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Accueil du site > Actualités > International > Observateurs Arabes en Syrie Vs NED : qui est légitime ?

Observateurs Arabes en Syrie Vs NED : qui est légitime ?

Ces derniers jours, nous avons assisté à une véritable insurrection des médias occidentaux, français en tête. Ces derniers estiment être en position de contester la légitimité des observateurs de la ligue arabe en Syrie. L'ensemble des relais auxquels ces médias font appels sont liés à la NED (National Endowment for Democracy). L'organisation fut créée en 1982 par Reagan et envisage d'utiliser le prétexte droits de l'homme afin de mieux dissimuler l'ingérence étasunienne.

La critique des médias occidentaux repose sur deux arguments principaux :

  • Les observateurs de la ligue arabe ne peuvent faire leur travail de façon exhaustive car le régime syrien cacherait les preuves de ses crimes en encadrant les observateurs.
  • Le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi nommé à la tête des observateurs ne serait pas "crédible".

La première assertion doit être comprise par ce qu'elle souhaite dissimuler via une rhétorique douteuse   :

  • stopbach

-Le régime syrien dissimule les preuves de ses crimes - comme le faisait prétendument le régime de Kadhafi, ce qui n'est toujours pas prouvé aujourd'hui.

-De plus, l'armée syrienne encadre de façon contraignante la liberté des observateurs. Il sera donc extrêmement difficile de produire des preuves.

-Il n'y aura donc pas de preuve solide suite à cette mission, sinon le premier rapport présenté par Navi Pillay au conseil des droits de l'homme des Nations Unies, rapport si pauvre qu'il ne peut être considéré par un tribunal comme constituant des éléments solides à la charge du régime Syrien.

La seconde assertion - quant à elle - questionne la légitimité de la procédure d'observation de la Ligue Arabe.

  • soudan

Elle conteste en particulier la légitimité du général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, chargé de conduire la mission d'observation.

Plus précisément, Marc Lavergne, coordinateur du groupe d'experts du Conseil de sécurité de l'ONU pour le Darfour en 2006, lui reproche de s'être opposé à une "enquête sur les crimes contre l'humanité qui se déroulaient au Darfour. On a donc là quelqu'un qui passe lui-même pour un tortionnaire aux yeux des opposant soudanais." Il serait donc lui même lié à des actes abominables tels ceux dont on accuse le régime Syrien.

Mais là encore, toujours pas de production de preuve.

Ces deux assertions reposent donc l'une sur l'autre sans que l'une d'elle ne puisse indépendamment se justifier par des faits matériels et des preuves documentées. Mais présentées ainsi, l'esprit ne pensera pas à questionner la véracité de la première accusation indépendamment de la seconde.

Procédons donc à l'inverse de cette logique et questionnons ces assertions sur le plan du droit international puisqu'il s'agit d'un conflit mais surtout sur le plan de la raison.

La charte des Nations-Unies entend limiter les souverainetés des États pour éviter les tensions internationales qui peuvent conduire à des conflits armés. Mais cette limitation ne permet en aucun cas l'ingérence. Or dans cette affaire, il est toujours question de commentaires sur l'exercice du pouvoir en Syrie, il s'agit donc bien de questionner et critiquer - voir contester- l'exercice de la souveraineté de la Syrie sur son propre territoire.

Ceci étant dit, observons maintenant les relais de ces assertions contre le régime Syrien.

nedfidh

  •  Axel Poniatowski est quand à lui chargé de "résoudre" le problème posé et inventé par ses alliés. C'est à dire : Brouiller les pistes en proposant le remplacement des observateurs de la Ligue Arabe par d'autres observateurs tout en contournant la possibilité d'une résolution pacifique du conflit en appelant à la saisine du Conseil de Sécurité

Il estime dans un article du Monde que "Ce plan (l'envoi des observateurs arabes) est utile, Il doit maintenant faire l'objet d'une résolution en l'état au Conseil de sécurité des Nations unies. Cela rendra plus difficile l'opposition de la Chine et de la Russie."

Axel Poniatowski est le Président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale depuis le 28 juin 2007. Mais il a aussi participé à la fondation de l'International Movement of Parlementarians for Democracy, un programme du World Movement for Democracy de la NED. Ce programme fondé en 2003 avait alors réuni 24 parlementaires issus de 13 pays différents. Un autre français y participa : Jean Dominique Giuliani le président de la Fondation Robert Schuman pour l'Europe.

