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Accueil du site > Actualités > Europe > Une brêche démocratique ?

Une brêche démocratique ?

La construction européenne n'a jamais été démocratique. Avant chaque traité, il est annoncé que les nouvelles dispositions vont favoriser la démocratisation de ses institutions. Ce qui n'est pas toujours faux. Mais à petits pas...

Si un État présentait sa candidature à l'UE avec le même type de fonctionnement, il y a fort à parier que cette candidature serait rejetée ou, au moins, ajournée pour insuffisance démocratique.

Cette insuffisance démocratique est tellement intégrée qu'elle ne gène personne. Ce qui gène, c'est la riche Angela Merkel* qui, avant de donner son accord au dernier sommet européen sur la Grèce, et conformément aux décisions de la cour de Karlsruhe, va demander son accord au Reischstag.

Ce qui est proprement intolérable, c'est que le pauvre George Papandreaou* demande lui aussi un vote de confiance au Parlement grec. Et en plus, (oh abomination !), s'en remette au peuple grec.

On comprend aisément que cela indispose de nombreux chefs d'État ou de gouvernement de l'UE et en priorité le président de la République. Qui ne consultera, ni n'informera l'Assemblée nationale, par l'intermédiaire de son premier ministre. Bien qu'il y dispose d'une majorité très confortable.

Quant à consulter le peuple... on a bien vu ce qu'il en pensait en 2005.

Il n'est pas sûr que le référendum soit finalement organisé comme annoncé. Si vendredi, George Papandreou n'avait pas la confiance de son assemblée, il serait probablement amené à démissionner et un nouveau gouvernement lui succèderait probablement après des élections... Ce serait donc au gouvernement élu à prendre la décision d'accepter ou non les accords avec ou sans référendum..

On voit bien, dans ces multiples péripéties, ce qui peut gêner les gouvernements qui avaient réussi à mettre sur pied un difficile compromis pour régler « définitivement pour trois mois maximum » la question grecque. Dans quelques semaines, après les rebondissements plus ou moins prévisibles, les accords d'octobre seront dépassés !

Mais on voit aussi que pour la première fois, sous la pression des multiples grèves et manifestations d'un peuple, un chef de gouvernement doute de sa légitimité à prendre des décisions qui mettent son pays sous la tutelle du FMI, de la CE et de la BCE (avec un directeur qui travaillait chez Goldman Sachs quand la banque aidait le gouvernement à maquiller les comptes !).

On voit aussi le « mauvais exemple » démocratique que la Grèce peut devenir pour l'ensemble des peuples de l'UE. Une première alerte a été donnée par les référendums en France et aux Pays-Bas en 2005 dont nul n'a tenu compte. Une deuxième alerte est venue de l'Islande qui quoique hors UE, a montré que d'autres solutions existaient en dehors de celles préconisées par les « compétents ».

Aujourd'hui, dans une situation bien plus difficile,le peuple grec pose des questions fondamentales qui devraient être largement débattues dans le cadre d'une campagne référendaire.

Qui est responsable de la crise ? Qui doit payer ? Qui doit décider ? Les responsables de la crise ? Ou ceux qui la subissent ?

* Sans se faire d'illusions sur les raisons tactiques qui on pu les aider dans ces décisions.


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9 réactions à cet article    


  • xray 2 novembre 2011 15:41


    Qu’elle soit matérielle ou cérébrale, la misère est le fondement de la société de l’argent ! 
    (Le malade, l’industrie première.) 

    Dans cette Europe dominée par les curés, l’argent sert à créer les problèmes. Non pas à les résoudre ! 

    Les Français sont revenus à la situation du début des « années 40 ». 
    Ils sont soumis à : 

    - Une monnaie d’occupation ; 

    - Des journalistes d’occupation ; 

    - Des mœurs judiciaires dignes du nazisme ; 

    - Des collabos financés et au service de qui ? L’Europe,  les Américains, ou le Vatican ? 

    Se sortir de l’Europe ! 
    Et, vite ! 
    http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/archive/2010/06/30/se-sortir-de-l-europe-et-vite.html 

    L’EUROPE des curés
    http://mondehypocrite.midiblogs.com/ 



    • Paul ORIOL 3 novembre 2011 09:32

      « Tout ce qui est excessif est insignifiant » (Talleyrand, je crois)


    • Claudec Claudec 2 novembre 2011 18:24

      La démocratie n’est pas la chienlit.

      La démocratie est l’expression des citoyens à travers leurs représentants élus, pour le temps de leur mandat. Ce qui suppose qu’une fois que les urnes ont rendu leur verdict, les minorités laissent le pouvoir, démocratiquement élu, faire ce qu’il a à faire, sous contrôle d’une constitution, en tenant nécessairement compte de la situation qui lui a été léguée et des contraintes conjoncturelles.
      Si ses résultats sont satisfaisants, ce pouvoir est reconduit par la majorité qui l’a élu, éventuellement renforcée. Dans le cas contraire, il est remplacé selon la volonté d’une nouvelle majorité, démocratiquement constituée des insatisfaits de sa gestion.

