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Accueil du site > Actualités > International > Comprendre la guerre en Libye (1/3)

Comprendre la guerre en Libye (1/3)

Partie 1 : Des questions qu’il faut se poser à chaque guerre
Partie 2 : Les véritables objectifs des USA vont bien au-delà du pétrole
Partie 3 : Pistes pour agir

Des questions qu’il faut se poser à chaque guerre
 
27 fois. Les Etats-Unis ont bombardé un pays à 27 reprises depuis 1945. Et chaque fois, on nous a affirmé que ces actes de guerre étaient « justes » et « humanitaires ». Aujourd’hui, on nous dit que cette guerre est différente des précédentes. Mais on l’avait dit aussi la fois passée. Et la fois d’avant. On le dit chaque fois. N’est-il pas temps de mettre sur papier les questions qu’il faut se poser à chaque guerre pour ne pas se faire manipuler ?
 
 
Pour la guerre, il y a toujours de l’argent ?
 
Dans le pays le plus puissant du globe, quarante-cinq millions de gens vivent sous le seuil de pauvreté. Aux Etats-Unis, écoles et services publics tombent en ruines, parce que l’Etat « n’a pas d’argent ». En Europe aussi, « pas d’argent » pour les retraites ou pour créer des emplois.
 
Mais lorsque la cupidité des banquiers provoque une crise financière, là, en quelques jours, on trouve des milliards pour les sauver. Ce qui a permis à ces mêmes banquiers US de distribuer l’an dernier 140 milliards $ de récompenses et bonus à leurs actionnaires et traders spéculateurs.
 
Pour la guerre aussi, il semble facile de trouver des milliards. Or, ce sont nos impôts qui paient ces armes et ces destructions. Est-il bien raisonnable de faire partir en fumée des centaines de milliers d’euros à chaque missile ou de gaspiller cinquante mille euros de l’heure avec un porte-avions ? A moins que la guerre soit une bonne affaire pour certains ?
 
Pendant ce temps, un enfant meurt de faim toutes les cinq secondes et le nombre de pauvres ne cesse d’augmenter sur notre planète en dépit des promesses.
 
Quelle différence entre un Libyen, un Bahreini et un Palestinien ?
 
Présidents, ministres et généraux jurent solennellement que leur objectif est seulement de sauver des Libyens. Mais, au même moment, le sultan du Bahrein massacre des manifestants désarmés grâce aux deux mille soldats saoudiens envoyés par les Etats-Unis ! Au même moment, au Yemen, les troupes du dictateur Saleh, allié des USA, tuent 52 manifestants à la mitrailleuse. Ces faits n’ont été contestés par personne, mais le ministre US de la Guerre, Robert Gates, a juste déclaré : « Je ne crois pas que ce soit mon rôle d’intervenir dans les affaires internes du Yemen » [1].
 
Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ? Parce que Saleh accueille docilement la Vème Flotte US et dit oui à tout ce que lui commande Washington ? Parce que le régime barbare d’Arabie saoudite est complice des multinationales pétrolières ? Il y aurait de « bons dictateurs » et de « mauvais dictateurs » ?
 
Comment les USA et la France peuvent-ils se prétendre humanitaires ? Lorsqu’Israël a tué deux mille civils en bombardant Gaza, ont-ils instauré une « no fly zone » ? Non. Ont-ils pris des sanctions ? Aucune. Pire : Javier Solana, alors responsable des Affaires étrangères de l’U.E. a déclaré à Jérusalem : « Israël est un membre de l'Union européenne sans être membre de ses institutions. Israël est partie prenante à tous les programmes » de recherche et de technologie de l'Europe des 27. Ajoutant même : « Aucun pays hors du continent n'a le type de relations qu'Israël entretient avec l'Union européenne. » Sur ce point, Solana dit vrai : l’Europe et ses fabricants d’armes collaborent étroitement avec Israël dans la production des drônes, missiles et autres armements qui sèment la mort à Gaza.
 
Rappelons qu’Israël a chassé sept cent mille Palestiniens de leurs villages en 1948, refuse toujours de leur rendre leurs droits et continue à commettre de multiples crimes de guerre. Sous cette occupation, 20% de la population palestinienne actuelle a séjourné ou séjourne dans les prisons d’Israël. Des femmes enceintes sont forcées d’accoucher attachées à leur lit et renvoyées immédiatement dans leurs cellules avec leurs bébés ! Mais ces crimes-là sont commis avec la complicité active des USA et de l’UE.
 
La vie d’un Palestinien ou d’un Bahreini ne vaut pas celle d’un Libyen ? Il y aurait les « bons Arabes » et les « mauvais Arabes » ?
 
Pour ceux qui croient encore à la guerre humanitaire…
 
Dans un débat télévisé que j’ai eu avec Louis Michel, ancien ministre belge des Affaires étrangères et commissaire européen à la Coopération au développement, celui-ci m’a juré - la main sur le cœur - que cette guerre visait à « mettre en accord les consciences de l’Europe ». Il a été appuyé par Isabelle Durant, dirigeante des Verts belges et européens. Ainsi, les écologistes « peace and love » ont muté va-t-en-guerre !
 
Le problème, c’est qu’on nous parle de guerre humanitaire à chaque fois, et que ces gens « de gauche » comme Durant s’y sont à chaque fois laissé prendre. Ne feraient-ils pas mieux de lire ce que pensent vraiment les dirigeants US au lieu de juste les écouter à la télévision ?
 
Ecoutez par exemple, à propos des bombardements contre l’Irak, le célèbre Alan Greenspan, qui fut longtemps directeur de la réserve fédérale des USA. Il écrit dans ses mémoires : « Je suis attristé qu’il soit politiquement incorrect de reconnaître ce que chacun sait : la guerre en Irak était essentiellement pour le pétrole » [2]. Ajoutant : « Les officiels de la Maison-Blanche m’ont répondu : ‘Eh bien, malheureusement, nous ne pouvons parler du pétrole’. » [3]
 
Ecoutez, à propos des bombardements contre la Yougoslavie, John Norris, directeur de com de Strobe Talbott qui était alors vice-ministre US des Affaires étrangères, chargé des Balkans. Norris écrit dans ses mémoires : « Ce qui explique le mieux la guerre de l’Otan, c’est que la Yougoslavie résistait aux grandes tendances des réformes politiques et économiques (il veut dire : refusait d’abandonner le socialisme), et ce n’est pas notre devoir envers les Albanais du Kosovo. » [4]
 
Ecoutez, à propos des bombardements contre l’Afghanistan, ce que disait alors l’ancien ministre US des Affaires étrangères Henry Kissinger : « Il existe des tendances, soutenues par la Chine et le Japon, à créer une zone de libre échange en Asie. Un bloc asiatique hostile combinant les nations les plus peuplées du monde avec de grandes ressources et certains des pays industriels les plus importants serait incompatible avec l’intérêt national américain. Pour ces raisons, l’Amérique doit maintenir une présence en Asie… » [5]
 
Ceci confirmait la stratégie avancée par Zbigniew Brzezinski, qui fut responsable de la politique étrangère sous Carter et est l’inspirateur d’Obama : « L’Eurasie (Europe + Asie) demeure l’échiquier sur lequel se déroule le combat pour la primauté globale. (…) La façon dont les Etats-Unis ‘gèrent’ l’Eurasie est d’une importance cruciale. Le plus grand continent à la surface du globe en est aussi l’axe géopolitique. Toute puissance qui le contrôle, contrôle par là même deux des trois régions les plus développées et les plus productives. 75% de la population mondiale, la plus grande partie des richesses physiques, sous forme d’entreprises ou de gisements de matières premières, quelque 60% du total mondial. » [6]
 

A gauche, n’a-t-on rien appris des médiamensonges humanitaires des guerres précédentes ?

