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Notre mère Athènes (première partie)

Récit d'une semaine à Athènes, partie 1/2.

N.B. : les personnes mentionnées ont été anonymisées.

Géorgios

Arrivée à Athènes le mardi 10 avril, en fin d'après-midi. L'ami qui m'héberge vient me chercher à l'aéroport Vénizélos. Le printemps s'est mis à l'austérité par solidarité avec les Grecs. Le temps est étonnament nuageux pour un mois d'avril.

Géorgios P. est ingénieur dans le bâtiment. Il est au chômage. Il a travaillé plusieurs mois pour deux entreprises différentes qui ne l'ont pas payé : elles lui doivent au total 40 000 euros. Il pense qu'il n'a aucune chance de récupérer cet argent. L'État grec, pressuré par l'Union Européenne, le FMI et ses créanciers, refuse de payer ce qu'il doit aux entreprises afin de rembourser une dette qu'il ne peut rembourser. Ce défaut de paiement provoque une chaîne d'impayés : les entreprises, qui ont besoin de l'argent que l'État leur doit, ne peuvent plus payer ceux qui travaillent pour elles. Géorgios se trouve au bout de cette chaîne, comme beaucoup d'autres Grecs. Il est la preuve vivante que les calomnies hellénophobes déversées dans les médias européens sur le thème « les Grecs ne travaillent pas » sont ridicules. Non seulement ils travaillent, mais en plus beaucoup d'entre eux le font ou l'ont fait sans avoir touché leur rémunération. Ces Grecs travaillent gratuitement parce que l'État grec (que ce soit l'État central ou les collectivités territoriales) paye une dette illégitime au lieu de payer ceux auxquels il doit réellement de l'argent, c'est-à-dire ceux qui travaillent pour lui. Géorgios me prévient que chez lui c'est un peu le bazar, parce que depuis qu'il a dû fermer la boutique qu'il tenait à Rhodes la marchandise gît désœuvrée dans son salon.

Tandis qu'il nous conduit en voiture de l'aéroport à son domicile, il m'interroge :

« Vous allez avoir vos élections bientôt en France ?

- Oui, mais je ne pense pas qu'il en sortira quelque chose de bon. Moi, je n'irai pas voter.

- Tu penses que Sarkozy va perdre l'élection ?

- Oui, 70% Français le détestent et les médias font tout pour que Hollande soit élu. De toute façon, Sarkozy ou Hollande, ça ne fait pas de différence. Quel que soit celui qui est élu, c'est l'Union Européenne qui gouverne la France. Ils ont besoin d'un dirigeant de gauche maintenant pour faire passer leur politique de pillage, ils veulent faire en France la même chose que chez vous. Il y a dix candidats à l'élection présidentielle cette année et aucun ne veut faire sortir notre pays de l'Union Européenne et de l'eurozone. Je ne vais pas participer à cette mascarade. Quel que soit celui qui est élu, nous savons déjà qu'après les élections, ce sera le tour de la France. Après avoir "réformé" les retraites, notre gouvernement veut "réformer" la Sécurité Sociale. Vous aussi vous allez avoir des élections en avril, non ?

- Peut-être. » Géorgios rit jaune.

« Si Merkel le permet.

- Ils parlent du 6 mai pour l'élection, mais si elle doit se tenir le 6 mai, ils auraient dû l'annoncer déjà le 6 avril, parce qu'ils doivent l'annoncer au moins un mois avant. Et pour l'instant, rien.

- Bien sûr, les bureaucrates de l'Union Européenne ne veulent pas d'élections en Grèce. »

Je sais bien que notre pays aussi vit sous dictature étrangère, mais je ne le ressens tout de même pas de la même façon. Lorsque les dictateurs suppriment ce qui leur permettait d'entretenir l'illusion que nous vivions en démocratie, la dictature n'est soudain plus une abstraction. Elle devient palpable, réelle, comme elle l'est en Grèce maintenant. Ce qu'on appelle la "troïka"1 a subverti l'ordre constitutionnel sans la moindre gêne en mettant à la tête de la Grèce un gouvernement de coalition dirigé par un technocrate non élu. Les Grecs se rendent compte bien mieux que les autres Européens que leur pays est gouverné par des puissances étrangères.

« Cette Union Européenne, ça me fait rire, commente Géorgios.

- Pourquoi ? » Rigolo n'est pas l'adjectif qui me serait venu spontanément à l'esprit pour qualifier l'Union Européenne.

« C'est une union de rien, explique-t-il. On nous oblige à baisser les salaires et les pensions pour être compétitifs.

- Oui, la compétitivité c'est le dogme des dirigeants de l'Union Européenne.

- Mais c'est faux que l'on puisse être compétitifs en réduisant les salaires. Regarde la Bulgarie, les gens sont payés quelques centaines d'euros. Ils veulent nous payer 300 euros pour nous aligner sur les pays les moins avancés d'Europe. Mais de toute façon, il y a la Chine, on ne peut pas être compétitif contre la Chine.

- Oui, et à quelques kilomètres de chez vous, il y a des pays comme la Turquie qui n'ont pas l'euro. La lire turque coûte deux fois moins cher que l'euro. C'est impossible pour la Grèce d'être compétitive à l'intérieur de la zone euro. Personne ne peut être compétitif avec l'euro, il est beaucoup trop chef. Et puis il faudrait être compétitif face à l'Allemagne, qui n'a pas de salaire minimum. »

« Ici, les gens se taisent », me dit Géorgios. Je pense qu'il veut dire par là que les gens ne se révoltent pas, pas assez en tout cas. « Tu as vu tous les commerces qui sont fermés ? » me demande-t-il. À vrai dire, je n'y ai pas fait vraiment attention, mais je vais avoir l'occasion de voir ça de plus près. Nous passons la soirée à discuter de politique et d'autres choses en mangeant des Soulavkis, une spécialité grecque. C'est une sorte de kébab fait avec une pita où le porc remplace le mouton. Justement, j'étais en Turquie la semaine passée et Géorgios connaît bien ce pays. Il me surprend en faisant exactement la réflexion que je me faisais quand j'y ai mis les pieds pour la première fois : on dirait des Grecs. C'est stupéfiant la ressemblance qu'il peut y avoir entre les deux pays et les deux peuples.

« Si tu vas en Turquie et que tu ne vois pas de femme voilée, m'explique Géorgios, tu ne peux pas savoir que c'est un pays musulman. Une fois, je suis allé dans un café et je me serais cru en Grèce. Les gens sont exactement les mêmes : ils boivent le même café [qu'on appellera café turque, café grec, café bulgare, etc. selon le pays où on se trouve] en prenant la même attitude décontractée que les Grecs, manient le même komboloï2. Je me suis dit : ce sont des Grecs !
- C'est parce que la Turquie n'est pas un pays musulman, c'est un pays laïque. » D'ailleurs, la Turquie est, exception faite de la France, le seul pays laïque d'Europe.
Il nuance : « C'est vrai sur la côte, mais à l'intérieur des terres ce n'est plus la Turquie, c'est un autre pays. »

Sur les toits des Grecs comme sur ceux des Turcs, on voit des panneaux solaires affublés de leur réservoir d'eau. Chaque foyer athénien a son panneau solaire et son réservoir d'eau sur son toit. Lorsque le soleil jette ses rayons sur Athènes, ils scintillent et on croirait que la ville a été saupoudrée de paillettes. Le panneau solaire de Géorgios est cassé, mais il ne veut pas le faire changer car il faut 10 ans pour amortir son coût. Or Géorgios ne sait pas ce que l'avenir lui réserve. Jusqu'à présent, pour les ingénieurs grecs, l'avenir est bouché. Il songe à émigrer. Qu'en 2012 un Européen soit obligé de quitter son pays pour survivre, c'est la grande honte de l'Union Européenne.

Les Turcs, quant à eux, se trouvent sur la liste des prochaines victimes de la "construction européenne". L'annexion de leur pays est prévue pour bientôt, après celle scandaleusement réussie de la Croatie. Comme l'expliquait notre guide, les Turcs sont de plus en plus défavorables à une adhésion de leur pays à l'Union Européenne et, si un vote avait lieu aujourd'hui, la moitié d'entre eux voterait contre. Nonobstant le fait que tous les partis turcs, évidemment, sont favorables à l'adhésion. D'une certaine façon, il existe bien une culture européenne commune : ce doit être la haine de la démocratie professée par les élites et la haine des élites éprouvée par les peuples.

Tous les Grecs sont sur facebook. Du moins ceux qui sont au chômage et n'ont pas grand chose d'autre à faire. Ils y mènent des discussions politiques et échangent pas mal de blagues. Géorgios me traduit l'une d'entre elles : Un Grec décédé arrive en Enfer et demande au diable : « Est-ce que vous avez le Mémorandum3 ici ? - Non, répond le diable. - Alors c'est un jardin pour enfants. »

1 L'Union Européenne, la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International.

2 Sorte de petit chapelet utilisé pour jouer ou passer ses nerfs.

3 Plan dit d'austérité, c'est-à-dire de pillage généralisé de la population grecque, en échange d'un prétendu prêt de l'Union Européenne et du FMI, qui sert en réalité à rembourser les créanciers.

Syntagma, place de la révolution

Le lendemain, je prends le métro pour commencer ma visite d'Athènes. Pour le moment, je décide d'éviter les lieux touristiques - c'est-à-dire l'Acropole - et d'entrer directement dans le vif du sujet. Je vais voir ce qu'il y a de plus intéressant pour moi : Syntagma. La place Syntagma, c'est-à-dire la place de la Constitution, est celle qui se trouve en face du parlement grec. C'est le lieu célèbre de rassemblement des Grecs lorsqu'ils décident de manifester leur colère contre les voleurs qui les gouvernent. Voleurs, c'est bien ainsi qu'ils appellent leurs ministres et leur parlementaires. Ce mot se trouve parmi les nombreux graffitis qui recouvrent les murs d'Athènes. Je le trouve plutôt faible, étant donné l'ampleur du pillage organisé du peuple grec.

La place Syntagma est composée de deux parties. La partie basse est la place à proprement parler, celle qui se situe le plus loin du parlement. Elle tient presque lieu de parc. De tous les côtés passent de grandes artères de la ville. Ainsi entourée, elle paraît plus petite que je ne l'imaginais. La deuxième partie, la partie haute, se trouve juste devant le parlement. On y accède depuis la place en montant quelques marches. Elle est composée du parvis du parlement et de la large chaussée qui le sépare de la place. Il y a de quoi contenir une foule assez considérable à cet endroit. C'est là où des centaines de milliers de Grecs se rassemblent régulièrement pour manifester.

Syntagma est le lieu d'affrontements violents de manifestants avec la police. De féroces batailles y prennent place : les flics la noient de gaz lacrymogènes, y matraquent sans modération et y jettent des pierres ; des manifestants - que nos médias appellent au choix « jeunes cagoulés » ou « anarcho-autonomes » pour faire trembler la ménagère de plus de 50 ans terrifiée et retranchée derrière son poste de télévision - répliquent avec toutes sortes de projectiles : pierres, bâtons, cocktails Molotov et plus généralement tout ce qui leur tombe sous la main1. Mais ce jour-là, pas de manifestation en perspective, tout est calme. La place porte bien quelques stigmates des affrontements, mais sans plus. Sur la place et dans les environs, des kioskes à touristes vendent des boissons, des sucreries, des livres et bien sûr l'indispensable kit des "Greek lovers". Des vendeurs ambulants y vendent des tickets du loto... On a du mal à imaginer que quelques semaines auparavant, cette petite place tranquille était le théâtre d'une guerre civile.

