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Mise au point sur la Russie de Poutine à l’attention des Européens

Cela fait déjà quelques années que la Russie se trouve être l’objet des pires fantasmes occidentaux, succédant ainsi bien parfaitement à l’URSS qui a tenu le rôle d’épouvantail du « monde libre » des décennies durant. Depuis que Vladimir Poutine a pris le pouvoir en 1999, le phénomène se révèle avec encore plus d’acuité : la Russie serait redevenue la bête noire, le monstre géant qui menacerait la sécurité de l’Hexagone européen, pays tout à la fois violent et antidémocratique par essence - barbare pour ainsi dire. L’inconscient des Occidentaux est gorgé à souhait d’une imagerie plus que négative à propos de ce pays ; à peine le nom de « Russie » est évoqué que les chars soviétiques, les rues froides et pauvres, les enfants tchétchènes, les millionnaires arrogants, les mafias cruelles, les journalistes assassinés et les durs visages des Slaves viennent assaillir notre mental d’images aussi épouvantables que comminatoires. A côté de celles-ci, rien ne dépareille plus que celle de la richesse occidentale, heureuse et moderne à souhait. 
Poutine vient parfaire l’image éminemment négative du plus grand pays au monde véhiculé en Europe. Comme celle-ci tremble face à celui dépeint comme un nouveau tsar ! On l’affuble volontiers d’assassinats d’opposants politiques, de génocidaire en Tchétchénie, de conquérant en Géorgie ; bref, de tout ce qui conditionne pour nous un odieux dictateur ; et tous ces préjugés viennent se mêler et s’accroître afin que nous le haïssions, nous, les Occidentaux bons démocrates et bons humanistes que nous sommes.

Il est donc temps de faire une petite mise au point sur la sainte Russie et sur ses dirigeants actuels que la plupart des médias accablent tant. D’abord, il faut entrevoir l’Histoire : la Russie sort du plus grand système totalitaire que le monde ait connu, du plus systématique et du plus meurtrier (20 millions de morts en URSS d’après Stéphane Courtois et son Livre noir du communisme), un système totalitaire dont la base idéologique fut importée de l’étranger et même financée par l’Occident (la révolution de 1917 fut financée par des banquiers américains), base idéologique dont l’Europe est loin de s’être débarrassée tant son système scolaire, politique et syndical se trouve encore noyauté par les trotskistes et le Parti communiste. Ensuite, il ne faut jamais oublier que la Russie fut au bord de la destruction lorsque l’Etat soviétique s’écroula en 1991, le pays perdit plus de la moitié de sa production, le chômage devint endémique et laissa la population dans une perdition des plus totales. La période Eltsine coïncide avec la mainmise de quelques oligarques sur les richesses et avec l’apogée des mafias, tout ça chaperonné par les nombreux conseillers occidentaux qui se précipitèrent en Russie dès que le communisme s’effondra, telle des vautours sur un cadavre. Lorsque Vladimir Poutine accéda à la présidence, c’est un pays exsangue et sans foi en l’avenir qui lui échut alors.  

On s’imagine souvent Poutine comme un mafieux lui-même entouré de mafieux. C’est une terrible injustice lorsqu’on songe que c’est lui qui fit exiler les oligarques pour que les richesses reviennent à l’Etat - et donc au pays, lorsqu’on songe que c’est lui qui mena une lutte implacable contre les mafias et qui réduisit du coup l’insécurité terrible qui régnait en Russie sous Boris Eltsine. Par une politique économique plus interventionniste et son appui sur l‘énorme potentiel énergétique de son pays, il galvanisa les activités russes et fit redémarrer la croissance. Par une politique du retour de la Russie sur la scène internationale, il redonna fierté et patriotisme au peuple russe, expédients des plus utiles pour la bonne marche d’une nation et que nous avons, nous Européens, oublié depuis bien longtemps. Enfin, sa politique internationale cherche à apporter au monde une alternative à l’unipolarité du système atlantiste.
Quoi que l’on pense des méthodes et du style de Vladimir Poutine, ses résultats politiques ne peuvent être contestés et, si les inégalités sociales restent très fortes en Russie, le fait est qu’elles ne cessent de diminuer alors que chez nous elles ne cessent de se creuser. Peut-être serait-il utile que nous réfléchissions à cela avant de donner des leçons…
Mais justement, sur les méthodes et le style de Vladimir Poutine, encore faut-il aussi arrêter de fantasmer. Certes, son style virile et décidé choque nos habitudes occidentales du fait que, en politique, nous ne soyons plus coutumier que des postures compassionnelles, émotionnelles et people. Mais cette posture-là n’est-elle pas à l’image de ce que fut très longtemps la politique lorsqu’elle était encore efficace, c’est-à-dire virile et puissante ? Sur ses soi-disant méthodes antidémocratiques dignes du KGB, là encore notre angélisme bien-pensant n’est pas de mise. Dans un pays gigantesque qui sort d’un système totalitaire et qui est gangrené par des mafias, ne demande-t-on justement pas un homme à poigne ? En tout cas, la popularité de Poutine en Russie anéantit nos réserves quant à l’efficacité et les méthodes de l’homme… et que l’on arrête de faire l’autruche, cette popularité n’est pas que le fruit d’une propagande diabolique : les effets sont là, bien présents, la Russie actuelle en pleine croissance en témoigne.