 
Quand Obama le dit lui-même, vous ne le croyez pas non plus ?
 
Ce 28 mars, Obama a justifié ainsi la guerre contre la Libye :
« Conscients des risques et des coûts de l’action militaire, nous sommes naturellement réticents à employer la force pour résoudre les nombreux défis du monde. Mais lorsque nos intérêts et valeurs sont en jeu, nous avons la responsabilité d’agir. Vu les coûts et les risques de l’intervention, nous devons chaque fois mesurer nos intérêts face à la nécessité d’une action. L’Amérique a un important intérêt stratégique à empêcher Kadhafi de défaire ceux qui s’opposent à lui. »
 
N’est-ce pas clair ? Alors, certains disent : « Oui, c’est vrai, les Etats-Unis n’agissent que s’ils y trouvent leur intérêt aussi. Mais au moins, à défaut de pouvoir intervenir partout, on aura sauvé ces gens-là. »
 
Faux. Nous allons montrer que seuls les intérêts seront défendus. Pas les valeurs. D’abord, chaque guerre US fait plus de victimes qu’il n’y en avait avant (en Irak, un million de victimes directes ou indirectes !). Ensuite, l’intervention en Libye en prépare d’autres…
 
Qui refusait de négocier ?
 
Mais, dès que vous émettez un doute sur l’opportunité de cette guerre contre la Libye, tout de suite, on vous culpabilise : « Vous refusez donc de sauver les Libyens du massacre ? »
 
Question mal posée. Supposons que tout ce qu’on nous a raconté se soit vraiment passé. Premièrement, arrête-t-on un massacre par un autre massacre ? Nous savons qu’en bombardant, nos armées vont tuer de nombreux civils innocents. Même si, comme à chaque guerre, les généraux nous promettent que celle-ci sera « propre », nous avons l’habitude de cette propagande.
 
Deuxièmement, il y avait un moyen beaucoup plus simple et efficace de sauver des vies tout de suite. Tous les pays d’Amérique latine ont proposé d’envoyer immédiatement une mission de médiation, présidée par Lula. La Ligue arabe et l’Union africaine soutenaient cette démarche et Kadhafi avait accepté (proposant aussi d’envoyer des observateurs internationaux pour vérifier le cessez-le feu).
 
Mais les insurgés libyens et les Occidentaux ont refusé cette médiation. Pourquoi ? « Parce que Kadhafi n’est pas de bonne foi », disent-ils. Possible. Tandis que les insurgés et leurs protecteurs occidentaux ont toujours été de bonne foi ? A propos des Etats-Unis, il est utile de rappeler comment ils se sont comportés dans toutes les guerres précédentes à chaque fois qu’un cessez-le-feu était possible…
 
En 1991, lorsque Bush père a attaqué l’Irak parce que celui-ci avait envahi le Koweit, Saddam Hussein a proposé de se retirer et qu’Israël évacue aussi les territoires illégalement occupés en Palestine. Mais les USA et les pays européens ont refusé six propositions de négociation. [7]
 
En 1999, lorsque Clinton a bombardé la Yougoslavie, Milosevic avait accepté les conditions imposées à Rambouillet, mais les USA et l’Otan en ont rajouté une, volontairement inacceptable : l’occupation totale de la Serbie. [8]
 
En 2001, lorsque Bush fils a attaqué l’Afghanistan, les talibans avaient proposé de livrer Ben Laden à un tribunal international si on fournissait des preuves de son implication, mais Bush a refusé de négocier.
 
En 2003, lorsque Bush fils a attaqué l’Irak sous prétexte d’armes de destruction massive, Saddam Hussein a proposé d’envoyer des inspecteurs, mais Bush a refusé car il savait que les inspecteurs ne trouveraient rien. Ceci a été confirmé par la divulgation du mémo d’une réunion entre le gouvernement britannique et les dirigeants des services scecrets briatnniques en juillet 2002 : « Les dirigeants britanniques espéraient que l’ultimatum soit rédigé en des termes inacceptables afin que Saddam Hussein le rejette directement. Mais ils étaient loin d’être certains que cela marcherait. Alors, il y avait un Plan B : les avions patrouillant dans la « no fly zone » jetant de nombreuses bombes en plus dans l’espoir que ceci provoquerait une réaction qui donnerait une excuse pour une large campagne de bombardements. » [9]
 
Alors, avant d’affirmer que « nous » disons toujours la vérité tandis que « eux » mentent toujours, et aussi que « nous » recherchons toujours une solution pacifique, tandis que « eux » ne veulent pas de compromis, il faudrait être plus prudents… Tôt ou tard, le public apprendra ce qui s’est vraiment passé lors des négociations en coulisses, et constatera une fois de plus qu’il a été manipulé. Mais il sera trop tard, et on ne ressuscitera pas les morts.

La Libye, c’est comme la Tunisie et l’Egypte ?

Dans son excellente interview publiée il y a quelques jours par Investig’Action, Mohamed Hassan posait la bonne question : « Libye : révolte populaire, guerre civile ou agression militaire ? ». A la lumière des recherches récentes, il est possible de répondre : les trois, en fait. Une révolte spontanée, rapidement récupérée et transformée en guerre civile (qui avait été préparée), le tout servant de prétexte à une agression militaire. Qui, elle aussi, avait été préparée. Rien ne tombe du ciel en politique. Expliquons-nous…

En Tunisie et en Egypte, la révolte populaire a grandi progressivement en quelques semaines, s’organisant peu à peu et s’unifiant sur des revendications claires, ce qui a permis de chasser les tyrans. Mais quand on analyse l’enchaînement ultra-rapide des événements à Benghazi, on est intrigué. Le 15 février, manifestation des parents de prisonniers politiques de la révolte de 2006. Manifestation durement réprimée, comme cela a toujours été le cas en Libye et dans les autres pays arabes. Et, à peine deux jours plus tard, re-manifestation, mais cette fois, les manifestants sont armés et passent directement à l’escalade contre le régime de Kadhafi. En deux jours, une révolte populaire devient une guerre civile ! Tout à fait spontanément ?
 