Conclusion : La National Endowment for Democracy dont la légitimité - quant à elle- peut être véritablement questionnée estime être en mesure de produire l'intégralité du discours accusateur à l'encontre du régime syrien ainsi que la solution adéquate en toute situation.

Pourtant

  •  La National Endowment for Democracy n'est pas une Organisation Non Gouvernementale (ONG) puisque son budget est voté par le congrès des États-Unis.

  • L'organisation s'ingère illégalement dans la vie politique de nombreuses Nations : Russie, Venezuela, Libye, Myanmar, Syrie, République Démocratique du Congo, etc.

  • L'organisation, malgré son discours accusateur, n'a pas produit, à ce jour, la moindre preuve sérieuse à l'encontre du régime Syrien.

En résumé, ceux qui entendent user du sophisme pour nous faire admettre l'impossibilité de produire des preuves sans saisine du conseil de sécurité - et donc sans prendre le risque d'annihiler toute possibilité de procédure d'observation - sont précisément ceux qui sont les moins légitimes pour commenter cette procédure. En effet, ils se placent de façon officielle en dehors du cadre du droit international ainsi qu'en position offensive, cette dernière étant en contradiction avec l'idée de résolution d'un conflit intraterritorial. De plus, le but affiché est de contourner les vétos Russes et Chinois soit de contester encore une fois l'exercice de la souveraineté de certaines Nations alors que celles-ci respectent les procédures internationales courantes dans le cas Syrien.

Julien Teil

www.laguerrehumanitaire.fr

http://laguerrehumanitaire-lefilm.tumblr.com/post/15028783627/observateurs-arabes-en-syrie-vs-ned-qui-est-legitime


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18 réactions à cet article    


    • paul 2 janvier 2012 14:02

      Vu la complicité des européens et de leurs médias avec la NED, il n’y a plus que les pays du BRIC pour s’opposer à une intervention militaire « à la libyenne » . Merci pour l’article .


      • leypanou 2 janvier 2012 15:33

        Article qui permet d’avoir une autre idée de ce qui se passe au Moyen Orient. La population française est désinformée en permanence par les médias mainstream. Sur Internet, heureusement, il y a d’autres sons de cloche. Quand il s’agit d’arriver à leurs fins, les etats-uniens ne reculent devant rien. Et leurs laquais sont partout (une chaîne de télé a même invité une « opposante syrienne » qui propose carrément une intervention militaire). Des personnes comme Rony Brauman par exemple malheureusement ne passent que très rarement à la télé. Le R2P (Responsibilité To Protect) des Nations Unies a encore de beaux jours devant lui. Le problème qui se pose en permanence pour les ’« lucides » c’est comment faire entendre une autre voix .


        • SEPH 2 janvier 2012 17:38
          Juppé et le CNS sont déjà mécontents de la mission d’observation de la Ligue arabe :


          La situation à Homs est « rassurante » . C’est l’impression générale qu’a retirée la « pré-mission » de la Ligue arabe dirigée par le général soudanais Moustafa al-Dabi à l’issue de sa première journée d’enquête à Homs, mardi 27 décembre. Dans une déclaration faite mercredi 28 à l’agence Reuters, le général al-Dabi s’est montré d’un optimisme un peu déconcertant, eu égard à ce qu’on sait du climat prévalant depuis des semaines dans certains quartiers de la grande cité, notamment à Bab Amr, bastion de groupes radicaux-terroristes. Qualifiant la visite de la délégation arabe, notamment dans ce quartier sensible, de « très bonne« , le général a assuré que « toutes les partie se sont montrées coopératives » et que, d’une manière générale, « il n’y avait rien d’effrayant (dans Homs) au moins lorsque nous étions là« . Le chef de la délégation d’observateurs – actuellement une cinquantaine sont présents en Syrie - a précisé que la mission se poursuivrait mercredi et jeudi à Homs, et au-delà, avec une vingtaine de personnes qui « resteront longtemps sur place« : une manière de répondre à certains opposants qui ont critiqué à l’avance la brièveté de cette mission, et donc sa fiabilité.