La question que les Européens devraient se poser, c’est le pourquoi de cette image négative de la Russie et de Poutine. Pour résoudre la question, il suffit de comprendre les enjeux qui soutiennent le problème.
Les Etats-Unis ont mené une lutte implacable contre l’Union soviétique, et cette lutte est loin de s’être terminée avec l’effondrement de celle-ci. Une politique inexpiable d’étouffement existe toujours et, en Géorgie, en Ukraine, en Pologne ou dans les Pays baltes, une volonté indue cherche à y établir des bases américaines stratégiques et économiques. Les Russes, voyant leurs frontières menacées, réagissent et se radicalisent. Comment les Etats-Unis réagiraient-ils si le gouvernement russe faisait de même au Canada ou au Mexique ?
Surtout, les Américains craignent absolument le rapprochement de l’Europe et de la Russie. Une unification de l’Eurasie fait aussi peur aux Américains que l’unification européenne aux Anglais du XIXe siècle. La comparaison est pertinente si l’on songe que les Etats-Unis ont, depuis 1945, récupéré le rôle international qui était autrefois dévolu à l’Angleterre ; seule l’échelle change, potentiel de puissance oblige.
Partant de ce postulat, l’intérêt des Américains est de nous faire accroire que la Russie représente une menace terrible. Gageons bien qu’elle a assez de pouvoir au niveau économique et médiatique pour que nous adoptions ce point de vue. De plus, il suffit de faire passer son dirigeant pour un odieux dictateur et le tour est joué, comme en Irak, et comme partout où elle voulut intervenir. Le tour est joué.
Pour ce qui est de l’image de Poutine, celle-ci se trouve encore plus détériorée par tous les ennemis qu’il a suscités : les anciens oligarques archi-milliardaires exilés à Londres, les néoconservateurs fort vindicatifs après que Poutine eut soutenu Chirac et Schröder dans leur condamnation de l’invasion d’Irak, les sionistes assez décontenancés du rapprochement de la Russie avec l’Iran, les atlantistes n’aimant pas trop que Chavez ait été reçu parfaitement à Moscou, etc. Tous ces gens ont un grand intérêt à faire en sorte que Poutine soit mal vu, et gageons aussi qu’ils aient la puissance pour que cela ne pose pas trop de problème. 

En ce qui concerne la crise géorgienne dernière, il faut bien se rendre compte que les grands perdants sont les Européens (comme d’habitude). Les Américains ont provoqué cette crise en soutenant plus ou moins implicitement le président géorgien afin de provoquer la réaction des Russes. De cette manière, les Américains - et surtout les néoconservateurs républicains - se replongent dans un climat de guerre froide ne pouvant que rehausser l’économie et la côte de McCain dans les sondages. Laissant l’Union européenne s’occuper des sanctions et de la faconde moralisatrice, les Etats-Unis sortent une fois de plus les grands gagnants.

Songeons bien, nous, Européens, que notre intérêt (autant économique, politique que culturel) n’est surtout pas de nous brouiller avec les Russes. Au contraire, il faudrait s’en rapprocher le plus possible afin que l’axe Paris-Berlin-Moscou soit efficient et puisse proposer une alternative au monde globalisé et assujetti à l’empire américain que nous connaissons aujourd’hui. L’intérêt de l’Europe le demande aussi car, face à tous les écueils qui se profilent pour sa sphère civilisationelle, rien n’est plus nécessaire que de construire cette grande Europe qui, selon les mots même du général de Gaulle, va de Brest à Vladivostok et non pas de Washington à Ankara.



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81 réactions à cet article    


  • cathy30 cathy30 10 septembre 2008 12:38

    article bien écrit. l’europe devra plier tot ou tard devant la russie tout en continuant ses coups tordus.
    En ce moment je lis Clerstream l’enquête de denis robert et j’ai lu p 77
    Cela fait suite à des visites d’huissiers hebdomadaires incessantes dont celle là :

    "-bonjour m robert, désolé...

    - encore les russes ?

    - eh oui ça vient de fribourg cette fois on vous réclame trois cent mille euros. ça ne vous inquiète pas ?

