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Accueil du site > Actualités > International > Les Etats-Unis pourraient-ils déclencher une guerre nucléaire (...)

Les Etats-Unis pourraient-ils déclencher une guerre nucléaire ?

 Paul Craig Roberts a exercé diverses responsabilités dans l’administration américaine, notamment au trésor sous Reagan, puis dans de prestigieux journaux, avant de tomber en dissidence et de se livrer à une critique sans concession (voir son billet du 8 juillet 2012) de ce qu’il nomme l’hubris de Washington, autrement dit la politique expansionniste et agressive des Etats-Unis depuis 2001, avec comme conséquences intérieures un délitement social, une dette colossale et peut-être une dépression comme ce fut le cas lors de la décennie qui suivit 1932. Les gouvernements américains sont responsables d’une gabegie militaire suite aux interventions en 2001 en Afghanistan et en 2003 en Irak. A l’origine, selon Roberts, deux prétextes fallacieux. Au final, un Irak déstructuré miné par une guerre civile permanente et un conflit qui n’a pas été gagné en Afghanistan, pays promis lui aussi à la guerre civile. Tarif de ces deux interventions, 6 000 milliards de dollars selon l’économiste Joseph Stiglitz. C’est à peu près le PIB européen annuel et aussi le PIB américain. Traduction : pendant la décennie 2000, un Américain a travaillé un an pour financer ces deux conflits. Décryptage : ce n’est pas tout à fait exact, il a travaillé disons six mois pendant cette décennie mais il devra doubler la mise et travailler six mois de plus pendant la décennie 2010 pour rembourser la dette qui a permis de financer la guerre. De plus, les Etats-Unis interviennent dans d’autres pays, Yémen, Pakistan, Afrique, au mépris du droit international. Allez savoir, Barack Obama n’a peut-être pas rompu avec la doctrine Bush et le comité Nobel devrait s’interroger, surtout que ça fait trois bourdes depuis qu’ils ont décoré du prix de la paix un escrologiste, al Gore, un arnaqueur des pauvres, Yunus et un type qui envoie des drones tuer des tas de gens, Obama. A se demander si le prochain Nobel de la paix ne sera pas un type qui aura déclaré la guerre aux sages d’Oslo, dirait avec malice Desproges.

 Après, comme le dit si bien Roberts, on s’étonne qu’il n’y ait pas d’argent pour la sécurité sociale, les bons alimentaires, l’éducation. La situation des Etats-Unis ne ressemble pourtant pas à celle des années 1930 et pourtant, ce pays est en dépression au vu de l’état de la société. Il faudrait introduire deux notions pour expliciter deux époques. 1930, grande dépression avec effondrement. 2010, grande dépression sans effondrement. Quelques chiffres. En 2011, l’emploi américain est de 1 million supérieur à celui de 2001. Décryptage : il faut prendre en considération l’augmentation de la population et donc au final, le déficit d’emploi se chiffre à 15 millions de travailleurs manquants. Autre donnée livrée par Roberts, sans doute contestable dans son principe mais utile pour comparer ; fin 1980, juste avant l’élection de Reagan, l’index de misère était de 22. En 2012, il est, en utilisant la même méthode de calcul, de 27. Le verdict paraît acquis. Les Etats-Unis ont une économie en voie de « collapse », terme qu’on peut traduire par implosion ou effondrement mais il faut se méfier des mots car ils ne disent pas le réel même s’ils font peur, comme chez nous cette rigueur qui, décrétée ou pas, ne change en rien la situation du pays. D’après Roberts, l’économie réelle, celle qui se traduit dans les faits par de la croissance et de l’augmentation du niveau matériel, n’a pas progressé depuis 2001, malgré les chiffres officiels fournis par l’administration. Autre détail important, la perte de 3.5 millions d’emplois industriels (qui font le revenu des classes moyennes), substitués par des emplois peu qualifiés, aide sociale, ménage, petit job, soins ambulatoires, barman… Après le rêve des classes moyennes de 1960, voici le marasme des classes pauvres, de plus en plus nombreuses.