Pour le savoir, il faut examiner ce qui se cache sous le vocable imprécis « opposition libyenne ». A notre avis, quatre composantes aux intérêts très différents. 1° Une opposition démocratique. 2° Des dignitaires de Kadhafi « retournés » par l’Ouest. 3° Des clans libyens mécontents du partage des richesses. 4° Des combattants de tendance islamique.
 
Qui compose cette « opposition libyenne » ?
 
Dans cet enchevêtrement, il est important de savoir à qui on a à faire. Et surtout quelle faction a été intégrée dans les stratégies des grandes puissances…
 
1° Opposition démocratique. Il est légitime d’avoir des revendications face au régime Kadhafi, dictatorial et corrompu comme les autres régimes arabes. Un peuple a le droit de vouloir remplacer un régime autoritaire par un système plus démocratique. Cependant, ces revendications sont jusqu’ici peu organisées et sans programme précis. On rencontre aussi, à l’étranger, des mouvements révolutionnaires libyens, également assez disparates, mais tous opposés à l’ingérence étrangère. Pour diverses raisons que l’on va clarifier, ce ne sont pas ces éléments démocratiques qui ont grand chose à dire aujourd’hui sous la bannière des USA et de la France.
 
2° Dignitaires « retournés ». A Benghazi, un « gouvernement provisoire » a été instauré et est dirigé par Mustapha Abud Jalil. Cet homme était, jusqu’au 21 février, ministre de la Justice de Kadhafi. Deux mois plus tôt, Amnesty l’avait placé sur la liste des plus effroyables responsables de violations de droits humains d’Afrique du nord ». C’est cet individu qui, selon les autorités bulgares, avait organisé les tortures de infirmières bulgares et du médecin palestinien longtemps détenus par le régime. Un autre « homme fort » de cette opposition est le général Abdul Fatah Younis, ex ministre de l’Intérieur de Kadhafi et auparavant chef de la police politique. On comprend que Massimo Introvigne, représentant de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) pour la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, estime que ces personnages « ne sont pas les ‘démocrates sincères’ des discours d’Obama, mais parmi les pires instruments du régime de Kadhafi, qui aspirent à chasser le colonel pour prendre sa place ». (1)
 
3° Clans mécontents. Comme le soulignait Mohamed Hassan, la structure de la Libye est restée fortement tribale. Durant la période coloniale, sous le régime du roi Idriss, les clans de l’est dominaient et les richesses pétrolières leur profitaient. Après la révolution de 1969, Kadhafi s’est appuyé sur les tribus de l’ouest et c’est l’est qui a été défavorisé. Il faut le regretter, un pouvoir démocratique et juste doit veiller à combattre les discriminations entre régions. On peut aussi se demander si les anciennes puissances coloniales n’ont pas encouragé les tribus mécontentes à saper l’unité du pays. Ce ne serait pas la première fois. Aujourd’hui, France et USA misent sur les clans de l’est pour prendre le contrôle du pays. Diviser pour régner, un vieux classique du colonialisme.
 
4° Eléments d’Al-Qaida. Des câbles diffusés par Wikileaks avertissaient que l’Est de la Libye était, proportionnellement, le premier exportateur au monde de « combattants - martyrs » en Irak. Des rapports du Pentagone décrivaient un « scénario alarmant » sur les rebelles libyens de Benghazi et Derna. Derna, ville de 80.000 habitants à peine, serait la première source de jihadistes en Irak. De même, Vicent Cannistraro, ancien chef de la CIA en Libye, signale parmi les rebelles beaucoup d’ « extrémistes islamiques capables de créer des problèmes » et que les « probabilités [sont] élevées que les individus les plus dangereux puissent avoir une influence dans le cas où Kadhafi devrait tomber ». (1).
 
Evidemment, tout ceci s’écrivait lorsque Kadhafi était encore « un ami ». Mais ça montre l’absence totale de principes dans le chef des USA et de leurs alliés. Quand Kadhafi a réprimé la révolte islamiste de Benghazi en 2006, ce fut avec les armes et le soutien des Occidentaux. Une fois, on est contre les combattants à la Ben Laden. Une fois, on les utilise. Faudrait savoir.
 
Parmi ces diverses « oppositions », quel élément l’emportera ? C’est peut-être aussi un but de l’intervention militaire de Washington, Paris et Londres : veiller à ce que « les bons « l’emportent ? Les bons de leur point de vue évidemment. Plus tard, on utilisera la « menace islamique » comme prétexte pour s’installer durablement
 
En tout cas, une chose est sûre : le scénario libyen est différent des scénarios tunisien ou égyptien. Là, c’était « un peuple uni contre un tyran ». Ici, on est dans une guerre civile, Kadhafi disposant du soutien d’une partie de la population. Et dans cette guerre civile, le rôle qu’ont joué les services secrets US et français n’est déjà plus si secret que ça…
 
Quel a été le rôle des services secrets ?
 
En réalité, l’affaire libyenne n’a pas commencé en février à Benghazi en février, mais à Paris le 21 octobre 2010. Selon les révélations du journaliste italien Franco Bechis (Libero, 24 mars), c’est ce jour-là que les services secrets français ont préparé la révolte de Benghazi. Ils ont alors « retourné » (ou peut-être déjà avant) Nuri Mesmari, chef du protocole de Kadhafi, qui était quasiment son bras droit. Le seul qui entrait sans frapper dans la résidence du guide libyen. Venu à Paris avec toute sa famille pour une opération chirurgicale, Mesmari n’y a rencontré aucun médecin, mais se serait par contre entretenu avec plusieurs fonctionnaires des services secrets français et de proches collaborateurs de Sarkozy, selon le bulletin web Maghreb Confidential.
 
Le 16 novembre, à l’hôtel Concorde Lafayette, il aurait préparé une imposante délégation qui allait se rendre deux jours plus tard à Benghazi. Officiellement, il s’agissait de responsables du ministère de l’Agriculture et de dirigeants des firmes France Export Céréales, France Agrimer, Louis Dreyfus, Glencore, Cargill et Conagra. Mais, selon les services italiens, la délégation comportait aussi plusieurs militaires français camouflés en hommes d’affaires. A Benghazi, ils rencontreront Abdallah Gehani, un colonel libyen que Mesmari a indiqué comme étant prêt à déserter.
 
