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Accueil du site > Actualités > International > Nourrir la planète ou gonfler les profits ?

Nourrir la planète ou gonfler les profits ?

L’agrobusiness industrialisé en question dans le film « We feed the World »

« Les cinq cents plus grosses multinationales privées contrôlent 52% du produit agricole mondial brut. L’eau est privatisée, le vivant ,bréveté, les richesses nationales, accaparées. Regardez le Président de Nestlé, premier trust alimentaire et d’eau potable du monde : il gagne 26 millions d’euros par an et possède un pouvoir qu’aucun pape ni aucun empereur n’a jamais eu. »

Ainsi s’exprime Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, qui a participé à l’élaboration d’un film- documentaire, dont le réalisateur est le journaliste et cinéaste autrichien, Erwin Wagenhofer : Wee feed the World ( en français : Le marché de la faim). Un film qui a suscité un grand intérêt dès sa sortie : plus de 200000 spectateurs en salles et plus de 700000 à la télévision en Autriche. Il dénonce sans pathos, seulement par des images bien choisies et de sobres témoignages et commentaires ,l’immense gâchis de la surproduction alimentaire industrielle, l’inégale répartition de la nourriture dans le monde, les effets pervers de la concentration des capitaux et des terres, alors que l’agriculture d’aujourd’hui serait en mesure de nourrir 12 milliards de personnes... Même W.Schüssel en a fait l’éloge..Au Bundestag, le ministre des Affaires Etrangères a évoqué ce film lors d’une séance parlementaire. La presse française commence à en parler enfin, toutes tendances confondues .

http://www.agrobiosciences.org/rubrique.php3?id_rubrique=23

Le cauchemar de Darwin nous avait alerté sur un problème particulier(les conditions de pêche de la perche du Nil en Tanzanie), mais Le marché de la faim , après un autre film de Nikolaus Geghalter, Notre pain quotidien, s’attaque à la logique même de l’appareil de production, en montrant que « c’est tout le système qu’il faut changer. » (Pascal Canfin : Alternatives Economiques).Les images parlent d’elles -mêmes, qu’il s’agisse des situations vécues par un agriculteur autrichien, un pêcheur breton, un paysan roumain ou un travailleur du Nord-Est du Brésil...Elles convergent vers une même logique : la marchandisation à marche forcée des biens alimentaires ,le gaspillage et les souffrances sociales qu’elle entraîne. A la fin du film, Peter Brabeck, PDG de Nestlé , interrogé,conteste « l’extrémisme » des ONG qui souhaitent voir l’eau reconnue comme un droit public et déclare : « L’eau est un aliment, elle devrait donc avoir une valeur marchande .. » Peu importe l’absurdité du propos, les actionnaires font la loi...

Prenons l’exemple du Brésil, l’un des plus puissants pays agricole au monde. Le film nous fait toucher du doigt la situation tragique de milliers de petits paysans et d’ouvriers agricoles du Nord-Est (région de Parmambuco, Récife), le plus souvent analphabètes, souvent sans eau courante, sans aide lors des fréquentes sécheresses, qui entrainent une quasi-famine et une mortalité infantile importante.Le quart de la population souffre de malnutrition chronique. Par contre, dans le Mato Grosso, de richissimes exploitants, parfois des firmes étrangères, y produisent plus de 100 millions de tonnes de céréales par an et comptent s’étendre encore .Il y a de l’espace..L’essentiel de cette production part en Europe, pour nourrir les animaux, dont les produits excèdent la consommation locale et qui, exportés, iront inonder à bas prix les pays qui ne peuvent plus entretenir une agriculture traditionnelle viable et qui verront s’appauvrir des populations qui devront migrer vers les villes et s’y paupériser.La politique de la PAC et celle des grands intérêts commerciaux mondialisés se rejoignent. La forêt amazonienne régresse de façon inquiétante(depuis 1975, c’est une surface équivalente à la France et le Portugal réunis qui a été défrichée), pour laisser place, jusqu’à épuisement des sols fragiles, à la culture de soja, dont ne profitera pas la population locale, souvent dénutrie.

Autre exemple : certains pays africains, comme le Sénégal, voient arriver sur leurs marchés des produits agricoles européens ou asiatiques(poulets, riz..), dont les prix sont d’un tiers moins chers que les produits locaux. On imagine facilement les conséquences...En Espagne, à Alméria, le centre mondial de la « tomate de combat »,dans 30000 serres , sur 35000 hectares, (plus qu’en Belgique et Hollande réunies), des boules rouges (des tomates ?), dont les semences viennent de Roumanie, génétiquement modifiées, poussent dans la laine de roche pour faire ensuite parfois 3000 km pour arriver dans nos assiettes.Marsupilani a analysé magistralement pour nous la situation des cultivateurs de maïs mexicains et la hausse spectaculaire des tortillas, produits alimentaires de base, conséquence des investissements US massifs dans l’éthanol(http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=20213)

Tous ces aspects forment un système, à l’heure des échanges mondialisés.En achetant un poulet nourri au soja brésilien, on contribue à affamer la population locale...L’exportation des produits excédentaires condamnent les paysans des pays pauvres à l’immigration.. Dans l’Empire de la honte , Jean Ziegler parle de la faim comme d’ « une arme de destruction massive » et dénoncent les « machines à broyer » des grand groupes transcontinentaux privés (Pioneer, Maggi,Nestlé...).L’une des séquences du film montre aussi le gaspillage :l’énorme quantité de pain détruite tous les jours à Vienne, qui suffirait à nourrir un ville comme Linz...

Devant un tel bilan, le citoyen peut être saisi d’un immense sentiment d’impuissance, car il pressent bien qu’une partie de notre avenir commun est en jeu. Mais le film est une incitation à réagir. Jean Ziegler pense que « depuis une dizaine d’années une société civile planétaire émerge, qui demande à être informée pour savoir comment changer les choses » , et il ajoute : « Les mouvements de l’opinion sont imprévisibles, mais lorsque l’insurrection des consciences est en marche, le bouleversement devient imprévisible . » Trop optimiste, Jean Ziegler ?

En tous cas, allez voir ce film, dans les salles où on a le courage commercial de le diffuser.Vous en reviendrez différents...

Sources et liens :

http://www.agrobiosciences.org/rubrique.php3?id_rubrique=0023

http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2042

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3476,36-901095@51-891339,0.html

http://www.jp-petit.com/Presse/empire_de_la_honte.htm

http://www.amisdelaterre.org/article.php3?id_article=1748

http://citoyen.eu.org/agriculture/mondialisation

http://www.unesco.org/courier/2001_01/fr/doss12.htm

http://www.monde-solidaire.org/spip/article.php3?id_article=2576

http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=98410

http://www.biofrais.com/Autonomie-alimentaire-Soiree-debat-14-11_a1748.html

http://www.amisdelaterre.org/article.php3?id_article=2217

http://www.amisdelaterre.org/article.php3?id_article=1748

http://www.urfig.org/agriculture-omc-ue-euromed-legrand-pt.htm


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74 réactions à cet article    


  • ZEN zen 9 mai 2007 10:31

    @ La rédaction

    Il manque une partie du titre et le début du texte(propos de J.Ziegler), ce qui rend le début incompréhensible (voir mon courrier)Merci de réparer. De plus, le premier lien ne fonctionne pas.


