la démocratie en 1974, une partie de la gauche grecque, jusque-là pestiférée du fait de la guerre civile (1946-1949), a aussi été intégrée dans la « famille ». A de rares exceptions près, cette situation n’a pas changé. Aujourd’hui encore, alors qu’on demande d’énormes sacrifices à la population, les députés et politiciens de tous bords refusent obstinément de baisser leurs salaires, pourtant démesurés, ou de se défaire d’un iota de leurs privilèges.

                    La seconde faillite, celle de 1932, est-elle due à cette impéritie de l’Etat ?

                    Je ne l’affirmerai pas. La période 1929-1932 a été, économiquement parlant, beaucoup plus difficile que ce que nous vivons aujourd’hui et de nombreux Etats ont fait faillite, comme l’Autriche, la Bulgarie, ou même l’Allemagne. La Grèce ne pouvait en outre se permettre de dilapider la totalité des crédits étrangers qu’elle avait obtenus entre 1924 et 1930, car la plupart de ceux-ci étaient gérés par la Société des nations et servaient au reclassement des 1,2 million de réfugiés de 1922-1923.

                    Par ailleurs, l’Etat grec restait formellement sous tutelle : la Commission financière internationale créée en 1897 a en effet siégé à Athènes jusqu’en 1936. Peu de pays dans la situation de la Grèce auraient pu s’en sortir différemment. Finalement, les gouvernements grecs ont négocié chaque année le service de la dette avec les créanciers et en ont assuré entre 30 et 45%. Les procédures de remboursement ont par la suite été redéfinies en 1944-1945 et se sont terminées en 1969.

                    Les Américains, lors du plan Marshall, se heurtent aussi à la « réalité grecque »…

                    En 1947-1949, les Etats-Unis, comme condition de leur aide financière, ont exigé un assainissement des pratiques économiques et de la situation sociale du pays. Paul Porter, qui était à la tête de la commission chargée de l’évaluation de la situation grecque en 1947-1948, décrit ainsi l’état du pays dans son rapport au Congrès : « Le niveau de vie extrêmement bas de la population est le facteur principal de la tension sociale qui caractérise la Grèce. L’économie se trouve au point mort, alors que des sommes fabuleuses sont englouties dans des opérations financières frauduleuses et pour l’importation de produits de luxe. Le gouvernement n’a d’autre politique que de mendier sans cesse l’aide étrangère afin de maintenir son pouvoir et préserver les intérêts de la clique de marchands et de banquiers… décidée à défendre à tout prix ses intérêts sans se préoccuper de ce que cela peut coûter au pays. » Evidemment, monsieur Porter était un homme du New Deal.

                    Le traitement de choc qu’infligent à la Grèce depuis deux ans l’Union européenne et le Fonds monétaire international est-il adapté à ce pays ?

                    La structure économique de la Grèce, largement étatisée, l’apparente davantage aux pays d’Europe de l’Est sortant du communisme au début des années 90. Il faudrait donc plutôt lui appliquer les recettes qu’on a utilisées pour les anciennes « démocraties populaires » en transition, notamment en privatisant les entreprises publiques et en réduisant drastiquement la taille de la fonction publique. Il faut aussi s’attaquer à l’immunité fiscale dont jouissent les professions libérales et l’Eglise orthodoxe. Accabler les citoyens de taxes nouvelles, alors même que le système fiscal ne fonctionne que très imparfaitement, ne sert pas à grand-chose sinon à alimenter le sentiment d’injustice sociale pour ceux qui ne peuvent échapper à l’impôt. Faute d’avoir posé le bon diagnostic, le malade reçoit un traitement inadapté et son état s’aggrave à l’inverse de ce qui se passe, par exemple, en Irlande.

                    L’économie grecque n’est donc pas une économie de marché ?

                    Ce n’est pas une économie de marché fonctionnelle, même s’il existe en Grèce, à côté du secteur public, un secteur privé important. Le problème est qu’il est essentiellement composé d’entreprises minuscules (entre un et dix travailleurs), qui vont de la taverne à la petite manufacture en passant par l’artisan. Il y a aussi quelques grandes entreprises privées, surtout dans l’armement maritime, qui, parce qu’elles sont en contact avec l’économie mondiale, fonctionnent efficacement. Mais elles sont une exception. Tout le reste de l’économie est contrôlé par l’Etat.