A la mi-décembre, Kadhafi, méfiant, envoie un émissaire à Paris pour essayer de contacter Mesmari. Mais la France l’arrête. D’autres Libyens se rendent visite à Paris le 23 décembre, et ce sont eux qui vont diriger la révolte de Benghazi avec les milices du colonel Gehani. D’autant que Mesmari a fourni aux Français de nombreux secrets de la défense libyenne. De tout ceci, il ressort que la révolte à l’est n’est donc pas si spontanée qu’on nous l’a dit. Mais ce n’est pas tout. Il n’y a pas que les Français…
 
Qui dirige à présent les opérations militaires du « Conseil national Libyen » anti-Kadhafi ? Un homme tout juste arrivé des USA le 14 mars, selon Al Jazeera. Décrit comme une des deux « stars » de l’insurrection libyenne par le quotidien britannique de droite Daily Mail, Khalifa Hifter est un ancien colonel de l’armée libyenne, passé aux Etats-Unis. Celui qui fut un des principaux commandants militaires de la Libye jusqu’à la désatreuse expédition au Tchad fin des années 80, a ensuite émigré aux USA et vécu ces vingt dernières années en Virginie. Sans source de revenus connue, mais à petite distance des bureaux… de la CIA. [10] Le monde est petit.
 
Comment un haut militaire libyen peut-il entrer aux Etats-Unis en toute tranquillité, quelques années après l’attentat terroriste de Lockerbie, pour lequel la Libye a été condamnée, et vivre vingt ans tranquillement à côté de la CIA ? Il a forcément dû offrir quelque chose en échange. Publié en 2001, le livre Manipulations africaines de Pierre Péan retrace les connexions d’Hifter avec la CIA et la création, avec le soutien de celle-ci, du Front National de Libération Libyen. Le seul exploit du dit Front sera l’organisation en 2007, aux USA, d’un « congrès national » financé par le National Endowment for Democracy [11], traditionnel intermédiaire de la CIA pour arroser les organisations au service des Etats-Unis…
 
En mars de cette année, à une date non communiquée, le président Obama a signé un ordre secret autorisant la CIA à mener des opérations en Libye pour renverser Kadhafi. Le Wall Street Journal, qui relate ceci le 31 mars, ajoute : « Les responsables de la CIA reconnaissent avoir été actifs en Libye depuis plusieurs semaines, tout comme d’autres services occidentaux. ».
 
Tout ceci n’est plus très secret, ça figure depuis un bon moment sur Internet, et ce qui est étonnant, c’est que les grands médias n’en aient pas dit un mot. Pourtant, on a déjà connu de nombreux exemples de « combattants de la liberté » ainsi armés et financés par la CIA. Par exemple, dans les années 80, les milices terroristes contras, mises sur pied par Reagan pour déstabiliser le Nicaragua et renverser son gouvernement progressiste. N’a-t-on rien appris de l’Histoire ? Cette « gauche » européenne qui applaudit aux bombardements n’utilise pas Internet ?
 
Faut-il s’étonner que les services italiens « balancent » ainsi les exploits de leurs confrères français et que ceux-ci « balancent » leurs collègues US ? Seulement si on croit aux belles histoires sur l’amitié entre « alliés occidentaux ». On va en parler…
 
 
A SUIVRE :
2. Les objectifs des USA vont bien au-delà du pétrole
3. Pistes pour agir

www.michelcollon.info

 

Notes


[1] Reuters, 22/3.
[2] Sunday Times, 16 septembre 2007.
[3] Washington Post, 17 septembre 2007.
[4] Collision Course, Praeger, 2005, p.xiii.
[5] Does America need a foreign policy ?, Simon and Schuster, 2001, p. 111.
[6] Le Grand Echiquier, Paris 1997, p. 59-61.
[7] Michel Collon, Attention, médias ! Bruxelles, 1992, p. 92.
[8] Michel Collon, Monopoly, - L’Otan à la conquête du monde, Bruxelles 2000, page 38.
[9] Michael Smith, La véritable information des mémos de Downing Street, Los Angeles Times, 23 juin 2005.
[10] McClatchy Newspapers (USA), 27 mars.
[11] Eva Golinger, Code Chavez, CIA contre Venezuela, Liège, 2006

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48 réactions à cet article    


  • jako jako 8 avril 2011 11:38

    Hé oui, sans les lunettes roses et le gaz qui va avec le monde est bien moins joli en effet.
    Je ne veux pas chipoter mais le missile de « croisière » français utilisé coute 3,2 millions de ros, une vingtaine auraient été utilisé déja...


    • HELIOS HELIOS 8 avril 2011 13:29

      Désolé de vous contredire, mais vous ne pouvez pas evaluer et dire qu’un missile de croiseure coute 3,2 Millions d’Euros !

      Il coute le prix des materiaux et des salaires des ouvriers qui ont été utilisés pour le fabriquer ce qui ne doit guerre depasser quelques milliers d’Euros.

      Vous n’avez pas le droit de dire que les investissements en recherche, les frais financiers divers et tout ce que vus pouvez imaginer rentre dans le prix CAR tout ce bazard est payé dans un contexte de permanence et de globalité et non pas a affecter a un missile.

      A titre d’exemple, quand vous utilisez votre vehicule, on vous dit que le km coute, mettons 2 euros. Là aussi c’est faux, il ne coute que le prix du carburant et la part relative a qq pieces d’usure. L’ammortissement, l’assurance etc rentrent dans des frais de possession qui courent quels que soient les km parcourus, exactement comme les frais d’etudes du missile ne peuvent rentrer dans celui qu’on envoie sur Khadafi.

      C’est aussi pour ce type de confusion que les verts nous expliquent qu’il est plus cher d’utiliser sa voiture que les transports en commun et qui calculent le prix du billet sur le (faux) prix que vous coute votre deplacement dans votre auto. Comme le calcul est faux, personne ne veut prendre le transport en commun au prix proposé !

      Votre raisonnement est absolument deformé par la vue finaciere qu’on nous impose pour justifier les facturations exhorbitantes de produits et services qui sont tres tres loin des valeurs reeles.

      Bonne journée a tous


    • jako jako 8 avril 2011 14:08

      Bonjour Helios
      Je m’excuse en effet, sur d’autre source le cout est estimé aux alentour de 850.000 ros mais bon , cette magie de technologie fabriquée en très peux d’exemplaires ( le SCALP ) à un cout en recherche très important. Ce qui m’importe pour le prix c’est que cela sort de la poche de l’ETAT et donc de la mienne et que tout cela se passe alors que l’on entend sans cesse « les caisses sont vides »


    • Gilbert Gilbert 8 avril 2011 14:25

      @ HELIOS

      Le coût d’un missile SCALP, commercialisé par MBDA est de l’ordre du million d’euros par unité. Vous confondez le coût de revient pour l’entreprise et le prix de vente du missile. Effectivement, pour que l’entreprise fabrique une missile supplémentaire, cela ne lui coûte que le prix des matières premières et de la production. Cependant, lorsque l’armée (et donc l’état, avec l’argent du contribuable) achète un missile, il le paie au prix fort, qui permettra à l’entreprise d’être profitable. L’état supportera donc les coûts de R&D et autre.

      http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/Libye-la-facture-des-missiles-de-croisiere-Scalp-s-eleve-deja-a-plus-de-neuf-millions-d-euros_a212.html


    • HELIOS HELIOS 8 avril 2011 18:37

      On est d’accord Gilbert sur la forme, pas sur le fond !