    • ZEN zen 9 mai 2007 10:39

      Voici la partie manquante du début : titre complet et propos de J.Ziegler :

      L’agrobusiness industrialisé en question dans le film « We feed the World »

      « Les cinq cents plus grosses multinationales privées contrôlent 52% du produit agricole mondial brut. L’eau est privatisée, le vivant ,bréveté, les richesses nationales, accaparées. Regardez les Président de Nestlé, premier trust alimentaire et d’eau potable du monde : il gagne 26 millions d’euros par an et possède un pouvoir qu’aucun pape ni aucun empereur n’a jamais eu. »

      Ainsi s’exprime Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies ...."etc...


      • ZEN zen 9 mai 2007 11:05

        Tout est rentré dans l’ordre. Merci à la rédaction !Ah ! les lendemains de fête... smiley

        Aux lecteurs : le premier lien n’est pas opérant, mais vous le retrouvez dans les liens, en première place.


        • Marsupilami Marsupilami 9 mai 2007 11:13

          @ Zen

          Très bien et très utile ton article. Que dire de plus ? Rien. Seul un massif réveil humaniste et citoyen peut empêcher ça. En ces temps d’individualisme moutonnier ultracompétitif et d’hypercapitalisme financier, actionnarial et mondialisé, c’est pas gagné. Quelle folie...


        • ZEN zen 9 mai 2007 14:11

          @ Marsu

          Salut. C’est ton article qui m’a donné l’idée de poursuivre la recherche, d’élargir la focale...J’ai fait ce que j’ai pu, faute d’avoir le temps d’exploiter toute une masse de documentation ,assez décourageante par son volume et sa variété.

          Mais l’essentiel est d’alerter les gens qui dorment ou qui croient que la terre tourne autour de l’Elysée...


        • Marsupilami Marsupilami 9 mai 2007 14:24

          @ Zen

          J’ai la suite de mon article sur le coin du feu avec des tortillas mitonnées aux OGM. J’avais disjoint le problème éthanol du problème OGM, sans quoi l’article aurait été beaucoup trop long.

          Ces horreurs capitalistiques-spéculatives qui touchent à l’eau et à la bouffe sont insupportables. Que faire, sinon informer, alerter les citoyens et les appeler à boycotter les produits des firmes qui commettent ces ignominies ?

          Et quand on pense qu’il y en a qui s’excitent sur Sarko, son yacht, son jet, son Malte, ses pipoles et des paillettes showbiz. C’est d’un dérisoire...


        • Marsupilami Marsupilami 9 mai 2007 16:34

          @ Philippe Renève

          Mais si nous sommes d’accord sur le fond. L’escapade pipole-pognon-paillettes de Sarko n’est que l’écume de cette inféodation des Etats aux pouvoirs économiques dominants. Et ce qui importe ce n’est pas cette écume, mais la lame de fond qui est à son origne.

          Tant de réactions politiciennes sur le fil de Malte et si peu sur celui-ci suivant un article qui traite du fond des choses. C’est tout ce que je voulais signaler et c’est consternant.


        • LE CHAT LE CHAT 9 mai 2007 11:34

          salut mon chtibuddah , excellent article ; j’avais visionné le cauchemar de Darwin durant mes congés . Les multinationales veulent controler l’alimentation de base de la population mondiale via les OGM smiley .


          • benalgue 9 mai 2007 11:37

            bonjour zen voilà les vrais questions qui devraient être traitées par les dirigeants des pays du monde entiers s’ils n’étaient pas tenus par les couilles par les vrais maitres du mondes les multinationales... dans le même ordre d’idée il a un livre de jacques lamalle l’empereur de la faim edition flamarion 1989...et le film the corporation de mark achbar (sous titré en français) a quand une sage mondialisation qui permettrait à tous de vivre dignement et de respecter notre planète ??? peut être un jour les enfants de nos enfants la verront ils à moins qu’ils ne soient sacrifiés...alors on pourra pour repartir sur de nouvelles bases avec les survivants...triste constat ignoble monde révoltant...il me semble que seul les alters mondialistes veulent un vrai changement une rupture mais que pèsent ils quelques pour cent de la population mondiale...une chose est certaine rien ne changera en douceur.


            • yoda yoda 9 mai 2007 11:48

              En voila un excellent billet, qui voit un peu plus grand que les problemes franco-francais.

              En voila un sujet qui a bien sur été totalement occulté pendant la campagne (les inégalités a l’échelle du monde). A quand l’annulation des dettes des pays du tiers monde ? A quand un FMI qui s’occuperait de ses fesses ?

              En voila une preuve par trois, que le libre marché (faussé par ailleurs) est, au choix, d’un irrationnel ou d’un cynisme déconcertant. Si la rareté fait la valeur, si la valeur fait le profit, si le profit donne des erections a beaucoup, il va de soi que, en plus de la marchandisation, la pollution et le gachis sont des pratiques au coeur du capitalisme.

              Bien a vous Zen, smiley


              • Marie Pierre 9 mai 2007 16:45

                Très bon article Zen, il faudrait relire René Dumont qui avait justement profité de l’élection présidentielle en 1974 pour dénoncer cette course alimentaire. Il faudrait effectivement que toutes les communes cessent de privatiser l’eau et en assurent elles-mêmes la gestion. L’eau n’est pas un produit manufacturé qu’un groupe peut s’approprier : c’est le bien de tous, et il faut que chacun en soit conscient pour le préserver.

                D’accord avec le Furtif pour le maïs qui est une production aberrante sous nos climats, consommateur d’eau. Ici, cette année, les champs de lupins remplacent le maïs.


                • Marie Pierre 9 mai 2007 16:48

                  Et j’oublie : les français sont très grands consommateurs d’eau minérale, produit de multinationales !


                • LaEr LaEr 16 mai 2007 13:01

                  @ Marie-Pierre,

                  Il ne faut pas oublier que quand l’eau courante a un gout de chiotte (même passée au filtre brita), il ne reste que le vin, la bière, et l’eau minérale pour se désaltérer.

                  Comme je bois envion 2 l de liquide par jour, l’eau minérale me parraissait la plus appropriée ;)


                • Marie Pierre 9 mai 2007 16:57

                  @Zen,

                  Une recherche rapide sur le lupin (dont je viens de parler plus haut) m’a fait découvrir que la culture de cette plante a été interdite en Europe par les américains après la 2° guerre mondiale pour ne pas concurrencer le maïs et le soja. Voici un lien très intéressant.


