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Accueil du site > Actualités > International > Le pétrole à moins de 30 dollars : Vive la crise si on se réveille enfin (...)

Le pétrole à moins de 30 dollars : Vive la crise si on se réveille enfin !

« Albahrou ouara akoum oua al ‘adou amamakoum »

Paroles attribuées à Tarek Ibn Zyad lors de son arrivée en Espagne en 711

 

Ça y est ! Ce que l'on craignait est arrivé, les prix du pétrole ont plongé à moins de 30 dollars (29,09 $ le baril le 15 janvier 2016 pour le Brent et 2,13 le million de BTU pour le gaz naturel coté au Nymex). Une nouvelle baisse des prix « ne peut être exclue », a déclaré Carsten Fritsch, analyste de Commerzbank à Reuters Forum Global Oil. Il a averti que 25 $ le baril « est tout à fait possible, mais pas beaucoup plus bas que cela ». La production américaine s'établissait à 9,227 millions de barils avec une quantité de raffinage de 16, 423 millions de barils/jour au 8/01/2016. (1)

La différence étant importée ce qui amène interrogation : d'un côté, le Congrès autorise les Etats-Unis à exporter, de l'autre, ce pays importe 7,196 millions de baril/jour ! La seule certitude est que les stocks de sécurité sont pleins à 482 millions de barils soit 60 jours d'importation et plus de 100 millions de barils/jour par rapport à la même période de 2015. Cela veut dire que la recommandation de l'AIE aux pays de l'Ocde leur permet indirectement de manipuler les prix et absorber des chocs en déstockant. Adam Smith et sa main invisible sont une vue de l'esprit à moins d'admettre qu'Adam Smith nous a bernés et qu'en fait il est manchot.

Un chaos mondial

Par ailleurs, les Bourses ne sont pas épargnées, il y a une sorte de sauve-qui-peut. « Depuis le début du mois en effet, lit-on dans un éditorial du journal Le Monde, les Bourses de Chine ont chuté de 20%, tandis que, à New York, Wall Street a reculé de plus de 8%. Cette baisse brutale est le reflet d'une triple crise - chinoise, pétrolière, américaine -, qui menace l'économie mondiale.(...) Le système[chinois] ne s'effondre pas, mais la deuxième économie du monde connaît des soubresauts dangereux pour ses partenaires. A commencer par la baisse du yuan. Pour l'instant, Pékin se bat contre les marchés pour freiner la dévaluation de sa devise - ses réserves monétaires ont fondu de plus de 100 milliards de dollars en décembre -, mais combien de temps sera-t-il possible de résister à la spéculation ? » (2)

Le baril de brut est passé sous les 30 dollars, en recul de plus de 15% depuis le début de l'année. Au plus bas depuis douze ans, il entraîne avec lui l'ensemble des matières premières. Pour mémoire, l'or noir s'échangeait encore à 115 dollars il y a dix-huit mois. N'en déplaise aux automobilistes, ce prix est beaucoup trop bas. Jusqu'à 70 dollars, un pétrole bon marché est favorable à la croissance mondiale. En deçà, il a des effets récessifs : les pays producteurs sont obligés de réduire leurs importations et leurs investissements, ils se trouvent exposés à de graves risques politiques et sociaux, tandis que les compagnies pétrolières sabrent dans les investissements. Ce double choc se répercute sur les Etats-Unis. Les entreprises sont chahutées en Bourse. Contre-choc pétrolier oblige, le secteur de l'énergie est en chute libre, et les faillites qui se multiplient affectent, par ricochet, les valeurs bancaires (...) Mais l'activité de l'industrie s'est contractée ces derniers mois, pour retomber à son plus bas niveau depuis 2009, et la consommation marque des signes d'essoufflement. Bref, l'Amérique freine dangereusement, alors que la Réserve fédérale vient tout juste de remonter ses taux d'intérêt après des années d'argent facile. »(2)

Comment les prix du pétrole pourraient augmenter ?

