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Permettre aux enfants de Saint Julien en Genevois de grandir ensemble

Le tarif des cantines de Saint Julien en Genevois est fonction des revenus des familles. Ces données permettent également d’avoir une mesure précise de la mixité sociale dans les écoles de la commune. La situation est dramatique :

  • A l’école du Pré de la Fontaine, on trouve la proportion la plus élevée de parents qui ont des revenus dans la tranche la plus élevée,
  • A l’opposé à Buloz la tranche de revenus la plus courante est la tranche la plus basse,
  • L’école du Puy Saint Martin est en revanche équilibrée.

Il y a donc une école qui rassemble principalement des enfants de milieux sociaux privilégiés, une école qui rassemble principalement des enfants de milieux sociaux défavorisés et souvent d’origine étrangère et une seule école qui assure la mixité sociale.

Ce phénomène s’est considérablement aggravé à mesure que les familles qui résident à L’Escalade ont eu de moins en moins d’enfants et que les logements sociaux se sont construits sur la carte scolaire de Buloz. Ce phénomène continue de s’aggraver alors que les demande de dérogation se font presque uniquement de Buloz au Pré de la Fontaine et que les familles qui résident sur la carte scolaire de Buloz place de plus en plus leurs enfants à l’école privée. On rentre dans un cercle vicieux qui conduit à la création d’un ghetto social.

Les quelques enfants de familles aisées à Buloz et les quelques enfants issus de familles modestes au Pré de la Fontaine ne changent malheureusement rien à la situation.

Cette situation est catastrophique pour l’avenir tant des enfants de Buloz que ceux du Pré de la Fontaine. Des mamans m’ont dit qu’elles regrettaient de constater que leur enfant n’était pas franchement incité à apprendre le Français à l’école alors que dans la cours d’école il trouvait autant d’autres enfants qui parlaient la même langue maternelle. Dans un tel contexte, retarder la modification nécessaire de la carte scolaire pour assurer un minimum de mixité sociale est une faute grave de non assistance à enfant en danger. C’est le germe de graves problèmes pour la ville dans les années à venir.

La situation n’est pas bien meilleure au Pré de la Fontaine. Ce n’est pas rendre service aux enfants que de les faire grandir dans des milieux sociaux si différents de la situation de la ville et encore plus du pays dans lequel ils devront vivre, travailler et être des citoyens.

Dans 20 ans, Saint Julien en Genevois sera coupée en deux avec des milieux sociaux qui ne se connaissent plus.

Des solutions existent. Il suffit de mieux répartir les logements sociaux sur les différentes écoles de la commune. Il faudrait sans doute aussi changer le nom de l’Ecole François Buloz pour faire revenir les familles qui n’y vont plus. Cela suppose des choix courageux. Cela suppose un travail de pédagogie auprès des familles. Mais la municipalité craint les plaintes des quelques familles de milieu aisé dont les enfants devraient alors aller dans école qui aurait un nouveau nom.... elle les craint beaucoup plus que les plaintes incessantes de tout un quartier de la ville qui se sent oublié, et qui est certainement moins entendu. Selon eux la future construction de l’Ecole de Chabloux permettrait de résoudre la question. En résumé cette municipalité socialiste envisage de laisser un ghetto social se constituer dans les écoles républicaines de la ville durant les 10 prochaines années.

La commission scolaire a décidé de se saisir de ce problème pour y apporter des réponses. Elle doit se réunir prochainement.


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4 réactions à cet article    


  • Massaliote 30 septembre 2010 15:54

    « Il faudrait sans doute aussi changer le nom de l’Ecole François Buloz » ??? Motif ? Il me semble qu’une explication pour les non-autochtones est bienvenue.


    • Antoine Vielliard (Saint-Julien-en-Genevois) Antoine Vielliard 30 septembre 2010 18:10

      Le cercle vicieux de la ségrégation sociale est malheureusement déjà enclenché. Les demandes de dérogation ne se font qu’à partir de cette école pour l’école la plus favorisée et la perte d’effectif du public vers le privé se fait de manière prépondérante dans la partie de la ville qui dépend ce cette école.

      Si le redécoupage se fait sans changement de nom, il risque de ne pas sufire pour faire revenir certains familles de milieu social intermédiaire. Il faut à mon avis l’accompagné d’un changement de nom afin de pouvoir construire une nouvelle image d’école où la mixité sociale existe.