Enfin, tout est calme, c'est vite dit. À peine sortie du métro, je croise des flics. Tout d'abord ces fameux flics à moto, les deltas, qui sèment la terreur dans les manifestations : uniformes noirs, blousons en cuir, casques blancs, lunettes de soleil. Une poignée d'entre eux précède deux camions de pompiers : ils se rendent probablement sur le lieu d'un "incident" comme il s'en produit tous les jours à Athènes. Sur la place Syntagma elle-même, je croise deux flics municipaux : ils ont un uniforme étrange, pantalon vert kaki avec un blouson noir en cuir et des lunettes de soleil également. En traversant la rue au sommet de la place, pour aller devant le parlement, je vois des flics qui font la circulation. En faisant le tour du parlement par la gauche, je croise un bus plein de flics, du genre anti-émeutes. Le bus est très grand, ce n'est ni une boîte de 6, ni une boîte de 8. Ça doit bien équivaloir à une boîte de 12, mais je ne sais pas si cette catégorie existe en France. À quelques pas, une autre variété de flics est manifestement préposée à la protection des abords du parlement. Sur le trottoir d'en face, deux MATs2 tapent la causette. On les reconnaît facilement avec leur uniforme vert kaki et leur bouclier.

En fait, le parlement est bien assiégé aujourd'hui : assiégé par les flics. Et encore, je n'ai pas mentionné les flics en civils. Il faut dire qu'ils ne sont pas discrets, les flics grecs. Même quand ils sont en civils, on dirait qu'ils portent l'uniforme : même blouson en cuir, mêmes lunettes de soleil, même regard d'abrutis sadiques.

À part les flics, il y a en permanence trois militaires devant le parlement : les deux gardes qui sont vêtus d'un uniforme traditionnel et celui qui leur sert de garde-chiourme. Les deux gardes se livrent à un spectacle burlesque, qui consiste à marcher au ralenti en frottant et en tappant le sol avec leurs pieds avant de venir se planter chacun à son poste de garde et ne plus bouger un orteil. Je les plains.

Devant le parlement, les gardes du parlement. En face des gardes du parlement, une troupe de touristes. Aux pieds des touristes, une foule de pigeons. La Grèce a sombré sous le joug d'une dictature étrangère, des millions de Grecs sont dans la misère ou risquent de s'y trouver bientôt, mais il n'y a pas de raison de changer le décorum prévu pour amuser le touriste : une fois que les deux gardes ont atteint leur point d'arrivée par les contorsions que leur impose l'exercice de chorégraphie mentionné ci-dessus, le garde-chiourme entre en jeu. Il corrige la position des gardes l'un après l'autre en prenant soin de réajuster leur béret. Puis, il s'adresse - en Anglais - aux touristes, admiratifs devant tant de discipline vestimentaire et de précision chorégraphique, pour leur signifier qu'ils peuvent prendre des photos. Athènes brûle, les Grecs sont menacés par la famine, mais pour les touristes the show must go on.

Sur la place Syntagma, à part celui des flics, c'est le nombre des chiens qui est surprenant. Certains d'entre eux portent encore un collier ; ils ont dû être abandonnés il y a peu par des maîtres qui ne pouvaient plus les nourrir. On en trouve d'ailleurs pas qu'à Syntagma, mais dans toute la ville. Les chats aussi sont présents en nombre à Athènes, mais ils se font plus discrets. À vrai dire, le terme de chiens errants ne leur convient guère. Ils s'intègrent parfaitement au décor, leur présence semble tout à fait naturelle. Ils font la sieste au soleil étalés de tout leur long. Ils semblent s'ennuyer. Parfois, des gens viennent les nourrir. La solidarité grecque s'étend jusqu'aux animaux.

Je m'éloigne ensuite de la place Syntagma pour aller voir les quartiers aux alentours. Je rencontre les premiers magasins fermés dans le quartier touristique qui se trouve aux pieds de l'Acropole. Plus on s'éloigne du centre, plus on rencontre de magasins victimes de "la crise". Je me rappelle être passée dans une rue où presque tous les magasins étaient fermés. En plus, en fin de semaine, les Grecs célèbrent la pâque orthodoxe et beaucoup quittent Athènes à cette occasion. Pendant trois jours, la ville paraîtra quelque peu désertée. Pour l'heure, s'il n'y avait pas des flics à chaque coin de rue, on pourrait presque croire que tout est normal.

1 Il va de soi que les médias présentent toujours les évènements en sens inverse : selon eux, c'est la police qui riposte avec des gaz lacrymogènes aux jets de pierres et de cocktails Molotov.

2 L'équivalent de nos CRS, mais en plus féroces.

Dimitris Christoulas

Avec tous ces flics, Athènes semble être un territoire sous occupation. La présence des flics n'est cependant pas le seul signe du crime qui se commet en Grèce. En passant dans la rue Panepistimiou, je croise un homme qui mendie avec deux jeunes enfants. De retour sur la place Syntagma, je suis abordée par une femme qui m'explique en Anglais qu'elle a été licenciée et expulsée de son logement ; elle demande de l'aide pour nourrir son enfant. Sur la place, je remarque un arbre décoré de fleurs et de tracts. C'est l'hommage que les Athéniens rendent au pharmacien retraité de 77 ans qui s'est tiré une balle dans la tête quelques jours auparavant pour protester contre le sort auquel l'ont condamné le gouvernement grec et la troïka.

Dimitris Christoulas n'était pas vraiment un spécimen de grec moyen qui se suicide par désespoir à cause de "la crise". C'était un militant de gauche et à son âge, il avait déjà un long parcours de luttes derrière lui. Cela explique qu'il ait voulu faire de son suicide un geste politique. Il faut dire que la Grèce, au cours de son histoire récente, a presque toujours souffert sous le joug d'un empire étranger et sous la tyrannie d'un dictateur local. Naître grec dans les années 1930 ne prédispose pas a priori à une vie de tout repos. Dimitris Christoulas a vu se succéder les régimes qui ont opprimé la Grèce au cours du XXème siècle : d'abord celui du général Métaxas, monarchiste fasciste qui instaura une dictature en décrétant l'état d'urgence en 1936, puis la guerre avec l'Italie fasciste de Mussolini, puis l'occupation nazie avec le général collaborateur Tsolakoglou comme chef de gouvernement et, après la Libération, le nouveau régime d'occupation des royalistes alliés à l'empire britannique qui jetèrent le pays dans la guerre civile. Et ce n'est pas fini, car ensuite vint le colonel Papadopoulos qui, en 1967, organisa un coup d'État commandité par la CIA pour empêcher la gauche de prendre le pouvoir et instaura le régime connu sous le nom de dictature des colonels. Ensuite vint une nouvelle domination étrangère avec l'entrée de la Grèce dans l'Union Européenne.

Les gouvernements européens et les médias bourgeois ont chanté les louanges de l'accord d'effacement de la dette conclu entre la Grèce et ses créanciers en début d'année, et imposé en réalité par la troïka. Mais ce soi-disant accord, conclu sans que les Grecs n'aient jamais donné leur accord justement, est une véritable saignée : les créanciers et la troïka ont exigé en échange de la restructuration de la dette grecque, entre autres, une diminution criminelle des salaires et des pensions de retraite. La pension de retraite de Dimitris Christoulas avait diminué de moitié. D'un autre côté, l'État grec, transformé en protectorat de l'Union Européenne, s'efforce de prélever de plus en plus d'impôts et de taxes de toutes sortes sur le peuple grec. Il est aidé dans sa tâche par des experts allemands, le gouvernement allemand considérant vraisemblablement la Grèce comme un territoire conquis. Dimitris Christoulas souffrait de surcroît d'un cancer. Avant de se tirer une balle dans la tête, il a simplement crié qu'il ne voulait pas laisser de dettes à ses enfants. Mais son suicide sur la place Syntagma, où il avait l'habitude de manifester, est aussi un message politique, comme le prouve la lettre trouvée dans sa poche et que la police a vainement essayé de cacher au peuple.1

Pour mesurer le degré de maturation de la guerre civile qui couve en Grèce, il n'est pas inutile de lire le contenu de cette lettre : « Le gouvernement d'occupation de Tsolakoglou a supprimé ma capacité de survie qui se basait sur une retraite digne que j'ai moi même payée (sans l'aide de l'État) durant 35 ans. Comme mon âge ne me permet pas de réagir individuellement de façon dynamique (quoique, si un compatriote devait se saisir d’une kalachnikov, je m’empresserais de le suivre), à moins de chercher dans les poubelles de quoi me nourrir, je ne peux pas trouver d'autres solutions aussi dignes que cette fin. Je pense que les gens sans avenir finiront par prendre les armes et pendront les traîtres sur la place publique de Syntagma, comme les Italiens l'ont fait avec Mussolini en 1945  »2.

1 Pour une biographie plus complète de Dimitris Christoulas, voir Yanis Youlountas, Le sens d'une balle à paraître dans La Raison, juin 2012.

2 http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/ce-qu-il-s-est-aussi-passe-le-4-114238 et http://www.courrierinternational.com/article/2012/04/12/traumatisme-un-suicide-en-forme-d-ultimatum-politique.

Les Grecs appelés aux urnes

Le soir, Géorgios m'informe que le président grec a finalement annoncé les élections pour le 6 mai. C'est le même jour que le deuxième tour de l'élection présidentielle en France. En Grèce, c'est l'élection législative qui est décisive. C'est elle qui détermine la composition du parlement et du gouvernement. La composition de l'Assemblée est proportionnelle aux suffrages. Cela me donne un sentiment extrêmement étrange. Même sous dictature étrangère directe, les institutions grecques continuent de fonctionner plus démocratiquement que les nôtres... qui sont issues d'un coup d'État militaire, il est vrai.

Géorgios essaie de convaincre une amie d'aller voter. Les débats autour des élections en Grèce ressemblent en fait fort à ceux qui déchaînent les passions en France et, probablement, à ceux qui se déroulent un peu partout en Europe. On peut distinguer trois catégories de citoyens, qui sont tous également mécontents (les mécontents représentant bien 70-80% du corps civique) du système politique tel qu'il est fait, mais qui adoptent des attitudes différentes quand vient le moment des élections.

D'un côté, il y a ceux qui, bien qu'ils sachent que les deux principaux partis qui se partagent le pouvoir sont corrompus jusqu'à la moelle, s'efforcent tout de même de voter pour celui des deux qu'ils considèrent comme le "moins pire", c'est-à-dire en général celui qui n'est pas au pouvoir au moment où a lieu l'élection, puisqu'il s'agit de virer le parti dont les méfaits sont les plus frais dans la mémoire du peuple. Ce système, appelé bipartisme, garantit la dictature de deux partis qui font semblant de s'opposer mais qui peuvent en réalité se partager le pouvoir de cette façon durant des décennies. La tactique est simple : celui des deux qui est au pouvoir a pour mission principale de se faire haïr suffisament pour garantir l'élection de l'autre, et ce dernier fera de même une fois au pouvoir. Ça peut durer très longtemps comme ça. C'est le cas aux États-Unis et c'est également le cas en Grèce depuis que le système électoral, abusivement appelé "démocratie", a été rétabli. C'est le système que les capitalistes veulent idéalement imposer dans toutes les "démocraties" occidentales.

La pseudodémocratie grecque étant dans un état de dégénérescence beaucoup plus avancé que la pseudodémocratie française, le choix s'y trouve compliqué par les dernières péripéties gouvernementales. En effet, le gouvernement qui dirige la Grèce depuis quelques mois est un "gouvernement d'union nationale" (ne riez pas) des deux principaux partis, le PASOK (Parti Socialiste Panhellénique, "la gauche") et Néa Démokratia (Nouvelle Démocratie, "la droite") auxquels s'est adjoint le LAOS (Alerte Populaire Orthodoxe), parti d'extrême-droite. Il a d'ailleurs fallu attendre la dictature mise en place par l'Union Européenne pour voir l'extrême-droite entrer au gouvernement, pour la première fois depuis la fin de la dictature des colonels. À la tête de son protectorat grec, l'Empire européen a placé le gouverneur Loukas Papadimos, issu non pas d'un parti mais d'une banque1.