Les rentiers de l'Opep ne savent pas que la perte occasionnée par un dumping qui met les prix au plancher est de loin plus importante qu'une réduction de quota. Un petit calcul montre qu'une réduction de 10% de la production de l'Opep soit 3,1 millions de barils à répartir d'une façon équilibrée en réduisant la part de l'Arabie saoudite qui a pris les quotas de l'Iran du fait des sanctions et de l'Irak, permettrait de faire remonter les prix jusqu'à 60, voire 70 $. Les pays industrialisés, notamment pétroliers, américains ne verraient pas cela d'un mauvais œil. Pour l'Algérie passer de 1 million de barils/j à 30 dollars, voire moins à 800.000 barils /jour à 60 dollars le gain est évident. Mais qui va faire entendre raison aux rentiers du Golfe ? Seule alors une injonction américaine leur fera entendre raison. Cela ne se fera pas car les Américains ont pour objectif de terrasser économiquement la Russie. Les producteurs américains ont des moyens de rebondir le moment venu.

L'équation iranienne

Nous savons que l'Opep est à la fois clouée au sol par les problèmes de parts de marché imposées par les Saoudiens, mais aussi par la rivalité entre ces deux pays. Alors que le conflit entre l'Iran et l'Arabie saoudite continue, un renforcement des liens entre les acteurs improbables pourrait être en cours.Israël et l'Arabie saoudite ont trouvé un terrain d'entente dans leurs efforts pour combattre l'influence iranienne dans la région, selon le Wall Street Journal. Alors que ces deux pays n'ont pas de relations diplomatiques formelles.
Les sanctions internationales contre l'Iran ont été levées. Selon l'Aiea Téhéran a respecté ses engagements. C'est un bon jour pour le peuple iranien puisque les sanctions vont être levées », a déclaré Mohammad Javad Zarif, cité par l'agence de presse Isna. Téhéran va revenir en force sur le marché pétrolier. « Elle va cibler l'Inde, et envisage d'augmenter les exportations de 500.000 barils par jour (bpj). L'Iran dispose de 22 très grands transporteurs de brut (Tgtb) flottant au large de ses côtes, avec 13 entièrement ou presque entièrement. » (3)

Les énergies propres : Embellie durable

Dans toutes ces incertitudes, le développement des énergies renouvelables ne connaît pas de ralentissement, au contraire ! 2015 a été une bonne année pour l'installation de capacité d'énergie renouvelable, avec 64GW pour l'éolien et 57GW pour l'énergie solaire photovoltaïque soit une augmentation de près de 30% par rapport à 2014. Les investissements dans l'énergie propre ont bondi en Chine, en Afrique, aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Inde en 2015. Les investissements ont atteint 328.9milliards de $, en hausse de 4% par rapport à 2 014. Parmi les pays émergents citons le Mexique (4,2 milliards $, en hausse de 114%), le Chili (3,5 milliards $, en hausse de 157%), l'Afrique du Sud (4,5 milliards $, en hausse de 329%) et le Maroc (2 milliards $, partant de zéro en 2014). Ceci est dû à la baisse du coût de l'énergie solaire photovoltaïque, ce qui signifie que plus de capacité pourrait être installée pour le même prix. Au cours des 18 mois à la fin de 2015, le prix du Brent a plongé de 67% à partir de 112,36 $ à 37,28 $ le baril. Le gaz naturel aux États-Unis a chuté de 48% sur l'indice Henry Hub de 4,42 $ à 2,31 $ par million de British Thermal Units. » (4)

« Michael Liebreich, président du conseil consultatif à Bloomberg New Energy Finance, a déclaré : « Ces chiffres sont une riposte magnifique à tous ceux qui attendaient l'investissement de l'énergie propre à caler sur la chute des prix du pétrole et du gaz. « Le vent et l'énergie solaire sont actuellement adoptées dans de nombreux pays en développement comme une partie naturelle et importante du mix de production : le plus grand financement dans l'éolien terrestre était pour 1.6GW Nafin Mexique, $ 2,2 milliards environ. Le solaire thermique ou CSP développé par NOORo au Maroc, à 350 MW de 1,8 milliard $. »(4)

« La Chine a de nouveau été de loin le plus grand investisseur dans les énergies propres en 2015, augmentant sa domination de 17% à 110.5 milliards $. Les États-Unis ont investi 56 milliards $, en hausse de 8% sur l'année précédente L'Europe vit de nouveau la baisse des investissements en 2015, à 58.5 milliards $, en baisse de 18% sur 2014 et son chiffre le plus faible depuis 2006. Le Royaume-Uni est de loin le marché le plus fort, avec des investissements en hausse de 24% à 23.4 milliards de $. L'Allemagne a investi 10,6 milliards $, la France a connu encore une plus grande chute de l'investissement, de 53% à 2,9 milliards $. L'Afrique et le Moyen-Orient sont deux régions avec un grand potentiel pour l'énergie propre, compte tenu de leurs populations croissantes, ressources solaires et éoliennes abondantes. En 2015, ces régions combinées ont vu l'investissement de 13,4 milliards $, en hausse de 54% sur l'année précédente. » (4)

Qu'en est-il du gaz de schiste ?

