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Scènes de guérilla urbaine à Lampedusa

A Lampedusa, une mutinerie des immigrés se double d'une révolte de la population insulaire, et la situation mercredi matin semblait hors de contrôle. Le journal en ligne La Repubblica Palermo et le Corriere delle Sera parlaient de guerrilla. Des heurts opposent les insulaires aux immigrés ; la police aux immigrés ; la police aux insulaires, cependant que ces derniers tentent de chasser la presse. Ces événements, qui ont fait une dizaine de blessés, ont peu interessé la presse nationale française. 

Tout a commencé, semble-t-il, le 19, avec un gros incendie au centre de rétention de Lampedusa, vraisemblablement allumé par des personnes retenues. Sur les 1200 tunisiens qui ont récemment protesté contre leur rapatriement, environ 800 ont réussi à s’échapper. Et 400 ont été retrouvés par la police près de l’embarcadère Favaloro, d’autres sont actuellement recherchés dans toute l’île.

La situation s'est encore aggravée mercredi matin (sources 1, 2, 3, 4), où la tension est montée entre les immigrants et les citoyens à Lampedusa.

Au départ, semble-t-il, un groupe de Tunisiens a volé du centre d’accueil quelques bonbonnes de gaz et les ont portées près d’une pompe à essence sur le vieux port, menaçant de les faire exploser. La foule furieuse a réagi par des jets de pierre, tentée de lyncher les immigrés. La garde des finances a chargé sur un fourgon les 6 tunisiens restés bloqués dans la station service où ils avaient menacés de faire exploser des bonbonnes de gaz et où est survenu le combat à base de lancers de pierre avec quelques habitants de l’ile. Dans la station service la tension reste élevée, les gens contraignent les journalistes à s’éloigner.

La violence s'étend : c'’est la chasse aux Tunisiens dans les rues de l’ile. La police doit intervenir. Une partie des Tunisiens retournent d'eux-mêmes au centre d'accueil y chercher la sécurité, cependant que les patrouilles des milices d'insulaires se poursuivent dans l'île, à la recherche d'extra-communautaires.

Par mesure de sécurité, les enfants sont barricadés dans l'école.

Choses entendues :

Des insulaires aux Tunisiens :

« Vous devez vous barrer, batards vous avez ruiné l’ile. On ne veut plus de vous ».

Des insulaires aux journalistes :

« On ne veut pas de vous, dégagez »

La population s'en prend au maire, Dino de Rubeis, lui reprochant d'être laxiste vis à vis des immigrés. Le maire se barricade dans la chambre, escorté de trois policiers. 

Dans un tiroire de son bureau, il a rangé une batte de base-ball, il la montre à tous et dit qu'il entend bien s'en servir si nécessaire.

Quelques extraits d'interviews d'insulaires :

"Qu’est ce qui s’est passé ? Ce qui s’est passé l’autre fois … ça continue ! 

Les Tunisiens mon cher, ils n’ont pas été capable de les arrêter … On continue à aller les chercher et on continue à se faire du mal !

On ne comprend pas bien pourquoi ? On ne comprend pas pourquoi on devrait subir ça … regardez ça.

Ceux là, dans leur pays, ils ne sont pas capables et n’ont pas la possibilité de dire quoi que ce soit, ils arrivent en Italie et ils font ce qu’ils veulent ! Pourquoi ? on ne sait pas."

Le Maire ne sait plus que faire. Il en appelle au ministre de l'Intérieur Roberto Maroni. Au président du Conseil Silvio Berlusconi. Au Président de la République Giorgio Napolitano :

"Nous sommes, sit-il, devant un scénario de guerre. L'Etat doit envoyer des hélicoptères, ainsi que des navires pour faire traverser les Tunisiens qui divaguent dans toute l'île."

La population se sent totalement abandonnée.

par Catherine Segurane jeudi 22 septembre 2011 - 103 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par garisamui (xxx.xxx.xxx.69) 22 septembre 2011 11:49
    garisamui

    @ L’auteure

    ne perdez pas votre temps à répondre aux "posts" de quelques attardés hypocrites, donneurs de leçons et détenteurs de la vertu "humanistique" suprême.

    -les vrais Tunisiens,sont chez eux, courageux et se sont battus et vont encore se battre pour améliorer leur conditions de vie et de liberté basiques.

    - quant à ceux qui se sauvent ils s’agit essentiellement de gens peu recommandables des prisons de droit commun, non pas des résistants à Ben Ali, mais des voleurs et autres malfaisants, et beaucoup d’anciens sbires du pouvoir d’avant ; notamment des policiers et ceux de la police politique etc....
    Que de la saloperie !
    Il est tellement plus facile de venir sucer une carte CMU en France en ne foutant rien, que de bosser en Tunisie pour redresser son pays......
    C’est là la vrai vérité !

    L’avantage d’avoir des amis de famille restés sur place permet d’avoir de vraies sources d’informations fiables ; dont acte.

    Alors tous ces "posteurs qui parlent bien de ce qu’ils ne savent pas ferait bien de la fermer !!!
    De plus s’ils aiment tant l’humanité, qu’ils accueillent donc ces gens là !
    Mais soyez sûre que nenni...ils n’ont que de la gueule...