    - non pas vraiment.

    quelques mois plus tard, Lebedev et khodorkovski seront incarcérés à moscou pour fraudes fiscales et évasion de capitaux. Ils seront condamnés à neuf ans de prison par la justice de poutine. Il n’empêche, les huissiers continuent à se pointer régulièrement..."
    Drôle, non ?


    • Vincent Perrier-Trudov Vincent Perrier-Trudov 10 septembre 2008 15:15

      @ Cathy30

      Je pense que votre commentaire est un peu à côté de la plaque. Le fond de l’article est de dire que la Russie, contrairement à ce que veulent nous faire croire nos amis américains, n’est pas un danger, bien au contraire.

      Ce sont les russes qui ont avant tout souffert du communisme. Pas nous. L’intérêt de l’Europe est bien plus de trouver une forme de coopération renforcée avec une Russie que de suivre la politique conflictuelle de l’administration américaine actuelle.

      @ l’auteur,

      Je me réjouis de voir que je ne suis pas seul sur cette analyse. Que pensez-vous de ma proposition, que je développe sur mon blog www.vincentperriertrudov.fr, d’une Communauté Européenne du Gaz et du Pétrole à laquelle la Russie participerait ?

      Cordialement,


    • Julius Julius 10 septembre 2008 15:37

      > Ce sont les russes qui ont avant tout souffert du communisme. Pas nous.

      La moitié de l’Europe a également souffert. Du communisme et du colonialisme russe. Le communisme a disparu (à l’exception des salons néo-communistes), mais le colonialisme russe est encore présent.


    • cathy30 cathy30 10 septembre 2008 15:54

      Vincent
      je ne me sens pas du tout à coté de la plaque quand je cite un livre que je lis sur les escrocs financiers qui dépouille la russie. Poutine a besoin de tous ces fonds pour reconstruire son pays (souvenez vous du G7 et de l’humiliation Russe face aux sarcasmes des élus européens). Poutine n’a pas besoin de ce boulet qui est l’europe. La Russie est indépendante, même si De gaulle le voulait autrement.

      L’auteur a écrit un article de qualité mais complètement utopique.
      Je me réjouis du retour de la russie, cela veut dire pour nous européen un gage de paix face à une guerre contre l’Iran. Nous avons besoin des énergies fossiles de la Russie. Cela ne peut que calmer l’europe, et donc mettre les Etats unis en situation de faiblesse. Sachant bien sûr que la guerre de l’énergie n’est qu’une question de temps pour éclater et mettre les etats unis et l’europe à genoux.


    • micke micke 11 septembre 2008 09:08

      (en occident la théorie est que le petrole est fossile,
      en russie, la théorie est que le petrole est abiotique voir p ex http://www.leblogenergie.com/2007/10/ptrole-abioti-1.html)


    • iomej 10 septembre 2008 13:04

      "De Brest à Vladivostok et non pas de Washington à Ankara" : très belle formule !


      • sisyphe sisyphe 10 septembre 2008 13:13

        Article qui présente une bonne analyse. 

        On attend, chez les intervenants pro-atlantistes, le premier point Pavlov !
         smiley


        • Internaute Internaute 10 septembre 2008 13:23

          Le "on" et le "nous" que vous employez se limitent à la vingtaine de journalistes affiliés au CRIF qui dirigent nos médias. Ne leur donnez pas plus d’importance qu’il en ont.


          • el bourrico 10 septembre 2008 14:42

            Une chose m’a frappé, c’est le descriptif d’homme à poigne, viril, qui agit... et c’est la que je me dis : Marrant, les même qui ont élu Sarkozy pour "agir", les même qui suivent aveuglement les Etats-Unis pour leur interventionnisme musclé, bref, les mêmes qui portent aux nues ces qualités "d’action" qui caractérisent l’esprit "de droite",ces mêmes gens utilisent leur propres arguments retournés contre Poutine, qu’ils préfereraient voir en toutou bien docile.

            C’est pas mal dans le genre grand écart.

            Une sorte de jalousie refoulée ?



            Sinon oui, l’avnir pour l’Europe est de se rapprocher de la Russie, et de prendre quelques distances avec les USA. Une sorte de rééquilibrage


            • Julius Julius 10 septembre 2008 14:42

              Il ya un problème avec votre axe Paris-Berlin-Moscou et l’Europe de Brest à Vladivostok. Il a existé. L’axe Berlin-Moscou a créé la pire guerre dans l’histoire de l’Europe et l’Europe de Berlin (Est) à Vladivostok est un synonyme de l’Empire russe coloniale. Les expériences ne sont pas bonnes et la politique et la rhétorique des dirigeants russes (la quasi-totalité des exKGB) a un fort sentiment de déjà-vu. C’est pourquoi de nombreux pays préfèrent l’alliance qui contient Washington et pas nécessairement Moscou. Les gens n’ont pas oublié votre alternative au "monde globalisé et assujetti à l’empire américain". Après cette expérience, le choix atlantist est clair.