      Quant à l’utopique « démocratie participative », au-delà de la contradiction que renferme l’expression elle-même, nous ne sommes plus à une époque où les citoyens (terme alors éminemment sélectif) des premières républiques pouvaient encore tous se rendre au forum et voter les lois à main levée.

      • Paul ORIOL 3 novembre 2011 09:38

        C’est vitre conception de la démocratie. Ce n’est pas la seule.

        Merckel a consulté son Parlement. Papandréou fait de même. Sarkozy ne l’a pas fait. Qui est démocrate ?

        À un référendum organisé par le gouvernement, le peuple dit non, on reprend le texte et on consulte le Parlement. Qui est démocratique ? Ils pouvaient ne as organiser le référendum. Mais pour le gouvernement le peuple devait être consulté et dire oui. Il a dit non. Qui est démocrate.

        Dans la Frankfurter Allgemine zeitung un excellent article

        La démocratie dévaluée
        2 novembre 2011
        Francfort
        Cité par Presseurop

        Aujourd’hui, qui souhaite consulter son peuple est considéré comme une menace pour toute l’Europe. Tel est le message des marchés, et des politiques aussi depuis le 31 octobre, dénonce le rédacteur en chef de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

        Deux jours, c’est le temps qu’aura tenu le sentiment apparent de stabilité retrouvée des élites européennes. Deux jours entre l’image de la matriarche Merkel, vers laquelle le monde entier était tourné, et celle de la dépression. Un clinicien pourrait nous dire de quoi il retourne : c’est une pathologie. Il pourrait nous décrire à quel point la psyché collective est malade, à quel point les fantasmes de grandeur et de confiance en soi qu’elle engendre sont faux et trompeurs.

        Consternation en Allemagne, en Finlande, en France, même en Angleterre. Consternation sur les marchés financiers et dans les banques, consternation parce que le Premier ministre grec Georges Papandréou envisage un référendum pour répondre à une question décisive sur le sort de son pays.

        Minute après minute, on a pu voir, ce mardi [1er novembre], les banquiers et les politiques brandir la menace d’un effondrement boursier. Le message était clair : si les Grecs disent oui, c’est qu’ils sont idiots. Quant à Papandréou, c’est une tête brûlée, puisqu’il leur a posé la question. Pourtant, avant que ne s’accélère la spirale de la panique, il serait judicieux de prendre un peu de recul pour mieux comprendre ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux. C’est le spectacle de la dégénérescence des valeurs mêmes que l’Europe était autrefois censée incarner.

        Les principes moraux détruits au profit de la finance

        Sur les marchés financiers, certains protagonistes analysent sans sourciller l’histoire de cette déchéance annoncée. Le Daily Telegraph britannique évoque une plaisanterie qui aurait cours dans les cercles financiers, et manifestement aussi au sein du gouvernement britannique : ce serait bien si une junte militaire prenait le pouvoir en Grèce, car aucune junte militaire ne saurait être membre de l’UE. Et Forbes, qui n’est tout de même pas n’importe qui dans le monde de la finance, va un peu plus loin : "Cette plaisanterie est d’autant plus triste et amère qu’elle serait, pour tout dire, si l’on fait abstraction du léger problème de la transformation de la Grèce en dictature militaire, une bonne solution pour le pays."

        Il n’est pas nécessaire de connaître tous les liens de cette plaisanterie avec le subconscient pour comprendre que l’on est en train d’assister à la destruction massive des principes moraux nés de l’après-guerre, au nom d’une raison économique et financière supérieure. De tels processus se développent en sous-main, ils œuvrent à la lisière de la conscience, parfois pendant des décennies, jusqu’à accoucher d’une nouvelle idéologie. Il en toujours été ainsi lors des phases d’incubation des grandes crises autoritaristes du XXe siècle.

        Il nous faut alors noter ce qu’a dit Papandréou, ce qui a résonné aux oreilles de l’Europe comme les divagations d’un aliéné imprévisible : "La volonté du peuple s’imposera à nous." Si le peuple rejette le nouvel accord avec l’UE, « il ne sera pas adopté ». En Allemagne, souvenons-nous, il y a encore quelques jours, on entendait par démocratie la sanction du législatif. Imposée par la Cour constitutionnelle, et acclamée par tous les partis. Pour cette raison, il avait même fallu ajourner un sommet de l’UE. Aujourd’hui, rien de tout cela ne vaut plus pour la Grèce.

        Les politiques paniquent, parce que les marchés paniquent

        Qu’y a-t-il d’insupportable dans l’initiative grecque  ? Réponse : que le Premier ministre soumette le sort de son pays au jugement de son propre peuple. Devant une telle décision, les soi-disant citoyens économes modèles que sont les Allemands et leurs dirigeants politiques paniquent, mais uniquement parce que les marchés financiers paniquent. Car tous sont désormais prisonniers des prophéties des marchés avant même qu’elles ne soient exprimées.