  • Par rienafoutiste (xxx.xxx.xxx.167) 22 septembre 2011 09:22
    rienafoutiste

    des immigrés tunisiens qui fuit leur pays libéré d’une dictature où tout est à (re)construire qui prennent le risque de traverser la méditerranée sur des embarcations louches avec droit de départ payé à la mafia locale, pour poser le pied sur une île touristique saturée avec comme seul espoir une "prison" d’attente avant le retour au bercail (contrat de renvoi systématique signé entre l’Italie et la Tunisie) et une petite compensation pécuniaire payée par le contribuable italien... ils n’ont pas la télé ou les infos en Tunisie, ils ne sont pas au courant ???

    La réaction des insulaires, quoi de plus normal d’être en colère contre des hôtes qui se comportent comme des cons, violences et arrogance, croyant que tout leur est dû, c’est pas des boatpeople cambodgiens en oripeaux, c’est la jeunesse d’un pays qui n’a jamais été aussi près de la liberté et de la prospérité...

  • Par marcel et yvette (xxx.xxx.xxx.203) 22 septembre 2011 10:27
    marcel et yvette

    l’intérêt , c’est qu’une bande de malfrats dont certains sont des prisonniers évadés de chez eux viennent foutre le bordel dans un pays qui a eu la faiblesse de leur tendre la main !


    alors les fouteurs de merde, qu’on les foute en taule le temps de purger leur peine, et qu’on réexpédie tout ce monde là en Tunisie ! 

    il ont un régime tout neuf et tout beau, alors maintenant que c’est le paradis, qu’il y retournent !
  • Par Catherine Segurane (xxx.xxx.xxx.162) 22 septembre 2011 10:56
    Catherine Segurane

    Elements complémentaires sur le site Novopress sous le titre Lampedusa : la guerre a éclaté :

    http://fr.novopress.info/97753/lampedusa-la-guerre-a-eclate-videos/

    Extraits :

    Le Centre d’accueil abritait 1.200 Tunisiens débarqués ces dernières semaines, qui entendaient ainsi obtenir leur transfert sur le continent – plus près de la France. Beaucoup ont profité de la confusion pour s’enfuir. Les forces de l’ordre les ont en partie rassemblés à l’intérieur du stade municipal. D’autres se sont massés à proximité du port.

    Dans la nuit, une centaine de clandestins ont été transférés en avion militaire sur la base aérienne de Sigonella en Sicile. Il reste 1.040 Tunisiens à Lampedusa et l’île est le théâtre depuis ce matin de vraies scènes de guerre, dans la plus totale confusion. 300 Tunisiens se sont répandus dans les rues de la ville en hurlant « Liberté, liberté ! ». D’autres se sont emparés de plusieurs bombonnes de gaz qu’ils ont transportées dans une station-service sur le vieux port et qu’ils menacent de faire exploser. En réaction, et devant l’incapacité de la police à contrôler la situation, des rondes citoyennes se sont mises en place. Des dizaines d’habitants exaspérés ont attaqué des Tunisiens à coups de pierres. D’autres Lampedusans s’en sont pris à des équipes de télévision, d’abord de la chaîne Sky puis de la Rai, auxquelles ils reprochaient apparemment leur complaisance pour les clandestins : « Allez-vous en ! », ont-ils hurlé aux journalistes. Aux dernières nouvelles, des policiers en tenue anti-émeute ont chargé les Tunisiens du port. D’autres affrontements ont eu lieu à l’intérieur de ce qui reste du centre d’accueil : les clandestins ont lancé des pierres et d’autres projectiles sur la police. Les premiers policiers blessés sont en train d’affluer à l’hôpital.

    Le maire, que les derniers événements semblent avoir définitivement guéri de son immigrationnisme, en appelle désormais au président de la République, Giorgio Napolitano : « J’ai essayé, explique-t-il, de parler avec le Premier ministre Berlusconi et le ministre Maroni mais cela n’a pas été possible. Ce n’est plus le temps des papotages et des bons sentiments. Que le ministère de l’Intérieur renvoie chez eux tous les Tunisiens ! »

    Interrogé par l’agence Adnkronos, Dino De Rubeis a en outre dénoncé la mollesse de la police : « Nous sommes las de cette ligne molle adoptée par les forces de l’ordre vis-à-vis des immigrés tunisiens. On ne comprend pas pourquoi, lorsqu’il y a des désordres dans les stades, policiers et carabiniers emploient la manière forte contre leurs propres compatriotes. À Lampedusa, c’est tout le contraire qui se passe. Il y a besoin ici aussi de la manière forte pour renfermer les centaines de Tunisiens qui campent depuis hier dans les rues ».

    Mais Monsieur le maire, si les policiers ont tellement peur de la moindre apparence de bavure lorsqu’il s’agit d’immigrés clandestins, alors qu’ils savent que tout leur sera pardonné contre des supporteurs de football, à qui la faute ?

    Le maire affecte d’autant plus la fermeté qu’il sait la colère de ses administrés prête à se retourner contre lui. Ce matin, trois Lampedusans ont tenté de l’agresser, en lui reprochant sa faiblesse sur l’immigration. Épouvanté, il s’est barricadé dans son bureau, où il est non seulement gardé par trois policiers mais où il s’est muni d’une batte de baseball. « Je dois me défendre et je suis prêt à m’en servir, écrivez-le », a-t-il dit à l’édition locale de La Repubblica. Plusieurs dizaines de personnes sont actuellement rassemblées devant la mairie : certaines crient des slogans anti-immigrés, d’autres critiquent le maire

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