                  • ZEN zen 9 mai 2007 17:08

                    @Marie-Pierre, bonjour

                    Intéressant ce lien sur le lupin. On peut vraiment parler d’« arme alimentaire ». J’ai relevé ces lignes :

                    « Le lobby soja est suffisamment implanté à Bruxelles pour être en mesure de freiner, voire bloquer les dossiers protéines et décourager les utilisateurs du lupin. Anecdote : Ce même lobby avait fait circuler en 1984 une rumeur dans les campagnes laissant croire que 9 truies avaient péri empoisonnées par du lupin. Lorsque l’information a été démentie, elle avait déjà trouvé écho auprès de nombreux fermiers, et court encore... »

                    Je parlais dans l’article de collusion objective entre la logique de la PAC et les intérêts des groupes multinationaux.Vous pourriez faire un dossier sur l’eau, un grand chantier...


                  • Iren-Nao 15 mai 2007 09:38

                    @ Marie Pierre

                    Merci bcp pour le lien sur le lupin.

                    Vengeance !!!!!

                    Iren Nao



                    • aurelien 9 mai 2007 17:03

                      Merci pour l’article.

                      A ce propos la vidéo de l’interview de Jean Ziegler par I-télé, sur Agora Vox TV :


                      • ZEN zen 9 mai 2007 17:26

                        @ Aurélien

                        Merci à toi et à Céline, à l’origine de cette video.

                        J.Ziegler dit l’essentiel, des vérités terribles. Il reste à voir le film, bien sûr plus convaincant, plus détaillé...


                      • aurelien 9 mai 2007 20:53

                        C’est le printemps du cinéma actuellement il me semble. Plusieurs salles ont dû programmer ce film, c’est l’occasion.


                      • ZEN zen 9 mai 2007 17:34

                        On peut trouver ici des détails sur le film, des extraits, les salles où il est projeté actuellement (plus de cent salles ) :

                        http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=115438.html

                        Pour ceux qui pratiquent un peu l’allemand, le film est facile à trouver sur le net, si le chargement est licite... (autrichien, sous-titré en allemand)




                          • La mouche du coche La mouche du coche 9 mai 2007 18:27

                            Pourquoi est-ce que je n’aime pas cet article ? smiley

                            Pas seulement parce qu’il n’apporte pas de solution mais parce qu’il est trop « de gauche » je pense : Cela fait des décennies que la gauche a ce type de raisonnement « marxiste » (il y a des malheurs dans le monde, c’est la faute au grand capital, etc. ) et le résultat est celui que l’on sait : Aucun régime marxiste suivant le raisonnement de cet article n’a survécut et trouvé une solution de rechange.

                            Je n’ai pas de réponses aux problèmes évoqués dans cet article, car cela fait longtemps que j’aurais écrit un livre à ce sujet sinon, mais je suis SÛR par contre que si l’on continue à penser comme cet article, on ne s’en sortira pas, parce que cela fait un siècle que la moitié du monde a pensé comme cela et n’a jamais rien trouvé. smiley

                            Il nous faut des solutions neuves mais lesquelles ? smiley

                            Désolé smiley


                            • Marie Pierre 9 mai 2007 18:47

                              @ la Mouche,

                              Ce n’est ni de gauche, ni de droite, que de dire que les Etats Unis interdisent telle ou telle culture pour défendre leurs intérêts, que tel groupe agro-alimentaire impose telle agriculture. Les OGM, les pesticides et engrais sont le fait de ces groupes industriels. Ce n’est pas le grand capital mais l’ultra-libéralisme qui conduit à ces constats. Une entreprise a le droit de gagner de l’argent, il en existe qui le font dans le respect de la terre et des peuples. Malheureusement, nous arrivons au douloureux constat que les peuples ET la terre ET lamer s’appauvrissent.


                            • ZEN zen 9 mai 2007 18:49

                              @La Mouche

                              Tu me ferais presque rire si ce n’était tragique.SVP, prends quelques cours d’économie...

                              « Marxiste » je suis, si cela veut dire se révolter contre les injustices. On a besoin de toi pour ce combat. Même les évêques s’y mettent !...

                              http://www.ccfd.asso.fr/ewb_pages/i/info_1028.php?PHPSESSID=d7f13c3f58e8d85f28064991d0f094dc


                              • TSS 9 mai 2007 18:55

                                @marie pierre

                                ph.Desbrosses est actuellement le responsable de la ferme de ste Marthe à Millançay près de Romorantin dans le 41. on peut y obtenir moultes graines bio et rares ainsi qu’un superbe catalogue ! adresse :http://www.ferme de ste marthe.com en ce qui concerne les OGM : en 2001 l’europe a demandé que les parcelles soient repertoriées et portées à la connaissance du public par affichage en mairie ! la France a mis 6 ans à obtemperer sous la menace de 140000€ d’astreinte journalière et en debut d’année Bussereau a fait une dernière filouterie ;les parcelles seront bien repertoriées mais le public ne sera pas autorisé à consulter les listes,ce qui sonne le glas de la culture bio ! ceci est à rapprocher des procès intentés par les geants de l’agro à Kokopelli qui diffuse des graines anciennes qui ne sont pas deposées au catalogue ! si vous pouvez le trouver lisez« l’empereur de la faim » de jacques Lamalle ,journaliste au « canard » edité en 1986.en 20 ans rien a changé bien au contraire !


                                • TSS 9 mai 2007 18:57

                                  http://www.ferme de ste marthe.com


                                • ZEN zen 9 mai 2007 19:15

                                  @TSS

                                  Aucun lien ne marche...


                                • ZEN zen 9 mai 2007 19:17

                                  @ TSS

                                  Désolé, aucun lien ne marche...



                                • ZEN zen 9 mai 2007 19:45

                                  Un dossier assez complet sur le soja, qui nous concerne aussi :

                                  http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/SOJA_dossier_presse-2.pdf


                                  • La mouche du coche La mouche du coche 9 mai 2007 20:05

                                    @ Marie-Pierre,

                                    « Ce n’est ni de gauche, ni de droite, que de dire que les Etats Unis interdisent telle ou telle culture pour défendre leurs intérêts, que tel groupe agro-alimentaire impose telle agriculture »

                                    Ce raisonnement est un raisonnement de gauche, c’est-à-dire fondé sur une lecture économique du monde en définissant des « classes » (ici les « groupe agro-alimentaire ») agissant uniquement par un intérêt de type économique et rien d’autre. smiley La vie n’est pas si simple.

                                    @ Zen,

                                    «  »Marxiste« je suis, si cela veut dire se révolter contre les injustices »

                                    Vous savez mieux que moi que le marxisme ce n’est pas cela. Cette saine révolte vous honore mais je pense que votre article est un anesthésiant qui empêche de comprendre. smiley

                                    Puisque maintenant tout est possible, j’ajouterais avec une audace bilgerienne que cet écrit est même DANGEREUX. smiley


                                    • La mouche du coche La mouche du coche 10 mai 2007 11:46

                                      Non Philippe,

                                      Je ne veux pas dire cela.

                                      Si les problèmes dénoncés dans cet article me semblent justes, je pense qu’il faut cesser de penser qu’elles sont le fait des méchantes-sociétés-multinationales. Cela est improductif, ne fait que nous endormir et ne sert rigoureusement à rien puisque depuis un siècle qu’on le dénonce, l’histoire nous démontre que ce n’est pas vrai.