 Sur le plan géopolitique, les BRICS, Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, sont étonnés de l’inconscience économique des Etats-Unis et songent à destituer le dollar de son hégémonie. Quant au Japon, il vient de se décider pour un partenariat privilégié avec une Chine jaugée à un rang économique égal à celui des Etats-Unis. J’ajoute pour ma part un autre détail recueilli dans l’une des dernières livraisons de Courrier International ; Les Etats-Unis n’exercent plus la même fascination auprès des Japonais qui, s’ils continuent à apprécier les valeurs américaines, ont pris une sacrée distance avec la culture yankee. La situation tracée par Roberts semble paradoxale car les Etats-Unis continuent à déployer et entretenir des bases militaires, aux Philippines, en Thaïlande, en Australie… pour notamment cerner la Chine, mais se trouvent de plus en plus isolés au niveau diplomatique et peut-être même en disgrâce. On a pu le constater avec la question de la Syrie et les relations russes et chinoises. L’Europe quant à elle est sur la corde raide et n’a pas les moyens d’une politique internationale autonome. Pour info, je livre un autre détail sur les diverses manipulations des services américains et un trouble jeu au Mali où une intervention occidentale se prépare (configuration comparable à l’Afghanistan de 2001).

 Les écrits livrés par Roberts et notamment son billet sur le chaos sont très instructifs pour nous, citoyens du monde épris de liberté. Roberts est un électron libre que je décrirais volontiers comme un gauchiste conservateur, proche de Reagan qu’il admirait, économiste prisé et même décoré en France de la légion d’honneur par Edouard Balladur en 1987 ; mais il a des convictions très radicales, regrettant d’avoir été un compagnon du parti républicain au vu de ce qu’est devenu cette formation avec GW Bush et son entourage de néocons dont il compare le cerveau à celui des partisans d’Hitler. Voilà donc un Américain couillu qui décoiffe ! Critiquant férocement les visées américaines sur l’Europe, le Canada, l’Australie et même la Géorgie et l’Ukraine. Nos chantres des droits de l’homme, de BHL au sympathique D-.S. Schiffer d’Agoravox, feraient mieux de s’intéresser à ce qui se trame aux States au lieu de pleurer sur le sort de Oulia Timochenko. Et de lire Roberts concluant que : « Si les Etats-Unis poursuivent leur efforts visant l’hégémonie sur le monde, nous sommes gagnés par le sentiment que ce pays se rapproche d’un stade de Gestapo, c’est-à-dire d’une position sans loi, brutale, impitoyable, indifférente et même hostile à la condition humaine et aux droits de l’homme »

 La conclusion de Roberts ne refuse pas le catastrophisme et pour reprendre un thème cher à Jean-Pierre Dupuy, souhaitons que ce catastrophisme soit éclairé et donc utile pour prévenir le pire. Voilà ce que dit Roberts. Les Etats-Unis sont dans un état de dépression et de chaos économique. Sur le plan géopolitique, ils n’ont pas réglé la démocratie en Irak ni en Libye alors que sur le plan militaire, ils n’ont pas réussi à se défaire de quelques milliers de Talibans armés sommairement. Cela ne les empêche pas de montrer les biceps face aux Russes, aux Chinois et surtout aux Iraniens. Ce qui signifie qu’en cas de conflit, ils n’auraient pas d’autre solution pour l’emporter que l’arme nucléaire. D’ailleurs, certains ne s’en cachent pas, comme le stratège néocon Bill Kristol auteur de cette formule qui fait froid dans le dos car la guerre ne sera plus froide : « à quoi peuvent bien servir les armes nucléaires si on ne peut pas s’en servir ? », phrase à laquelle on pourrait ajouter le principe de Gabor, tout ce qui est techniquement possible sera réalisé un jour.