Cependant, puisque le PASOK a gouverné le pays jusqu'au limogeage de Géorgios Papandréou par l'Union Européenne et son remplacement par Papadimos, il est responsable de l'adoption du premier "Mémorandum" honni des Grecs. C'est donc le parti dit de droite, Néa Démokratia, qui devrait avoir la faveur de cette première catégorie d'électeurs. En résumé, beaucoup de Grecs voteront Néa Démokratia comme seule alternative au PASOK, dont le gouvernement vient de les ruiner et de les réduire en esclavage. Géorgios me montre une blague qui circule sur internet à ce propos : « Vous trouvez que vous n'êtes pas encore assez pauvres ? Votez Néa Démokratia. » Je songe à tous les malheureux citoyens français qui voteront pour Hollande et le PS afin de se débarrasser de Sarkozy. On aurait pu faire la même blague : « Vous trouvez que l'UMP ne vous a pas encore assez appauvris ? Votez PS. » Le réveil post-électoral est toujours amer... Géorgios m'explique qu'il craint, comme vraisemblablement de nombreux Grecs, que le PASOK et Néa Démokratia fassent un gouvernement de coalition. Ça aurait au moins l'avantage de détruire les dernières illusions de ceux qui croient encore qu'on peut voter pour un moindre mal.

Ensuite, il y a une deuxième catégorie d'électeurs, ceux qu'on appelle en général "antisystèmes". Ceux-là sont plus politisés et en tout cas radicalisés. Soit ils sont certains de pouvoir faire une révolution par les urnes en votant pour un parti radical qui, pensent-ils, s'opposera au système, soit ils votent de toute façon pour un parti radical, même s'ils n'espèrent pas la victoire, parce qu'ils rejettent la mascarade de l'alternance éternelle de la gauche et de la droite. Ils se rendent comptent que l'élection est truquée, que le système bipartisan n'est pas démocratique, sans pour autant renoncer au principe de l'élection elle-même. Géorgios fait partie de cette catégorie. Il votera à gauche, pour SYRIZA2, un parti qui n'a jamais été au gouvernement. Il me montre des prévisions basées sur des sondages et m'explique l'état des forces politiques. Il y a de multiples partis à gauche et au moins trois formations qui ont bon espoir de remporter un pourcentage significatif des suffrages, dont SYRIZA et le KKE, le Parti Communiste de Grèce, qui compte déjà 21 députés à l'heure actuelle.

« S'ils se mettent ensemble, me dit Géorgios, ils peuvent faire environ 30%.

- Mais 30% ce n'est pas suffisant pour changer les choses, ce seront toujours les autres qui gouverneront. SYRIZA est pour ou contre l'Union Européenne ?

- Ni pour ni contre.

- Quel est leur programme ?

- Leur programme, c'est qu'on ne paye pas. »

Ne pas payer la dette indue, c'est un bon programme, mais inapplicable dans le cadre de l'Union Européenne. Qu'attendent les partis qui se réclament de la gauche en Europe pour en finir une fois pour toute avec le nouvel empire européen ? Ils ne gagneront jamais une élection s'ils ne se mettent pas dans le crâne que les peuples ont soif d'indépendance et de souveraineté.

Enfin, il y a la troisième catégorie, celle des abstentionnistes. Ceux-là ont atteint un degré de radicalisation plus avancé que les précédents : ils ont compris que c'est le système électoral lui-même qui est corrompu dans son ensemble. Ils pensent que les partis qui se présentent comme "antisystèmes" sont corrompus autant que les autres. En tout cas, ils ne pensent pas que voter pour un de ces partis changera quoi que ce soit au cours des choses. Dans cette catégorie se trouvent les anarchistes et d'autres Grecs qui pensent que les problèmes de leur pays ne se résoudrons pas par les urnes.

1 Il a été vice-président de la Banque Centrale Européenne. Pour la petite histoire, L. Papadimos est l'un des inventeurs de l'indice NAIRU, l'outil qui indique aux banquiers, financiers et industriels combien de chômeurs sont nécessaires dans un pays pour que l'inflation reste faible, c'est-à-dire pour qu'ils soient protégés contre une perte de valeur de leurs créances et de leurs capitaux et, surtout, contre une augmentation des salaires. Pour qu'il n'y ait pas trop d'inflation, le chômage doit impérativement rester supérieur (ou au moins égal) à la valeur du NAIRU, ce qui permet d'exercer une pression à la baisse sur les salaires et, de manière générale, de contracter la masse salariale au maximum. L'inflation se définit en effet non pas par l'augmentation des prix (idée fausse répandue par les capitalistes pour légitimer leur politique déflationniste auprès de l'opinion publique en versant des larmes de crocodiles sur les pauvres retraités qui verraient la valeur de leur pension réduite à rien par l'inflation), mais par l'augmentation des salaires, qui cause une augmentation des prix. Cette corrélation entre baisse du chômage et montée de l'inflation montre que plus le chômage baisse, plus les salaires augmentent, et réciproquement. Et qu'a fait le gouvernement grec, sur ordre de la troïka, jusqu'à présent ? Baisser les salaires en nous expliquant que c'est pour lutter contre le chômage en rétablissant la compétitivité. Alors que le chef du gouvernement grec, Papadimos, a lui-même co-inventé un indice établissant la corrélation entre la baisse du chômage et l'augmentation des salaires. Si le but était vraiment de faire baisser le chômage, la première chose qu'aurait fait Papadimos c'est non pas baisser les salaires et les pensions, mais les augmenter au contraire. En réalité, le gouvernement soumis à l'Union Européenne et au FMI mène une politique déflationniste, qui consiste à diminuer la masse salariale aussi bien en diminuant les salaires directs et indirects qu'en faisant augmenter le chômage, bien que la lutte contre le chômage soit mise en avant pour justifier la baisse des salaires. La baisse des salaires directs et indirects est ainsi justifiéé dans toute l'Union Européenne par la nécessité de lutter contre le chômage en rétablissant la "compétitivité".

2 Acronyme signifiant Coalition de la Gauche radicale.

Le chômage

Justement, un anarchiste grec, je devais en recontrer un le lendemain. J'avais convenu d'une rencontre avec lui jeudi. Mais il m'envoie un message pour me dire qu'il doit rester au lit. La veille, il était à l'hôpital. Nous reportons le rendez-vous à vendredi.

Je décide d'aller visiter l'Acropole, que j'avais déjà vu en février 2008 quand j'étais venue en Grèce pour la première fois. Je n'ai pas vu grand chose de l'Acropole ce jour-là. Je découvre peu après être entrée que l'Acropole elle-même ferme à 14h30 et que les monuments qui l'entourent, notamment l'Odéon d'Hérode Atticus et le Théâtre de Dionysos, ne sont visibles que jusqu'à 15h. Je me dis que c'est peut-être à cause de la pâque, mais c'est tôt. La célébration ne commence que samedi. Géorgios me dit que c'est parce qu'ils manquent de personnel. Il est vrai que le gouvernement grec s'efforce de détruire le plus d'emplois publics possible.

Géorgios m'informe que les chiffres officiels du chômage viennent d'être publiés : « Officiellement, il y a 21,8% de chômeurs, ce qui veut dire qu'en réalité il doit y en avoir 35%. » Beaucoup de Grecs ne sont en effet pas considérés comme chômeurs bien qu'ils n'aient pas de travail. C'est le cas de Géorgios : officiellement, il n'est pas chômeur. « Les gens qui travaillent à leur compte, comme moi, ne sont pas inclus dans les statistiques du chômage, m'explique-t-il. Parmis les ingénieurs, plus personnne ne travaille, sauf quelques-uns pour qui travaillent encore pour l'État. C'est pareil pour les médecins, ils n'ont presque plus de travail. Et aussi les avocats. Et puis il y a les commerçants qui ont dû fermer leur magasin. » Autant de catégories socio-professionnelles totalement ou partiellement au chômage, mais exclues des statistiques officielles. L'omission est sans doute volontaire, le gouvernement grec tente de minimiser les conséquences effroyables de sa politique. Mais il est de toute façon difficile d'établir une statistique du chômage en Grèce, car la réalité est toujours plus complexe que les tableaux statistiques. Il y a en effet des commerçants qui, sans avoir fait faillite et abandonné leur commerce, se trouvent dans une situtation très difficile du fait de la baisse considérable de leur chiffre d'affaires. Il faudrait y ajouter encore tous ceux qui ne sont pas considérés comme chômeurs parce qu'ils ont un travail, mais qui n'ont pas touché, ne touchent pas ou ne toucheront pas leur rémunération à cause de la politique d'impayés de l'État et des faillites d'entreprises. Alors il faut bien admettre que le nombre officiel de chômeurs est très en-deçà de la réalité.

Le soir, Géorgios discute vivement au téléphone et après avoir raccroché, s'exclame : « Je vais bien ! Vraiment, tout va bien pour moi ! » Comme je le regarde d'un air interrogatif, il m'explique qu'il était au téléphone avec un collègue ingénieur : « L'entreprise pour laquelle il a travaillé lui doit 12 000 euros. Il a une femme et deux enfants. Maintenant seule sa femme travaille et ils doivent vivre avec son salaire, environ 650 euros. En plus, sa mère est très malade et elle doit payer l'hôpital avec sa pension de retraite, environ 400 euros. Et il a en tout et pour tout 1000 euros. » Si on compare sa situation avec celle de son collègue, en effet, tout va bien pour Géorgios.

Un argument qui revient de façon récurrente quand je discute de la situation des Grecs avec des Allemands ou des Français, c'est qu'« il n'y a rien en Grèce ». Les Grecs n'ont pas d'industrie, pas d'agriculture, c'est à peine s'ils ont du tourisme et encore, avec toutes ces manifestations, il n'est pas sûr que les touristes reviennent. C'est en somme une version allégée, une version "de gauche", de la rengaine hellénophobe réactionnaire « les Grecs ne travaillent pas ». En d'autres termes, ce n'est peut-être pas de leur faute, à ces pauvres Grecs, mais ils ne sont franchement bons à rien. Évidemment, la conclusion d'une telle argumentation est toujours que les Grecs ne peuvent pas quitter la zone euro et l'Union Européenne, parce qu'ils ne peuvent rien faire par eux-mêmes. Il est donc tout naturel de les placer sous tutelle. Que seraient les Grecs sans l'aide des Européens ? Donc, les Grecs ne peuvent pas récupérer leur monnaie nationale, la drachme, ni rétablir la souveraineté de leur nation. Comment des gens qui n'ont rien et ne savent rien faire pourraient-ils décider de leur propre destin ? Il peut paraître a priori surprenant de rencontrer aussi fréquemment ce discours néocolonial et paternaliste, mais il faut prendre en compte la quantité extraordinaire de propagande eurofasciste déversée depuis plusieurs années dans les médias européens pour nous empêcher de concevoir le destin de la Grèce ou, d'ailleurs, d'un quelconque autre pays membre de l'Union Européenne, en dehors de cette Union. Il ne s'agit évidemment pas d'une explication de la crise économique que traverse la Grèce mais d'un argument intéressé contre la sortie de la Grèce de la zone euro et de l'Union Européenne. Les eurocrates ne veulent laisser aucun doute à ce sujet : il ne peut y avoir d'avenir en dehors de l'Union Européenne et il n'y a pas de vie après l'euro. Donc les Grecs sont au chômage parce qu'il n'y a rien en Grèce. Il faudra alors qu'on m'explique ce qu'ils faisaient avant d'être au chômage, quand ils avaient encore un emploi, dans un pays où il n'y avait pourtant rien !

Évidemment, il ne viendrait à l'idée d'aucun des imbéciles recrachant docilement la propagande eurofasciste de se demander s'il ne confondrait pas la cause et l'effet. Selon la vision des gens qui pensent qu'il n'y a rien en Grèce, les Grecs ne survivraient pas sans l'aide de l'Union Européenne. Mais jamais aucun de ces imbéciles ne se demandera si ce n'est pas l'Union Européenne qui est justement la cause du problème. Les imbéciles pensent qu'il n'y a jamais rien eu en Grèce, que la Grèce n'avait pas d'économie avant d'entrer dans l'Union Européenne. Ils concèderons sans doute que la Grèce est quand même un pays touristique. Prenons donc l'exemple du tourisme. Qui empêche les touristes de venir en Grèce ? À votre avis, choisiriez-vous d'aller passer vos vacances en Turquie, sachant que la lire turque ne vaut que la moitié d'un euro et qu'on peut trouver un séjour d'une semaine dans des hôtels de luxe pour environ 500 euros dans diverses villes de Turquie, ou bien en Grèce, où, pour le même climat, vous devrez tout payer en euros, donc beaucoup plus cher, dans un pays accablé de taxes, où vous aurez le privilège - si vous avez choisi Athènes - de payer votre café ou votre jus d'orange 4,50 euros (1 euro en Turquie), afin de passer un séjour très relaxant entouré de forces anti-émeutes ? Sinon vous pouvez encore aller sur la côte dalmate, mais profitez-en vite, la Croatie vient d'être annexée par l'Union Européenne. L'euro est tout simplement trop cher.

