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Accueil du site > Actualités > International > « Que se passe-t-il ? »

« Que se passe-t-il ? »

Les prémices d'une révolution globale...

Résonnances

Tunisie, Egypte, Libye, Bahreïn, Yémen, Algérie, Maroc, Kurdistan Irakien… Malgré les différences entre ces formes de lutte et leur revendications, il est manifeste que le même élan relie tous ces soulèvements, visible à travers la solidarité de ces peuples entre eux et la reprise, ici et là, des mêmes méthodes et des mêmes slogans. Mais c’est aussi en Islande, malgré le black out des médias à ce sujet, qu’une coalition d’écologistes, de groupes d’extrême gauche et d’anarchistes a fait plier le gouvernement, nationaliser trois banques et tente, tant bien que mal de réécrire leur constitution. L’effet domino inauguré par la révolution tunisienne a donc bien eu lieu ; et l’on peut s’attendre, bien au-delà du monde arabe, que ce même vent souffle dans tous les pays où une certaine forme de pouvoir, qui a réussi jusqu’à présent à étouffer la volonté de leur peuple par la peur et la propagande, se voie déstabilisé, et ceci à cause de deux facteurs principaux.

Le premier est un désespoir politique et économique consommé (celui qui a poussé ce jeune étudiant tunisien à s’immoler publiquement) mêlé à un niveau accru de connaissance de d’éducation dans les classes populaires, ce qui amène à un degré supérieur de revendications politiques et économiques. L’autre facteur est surtout technologique. La naissance d’internet avait déjà permis de contourner la censure et la propagande, avertissant la population des exactions et du degré de corruption de leurs dirigeants ; mais avec l’avènement du haut débit, joint à la naissance des Smartphones, les hommes peuvent désormais communiquer en temps réel où qu’ils se trouvent, filmer les évènements, les partager immédiatement et organiser collectivement des actions à une vitesse jamais atteinte. Facebook, Twitter, Wikileaks sont donc devenus des acteurs majeurs de ces révolutions naissantes, et des dangers réels pour les pouvoirs en place. En pleine révolution tunisienne, le président Obama, (suite à l’affaire Julian Assange), était lui-même en train de faire voter une loi lui permettant de couper internet, aux Etats-Unis, en cas de « danger pour la nation ». A travers ces technologies, c’est donc cette immémoriale manière de gouverner par le secret, au nom de la Raison d’Etat, qui vacille aujourd’hui, symboliquement et techniquement.

Il est donc à prévoir que les résonnances de ces imprévisibles révolutions seront d’ordre mondial, et que chaque pays, à sa manière fera retentir un écho différent de ce « gong » qui a sorti brutalement de leur torpeur les pachas du Maghreb, carillonne désormais aux oreilles de tous les dirigeants de la planète, en redonnant à tous les peuples espoir et dignité. En Chine, des manifestations, brutalement réprimées, commencent à avoir lieu, et les mots « Tunisie », « Jasmin » et « Egypte » ont été bannis des moteurs de recherche. Mais c’est aussi la Russie qui pourrait bientôt être atteinte par cette onde de choc, ou plutôt de charme, comme dirait le philosophe Vincent Cespedes. L’entrée en scène des peuples russes et chinois rendrait manifeste la portée mondiale de cet événement arrivée par la Tunisie et, pour la première fois dans l’Histoire, une mondialisation politique d’ordre non impérialiste, pourrait voir le jour, ressuscitant de manière parfaitement inattendue le rêve internationaliste porté par le mouvement communiste du siècle dernier. Ici, il faut rendre hommage à deux ouvrages, parus récemment en France : L’insurrection qui vient  du Comité invisible, traduit dans toutes les langues, qui, de pamphlet anarcho-romantique a acquis une portée prophétique, ou dont on mesure en tous cas aujourd’hui la pertinence, c’est à dire l’impertinence. L’autre, c’estL’hypothèse Communiste d’Alain Badiou où il est question de l’avènement d’une troisième phase du communisme, qui serait parvenue à critiquer et à dépasser, à la fois dans l’action et dans la réflexion, le recours à la politique de parti et la centralisation du pouvoir, écueils qui ont mené le communisme du 20ème siècle à la catastrophe.