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35 réactions à cet article    


  • rhea 1481971 12 juillet 2012 06:44

    Pour information : la photo illustrant le texte est une explosion nucléaire atmosphérique française au dessus de l’atoll de Mururoa le 14 aout 1971 d’une énergie dissipée environ de 900 kilotonnes de TNT , bombe qui avait le nom de rhéa. Présent à l’époque dans la proche banlieue de l’essai.


    • Robert GIL ROBERT GIL 12 juillet 2012 08:44

      Aujourd’hui menacé par sa propre crise, le capitalisme US continue follement à accélérer ses contradictions. Celles-ci le mènent soit à sa propre perte, soit à la seule issue possible : la guerre mondiale................

      http://2ccr.unblog.fr/2012/01/27/declin-us-et-guerre-mondiale/


      • Croa Croa 12 juillet 2012 11:04

        Parce qu’avec la guerre il ne va pas à sa perte aussi ?


      • Robert GIL ROBERT GIL 12 juillet 2012 15:32

        ils esperent sans doute relancer leur economie et detruire celle des autres...


      • Hervé Hum Hervé Hum 14 juillet 2012 01:10

        @ Croa

        L important est de savoir qui perd le plus !

        Pour les dirigeants US, ce qui importe le plus est de défendre leur modèle économique. L effondrement du dollar serait pour l opinion US une déflagration égale à une explosion nucléaire et menacerait le pays du chaos.

        Attaquer l Iran, ennemi officiel et annoncé de longue date (c est le joker !) de l Amérique permet de détourner l attention et d imputer à cette action l abandon du dollar par les pays du BRICS. Bref, de sauver les apparences. Et en même temps de ressouder la patrie autour de son drapeau.

        De cette attaque s ensuivra un gel des relations internationales touchant l économie, mais sans doute pas une guerre nucléaire mondialisée. De plujs, les USA est le pays le mieux équipés pour supporter une guerre nucléaire.

         Mais surtout, un pays en situation de guerre n est jamais en crise sociale et économique. 

        Conclusion, face au risque d implosion intérieure, je crains que les dirigeants US choisissent l explosion extérieure. Car je ne crois pas que ces derniers soient près à renoncer à leur pouvoir et leur monopole sur la richesse matérielle pour sauver leur pays du chaos social.


      • robin 12 juillet 2012 08:57

        Dans un pays où un président soit-disant prix Nobel de la Paix (impliqué dans un nombre garndissant de guerres de conquêtes) on peut voter le NDAA , forme moderne de la lettre de cachet, tout, hélàs, est possible.


        • Hervé Hum Hervé Hum 12 juillet 2012 09:39

          La superpuissance des USA était lié à celle de l URSS. L effondrement de l un annonçait l autre. Il y a 15 ans, cela faisait rire mes amis.

          Aujourd hui, si les pays du BRICS décident de renoncer au dollar il faut s attendre à ce que les USA les prennent de vitesse et déclenchent un guerre nucléaire contre... L Iran.

          Car les gouvenants US ont toujours à coeur de se justifier auprès de leur opinion publique. De se donner « bonne conscience ».

          Et effectivement cela peut arriver très vite.


          • eziodu57 30 octobre 2012 22:10

            Seulement les USA ne sont pas comparables à l’URSS. L’Union soviétique était un ours de pacotille qui servait uniquement de bouc émissaire à l’impérialisme US à tel point que les US avaient peur qu’elle ne s’effondre trop vite. Les USA sont un empire privé dirigé par Wall Street et dont les origines remontent à l’impérialisme british du 19ème. Or au 21ème siècle on ne peut plus vraiment parler d’opposition USA-Russie. Poutine qui a massacré les Tchétchènes est comparable à Bush qui détruit l’Afghanistan et l’Irak, guerres poursuivies par son successeur. Le gouvernement US ne détermine pas ses orientations politiques, c’est le CFR, le Conseil en Relations Etrangères qui le décide et le CFR, c’est Wall Street. quant au BRIC, il est composé de l’Inde, pays membre du Commonwealth, le nouveau nom de l’Empire GB et du Brésil qui n’est pas vraiment une alternative au système. Pour l’Iran, il n’est pas révolutionnaire pour deux sous : il a reconnu le CNT en Libye et a applaudi à la chute de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Il a également appuyé la nomination de Rachid Ghannouchi en Tunisie. Dois je rappeler que l’ayatollah Khomeyni était un agent du MI6 lié aux Frères musulmans et que Mahmoud Ahmadinejad est un membre des Pasdaran soit un Etat dans l’Etat en Iran ? Ahmadinejad qui n’a de cesse que d’annoncer le retour du Mahdi depuis son élection !