Je ferais remarquer en passant à mes concitoyens que depuis que la France a adopté l'euro, le solde de la balance du commerce extérieur de notre pays n'a plus jamais été positif. Et la situation ne fait qu'empirer. L'économie française pas plus que l'économie grecque ne peut survivre à l'intérieur de la zone euro. Notre tour viendra et, peut-être que ce jour là, les Grecs se moqueront bien des imbéciles français en leur expliquant avec la morgue d'un génie de village qu'« il n'y a rien en France ». L'euro n'est pas le seul problème. En fait, ce sont les traités européens qui sont le principal problème. Ils interdisent par exemple aux Grecs de protéger leur industrie et leur agriculture avec des barrières douanières et de contrôler les flux de capitaux. Et ce qui est vrai pour la Grèce est vrai pour la France également. Nos agriculteurs ne peuvent pas vivre de leur travail, ils subissent la concurrence des produits espagnols et allemands, moins chers, et les traités européens interdisent d'en limiter l'importation. La France perd en moyenne 800 emplois industriels par jour ouvrable pour la même raison. Je vous le garantit, un jour nous serons dans la même situation que les Grecs et il se trouvera des étrangers pour nous expliquer qu'il n'y a rien et qu'il n'y a jamais rien eu en France : ni agriculture, ni industrie, peut-être un peu de tourisme à la limite...

Pourtant il y a bien des choses en Grèce. Comme un malheur n'arrive jamais seul, Géorgios m'apprend qu'on y a découvert du pétrole. En fait, il m'explique que ça fait longtemps que des ingénieurs disent qu'il y a des réserves de pétrole en Égée. Mais le gouvernement grec, lui, fait mine d'avoir découvert subitement ce trésor. Ça a le don d'agacer Géorgios, car il craint évidemment que le gouvernement grec ne le dilapide pour rembourser la prétendue dette. « Avant ils disaient qu'il n'y avait pas de pétrole et maintenant ils vont le donner à des compagnies américaines. » Sur cette terre dominée par l'Empire américain, c'est une malédiction pour les peuples d'avoir de l'or noir.


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39 réactions à cet article    


  • _Ulysse_ _Ulysse_ 21 mai 2012 13:51

    @Auteur : merci pour cet article et ce témoignage ;)


    • Aviator 21 mai 2012 15:20

      Trés bien écrit bravo .

      La Grèce est effectivement le révélateur , le premier fusible , de ce système de construction Europenne neo conservateur fossoyeur des peuples et de leur liberté.

      J’ai adoré ’ peut-être que ce jour là, les Grecs se moqueront bien des imbéciles français en leur expliquant avec la morgue d’un génie de village qu’« il n’y a rien en France » ’
      Effectivement avec cette monnaie unique maudite qui n’a été bâtie qu’aux conditions de l’Allemagne ( et au bénéfice de la finance ) il ne restera bientôt plus rien en Italie, Espagne, France et ceux qui nous donnent des leçon de rigueur n’auront plus qu’à aller vendre leurs produits sur la lune !
       


      • ARMINIUS ARMINIUS 23 mai 2012 08:03

        Essayez de sortir de cette « maudite monnaie » pour voir ! Bon des prix de l’énergie (essence, fioul, gaz) crise énorme et révolution qui ouvrira la porte à des excès encore pires...
        Et si vous tapez sur l’Allemagne n’oubliez pas qu’elle est notre premier partenaire économique, c’est comme la femme adultère de Brassens...nous sommes derrière !
        A part ça au sujet des ressemblances entre Grecs et Turcs je vous conseille de lire ou de relire « L’enfant Grec » de notre bon Hugo. Une petite remarque pour l’auteur : si tous les flics portent des lunettes de soleil comment pouvez vous parler de leur regard sadique !
        Bon maintenant une autre lecture à vous conseiller « La République »de Platon...les Grecs avaient la solution depuis longtemps...


      • Criseuro Criseuro 21 mai 2012 19:19

        Cela se lit comme une nouvelle avec des personnages croqués sur le vif et touchants d’humanité. Un portrait haut en couleur et en image qui dépeint avec justesse la Grèce, à la fois belle et digne mais aussi tragique et infiniment fragile.

        Mais bien au-delà du récit d’une semaine à Athènes, ce tableau illustre de façon pragmatique et lucide les conséquences désastreuses de la politique menée par l’Union européenne et la Troïka à travers leur emprise dictatoriale sur un pays déjà au bord du gouffre. En voulant contraindre la Grèce à demeurer dans la zone euro, on la détruit politiquement, financièrement, économiquement et socialement.

        Quel comble que ce déni total de démocratie en Grèce, elle qui fut pourtant mère de la démocratie, de la philosophie, de la poésie, des sciences et des techniques. Et qui avec Périclès, père de la démocratie dans la Grèce antique, lui avait donné ses lettres de noblesse. Dans la débandade actuelle des partis politiques sensés représenter et protéger le peuple, on assiste à une véritable mise à mort des institutions de ce pays, ni plus ni moins.

        Cet article est fouillé, authentique et pris sur le vif. J’attends de lire la suite avec plaisir et qui sait, cela pourrait se transformer en un essai à diffuser à plus large échelle après quelques moutures supplémentaires... A poursuivre sans aucun doute. ;)


        • Marc Bruxman 21 mai 2012 19:27

          Le paradoxe c’est qu’avec la faillite grecque, l’euro va baisser et que cela réglera beaucoup de problèmes pour les autres pays d’europe. Rien qu’avec une baisse de l’euro de 30% et la réaffectation immédiate de ce qui était du à la grêce pour renflouer espagne, portugal, italie et irlande, la croissance va repartir et la crise de la dette sera derriére nous. Car l’espagne, le portugal ou l’italie ne sont pas insolvables : Il suffit d’un peu de croissance poiur que les investisseurs qui ont pariés contre eux se prennent une carotte !

          Le problème c’est ce que cette faillite va couter aux grecs ordinaires. Ils n’ont rien fait pour mériter cela. Mais si ils votent mal en Juin, ils vont aider le reste de l’europe et se faire très mal à eux mêmes. En fait, cela sera tellement mauvais que cela sera un vrai problème de sécurité pour l’UE et c’est surement pour cela que les politiques hésitent encore. Une sortie de la grêce de l’euro impliquerait à très court terme sa sortie de l’espace shengen (probablement à sa propre demande) et divers risques politiques graves. (En plus de troubles sociaux qui feront tache pour un ancien pays riche).

          Pour ce qui est de la concurrence avec la Chine votre contact à tort, de nombreuses entreprises sont compétitives face aux entreprises chinoises sans avoir des salaires alignés sur les ouvriers chinois. La Chine a de nombreux problèmes comme la corruption et l’insécurité juridique qui coutent très cher si vous voulez faire du business la bas. Et vu l’augmentation des salaires et le fait que les citadins n’acceptent plus n’importe quoi en matiére de pollution, la Chine va changer rapidement et ne sera plus un problème.


          • Éleutheria 22 mai 2012 23:04

            Bonsoir Marc,

            Merci pour votre commentaire.

            Concernant l’euro, vous n’avez pas tord, il risque effectivement de baisser et cela sera favorable à nos économies. Mais je pense que vous exagérez largement. Même s’il baissait de 30%, ça ne durerait certainement pas. Et l’Allemagne ne tolèrerait pas un euro aussi bas bien longtemps.

            En revanche je suis en désaccord en ce qui concerne la sortie de la Grèce de la zone euro : ce serait une très bonne chose pour elle. Un Etat ne fait pas faillite, il fait défaut, c’est différent. Il n’existe pas d’exemple dans l’histoire où un Etat se soit trouvé mal parce qu’il a fait défaut, c’est-à-dire parce qu’il a cessé de rembourser sa dette. C’est même exactement le contraire, l’abolition de la dette est une excellent chose pour les Etats et ils ne s’en portent que beaucoup mieux.

            Le rétablissement de la drachme aura pour conséquence une reprise très rapide de la croissance en Grèce. De plus, les Grecs s’en sortiront mieux que tous les autres, car ils seront sortis en premier de l’eurozone. Comme disait Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie : « Les Etats qui en sortiront les premiers seront ceux qui s’en sortiront le mieux ».

            Une sortie de la Grèce de la zone euro implique, selon les traités, une sortie de l’Union Européenne, mais pas une sortie de l’espace Shengen, qui est une construction à part (certains Etats membres de l’UE ne sont pas membres de l’espace Shengen et certains Etats non membres de l’UE sont membres de l’espace Shengen).

            Les Grecs ne voteront pas mal en Juin, ils voteront contre l’austérité, contre le pillage de leur pays par les financiers, contre l’eurofascisme, contre la troïka, contre la dictature. Ils voteront pour la liberté et la souveraineté et en cela ils se feront énormément de bien et rendront un grand service à toutes les nations d’Europe.

            Quant à votre inquiétude sur la sécurité de l’Europe et les « divers risques politiques graves », elle me fait rire. Je vous suggère de lire la deuxième partie de mon article. La troïka a déjà amené le chaos et le fascisme en Grèce. Se débarrasser de la troïka ne pourra faire que le plus grand bien à tout le monde.

            Et non la Grèce ne sera pas un « ancien pays riche » mais peut-être bien un « nouveau pays riche ». Tout dépend ce qu’on appelle un pays riche. Il peut y avoir quelques individus très riche dans un pays avec une population globalement assez pauvre. C’est le cas en France et en Allemagne. smiley

            Vous dites : "de nombreuses entreprises sont compétitives face aux entreprises chinoises sans avoir des salaires alignés sur les ouvriers chinois." Mais tout le textile, par exemple, est produit en Chine. Et maintenant on commence même à le délocaliser dans des pays où la main d’oeuvre est encore moins chère. Même si les délocalisations se font ailleurs qu’en Chine, le problème pour la Grèce et l’Europe restera le même.

            Cordialement.


          • toor toor 21 mai 2012 22:10

            Il faut absolument que l’on sorte de la zone euro.Je suis malade je touche 740 euros par mois pour ça,seulement je ne peux plus me rendre chez un médecin n’étant plus du tout remboursé,je paie ma mutuelle pour rien,d’ailleurs je crois même que je vais arrêter d’engraisser cette assurance.J’aimerais bien me barrer à l’étranger mais sans argent et handicapé je ne sais pas comment faire.J’ai fait une tentative de suicide il y a un an et demi à peu près et me suis retrouvé quatre mois à l’hôpital traité comme un chien en pneumologie à Verdun,pourquoi m’avoir ramené à la vie c’est pas facile de mettre fin à ses jours.


            • Éleutheria 22 mai 2012 23:10

              Bonsoir toor,

              Le déremboursement des soins et des médicaments est une calamité en effet. Cela dit, vous devriez pouvoir bénéficier de l’assurance maladie universelle, et dans ce cas vous n’auriez pas à payer.

              Je vous souhaite bien du courage en tout cas, et ne vous tuez pas, ce n’est pas vous qui êtes le criminel dans cette histoire, vous êtes la victime. Tout ce que je peux espérer c’est que nous serons bientôt libre et il faut se battre tous les jours pour ça.

              J’espère qu’il y a des gens autour de vous, des organisations, qui vous aident et vous soutiennent !

              Cordialement.