              La Russie sera bien accueillie, mais elle devrait adopter la manière civilisée et de ne pas prendre tous ses voisins comme les vasals.


              • finael finael 10 septembre 2008 14:58

                L’Ukraine n’est pas un voisin : Cest la Russie, de même que la Biélorussie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, etc ... et la Géorgie.

                 Ce n’est pas parce que l’on a profité de la chute d’un régime pour dépecer un pays que cela fait des "états" ainsi créés des pays véritables.


              • sisyphe sisyphe 10 septembre 2008 15:00

                Le point Pavlov est donc pour Julius !
                Il n’a pas fallu attendre trop longtemps...
                 smiley


              • Julius Julius 10 septembre 2008 15:08

                Vous étiez le premier.


              • Julius Julius 10 septembre 2008 15:31

                > L’Ukraine n’est pas un voisin : cest la Russie, de même que la Biélorussie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, etc ... et la Géorgie.

                Et la France est une région d’Allemagne.


              • finael finael 10 septembre 2008 18:20

                 Que diriez-vous si la Bourgogne (et en englobant la région Lyonnaise) devenait un état indépendant, reconnu par les "grandes puissances", tout comme bien sûr l’Alsace et la Lorraine, la Corse, la Catalogne, le pays Basque, Nice et la Savoie, la Bretagne ... et pourquoi pas la Guyenne ?

                 Vous ne porteriez sans doute pas dans votre coeur l’équivalent d’un Gorbatchev (0,1% de soutien) !


              • Julius Julius 10 septembre 2008 18:32

                > Que Diriez-vous si la Bourgogne (et en englobant la région Lyonnaise) devenait un État indépendant, reconnu par les grandes puissances ", tout comme bien sûr l’Alsace et la Lorraine, la Corse, la Catalogne, le Pays Basque, Nice et la Savoie, la Bretagne ... et pourquoi pas la Guyenne ?

                S’ils veulent, pourquoi pas ? Le divorce est parfois mieux que le mauvais mariage. Vous savez, il y avait des problèmes sans fin entre les Tchèques et les Slovaques quand ils vivaient dans un État commun. Les Tchèques pensaient qu’ils paient pour les Slovaques et les Slovaques pensaient qu’ils sont manipulés par les Tchèques. Les deux choses sont un peu vrai. Depuis la scission, les contacts sont excellents.


              • armand armand 11 septembre 2008 10:00

                L’Ukraine c’est la Russie... ben voyons, comme l’Algérie c’était la France.
                Que de propagande pour un empire colonial brutal et liberticide !


              • jocegaly 16 février 2014 09:27

                Vous, vous avez oublié de lire « La stratégie du choc » de Naomi Klein. En voici un aperçu sous forme de vidéo http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2012/04/05/23938275.html


              • Lapa Lapa 10 septembre 2008 14:46

                Votre article est fort bien écrit et réhausse le niveau de publication sur AV.

                Cependant il est encore biaisé par un fond anti atlantiste et pro russe qui reste trop binaire. Certes, vous essayez de contrebalancer l’effet de présentation de Poutine comme dictateur par nos medias mais je pense que vous exagérez cette image sensée être véhiculée. Poutine n’est rien d’autre qu’une homme fort dans un système conçu pour le faire rester au pouvoir jusqu’en 2016 minimum (il se représentera sûrement en 2012). Pour la majorité des occidentaux, la Russie était bien plus inquiétante quand elle était en déliquescence, avec un ivrogne à sa tête, la mafia aux affaires, la vente de matériels de l’armée pour payer la solde et les femmes qui fuyaient à l’ouest épouser un agriculteur breton. Sans oublier les affres de la guerre en Tchétchénie dont bizarrement on n’entend plus parler.

                De cette ère il n’en parait plus grand chose aujourd’hui au prix d’un pouvoir autoritaire "la démocratie souveraine" qui ferait jazzer s’il était reproduit en France, vous seriez sans doute le premier à le critiquer.

                La montée du nationalisme dans le pays n’est pas non plus des plus agréable et s’oppose un petit peu à l’intégration dans une "grande europe" dont la Russie n’a vraiment jamais fait partie (même si nous sommes sûrement plus proches d’eux que des USA je vous l’accorde) tout simplement par une question de taille et de poids. Sans oublier bien sûr les réticences des pays ayant connus le joug soviétique, encore que nous nous sommes bien rabibochés avec l’Allemagne alors pourquoi pas eux ? mais certains diront que notre ennemi naturel est plutôt l’Angleterre que l’Allemagne et que les relations Russo-polonaises pour ne citer qu’elles sont un peu plus compliquées.