Ces évènements et ces réflexions nous intiment à désapprendre à percevoir l’Histoire comme une réalité autonome et transcendante dans lesquels les hommes auraient à s’inscrire selon des lois probabilistes, et à replacer le désir au centre de l’action politique. La révolution tunisienne a eu lieu, en dehors de toute probabilité, parce qu’elle était désirable. Il nous faut aujourd’hui réévaluer la réalité politique à l’aune du désir et non tenter vainement d’inscrire nos désirs dans une réalité qui serait donnée une fois pour toute. En d’autres termes, il faut faire valoir l’invention et le courage contre le calcul et le contrôle.

Ce renversement de l’axiome réaliste a des conséquences philosophiques majeures. En effet, c’est toujours sous le jour d’un « système » que se donne la Réalité. Quand ce système est vécu comme oppression, il est inutile d’essayer de s’y inscrire pour faire valoir nos existences, car, partant de ce système, nous ne faisons alors que le confirmer dans son fonctionnement (d’où cette fameuse puissance de récupération du capitalisme). Tout mouvement ou initiative qui se donne pour point de départ l’analyse du système est donc voué à n’être qu’un faux mouvement. Or un mouvement réel, comme on peut le voir actuellement, déborde par nature toute analyse et prévision parce qu’il n’était pas inscrit, au préalable, comme une possibilité logique de ce système. Ce que nous enseignent les récents évènements est que tout mouvement réel, c’est à dire désirable, est d’abord impossible, illogique, avant de voir le jour. L’action politique, mais aussi artistique, scientifique, si elle a une portée réelle, s’apparente donc moins à un calcul, un acte mesuré et contrôlé selon l’environnement dans lequel elle s’inscrit, qu’à un pas dans le vide, nécessaire et pourtant impossible, qui appelle un sol sous ses pieds là où il n’y en avait pas. A ce sujet, voir le livre Le corps ou le fruit de l’expérience publié en octobre dernier par Laura Fanouillet et Guillaume Allardi, aux éditions Larousse. Et plus particulièrement les chapitres « Mécanismes et conscience fossile » ainsi que « La cinétique fantôme ».

 

Le double pilier du pouvoir

La partition politique du monde semble pouvoir aujourd’hui être réinterprétée : les clivages de civilisation, religieux, politiques, nationaux, sur lesquels reposaient le jeu du réalisme politique international, semblent céder la place à une autre forme d’opposition où les peuples, détachés comme jamais de l’idée de nation, pourraient se retrouver dans une forme d’ internationale, opposé à une autre internationale : celle de l’oligarchie mondiale qui pratique depuis longtemps, elle, une certaine solidarité, celle des alliances entre puissants, sans distinction de religion, ni de valeurs, dont nous avions déjà eu vent en découvrant les étranges rapports des familles Bush et Ben Laden, et qui ne cesse de se faire jour, ici et là, comme en témoigne également l’affaire Affaire Alliot-Marie. On découvre que les dirigeants font depuis longtemps des affaires entre eux, forment une classe internationale qui s’entraide à étendre son pouvoir, sans souci des valeurs et des peuples qu’ils sont censés représenter. Or les échos qu’a rencontré la révolution tunisienne ont, eux, montré qu’une immense partie de la population mondiale partage désormais une conscience commune d’oppression, unis, par delà les clivages nationaux ou religieux, comme on l’a vu sur la place Tahrir en Egypte, par une volonté de démocratie réelle, un désir d’égalité, et une tolérance qu’on osait à peine soupçonner. 

Sur quoi reposent ces pouvoirs oligarchiques, aujourd’hui en danger ? Principalement sur le double pilier de l’ennemi intérieur et extérieur, dont les médias, contrôlés par le pouvoir lui même, par des groupes d’influences proches de ce pouvoir, ou bien simplement guidés par la manne économique que constitue le caractère sensationnel et polémique des informations, offrent à profusion des images déformées et monstrueuses. En effet ce pouvoir repose sur la mise en scène d’une guerre de civilisation, l’instauration, parfois monté de toutes pièces, d’un état d’urgence, la favorisation ou l’invention, parfois, d’un terrorisme international, la stigmatisation des étrangers, des pauvres, avec, en toile de fond, la guerre économique généralisée, et donc la croissance nationale comme seul horizon idéologique. Ce « réalisme », fondé sur l’idée que le monde, selon la doctrine de Hobbes, est une guerre de tous contre tous, a servi de base à ces politiques de soi-disant protection des bons citoyens contre l’ennemi intérieur ou extérieur (le terroriste, le voyou, le sans-papiers, le rom aussi bien que l’économie chinoise) ornées de déclaration sur la nécessité de sanctions, de punitions dans des termes brutaux et populistes dont le « Jusque dans les chiottes », de Poutine, le « Karcher » de Sarkozy, les « Etats voyous » ou l « ’Axe du Mal » de Bush sont quelques exemples. 