            • Alison 22 mai 2012 01:34

              Bonsoir Éleutheria,

              votre récit « d`une semaine » en Grèce est intéressant mais il est celui d`un(e) touriste malgré le ou les contacts que vous avez pu avoir.
              Je ne vais pas revenir sur tout ce que vous avez écrit et qui si je le comprend fait l`objet d`une suite (1/2).
              Ce pays je le connais depuis bientôt 30 ans donc lorsque « tout allait bien » et j`y vit depuis 10 ans, mon regard sera nettement différent car je prend en compte les années passées bien avant la crise.
              la police grecque présence d`occupation ? L`augmentation de ces effectifs a commencée avec la mort du jeune anarchiste en 2008, faut il rappeler les troubles alors que la crise n`était pas encore ressentit ici. La destruction par les manifestants ou pseudo-manifestants même date et cela n`a fait qu`empirer.
              SI la police grecque "rackettait autant les citoyens grecs que le fait la française les caisses de l`Etat serait pleinee, idem pour les taxes, la corruption a tous les niveaux du bas jusqu`en haut. La crise aujourd`hui en Grèce oui car lorsqu`il n`y a plus de monnaie pour entretenir ce système.... Encore de nos jours des grandes sociétés importent intra-ue mais choisis de déclarer sa TVA en Grèce car elle en esbroufe 80%, les contrôleurs ? Ils mangent toujours a la meme table.
               Les chiens abandonnés ? Pour votre information, en Grèce le chien n`est pas le caniche assis dans le canapé, soit il est utile soit il est libre ! Ce que vous avez vu ne sont que des chiens qui vivent en toute liberte et cela depuis des lustres y compris a Athènes. Vacciné, stérilisé depuis un programme qui a été lancé il y a quelques années il n`y a que les touristes que cela surprend, un peu comme vous les tentes l`hiver dans Paris abritant des hommes parfois des femmes, des enfants !

              Grecs frères des Turcs ? Ressemblance physique peut être mais quatre siècles de domination.

              Politique ? Un Français ne peut pas comprendre la politique grecque tout comme l`organisation grecque (inexistante), les grecs sont pris en chargent depuis de nombreuses années, Turc, politique mafieuse, militaire et aujourd`hui dictature financière.

              Certaines sociétés ont bénéficiees de somme énorme de l`UE, faillite frauduleuse derrière et lorsque les banques grecques mais aussi étrangères réclamaient recouvrement voir pire jugement, cela était fait a Athènes ou avec quelques billets au juge les établissements bancaires étaient déboutées de leur demande. 

              La Grèce il ne faut pas la prendre que de 2008 a 2012 mais avant et même bien avant...

              Le 17 juin si rien ne se passe d`ici la... Les Grecs vont choisir, choix crucial pour leur avenir mais attendez vous aussi a un remake du 06 mai car aucun gouvernement ne pourra se former ou durer tant que la situation politique et économique fonctionnera comme c`est la cas actuellement.

              Alison


              • Éleutheria 22 mai 2012 02:43

                Bonsoir Alison,

                Merci pour votre commentaire. N’étant pas Grecque moi-même et n’ayant jamais vécu en Grèce, je suis évidemment une sorte de touriste.

                Je ne comprends pas bien l’objet de votre critique, je pense que vous interprétez mes propos. Par exemple, je n’ai pas dit que la police grecque avait toujours été présente en si grand nombre dans les rues d’Athènes. Je n’ai pas non plus dit que les Turcs et les Grecs sont frères, bien que je considère que tous les peuples sont frères. Ce que je dis c’est qu’il y a des caractéristiques culturelles et des habitudes similaires. Je ne faisais que relater une constatation personnelle et l’avis d’un ami grec sur ce sujet. Je n’ai jamais nié le fait que l’Empire ottoman a dominé la Grèce durant des siècles. Cela dit, je ne pense pas que l’on puisse en rejeter la faute sur les Turcs. C’est comme si on tenait les Allemands pour responsables de l’occupation de notre pays par le Troisième Reich il y a 60 ans. Je n’ai évidemment pas fait de sondage, mais pour autant que je puisse en juger par mes conversations avec des Grecs, il n’y a pas de haine envers les Turcs, mais la crainte d’une guerre est bien présente et il y a évidemment une défiance envers l’armée turque qui pèse énormément dans la sphère politique de son pays.

                Dans cet article, de manière générale, je n’ai fait que relater ce que j’ai vu et ce qu’on m’a dit. Ce n’est pas une histoire de la Grèce, même si j’ai eu l’occasion de l’étudier un petit peu. Cela dit j’en ai parlé un peu, dans le paragraphe sur Dimitris Christoulas, et il en est également un peu question dans la deuxième partie de l’article. Je n’emploierais pas pour ma part le terme « prise en charge » pour décrire les différentes dominations impérialistes qui ont asservi la Grèce.

                Pareil pour les chiens, je n’ai fait que rapporter ce que j’ai vu et ce qu’on m’a dit. Je n’ai pas nié que les chiens étaient en liberté et bien traité, c’est exactement ce que j’écris au contraire. D’ailleurs ce que vous dites n’est pas exact, les chiens en liberté ne sont pas tous stérilisés et ils continuent de se reproduire. J’ai demandé à un ami grec pourquoi il y avait autant de chiens, je lui ai demandé s’ils avaient été abandonnés, et il m’a répondu qu’une partie était abandonnée mais que s’il y avait autant de chiens, c’est parce qu’ils se reproduisent entre eux. Et il a ajouté bien sûr que les gens s’occupent bien d’eux. Evidemment, je n’ai pas tout écrit en détail dans l’article, il est déjà assez long.

                Quant à la fraude et à la corruption, c’est un vaste sujet que je n’ai pas abordé en effet (sauf en passant dans la deuxième partie de l’article) mais qui est très important et qui pourrait faire l’objet d’un article à part entière. J’en ai évidemment beaucoup parlé avec mes amis grecs, qui s’en plaignent souvent. Mais c’est un problème complexe et écrire sur le sujet aurait nécessité que j’enquête de façon plus approfondie. J’aurais pu me contenter de citer ce que m’ont dit mes amis grecs sur la question mais ça n’aurait pas donné quelque chose de cohérent. Par exemple, l’un d’entre eux me dit que l’Acropole ferme plus tôt parce que l’Etat a licencié trop de personnel alors qu’un autre me dit que les poubelles ne sont pas ramassées parce que les fonctionnaires restent dans leurs bureaux au lieu de faire leur travail et que les gens employés pour faire ce travail à leur place ont été, eux, licenciés. Donc les informations devraient être vérifiées. Et puis mon article faisait déjà 15 pages et j’ai dû le couper en 2, donc ce thème sera abordé dans un prochain article sans doute.

                La démonétisation de l’économie grecque est également un phénomène important, je l’évoque dans la deuxième partie de l’article sans trop m’attarder dessus. Je ne voulais pas faire un article trop théorique en l’occurrence et il y a des économistes qui expliquent bien cela.

                Merci d’avoir pris le temps de me lire en tout cas.

                Eleuthéria


              • Emmanuel Aguéra LeManu 22 mai 2012 08:12

                Bonne question, ça, la différence entre le vécu (l’autochtone) et le touriste (vous).

                Voici à la définition, que je vous propose, et qui certainement explique l’esthétique littéraire que moi aussi je reconnais à votre bille.

                Le visiteur voit la réalité qu’il veut, ou qu’il peut, et cela revient souvent au même tant le filtre des idées influe sur les sens, et nous la sert à son retour, agrémentée de ses points de vues extérieurs et ses expérience e« t sa culture préalables. Qui a dit par exemple, vous faites bien de le rappeler, mais qui l’a dit que les grecs étaient paresseux ? Vous ? Le contre-pied que cela vous permet de prendre par rapport à une supposée occulte volonté de jeter l’anathème sur un peuple plutôt que sur un système serait donc basé sur la désinformation ambiante ? Vous faites bien évidemment de préciser que les Grecs travaillent, merci pour eux ! Mais ce faisant, non seulement vous nous prenez pour des billes, encore que certains à l’extrème droite (48% en France actuellement) sont foutus de le penser. Le touriste peut être de gauche, tourisme est de droite.

                L’autre réalité, c’est celle que vit le peuple grec, au demeurant pas mal rendue dans votre épopée. Celle du miroir aux alouettes vendu pendant des années aux peuples européens et même monidaux, qui les uns après les autres réalisent que les acquis sociaux n’existent que lorsqu’on ne les considèrent pas comme tels (acquis), ils ne sont pas une composante du système mais une volonté et une lutte permanente. L’économie capitaliste et l’imposture du contrat social aurait donc suffit à faire fonctionner la société en autonomie par rapport aux attitudes individuelles... le leurre est un peu gros. Il est le même chez nous, et cela n’est pas dit. Et même pas seulement abordé.

                La remise en question c’est bon pour les autres. c’est ce que je pourrais retenir, mais non. Voyager est déjà la première des choses à remettre en question. Surtout pour nous ramener de tels »témoignages" qui en disent plus sur ce qui n’est pas que sur ce qu’il ne faut pas faire...
                La révolution, comme le disaient plus ou moins les Beatles, ce n’est pas dans la tête des autres.
                La votre compte aussi. Sinon, il ne resterait que l’armée pour remettre les choses en ordres.

                Le citoyen qui ne pense pas est est-il un ?

                Une nouvelle preuve en tous cas que passer moins de 2 ou 3 ans dans un pays est un minimum, non pas pour comprendre sa culture, mais au moins pour modifier la sienne. Tant qu’on revient avec des bibelots, on n’a pas changé et on n’a rien compris.


              • Alison 22 mai 2012 13:33

                Bonjour Éleutheria,

                rassurez vous je n`avais pas l`intention de vous faire un procès d`intention sur ce que vous écrivez., j`ai simplement réagit avec le vécu comme le souligne LeManu.

                A l`heure d`internet tout le monde s`exprime sur la Grèce, pays qui fait la une des médias classiques et internet (Forum etc...) depuis 2008. On en parlait jamais auparavant a part la beauté des iles alors que depuis quelques temps on entend ou lit des commentaires y compris de personne ayant des responsabilités d`État un peu farfelue ou l`ego prime sur la réalité. Les economistes je n`en parle pas meme pas, les agences de notation que 95 % des peuples viennent découvrir alors qu`elles existent depuis la construction de chemin de fer aux USA.
                La Grèce est un pays qui a une longue histoire, riche tout comme la France mais les mentalités se sont faites avec plusieurs siècles, La culture malgré tout est différente, le Grec est plutôt oriental alors que le français est latin. L`Europe aujourd’hui est divisée en deux d`après « les experts » mais faudrait il qu`ils se rappellent qu`elle l`est beaucoup a travers la concurrence (commerciale) qui règne entre tous les pays européens.
                L`harmonisation sur beaucoup de domaine n`a jamais été faite ce qui a divisé encore plus les citoyens européens, on a fait rentrer des pays comme la Grèce alors qu`elle n`avait pas les capacités, la raison ? Les États fondateurs ont eux mêmes exploités ces pays. Imaginez que les USA fut fondés dans les mêmes conditions.... 

                Désormais il faut se mettre en face de la réalité a savoir cette guerre économique non pas entre Europe du sud et du nord mais les conséquences de la mondialisation, les soucis que l`on relatent sur les Grecs mauvais payeurs, les français râleurs et les allemands modèles exemplaires n`apportent que haine, querelle, division. Je comprend que beaucoup puisse avoir envie d`en parler car on se sent concerné par effet domino comme ils disent, la realite est toute autre car la France a un potentielle économique, la Grèce est depuis le début un peu l`assisté depuis longtemps.
                Les articles qui sortent chaque jours ici ou ailleurs je n`accuse personne, donne une image négative de ce pays souvent a l`inverse d`une réalité car ici l`art de vivre prime sur la rentabilité et cela on ne le changera jamais. Par contre ces articles ont un impact pratiquement immédiat je vous donne un exemple : baisse de plus de 50 % du chiffres d`affaires sur le tourisme ce mois ci, que va t`il se passer si le moteur économique déjà bien mis a mal s`effondre ? Pourquoi les touristes ne viennent plus ? Pas de guerre, pas de violence et pourtant le résultat est la, l`excès de propagande professionnelle et privé.
                Par experience et j`e a fait les frais... Essayer de faire paraitre un article sur un « du bon », oui il y en a encore tout comme 20% de chômage ici mais on ne parle jamais des 80% qui travaille, votre article ne verra jamais le jour, le conditionnement au négatif ce que j`ai vécu il y a quelques années que l`on appelait a l`époque en France « la sinistrose ».