          • slipenfer 12 juillet 2012 09:49

            sacré Bernard
            J’ai bien rigolé et je te remercie. smiley

            Une journée qui commence bien,c’est génial la vie


            • slipenfer 12 juillet 2012 10:17

              @ nanar le fêtard qui vie pénard ..  smiley

              je te met ce lien et te souhaite une bonne et très agréable lecture 

              il faut parfois, savoir perdre son temps avec efficacité

              « L’écriture du Livre de Vie est le plus grand événement depuis la naissance de l’Humanité  »

              ce serai dommage de raté cela Non.. ?


              • leguminator 12 juillet 2012 11:34

                Sans ’bouclier’ anti-missile digne de ce nom, ils n’ont aucun intérêt à se lancer dans ce genre d’aventures.


                • Ollisters Ollisters 12 juillet 2012 17:29

                  Et s’il était déjà opérationnel au dessus de l’ Amerique du nord ?

                  il peut être stratégique de laisser croire a « l’ennemi » qu’ils sont plus faible que la réalité.
                  De toute façons ce ne serait pas stratégique de dévoiler toutes la puissance de leur armement, car les rivaux prévenus, orienteraient logiquement leurs recherches et productions pour contrer ces technologies.

                  Vu l’arrogante confiance dont ils font preuve, il y a fort a parier que les U.S.A ont des joker dans la manche.

                  << L’art de la guerre est le Tao de la duperie. Ainsi quand vous êtes capable, feignez l’incapacité. >> (extrait du chapitre 1 de l’art de la guerre par Sun Tse)


                • citoyenrené citoyenrené 12 juillet 2012 12:37

                  article intéressant,

                  les usa étant une bête blessée, ils (les militaires et néocons) sont prêts à tout, si la survie du dollar passe par une nouvelle guerre mondiale, ils n’hésiteront pas une seconde

                  leur agissements présents, déstabilisation et autres, relèveraient du « chaos constructeur »....je ne sais plus où j’ai lu que telle était leur doctrine actuelle

                  quoi qu’il en soit, ils sont un problème majeur pour la paix mondiale

                  à nos concitoyens américains de changer leur pays par une refonte de leur système de gouvernance


                  • robin 12 juillet 2012 13:40

                    Ce pauvre Paul Craig Roberts ne va pas tarder à goûter aux joies des camps de la FEMA si il continue sur ce ton.......lol !


                    • Soi même Soi même 12 juillet 2012 13:43

                      C’est bien connue, l’Enfer c’est la Terre, car c’est bien le lieux où toutes les tentations humaines peuvent s’exprime. cela ne surpend pas plus que dans le camp averse, il y a aussi des foudres de guerre !
                      Un préoccupation qui exprime une crainte bien humaine, de ses fous et de ses montres arrivent à leurs fins !


                      • slipenfer 12 juillet 2012 14:54

                        mon bon l’ermite
                        tu ne me met pas dans tes statistiques de manipulation de cerveau zombifier
                        s’il te plait 
                        j’aime pas trop les cases.
                        Merci a toi  smiley

                        amuse toi bien


                        • travelworld travelworld 12 juillet 2012 16:25

                          Une guerre nucléaire signifie un hiver nucléaire ,une solution définitive au réchauffement climatique ! définitive également pour nous !!!
                          Cet article ne mentionne pas le rôle délétère de la déréglementation des banques par Reagan (école de Chicago, Milton Friedmann) qui nous a conduit à la folie financière actuelle.
                          S.Spielberg disait que les US étaient un pays de braves gens dirigés par des fous (époque Bush).
                          Le problème c’est que ces "braves l’on réélu !
                          Les US ne font plus rêver grand monde !!!!! C’est dommage c’est un beau pays...