                                    • La mouche du coche La mouche du coche 11 mai 2007 19:47

                                      @ Philippe Renève

                                      Comme je l’ai dit plus haut, je n’est hélas pas la réponse.

                                      Simplement je remarque que de penser que les coupables sont les multinationales n’a jamais rien donné comme résultats. Il faut penser autre chose. (mais quoi ? ) smiley


                                    • ZEN zen 12 mai 2007 09:28

                                      @ La Mouche, bonjour

                                      Je sais bien qu’une mouche n’a pas beaucoup de recul, mais elle a assez de facettes sur ses yeux pour pouvoir capter la complexité du monde par delà l’horizon étroit de son petit monde...


                                    • fifilafiloche fifilafiloche 9 mai 2007 22:49

                                      Les profits ne s opposent pas au développement quantitatif de la capacité de nutrition mondiale. Aujourd hui, dans un monde au capitalisme triomphant, il y a plus de victimes de surnutrition que de « malnutrition »...a moins que...malnutrition signifie mauvaise nutrition...

                                      L abondance de produits alimentaires n engendre pas en effet plus de bien être. Une meilleure nutrition passe par l éducation, de la responsabilité des Etats plus que des industries.


                                      • Bois-Guisbert 9 mai 2007 23:14

                                        Ainsi s’exprime Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation...

                                        C’est un cinglé dont les affirmations sont constamment prises en faute.

                                        Le cauchemar de Darwin nous avait alerté sur un problème particulier(les conditions de pêche de la perche du Nil en Tanzanie)...

                                        Quant à ce « documenteur », c’est une vaste escroquerie altermonialiste, ce qui n’est pas grave, puisqu’à l’exception des altermondialistes, tout le monde se tamponne de son message.

                                        N’empêche que c’est un double début, Ziégler puis Sauper, qui la fout mal pour un article sérieux. Perso, je ne suis pas allé plus loin que le titre du film... Désolé smiley


                                        • ZEN zen 9 mai 2007 23:31

                                          @ Bois-Guisbert

                                          Cela s’appelle un jugement nuancé à partir d’une lecture approfondie... smileysmiley

                                          Ce doit être la fatigue, à cette heure tardive...


                                          • Bois-Guisbert 9 mai 2007 23:34

                                            Cela s’appelle un jugement nuancé à partir d’une lecture approfondie...

                                            Pas besoin de lecture approfondie, les sources discréditant, a priori, le contenu...


                                          • ZEN zen 10 mai 2007 08:06

                                            @ Bois-Guisbert

                                            Voilà un modêle d’« honnéteté intellectuelle »:pas d’argumentation sur les sources, rien que des invectives...Savez-vous que le documentaire a eu un immense succès en Autriche et en Allemagne a été salué par le Président Schlüssel, et celui de la Bundestag, beaucoup d’organisations catholiques (c’est écrit plus haut !),ouvrez par curiosité le premier lien)... bref, rien que des gauchistes... !!! smileyPourquoi la détresse sociale vous gêne-t-elle tant ?

                                            Merci à tous ceux qui ont fait l’effort de me lire attentivement ainsi que toutes les sources et les liens attenants.Le film est évidemment au centre du débat. Vous pourrez m’en parler quand vous l’aurez vu.Ce travail de recherche est bien sûr imparfait, nous attendons des spécialistes de la question pour nous en parler de manière plus approfondie...A vos plumes !


                                            • Bois-Guisbert 10 mai 2007 09:51

                                              Savez-vous que le documentaire a eu un immense succès en Autriche et en Allemagne a été salué par le Président Schlüssel, et celui de la Bundestag, beaucoup d’organisations catholiques (c’est écrit plus haut !)...

                                              Et alors ? Ca prouve quoi ? Qu’il y a aussi des gens de qualité parmi les jobards ? On le savait déjà, figurez-vous. Ca n’empêche surtout pas que ce film soit une vaste supercherie...

                                              ...ouvrez par curiosité le premier lien)... bref, rien que des gauchistes... !!!

                                              Vous savez, avant de juger une organisation catholique, il faut savoir si elle tendance Gaillot ou tendance Benoît XVI.

                                              Pourquoi la détresse sociale vous gêne-t-elle tant ?

                                              S’il y a une chose dont je me tamponne, c’est bien de la détresse sociale de nos « frères » africains. Si elle me gênait, je lui consacrerais mon existence et la majeure partie de mes revenus.

                                              Parce que je suis conséquent, moi, monsieur. Je ne suis pas de ceux qui joue les pleureuses entre deux gueuletons dans des trois étoiles du Michelin ! Vu ?


                                            • ZEN zen 10 mai 2007 10:07

                                              @ B Guibert

                                              « Moi, Monsieur.. »... j’ai tout compris, « vu » ! smiley



                                              • TSS 10 mai 2007 09:51

                                                le site ne s’est pas affiché entièrement,il faut mettre .com à la fin.desolé


                                              • ZEN zen 10 mai 2007 11:01

                                                Même si l’on peut être en désaccord avec telle ou telle prise de position de J.Ziegler, passées ou actuelles, il faut reconnaître sa lucidité sur l’état du monde.

                                                Son dernier livre est à recommander (L’Empire de la honte).On peut aussi trouver une interview sur ce livre dans ce documentaire de la 5 :

                                                http://www.dailymotion.com/relevance/search/conspiration/video/xu52y_tv5-conspiration-mondialisation-lem


                                                • Marie Pierre 10 mai 2007 22:17

                                                  @ Zen,

                                                  Merci pour le lien sur le soja.

                                                  Je reviens aux lupins, après avoir discuté avec les agriculteurs qui le cultivent en bas de chez moi : agriculture bio, ayant pour principal acquéreur les éleveurs allemands. Un des avantages du lupin : il ne dispose pas d’autorisation pour la culture d’organisme génétiquement modifié. Pas de risque OGM comme avec le tourteau de soja, une des raisons des préférences des éleveurs bio allemands.


                                                • ZEN zen 10 mai 2007 22:51

                                                  Marie-Pierre,

                                                  Merci pour cette information. Il est donc des agriculteurs bretons avisés, mais assez paradoxal qu’ils exportent vers l’Allemagne...Quand va-t-on revenir au bon sens de la production locale autant que possible ?

                                                  Bonne nuit !


                                                • finael finael 11 mai 2007 13:06

                                                  Je tiens à signaler ici que le livre « Le marché de la faim », d’Erwin Wagenhofer et Max Annas (les réalisateurs du film, Jean Ziegler n’étant qu’une référence - sans que ce soit péjoratif !) qui accompagne le film est paru en français chez « Actes Sud », il vaut moins de 20 Euros.


                                                  • ZEN zen 11 mai 2007 13:34

                                                    @ Finael

                                                    Merci pour ce rappel. Je voulais en parler,cela m’a échappé, même s’il est signalé dans un des liens


                                                    • aurelien 11 mai 2007 20:20

                                                      J’ai vu ce film au cinéma, c’est vraiment un film à voir et qui devrait passer en prime time à la télé.

