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Accueil du site > Actualités > International > Coups d’états libéraux... Coups de Maître de Guerre privée

Coups d’états libéraux... Coups de Maître de Guerre privée

Nous assistons depuis quelques années à l’émergence de quelques grosses sociétés militaires privées, intervenant sur tous les conflits armés dans le monde. Les noms de Blackwater, Halliburton, Caci International, Titan Corporation, DynCorp ou bien encore Global Risk ne vous disent peut-être rien. Ce sont des entreprises américaines, sud-africaines ou britanniques de mercenaires qui offrent leurs services aux états. Ainsi en Bosnie, en Irak, en Afghanistan, mais également en Afrique et en Amérique du sud, de nombreux « barbouzes », employés de ces sociétés font la guerre à la place des armées régulières de leurs commanditaires, les nations occidentales ayant drastiquement réduit leurs effectifs ( entre 1987 et 1997 les armées américaine, russe, française et britannique, ont fondu de 4,2 à 1,2 million de bidasses). Au cours de la dernière décennie Washington a signé plus de 3.000 contrats avec ces sociétés pour plus de 300 milliards de dollars

Et pourtant les scandales se succèdent dans un silence médiatique presque...assourdissant !

En voici deux exemples :

En Bosnie, des mercenaires embauchés en Bosnie par la société américaine DynCorp sont impliqués dans une affaire de trafic d’armes, de racket et de prostitution. Lorsque l’affaire est rendue publique, les protagonistes sont simplement licenciés ! Aucune poursuite n’est engagée, ni contre eux, ni contre les responsables de cette société.

En Irak, des employés de deux sociétés militaires privées sont accusés d’avoir organisé des actes de torture à la prison d’Abou Ghraib mais échappent aux sanctions. (contrairement aux militaires réguliers américains).

Les réels avantages pour les états commanditaires ne sont pas nombreux mais de taille : ces mercenaires ne sont pas comptabilisés dans les pertes et peuvent effectuer des opérations militaires ne respectant aucune convention sans impliquer le donneur d’ordre et en évitant les contrôles parlementaires..., pourtant chers payés par les contribuables, bien plus cher que les économies réalisées par les officielles coupes dans les effectifs.

Ces armées privées encaissent des sommes colossales et font un lobbying impressionnant, dispensant des milliards de dollars auprès des partis politiques aux États-Unis et ailleurs. Juste à titre d’exemple, Dick Cheney, l’ancien bras droit de Bush était également l’ancien P.D.G. d’ Halliburton...

Alors quand ces sociétés offrent leurs services à intérêts privés colossaux (pétrole, uranium, matières premières), pour de la surveillance et de la protection, voire davantage, on peut légitimement se poser la question de savoir qui peut contrôler ces armées privées et avec quels moyens ? En cas de dérapage il sera très difficile aux États-Unis (exemple pris au hasard !) de mener une procédure légale puisque les dossiers cachés et sulfureux sont l’essence même de cette industrie.

Leurs missions vont du conseil à une participation directe aux interventions militaires, en passant par la formation, le soutien logistique, le déminage, la fourniture de matériel, l’évaluation des risques et de l’environnement, le renseignement, la protection du personnel diplomatique et des infrastructures. Contrairement à une idée reçue, 80 à 90 % de leur chiffre d’affaire concerne la logistique au sens large et seulement 10 à 15% touche des missions sécuritaires ou militaires.

DynCorp est directement impliquée dans la lutte contre le trafic de drogue en Colombie. D’autres sociétés implantent actuellement des forces impressionnantes, toujours en Colombie, pour se préparer à retirer une énorme épine du pied de l’oncle Sam en la personne d’Hugo Chavez (victimes de plusieurs tentatives d’assassinats, probablement financés par la CIA...). Le coup d’état réussi contre le président du Honduras a été mené par qui et avec quels moyens ? Guantanamo est une prison militaire construite et gérée par Halliburton et les interrogatoires ont été menés par des employés de Titan.

Tous les responsables politiques s’accordent à dire qu’il est nécessaire de légiférer en la matière mais rien n’est fait depuis plus de dix ans. Devant ce silence et la passivité des instances internationales, y compris de l’ONU, la Suisse a proposé en 2007 de soumettre le mercenariat privé au droit international. Malgré plusieurs réunions, rien de concret n’est à ce jour en place et le vide juridique en la matière est maintenu au nom de la lutte contre le terrorisme.