                          • slipenfer 12 juillet 2012 16:35

                            très cher et respecté Bernard

                            L’ humour n’ayant comme simple limite que l’horizon d’un trou noir
                            et comme complexité le nombre infini de particules.

                            je te fait donc par des réflexions d’ anges qui tournoies au dessus de mon
                            cercueil 

                            révélation surprenante

                            j’entends des voix qui me disent

                            BERNARD BOIT DU PINARD .. smiley

                            les anges sont facécieux


                            • Soi même Soi même 12 juillet 2012 16:44

                              Encore qui se prend pour Spiderman !


                            • slipenfer 12 juillet 2012 18:16

                              Encore qui se prend pour Spiderman !

                              je te donne par mes postes le droit d"être plus incisif
                              soit donc à la hauteur

                              si tu le peut.. smiley


                              • slipenfer 15 juillet 2012 10:16

                                c’est mieux... smiley  smiley  smiley


                              • jacques lemiere 12 juillet 2012 20:27

                                oui, ils pourraient.

                                Et moi aussi si j’avais une bombe nucléaire.

                                • Gandalf Claude Simon 12 juillet 2012 22:13
                                  Bel article prouvant le ridicule de la géostratégie en général, bien pratique pour effrayer les petits commentateurs par temps de pluie déprimante.



                                  • Gandalf Claude Simon 13 juillet 2012 09:34
                                    Les Etats-Unis pourraient-ils déclencher une guerre nucléaire ?
                                    à quoi peuvent bien servir les armes nucléaires si on ne peut pas s’en servir ?

                                    L’article est construit autour de ces deux questions : et elles sont ridicules. La priorité sur le champ de bataille des troupes américaines est de préserver la vie de ses soldats. Pourquoi iraient-ils risquer l’existence de leur nation ?

                                    Hiroshima et Nagasaki ont signé l’acte de mort d’une guerre employant la force la plus absolue. La guerre froide le prouve.

                                    Depuis, ils mènent des guerres respectant en général les paradigmes suivants : « nos valeurs contre vos ressources », « nos valeurs contre vos valeurs ».





                                  • Al West 13 juillet 2012 00:12

                                    Y ayant passé du temps, je copie/colle ce que je viens de rédiger sur un autre article à propos de la récente rencontre Kissinger - Poutine et du nucléaire :

                                    Et bien j’en pense avant tout que j’aurais adoré y assister ! C’est vraiment un univers qu’il me plairait de découvrir, car les pauvres citoyens que nous sommes en sont réduits à la spéculation. Sur le plan dialectique, de la stratégie et des véritables relations entre deux hommes de cette stature, cela doit être mythique. Car je considère que Poutine est plus maître en sa maison que ne l’est Obama, et que la rencontre Poutine - Kissinger est cent fois plus importante que la rencontre Poutine - Obama.

                                    En ce qui concerne sa signification, je pense que les Etats-Unis paniquent. Je veux dire, la relève de la vieille école. Il y a de nombreuses voix discordantes parmi les vieux loups de mer tels que Kissinger ou Brzezinski. A mon sens, l’administration actuelle est très hésitante, et je pense que Kissinger, qui se consacre maintenant au secteur privé avec Kissinger Associates, vient en renfort pour le gouvernement. C’est l’homme de la guerre froide du côté des Etats-Unis et il a eu à faire face à la menace nucléaire.

                                    C’est d’ailleurs lui qui a écrit Nuclear weapons and foreign policy en 1957 (autant dire qu’il a l’expérience de la question). C’est aussi lui qui était l’un des plus grands partisans et défenseurs de la guerre limitée (limited war), et notamment du point de vue nucléaire, mais d’un point de vue rassurant ! En effet, cette entrevue de Kissinger explique sa vision des choses :

                                    http://www.infowars.com/henry-kissi...