                    Comment en est-on arrivé là ?

                    Jusqu’à la fin des années 70, la Grèce n’était pas vraiment une exception en Europe. C’était alors le règne de « l’économie mixte de marché », l’Etat contrôlant un grand nombre d’entreprises, que ce soit en France ou en Grande-Bretagne. Au début des années 80, ce modèle, à tort ou à raison, a été remis en cause par l’idéologie libérale venue des pays anglo-saxons et cela a conduit à un reflux de l’Etat du secteur économique.

                    Ce mouvement a eu lieu partout, sauf en Grèce. Sans doute parce que l’Etat grec a dû suppléer tout au long de l’histoire moderne du pays aux défaillances du capital local qui a rarement investi sur place : l’Etat a dû créer lui-même des entreprises ou des infrastructures industrielles.

                    Le pire est que la Grèce, petit pays dépendant totalement de son environnement international, a même navigué à contre-courant en étatisant davantage son économie à partir de 1981, avec l’arrivée au pouvoir du Pasok (Parti socialiste) d’Andréas Papandréou, le père de l’actuel Premier ministre. Ainsi, entre 1981 et 1985, pas moins de 230 entreprises ont été nationalisées. Aujourd’hui, l’Etat emploie directement ou indirectement 45% de la population active. En France, il y a certes eu les nationalisations de 1982, mais on a reprivatisé à partir de 1986.

                    Cette étatisation n’a pas été un succès…

                    C’est même un échec patent. Les entreprises publiques sont peu compétitives et innovantes : il faut dire qu’elles comptent un personnel pléthorique bien mieux payé que les salariés du privé, mais largement incompétent car nommé selon des critères politiques. Pis : elles sont quasiment cogérées par les syndicats qui ont leur mot à dire sur les choix stratégiques, mais sans que leurs représentants en aient la capacité. Le bilan de la politique économique du Pasok est catastrophique. Les seuls points positifs sont le chômage réduit, puisque l’Etat a créé des dizaines de milliers d’emplois « fictifs », et mis en place une sécurité sociale relativement avancée.

                    Le Parti socialiste a donc une forte responsabilité dans le dérapage des comptes publics grecs ?

                    Andréas Papandréou a construit un « socialisme à crédit ». Mais il n’est pas le seul responsable : la droite est tout aussi étatiste que le Pasok. Autant dire que la crise de la dette publique ne date pas de 2009, même si les marchés ont mis du temps à s’apercevoir qu’il y avait un problème. La classe politique grecque a toujours dramatiquement confondu revenus et emprunts. Surtout depuis que l’adhésion de la Grèce à l’euro, en 2002, lui a permis d’emprunter presqu’aux mêmes conditions que l’Allemagne.

                    Rares sont ceux qui ont essayé de réagir. Il faut bien comprendre que la classe politique ne veut pas d’une remise en cause de cette politique étatiste, car elle permet de se constituer des clientèles politiques. On ne vote pas pour des idéologies en Grèce, on vote pour celui qui vous aidera matériellement. Les partis politiques sont d’ailleurs structurés autour de grandes familles : fils, neveux, protégés restent fidèles à l’ancien. Ainsi, on peut trouver au sein du Pasok, le parti qui a le plus dirigé le pays ces trente dernières années, des gens de sensibilité d’extrême droite, mais qui y sont fidèles par tradition familiale. Ce système clientéliste, qui est la base de la société grecque, date du XIXe siècle et de l’indépendance.

                    En 2002, la Grèce n’aurait donc pas dû entrer dans la zone euro ?

                    Objectivement, non. Mais en 2001, l’Allemagne et la France, qui voulaient qu’il y ait le plus de pays possible dans la zone euro, ont fait pression sur la Commission pour qu’elle puisse les rejoindre. Cela étant, cette adhésion aurait pu faire du bien à la Grèce : jusqu’en 2005, il était encore possible de redresser la situation. Mais le gouvernement de droite de Costas Caramanlis junior (neveu de Constantin Caramanlis), élu en 2004, n’a strictement rien fait par peur de déplaire à sa clientèle : aucune privatisation, aucune réduction de la fonction publique, aucune réforme de l’Etat n’ont eu lieu.