                D’ailleurs cette union que vous appelez de vos voeux, la Russie y pense-t-elle ? L’UE n’est pas pour elle que simplement un marché de démocraties post industrielles mediatiques et incapables de s’entendre sur un sujet commun ? Comment croire qu’un état qui à l’air de défendre farouchement ses frontières car en voie d’étouffement (vous l’écrivez), va accepter de les voir disparaître ?

                Après tout, l’affaire géorgienne n’est peut être qu’une affaire d’image interne pour Poutine (pardon, pour l’ex PDG de Gazprom devenu président interimaire) et les USA avec en prime la mainmise sur des genres de trucs apellés gazoducs, oléducs et réserves de matières premières. L’excuse de se sentir menacé a toujours été invoquée par n’importe quel camp pour des opérations en territoire extérieur. Cherchez qui sont les gagnants et vous trouverez les instigateurs...

                La russie se trouve peut être très bien là où elle est , souveraine et redorée et n’a nullement besoin d’aller s’engoncer dans une Union Européenne. Avant de faire appel aux divisions russes pour désaméricaniser notre europe :D ; peut être faut-il se demander si la Russie a jamais montré un quelconque intérêt dans un rapprochement ?


                • finael finael 10 septembre 2008 18:26

                  Oui !


                • Breton8329 rol8329 10 septembre 2008 21:27

                  Je crois que vous avez raison et l’auteur de l’article aussi. Certes, la Russie n’a jamais témoigné une volonté farouche de se rapprocher de l’Europe. En tous cas, au moment présent parce que du temps de Gorbatchev, nous lui avions claqué la porte au nez. Mais le rapprochement entre état ne veut pas dire grand chose. La Russie sera toujours en Russie, l’Europe en Europe, les USA de l’autre côté de l’Atlantique et la GB de l’autre côté de la Manche. Et c’est probablement pour des raisons physique que nous nous sentons plus proche de la Russie que des USA : notre histoire commune a débuté bien avant Christophe Colomb.
                  Les états sont des monstres froids qui n’ont que des intérêts, indépendamment de l’amitié (précaire) que peuvent se porter les peuples. S’agissant du duo Europe-Russie, les intérêts sont bien identifiés :

                  - la Russie est un réservoir d’energie et de matières premières et sans ces ressources, il n’y a pas d’économie.

                  - Les USA sont une pompe à produits manufacturés qu’ils paient en monnaie de singe

                  - L’Europe est un réservoir de connaissance et de savoir faire dont la Russie à besoin (et les USA aussi, puisqu’ils pompent nos meilleurs éléments).
                  Le raisonnement est peut être caricatural mais il fait ressortir clairement notre intérêt. 
                  Pourquoi bouder la Russie qui peut nous apporter ce dont nous aurons de plus en plus besoin si nous voulons continuer à faire vivre notre économie ? Parce qu’elle menace l’hégémonie américaine ? Que nous apporte cette hégémonie ?
                  Difficile de résumer en quelques lignes l’ensemble de l’équation et la réalité ne se limite pas à un simple rapprochement/eloignement. Les relations Russo Européennes sont bien trop complexes. Par contre, les relations Americano Européennes deviennent tellement simple qu’on peut les résumer en un mot : asservissement. C’est probablement là le vrai problème.


                • Zawgyi 11 septembre 2008 09:04

                  Je trouve que ce commentaire est plein de clichés. On se croirait dans une cours d’histoire-géo de collège. Non, la Russie n’est pas seulement un réservoir d’énergie. C’est une puissance militaire et économique avec des populations éduquées et une croissance qui la fera bientôt dépasser notre Europe. Une Europe que vous présentez comme un réservoir de connaissance... La recherche en Europe est en pleine déliquescence et c’est oublier que la Chine ou le Japon, et les USA (eh oui désolé) sont bien plus à la pointe en la matière, que nous. Finalement ce serait plutôt l’Europe qui serait un simple marché de consommateurs que les USA. En dehors de cela, notre influence sur le reste du monde n’est qu’une question d’image. Avec le développement éconmique en Russie et un rapprochement prochain avec la Chine, l’axe des relations internationales va se déplacer à l’Est.


                • Julius Julius 10 septembre 2008 15:06

                  > Sans oublier bien sûr les réticences des pays ayant connus le joug soviétique, encore que nous nous sommes bien rabibochés avec l’Allemagne alors pourquoi pas eux ?

                  C’est simple. L’Allemagne a profondément changé après la fin de la deuxième guerre mondiale. La Russie a beaucoup moins changé après la fin de la guerre froide. Alors que les Allemands considère l’époque du nazisme que leur période la plus sombre, les Russes regarder avec grande nostalgie à leur passé impérial.
                  (Just une anecdote révélatrice : Tout d’abord trois épisodes de la "Indiana Jones" présentés les allemands nazis comme des idiots et mal. Allemands ont accepté ca, sans aucun problème. Le quatrième épisode a montré communiste russe dans le même rôle - La population russe a considéré ca comme une attaque .)