                Si vous me demandez pourquoi je suis ici dans un pays tel qu`on le présente aujourd`hui, je vous répondrai qu`il m`a redonné gout a la vie 10 ans en arrière. J`y ai redécouvert le sens du mot humain.
                Internet n`est pas aussi répandu ici, les forums ou agora se font avant tout dans la rue, les gens descendent dans leur quartier ou sur la place du village pour discuter, imaginer un avenir et cela a toujours été comme ça, c`est la culture grecque bien avant la crise.
                La solidarité est un mot qui a sens ici, certes ils ont eus cette période de consommation hystérique bien orchestrée par qui nous savons, mais devant la situation actuelle peu de peuple aurait réagit comme le font les Grecs.
                La Grèce a été très longtemps un pays pauvre, le don des armateurs auprès de l`État des compagnies qu`ils avaient développées fut un tournant, la politique en a fait ce que l`on sait.
                Ils font fassent en ce moment a une situation différente mais ils s`adaptent, l`émigration comme cela a toujours été le cas regardez l`histoire grecque, le retour au village dans le pire des cas.

                Voila je voulais juste partager ce regard que nous avons sur certains pays, certaines cultures, le vivre est beaucoup plus enrichissant que d`écouter ou lire la vision de personne ne voyant même plus leur voisin.

                Amicalement Éleutheria

                Alison

                Ps : Si un jour le destin vous ramène en Grèce j`aurai grand plaisir a vous faire découvrir la véritable vie grecque.

                 


              • Éleutheria 22 mai 2012 23:28

                Bonsoir Alison,

                Je suis entièrement d’accord avec vous ! J’ai eu exactement la même impression, même en une semaine de séjour. Même après le Mémorandum et la dépression, on perçoit bien l’art de vivre grec et la solidarité, qui est plus nécessaire que jamais. D’ailleurs, c’est en Grèce que j’ai rencontré la personne que je considère la meilleure parmi toutes celles dont j’ai jamais fait la connaissance. J’ai tout de suite été amoureuse de ce pays.

                J’y retourne bientôt, pour les prochaines élections si tout va bien. J’ai promis à un ami de lui apporter le champagne pour fêter la victoire de SYRIZA. Si vous êtes à Athènes je vous rencontrerai avec plaisir. smiley

                Amicalement.


              • Éleutheria 22 mai 2012 23:54

                Bonsoir LeManu,

                Non je ne vous prends pas pour des billes. Je ne sous-entends pas que le lecteur croit les mensonges déversés dans les médias, mais le fait est que ces mensonges existent et que les gens qui y croient existent aussi. Et les deux sont traités dans mon article. Si cela vous déplaît, sachez que je le regrette bien, mais néanmoins il me semble important d’aborder le sujet. De ces gens-là, j’en ai peut-être rencontré plus que vous, mais je vous suggère de lire le commentaire de jak2pad et vous verrez que ma mise au point était très loin d’être superflue. Je dois avouer que jak2pad est l’archétype idéal du génie de village décrit à la fin et il illustre donc de façon exemplaire mon article, je l’en remercie bien d’ailleurs.

                Pour ce qui est du reste de votre commentaire, ne trouvez-vous pas que ça fait un peu donneur de leçon ? Malheureusement, je ne pense pas qu’elle soit efficace, car je n’ai pas très bien compris en quoi consiste votre critique. Cela dit je suis d’accord avec vous en ce qui concerne les acquis sociaux, ce qui nous fait un point d’accord et ce n’est pas si mal.

                J’aime beaucoup voyager et vous devriez essayer, on découvre plein de choses très intéressantes et on peut même rencontrer des gens formidables.

                Je vous remercie cependant de vous soucier de ma tête et de sa révolution, les deux se portent bien.

                Quant à ma culture, je n’ai pas l’intention de la modifier, mais j’ai quand même un bon point car j’habite à l’étranger depuis près de deux ans.

                Je n’ai pas non plus ramené de bibelots, encore que j’aurais pu, mais j’avais déjà acheté un oeil turc [ou grec etc. selon le pays où vous vous trouvez] en pendentif lors de mon séjour en Turquie. J’avais bien fait ma touriste de service la semaine précédente en Turquie alors en Grèce, je me suis concentrée sur des choses plus politiques.

                Merci de m’avoir lue, en tout cas.


              • ARMINIUS ARMINIUS 23 mai 2012 08:09

                Bonnes précisions, je pense que l’auteur à encore à bosser pour apprendre à devenir une véritable historienne : encore trop de clichés et un manque certain de distanciation, pourtant essentiel à l’exercice de sa spécialisation !


              • Éleutheria 24 mai 2012 00:29

                @ ARMINIUS :

                Ce n’est pas un article scientifique et il n’y a aucune raison de faire paraître une distanciation artificielle ici. De plus le caractère scientifique d’un article, même en histoire, se juge en fonction de l’objectivité et non de la distanciation. Ce n’est pas parce qu’on est distancié qu’on est objectif : en quoi est-ce plus objectif d’être indifférent aux monstrueux crimes commis en Grèce que de se sentir solidaire des Grecs ?

                Quels sont les clichés ?


              • jak2pad 22 mai 2012 02:33

                j’ai lu le début de cet article-fleuve avec un certain intérêt, bien qu’il y ait de nombreuses incohérences : ce Giorgios, il a travaillé « quelques mois », et son entreprise lui doit 40.000 euros ?

                Heureux homme, il devait être bien payé à l’époque où on le payait, très bien payé.
                Et il avait également un commerce à Rhodes, actuellement en faillite ...et sa marchandise encombre son salon ?

                Soyons un peu sérieux, parce qu’à vouloir trop prouver, on ne prouve plus grand-chose, vous ne croyez pas 

                La suite est à l’avenant, les comparaisons approximatives pleuvent, tout cela sonne faux.

                Après tout, si la Grèce ne veut pas rembourser ses dettes qu’elle sorte de la zone euro, et arrêtons ces lamentations : à côté, les pleureuses antiques ont l’air de joyeuses teenagers.

                Récemment j’ai lu une longue et interminable litanie, écrite par quelqu’un qui, comme vous, essayait de tirer des larmes au lecteur : il affirmait qu’en Grèce, les taux de SIDA, de drogue, de suicide, de déprime et de divorce avaient explosé. Tout cela très sérieusement, avec des tas de pourcentages.
                Soyons un peu sérieux : 
                lorsqu’un pays ne produit à peu près rien, n’a quasiment pas d’industrie, et une agriculture de subsistance, ne déclare rien aux impôts, ne paye pas de taxes, comment ce pays peut-il prétendre avoir le même niveau de vie que des pays qui fonctionnent sur des bases absolument opposées ?
                Donc ce pays emprunte, autant qu’il peut, et cela dure vingt ans ;
                Le niveau de vie ( et d’exigence des citoyens) monte en même temps que le niveau de la dette.
                Tout cela ne repose sur rien.
                Et quand il s’agit de rembourser, les gens sont offusqués, blessés, déprimés, font des manifestations violentes et votent pour des partis qui refusent le remboursement des dettes.

                C’est très normal.
                Cependant il me semble que le bout du rouleau a été atteint,que la corde sur laquelle on a beaucoup tiré vient de se casser, et que le maintien artificiel de la Grèce dans la zone euro coûte plus cher que sa sortie.
                C’est, me semble-t-il, plus ou moins ce que vous dites dans votre article, dont la fin me paraît
                 assez embrouillée.

                Ce n’est pas si grave : la Grèce doit être bien plus riche qu’on le dit, puisque son PIB réel n’était quasiment pas déclaré, et n’apparaissait donc nulle part. Il doit donc être bien plus élevé que les chiffres officiels.
                Elle pourra donc repartir d’un bon pied, sans envisager de recourir encore à l’emprunt, et c’est heureux, puisqu’après une histoire comme celle-là, je ne vois pas bien qui pourrait avoir envie
                 de lui faire un prêt, même de cinq euros.

                Quant à la France, je suis d’accord avec vos critiques : le même sort l’attend.
                Triste fin.

                • Éleutheria 22 mai 2012 03:32

                  Bonsoir,

                  Vous m’accusez d’être une menteuse, en clair. Donc ce Géorgios est bien ingénieur du bâtiment comme je l’ai écrit et oui, un ingénieur du bâtiment ça gagne bien sa vie. Enfin ça gagnait bien sa vie. Et il avait également une boutique à Rhodes et la marchandise est effectivement dans son salon, ce que j’ai vérifié moi-même, puisque comme je l’ai écrit, j’étais hébergée chez lui. Que voulez-vous, une photo de son salon et son CV ? C’est dommage qu’il ne puisse pas vous répondre lui-même, il vous dirait sa façon de penser.

                  Peut-être n’avez-vous pas lu complètement l’article, mais pour ce qui est de l’éternelle rengaine « les Grecs ne travaillent pas », « les Grecs ne paient pas d’impôts » et « il n’y a pas d’industrie ni d’agriculture en Grèce », eh bien je ne peux rien vous répondre si ce n’est de relire l’article...

                  Votre condescendance n’a d’égale que votre ignorance. Les Grecs sont accablés de taxes et d’impôts, ceux qui n’en payent pas sont une toute petite minorité de privilégiés, exactement comme chez nous.

                  Et c’est bien votre raisonnement qui est totalement incohérent :

                  "lorsqu’un pays ne produit à peu près rien, n’a quasiment pas d’industrie, et une agriculture de subsistance, ne déclare rien aux impôts, ne paye pas de taxes, comment ce pays peut-il prétendre avoir le même niveau de vie que des pays qui fonctionnent sur des bases absolument opposées ?
                  Donc ce pays emprunte, autant qu’il peut, et cela dure vingt ans ;« 

                  Quels sont donc ces pays qui fonctionnent sur »des bases absolument opposées«  ? L’Allemagne ? La France ? Parce que vous pensez que chez nous les riches paient des impôts peut-être ? Ou que les autres Etats de l’UE n’empruntent pas et ne sont pas accablés de dettes ? Tous les pays de l’UE empruntent et sont forcés d’emprunter aux banques privées et aux riches parce que l’article 104 du traité de Maastricht et l’article 123 du traité de Lisbonne leur interdisent d’emprunter auprès de leur banque centrale. La dette de la France par rapport au PIB est stable sur les dernières décennies, ce sont les intérêts de la dette qui ont considérablement augmentés. Et c’est pareil partout.
                  Quant au »niveau de vie« dont vous parlez, duquel s’agit-il ? De celui de l’Allemagne, où 20% des travailleurs sont pauvres et où leur espérance de vie a diminué de 2 ans en dix années d’eurozone ? Sachez pour votre édification et du haut de votre morgue que la Grèce était l’un des pays qui avaient la meilleure qualité de vie en Europe avant qu’elle ne soit détruite par les gouvernements de ces pays qui »fonctionnent sur des bases absolument opposées« .

                  Jamais les Grecs, ni d’ailleurs les Français, les Italiens, les Espagnols, les Irlandais, les Portugais, etc. n’ont bénéficié en quoi que ce soit des »emprunts« forcés aux financiers privés. Donc nul ne peut exiger d’eux qu’ils remboursent une dette qu’ils n’ont jamais contracté.

                  Aucun pays ne pourra jamais rembourser la dette infâme et indue, ni la Grèce, ni la France, ni l’Allemagne, ni les Etats-Unis. Personne. Les gouvernements ne font que jouer avec le temps.

                   »Le niveau de vie ( et d’exigence des citoyens) monte en même temps que le niveau de la dette.« 
                  Je ne vois vraiment pas quelle quantité incroyable d’ignorance à bien pu vous faire proférer une telle contre-vérité. C’est exactement le contraire qui est vrai. L’augmentation de la dette sert de prétexte à la destruction des emplois publics, à la dérèglementation du droit de travail, aux exonérations de cotisations patronales et aux niches fiscales pour les riches, à la baisse des pensions de retraites et de tous les salaires différés en général, à la baisse des salaires directs, bref à l’abaissement du niveau de vie des populations. Plus la dette augmente, moins les riches paient d’impôts, plus les salaires baissent et plus les peuples sont accablés de taxes, donc plus leur niveau de vie baisse.

