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Obama est un véritable ami d’Israël

La presse européenne n’a pas prêté une grande attention au discours prononcé par Barack Obama au Caire le jeudi 4 juin 2009. L’opinion générale des journaux français est que « sur le fond, ce discours n’apporte pas d’éléments nouveaux ». La presse israélienne attend de connaître la position du gouvernement avant de se prononcer. Mais Gideon Levy n’a pas attendu ; personne ne sera surpris qu’il ait vu dans ce discours la promesse d’un nouvel âge.

Tel Aviv n’a pas retenu sa respiration, Ramallah non plus, pendant que le président américain donnait sa conférence au Caire. Dans les rues animées des deux villes, la circulation continuait normalement. Tel Aviv était indifférente, Ramallah sombrait dans le désespoir. Les deux villes avaient déjà fait le plein de discours historiques.

Personne pourtant ne peut ignorer le discours de Barack Obama : la montagne a accouché d’une montagne. Obama est resté Obama. Seuls les analystes israéliens ont essayé de diminuer l’importance du discours (« pas terrible »), de répandre la peur (« il a mentionné l’Holocauste et la Nakba d’un seul trait »), ou de l’insulter au nom des Israéliens (« il n’a pas mentionné notre droit sur le pays comme le promet la Bible »). Tous ces propos étaient redondants et inutiles. Ce jeudi, Obama s’est révélé comme un véritable ami d’Israël.

Le premier ministre Netanyahou avait donné aux ministres l’ordre de ne rien dire, mais ceux-ci, naturellement, n’ont pas pu s’empêcher d’envahir les studios. Uzi Landau a dit qu’un Etat palestinien équivaudrait à un « Etat iranien ». Isaac Herzog s’est montré encore plus ridicule en disant que le problème des colonies est un problème de « relations publiques ». Les deux hommes étaient essentiellement préoccupés par le même problème : comment peut-on s’arranger pour mettre en boîte la nouvelle Amérique ? Jamais auparavant les politiciens israéliens n’avaient paru aussi pathétiques, aussi petits, devant la somme de promesses qui contient le discours du Caire.

Il est certain que ce discours nous promet l’aube d’un nouvel âge. Un président des Etats-Unis qui parle de négociations avec l’Iran sans conditions préalables et sans menaces tacites, en acceptant même que l’Iran ait une industrie nucléaire civile ; un président qui parle du Hamas comme d’une organisation qui représente légitimement une partie de la société palestinienne, mais qui doit renoncer à la violence ; un président qui parle avec empathie des souffrances des Palestiniens ; un président qui parle - qu’on le croie ou non - de la sécurité non seulement des Israéliens mais aussi des Palestiniens, qui dit que toutes les colonies sont illégales, qui appelle à un désarmement nucléaire de toute la région. Ce sont des messages sensationnels, des titres dont la signification ne peut pas être exagérée, même si certains ont désespérément essayé de prétendre hier « qu’il n’y avait rien de nouveau dans son discours ».

Et comme si ça ne suffisait pas, Obama a parlé aussi - au Caire ! - contre la négation de l’Holocauste, pour le droit des femmes et des Coptes, et sur le besoin d’une démocratie adaptée à la culture de chaque société.

C’est la pensée d’un grand leader ; il a marché avec sagesse et sensibilité entre l’Holocauste et la Nakba, entre les Israéliens et les Palestiniens, entre les Américains et les Arabes, entre les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans. Combien il est facile d’imaginer son prédécesseur, George Bush le Terrible, dans la même situation : tout à l’opposé.
 
Nos militants de droite ont été déçus qu’il n’ait pas approuvé au moins Gush Etzion, et nos amis de la paix ont été déçus qu’il n’ait pas donné de calendrier. Mais ce n’est qu’un discours, et le temps de passer aux actes devrait bientôt arriver.

Gideon Levy
Haaretz, le 5 juin 2009

Traduction LF
 

Mots-clés

Palestine

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Les réactions les plus appréciées

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    Par abdelkader17 (xxx.xxx.xxx.189) 6 juin 2009 11:47

    Ces discours ne sont que ceux d’un habile illusionniste qu’on voudrait désormais nous présenter comme le messie, l’Amérique est l’Amérique et restera un allié indéfectible d’Israel dans la région, le chien de garde du moyen orient pourra continuer sa politique agressive avec l’avale des autorités de Washington, seuls les laquais arabes, véritables paillassons, supplétifs de la violence coloniale
    adhèrent à cette mascarade.
    L’Amérique et l’état colonial sioniste artisans et responsables du saccage des sociétés du moyen orient , que l’on ne s’y trompe pas l’histoire juge pour elle même..

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    Par abdelkader17 (xxx.xxx.xxx.189) 6 juin 2009 12:36

    @MCM
    La nakba c’était en 1948 date de l’expulsion des palestiniens de leur foyer et de la destruction de leur société.
    Les sionistes spécialistes de la falsification historique.

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    Par abdelkader17 (xxx.xxx.xxx.189) 6 juin 2009 14:03

    @Morice
    deux états c’est totalement impossible la colonisation a largement fait son oeuvre, comment démanteler les blocs de colonisation sans courir le risque d’une guerre civile.
    Le gouvernement le plus extrémiste de l’histoire d’Israel est en place, les différents gouvernement ont toujours refusé la restitution des territoires occupés face à des interlocuteurs laïques.
    La solution à deux états relève de l’utopie la plus lointaine.

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    Par Ramila Parks (xxx.xxx.xxx.93) 6 juin 2009 22:23
    Ramila Parks

    " Les extrémistes des deux bords font semblant de ne pas croire à la sincérité d’Obama parce que leur seule raison d’être est la violence "

    C’est vrai Leila, mais la sincérité d’Obama suffira-t-elle ?
    En tous cas, il est clair que c’est un discours de rupture avec les discours entendus pendant la période bushiste.

    Merci pour vos articles !

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