      Mon boulot consiste à monter des « programmes » ou des« projets »...
      je peux vous garantir que les etudes faites par MBDA (rappelons que cette boite est la descendante de l’aerospatiale, de Matra et d’autres) ONT ETE PAYEES déja par l’etat !

      Petit rappel :
      Quand les armées desirent qq chose, elles s’adressent a des enrtreprises qui vont faire des etudes de faisabilités, des etudes techniques (la conception, les demonstrateurs le premieres versions) QUI SERONT INTEGRALEMENT PAYEES. Normal, personne ne bosse pour rien !
       
      Il n’y a pas d’investissement de la part de ces entreprises, si ce n’est leurs bureaux de recherche qui rentrent dans le contexte de competence. En effet si on s’adresse a ces boites (MBDA), c’est qu’elles ont les competences pour faire les missiles (par exemple) et c’est cette recherche interne qui fait leur notoriété, leur competence et justifie la vente au client (l’armée) de ses ingenieurs pour les etudes (de ces missiles).

      Donc, si vous suivez bien, et par exemple, MBDA est une boite qui a des competences, qui VENDS DES ETUDES... et une fois les etudes terminées et payées, MBDA va fabriquer les missiles. Vous comprenez bien que l’etat a donc assumé tout l’investissement en etudes de ses missiles, et lorsqu’ils sont construits (par MBDA) on peut dtre schematiquement qu’il ne reste plus que ce prix de fabrication..

      Vous ne pouvez pas inclure ces investissements de l’etat dans le cout des missiles car c’est le boulot même de l’armée de faire faire ces etudes en plus de faire la guerre. Dans le cout des missiles, vous n’incluez pas le cout des pingouins de l’etat major, ni des majorettes sur les champs elysées au 14 juillet. Vous ne pouvez donc pas attribuer le prix des etudes que l’armée a demandé a diverses boites pour ses armes, car elle fait la son boulot normal.

      Et vous n’avez pas le droit non plus de dire que MBDA doit repercuter dans le cout des missiles le prix des etudes, vue que ces etudes ont déja été payéees une fois.

      En conclusion, je mainteins, même si le prix apparent est de 1 Million d’Euro l’unité, c’est soit un abus de la part de MBDA et dans ce cas une faute de la part des militaires qui passent le contrat et qui payent, soit une manipulation destinée a laisser croire au public que ces missiles sont hors de prix avec les suppositions que cela entraine...

      Le prix de ces missiles, en simplifiant a l’extreme se decompose en une « bombe » portée par un missile autoguidable et doté d’un GPS. La dedans combient pensez vous que cela doit couter ?


    • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 8 avril 2011 12:12

      Je suis parfaitement d’accord avec votre analyse, notamment sur les véritables raisons qui ont poussé les Etats-Unis à intervenir en Libye. Toutefois, cela n’empêche pas de se poser la question : « Que serait-il advenu de la Libye et des populations civiles des régions insurgées si on avait laissé Khadafi poursuivre sa répression ? » Il s’agit certes d’un alibi parfait pour les « interventionnistes », mais cette question méritait, je trouve, d’être mentionnée


      • joelim joelim 8 avril 2011 13:36

        +1. Dommage que l’article par ailleurs intéressant n’en parle pas.


      • Madoff Madoff 8 avril 2011 14:15

        Les rapports établissant que khadafi avait ordonné d’ouvrir le feu sur la foule ont été démentis , dans ces conditions comment pouvez vous faire la différence entre une insurrection et une guerre civile ?
        D’autant plus que les groupes ethniques opposés à khadafi l’ont toujours été depuis la chute de la royauté et la prise du pouvoir par Khadafi qui à l’époque était bien une révolution .
        Il y a même des rapports qui prouvent que durant l’exil de certains groupuscules , ceux ci était financé et entraîné par l’Arabie Saoudite avec la complicité implicite du gouvernement américain .
        On retrouve également des rapports établissant la présence dans le camp des insurgés d’agent de la CIA et d’agents d’Al Qaida ...

        Posez vous la question , est ce que maintenant Al Qaida est devenu un symbole de liberté et de démocratie au moyen Orient ? Tellement important que nous nous devons de les aider à vaincre l’armée de Khadafi ?

        Je m’y refuse , ce qui est excellent ce sont les gens à qui ont explique depuis des années que Al Qaida est une création de la CIA qui a orchestré le conflit de civilisation , et lorsque la preuve est sous leur yeux , qu’il est prouvé que l’empire s’est bien foutu de leur gueule , il signe et accepte de les aider militairement ...
        On marche sur la tête ... Il y a même des gens pour approuver...


      • Ouallonsnous ? 8 avril 2011 18:07

         « Que serait-il advenu de la Libye et des populations civiles des régions insurgées si on avait laissé Khadafi poursuivre sa répression ? »

        C’est une excellente question, mais on peut d’emblé tabler sur un arrêt de la gravité de la « répressioon », si toutefois il y avait réellement répression, (dans un état totalitaire et dictatorial, bien difficile à discerner ; les médias des agresseurs ayant beau jeu à fabriquer de la répression aux yeux de ceux qui ne vivent pas en Lybie) à partir du moment où ont ne fournissait pas 50 000 mercenaires recrutés pour le compte de Khadafi par la sté israélienne GLOBAL CST.

        Tout cela semble une fois encore une colossale intoxication de l’opinion publique mondiale par les éternels fauteurs de guerre et colonialistes que sont les anglo-USraéliens et leurs « laquais » de l’UE !


      • joelim joelim 8 avril 2011 18:51

        Posez vous la question , est ce que maintenant Al Qaida est devenu un symbole de liberté et de démocratie au moyen Orient ? Tellement important que nous nous devons de les aider à vaincre l’armée de Khadafi ?

        Justement c’est une façon de rompre avec le choc des civilisations. 

        Ce n’est plus : la nébuleuse (bien nommée) Al-quaeda d’un côté, et l’occident beau-parleur de l’autre.

        D’ailleurs les néo-cons sont plutôt contre. Justement car ça brouille la lisibilité de leur « chorale de marche » (j’entends par là le chœur médiatique géré par les industriels et financiers).