                  Imaginez : vingt ans après la fin de la deuxième guerre, l’Allemagne occupe Belgique parce que "germanophone ne sont pas bien traités". Tout le monde est heureux que l’Allemagne est à nouveau solide et peut résister États-Unis. Crazy ? Mais c’est exactement ce qui se passe maintenant avec la Russie !


                  • david354 10 septembre 2008 15:30

                    Les interets de l’allemagne sont tres differents de ceux de la Russie. L’Allemagne, en tant que grande puissance economique liberale et exportatrice avait tout interet a "effacer" son encombrant passe et a demander pardon ce qu’elle a fait avec zele...
                    La Russie grande fournisseuse de matieres premieres a moins ce souci et peut se permettre d’etre plus autonome.
                    Qui peut pretendre que l’allemagne n’a pas vu dans son "pardon" une facon "interessee" de faire un retour dans le commerce international ?
                     


                  • aurelien362 14 septembre 2008 12:19

                    Bah peut etre parce que le nazisme a ruiné l’Allemagne, alors que le communisme a fait (pendant un temps seulement certes) de la Russie la secodne puissance mondiale...


                  • sisyphe sisyphe 10 septembre 2008 15:53

                    Je ne sais pas ce qui se passe, aujourd’hui, sur AVox, mais un tas de posts disparaissent...
                    Y a un bug dans le potage ? 


                    • cathy30 cathy30 10 septembre 2008 16:01

                      oui il y a bug


                    • LE CHAT LE CHAT 10 septembre 2008 17:08

                      ils sont aspirés dans le trou noir !  smiley


                    • fredleborgne fredleborgne 10 septembre 2008 15:57

                      A propos de l’anecdote de Julius.

                      Le premier Indiana Jones est sorti plus de trente ans après la fin de la Guerre. Les américains étaient alliés des allemands, Kennedy avait dit "Nous sommes tous des berlinois" face à la Russie.

                      Le quatrième Indiana Jones sort moins de 20 ans après la chute du mur et les américains ne sont toujours pas copains avec les russes. Leurs plaisanteries doivent en plus être douteuses (je n’ai pas vu le film mais le niveau des dialogues doit être égal à la majorité de la production actuelle).

                      Si les russes sortaient un film type top gun avec des pilotes débiles qui bombardent leurs propres troupes, et les populations civiles pour ne pas avoir à se poser avec des bombes encore accrochées et pour que les revenus des marchands d’armes ne baissent pas, je pense que ce serait mal pris aussi.


                      • el bourrico 10 septembre 2008 15:59

                        La Russie sera bien accueillie, mais elle devrait adopter la manière civilisée et de ne pas prendre tous ses voisins comme les vasals.

                        Le genre de discours aveugle. Mais l’auteur de ce discours est plus américain qu’un américain.
                        Moi je voudrais que vous me parliez des manières civilisées dont il est question, après quoi, je vous parlerai des manières barbares que nous avons, que vous soutenez, et que vous semblez confondre avec la civilisation.

                        En fait, le seul problème, c’est que comme vous gobez une propagande, cela inclu le rejet à toute "autre" propagande.
                        Alors qu’il est plus sain de ne gober aucune propagande, mais également plus compliqué, ça demande un effort et des remises en question permanente... des notions qui doivent vous être étrangères.
                        Bien mal, gentils méchant, beau pas beau, ainsi se résume votre vision du monde et vos capacités de réflexion et d’analyse.

                        En résumé, vous êtes une marionette qui s’assume en tant que telle.


                        • krolik krolik 10 septembre 2008 17:09

                          Les Russes sont tout de même fondamentalement "européens", ils s’enrevendiquent même au fin fond de la Sibérie.
                          Ils ont une culture européenne assez incroyable à la différence des Américains qui vous demandent :

                          - Est-ce que la Belgique c’est la France ?

                          - Combien gagnez vous de l’heure ?
                          A chaque fois que l’on pose ces questions aux USA j’ai envie de ficher le camp très rapidement.

                          A niveau des dirigeants et bien Poutine rentre dans la catégorie "fondamentaux de la civilisation locale".

                          - Aux USA , Holywood, les médias, il y aeu Reagan ancien acteur.

                          - En France pays d’administration et d’agriculture on a eu Chirac qui était un représentant de la culture locale, Enarque avec une pomme à la main.

                          - En Russie, tout soviétique était un "agent des organes", Poutine sort du KGB.
                          Ils se mettent à respecter les règles globales de la démocratie..