                                                      Je pense qu’il serait même judiceux de faire une pétition citoyenne pour obliger nos élus à regarder ce film : je pense par exemple à une séance à l’assemblée nationale


                                                      • aurelien 11 mai 2007 20:43

                                                        Ce qui m’a plus marqué c’est de voir à quel point les acteurs des multinationales sont : soit dans une logique de fatalisme et d’acceptation vis à vis de la situation mondiale déplorable, soit aveuglés par leur idéologie de profit en croyant que tout va s’arranger si leurs multinationales sont de plus en plus performantes et compétitives.

                                                        C’est ne pas se rendre compte que c’est maintenant que des millers de personnes meurent de faim et de soif dû à l’aberration du système agricole en place.

                                                        Les promesses concernant l’accès à l’eau potable énoncée en fin de XXième siècle n’ont pas été tenues : les communiquants parlaient alors d’éradiquer totalement la soif dans le monde, or cela s’empire dans certaines contrées du monde.

                                                        Le sytème agricole industriel est vraiment barbare, la vie n’a plus de valeur autre que marchande. C’est une idéologie presque totalitaire qu’est celle de l’hyper-consommation. Malgré toutes les incohérences de ce système à l’échelle mondiale, les tenants de ce système n’ont en tête que l’idée de profit et de gains à venir pour leurs entreprises.


                                                      • aurelien 11 mai 2007 21:14

                                                        Autre remarque :

                                                        A la fin du film, dans ce sombre tableau, on peut notamment entendre le PDG de Nestlé, monsieur Brabeck, critiquer les 35 heures et tenir le même discours que celui du Président élu sur le territoire français : « travailler plus pour gagner plus ».


                                                      • ZEN zen 12 mai 2007 10:15

                                                        @ Marsu

                                                        Vu sur Marianne aujourd’hui, à propos du dossier éthanol : une réaction au plus haut sommet :

                                                        La face cachée des biocarburants Le 10/05/2007 à 0 h 00 - par Mélanie Camoin

                                                        Le dernier rapport de l’ONU intitulé « Energies renouvelables : un cadre pour les décideurs » met en garde contre les dangers que représente l’utilisation massive des biocarburants.

                                                        "L’éthanol, le maïs, la canne à sucre sont-ils réellement des énergies propres ? Pas vraiment, à en croire le rapport des experts du pôle l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du pôle Energie à l’ONU. Ces derniers mettent en évidence les effets néfastes de la surexploitation des combustibles naturels : « En théorie, la bioénergie peut couvrir l’ensemble des demandes. Mais en réalité, les possibilités restent limitées par les coûts de production et la répartition inégale des terres agricoles par rapport à la demande [...] De plus, la monoculture à grande échelle pourrait conduire à la perte de la biodiversité ». Pour autant, le document souligne aussi les nombreux avantages des énergies « vertes » au regard de la réduction de la pauvreté et des émissions de gaz à effet de serre, du développement rural, de la création d’emploi etc.

                                                        Le rapport précise que « les impacts économiques, environnementaux et sociaux de la bioénergie doivent être évalués avec soin avant de prendre des décisions sur le développement du secteur et la nature des technologies, des politiques et des stratégies d’investissement à adopter ».

                                                        Mais la production mondiale d’éthanol - combustible fossile dilué à de l’essence - est déjà en plein boom : elle a doublé entre 2000 et 2005.

                                                        Dans cette course au développement durable, les pays producteurs ont vite comprit l’intérêt économique que représente la filière « bio ». Le Brésil est le leader du marché avec une récolte qui s’élève à 16 milliards de litres par an. En 2005, le gouvernement canadien a lancé le deuxième volet de son programme d’expansion du marché d’éthanol (PEME) qui consacre 46 millions de dollars à la construction et la rénovation de cinq usines d’éthanol. Une bonne nouvelle pour le milieu agricole qui s’ouvre à un nouveau marché, une mauvaise pour les associations écologiques qui dénoncent la surexploitation des ressources naturelles à des fins énergétiques.

                                                        Selon eux, la demande croissante de « carburants végétaux » est en passe de détruire les écosystèmes. Les palmiers des forêts primaires d’Asie du sud-est font régulièrement l’objet de pillages. Le développement de la culture de l’huile de palme est responsable de 87% du déboisement en Malaisie. Le fragile équilibre de la forêt amazonienne est menacé par l’implantation des champs de canne à sucre. Même les surfaces agricoles destinées à l’agroalimentaire pourraient être compromises par la culture excessive de végétaux destinés à la production de biocarburants. Manger ou conduire, il faudra peut être bientôt choisir !"


                                                        • Marie Pierre 12 mai 2007 16:39

                                                          Zen, un lien vers le sort des coupeurs de canne à sucre


                                                        • ZEN zen 12 mai 2007 17:58

                                                          @ Marie-Pierre

                                                          Merci d’avoir enrichi le débat par ce lien. J’avais vu un document terrible là-dessus sur Arte...Mais que fait Lulla ? Il est enchaîné aux grands groupes. Le Brésil comme toute l’Amérique latine attend encore une révolution agraire.

                                                          Amicalement.


                                                        • Marsupilami Marsupilami 12 mai 2007 18:42

                                                          @ Zen

                                                          Merci pour l’info.

                                                          Lulla était pris à la gorge par la dette du Brésil et il n’a pas eu le courage d’envoyer foutre le FMI. Il s’est donc lancé dans ces délires très profitables.

                                                          Il n’y a plus beaucoup de marges de manœuvre légales pour contrer ces ignominies. Ça sent les jacqueries et/ou l’extinction de l’espèce...


                                                        • ZEN zen 12 mai 2007 18:34

                                                          Essai et vérification (adresse e-)


                                                          • ZEN zen 13 mai 2007 15:58

                                                            Pour ceux qui voudraient approfondir ces questions sous ces différents aspects, voici une abondande documentation :

                                                            http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2004/index.htm


                                                            • ZEN zen 13 mai 2007 16:01

                                                              rectif : sous LEURS différents aspects...


                                                            • ZEN zen 13 mai 2007 16:24

                                                              Nourrir neuf milliards d’hommes, est-ce possible ?

                                                              Voici un important dossier sur cette redoutable question, avec une participation de E.Pisani :

                                                              http://www.agrobiosciences.org/imprime.php3?id_article=1861


                                                              • finael finael 16 mai 2007 12:55

                                                                Je dispose pour ma part d’un document interne à une grosse entreprise publique qui me permet d’affirmer que « la possibilité de nourrir 12 à 14 milliards d’habitants » sans accroissement des surfaces cultivées et sans recours à des technologies destructrices est bel et bien là.


                                                              • prgrokrouk 16 mai 2007 14:51

                                                                 smiley smiley smiley Je te demande alors : au prix de QUEL CONTROLE SOCIAL ??? ... Enfin, l’homme humain n’est-il pas la cible FINALE de la destruction et du chaos que tu dénonces ?

                                                                Si l’homme n’est plus qu’une fourmi ouvrière « croyante »... il n’y a plus d’arrêt avec le « nombre » ! et rien n’empêche plus une « répartition » calculée à partir de la privation... (c’est là que l’objection de Benoît XVI sur l’immanence prend un sens).