                   »Récemment j’ai lu une longue et interminable litanie, écrite par quelqu’un qui, comme vous, essayait de tirer des larmes au lecteur : il affirmait qu’en Grèce, les taux de SIDA, de drogue, de suicide, de déprime et de divorce avaient explosé.« 
                  Ce qui est tout à fait exact et confirmé par les statistiques officielles. Je pense que vous avez un problème avec la réalité. En fait, vous voudriez bien y faire des ratures et repeindre les Grecs en noir, en de vilain méchants fainéants fraudeurs. Ca vous rassurerait que la réalité ressemble à ce que raconte TF1. Mais ce n’est pas le cas.

                  La vérité c’est que l’économie grecque ne peut pas survivre à l’intérieur de l’eurozone et que les traités européens organisent les délocalisations et les importations de marchandises à bas coût, donc la destruction de l’industrie et de l’agriculture en Europe.

                   »la Grèce doit être bien plus riche qu’on le dit, puisque son PIB réel n’était quasiment pas déclaré"
                  Le PIB et la richesse sont deux choses différentes. Le PIB ne se déclare pas, ce ne sont pas des impôts. Il est calculé sur la base de statistiques. Le PIB de la Grèce indique une forte dépression économique et ceci est dû à la politique de déflation (ou, comme on dit, d’austérité). Cela dit il reste bien sûr des richesses non employées telles que les compétences d’une bonne main d’oeuvre, qui se trouve au chômage pour le moment, ou encore la marchandise qui se trouve dans le salon de Géorgios et qui ne peut être vendue faute d’acheteurs. La richesse ne manque pas mais encore faut-il avoir un système monétaire pour pouvoir l’échanger, l’investir, la faire circuler. Quand on ponctionne à une économie toute sa monnaie pour rembourser une dette imaginaire, le PIB tombe en chute libre, c’est normal.

                  Ah oui, pour ce soit bien clair : je n’essaie pas de tirer des larmes au lecteur. Les Grecs n’ont pas besoin de votre pitié. Ils sont un peuple digne et rebelle. Ils se soulèveront et reprendront leur liberté.


                • Emmanuel Aguéra LeManu 22 mai 2012 08:34

                  40.000 € c’était mon salaire annuel pour le même boulot dans la City il y a 10 ans, à l’apogée de l’age d’or du bizness atlantique. La simple évocation d’une telle rémunération en Grèce et pendant la crise « pour quelques mois » d’activité est un non-sens qui non seulement explique le ton du billet mais aussi en grande partie les illusions d’un peuple qui, COMME NOUS, avaient oublié que rien n’est acquis, et surtout pas les sus-dites illusions !

                  Une illusion comme 40.000€ pour qq mois de taf... qui va y croire ? Un grec. Ou un touriste (j’ai écrit plus haut pourquoi).

                  Mais tout n’est pas perdu ; après le cinéma de la campagne-spectacle, j’ai vu hier que même Mélenchon avait eu le bon sens de rappeler à l’extrême-gauche grecque que la sortie de l’euro/europe ne pouvait et ne devait pas être l’objectif.

                  Mais, puisque je suis persuadé qu’il ne sort de solution d’avenir que du non-politiquement correct d’aujourd’hui, peut-être pourrait-on rediscuter de l’entrée de la Turquie, maintenant que Talonnette 1er est parti ? Une institution qui n’avance pas est une institution qui recule. Qu’on approuve sa direction ou non, la détruire est un précipice, et c’est en fait un peu ce qu’en laissant la finance s’organiser, chacun des européens s’est « laisser aller à laisser faire »... espérant sa propre carotte au bout du bout, une carotte « due »... un peu comme 40.000 pour « quelques mois » de boulot.

                  Pour acheter un écran plat ou un I-phone quelconque, cela va sans dire.


                • Mr Mimose Mr Mimose 22 mai 2012 10:00

                  40 000 euros de salaire en quelque mois c’est l’argent de poche que gagne un bon trader, un footballeur, un pdg.

                  Aujourd’hui on a des salaires de 200 000 euros par mois, c’est courant.
                  Et je ne parle pas des revenus des plus fortunés, ceux qui ne travaillent pas comme Mme Bettencourt, les 40 000 euros elle les gagne en quelques minutes !!!

                • mrdawson 22 mai 2012 10:16

                  A vrai dire le chiffre de 40 000€ n’est pas si ahurissant que cela. Déja car en 10 ans les salaires ont beaucoup bouger, 40 000€/annuel est aujourd’hui un salaire de classe moyenne.

                  Ensuite le Grec en question semble être à son compte donc ces 40 000€ ne représentent pas un salaire net dont il pourrait jouir immédiatement sur son compte. Eut-il été payé, il aurait fallu retrancher les taxes, impôts, certainement payer les fournisseurs etc. (qui se retrouvent donc aussi dans la longue file des prestataires lésées par l’absence de paiement).

                  Bref, on est pas obligé de s’arrêter à la division du monde en touristes et en autochtones, c’est bien aussi de réfléchir un peu.

                  Quand au blaireau ci-dessus qui ne comprends pas pourquoi un pays en crise voit augmenter « les taux de SIDA, de drogue, de suicide, de déprime et de divorce » : rappelez vous la crise de ’29 aux USA. Surprise, le désœuvrement a 3 conséquences principales : l’augmentation de la natalité (hey ! devinez ce qui se passe quand on couche sans protection !), l’augmentation de la criminalité (y compris trafic de stupéfiants) et la dislocation du tissus social avant tout représenté par les ménages dans notre bonne vieille Europe.

                  Alors oui, réveillez vous, une crise ça craint et ça a des conséquences pas très gaies.


                • Éleutheria 23 mai 2012 00:03

                  Rebonsoir LeManu,

                  Admettons que Géorgios a travaillé 10 mois pour ces deux entreprises, ce qui doit correspondre environ à la réalité si mes souvenirs sont bons. Ca fait 40 000 / 10 = 4000 euros par mois, ce qui est tout à fait normal pour un salaire de cadre ou d’ingénieur.

                  Vous voulez faire avancer l’Union Européenne qui assassine les Grecs et opprime tous les Européens, alors que moi je veux la détruire pour libérer les Grecs et toutes les autres nations d’Europe. Nous ne pouvons donc pas être d’accord. Vous avez bien sûr le droit d’être favorable à l’empire européen, mais cela ne vous donne pas le droit de déformer la réalité et de nous traiter Géorgios et moi de menteurs.

                  Je n’étais pas touriste chez Géorgios, je lui ai rendu visite en tant qu’amie. Et j’ai jeté un oeil à son CV, je vous assure qu’il n’est pas surprenant qu’il puisse gagner plusieurs milliers d’euros par mois. Vous ne pouvez pas vous prévaloir de votre ignorance pour imposer votre opinion.

                  Cordialement.


                • truelle 22 mai 2012 06:09

                  très intéressant, merci !


                  • wawa wawa 22 mai 2012 06:37

                    poignant, mais trop long. merci quand même


                    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 22 mai 2012 09:55

                      Bonjour,

                      Un long discours vaut bien mieux que la plus complète des collections de photos, même des uniformes de flics grecs et des magasins fermés. merci éleuthéria.


                      • chapoutier 22 mai 2012 10:23

                        en 2012 la Grèce doit rembourser 52 milliards d’euros dont 35 milliards d’obligations parvenues à échéance et 17 milliards d’intérêts soit le tiers !

                        Le nouveau prêt de 65 milliards d’euros suffit à peine au remboursement de la dette et des intérêts mais ce nouveau prêt présente l’avantage pour le capital financier de créer de nouvelles dettes et de nouveaux intérêts, qui viennent gonfler la dette initiale. Cerise sur le gâteau que se partagent les capitalistes financiers, au passage, ils font main basse sur les « bijoux de famille ». la Grèce , en effet, a été sommé par la Troika (BCE/UE/FMI) de lancer un programme de privatisations afin ’’ d’alléger le poids de sa dette ’’. Les parts détenues par l’état dans les compagnies des eaux (Eydap-Eyath), pétrolière (Helpe), des Jeux (Opap), du groupe gazier (Depa) ont déjà commencé à être cédées à des groupes privés.


                        On ne le dira jamais assez, le système de la dette, est un système mafieux puissance 10


                        • mortelune mortelune 22 mai 2012 10:29

                          Tout à fait d’accord avec vous 


                        • mortelune mortelune 22 mai 2012 10:27

                          Bel article que nos journalistes d’investigation de font plus. Heureusement qu’il y a agora pour avoir des témoignages de ce qu’il se passe en Grèce. 

                          Je ne sais pas si la France sera en si triste état un jour mais ce que je sais c’est que les français sont plus nombreux et plus méchants que les Grecs. 
                          Dans tous les cas de figure les aristocrates ont pris le pouvoir en France en 1795 et avec la complicité de la noblesse ils ne l’ont jamais quitté. Cette prise de possession vaut sur tous les pays européens, il est inutile de se prendre la tête à vouloir changer quoi que ce soit par le bas. A ce stade il n’y a plus qu’à espérer que quelques élites soient cléments avec nous. 
                          Quand je lis certains post sur agora, je suis certaine que le peuple est encore très divisé sur les causes et les remèdes de la déconfiture de la populace (comme disait Voltaire). Certains fous se risquent même à croire que les néo nazis sont le salut. 
                          Bonne chance aux Grecs, peut-être qu’un jour nous saurons, à notre tour, ce que la crise veut dire.

                          • Jean-Louis CHARPAL 22 mai 2012 10:57

                            Je viens de voir, à l’occasion de sa visite en France, la conférence de presse d’Alexis Tsipras, responsable de Siriza, et le meeting qui a suivi . 

                            . Il ne faut pas s’enflammer, ni se payer de mots, mais tout de même, il s’agit d’un tourant décisif, d’un moment historique que nous vivons.

                            Ce n’est qu’un début, mais que d’espoirs se présentent à nous et à tous ceux qui depuis des années, parfois des décennies, et dans tous les pays, savent que le système ultra libéral, profondément indigne, inhumain et totalitaire ne prospère que par ce que les peuples s’y soumettent volontairement.

                             Comme l’a dit La Boëtie, il suffit de dire « Non » et la tyrannie cesse ! Rien n’est plus facile que de briser ses chaines : il suffit de le décider.

                             Il est crucial que les militants et sympathisants des vraies gauches européennes d’abord, puis ensuite les opinions publiques, comprennent que l’action dans chaque pays, indispensable, doit absolument s’articuler et se mettre en synergie avec ce qui se passe dans les autres pays.

                            Il est incroyable que quelques banksters, soutenus par des politiciens incapables ou dépourvus de toute éthique, tiennent en respect un continent entier !

                             J’espère voir un jour se constituer une nouvelle Internationale Socialiste pour la Révolution Citoyenne.

                            Je crois que les choses peuvent basculer et la peur changer de camp. Résistance, plus que jamais !

                            NB : il est incontstable que les ultra libéraux, avec leur bras armé, les banksters, refont le coup de la guerre d’Espagne.

                            Il s’agit de tester, lâchement, sur un peitit pays, les armes de destruction massives des spéculateurs et de leurs politiciens complices et ultra réactionnaires, afin de réduire un peuple en esclavage.

                            Le fascisme a été mis en Europe, en 1945, à la porte, il tente désormais de revenir par la fenêtre d’ une conception criminelle de l’économie !


                            • felipe03 felipe03 23 mai 2012 14:50

                              @ Musima : Exactement, vous avez tout dit. Nous sommes des veaux et il n’y a aucune raison pour que l’abattage s’arrête ! smiley


                            • Jean-Louis CHARPAL 22 mai 2012 11:24

                              En complément de mon mesage @ du 22 mai - 10h57, j’aimerais préciser que je trouve très important que A. Tsiparas (et j’espère qu’il tiendra bon là-dessus) n’ envisage pas du tout de quitter l’Europe et l’euro.

                              Ce serait une erreur monumentale. Les ultra libéraux seraient trop contents. Une telle issue signifierait que le peuple grec admet qu’il a perdu la partie, qu’il est coupable des ravages des banksters, qu’il se repent en quittant cette « belle » Europe dont il n’est pas digne.De plus les spéculateurs s’en donneraient à coeur joie pour spéculer contre la nouvelle monnaie.