Plombée par des prix du pétrole bas, l'industrie des gaz de schiste a mangé son pain blanc. Il semble que de graves problèmes commencent à être visibles, à la gabegie d'eau douce utilisée, aux centaines de produits chimiques ajoutés, au non-traitement correct des eaux récupérées avec toutes les conséquences en termes de nuisances et de détérioration de la santé, il faut ajouter un phénomène dangereux celui des tremblements de terre. Une publication récente montre le sort peu enviable des habitants de l'Oklahoma : « Pour les habitants de l'Oklahoma, c'est presque devenu une routine. La terre tremble régulièrement. Le 6 janvier, deux séismes d'une magnitude de 4,7 et 4,8 ont secoué la région septentrionale de cet Etat du centre des Etats-Unis. En 2015, l'Oklahoma a recensé plus de 900 tremblements de terre d'une magnitude proche de 3, soit deux et demi par jour. Pour 2016, les prédictions ne sont pas meilleures ».(5)

« Selon le National Earthquake Information Center de Golden, dans le Colorado, la barre des mille séismes devrait être franchie. La région centrale du pays n'avait enregistré que 21 séismes de magnitude 3 et plus entre 1973 et 2008. L'Oklahoma n'est pas le seul Etat touché par des séismes induits par l'activité pétrolière et gazière. La Californie, le Dakota du Nord ainsi que le Texas connaissent le même type de phénomène. Dans certaines régions du Texas, des pétitions demandant l'arrêt du 'fracking'' ont été signées. » (5)

Outre ces anomalies, les gens ont du méthane et autres produits toxiques dans leurs eaux. Ils ont même mis en place des systèmes de ravitaillement en eau potable parce qu'ils développaient des maladies à force de consommer celle du robinet.

Que devons-nous faire dans le pays ?

70% de la consommation énergétique nationale sont consacrés aux ménages, au transport et autres consommations sans production de valeur ajoutée, et seulement 30% dans l'industrie, cette tendance va dangereusement perdurer à moins d'une politique énergétique destinée à la réduire, à diversifier sa nature. Cela ne peut pas se faire sans une vision d'ensemble et la transition énergétique n'est pas de la responsabilité unique du ministère de l'Energie, mais de tous les autres secteurs. Nous devons aller vers le développement durable en mettant à profit d'une façon rationnelle les ressources de la rente pétrolière et gazière pour mettre en oeuvre la transition énergétique du pays. 

Cette transition énergétique, qui nécessite l'adhésion de la société entière pour sa réussite, doit aussi se traduire par une sobriété énergétique et une utilisation pondérée des énergies fossiles ». L'objectif étant de sortir définitivement de la rente d'une façon intelligente et, en même temps, laisser un viatique aux générations futures. En un mot, l'économie algérienne ne doit pas lier son avenir aux convulsions erratiques d'un baril de pétrole. Pour les experts, la réalisation de cette transition énergétique, une sorte de « plan Marshall », est nécessaire, englobant un modèle de consommation allant jusqu'à 2050.

Ce « plan Marshall » doit également revoir la question du soutien aux prix de l'énergie, qui est anormal car profitant aussi aux classes aisées. Les économies d'énergie, qui vont mettre fin à une consommation débridée, ne peuvent être opérationnelles que si un juste prix est pratiqué, Savons-nous que le prix du gaz naturel est facturé en Algérie 20 fois moins cher que son prix à l'international et que celui du gasoil est facturé 5 fois moins cher que dans les pays voisins ?