                                                                Tu soutiens donc un avenir dont je ne veux pas et dont JE ne fais pas partie...

                                                                ... et dont aucun être humain ne fait partie.

                                                                Je sais bien que l’évolution est juste une possibilité de l’organisation vivante...

                                                                Tu sais : pour investir une organisation sociale parfaitement adaptée au niveau spécifique de l’insecte-social, la vie n’avait pas besoin de l’évolution, ni de l’individu... et surtout pas de discours aussi stupide que le tien et de pareils !


                                                              • prgrokrouk 16 mai 2007 14:52

                                                                @finael (ci-dessus)


                                                              • ZEN zen 15 mai 2007 09:13

                                                                @ MARSU

                                                                Pour ton futur article et en liaison avec la problématique du fil, j’ai trouvé ce document qui pourrait t’intéresser :

                                                                L’idée de remplacer les carburants d’origine fossile par des biocarburants (produits à partir de la biomasse végétale) peut paraître un pas dans la bonne direction pour éviter l’aggravation du changement climatique. Pourtant, non seulement les plans pour leur production et leur utilisation ne sont pas la solution de ce problème mais ils en aggravent bien d’autres.

                                                                Les biocarburants que l’on propose d’adopter sont le biodiesel (obtenu à partir des plantes oléagineuses) et l’éthanol (obtenu à partir de la fermentation de la cellulose contenue dans les végétaux). Parmi les nombreuses cultures qui s’adaptent à cette fin figurent le soja, le maïs, le colza, l’arachide, le tournesol, le palmier à huile, la canne à sucre, le peuplier et l’eucalyptus.

                                                                Étant donné que les grands consommateurs du Nord n’envisagent pas de réduire vraiment leur consommation démesurée de carburants et que, dans la plupart des cas, ils ne disposent pas de terres agricoles suffisantes pour produire la matière première nécessaire à l’élaboration de leurs propres biocarburants, leurs gouvernements et leurs entreprises prévoient d’encourager, surtout dans les pays du Sud, les cultures destinées à la production de biodiesel et d’éthanol.

                                                                Il faut souligner que, dans les régions boisées du Sud, une telle politique n’impliquera aucun changement en matière d’exploitation pétrolière ou gazière. Celle-ci va non seulement se poursuivre mais s’élargir, puisque les carburants fossiles continueront d’être l’élément principal de la matrice énergétique des pays du Nord. Par contre, l’affaire des biocarburants ajoutera de nouvelles atteintes à celles que subissent déjà les forêts.

                                                                Le soja et le palmier à huile, qui semblent être les principaux candidats pour la production de biodiesel à l’échelle industrielle, suffisent à prouver ce qui précède. Le premier est devenu la principale cause de déboisement dans l’Amazonie brésilienne et au Paraguay, même avant que l’on commence à le planter pour produire de l’énergie. Le deuxième est lui aussi la cause principale de déboisement en Indonésie, et commence à porter atteinte aux forêts dans bien d’autres pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

                                                                D’autre part, on a déjà commencé à mettre au point des techniques pour transformer le bois en éthanol (en utilisant des organismes génétiquement modifiés), de sorte que l’industrie des biocarburants poussera à élargir encore les monocultures d’arbres à croissance rapide, aussi bien dans les zones boisées (ce qui augmentera la déforestation) que dans les régions de prairie.

                                                                Autant le déboisement que le changement d’affectation des prairies impliquent la libération du carbone stocké. À cela s’ajoutent les émissions découlant de la culture, le traitement et le transport des biocarburants, qui se font surtout à base de pétrole et d’autres éléments émetteurs de gaz à effet de serre : la fabrication des machines utilisées, le carburant utilisé pour les faire fonctionner, la production et l’utilisation d’engrais et de produits agrochimiques toxiques, les camions et les bateaux pour les transporter jusqu’à destination, etc. Autrement dit, le bilan net du carbone dans les zones consacrées à la production de biocarburants risque même d’être négatif, augmentant ainsi la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ; or, c’est précisément cela que l’on prétend éviter.

                                                                En définitive, non seulement l’utilisation de biocarburants ne résout pas le problème du changement climatique mais elle implique d’aggraver encore d’autres problèmes également graves.

                                                                En effet, des dizaines ou des centaines de millions d’hectares de terres fertiles seront concentrées dans les mains de grandes transnationales et passeront de la production d’aliments à la production de carburants... dans un monde où la faim et la malnutrition sont des problèmes très graves. Au cours du même processus, des millions de producteurs ruraux et de petits agriculteurs seront expulsés et devront émigrer vers les ceintures de misère des grandes villes. Les forêts cesseront d’assurer la subsistance de millions de personnes qui en dépendent, pour être remplacées par du soja, des palmiers à huile ou d’autres cultures énergétiques. L’eau sera contaminée (par suite de l’utilisation de produits agrochimiques) ou disparaîtra (par suite de la plantation d’arbres à croissance rapide) ; la faune locale sera gravement affectée par d’énormes déserts verts qui ne lui fourniront pas de nourriture ; la flore indigène disparaîtra, remplacée par de vastes monocultures, et de nombreuses espèces seront contaminées par les organismes génétiquement modifiés qui y seront utilisés, tandis que la monoculture et l’usage de produits chimiques dégradera les sols.

                                                                Il est donc évident que cette solution n’est pas la bonne, ni pour les gens ni pour l’environnement. Pourtant, il s’agit d’une excellente opportunité d’affaires pour de grandes entreprises qui opèrent au plan national et, surtout, pour les transnationales : celles du secteur de production et de commercialisation de produits agricoles pour l’exportation, les industries biotechnologique et chimique (qui augmenteront leurs ventes de matériel transgénique et de fournitures agricoles), l’industrie automobile (qui pourra continuer de se développer sous une couverture « verte »), les nouvelles entreprises apparues sur le sillage des biocarburants et les sociétés pétrolières elles-mêmes, qui sont déjà en train de se joindre à cette nouvelle affaire lucrative.

                                                                C’est la raison pour laquelle tant de gouvernements, d’organismes d’aide, d’agences bilatérales ou multilatérales et d’experts internationaux concourent à promouvoir une solution aussi absurde : pour servir les intérêts de ces groupes économiques puissants qui sont ceux qui dictent les politiques mondiales et les tournent à leur profit.

                                                                Il faut pourtant préciser que le problème ne réside pas dans les biocarburants eux-mêmes. Au contraire : dans une approche appropriée pour la société et l’environnement, ils peuvent servir à satisfaire une partie des besoins énergétiques de nos pays et surtout ceux des populations locales. Le problème réside dans le modèle dans lequel ils s’insèrent, qui comporte la production à grande échelle, la monoculture, l’usage massif de fournitures extérieures, l’utilisation de transgéniques, la mécanisation et l’exportation pour alimenter la consommation démesurée d’énergie dans le Nord.