                    Et lorsque le Pasok est revenu au pouvoir en octobre 2009, il était trop tard : la situation budgétaire échappait déjà à tout contrôle. Aujourd’hui, l’appartenance de la Grèce à la zone euro est un fait : la tutelle fédérale qu’elle subit, conséquence directe de son choix pour l’Europe, peut être positive. Elle va l’obliger à bâtir un Etat de droit, une économie de marché digne de ce nom et en finir avec les illusions sur la soi-disant « réalité grecque » qui excusait toutes les dérives.


                    • Jean 30 octobre 2011 14:50

                      Un cours d’ histoire pour expliquer, avec questions et réponses : je cite

                      "les détournements et abus qui caractérisaient la Grèce de l’époque (entre 1828 et 1892, 75% du total des emprunts ont été détournés par la classe politique)« 

                      Ouf !  »l’administration a commencé à être purgée de ses éléments corrompus« 

                       »Cette classe politique commence alors à se préoccuper davantage du maintien de son pouvoir et des privilèges qui en découlent, que de l’intérêt de l’Etat.« 

                       »Aujourd’hui encore, alors qu’on demande d’énormes sacrifices à la population, les députés et politiciens de tous bords refusent obstinément de baisser leurs salaires, pourtant démesurés, ou de se défaire d’un iota de leurs privilèges.« 

                       »L’économie se trouve au point mort, alors que des sommes fabuleuses sont englouties dans des opérations financières frauduleuses« 

                       »...de banquiers… décidée à défendre à tout prix ses intérêts sans se préoccuper de ce que cela peut coûter au pays.« 

                      Conclusion : un pays qui bat la camora et cosa nostra réunies

                      Solutions :

                       »en privatisant les entreprises publiques et en réduisant drastiquement la taille de la fonction publique.« 
                      comme la privatisation calamiteuse de chemins de fer anglais (gouvernement revenu hypocritement en arrière)

                       »l’armement maritime, qui, parce qu’elles sont en contact avec l’économie mondiale, fonctionnent efficacement.« 

                      Mais  »...pavillon des Bahamas, armateur grec basé au Liberia, navire affrété par Crown Ressources, une société à capitaux russes basée en Suisse et reliée à Alfa Group, une nébuleuse financière dirigée par un ukrainien.
                      Aujourd’hui 75% des marins dans le monde dépendent d’un FOC et les plus grands utilisateurs de ces pavillons de complaisance sont les Grecs qui occupent 72,3% du registre de Chypre« 

                      http://scaphinfo.free.fr/contestation/convenience_flags.html
                      lecture édifiante... ( »marins« sous payés -les vrais au chomage-, navires poubelles, ...)

                       »Mais elles sont une exception.«   ??
                      ...heureusement !

                       »En France, il y a certes eu les nationalisations de 1982, mais on a reprivatisé à partir de 1986.« 
                      La CIA est passée par là, sinon... c’ est Pinochet, ou la France devient Cuba : blocus économique !

                       »il faut dire qu’elles comptent un personnel pléthorique bien mieux payé que les salariés du privé« 
                      oupss,... comme les hommes d’équipage des navires »grecques

                      « ...mais largement incompétent »
                      bizarre, quand on privatise, on ne vire pas forcément le personnel, mais on y met à la tête des patrons grassement payés (bien plus que le public), parachutes dorés etc. (souvenir du patron d’ air lib qui a pourri l’ entreprise en se servant au passage, juste un exemple parmi des dizaines qui délocalisent pour se constituer un colossal magot défiscalisé)

                      « l’Etat a créé des dizaines de milliers d’emplois « fictifs » »
                      En France c’ est dans les mairies et les ministères, c’ est pourtant pas la Grèce.

                      « Elle va l’obliger à bâtir un Etat de droit, une économie de marché digne de ce nom »
                      Alors Zorro est arrivé..., la crise est passée !


                    • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 30 octobre 2011 19:43

                      II y a en effet un malentendu, mais pas nécessairement tel que décrit. Disons plutôt, en simplifiant, que de part et d’autre l’objectif attendu de l’adhésion était bien plus politique qu’économique. 

                      Certes, l’UE a de tout temps été un projet se voulant pragmatique, d’harmonisation et coordination économique. Mais une Europe se définissant comme telle et s’espérant projet politique pouvait-elle se faire sans la Grèce ? Ajoutons que l’entrée de la Grèce permettait de louvoyer avec la Turquie, qui déjà était « en attente ». A mon sens, le malentendu consiste à une contradiction fondamentale entre un projet économique et les velléités politiques, historiques, géopolitiques et culturelles qu’il met en avant. 