        Il est de plus en plus évident que la crise que traverse l’Europe n’est pas un trouble passager mais l’expression d’une lutte pour la suprématie entre pouvoir économique et pouvoir politique. Ce dernier a déjà perdu énormément de terrain mais les choses s’accélèrent aujourd’hui. L’incompréhension totale que suscite le geste de Papandréou est également une incompréhension de l’espace public démocratique lui-même, et du fait que la démocratie a un prix qu’il faut être prêt à accepter.

        Ne voyons-nous pas que nous laissons désormais des processus démocratiques à l’appréciation des agences de notation, des analystes et autres groupements bancaires ? Ces dernières 24 heures, tous ces acteurs ont été assaillis de questions, comme s’ils avaient quoi que ce soit à dire sur la volonté du peuple grec de décider de son propre sort.

        Papandréou montre une voie à l’Europe

        La prétendue rationalité des mécanismes financiers a révélé de vieux atavismes inconscients. Les discours consistant à traiter tout un peuple d’escrocs et de fainéants semblaient avoir disparu en même temps que le nationalisme. On assiste aujourd’hui à un retour de cette mentalité avec « preuves raisonnables » à l’appui.

        La déformation du parlementarisme, soumis aux lois du marché, ne justifie pas seulement les décisions du peuple en tant que « législateur extraordinaire » ; dans le cas de la Grèce, elle oblige les citoyens à exprimer leur volonté. En Allemagne, tous les députés qui suivent ce que leur dicte leur conscience peuvent être certains qu’on ne reverra pas leur « gueule » de sitôt. Ce qui est arrivé à un député allemand en tant qu’individu, touche également un Etat et bientôt toute l’Europe.

        Papandréou n’a pas seulement raison de faire ce qu’il fait, il montre aussi une voie à l’Europe. L’Europe devrait tout faire pour convaincre les Grecs que sa solution est la bonne. Pour cela, elle devrait aussi s’en convaincre. Pour les autres pays européens aussi endettés que la Grèce, il s’agirait d’un excellent moyen de faire preuve de lucidité et de s’assurer du prix qu’ils sont prêts à payer au nom d’une Europe unie.



      • Ouallonsnous ? 4 novembre 2011 20:29

        A l’auteur ; 

        « Merckel a consulté son Parlement. Papandréou fait de même. Sarkozy ne l’a pas fait. Qui est démocrate ? »

        Aucun des trois, car ce n’est pas les parlements, « croupions » de l’UE bruxelloise qu’il faut consulter, mais les peuples !

        Sarkozy n’est qu’égal à lui même, c’est à dire incompétent en tout !


      • chuppa 2 novembre 2011 18:36

        « ...Angela Merkel* qui, avant de donner son accord au dernier sommet européen sur la Grèce, et conformément aux décisions de la cour de Karlsruhe, va demander son accord au Reischstag ».
        cher ami, on appelle cela de la démocratie !! Terme totalement ignoré par notre Sarko « one man show ».


        • BA 2 novembre 2011 20:46

          Mercredi 2 novembre 2011 :

           

          Grèce : le référendum ne portera pas sur l’euro.

           

          Le référendum grec portera sur le plan de sauvetage. 

           

          La consultation portera sur le plan d’aide européen, et non sur l’appartenance à la zone euro, a annoncé le porte-parole du gouvernement grec. Interrogé sur le maintien de la Grèce dans la zone euro, le porte-parole Angelos Tolkas a répondu : "Non, ce ne sera pas la question. Ce sera le plan de sauvetage".

           

          http://www.europe1.fr/International/Grece-le-referendum-ne-portera-pas-sur-l-euro-797771/

           

          Grèce : taux des obligations à un an : 224,749 %. Record historique battu.

           

          http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

           

          Grèce : taux des obligations à 2 ans : 96,685 %. Record historique battu.

           

          Grèce : taux des obligations à 5 ans : 34,584 %. Record historique battu.

           

          Grèce : taux des obligations à 10 ans : 25,466 %. 


          • gaulois42 gaulois42 3 novembre 2011 08:00

            LA MAFFIA
            On rentre dans la maffia mais on n’en sort pas....si ce n’est les pieds devant !
            L’EUROPE
            On rentre dans l’Europe mais on n’en sort que les deux pieds devants !

            signé : S.M.I. (I pour : infâme) : Sarko 1er


            • Teo Toriatte 3 novembre 2011 19:48
              Pourquoi attendre que les négociations soient terminées ? Pourquoi attendre la 3ème ou 4ème phase de négociation, pourquoi ce grand démocrate n’at-il pas fait son référendum dés le début ?

              Contre le référendum ? Non certes pas, je regrette que tout nos chefs d’Etat et de gouvernement ne l’ait pas fait dés le début

              Contre le référendum maintenant ? Oui , je vais me répéter, mais c’est n’est pas au milieu de la tempête qu’on lâche le gouvernail, c’est dés le début, avant de prendre le large car c’est dés le début qu’on savait qu’il allait y avoir tempête !

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