                              Or, il faut le dire et le répéter, il n’existe aucune possibilité légale d’exlure un pays de la zone euro. Il faut exploiter cette faille au maximum.

                               Il s’agit alors de rénégocier la dette, d’en éteindre une partie et de réquisitionner la banque centrale et les autres banques grecques, pour des prêts à taux nuls ou très faibles, dans l’attente de prêts par la BCE.

                              Ce qu’il faut dire et répéter aussi, c’est que refuser de payer les dettes illégitimes ne mettra pas en faillite la Grèce, mais les banquiers ! On voit tout le poids décisif de la désinformation : les chiens de garde ont réussi à faire croire à trop de gens que la faillite des banksters serait la leur !


                              • Alison 22 mai 2012 14:04

                                La Grèce restera dans l`euro car la Grèce ne peut survivre concrètement sans lui. Revenir a la Drachme serait suicidaire pour eux et l`U-E. 78 % des grecs le désirent mais veulent une vision d`avenir autre que mur qu`on leur dresse inlassablement.
                                Pas de contrôle fiscal comme le rabâche les médias, faux ! regarder sur ce lien :

                                http://www.zougla.gr/ (Mal traduit en Français mais bon cela donne une idée).

                                 tous les jours des arrestations ont lieu et pas pour de petite somme, en Grece ne pas payer ces taxes c`est la prison par contre ceux qui doivent « du colossal » sont partis, que peut on faire ?

                                Sortir ou rester dans l`euro le peuple grec est conscient qu`il souffrira encore, ce qu`il demande c`est que de vrai politicien, technicien puisse faire de ce pays au mille richesse inexploitée un pays d`avenir et non tuer son peuple pour s`emparer du trésor. 

                                La réalité qui a poussée l`U-E a soutenir la Grèce financièrement est simplement sa position géostratégique et la richesse de ses sols, 2 a 3 % du PIB européen n`est rien a condition qu`on l`aide réellement au lieu de perfusion financière, austerite afin que les requins puissent toucher le jackpot un jour.

                                Les pays appartiennent aux peuples.

                                Alison


                                • brieli67 22 mai 2012 16:20

                                  aLLONS ALLONS il y a des blogs qui fournissent news de la Grèce avec fotos 
                                  et textes de « journaleux sur place 

                                  http://blog.occupiedlondon.org/

                                  Pas un mot sur les »grandes familles" qui sont aux affaires depuis des années !
                                  Madame a décidé l’anonymat !

                                  Le sort réservé à l’immigration !
                                   Les albanais sont dans la vigne, le légume, le fruit et l’huile !
                                  Le petit patron grec ... leur régisseur !
                                  et dans le bâtiment.....

                                  Z ’ avez déjà acheté boîtes et agrumes et vins chez Aldi ou Lidl ? Faudrait peut-être envoyer des specimen à nos amis grecs !! de la Merde en boîte, ouvrez des oreilles d’abricots .....

                                  Lidl a fermé ses deux magasins de Patras et d’ Athènes après 4 mois ........
                                  Pourquoi ????
                                  on trouve cette gamme de produits partout en Grèce meilleure qualité et moins chers


                                  • Éleutheria 23 mai 2012 00:26

                                    Bonsoir,

                                    Les grandes familles aux affaires depuis des années ne sont pas le sujet de l’article, même si je vous accorde que c’est très intéressant. Je n’en savais de toute façon pas suffisamment sur le sujet pour l’aborder, mais si vous écrivez un article à ce propos je serai heureuse de le lire.

                                    « Madame a décidé l’anonymat ! »
                                    Madame voudrait voir votre état civil car elle se demander si brieli67 est votre vrai nom ou votre vrai prénom.

                                    Je n’ai pas abordé le sort réservé à l’immigration (encore que j’évoque l’Aube Dorée et la violence policière dans la deuxième partie de l’article, que je vous invite à lire), pour 2 raisons : premièrement, parce que mon article était déjà trop long et deuxièmement, parce qu’il s’agit d’un vaste sujet, complexe mais très important et intéressant, qui mériterait une investigation à lui tout seul. Cela dit je retiens votre suggestion, comme je dois retourner bientôt en Grèce, je ferai si possible un enquête sur l’immigration et les sujets connexes, ce qui fera l’objet d’un prochain article (à condition que je puisse interroger les bonnes personnes et rassembler des informations pertinentes, j’essaye de faire un travail sérieux, tout de même).

                                    Je n’ai pas acheté de boîtes ni d’agrumes ni de vin chez Aldi. Je consomme frais pour ce qui est des fruits et légumes. Quant au vin, Géorgios l’a fourni. J’avais aussi ramené une bouteille de Sirince.

                                    Les prix sont aussi un sujet complexe et très intéressant. J’ai renoncé à l’aborder par manque d’informations générales et cohérentes. Cela dit, les Grecs avec lesquels j’ai discuté m’ont spontanément dit que la vie à Athènes est chère, sans que je les interroge. Mais dans l’article je parlais du coût du séjour à Athènes pour le touriste, ce qui n’est pas tout à fait la même chose que pour l’autochtone (distinction chère à LeManu). Je précise au passage que les informations que je donne dans l’article se rapportent à Athènes et non à l’ensemble de la Grèce. Il va de soit qu’il peut y avoir de très grandes différences entre la capitales et les différentes îles, par exemple.

                                    En ce qui concerne la qualité des produits, vous avez tout à fait raison. On peut manger une salade grecque dans un petit restaurant pour pas cher (évitez les endroits touristiques, il y a bien mieux et beaucoup moins cher ailleurs), avec des olives délicieuses et des tomates incroyables qui ont vraiment goût de tomates comme chez mes grands-parents. La fêta est extraordinaire, rien à voir avec ce qu’on peut acheter sous ce nom en France ou en Allemagne. Je conseille vivement la salade grecque à quiconque prévoit d’aller passer ses vacances là-bas.

                                    N’écrivez pas avec tant de points d’exclamation, calmez vous, il n’est pas bon pour la santé de s’énerver ainsi.

                                    occupiedlondon est un bon site d’informations que j’apprécie également.

                                    Cordialement.


                                  • felipe03 felipe03 22 mai 2012 19:36

                                    C’est ça le jeu de l’argent, entuber son voisin pour s’enrichir, lui marcher dessus et si il tombe surtout ne pas l’aider à se relever. Il faut changer de société, abolir définitivement l’or et l’argent, produire uniquement ce dont on a besoin et le partager équitablement entre toutes et tous.

                                    Tant que les humains joueront le jeu de l’argent ce sera une souffrance grandissante qui les attendra dans leur quotidien. 
                                    Le jeu de l’argent c’est aussi la destruction de notre planète car nos dirigeants cupides et avides veulent toujours plus de croissance et d’esclavage.

                                    • BA 22 mai 2012 23:46
                                      Mardi 22 mai 2012 :

                                      Wall Street tirée vers le bas par les propos de Lucas Papademos.

                                      Challenges décrypte la séance du jour à Wall Street. Les indices ont fortement reculé pendant la dernière heure de cotation suite à la déclaration de l’ancien Premier Ministre grec, Lucas Papademos, selon qui le risque de la sortie de la Grèce de la zone euro est réel. 

                                      Les indices évoluaient ce mardi sans direction réelle, à l’exception de la fin de la séance quand ils ont soudainement reculé. La raison de ce repli a été la déclaration de l’ancien Premier Ministre grec, Lucas Papademos à Dow Jones Newswires selon qui le risque de la sortie de la Grèce de la zone euro était réel et que l’on réfléchissait aux préparations d’une telle éventualité. 

                                      Ses propos, publiés par le Wall Street Journal, ont donc fait chuter les indices ainsi que la paire EUR/USD qui s’est de nouveau retrouvée au-dessous de la barre de 1,26.


                                      • WeR99 23 mai 2012 00:09

                                        Pour faire écho à votre article que j’ai beaucoup apprécié et à tous ces citoyens du monde qui manifestent contre les plans « diaboliques » de l’élite, voici le discours de Sonia Mitralia,
                                        prononcé à la grande manifestation anticapitaliste de Frankfort  :

                                        le 19 mai 2012

                                        Camarades,

                                        Je viens de Grèce, un pays détruit et désespéré, un pays en ruine mais qui reste debout. De cette Grèce qui résiste et qui vient de dire un énorme Non magnifique à ses bourreaux : la Troïka (le FMI, la Commission de Bruxelles, la BCE) et vos Merkel et Schauble, les Barroso, les Sarkozy et les banquiers. En somme, à ceux qui nous gouvernent et nous imposent des politiques inhumaines et barbares. Ces politiques qui provoquent déjà la malnutrition des enfants et même la faim dans les grandes villes grecques. Et tout ça où ? Non pas quelque part au Tiers Monde, mais ici, au cœur de la riche Europe. Et quand ? Au moment de l’histoire où l’humanité n’a jamais produit autant des richesses que maintenant !...

                                        Camarades,

                                        Les résultats des élections du 6 mai ne laissent pas le moindre doute : une énorme majorité de citoyens grecs a rejeté les politiques d’austérité. C’est un véritable séisme politique ! Le pays qui a été choisi pour être le laboratoire des politiques d’austérité, est maintenant en révolte ouverte contre ceux qui l’affament et l’humilient, ceux qui ferment ses hôpitaux et ses écoles, ceux qui détruisent et vendent ce beau pays pour rien, contre ses bourreaux grecs et étrangers.

                                        Mais attention : les Grecs en révolte ne doivent pas être laissés seuls au moment où ils sont en train de transformer leur colère en mouvement conscient et libérateur, maintenant que la perspective d’un gouvernement grec de gauche commence à poindre à l’horizon, à devenir possible et réaliste. Si les Merkel et Sarkozy, le FMI et la Commission de Bruxelles ont fait des Grecs des cobayes et de la Grèce un laboratoire de leurs politiques barbares, c’est à nous, peuples d’Europe, de faire de même en faisant de la Grèce l’avant poste de nos combats communs contre ceux qui détruisent nos vies et la nature. Car la résistance des Grecs est notre résistance, leurs luttes sont nos luttes…

                                        Camarades,

                                        Je viens d’un pays qui tourne aujourd’hui son regard vers vous, en attendant des actes concrets de solidarité. Maintenant et pas demain. Car c’est maintenant plus que jamais, que les Grecs en révolte sont menacés directement d’extinction par tous ceux qui craignent que leur exemple fasse des émules, et se répande comme tache d’huile partout en Europe. Et je vous assure, ces Grecs en révolte sont persuadés que la meilleure solidarité envers eux c’est que vous les imitiez. Que vous imitiez leur exemple chez vous, dans vos pays. En développant et en coordonnant les résistances contre les politiques inhumaines d’austérité et de destruction. D’ailleurs, c’est exactement cela que craignent le plus nos ennemis communs : LA CONTAGION ! La contagion des luttes partout en Europe.


                                        Alors, oui, faisons-le, CRÉONS UNE, DEUX, TROIS, PLUSIEURS GRÈCES ! Mettons-nous en réseaux, coordonnons nos luttes, organisons méthodiquement un mouvement unitaire et radical, de masse et démocratique, sur tout notre vieux continent, partout en Europe, de Roumanie en Irlande et d’Italie en Islande. Un mouvement de longue haleine et de grandes ambitions émancipatrices, qui combine l’unité la plus large avec la radicalité libératrice. Maintenant c’est le moment. Car…United we stand - Divided we fall !! Ou en français de lutte : Tous ensemble-tous ensemble, oué oué

                                        Merci camarades.

                                        Source : http://www.cadtm.org/Creons-une-deux-trois-plusieurs


                                        • Éleutheria 23 mai 2012 00:31

                                          Excellent, merci.


                                        • escudo escudo 24 mai 2012 14:47

                                          Très bon article , réaliste et juste. De retour de Grèce et les pays de l’Est il y a qqs. jours, je peu confirmer l’état des choses décrit dans l’article. 

                                          Tout ce que j’espère c’est qu’a l’image des manifs de Francfort et Bruxelles les anticapitalistes de l’Europe entiers unirons leurs forces pour mettre a terre ce système désuète et inhumain au plus vite ! 

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