                          Mais le bouclier anti-missile américain en Pologne et Tchéquie, c’est de l’inacceptable pour eux.
                          Ils ont proposé aux Américains d’installer leur matériel en Russie au plus près de la fontière iranienne.
                          Mais l’installation en Pologne et en Tchéquie va conduire immanquablement à une "frappe" du / des chantiers à la manière israélienne ou à une autre rétorsion non imaginable par un Occidental (ils sont très inventifs).
                          Les complexe militaro-industriels américain et russe sentent déjà qu’ils vont retrouver de l’activité !!!
                          Avec des idées nouvelles : http://english.pravda.ru/science/tech/04-09-2008/106296-electromagnetic_super_weapon-0


                          @
                          Krolik = "lapin" en Russe.


                          • Julius Julius 10 septembre 2008 17:33

                            > Des Américains qui vous demandent :
                            > - Est-ce que la Belgique c’est la France ?

                            C’est drôle. Plusieurs français m’ont demandé si Ljulbljana est Czechie ou en Slovakie (un indice : Ljubljana est en Slovenie). Et mon médecin français (!) ne savait pas si le Canada est au hémisphère nord ou sud.

                            > Mais le Bouclier anti-missiles américain en Pologne et Tchéquie, c’est de l’inacceptable pour eux.

                            Et le radars et des missiles russe devrait être acceptable pour nous ?

                            Le système anti-missiles ne sont pas dangereux pour la Russie. Plusieurs anti-missiles ne pourra jamais détruire des milliers de missiles Russe. Et le même système existe en Turquie (qui est plus proche de la Russie que la Pologne et Czechie). Pourquoi les Russes ne sont pas protesté contre le système en Turquie, mais sont en colère à propos de système similaire en Europe centrale ? N’est-ce pas parce qu’ils considèrent que la Turquie appartient à l’Occident, mais l’Europe centrale appartient à eux ? Pourquoi l’Europe devrait accepter cela ?


                          • krolik krolik 10 septembre 2008 18:36

                            @ Julius

                            Il y a "l’existant" reflet du passé, sur lequel personne ne discute plus
                            Mais une technqieu plus sophistiquée les Russes n’accepteront pas.
                            Je vous met à suivre une "brève" tirée du site de ria-novosti datée d’hier.
                            Maintenant vous pouvez toujours soutenir une proposition contraire, ça n’engage que vous.

                            @+ Krolik

                            Moscou constate que la Pologne refuse de prendre en compte la préoccupation de la Russie au sujet du déploiement d’un bouclier antimissile américain en Europe, a confié à RIA Novosti Andreï Nesterenko, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères (MID).

                            A cette occasion, il a évoqué la possibilité de "mesures de rétorsion adéquates" à l’encontre des ouvrages militaires américains sur le territoire polonais.

                            M. Nesterenko a rappelé que le 11 septembre prochain, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov se rendrait à Varsovie en visite de travail.

                            Les négociations porteront sur le déploiement d’éléments du système américain de défense antimissile (ABM) en Pologne.

                            "La partie russe réaffirmera son hostilité à l’implantation d’éléments de l’ABM américain sur le territoire polonais", a souligné le porte-parole du MID.

                            "Pour le moment, nous ne voyons pas la volonté réelle de tenir compte des préoccupations de Moscou ni d’examiner sérieusement des mesures de confiance susceptibles, pour le moins, de nous convaincre que ces projets ne sont pas dirigés contre la Russie", a-t-il affirmé.

                            "La Russie se voit donc contrainte d’adopter des mesures de rétorsion adéquates contre les ouvrages militaires américains implantés en Pologne", a indiqué le porte-parole de la diplomatie russe.

                            Sans détailler ces mesures, le diplomate a souligné que "la partie polonaise n’avait aucun intérêt à les voir appliquer".

                            Le 20 août dernier, les Etats-Unis et la Pologne ont signé à Varsovie un accord sur le déploiement d’une base antimissile américaine sur le territoire polonais.

                            Cet accord a été ratifié par la Diète et signé par le président polonais. La Russie considère l’implantation d’éléments du système ABM américain en Europe de l’Est comme une menace à sa sécurité nationale.


                          • Julius Julius 10 septembre 2008 18:54

                            C’est clair que les Russes tentent de menacer. Ils n’expliquent pas comment ce système peut être dangereux pour la Russie. Personne ne pense sérieusement que les États-Unis allons attaquer la Russie ? Pourquoi faire ?

                            La seule raison pour laquelle les Russes sont contre les bases américaines en Europe centrale, c’est qu’une fois que ces bases sont en place, il sera plus difficile à attaquer l’Europe.

                            Le but militaire de l’anti-missiles est le protection contre les missiles en provenance d’Etat ou group terroriste. Peut-être l’Iran, peut-être Pakistan, qui sait, les choses changent vite.