        Certes les EUA (qui sont l’OTAN) n’auraient pas du s’en mêler. Il faudrait qu’un jour il n’y ait plus une botte de GI en dehors de leur cher pays. Juste pour remettre les compteurs à zéro. En pénitence des deux guerres dont ils ne veulent pas économiquement se passer. Et oui des guerres économiques. Ce furent les premiers pas du IIIe millénaire. Espérons que de cette fumure renaîtra quelque chose.

        Et nous devions-nous y aller ? Au niveau des principes (que nous disons représenter droits de l’homme et tout ça) pouvions-nous ne pas répondre à tel appel, vu le contexte... Mais pour moi répondre ce n’est pas attaquer mais défendre.

        Sinon j’ai du mal à croire qu’une cabale pour renverser Kadhafi a été fomentée AVANT les révolutions arabes commencées en Tunisie en décembre 2010, donc bien après octobre.

        Quant à l’uranium appauvri, c’est aux EUA de se justifier. Il est très étonnant qu’aucun media ne leur demande : combien d’UA ont été amenés, déversés ou pulvérisés en Libye ? Et en Irak ? et au Kosovo ? et en Afghanistan ? Etc etc. Les médias français sont peu curieux de nature. smiley 

      • Bélial Bélial 8 avril 2011 14:30

        Très étrange cette interview dans laquelle Zbigniew Brzezinski l’homme de la stratégie d’armer les talibans contre l’URSS et du tittytainment (voir wikipédia) passerait presque pour un gentil (comparé aux néoconservateurs).
        Très étrange ce mélange d’idéalisme (America doit guider le monde vers la paix la justice l’amour les gros 4x4 et la démocratie) et de pragmatisme tout empreint de realpolitik (laisser faire les émirs au Bahrein et en Arabie Saoudite... et faire de la géostratégie en Lybie)


      • criticaldistance 8 avril 2011 12:19

        Un Américain s’exprimant dans un documentaire sur Kadhafi diffusé récemment disait qu’une intervention en Libye (la précédente) était l’occasion d’envoyer un message à peu de frais (militaires) .

        Il y a plusieurs sortes de clivages : Etats amis, incontrôlables, ou ennemis ; Etats démocratiques, autoritaires, ou totalitaires ; Etats non dangereux, ou militairement menaçants, avec ou sans risque de guerrilla, ou terroristes ; Etats aux ressources naturelles importantes, moyennes, ou faibles .

        La Libye est un Etat autoritaire incontrôlable ex ennemi non menaçant aux riches ressources naturelles, d’où l’intérêt d’une intervention, alors que Kadhafi a irrité la France et qu’une guerre juste améliorerait l’image du gouvernement .

        Chine et Corée du Nord sont hors d’atteinte .

        Une intervention en Iran serait difficile .

        L’Arabie saoudite est un Etat intégriste ’ami’ aux riches ressources naturelles, ainsi que Bahreïn .

        La Birmanie a été blanchie par Kouchner !

        En Syrie, au Yémen, comme au Darfour, il y a moins de ressources naturelles .

        L’Irak était comme l’est la Libye un Etat autoritaire incontrôlable non menaçant (après la première guerre du golfe) avec de riches ressources naturelles .


        • Bélial Bélial 8 avril 2011 14:16

          "

          Il y a plusieurs sortes de clivages : Etats amis, incontrôlables, ou ennemis ; Etats démocratiques, autoritaires, ou totalitaires ; Etats non dangereux, ou militairement menaçants, avec ou sans risque de guerrilla, ou terroristes ; Etats aux ressources naturelles importantes, moyennes, ou faibles . "

          = l’axe du bien, l’axe du mal, l’axe du pas trop mal et l’axe du peut mieux faire.


        • le folisophe le folisophe 8 avril 2011 12:20

          merci MONSIEUR COLLON, vous etes a l’information ce que le decodeur est a Canal plus, l’abonnement en moins.


          • Jean-Fred 8 avril 2011 12:27

            Merci pour ce brillant exposé ! J’espère que d’autres médias se joindront à Agoravox pour diffuser largement votre article.


            • Emmanuel Aguéra LeManu 8 avril 2011 18:09

              Comme dit l’auteur lui-même, il n’a fait que compiler des éléments déjà publiés de manière disparate : Je dois avouer que même en n’ayant rien appris de nouveau, le simple exposé , si bien articulé, de trous ces éléments reliés les uns aux autres fait clairement apparaître la logique géostratégique, pour ne pas tout simplement l’appeler « coloniale » de l’action de Sarkobama.
              Excellent travail de synthèse, des révoltes de Bengazi en 2006 jusqu’à l’article récent du Libero (traduction ici) (original ici : pdf), l’article est complet, et, cohérent, il permet une vision globale (à tous les sens du terme) de « l’affaire » libyenne.

              Bravo à un auteur qui ne s’en laisse pas conter - Je partage illico.
              Manu

              PS : à quand la même chose sur le sanglant putch de Sarkobama en Côte d’Ivoire, les boucheries passées, présentes et avenir qu’il a et qu’il va entrainer... pour combien d’année ?


            • tinga 8 avril 2011 12:37

              La gauche européenne est un leurre, elle n’existe pas, on le voit bien pour toutes les grandes décisions, comme l’entrée en guerre de notre pays, gauche et droite sont les doigts d’une même main, la gauche c’est pour faire croire à quelques naïfs qu’il y a une opposition, mais l’agression contre la Libye montre bien que ces ordures partagent le même agenda. 


              • L’Etna 8 avril 2011 13:22
                Très bon article.
                La stratégie est toujours la même : surfer sur un vague d’émotion, pour faire accepter l’impossible c’est à dire la guerre.Est ce que l’opinion aurait réagi pareil si on nous avez dit « nous attaquons la Libye car ce pays recèle une des plus grande reserve pétrolière du monde, et qu’il serait possible d’armer et de soutenir des clans opposes à Kadhafi pour à moyen terme soit s’emparer du pétrole soit en obtenir un meilleur prix ».
                Car il semble maintenant que ces révolutionnaires n’était que des clans ou faction opposées au général et non un peuple unis contre la dictature.
                Et même si ça avait été un peuple unis pour la démocratie est ce qu’il faut pour cela les aider militairement, ou plutôt les laisser faire totalement leur révolution avec ce que cela engendre comme sacrifices ?
                Enfin si nous intervenons c’est surement pour d’autres raison qu’un coup de pouce vers une démocratie.




              • Defrance Defrance 8 avril 2011 14:41

                Vus avez parfaitement raison, et aux USA ils sont parvenu a avoir deux blocs soit disant opposés appelés DÉMOCRATE pour l’un et RÉPUBLICAIN pour l’autre ! comme si un démocrate ne pouvait pas etre aussi républicain et l’inverse ?

                 


              • Ariane Walter Ariane Walter 8 avril 2011 21:21

                Tinga, j’aime votre expression, très juste : les doigts d’une même main.