          Evidemment, quand Moustafa al-Dabi évoque « toutes les parties« , on doute qu’il ait eu affaire aux snipers de l’ASL ou des groupes islamistes sévissant à Bab Amr et ailleurs. De fait, al-Dabi et ses collaborateurs nient avoir assisté à des violences et en tout cas à des actions répressives de l’armée syrienne, disant avoir aperçu tout au plus deux ou trois blindés légers au cours de leur pérégrination. Et certes, on se doute bien que les troupes du régime n’allaient pas déclencher une grande offensive sous les yeux de la mission arabe ! Mais les observateurs n’ont pas été confrontés non plus à des actes de guérilla urbaine. Certes, reconnait le général al-Dabi, « il y avait quelques endroits où la situation n’était pas très bonne« , mais ajoute-t-il aussitôt, « tout était calme et il n’y a pas eu d’affrontements« . Et les gens de la Ligue arabe ont pu rencontrer des Homsis, même si, là encore, l’OSDH et ses séides montent au créneau, citant les plaintes d’habitants prétendant que la délégation arabe s’était pratiquement bouchée les oreilles pour n’avoir pas à recueillir leurs doléances.

          Ce qui est certain, c’est que l’opposition radicale – CNS, OSDH, CLC – n’a vraiment pas l’air à l’aise avec cette mission arabe dont elle réclamait naguère à cors et à cris la venue immédiate, notamment à Homs. Et c’est vrai que de son point de vue, les premières déclarations du général al-Dabi sont, comment dire, « décevantes » : Homs n’est donc pas à feu et à sang, n’est pas le Stalingrad – ou la Commune de Paris massacrée par les « Versaillais » bacharistes - que décrivaient à longueur de communiqués et de dépêches l’OSDH et les agences de presse occidentales.

          On nous objectera que la mission al-Dabi n’a encore rien dit non plus du climat d’insécurité et de terreur instauré par les activistes anti-régime dans plusieurs quartiers de Homs. Mais avec ce qu’on savait des « donneurs d’ordre » du général soudanais, à savoir les monarchies du Golfe – Qatar en tête – qui mettaient le gouvernement syrien en situation d’accusé permanent et systématique, on est un peu surpris de cette « première impression » : la Ligue arabe cherchait-elle simpement, par l’envoi de cette mission, à sauver sa face ? Il semble en tout cas qu’elle ne veuille pas, ou plus, donner du grain à moudre aux extrémistes de l’opposition.

          L’effroyable déception de l’administration Juppé

          D’autres qui sont très déçus du premier rapport de Moustafa al-Dabi, et qui ne cherchent pas à le cacher, ce sont les « activistes » du Quai d’Orsay : mercredi 28, son porte-parole critiquait, à l’unisson du CNS et de la cyber-opposition, la « brièveté » du séjour à Homs de la délégation arabe, et incitait celle-ci à « retourner sans délai dans cette ville martyre » (justement, cher monsieur, c’est prévu), toujours frappée selon lui par une impitoyable répression. Et le Quai d’Orsay, à la manière cette fois du Département d’Etat américain, de prévenir que la « communauté internationale » sera « vigilante face à toute tentative de dissimulation ou de manipulation« . Là aussi, le dépit est visible : Juppé et ses collègues attendaient de la mission arabe à Homs un témoignage à charge contre le régime de Damas, ils ont à la place un avis de dédramatisation, sans doute un peu trop optimiste, c’est vrai, mais s’inscrivant en faux contre les mise en scène manichéennes et catastrophistes du Quai d’Orsay-Juppé.

          Pas étonnant qu’on ait vu fleurir, dès avant les déclarations à Reuters du général al-Dabi , des articles fielleux sur la personnalité de ce dernier, soupçonné d’avoir lui-même réprimé tout son saoûl au Darfour. Nous ne savons pas grand chose des états de service du général soudanais mais nous constatons, sans nous en étonner plus que ça, que le Soudan a longtemps été – comme c’est étrange – une « tête de Turc » (pardon, Erdogan) des Etats-Unis qui ont imposé sa partition en deux suite à de puissantes campagnes « humanitaires » dans lesquelles, comme souvent, les people d’Hollywood ont servi les intérêts géostratégiques de la Maison Blanche.