                                                                Il est donc impérieux de faire face à cette nouvelle menace qui plane sur les peuples et les écosystèmes du Sud, et intégrer la question des biocarburants à la lutte pour la défense des forêts et de la diversité biologique, contre l’avancée des monocultures et des transgéniques, pour la souveraineté alimentaire et pour le droit des peuples à choisir leur propre destinée.

                                                                Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l’entière responsabilité de l’auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d’Information et de Solidarité avec l’Amérique Latine (RISAL).

                                                                En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous :

                                                                RISAL - Réseau d’information et de solidarité avec l’Amérique latine URL : http://risal.collectifs.net/


                                                                • prgrokrouk 16 mai 2007 14:40

                                                                  Content de voir un article rédigé de ta main. Je vais aller voir ce film. Et je me ferai fait mon opinion.


                                                                  • ZEN zen 24 mai 2007 18:38

                                                                    Ne manquez pas ce soir une enquête sur le business de la tomate en Andalousie et le quasi esclavage qui y est lié : EL EJIDO, LA LOI DU PROFIT :

                                                                    Sur Arte, à 22h45 (La vie en face)


                                                                    • Marsupilami Marsupilami 24 mai 2007 18:43

                                                                      @ Zen

                                                                      A lire aussi le Courrier International de cette semaine. Titres : Biocarburants, l’arnaque et Pourquoi l’éthanol n’est pas très écolo. De l’hyper-lourd...


                                                                    • ZEN zen 24 mai 2007 19:35

                                                                      @ Marsu

                                                                      Pas trouvé sur Courrier en ligne....As-tu un lien ?


                                                                    • Marsupilami Marsupilami 24 mai 2007 19:43

                                                                      @ Zen

                                                                      Les articles sont en ligne mais réservés aux abonnés, dont je suis (mais je vais quand même pas balancer meon code abonné sur Agoravox). Si tu ne veux pas acheter la revue papier en kiosque je peux les télécharger.


                                                                    • JL JL 24 juin 2007 10:36

                                                                      Bravo pour cet article sur lequel j’arrive après tout le monde. J’ai tout lu, on y trouve une mine de renseignements précieux. Merci à tous. J’ai vu ’Le cauchemar de Darwin’, pas ’We feed the world’ (pas pu, je le regrette).

                                                                      Je soutiens ce commentaire «  » Ces horreurs capitalistiques-spéculatives qui touchent à l’eau et à la bouffe sont insupportables. Que faire, sinon informer, alerter les citoyens et les appeler à boycotter les produits des firmes qui commettent ces ignominies ?«  » au sujet duquel je voudrais dire :ceci :Une représentante d’une association de consommateurs, invitée à une heure d’écoute « de la ménagère de moins de 50 ans » disait « le boycott est interdit », sans plus de précision, jouant sur l’ambiguïté d’un tel propos.

                                                                      Sur cette même radio (France Inter ou Culture), une chroniqueuse disait que l’azote dans l’air était une sorte de catalyseur du cycle du carbone (pas comme ça, mais je résume). Elle concluait, ravie : « plus les moteurs polluent, plus ils rejettent d’azote, donc plus ils dépolluent ».

                                                                      L’obscurantisme qui règne dans les médias est affligeant. Votre article et la discussion qui suit sont un modèle qui démontre qu’AV est non seulement utile, mais nécessaire. Il faut éviter que ses détracteurs ne parviennent à leurs fins.

                                                                      Cordialement.


                                                                      • ZEN ZEN 24 juin 2007 14:41

                                                                        @ JL

                                                                        Merci pour ton commentaire. Mieux vaut tard que jamais...

                                                                        Cordialement


                                                                        • ZEN ZEN 19 septembre 2007 15:35

                                                                          L’Amazonie et le maïs (2)

                                                                          Au kilomètre 38, Marlène Nascimento de Lima pleure ses terres perdues. « J’ai du mal à repasser devant chez nous. Il n’y a plus que des champs. Quarante familles vivaient là... » Elle avait commencé par refuser de vendre. Mais les sojeiros ont acheté les terrains limitrophes au sien. La vermine, chassée par les pesticides, a envahi son champ. Ses voisins sont partis, elle a fini par céder...

                                                                          La violence a eu sa part dans ces conquêtes. A Pacoval, en 2004, à deux heures de piste de Santarem, vingt-cinq maisons ont brûlé. A Corte Corda, deux syndicalistes ont été tués. A Belterra, ancienne capitale du caoutchouc, on a « forcé » beaucoup de gens à partir... A Santarem, Ivete Bastos, présidente du syndicat des travailleurs de la terre, a un jour trouvé des femmes avec de l’essence devant chez elle, prêtes à mettre le feu à la maison... Un ancien légionnaire espagnol, propriétaire d’une salle de musculation à Santarem, se vante d’exécuter des missions de nettoyage pour les « fazendeiros ». Dans la périphérie se multiplient les bidonvilles de bois construits sur des terrains abandonnés.

                                                                          Régulièrement, la police brésilienne fait une descente dans les grandes propriétés et en délivre des esclaves. On les a fait venir en leur promettant des salaires élevés. A leur arrivée dans la forêt, ils découvrent que leur paye a fondu. Des gardes leur interdisent de repartir. Les biens de première consommation leur sont fournis par le propriétaire. Ils s’endettent, et ne pourront jamais rembourser. « Ils étaient dans un état redoutable quand nous sommes arrivés », raconte un policier intervenu sur la ferme Vale do Rio Verde en 2005. Il n’y avait pas de sanitaires. Les ouvriers travaillaient pieds nus. Huit mille sept cents de ces esclaves ont été repérés dans les Etats producteurs de soja. En 2004, l’armée est intervenue dans 236 fermes utilisant 6 075 travailleurs, dont 127 enfants. Bunge, Cargill et Amaggi étaient en affaires avec elles.

                                                                          Pour mieux aider à l’expansion du soja, des entreprises comme la Cooper Amazon proposent des pesticides et des semences génétiquement modifiées. « La chaîne est en place : d’un côté, Monsanto, de l’autre, Cargill », accuse Edilberto Sena. Les pesticides ont déjà provoqué des ravages écologiques, le vent portant ceux que déversent les avions jusque dans les rivières. En 2005, une sécheresse terrible a frappé la région. Les poissons mouraient dans des flaques trop petites. Aujourd’hui, 20 % de la forêt brésilienne est morte. Même si un moratoire mis en place en 2006 a donné des résultats positifs (41 % de baisse de la déforestation en 2006-2007), 40 % de l’Amazonie pourraient avoir disparu d’ici vingt ans.

                                                                          Le pire, ce pire qu’espèrent Marcello et Patricia, est peut-être encore à venir : l’explosion des biocarburants. Vingt millions d’automobilistes brésiliens utilisent déjà l’éthanol. Les voitures « flex-fuel », qui laissent le choix entre éthanol et essence, ont représenté près de 80 % des ventes de voitures en 2005. Six cents stations- service commercialisent déjà un « biodiesel », dans lequel on retrouve du soja. Où vont s’installer les plantations ? « Le Brésil sera l’Arabie saoudite du XXIe siècle », prophétisent certains. Jusqu’au désert ?