              • Yoann Yoann 8 avril 2011 13:02

                Excellent article Mr Michel Collon, merci pour ce rare moment de lucidité dans ce monde de brutes ...


                • tvargentine.com lerma 8 avril 2011 13:37

                  Le mouvement de libération des masses en sachant les tyrans et dictateurs a commencé avec la révolution tunisien

                  KADHAFI est le 1er tyran qui utilise les armes contre son peuple au lieu de quitter le pouvoir avec les valises pleines d’argents

                  Oui la révolution des résistants face à la dictature du tyran est légitime et il faut arrêter de voir la main des européens ou des américains,à chaque fois qu’un arabe exprime sa légitime revendication de liberté...comme vous en France..

                  http://www.tvargentine.com


                  • dom y loulou dom y loulou 8 avril 2011 23:25

                    "KADHAFI est le 1er tyran qui utilise les armes contre son peuple au lieu de quitter le pouvoir avec les valises pleines d’argents"

                    dites lerma, vous avez reçu combien de vaccins ? parce que je me souviens très bien de vos diatribes contre le boucher de bagdad qui utilisait d’horribles armes rothschild contre les kurdes... oui Saddam... oui pas sa dame...

                    oublié ?

                    les grands stratèges de la FED americaine et londonienne en sous-papes... aiment manifestement resservir les mêmes plats avariés pour pousser plus loin l’ABOMINATION.


                  • Robert GIL ROBERT GIL 8 avril 2011 13:40
                    Pourquoi les occidentaux ont attaqué la Libye quand ils n’ont pas bougé ni en Tunisie ni en Egypte, ni en Côte d’Ivoire, ni à Gaza... ? Là est la question !

                    Kadhafi n’est pas qualifié de dictateur parce qu’il fait tirer sur la foule. Il se passe la même chose en Arabie Saoudite, au Bahreïn et dans d’autres pays que nous soutenons, et les dirigeants de ces pays reçoivent tous les honneurs de l’Occident. Kadhafi est un dictateur parce en 1969 il a nationalisé le pétrole libyen.

                    Le gouvernement de transission deja reconnu par Paris, est composé uniquement de personne ayant des rapports etroit avec l’occident ou ayant fait leur etudes aux USA !
                     

                    • Defrance Defrance 8 avril 2011 14:21

                      Bravo Monsieur Collon,

                      Il y a aussi, a mon humble avis la Publicité pour le matériel que la France et la Suede tentent de vendre au Bresil ? Avez vous remarqué que les Suedois qui avaient laissé libre cours aux démonstration des Rafales et ont ensuite envoyés six Grippen ? De leur coté les anglais ne parlent que des exploits de leurs appareils ce qui montre bien que l’alibi de la guerre de protection passe au minimum au second rang.
                       Pour ce qui me concerne je pense que l’intervention est arrivée trop tard pour être vue comme un acte de protection, l’ONU est une machine qui met trop de temps a se mettre en branle et Kaddafi aurait pu tomber très vite une semaine plus tôt ?

                       Les règlements de l’ONU devraient être revus pour interdire le droit de véto aux fournisseurs d’armes qui sont présentes sur le champs d’opération ?? Ex les Russes ne souhaitaient pas que le monde entier voit ses T55 s’ouvrir comme de vulgaires boites de conserves ?

                       Cela dit Kaddafi n’était pas plus dangereux que bien d’autres a condition de le tenir a distance plutôt que de le recevoir sous sa tente dans les jardins de l’Élysée ? A ce propos il eut été facile de l’arrêter a cette période...... mais il avait annoncé l’achat de rafales, alors le business a pris le dessus !! 


                      • dom y loulou dom y loulou 8 avril 2011 14:51

                        le congrès amerloque, sous l’oeil avisé du prix nobel de la paix (sic) a enclenché une loi qui permet aux USA les meurtres commandités sur « toute personne peut-être liée à des activités terroristes, à l’étranger comme aux USA »

                        formidable le 4ème Reich n’est-ce pas ?

                        en tous les cas les nouvelles photos divulguées de Libye qui « prouvent la brutalité du régime kadhafi » ne signifient rien, les rebelles al kaida de benghazi, lourdement armés par les grands dieux, ont tout aussi bien pu les faire et les étaler là au moment opportun.

                        de toute façon les GIs vont devenir schizos car là-bas ils doivent combattre al kaida et là « aider » al kaida en bombardant leurs ennemis... ils vont pêter une diurite je penses.

                        et nous aussi si nous pensons que les merdias nous disent quoique ce soit d’autre que des mensonges qui servent les intérêts sionistes unilatéraux.


                        • Tristan Valmour 8 avril 2011 14:53

                          Bonsoir Michel Collon

                          Article intéressant mais assez partial. Permettez-moi alors de tenter d’être objectif.

                          Je crois qu’il n’y a jamais eu dans toute l’histoire de l’humanité d’Etat non expansionniste. Et on pourrait sans doute affirmer la même chose au sujet des religions et autres idéologies. Alors, peut-on reprocher aux US autre chose que de réussir là où les autres ont échoué ? Et a qui imputer la faute ? Moi, je l’impute aux dirigeants de chaque pays qui trahissent les intérêts des leurs, ni aux US ni à Israël. Lorsque la France avait une voix indépendante, et les moyens de la faire entendre, elle était respectée. Mais de Gaulle n’est plus, et n’a eu comme successeurs que des traîtres et des gens guidés par leur seule ambition personnelle.

                          La seule guerre juste est celle que l’on mène pour défendre ses terres. Toute autre guerre, même animée des meilleures intentions du monde ne peut être qualifiée de juste ; elle est toujours trouble. Et dans toute guerre, ce sont toujours des pauvres malheureux, dans les deux camps, qui meurent, civils et militaires.

                          Il faut distinguer les politiques américaines et israéliennes des américains et des israéliens, au risque que se constituent des amalgames dont pourraient souffrir les peuples américains et israéliens dont la valeur et le droit à vivre une vie digne et humaine ne sont pas moindres que les nôtres.

                          Même si la politique américaine est interventionniste, je ne vais pas pleurer sur le sort de Khadafi qui n’est pas connu pour être un grand démocrate, et qui a causé de grands torts à la France. D’autre part, je suis intimement convaincu qu’un dirigeant qui aurait le soutien de son peuple, c’est-à-dire qui mènerait une politique selon le principe de l’intérêt général, et qui communiquerait sincèrement avec son peuple, ne craindrait pas les ambitions américaines. Mieux encore, ce dirigeant pourrait être montré en exemple et inspirer les opinions publiques américaines et israéliennes. Mais, comme nous pouvons le constater, ce sont souvent des dictateurs qui sont pris pour cibles.

