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La Charia rejetée par la Tunisie

Les laïcs, ont fini par avoir gain de cause en Tunisie, face aux turbulents individus se prétendant salafistes au sein d’un groupuscule hétéroclite exigeant un Etat Islamique pour le pays et ayant commis plusieurs actes violents ces dernières semaines, notamment au sein d’une Université de la banlieue de Tunis.

 La Tunisie n’inscrira pas la « charia » dans sa nouvelle Constitution démocratique.

Ainsi en ont décidé dans une conférence de presse tenue lundi à Tunis, les plus hauts dirigeants du mouvement islamiste Ennhadha, majoritaire à l’Assemblée Constituante postrévolutionnaire élue en automne 2011 pour rédiger la nouvelle Constitution de la nation.

Le président du comité constitutif de ce parti, Fathi Ayadi, a précisé que la formulation du premier article de la Constitution avait fait l’objet d’un consensus national entre les différentes sensibilités politiques. « Le maintien de l’article premier de la Constitution de 1959 a fait l’unanimité auprès de toutes les catégories de la société tunisienne et des différentes sensibilités politiques, a-t-il dit, avant d’ajouter « C’est une formulation claire qui préserve l’identité arabo-musulmane de l’Etat tunisien et confirme, en même temps, sa dimension civile et sa nature démocratique. »

L’article premier dont il s’agit a été introduit dans la Constitution tunisienne trois ans après l’indépendance du pays, en 1959, et n’a jamais été modifié. Il est ainsi libellé : «  La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain, sa religion est l’Islam, sa langue l’arabe et son régime la République.

Après avoir précisé lundi qu’il « n’y avait pas de guerre avec les salafistes, mais que la loi devait être appliquée contre tous ceux qui portaient atteinte à la sécurité des citoyens » , Rached Ghannouchi, père spirituel d’ Ennhadha qui, il y a un mois disait débattre avec les siens pour l’introduction de la charia dans Constitution, a pour sa part déclaré sur le sujet « … la charia est une notion qui reste un peu floue pour l’opinion publique. Il n’y a pas un consensus national sur cette question. Certains ont peur de son application alors que d’autres sont prêts à mourir pour elle. Un éventuel suffrage sur ce sujet peut encore diviser la société et mettrait une partie du peuple en position de rejet de la charia, ce qui est très grave ! Nous ne voulons pas introduire la charia dans la Constitution en tant que source unique de législation. »

Ces différentes décisions prises par les islamistes tunisiens interviennent après deux manifestations monstres qui se sont tenues ces jours derniers, à Tunis d’une part, et à Monastir, ville natale de Habib Bourguiba, père de l’indépendance du pays, d’autre part.

Dans la première, plus de dix mille personnes issues de toutes les classes de la population, brandissant le drapeau national, et à laquelle se sont mêlés quelques militaires et policiers, ont défilé dans les principales artères de la capitale disant leur rejet de la charia, des salafistes et leurs actions violentes.

La seconde, tout aussi massive, s’est tenue dans le stade de Monastir à l’invitation des leaders de partis dits centristes, libéraux et de gauche ayant décidé de s’unir en une seule formation d’opposition laïque pour les prochaines élections. L’initiateur d’un tel mouvement n’est autre que Béji Caïd Essebsi, ancien ministre d’Habib Bourguiba, âgé aujourd’hui de 83 ans et qui jouit dans le pays de respect et d’une grande popularité. Il avait assuré voilà peu, avant les dernières élections, la conduite d’un gouvernement provisoire.

Entre ces deux rassemblements, et sans incident majeur, deux à trois mille religieux radicaux en un cortège hétéroclite au sein duquel les « imberbes » vêtus élégamment à l’occidentale, n’étaient pas les moins nombreux, avaient crié en faveur de la charia sous aucun drapeau national mais avec des oriflammes noires ou vertes recouvertes comme le veut la tradition islamique de versets du Coran.




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Les réactions les plus appréciées

  • Par Henri Diacono alias Henri François (---.---.---.227) 28 mars 2012 12:34

    Cool Mel,
    Ne plongez pas dans le commentaire et la condamnation faciles. La Tunisie actuelle n’en est qu’à sa deuxième année d’existence et n’a pas encore une Constitution à sa mesure ni des élus et encore moins un Président. Mais dans la conduite de sa révolution et les débats actuels qui l’animent, je persiste et signe, elle a démontré une grande maturité que bien d’autres Nations pourraioent lui envier.
    Il est vrai que l’ancien régime a falsifié la « réussite économique » du pays qui, sans ressource naturelle abondante (pour l’instant) est toutefois croyez-moi, moins pauvre -question peuple s’entend- que ses voisins algérien et lybien et même marocain si prisé par la France.
    Quant à la fiabilité de ses dipômes, ou diplômés si vous préferez, allez voir un peu du côté de la doulce France parmi les 600.000 tunisiens qui y vivent et y travaillent les pourcentages de diplômés de Tunisie qui ont pignon sur rue.
    Sachez aussi que sur le plan médical uniquement les médecins tunisiens, diplômés tunisiens, passent pour être - et de loin - les meilleurs d’Afrique. Facile à vérifier lorsqu’on voit la masse de patients algériens, lybiens et ... français ou anglais qui viennent s’y faire soigner. Ainsi que ceux qui se trouvent dans les services d’urgences des ôptaux français.
    Et moi-même qui réside dans mon pays natal depuis plus de quinze ans je puis vous affirmer que dans ce domaine de la santé, les soins sont ici de bien meilleure qualité qu’en France, ma seconde patrie où j’ai vécu pendant plus de cinquante ans.

  • Par luluberlu (---.---.---.59) 28 mars 2012 13:55
    luluberlu

    çà réchauffe l’air du temps, et oui les mecs de l’autre coté de la mare nostrum, ne sont pas forcément des zombies.

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