                      C’est cette contradiction qui est à la source de l’élargissement à l’Europe de l’est, et c’est cet élargissement qui a abouti à une double impasse : tandis que le cas grec était gérable et assimilable vu la taille du pays et de son économie, l’entrée massive de l’ensemble des pays de l’est (eux aussi ne répondant que très peu aux critères économiques), a gonflé le problème de l’harmonisation économique, mais parallèlement souligné les problèmes de gouvernance de ses outils institutionnels. S’en est suivi un paroxysme de cette contradiction, une fuite en avant d’une gestion économiste très libérale, et un discours politique intégrationniste qui occultait cette gestion. D’autant plus que la partie est de l’Europe intégrée s’adonnait à un libéralisme sauvage, et considérait l’Union comme une entité du plus petit dénominateur commun, bloquant toute velléité de gouvernance politique.  

                      Quand à la Grèce elle-même, elle voyait de l’Europe un facteur de stabilité politique, lui permettant d’en finir avec la spirale des coups d’Etats et de pronunciamientos qu’ils soient royaux ou militaires. Mais elle voyait aussi une sorte de continuation des politiques interventionnistes qui remontent à sa propre création. En ce sens, il ne faut pas l’oublier, le PASOK était contre l’adhésion, et une fois ce parti au pouvoir, si l’adhésion elle même n’a pas été remise en question, les termes et les procédures d’harmonisation l’ont été. 

                      Le paroxysme de l’emprunt n’est pas un tropisme grec. Il est la conséquence directe des reformes institutionnelles qui déconnectent les outils classiques de la gestion des Etats des Etats eux-mêmes.  Les accords de Maastricht et de Lisbonne entérinent cette politique qui transforme les Etats en clients emprunteurs, leur enlevant aussi bien le monopole régalien de la monnaie que celui de leurs banques centrales. C’est à partir de là que les fameux 3% et 80% sont fragilisés en tant qu’indicateurs et sanctionnés par le marché. La situation devient la même, aussi bien pour les ménages, les entreprises que les Etats : production, consommation, salaires et politiques de développement sont désormais remplacés ou gérés par l’emprunt à tiers. S’en suit une dégradation des politiques publiques, des services de la fonction publique, des salaires et de l’outil industriel, tous victimes de l’immédiateté du « retour sur emprunt ». C’est la que se niche le dernier malentendu : la paupérisation de l’Etat et le fléchissement de l’outil productif est montré comme une réforme inéluctable et le remplacement du salaire par l’emprunt comme la solution pour avoir une consommation robuste. Or, comment paupériser l’Etat et en même temps le « moderniser » ? Comment renforcer le contrôle fiscal en licenciant les fonctionnaires du fisc ? En Grèce, l’Etat n’avait déjà pas les moyens pour contrôler quoi que ce soit (en cela les politiques publiques sont historiquement responsables). Mais il l’est bien d’avantage avec les mesures prises ces deux dernières années, et cela c’est la responsabilité de l’UE qui exige tout et son contraire. 

                      Le problème n’étant plus comptable (marché) mais de justice sociale (projet politique).  Ne soyons pas hypocrites : le moteur premier de l’économie (et créateur de monnaie) est désormais l’emprunt. C’est très réducteur d’en vouloir aux emprunteurs… Tant que tout projet politique aura comme objectif suprême de pouvoir emprunter aux meilleurs des taux, qu’il  sera donc dépendant du marché et déconnecté  du bien commun, nous ne pourrons sortir de cette spirale, et chercherons  cancres et les bons élèves de l’emprunt pour cacher notre incompétence.


                      • suumcuique suumcuique 30 octobre 2011 20:29

                        « On évalue jusqu’à 30 milliards d’euros l’évasion fiscale. » explique Libération. Rappelons que l’Europe et le FMI prêtent 100 milliards d’euros à la Grèce sur trois ans.