La transition énergétique vers le Développement humain durable (il faut s'efforcer de ne laisser personne sur le bord de la route) que nous appelons de nos voeux doit aussi tenir compte de plusieurs paramètres, un large recours aux énergies renouvelables, la protection de l'environnement et surtout la rationalité dans la consommation. Il faut savoir en effet, que notre plus grand gisement d'énergie est celui des économies d'énergies évalué entre 10 et 20%. Cela veut dire que près de 5 à 10 millions de tonnes pourraient être épargnées et laissées aux générations futures.

Le solaire et l'éolien sont largement rentables dans tous les pays sauf, curieusement dit-on en Algérie ! Pourquoi ? Est-ce que la main-d'oeuvre est chère ? Alors qu'elle est au moins trois fois moins chère ! Est-ce que parce que le gisement solaire n'est pas assez incitatif, alors que l'on sait qu'il est presque trois fois plus important que celui de l'Allemagne en intensité et dix fois en surface ! Est-ce que parce que nous n'avons pas de matière première (le silicium, alors qu'on nous annonce la découverte d' un gisement de 6 millions de tonnes). Est-ce que parce que nous n'avons pas les compétences ? Nous produisons bon an mal an 150 000 diplômés ! Que font-ils sinon verser dans l'informel ! Est-ce qu'il n'y a pas d'entreprises qui s'y sont lancées dans le solaire malgré toutes les entraves bureaucratiques ? non, rien de tout cela !

La raison est que les pouvoirs publics sans vision d'ensemble qui toucherait tout les départements ministériels,- c'est cela la transition énergétique vers le Développement humain durable que nous appelons de nos voeux - veulent tout faire et ne laissent pas l'initiative aux entreprises privées de se lancer moyennant des dispositifs d'accompagnement dans la production de panneaux solaires et de participation à cette stratégie d'ensemble dans le cadre d'une transition énergétique à expliquer aux citoyens et faire en sorte que chacun prenne sa part de responsabilité.

Une utopie mobilisatrice serait de décider dans les faits, pas dans le verbe, du développement du Sahara (un véritable Snat) ; Création de villes nouvelles adossées à des périmètres développés pour l'agroalimentaire avec la disponibilité d'eau d'électricité renouvelables. Si seulement 10% des 300.000 logements étaient dédiées aux villes nouvelles, ce sera une sorte de conquête intelligente du Sud. Plus globalement s'il est demandé aux citoyens de rationaliser leurs dépenses, notamment d'énergie, d'eau, alimentaires, ils le feront quand ils auront acquis la certitude qu'il y a une stratégie d'ensemble qui touche les faibles comme les puissants à des degrés divers.

Le citoyen lambda est prêt à faire des sacrifices si le fardeau de ces mesures d'ajustement est réparti d'une façon appropriée. A commencer par le train de vie de l'Etat qui peut et qui doit être réduit d'au moins 20%. Une mesure spectaculaire serait par exemple que la flotte de véhicules de l'administration se mette au sirghaz, que les véhicules importés possèdent la double carburation (avec le sirghaz) et que les dépenses de prestige sans valeurs ajoutées soient supprimées. Vive la crise si elle nous permet de nous réveiller ! Ce plan Marshall est encore finançable. « Albahrou ouara akoum oua al adou amamakoum » se serait exclamé Tarik Ibn Zyad lors de son arrivée en Espagne en 711. Mutatis Mutandis nous sommes dans la même situation. Le moment est venu de donner une utopie mobilisatrice à cette jeunesse en panne d'espérance.

 

1. http://oilprice.com/newsletters/free/opintel15012016

2. Le retour des tempêtes financières. Le Monde du 17 janvier 2016

3. http://www.reuters.com/article/us-iran-oil-exports-idUSKCN0UT098

4. http://about.bnef.com/press-releases/clean-energy-defies-fossil-fuel-price-crash-to-attract-record-329bn-global-investment-in-2015/

5.Stéphane Bussard http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/01/15/dans-l-oklahoma-le-gaz-de-schiste-provoque-des-seismes-arepetition_4847904_3244.html#l51Fs3YAXOSKZbwO.99

 

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/233549-il-faut-un-plan-marshall-du-developpement-durable.html

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz


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11 réactions à cet article    


  • Trelawney Trelawney 19 janvier 09:57

    Cela fait 2 semaines que j’essaie vainement de m’informer sur la crise du pétrole et c’est le premier article complet que je lits. Merci à l’auteur


    • colere48 colere48 19 janvier 10:35

      « Albahrou ouara akoum oua al adou amamakoum »
      Pourriez vous avoir l’amabilité et la courtoisie de nous traduire cette phrase, merci .

