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Camila Vallejo : Dans l’ombre de Bachelet

L'Ex-Chef ONU Femmes a remporté une victoire éclatante, en ayant près de 74 % de votes en sa faveur. Elle est l'incontestable favorite des élections présidentielles du Chili qui auront lieu en novembre prochain. Avec près de 3 millions de vote en sa faveur, l'ex-mandataire de la Moneda a prouvé que les chiliens lui faisaient encore confiance. De son côté, l'ex-leader étudiante a réussi son pari de soutenir Bachelet, malgré les critiques de ce choix considéré comme une trahison au mouvement étudiant.

"Jamais, je ne ferais campagne pour Michelle Bachelet. Ni appelerais les jeunes à voter pour elle." Cette phrase, Camila Vallejo l'avait prononcé en 2012 à l'occasion d'une interview faite au journal espagnol El Pais. Un an après, quelques jours avant la primaire départageant les candidats présidentiels de la gauche et de la droite, les jeunesses communistes du Chili (jota) publiaient une vidéo dans laquelle l'ex-présidente de la Fédération des Etudiants de l'Université du Chili (FECh) appelait à soutenir Bachelet. Trahison. Incompétence. Telles sont les critiques qui ont affluées ces derniers mois à l'encontre de la géographe de 25 ans. A la base, Camila Vallejo soutenait des candidatures comme celles de José Gomez ou Marcel Claude, plus proches des revendications étudiantes. Mais le Parti Communiste Chilien (PCCh) a jugé que la seule carte pouvant réaliser une défaite de la droite, était l'ex-mandataire socialiste. La jeune militante s'est raliée, dans la douleur, à la décision du parti. El Pais s'est fendu d'un article, publié dans la semaine du 30 juin où il fustigeait la décision de l'ex-égérie du mouvement étudiant et son explication du contexte de sa réponse concernant Bachelet. La décision de soutenir celle-ci ne faisait pas suite à la seule demande du parti. Avec discrétion, l'ex-présidente de la FECh avait sondé les autres candidats de gauche. S'était intéressée à leurs propositions. Elle le fit savoir par voie de presse, en montrant un appui informel. Pourtant un constat s'est vite imposé : Bachelet reste la valeur sûre pour faire gagner la gauche chilienne. Elle conservait un appui de 80% de la population, avait les faveurs des européens et des américains. 

Parallèlement à son entrée en politique, l'impact international de l'ex-dirigeante étudiante a lui aussi grandit. Un Comité de Soutien à sa candidature s'est crée en Europe, et d'autres vont suivre dans d'autres parties du monde. Un tel appui ne s'était jamais vu pour une campagne locale au Chili. Mais il s'agit "d'un cas particulier" comme le souligne, amusé, le Comando Central de Camila Vallejo, situé à La Florida, district où elle espère obtenir un siège de députée. De tout cela, Michelle Bachelet eut vent et décida d'obtenir l'appui de celle qui avait mené les révoltes étudiantes de 2011 à 2012. Dès mars de cette année, elle proposa une réforme du système éducatif avec la promesse de la gratuité. Mieux, elle promit de réformer la Constitution Chilienne datant de la dictature d'Augusto Pinochet. Grâce à Mademoiselle Vallejo, le petit parti communiste espère augmenter ses suffrages et peser de tout son poid dans les décisions prises par Bachelet. Tenue à carreaux après des réflexions fortes, Camila Vallejo s'est retranchée sur sa propre campagne locale. Discrètement, elle a réussi à imposer l'urgence de propositions telles que : réforme de la Constitution, de l'éducation, du Code du Travail. Hier, après avoir émis son vote, elle fustigeait l'inexistence du vote des chiliens vivant à l'étranger. Un coup de pied en direction de Michelle Bachelet, appelée à y trouver une solution : "C'est regrettable que dans ces primaires, à cause d'un non accomplissement du gouvernement, nos compatriotes qui sont à l'étranger ne puissent voter. Qu'ils ne puissent pas participer. D'après ce que j'ai pu lire sur les réseaux sociaux, beaucoup se demande pourquoi ils sont inscrits sur les listes s'ils n'ont pas le droit de vote..."

Pour la première fois depuis le début de la campagne nationale, elle a réagit aux critiques qui lui ont été faites par rapport à son soutien officiel envers la gagnante de la "Nouvelle Majorité" de gauche : " Nous sommes sur le même chemin, luttant pour une majorité sociale et politique. Pas seulement pour exprimer des demandes des mouvements sociaux, mais pour leur donner une visibilité politique." a-t-elle dit à l'issu d'une conférence de presse improvisée. Michelle Bachelet a obtenu 74% des suffrages et devient la nette favorite de la présidentielle de novembre 2013. Habile, l'ex-dirigeante étudiante lui a signifié que rien n'était gagné en saluant ses concurrents directs : "J'espère que les choses iront bien pour Marcel Claude et Roxana Miranda." Bien qu'ayant fêté sa victoire toute la soirée, Michelle Bachelet sait que si elle veut compter Camila Vallejo dans ses rangs, elle devra s'en tenir à ses promesses. Un revirement de Vallejo pourrait lui écorner son score pharamineux, en novembre prochain. La participation à cette élection a pulvérisé le score espéré, plus de 3.007.687 votants. D'après les chiffres, les jeunes de moins de 30 ont voté en masse pour elle. Grâce à l'effet Camila Vallejo ?

(1) Photo : El Cachondeo.cl

(2) Merci à @Europa_Camila

Sources : La Tercera - El Mostrador- Le Monde- Libération- La Croix.


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