                          Il y a certes deux poids deux mesures, mais les choses ont toujours été ainsi en politique. Si je condamne également l’intervention de l’Etat d’Israël à Gaza et suis horrifié par le sort des Palestiniens, il ne faut pas oublier ce qu’ont subi les Juifs tout au long de l’histoire de l’humanité. Jamais on ne devra oublier qu’aucun autre peuple (je mélange sciemment religion et peuple) n’a subi autant d’affres pour ce qu’il est que le peuple Juif. Ce, de l’antiquité jusqu’après la seconde guerre mondiale. Certes, les Noirs et les Indiens d’Amérique ont aussi éprouvé un génocide – et en la matière il ne saurait y avoir de moins mauvais génocide -, mais c’était dans l’objectif de s’approprier leurs richesses.

                          Dans toutes ces affaires, il y a au final un seul coupable : le désir atavique de spolier et dominer autrui. Triste humanité.


                          • criticaldistance 8 avril 2011 15:35

                            commentaire maladroit, la fin enlève toute crédibilité, en hiérarchisant les drames, en confondant des juifs et les juifs

                            des juifs sont morts dans des conditions atroces, d’autres juifs colonisent un territoire en violation du droit international

                            de quoi la surreprésentation des juifs dans les media, chez les banksters, est-elle le nom ?

                            une société oligarchique, néo-féodale




                          • criticaldistance 8 avril 2011 15:26

                            il faudrait aussi une critique du rôle de l’histrion BHL  smiley


                            • spartacus le vrai pas l'autres !!! spartacus 8 avril 2011 15:31

                              Nos modes de consommations et nos impots nous rendent complices de tous ces massacres perpétrés au nom du « bien » .
                              Nous seul moyen de pression sur le système et de boycotter toutes marques soutenant les projet du NWO.
                              refuser que nos impots servent à erradiquer toutes forme d’opposition à l’oligarchie mondiales pour lesquelles travaillent avec zele nos politiques.
                              Sans une action de masse, nous ne pourrons jamais renverser le processus.

                              Réflection utopique, je sais.

                              il sera bientôt trop tard pour une quelconque réaction d’indignation et d’opposition.

                              j’ai bien peur que le point de non retour est franchi.

                              La gouvernence mondiale est en marches et bientôt opérationnelle.

                              après toutes éliminations ds opposition qui perdurent dans le monde, ils viendront s’occuper de ceux qui pensent autrement ne seraissent que par leurs écrits, c’est à dire nous !!!!!

                              « SEDITION »


                              • Lisa SION 2 Lisa SION 2 8 avril 2011 15:42

                                Bonjour monsieur Collon, vous m’avez convaincu, me voilà collonniste !

                                J’ai suivi avec plaisir votre intervention chez Taddéi et j’ai aimé le courage dont vous faisiez preuve d’engager le débat sur un voie vierge, totalement infréquentée, où personne n’était prêt à vous suivre, mais vous avez été net et convainquant, déclarant que depuis toujours la presse n’est que la voie de son maitre, voilant les faits graves et occultes derrière des petits faits divers dont on peut affirmer malheureusement eux seuls sont véridiques. vous êtes gagnant en ce sens, qu’aucun de Vos contradicteurs ce soir là n’a été plus convainquant, depuis le doute les gagne j’en suis sur !

                                ravi de vous savoir sur Agoravox. L.S.


                                • boris boris 8 avril 2011 15:46

                                  Torcher le cul merdeux des dictateurs peut effectivement paraître louable, dans le même temps l’empressement a dérouler le pq est toujours suspect.

                                  En ce qui concerne Kadhafi ce qui est troublant c’est que son pays n’a pas tant de pétrole que ça, contrairement a ce qui a été dit un peu plus haut, ses réserves pétroliféres ne représentent que de 2% des réserves mondiales.

                                  Les US se pré-positionne dans le secteur car d’autres pays voisins détiennent aussi le précieux liquide noir et puis ça rapproche de l’Iran.

                                  Quant à Sarko, c’est un mix, côte de popularité en baisse, financement occulte, agitation pro atlantique, imitation caractérisée pour faire comme les grands.


                                  • Marc P 8 avril 2011 16:26

                                    En effet, un grand merci Monsieur COLLON !

                                    « Mais les insurgés libyens et les Occidentaux ont refusé cette médiation. Pourquoi ? « Parce que Kadhafi n’est pas de bonne foi », disent-ils. »

                                    C’est il me semble un peu court pour être vrai ou être suffisant... Aussi n’y a-t-il pas une raison inavouable mais décemment recevable à ce refus ?

                                    Je m’autorise encore à l’espérer...

                                    Car une « no flight zone » même avec des interventions aériennes ou maritimes air-sol ou mer sol ne semblaient pas suffir pour renverser Khadafi avec pas ou peu de victimes... Le choix de la guerre a du quand même être sérieusement sous-pesé... Toutefois le cynisme des puissants n’est pas non plus à exclure...

                                    Cordialement.

                                    Marc P


                                    • Madoff Madoff 8 avril 2011 17:00

                                      Quelqu’un pourrait nous faire l’analyse du drapeau constamment brandi par les « insurgés » lybiens ( bon on ne compte pas agents de la CIA et Al Qaida sinon on va être confus )

                                      Merci par avance ,


                                      • Loatse Loatse 8 avril 2011 21:40

                                        @Madoff,

                                        Il s’agit du drapeau de l’ancienne monarchie lybienne dirigée par Idris 1er.
                                         
                                        Il dérive du drapeau de la Cyrénaïque, dont le roi Idris était Emir . Noir avec croissant et étoile, il était inspiré de celui de l’Empire Ottoman (auquel appartenait le territoire libyen jusqu’au 18 octobre 1912 où il fut cédé à l’Itale Les bandes rouge et verte furent ajoutées pour représenter le Fezzan et la Tripolitaine.

                                         


                                      • Madoff Madoff 12 avril 2011 15:19

                                        Merci Loatse

                                        En gros on défend des démocrates monarchistes si j’a ibien compris ?

                                        C’est bien ... Continuons dans la logique c’est parfait :)


                                      • Montagnais Montagnais 8 avril 2011 17:25

                                        Excellent article.


                                        C’est BHV qui va pas être content !

                                        Déjà qu’il vous traite de cul de plomb, d’imbécile, de Munichois, d’autres noms d’oiseaux.. 



                                        • Hijack Hijack 8 avril 2011 17:30

                                          Excellente analyse de M. Collon, comme d’habitude !

                                          Rien d’autre à ajouter, tout est dit !

                                          http://www.michelcollon.info/


                                          • francis francis 8 avril 2011 18:35

                                            Excellente analyse de Mr collon, c’est vraiment cela.

                                            Mais, d’autre part, je suis surpris de la qualité des commentaires de nos amis internautes.

                                            Chapeau bas donc !

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