      Pour vous remerciez par avance,
      Une belle mélodie , paroles à méditer....
      DJURDJURA - Ad Ezzi Ssaâ (sous titres en français)


      • fred.foyn Le p’tit Charles 19 janvier 10:49

        Tous les éléments sont là pour une reprise de l’économie en France...Anna ma soeur anne, ne vois tu rien venir.. ?

        mais non mon gros couillon, les politicards-véreux sont incompétents à relancer la machine...Pensent à leurs carrières pas au peuple.. !

        • chems eddine Chitour 19 janvier 12:45

          @ Colère 48


          La traduction serait : « La mer est derrière vous et l’ennemi est en face de vous »

          aurait dit le conquérant berbère en abordant les côtes espagnoles , il brûla ses vaisseaux affirmant par là qu’il n’y a pas de marche arrière ..

          Pr.C.E. Chitour

          • VICTOR VICTOR 19 janvier 17:03

            Merci pour cette analyse fouillée et compréhensible.


            • Zeb_66 19 janvier 17:23

              Ce qui est dramatique, c’est que cette chute massive des prix du gaz et
              du pétrole laisse à penser aux peuples (et très probablement à certains
              de ses dirigeants) que cela est dû à une surabondance des ressources.
              Or il n’en est rien, c’est en réalité une surabondance temporaire due
              à la chute de l’économie mondiale et surtout parce qu’elle est utili-
              sée au moment opportun par l’occident pour tenter de mettre la Russie
              à genoux.
              GAG :
              —Dans le Dakota du Nord, certaines entreprises travaillant sur le pétrole de
              schiste sur des gisements de très mauvaise qualité (bruts très lourds,
              fortement soufrés), vendent leurs produits à -0.5$/Bl c’est-à-dire
              qu’elles payent l’acheteur pour emporter leur production, car on n’arrête
              pas un puits de production comme on ferme un robinet !

              Cependant il n’en est rien, l’industrie pétrolière fonctionne en flux
              tendu, depuis presque les débuts avec un très petit différentiel
              production-consommation, de l’ordre de quelques %. Dès lors, un désé-
              quilibre négatif ou positif plus conséquent entraîne d’énormes
              variations des cours.
              Aujourd’hui la baisse des cours est telle que tous les investissements
              en cours, dans le monde entier sont annulés ou reportés ; les nouveaux
              projets de recherches sont rangés dans les cartons.
              C’est extrêmement grave, le travail de prospection-découverte-forages
              d’exploration et finalement de production est un processus très long
              et de plus en plus couteux, s’étalant sur généralement plus de 10 ans.
              Donc 2 ou 3 ans de cessation totale d’investissements ne se rattrapent pas.
              Le rebond, car il y aura rebond dans un an ou guère plus, par une légère
              embellie de l’activité mondiale ou plus probablement parce que la
              continuelle décroissance de la production pétrolière, surtout en
              l’absence d’investissement, apportera une baisse de l’offre et par suite,
              un rebond temporaire (1-2 ans qui sait ?) catastrophique des cours, un pic
              à 150-200$/Bl est envisageable.
              Ces très bas cours des produits pétroliers sont extrêmement mauvais
              pour tout le monde :
              consommateurs et industriels mais en même temps une aubaine
              pour les Banksters.


              • Trelawney Trelawney 20 janvier 11:19

                @Zeb_66
                Lorsque j’ai démarré mon entreprise, sa spécialité été la révision et réparation d’installations pétrolières et j’avais pour principaux clients des entreprises comme ELF, Total, BP, EXON. J’intervenais beaucoup au Niger en Afrique du Nord, Au Moyen Orient et sur les plateformes pétrolières en Mer du Nord. J’ai développé mon activité en augmentant le nombre de mes clients, mais c’est quand le mur de Berlin est tombé que mon CA c’est envolé avec de nouveaux clients autour de la Mer Gaspienne et en Sibérie.