      Cordialement,

      Antoine Vielliard
      Ps : désolé pour le contexte insuffisant, le texte était rédigé au départ pour mon blog personnel.


    • eric 1er octobre 2010 07:08

      <P>A l’auteur : en France, nous sommes peu et mal informés sur la question scolaire. <U>U</U>ne des raisons est que les nombreuses études internes du Ministère sont filtrées sur des bases idéologiques. Mais de temps en temps, le système laisse passer malgré lui quelques vérités. J’ai essayé de rendre compte de tous cela dans un article trop long mais je crois très complet. <A href="http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-rapport-obin-courageux-mais-peu-15843
      Votre’>/www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-rapport-obin-courageux-mais-peu-15843' class='spip_out' rel='nofollow'>http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-rapport-obin-courageux-mais-peu-15843« >http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-rapport-obin-courageux-mais-peu-15843&lt ;/A&gt ;&lt ;BR&gt ;Votre situation est celle qui prévault dans toute la France.<BR>Cela est voulu par l’ensemble des acteurs, mais prioritairement par le système enseignant lui même.<BR>Les chiffres montrent que le niveau de réussite des enfants est d’abord fonction du niveau moyen au sein de l’établissement.<BR>Aller dans des établissement de la »mixité sociale" c’est délibérément choisir des difficultés supplémentaire pour son enfant.<BR>On ne voit pas très bien au nom de quel critère on imposerait cela à des parents<BR>En revanche, il y a une absence totale de mixité parmi les enseignants. Dans les établissements difficiles, l’ancienneté moyenne est de deux ans. En gros, les bons profs expérimentés vont là ou il n’y a pas de problème, les débutant peu formés là où c’est difficle.<BR>Autant on ne voit pas pourquoi la collectivité imposerait à certains parent de payer le prix du désir de mixité social essentiellement voulu par des politiques pour des raisons idéologiques, autant il paraitrait parfaitement légitime qu’elle consacre le meilleur de ses moyens aux plus défavorisés, ceux qui en ont le plus besoin.<BR><BR>Un vrai combat dans le sens qui vous intéresse, consisterait à envoyer de façon systématique, les meilleurs enseignants avec des sur salaires, là ou il y a le plus de difficultés.<BR>Curieusement, les syndicats très favorables à ce que les parents et enfants payent le prix de la mixité, sont très hostiles à ce que les enseignants y contribuent.</P>
      <P>Pourtant, il est évident que si vous mettez dans votre école du Buloz, les profs les meilleurs, alors, vous verrez des parents ne pas hésiter à faire de la voiture depuis votre pré de la fontaine, pour y inscrire leurs gosses ( sila question se ose en ces termes chez vous).</P>
      <P>Votre communne constitue peut être une exception, mais si la situation qui y prévault est la même que partout ailleurs, intervertissez les corps professoraux des deux établissements et vous n’aurez même pas besoin de changer le nom des écoles. Au passage, et devant les réactions syndicales, vous aurez une bonne idée de la réalité de leur attachement à la vraie mixité sociale. Mais si vous y parvenez, et si les profs mettent leurs propres enfants à Buloz, alors vous aurez gagné la partie....</P>


      • Antoine Vielliard (Saint-Julien-en-Genevois) Antoine Vielliard 1er octobre 2010 10:32

        On peut comprendre l’argument sur l’emulation reciproque des eleves dans les ecoles favorisees... et leur impact sur le resultat scolaire. Mais comme cela a tres bien ete demontre dans le livre ’L’intelligence emotionnelle", l’avenir des enfants ne depend pas uniquement de leurs resultats scolaires mais aussi de leur intelligence emotionnelle, de leur empathie, de leurs intelligence sociale. Les enfants du Pre de la Fontaine (ecole dont les enfants sont issus en proportion plus elevee de milieux favorises) auront de sacre handicap sociaux a ne pas connaitre le pays dans lequel ils vont devoir devenir des citoyens, des parents et des actifs.

        Les moyens humains mis a disposition des ecoles les plus defavorisee est une excellente idee.. Je ne sais pas tres bien quels sont les pouvoirs des communes dans ce cadre. En revanche, les communes par la carte scolaire peuvent prevoir des classes plus petites dans les ecoles les moins favorisees afin de compenser cela.

        Antoine Vielliard

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