                                                                          Le temps que vous lisiez cet article, une superficie correspondant à 75 terrains de football a été déforestée.


                                                                          • ZEN ZEN 19 septembre 2007 15:38

                                                                            Amazonie et soja (1)

                                                                            L’Amazonie asphyxiée par le soja LE MONDE | 18.09.07 | 17h06 • Mis à jour le 18.09.07 | 17h06 Augmentez la taille du texte

                                                                            Le petit avion a pris son envol. La forêt s’étend à perte de vue, tête immense dont la chevelure tutoie le ciel. L’Amazonie. Le poumon de la planète. La forteresse verte. D’un coup, la déchirure. La forêt s’ouvre. Blessée. Rasée. Le poumon tousse. La forteresse se fissure. Le paysage est soudain désolé. Des troncs abattus jonchent le sol, les plus résistants n’exhibant plus qu’un moignon noir de fumée. La terre laisse apparaître sa dernière couche, griffée à mort par les sillons des cultures. Parfois émerge encore de la marée des champs, solitaire et incongru, le tronc d’un châtaignier. Un survivant.

                                                                            L’Etat du Para sera-t-il bientôt aussi dépouillé que son voisin, le Mato Grosso ? Depuis janvier 2003, date d’arrivée de Lula au pouvoir, 70 000 km2 ont été sacrifiés au soja, l’un des plus féroces ennemis de la forêt brésilienne. Au début des années 1980, il poussait essentiellement aux Etats-Unis, qui assuraient 90 % de sa diffusion. En 2003, les exportations combinées du Brésil et de l’Argentine sont passées devant. L’immense pays de Lula est devenu la patrie du nouvel or vert.

                                                                            Trois grosses sociétés américaines ont vu venir la manne : ADM, Bunge et Cargill. Cargill a même installé à Santarem, troisième ville amazonienne, un port. Complètement illégal. Tous les mois, deux cargos en partent en direction de l’Europe, emportant chacun 90 000 tonnes. « Le soja dévore l’Amazonie. Je ne reconnais plus ma ville », dit Cayetano Scannavino, membre de l’ONG Santé et bonheur.

                                                                            Dans les rues de Santarem, on voit de plus en plus de gros 4×4, conduits par des gauchos venus du sud du pays. Depuis qu’un rapport de Greenpeace, « Eating up the Amazon », a mis le feu aux poudres, des autocollants ornent beaucoup de voitures « Greenpeace dehors. L’Amazone est aux Brésiliens ». La tension est palpable. A la Cooper Amazon, société qui distribue des fertilisants, Luis Assuncao, le directeur, ne cache pas sa haine : « Ici, maintenant, c’est la guerre. Une guerre froide. »

                                                                            Au Mato Grosso, le gouverneur de l’Etat, Blairo Maggi, propriétaire de l’usine Amaggi, est l’un des plus gros producteurs de soja au monde. Il a construit une ville entière, Sapezal, pour loger sa main-d’oeuvre, fait bâtir à Itacoatoara un port en eau profonde, et proposé pour faciliter le transport de bitumer à ses frais 1 770 km de la route BR163. Quand on lui parle déforestation, Blairo Maggi ironise sur la taille de l’Amazonie et affirme que la culture du soja est « bénéfique ». Du moins le faisait-il quand il acceptait encore de parler aux journalistes, tous suspects désormais d’être des « sous-marins » de Greenpeace.

                                                                            Retour au Para. Comme tous les dimanches, il y a fête à la fazenda Bela Terra près de Santarem. Le cuisinier fait griller de gigantesques brochettes. La bière coule à flots. Les hommes sont à peine endimanchés, les femmes s’assoient à table en égales. C’est un joyeux brouhaha, une réunion de clan. L’entrée est fermée par une grille blanche, un panneau signale la présence de deux chiens méchants.

                                                                            Entre eux, les producteurs de soja, les sojeiros rigolent, parlent affaires, se serrent les coudes. Devant l’étranger, la méfiance est de mise. Otalhio, 33 ans, fournit des fertilisants et des engrais. Le visage bouffi, il engouffre d’épaisses tranches de viande. Sa mère est brésilienne, son père uruguayen, et ils vivent encore près de la frontière, 5 000 km plus haut. « C’est dur, je ne les vois plus. » Il écrase une larme. Puis se fâche. « On nous appelle les gauchos, les bandits, les voleurs... » D’une main conquérante, il montre le sol. « Les gens ici ne font rien de leur terre. Ils restent parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. Ils veulent avoir la télé et aller en ville. Nous, on leur propose une autre manière de vivre. »

                                                                            Tonio Antares, propriétaire de quelques milliers d’hectares, revendique lui aussi ce droit à massacrer son pays. Petit, les yeux vifs, la peau rougie par un soleil qu’il n’apprivoisera sans doute jamais, il reste convaincu d’apporter avec lui prospérité et civilisation. « Le pays appartient aux Brésiliens. Nous venons aider cette région à se développer. »

                                                                            Mais à qui profite ce développement ? Marcello da Silva a acheté deux pelleteuses et les loue aux exploitants contre un pourcentage de la récolte. De décembre à avril, il est dans le Mato Grosso, de mai à août dans le Para. Le reste du temps, il conduit des convois. Grand, costaud, les yeux bleus, il évoque plus le cow-boy Marlboro que l’Indien de la forêt. Un peu rustre, peut-être, prompt à aligner les bières. Mais confiant en son étoile. Le soja le rendra riche, il en est sûr. Sa femme, Patricia, veut acheter du terrain. Beaucoup de terrain. « Les Américains vont commencer à planter de la canne à sucre. Là, on va gagner beaucoup. » Ils vivent à Santarem, aimeraient avoir des enfants. L’avenir leur sourit.

                                                                            Mais rares sont ceux qui tirent leur épingle du jeu. Le coût social payé à la petite plante est très lourd. L’Amazonie s’est peuplée par à-coups, sur des promesses non tenues qui, de boom du caoutchouc en construction de la Transamazonienne, ont fait venir les miséreux du Nordeste et du Minas Gerais. Ils ont pris des terres, les ont ensemencées, n’en ont jamais eu les titres de propriété. Depuis ils végètent, prisonniers de ce qu’on appelle pudiquement l’« agriculture familiale ». Une proie idéale pour les sojeiros, surnommés à Santarem les « sujeiros » (« salisseurs »).

                                                                            Tout au long de la BR163, la même histoire s’est répétée. Des hommes sont venus, ont demandé à ces petits exploitants de partir en leur montrant des titres de propriété. D’où les tenaient-ils ? Souvent de l’Incra (Instituto Nacional de Colonizaçao e Reforma Agraria), où la corruption permet l’achat de faux certificats, mis à vieillir dans un tiroir avec des grillons. « Ces gens n’avaient aucune culture de l’argent, explique le Padre Edilberto Sena, infatigable militant écologiste. Ils ont vendu à bas prix, et tout claqué. Ils se sont retrouvés démunis, et sans outil de travail. » 1 | 2 | suivant Hubert Prolongeau avec Béatrice Marie Article paru dans l’édition du 19.09.07.

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