Et cela ne va pas sans poser une énorme interrogation : les lobbies financiers seront ils, prochainement, en situation de mener une guerre en toute indépendance ?

 

Article paru dans Le Lot en Action mag n°01


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26 réactions à cet article    


    • deor deor 20 octobre 2009 11:42

      Etant (pour la plupart) français, il faut surtout nous interesser, je pense, aux agissement des armées privées ou non, de notre pays, il me semble.

      Ainsi, je vous conseille la lecture de ces deux livres, des Dossiers Noirs édités par Survie :

      Chez nous aussi, on a recours aux mercenaires, et depuis longtemps.

      • Ahlen Ahlen 20 octobre 2009 11:57

        La meilleure façon de lutter contre les sociétés militaires privées, que personne ne veut ou ne peut toucher, est justement de les multiplier et tellement que la concurrence les ruineraient ou qu’elles s’entretueraient ! A moins de réhabiliter la mafia à cet effet, si ce n’est déjà fait. C’est la lâcheté qui est à l’origine de ces phénomènes !


        • Manfred Manfred 20 octobre 2009 12:14

          Merci pour cet article. C’est vrai que l’on soulève que trop peu ce problème, et peu de gens sont au courant de cette réalité.


          • ZEN ZEN 20 octobre 2009 12:40

            Merci pour cet article
            Il est nécessaire d’y revenir souvent
            Une contribution déjà ancienne


            • morice morice 20 octobre 2009 16:09

              On pourrait se donner une chance d’apprendre les pourquoi et les comment du plus grand « foirage » de l’histoire 


              c’est ce qu« on vous explique ici depuis deux ans : vous avez le neurone lent... on vient de vous dire que c’est un VietNam bis : ce n’est donc pas le »u plus grand « foirage » de l’histoire " mais une REPETITION d’une histoire dont on a pas tenu compte : c’est si dur que ça à comprendre ou vous le faites exprès ici ?

            • ELCHETORIX 20 octobre 2009 14:24

              ces armées privées sont les « chevaliers modernes » du NOUVEL ORDRE MONDIAL
              que veulent imposer les banquiers de la haute finance internationale et leurs sbires politiques néo-conservateurs + les capitaines d’industrie des multinationales dont le budget dépasse celui de certains états.+ leurs valets du monde des médias.
              Votre article est intéressant et réaliste .
              Il va de soit que , comme , le monde musulman ( les peuples , pas leurs dirigeants )
              ne veulent l’instauration du NOW ( inspiré par les «  élites » mondiales qui se réunissent , une fois par an dans des forums "secrets comme le BILDEBERG ,et le CFR + THE COUNCIL OF FOREIGN RELATION ).


              • Le péripate Le péripate 20 octobre 2009 14:56

                Ce serait une ironie de l’histoire si les politiques qui ont poussé les États à s’occuper de tout en les ruinant en faisaient des « États anti-régaliens », abandonnant armée, police, justice.... puisque ayant trop à faire ailleurs.

                Mais on peut parfaitement imaginer qu’un géant comme Microsoft ait les moyens de s’offrir une armée. Les moyens. Mais pour faire quoi ? Microsoft vous braque-t-il une arme sur la tempe pour vendre ses produits ? Pensez vous que son chiffre d’affaires serait augmenté s’il procédait ainsi ? smiley

                La plupart des citoyens ne voient aucun inconvénient à mutualiser leur sécurité par une police nationale ou des services privés. On se demande pourquoi il ne pourrait pas en être pareil pour des États concernant leur sécurité collective.


                • morice morice 20 octobre 2009 16:11

                  La plupart des citoyens ne voient aucun inconvénient à mutualiser leur sécurité par une police nationale ou des services privés. On se demande pourquoi il ne pourrait pas en être pareil pour des États concernant leur sécurité collective.


                  je me demande si vous sortez de chez vous : « La plupart des citoyens » dites-vous ? Ça fait combien de temps que vous n’en n’avez pas vu ?

                • Le péripate Le péripate 20 octobre 2009 16:17

                  Et toi, tu chausses du combien ?


                • sisyphe sisyphe 21 octobre 2009 08:13

                  Par Le péripate (xxx.xxx.xxx.211) 20 octobre 14:56

                  "Ce serait une ironie de l’histoire si les politiques qui ont poussé les États à s’occuper de tout en les ruinant en faisaient des "États anti-régaliens", abandonnant armée, police, justice.... puisque ayant trop à faire ailleurs.« 

                  Nouveau mensonge, nouvelle contre-vérité !