          Mais passons, et revenons – brièvement, comme dirait le Quai d’Orsay – à l’attitude de ce dernier : à l’instar du CNS et des radicaux syriens, Juppé and co ne cherchent ni la vérité ni l’apaisement à Homs et en Syrie, mais des arguments de propagande pour le renversement du régime : on comprend leur déception, et leur mauvaise humeur !

          http://www.infosyrie.fr/actualite/juppe-et-le-cns-deja-mecontents-de-la-mission-dobservation-de-la-ligue-arabe/&nbsp ;


          • anticomplot 2 janvier 2012 19:45

            merci pour cet article
            quoique l’on fasse, les sionistes crieront toujours tant q’ils n’ont pas obtenu ce qu’ils esperent !
            c’est une réalité que l’histoire nous a prouvé.
            ils mentieront, trahiront et comploteront !
            ils ont commencé cet art avec leur propre prophete moise à maintes reprises(il est parti 40 jours et à son retour ils avaient déjà pris un veau pour dieu, ils ont tellemnt commis de corruption sur la terre sainte que dieu les a fait sortir)
            ile ne s’arreteront jamais !
            Leur chant est
            «  »mentons, trahissons, complotons, tuons tant que la terre entière ne nous est pas soumise«  »
            Voilà le chant des sionistes !


            • yvesduc 2 janvier 2012 20:15
              Excellente démonstration. Les médias sont coincés dans un raisonnement circulaire : puisque el-Assad commet des meurtres de masse, alors ses démentis sont forcément des mensonges, et l’absence de preuves démontre qu’el-Assad est bien le coupable puisqu’il les dissimule (les preuves). Impossible, évidemment, d’envisager que les médias soient manipulés…


              • Olivier Perriet Olivier Perriet 3 janvier 2012 10:30

                C’est aussi le même type de raisonnement qui est utilisé par les complotistes divers :

                La version officielle est fausse, donc tous les arguments qui vont dans le sens de la VO sont bidouillés. Et même s’il n’y a aucune preuve du complot, c’est qu’il a été exécuté de façon si parfaite qu’aucune trace n’en a été laissée.


              • yvesduc 6 janvier 2012 21:16

                Hélas, pour certains complots c’est beaucoup plus simple. smiley


              • hans 2 janvier 2012 21:01

                « Ils » vont y aller c’est claire , et prendre une bonne patée, mais l’objectif final c’est bien l’Iran... notre prix nobel de la paix veux franchir le pas avant ses « elections ».... donc on a le gapp maintenant et juillet


                      • gordon71 gordon71 3 janvier 2012 02:15

                        l’avis de soeur maryam plus explicite et toujours sans langue de bois






                        • agent orange agent orange 3 janvier 2012 10:54

                          Merci à l’auteur pour exposer les mensonges de ces propagandistes et les liens qui les unissent.
                          Cet article recoupe les recherches de Toni Cartalucci qui met en évidence les intérêts derrière ces fausses révolutions.
                          Il ne fait pas bon de critiquer le story-telling sur la Syrie. Moins d’une semaine après avoir mis en doute la véracité des infos sur la Syrie, le cabinet indépendant STRATFOR a été hacké...
                          Meilleurs voeux à tous et en particulier meilleure continuation à Julien Teil dans ses recherches et son décryptage de la propagande mainstream.


                          • restezgroupir44 restezgroupir44 3 janvier 2012 12:15

                            Toutes les guerres sont illégitimes......
                             smiley


                            • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 3 janvier 2012 12:37


                              Mentir afin de légitimer le déclenchement d’une guerre d’agression est, en droit, constitutif du Complot contre la Paix, et c’est bien entendu, selon la jurisprudence de Nuremberg, un crime contre l’humanité, et de plus le « pire de tous », car il contient en lui.même « tous les autres ».

                              Un jour les criminels, y-compris leurs complices (journalistes...), devront rendre des comptes...


                              • captain beefheart 3 janvier 2012 13:13

                                Vive el Khadafi et sa revolution verte !

                                http://www.youtube.com/watch?v=dnGfi62g-Uo&feature=player_embedded

                                et vive les chrétiens français contre le N.O.M

                                http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=hgu_OrzpOrY

                                Bonne année.


                                • Gérard Luçon Gerard Lucon 8 janvier 2012 09:13

                                  le seul vrai observateur independant et sincere est le philosophe guerrier, l’immonde BHL, pourquoi ne pas l’envoyer la-bas avec, sur ses epaules, nicolas le hutin, regent de tripolitaine et liberateur de cyrenaique.

                                  Peut-etre meme que, de Damas, il pourraient apercevoir l’iranienne Sakhine et se rappeler du combat qu’ils ont mene pour elle avant de trouver mieux a faire, et surtout plus lucratif grace aux retrocommissions qui viendront de la part des entreprises francaises chargees de la reconstruction de la Lybie

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