                                    Son principe de base, c’est qu’une guerre totale ne profite à personne. De là il en a déduit le concept de guerre nucléaire limitée, rationnelle, au cours de laquelle il y aurait des accords avec l’ennemi pour ne pas sombrer dans l’Apocalypse. Ce qui est inquiétant c’est que les Etats-Unis auraient envisagé une telle frappe régionale sur l’Egypte au moment de l’épisode de l’USS Liberty (en complot avec Israël). Mais sa doctrine découle de son axiome de base : une guerre totale serait terrible pour tout le monde. Je pense que cette hypothèse est toujours à la base de sa réflexion, et que c’est possiblement à ce propos qu’il essaie de sonder Poutine, qui partage la même vision. La question est donc la suivante : si l’administration actuelle des Etats-Unis ou Israël était assez folle pour employer l’arme nucléaire dans un conflit régional, quelle serait la réponse des Russes ?

                                    Et là le danger est dans l’interprétation des positions du camp ennemi. Je m’explique : Poutine et la Russie de façon générale, sont extrêmement respectueux du droit international, essaient toujours de calmer les tensions au lieu de participer à une escalade des tensions et ne jurent que par l’ONU qui est selon eux l’unique plate-forme de dialogue. Bien que les Etats-Unis s’en passent allègrement. Mais il y a un sujet sur lequel les Russes n’ont pas transigé, c’est le bouclier anti-missile. Ils ont effectivement envisagé des frappes sur les sites du bouclier en Europe. Ce qui correspond non seulement à une escalade des tensions diplomatiques mais aussi à un acte de guerre ouverte, alors qu’ils ne jurent que par le droit international.

                                    Et on voit bien que sur les autres sujets (Syrie, Iran, etc.), ils ne font rien d’imprudent (pas de livraison d’armes, pas d’accroissement de la présence militaire, pas de dérapages diplomatiques).

                                    A mon sens, le nucléaire est une ligne rouge que Poutine ne laissera pas franchir, même pour un conflit régional. Et c’est dans cette optique qu’il faut interpréter le tir du Topol-M sur une distance de 2000 km d’il y a un mois depuis Astrakhan sur le Kazakhstan. C’est incroyable, personne n’en parle mais c’est bien plus important que l’éventuel tir de Boulava en Méditerranée. Pourquoi Diable la Russie aurait besoin d’utiliser un Topol-M sur 2000 km ?! M’est avis que Poutine a fourni une réponse à Kissinger.

                                    Dans ces conditions, je suis plutôt content de voir Kissinger revenir dans le jeu des relations diplomatiques, parce qu’il est rationnel. La nouvelle génération Clinton est complètement dégénérée, et si elle pouvait perdre de l’influence au profit des vieux loups de mer pragmatiques, le monde ne s’en porterait que mieux.

                                    Voilà mon avis sur la question du nucléaire.


                                    • bert bert 13 juillet 2012 00:13

                                      les usa 

                                      c’est quand même un pays de ploucs
                                      capable de construire des barrages hydroélectriques pour jouer au poker

                                        • jluc 13 juillet 2012 01:05

                                          "Les États-Unis sont dans un état de dépression et de chaos économique."

                                          40 à 50 millions d’américains ont besoin d’une aide médicale internationale. Ils font la queue par centaines dans les centre d’aide bénévoles : c’est un reportage de TF1... forcément véridique !
                                          Bientôt chez nous ?


                                          • kemilein 13 juillet 2012 02:47

                                            «  »Sur le plan géopolitique, ils n’ont pas réglé la démocratie en Irak ni en Libye alors que sur le plan militaire, ils n’ont pas réussi à se défaire de quelques milliers de Talibans armés sommairement«  »

                                            heu parce qu’ils ont été en irak en afganistan et en libye pour y apporter la démocratie ? oO
                                            ils ont pourtant dis qu’il fallait luter contre le terrorisme et l’autre c’était pour des raison humanitaires, vous n’écoutez pas bien TF1.