                  Ce n’est pas de »s’occuper de tout« qui ruine les états ; ce qui ruine les états, c’est ce putain de libéralisme d’enculé, qui a retiré le pouvoir de création monétaire aux états, et l’a refilé aux banques et usuriers privés divers, provoquant les dettes des états, les obligeant à, au contraire, rogner sur tous les services publics, les salaires, les effectifs, dans tous les domaines (éducation, santé, ET militaire), et qui a donc permis l’émergence de ces saloperies d’armées privées, qui coûtent, évidemment, une fortune aux états et aux citoyens.

                  Par ailleurs  » la plupart des citoyens ne voient aucun inconvénient à mutualiser leur sécurité par une police nationale ou des services privés«  : encore un amalgame confusionniste bien dégueulasse, comme le péripate en produit régulièrement.

                  Mêlant, mine de rien, la police nationale aux »services privés« pour »la plupart des citoyens !

                  Pauvre imbécile, va ; la plupart des citoyens font appel à des services privés pour leur sécurité ? Tu prends tes petits copains exploiteurs, requins et vautours, qui s’enferment dans leurs marinas privées, contr^lées par des milices, pour « la plupart des citoyens » ?

                  Décidément, ce sinistre individu est une véritable engeance, dont chaque intervention, sur quelque sujet que ce soit, est une atteinte permanente à la dignité humaine.

                  Sinon, merci à l’auteur pour cet article nécessaire, qui montre quelles dérives de plus en plus monstrueuses produit la privatisation du monde imposée par le capitalisme libéral ; entre autres, bien sûr...


                • Le péripate Le péripate 21 octobre 2009 08:29

                   smiley Je me demande si la place de l’État, qui était au maximum de 15/20 % du PIB au début du siècle, en est maintenant entre 40 et 55%, ne représente pas un accroissement de son rôle, malgré les bêlements de la moule coprophage ci dessus.

                  Mais c’est bien fait. Les cons auront ce qu’ils méritent.


                • sisyphe sisyphe 21 octobre 2009 09:48

                  Qu’est-ce qu’il vient essayer de nous embrouiller avec ton PIB, l’autre débile ?

                  PIB où, comme chacun le sait, sont comptabilisés les conflits, les accidents de la route, du travail, les GUERRES, etc, etc ;.. EN PLUS, bien sûr.... En plus, un calcul bidon, incluant les deux guerres mondiales : trop fort !

                  L’important étant, évidemment, la RÉPARTITION du produit du PIB ; entre le travail (salaires, charges salariales) et le capital (charges patronales, bénéfice, versements aux actionnaires, investissements, etc..).

                  Or, on sait que depuis une vingtaine d’années, cette répartition a amputé le travail de 10% au bénéfice du capital.

                  Par ailleurs, on répète pour les idiots malcomprenants, mais les dettes des états sont l’effet du transfert du pouvoir de création monétaire des états vers les banques et usuriers privés, ce qui grève totalement les budgets des états, au détriment de son rôle régalien ET de services publics.
                  Si c’étaient les états qui coninuaient à créer l’argent ; non seulement, ils n’auraient pas de dettes, mais, en en prêtant aux banques et divers usuriers privés, ils en tireraient des bénéfices, qui pourraient profiter aux services offerts aux citoyens.

                  Mais allez faire admettre ça à un facho-libéral accroché à son idéologie moisie comme un bigorneau à son rocher....


                • Montagnais Montagnais 20 octobre 2009 15:07

                  La France n’est pas en reste, par exemple

                  http://www.ifs2i.com/index.php?/IFS

                  Quant à la Haute finance, elle peut s’offrit un milliard de soldats vu que, comme le rappelait Ersnt von Salomon, les soldats sont toujours là, innombrables, presque gratuits et sans plus de nations aujourd’hui.

                  Si un jour son jeu de bonneteau est contesté, cette Haute finance, elle fera régner l’ordre par les armes.. C’est d’ailleurs déjà ce qu’elle fait.


                  • manusan 20 octobre 2009 15:27

                    Des centaines de sociétés et pour l’instant un seul client, les US.

                    Le marché va se mondialiser c’est certain, on peut déjà imaginer des groupes terroristes facturant aux sociétés mercenaires en pétrodollars. Voir plus drôle, d’anciens terroristes islamiques reconvertis chez black-water.