                            L’objectif politique de ces bases est de protéger l’Europe centrale de de la Russie.

                            (Au début, je n’ai pas soutenu l’idée du système antimissile. Mais j’ai changé de vue lorsque j’ai vu la réaction Russe. Pourquoi sont-ils si peur, quand il n’ya pas de danger militaire pour la Russie ?)


                          • hgo04 hgo04 10 septembre 2008 20:26

                            Attaquer ??? certes non..mais les américains sont trés présents militairement en europe et en afrique du nord...

                            Pourquoi ??? Serait dans l’idée de mettre la main mise sur certaines richesses, et ne pas être inquiétés en cas de troubles car bien "ancrés" la où il faut ???

                            Imaginons une crise mondiale de l’energie.... quel sera le pronostic ???


                          • douxdoux 10 septembre 2008 23:42

                            Ou tu fais le con, ou tu l’es.


                          • finael finael 11 septembre 2008 00:06

                            @ Julius

                             L’une des raisons de la "Guerre Froide" c’est que les militaires américains se sont mis à élaborer des plans en cas d’invasion soviétique - eux c’est leur travail -.

                             L’idée que les "rouges" allaient attaquer n’est pas le fait des militaires mais bien des politiques.
                             
                             Apès la chute du régime soviétique, l’étude des archives a montré qu’ils n’en avaient jamais eu de plan de la sorte.

                             Ayant subi un régime tyrannique suivi d’une dictature sanglante, une première guerre mondiale où ils avaient été envahis, une guerre civile, une invasion meurtrière dans les annés 40, les militaires et les dirigeants russes ont toujours été plutôt paranoïaques.

                             La saignée pour le peuple russe était ce qu’il fallait éviter.

                             A noter qu’à Brejnev a succédé Tchernienko, ex-patron du K.G.B., qui n’a eu que le temps de faire entrer son poulain Gorbatchev - son successeur à la tête du K.G.B, au Comité Central, plus tard ce même Gorbatchev eut à déclarer dissoute l’U.R.S.S.

                             Le K.G.B était, et doit toujours être, très informé de l’état réel du pays. Et il est normal que les réformateurs de la Russie proviennent de cet organisme.

                             La Russie a, avec l’europe, des liens millénaires que les U.S.A., historiquement, ne peuvent pas avoir qui se sont construit en rupture avec cette même europe.

                             La Russie est beaucoup plus européenne que la Grèce, la Roumanie et la Bulgarie par exemple.

                             Nous n’avons pas à poser de conditions "occidentales", essentiellement anglo-saxonnes, à un pays qui a une autre philosophie.

                             Si vous craignez les russes, essayez une seconde de vous mettre à leur place.


                            P.S. : Lyon fut la première "capitale des gaules" comme Kiev fut la première capitale de la "Kiévie", nom donné au moyen-âge à la Russie


                          • Julius Julius 11 septembre 2008 00:36

                            > L’une des raisons de la "Guerre Froide" c’est que les militaires américains se sont mis à élaborer des plans en cas d’invasion soviétique - eux c’est leur travail -.
                            > L’idée que les "rouges" allaient attaquer n’est pas le fait des militaires mais bien des politiques.
                            > Apès la chute du régime soviétique, l’étude des archives une montré qu’ils n’en avaient jamais eu de plan de la sorte.


                            Il a été certainement un plan pour attaquer l’Europe occidentale. J’ai été formé pour l’exécuter. Quand j’étais dans l’armée tchèque (avant 1989), notre objectif était d’arriver à Lyon dans les trois jours.


                          • Julius Julius 11 septembre 2008 00:49

                            > Si vous craignez les Russes, une seconde Essayez de vous mettre à leur place.

                            Personne n’a attaqué la Russie depuis la deuxième guerre mondiale. La Russie a occupé presque tous ses voisins. La Russie est également l’un des agresseurs dans la deuxième guerre mondiale, elle a attaqué la Pologne, pays baltes et la Besarabie. Donc, je ne suis pas sûr qui devrait avoir peur de qui.


                          • Julius Julius 11 septembre 2008 01:38

                            > La Russie a, avec l’Europe, des liens Millénaires que les États-Unis, historiquement, ne peuvent pas avoir qui se sont construit en rupture avec cette même Europe.
                            > La Russie est beaucoup plus européenne que la Grèce, la Roumanie et la Bulgarie par exemple.

                            La Russie a très certainement la culture européenne. Mais il ya une différence importante : Contrairement à la plupart des pays européens et les États-Unis, la Russie n’a jamais été démocratique. Le processus de démocratisation (les réformes démocratiques) a été interrompu en 1917. Le système a été inversée, la Russie n’a pas été démocratisé, mais totalitarisé pendant 70 ans. C’est un long temps. 20 dernières années n’a pas suffi à annuler un tel retard.

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