                                            soyons sérieux ils y ont été pour les matières premières, si eux les ont les autres les ont pas, c’est aussi simple. et ça n’a rien avec un peuple de beauf d’américain, z’en ont rien a battre et il ne le craigne pas non plus.


                                            • pens4sy pensesy 13 juillet 2012 06:15

                                              La démocratie est aujourd’hui totalement détruite aux USA.

                                              Le Congres US est largement corrompu et aux ordres des lobbyistes qui travaillent pour l’industrie militaire. La collusion politiques-militaires est a son apogée.

                                              Il n’y a plus guère de moyen d’arrêter la machine infernale que Bush a déclenchée avec le 11/09 et il faudra bien aller jusqu’au bout de cette logique de destruction massive des populations qui les encombrent.


                                              • ALasverne ALasverne 14 juillet 2012 18:48

                                                Les élites US semblent encore inspirées par le PNAC et ne prennent pas conscience, ne veulent pas prendre conscience que leur permanente hégémonie ruine le peuple américain. Ce qu’elle soutient, en plus de la domination politique, c’est l’omniprésence économique des multinationales qui sont au principe de la faillite de l’économie US - notamment les banques, les pétroliers et industriels, qui ont capté les profits, détruit les salaires et les couvertures sociales, massivement délocalisé.

                                                Les faits sont têtus et ces fanatiques sont bien capables de précipiter sur cette réalité qui leur résiste des bombes nucléaires pour ne pas devoir céder et réaliser une sortie « par le haut », selon eux, en appliquant au maximum la doctrine de la destruction créatrice chère à Schumpeter...
                                                A moins que le plus directement concerné, le peuple américain réussisse à surmonter ses divisions et arrête le massacre en cours.


                                                • Leo Le Sage 14 juillet 2012 20:35

                                                  @AUTEUR

                                                  Ils peuvent bien sûr appuyer sur le bouton nucléaire, mais sur le plan stratégico-prospectiviste, ils n’y ont aucun intérêt.
                                                  On se souvient qu’ils ont eu l’intellignce de ne pas frapper la Libye, mais on pris soin de laisser le sale boulot à la France et la Grande Bretagne.
                                                  Lorsque je lis donc des articles qui prétendent le contraire j’en ris.
                                                  Les américains ont compris depuis la fin des années 90 qu’ils devraient changer de paradigme.
                                                  Et sur le terrain, ils font beaucoup de diplomatie contre l’Iran par exemple.
                                                  La diplomatie ne consiste d’ailleurs pas à dénigrer l’Iran mais plus à dire :
                                                  nos produits sont bons par rapports aux autres pays, par exemple.

                                                   
                                                  Cordialement

                                                  Leo Le Sage


                                                  • chmoll chmoll 15 juillet 2012 08:28

                                                    bush est de retour ?


                                                      • TheGrimReaper 16 juillet 2012 03:04

                                                        Je ne trouve pas cet article très cohérent. Tu évoques la possibilité d’une attaque nucléaire seulement à la fin. Tu as tendance à te perdre dans des divaguations qui n’ont aucun rapport les unes aux autres. 

                                                        Au niveau des arguments, je suis pas sûr que les Etats-Unis est vraiment intérêt à balancer une troisième bombe nucléaire.

                                                        D’une part, leur hégémonie planétaire va plus en rétrécissant qu’autre chose. J’ai du mal avec l’argument de la Gestapo mondialisé qui sème terreur et désolation. Le conspirationisme a ses limites.

                                                        D’autre part, les Etats-Unis vont être contraint de limiter les dépenses. Et cela passe notamment, et je l’espère en grande partie, par des coupes dans le budget militaire. 

                                                        Enfin, avant de soutenir la thèse d’une nouvelle attaque nucléaire, je pense que tu aurais du te renseigner un peu plus sur la notion de « dissuasion nucléaire ». Je ne vois pas pourquoi l’utilisation de l’arme nucléaire se ferait plus pressante aujourd’hui que pendant la guerre froide. 

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