                        L’article de Libération se termine avec un autre exemple : "Ainsi, le fisc vient d’utiliser Google Earth pour compter les piscines dans le nord huppé de la capitale (Kefalari, Kastri,etc.). Le chiffre final ? 16 974. Le nombre de bassins déclarés ? 324…" Un exemple frappant que l’on retrouve comme d’autres chiffres cités par Libération dans de nombreux journaux de la presse internationale depuis une semaine.

                        "324 résidents déclarent une piscine (...) les inspecteurs du fisc ont étudié des photos satellite de la zone et ont troué un nombre différent 16 974 piscines (...) Quand les autorités fiscales ont surveillé les déclarations de 150 docteurs qui ont leur cabinet dans le quartier branché de Kolonaki, plus de la moitié déclarent un revenu de moins de 43 000 $ et 34 moins de 14 400 $ ce qui leur évitait de payer des impôts."

                        http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=8021


                        • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 30 octobre 2011 21:39

                          Lisez mon article sur AVOX : « a qui appartiennent ces villas ? » Cela ne résout pas le problème central : un Etat peupérisé ne peut recouver les prélevements obligatoires...


                        • lesdiguières lesdiguières 31 octobre 2011 09:29

                          Les études génétiques ont démontré depuis longtemps - à ceux qui ont des problèmes oculaires - qu’’il n’y a pas pas plus d’un Grec sur 10000 qui descend des Grecs de l’antiquité.

                          La Déesse Athéna parviendra-t-elle à l’instrumentaliser pour sauver son pays, la Grèce, de la faillite annoncée ?

                          http://www.atramenta.net/lire/operation-athena/30255


                          • panpan 31 octobre 2011 10:41

                            D’abord asseyez-vous pour ne pas tomber.
                            J’ai trouvé un chiffre, je ne sais plus où, mais je pense qu’il est parfaitement plausible :

                            20 000 milliards de dollars dans les paradis fiscaux. Ca vous parle ?


                            • BA 31 octobre 2011 10:43

                              Samedi 29 octobre 2011 :

                               

                              Rien ne va plus pour l’Italie. Les investisseurs ne semblent pas croire à un miracle, redoutant semble-t-il que Rome sombre à son tour dans le chaos financier.

                               

                              Alors que le pays doit faire face à un endettement colossal, le coût de son financement s’est à nouveau envolé vendredi lors d’une émission obligataire test.

                               

                              De plus en plus inquiétant : les taux d’intérêt des titres à échéance 2022 ont dépassé la barre des 6 %, seuil considéré comme dangereux par les analystes.

                               

                              Pire encore, un niveau record a été enregistré avec un taux de 6,06 %, contre 5,86 % le 29 septembre, date de la dernière opération de même type.

                               

                              Les analystes considèrent la situation d’autant plus préoccupante, estimant qu’un tel niveau ne peut être longtemps soutenable pour l’économie italienne, cette dernière affichant une très faible croissance et le stock de dette demeurant très élevé, s’établissant désormais à 1900 milliards d’euros , soit environ 120 % du PIB. Des chiffres vertigineux qui pourraient effectivement en effrayer plus d’un ...

                               

                              Les taux des titres à échéance 2014 ont quant à eux progressé à 4,93 %, contre 4,68 % lors de la précédente émission, ceux des titres à échéance 2019 s’élevant désormais à 5,81 % contre 4,03 %, tandis que ceux des titres à échéance 2017 s’établissaient à 5,59 %, contre 2,33 %.

                               

                              /www.leblogfinance.com/2011/10/italie-les-taux-dinteret-depassent-le-seuil-de-risques.html">http://www.leblogfinance.com/2011/10/italie-les-taux-dinteret-depassent-le-seuil-de-risques.html

                               

                              Lundi 31 octobre 2011 :

                               

                              Italie : taux des obligations à 10 ans : 6,150 %.

                               

                              /www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND">http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

                               

                              Plus les jours passent, plus l’Italie emprunte à des taux de plus en plus exorbitants.

                               

                              Plus les jours passent, plus l’Italie se rapproche du défaut de paiement.

                               

                              L’Italie sera le quatrième domino à tomber.


                              • ddacoudre ddacoudre 6 novembre 2011 01:26

                                bonjour koustousis

                                certainement que si la BCE ne devient pas une banque régalienne, la Grèce préfigure ce qui attend d’autres états y compris la France.
                                j’essaie d’expliquer cela au travers de divers articles.ddacoudre.over-blog.com.

                                coprdialement.

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