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Elisabeth Guigou : « L’avancée de l’UPM est vitale, sinon nous disparaîtrons des radars de l’Histoire »

L’ancienne ministre et députée française Elisabeth Guigou était vendredi 9 juillet l’un des orateurs invités au petit-déjeuner de l’IPEMED (Paris), dont elle copréside le Comité de parrainage politique. L’occasion pour elle de réaffirmer sa conviction et son fort engagement en faveur de l’UPM – dont la construction lui paraît « vitale pour les deux rives » – et aussi d’évoquer quelques pistes d’action pour la consolider.

Débutant son intervention, Élisabeth Guigou souligna que s’il faut être lucide devant les difficultés à construire l’Union pour la Méditerranée (UPM), il faut aussi conserver « la volonté de les surmonter. Cela prend du temps, cela ne peut pas être un long fleuve tranquille… ».

Évoquant les grands groupes régionaux, asiatique et américain (Alena, Asean), l’ancienne ministre considère que pour exister dans ce nouveau contexte, « même l’Union européenne est trop petite ! », l’échelle adéquate semblant se situer autour du milliard d’habitants. « Avec l’Union pour la Méditerranée, on s’approche de ce seuil », estima-t-elle, considèrent que « si nous ne faisons pas cela [l’UPM], nous n’allons plus compter » dans les affaires mondiales, et d’autant moins que « l’Europe vieillissante a tendance à se replier sur elle-même comme une grande Suisse, avec des protections de tous ordres ».

Au Sud de la Méditerranée, poursuivit Elisabeth Guigou, on constate certes l’émergence de certains pays, mais isolément. « Ils sont comme des confetti livrés à la convoitise… donc nous avons des intérêts communs » à coopérer plus étroitement, déclara encore l’ancienne ministre, estimant que « rien n’est plus important pour l’Europe que la croissance des pays méditerranéens et de l’Afrique ». (1)

Le Sommet UPM de novembre et l’UE en ligne de mire

Elisabeth Guigou tint également à évoquer « quelques pistes pour préparer au mieux le sommet UPM de novembre ». Au programme, notamment, la création d’un Club d’intellectuels et d’historiens, afin de monter que « malgré tout, il y a des valeurs qui nous rapprochent ». L’ancienne ministre préconise aussi de « ne pas oublier le dialogue social », car pour que la dialectique délocalisation-relocalisation ne soit pas diabolisée et que la répartition des chaînes de valeur et donc des emplois à créer puisse se déployer au mieux entre les deux rives, « il faut aussi que les syndicalistes soient convaincus ».

Enfin, Elisabeth Guigou a insisté sur le travail de sensibilisation à déployer pour que la dimension euro-méditerranéenne soit intégrée comme un enjeu majeur aux grands débats européens.
« Début 2011, précisa-t-elle, commencera la réflexion sur le cadre budgétaire européen pour la période 2013-2017 », autrement dit sur l’enveloppe financière qui concrétisera les grands choix politiques de l’Union européenne. C’est dans ce contexte que « l’avancée de l’UPM est un enjeu vital pour les deux rives de la Méditerranée. Sinon, nous disparaîtrons les uns et les autres des radars de l’Histoire », conclut Elisabeth Guigou.

© Alfred Mignot pour leJMED.fr


(1) - De la complémentarité nord-sud

Ce thème de la complémentarité entre l’Europe, en panne de croissance, et le sud de la Méditerranée, riche de potentiels, Elisabeth Guigou l’avait aussi développé lors de son discours à la Convention du Parti socialiste français, le 29 mai denier, plaidant pour que l’Europe cessât de se tourner presque exclusivement vers l’Est et le Nord, voire vers l’Asie et la Chine.

« Dans notre Sud, avait-elle déclaré, il y a un réservoir de croissance que nous n’exploitons pas. Il y a entre l’Europe, le Sud méditerranéen et l’Afrique un réservoir de complémentarité que nous devons absolument valoriser […] Ils ont les énergies et les matières premières, nous avons la technologie et le savoir-faire […] Nous avons le devoir d’organiser ces complémentarités et en plus, de relever ensemble les défis qui nous sont communs : réchauffement climatique, sécurité alimentaire, lutte contre l’insécurité […] Si nos entreprises, agricoles et industrielles, veulent bien penser leur développement économique sur les deux rives de la Méditerranée – comme l’ont fait les Allemands avec les pays de l’Est européen – je suis persuadée que, à condition d’installer dans les pays du Sud des ateliers qui ne sont plus rentables chez nous, on recréera des emplois chez nous, et dans des postes à forte valeur ajoutée. »

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A lire également :

[Élisabeth Guigou : « Lettre ouverte » du 12 juillet 2008 aux chefs d’État, en faveur de la parité entre Nord et Sud dans le projet de l’UPM

 


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3 réactions à cet article    


  • plancherDesVaches 14 juillet 2010 12:10

    Penser à des « unions » alors que la mondialisation nous montre l’exemple : elle se casse la figure...

    Ha ! si l’Europe pouvait être une grande Suisse. Mais c’est ce qui va se passer avec la montée normale du protectionnisme.

    Petite précision : la Zone Euro est le plus grand marché mondial.
    Nous n’avons besoin de personne d’autre.


    • Stoïque 14 juillet 2010 16:00

      Belles idées théoriques, mais bien difficiles à mettre en pratique....

      Réussir sur les rives de la Méditerranée comme les allemands l’ont réussi avec les pays de l’Est sera autrement plus dur.... car bien plus de choses nous séparent de certains peuples de Méditerranée ( religions, buts, état d’esprit,.... ) que les allemands des habitants de l’Europe de l’Est.

      De plus, le problême du moyen-orient ( Israël-Palestine) devrait d’abord être résolu avant de penser la chose faisable, l’ouverture de l’UE à des pays musulmans d’Europe devrait être chose faite et le respect mutuel en toutes choses être acquis.... 

      Autrement, l’UPM risquerait sans doute d’aboutir qu’à la main-mise économique exclusive de l’Europe sur les pays du sud de la Méditerranée...


      • cmoy patou 17 juillet 2010 12:12

        Mme Gigou sévie à Noisy le sec dans le 93 et je peux vous dire que ce n’est guère brillant !

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