                Depuis cette époque, tous les pays qui le pouvait ont développé leur économie autour du pétrole et maintenant l’offre est plus forte que la demande. Comme ces pays se sont endettés fortement pour se doter d’installations qui leur permet d ’entrer de plein pied dans le nouveau siècle. Ils sont obligés de produire et produire le temps que leurs nouvelles activités dans le renouvelable, le tourisme ou l’informatique soient rentables. A coté de cela des pays qui ont comme activité principale le pétrole sont obligé de s’aligner sur les courts et leur cartel a volé en éclat, car s’il refuse de vendre le pétrole à 27$ le baril (le contenant coute plus cher que le contenu), un autre pays le vendra. Le pétrole et gaz de schiste avec les cout de forage que l’on connait, risque de créer la nouvelle bulle économique et faire beaucoup de victimes chez les investisseurs

                A cela il faut ajouter les travaux des différentes COP qui ont fait baissé fortement la demande et notamment pour le chauffages des logements et l’industrie.

                De plus, le pétrole n’est pas un produit rare. On en trouve partout, il suffit de forer pour cela


              • Zeb_66 20 janvier 15:11

                @Trelawney
                « De plus, le pétrole n’est pas un produit rare. On en trouve partout, il suffit de
                forer pour cela »

                Je le sais bien, j’ai passé plus de la moitié de ma vie active dans la sphère
                pétrolière, en prospection puis en forage d’exploration.
                Le problème n’est pas là !
                C’est bêtement une question de retour sur investissements (R.O.I.).
                Le jour ou l’extraction d’un baril de brut dépassera ce que le consommateur
                sera prêt ou capable de payer l’extraction cessera car il vaudra mieux placer
                ses investissements ailleurs, même s’il reste des centaines de milliards de
                barils sous terre, c’est à peu près comme s’ils étaient sur la lune.
                En 1900 le R.O.I était de 100, 1 dollar investi en rapportait 100, il est
                aujourd’hui en moyenne mondiale de l’ordre de 6 à 7 et il est calculé que
                lorsque le R.O.I sera à 3 quasiment toute l’activité pétrolière cessera.
                Il ne restera plus alors qu’une activité marginale encore capable d’alimenter
                certains secteurs de l’industrie pour des usages nobles à haute valeur
                ajoutée et ce moment-là est plus proche que ce que beaucoup pensent.
                Le successeur sera le gaz parce qu’il y en a vraiment beaucoup et
                qu’une partie importante proviendrait d’une genèse naturelle dans les
                tréfonds du manteau, origine abiotique donc (voilà, c’est dit, sujet tabou !).
                Les preuves scientifiques sont évidentes, la recherche théorique et
                pétrolière russe est très avancée sur ce sujet car en Russie, la Sibérie
                est sur un emplacement hautement favorable à ce type de genèse.
                D’ailleurs la majeure partie des zones nord-sibériennes est de nature
                métamorphique, tout comme la Scandinavie, le Groenland, certaines
                régions d’Iran ou justement les réserves de gaz sont énormes.
                Ça n’étonne personne de constater qu’il existe d’énormes réserves
                de méthane dans des régions ou il n’y a pas eu de dépôts sédimentaires
                organiques, du fait même de la transformation métamorphique...
                Bon j’arrête, je vais me faire incendier, c’est sûr !


              • Le421 Le421 19 janvier 18:42

                Le pétrole est trop cher, l’économie souffre...
                Le pétrole n’est pas assez cher, l’économie souffre...

                Y’a un moment où ça va bien chez les vampires ??

                Parce que nous, les pécores, on souffre tout le temps. Pétrole cher ou pas.


                • Croa Croa 19 janvier 23:48

                  Excellent article sauf un détail. L’auteur ne sait pas que le silicium est un truc qui se trouve partout et que donc en ce qui concerne ce matériau les problèmes sont autres.
                  Très peu de pays peuvent fabriquer les lingots de bases extrêmement purs aptes à être ’’gravés’’ pour en faire des circuits électroniques ou des cellules. Une fonderie de silicium c’est une salle blanche c’est à dire sans la moindre poussière. Le prix du silicium baisse toutefois régulièrement et ça ne peut que continuer. Normal : Ce prix n’a rien à voir avec le prix de la matière première, c’est celui du coût de sa préparation à 99,99% ! (J’exagère à peine.) Cependant avec les progrès techniques, ce coût ne peut que baisser, CQFD ! 


                  • zygzornifle zygzornifle 20 janvier 09:36

                    pas de panique le gouvernement est déjà en train de calculer la prochaine augmentation des taxes .....

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