                    • deor deor 20 octobre 2009 16:35

                      « Des centaines de sociétés et pour l’instant un seul client, les US. »

                      Désolé, mais de Bob Denard à Paul Barril, plus récemment (au Rwanda notamment), nous n’avons rien à envier aux USiens...

                      Le mercenariat a toujours été un business très international.


                    • Manfred Manfred 21 octobre 2009 01:31

                      On peut aussi imaginer des entreprises qui délocalisent pour avoir des mercenaires moins chers... Aller en Inde où les mercenaires sont plus rentables, font plus de gardes, et plus de mission, pour un salaire moins conséquent...


                    • ASINUS 21 octobre 2009 09:56

                      déja fait les gurkhas nepalais assurent la logistique et les gardes statiques en afstan
                      pour le compte des boites privées, 4 ex gurkhas pour le prix d un ex sas


                    • morice morice 20 octobre 2009 16:14

                      « Des centaines de sociétés et pour l’instant un seul client, les US ».


                      faux, ce n’est pas le seul pays à y gagner....

                      « Voir plus drôle, d’anciens terroristes islamiques reconvertis chez black-water. »

                      ah tiens, chez vous ça ne marche que dans un seul sens.... pour dire une telle ânerie, faut ignorer qui est Eric Prince.... renseignez vous avant de sortir des bêtises !!! 




                      • soi 20 octobre 2009 19:00

                        C’est comme ça qu’il y a eu la guerre de 100 ans :les rois de France et d’Angleterre voulaient arrêter la guerre ,mais les mercenaires, eux, n’ont pas voulu arrêter.


                        • Le péripate Le péripate 20 octobre 2009 19:32

                          Ceci dit, j’aime bien cette idée de « coup d’état » libéral. On peut en trouver une description dans la « Révolte d’Atlas » d’Ayn Rand. Dans ce livre, les producteurs, loin de lever une armée, font sécession, et disparaissent dans les Rocheuses. Bilan, petit à petit tout s’arrête. C’est la Révolution libérale.


                          • moebius 20 octobre 2009 22:02

                             trés trés bonne référence


                            • moebius 20 octobre 2009 22:23

                              ..........mais toute les révolutions ne sont’elle pas des révolutions libérales, du moins dans le sens strict du terme. La révolution française, hébertiste et celle qui la suit , bolchévique sont des révolutions « libérales » On ne fait pas prioris des révolution pour étre moins « libres », libre de quoi ?..... Mais de quoi voulons « nous » nous libérer et surtout qui est donc ce « nous » qui ne nous comprend pas ou plus et que nous nous efforçons de regagner parfois dans la pire des veuleries qui vaut des courages ?
                               Dites mois donc, qui est ce donc ?
                              C’est la seule question qui mérite d’étre posé ici sur agora... un site d’opinion... And dites moi donc à moi adonc qui suis là, pourquoi toute ces individualités aussi interressantes qu’elle soient, dans leur punctitutes variés ne parviennent jamais à faire du nous sans parvenir toute fois a faire du « je »....à mon sens à nous de vous à moi... Voila l’heure de me défenestrer, je vous quitte....adieu


                              • kalon kalon 20 octobre 2009 23:06

                                Un 3éme avantage à employer des mercenaires, et non des moindres, est qu’il n’est pas nécéssaire de leur parler de patriotisme, l’argent suffit à leur motivation.
                                En outre, les armées conventionnelles occidentales ne sont pas trés motivées dans l’idée de tirer sur leur concitoyens.
                                La psycologie de nos corps d’armée conventionnels n’est plus de mise dans les nouveaux conflits.
                                Ainsi, je pense que les centres de torture ont plus été crées dans l’idée de fabriquer des torsionnaires que de faire parler des gens qui n’avaient rien à dire.
                                Cela me fait pensé aux recherches d’une université américaine aprés la guerre 40-45 sur la méthode d’Hitler pour former des SS.
                                ce projet s’appelait, si mes souvenirs sont bons « strauberry statement »


                                • sheeldon 21 octobre 2009 09:42

                                  bonjour

                                  bon article , merci

                                  cordialement


                                  • ASINUS 21 octobre 2009 10:00

                                    En outre, les armées conventionnelles occidentales ne sont pas trés motivées dans l’idée de tirer sur leur concitoyens

                                    heu
                                    les tres rares fois ou la troupe a refusé de tirer c etait des conscrits , sinon elle y est allé de bon coeur pendant la commune et autre episodes ect.....en espagne italie allemagne de meme ,croyez vous que cela serait différent de nos jours ?

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