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Accueil du site > Actualités > International > La théorie des dominos se vérifie-t-elle au Moyen-Orient ?

La théorie des dominos se vérifie-t-elle au Moyen-Orient ?

 You have a row of dominoes set up, you knock over the first one, and what will happen to the last one is the certainty that it will go over very quickly. So you could have a beginning of a disintegration that would have the most profound influences. - Eisenhower, avril 1954.

(Vous avez ce que vous appelleriez le principe de « domino qui tombe » : vous avez une rangée de dominos debout, vous renversez le premier, et ce qui arrivera au dernier est la certitude qu'il tombera très rapidement. Vous pourriez avoir ainsi le début d'une désintégration qui aurait les plus profondes influences)

Voilà comment a été formulée pour la première fois, la théorie « des dominos ».

Il faut la remettre dans le contexte historique de l'époque, où le communisme était vu comme une épidémie dont il fallait stopper l'avancée. Concept très « noble » mais qui a inspiré une des plus fâcheuse aventure étasunienne, à savoir la guerre du Vietnam.

Cette théorie a connu avec la chute du mur de Berlin et les événements qui ont suivi dans l'ensemble du Bloc de l'est, une formidable réalisation pratique. En est-il de même avec le monde arabe, à l'heure actuelle ? La tempête qui a fait tomber les régimes autocratiques de Tunisie, d'Égypte et est en train de faire vaciller ceux de Jordanie, du Yémen et de l'Algérie, va t-elle emporter tout sur son passage ?

C'est la panique visiblement pour certaines dictatures bien installées depuis des décennies.

Les pouvoirs Jordaniens, Yéménites, Algériens et Syriens, qui sentent le vent tourner en leur défaveur, ont annoncé une batterie de mesures pour tenter de désamorcer la situation : augmentation des subventions sur les produits de première nécessité et le carburant, augmentation des salaires ; levée de l'état d'urgence, sauf à Alger (en place depuis près de 20 ans) pour Bouteflika, construction de logements ; promesses diverses et variées qui n'ont pas empêchées les pouvoirs égyptiens et tunisiens de tomber.

Au-delà de leurs différences nombreuses, qu'ont en commun tous ces soulèvements ?

Tout d'abord, ils se situent tous dans des pays arabes où la population est à majorité musulmane et se trouvent face à un pouvoir laïque despotique.

Ensuite, ces mouvements sont populaires et plutôt jeunes. Ils semblent portés par des aspirations à la liberté mais aussi et peut-être surtout par le désir de voir partir des élites, corrompues jusqu'à la moelle, qui se goinfrent sur le dos d'un peuple en souffrance (pour Moubarak par exemple, on parle de 25, 40, 70 milliards de dollars détournés, selon les sources), faute d'emploi, de salaire convenable, de logement ; bref de la moindre perspective d'avenir.

Une chose paraît claire, les jeunes n'ont plus peur. Alors que dans les années 80, Afez al Assad (Président syrien) avait réprimé une révolte dans la ville de Hama qui avait fait plus de 25.000 morts. Aucune image n'avait circulé, le massacre est passé quasi inaperçu. Aujourd'hui, internet semble avoir changé la donne et risque bien de favoriser des bouleversements dans la région qui vont sans doute redonner courage et fierté à une population qui n'avait sans doute plus connu pareil espoir depuis la décolonisation. Espérons que la suite soit meilleure.

Cette vague d'espoir semble donc menacer l'ensemble des pays arabes, mais a des degrés divers et ne devrait probablement pas toucher l'ensemble des dictatures du Moyen et Proche-Orient. Du moins pas tout de suite.

On voit mal par exemple, les populations de la péninsule arabique se soulever, bien que l'écho des révoltes soit arrivé jusque dans l'ultra conservatrice Arabie-Saoudite, puisqu'un groupe Saoudien de 2000 membres a lancé une campagne sur Facebook pour réclamer des réformes politiques, sociales et économiques1. Cela semble donc tout de même un peu léger pour parler de vent de révolte.

Le Yémen, dont la population tente d'imiter les Égyptiens et Tunisiens, est un cas à part, puisque ses rentes pétrolières sont devenues minimes et les puits seront bientôt taries. Le pays connait de graves problèmes socio-économiques, de corruption endémique, de mauvaise gestion et des affrontements très importants avec la rébellion du nord chiite.
 


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1 réactions à cet article    


  • JL JL 14 février 2011 11:01

    Je crois que l’auteur utilise la « Théorie des dominos » à front renversé. En effet, la théorie des dominos présuppose qu’il y a un maître d’oeuvre. Or ici, nous assistons à un débordement imprévu et irrépressible.

    Encore une fois, je crois que c’est Chomsky qui donne les clés pour bien comprendre l’histoire qui se fait sous nos yeux :

    « Nous ne devons pas oublier qu’il existe une longue série de situations où il était impossible de soutenir quelques uns des tyrans favoris et il y a une routine standard pour répondre à cette situation : vous les soutenez aussi longtemps que possible, lorsque cela devient impossible, par exemple lorsque l’armée se retourne contre le tyran, alors il faut effectuer un virage à 180°, prétendre soutenir la révolte populaire, effacer le passé – à l’évidence le passé est embarrassant – ensuite il faut travailler dur pour essayer de restaurer une situation à peu de choses près identique à celle qui précédait. » (Noam Chomsky)

    Nb. Les soutenir aussi longtemps que possible, c’est ce que font les syndicats algériens en repoussant les manifestations de samedi en samedi, à l’intar de nos syndicats à nous qui ont ainsi réussi à épuiser la grogne contre la réforme des retraite, au profit de la dictature élyséenne, c.à.d. du Medef.

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