Le dénominateur commun à tous ces pouvoirs est donc de se fonder sur l’exclusion d’une ou plusieurs minorités et le refus catégorique du dialogue. Ainsi les problèmes économiques, ou le désespoir politique, qui sont, dans la plupart des cas les causes effectives de la violence, de la délinquance comme du terrorisme, sont systématiquement occultés au profit d’une analyse « morale », de la vieille ficelle du bouc émissaire, qui tente de faire valoir que l’origine du mal ou des difficultés que chacun subit, sont dues à cette minorité exclue, à son incompatibilité inhérente, sociale, raciale ou religieuse, avec le mode de vie dominant.

L’horizon de cette politique, est évidemment un horizon d’extermination. Mais l’exemple de la Shoah interdit désormais à toute politique, sauf exception, de franchir ce pas, et il s’est avéré plus profitable pour les marchands d’armes, les affairistes, les dictateurs comme les « démocrates » occidentaux, d’entretenir des conflits larvaires insolubles, de maintenir le chaos dans la durée ( en Tchétchénie, en Palestine, en Irak, en Afghanistan, mais aussi en banlieue, ou comme on l’a vu avec la communauté rom) en rendant la vie de certaines minorités insupportable, afin que celles-ci deviennent effectivement dangereuses. Maintenir l’insupportable, favoriser la radicalisation des mouvements d’opposition : le Hamas en Palestine, les radicaux islamistes en Tchétchénie, les Talibans, d’abord financés par la C.I.A…) afin de gouverner leur propre peuple par la peur, en s’en prétendant les défenseurs et les gardiens de l’ordre. Voici, en substance, la technique, plus consciente qu’on ne le croit, de ces nouveaux pouvoirs.

Le nationalisme de cette nouvelle aristocratie n’est donc évidemment que de façade, les démocrates font des affaires avec les dictateurs, les religieux avec les laïques, les mollahs eux-mêmes prospèrent sur la guérilla afghane, le trafic de drogue et sont, paraît-il, de grands amateurs de Whisky. S’ils s’affrontent parfois, c’est n’est donc pas en tant que nation défendant leurs valeurs, mais comme des clans rivaux, au nom d’intérêts peu généraux puisqu’une grande part des richesses de leur nation est entre leurs mains. Leur discours nationaliste n’a pour but que d’être l’écran derrière lequel ces hommes étendent leur influence. Car pendant ce temps, ces hommes qui se jouent des lois pour se faire réélire bien au delà de ce que permet leur constitution, ou bien, comme Poutine, pour rester au pouvoir dans l’ombre d’un président fantoche, se sont enrichis à des niveaux exorbitants (on parle de 70 milliards pour Moubarak, mais que dire de Poutine, de Berlusconi, et même de l’Angleterre, où 80 % des ministres sont des millionnaires). Dans ce fonctionnement proprement mafieux. Il est donc normal d’assister, au sein même de « républiques démocratique » au retour de la vieille pratique aristocratique de l’hérédité et de la « préférence familiale » (Sarkozy fils, famille Ben Ali, Moubarak, Bush, affaire Woerth) car dans un tel contexte, on privilégie d’abord sa famille, puis son clan, et l’on accorde du pouvoir aux hommes que l’on a choisi qu’à la proportion dans laquelle on les mouille dans nos affaires.

 

L’autre partition

Mais cette internationale des oligarques, si étonnamment ouverts d’esprit, dès qu’il s’agit d’argent, pourrait se retrouver aujourd’hui en face d’une autre internationale qui prend forme peu à peu, à travers les réseaux d’informations, par résonnance et sympathie, rendant solidaires, dans la parole comme dans les actes, des peuples parfois très éloignés, mais conscients de partager les mêmes valeurs, les mêmes souffrances et, surtout, un ennemi commun. Ceci rend concrètement possible ce que la dernière phase communiste a échoué à réaliser, et sur quoi reposait toute sa stratégie : la naissance d’une conscience populaire mondiale. La guerre froide avait stoppé cet élan, en bipolarisant le monde et en recentrant les blocs et les nations sur elles-mêmes par le biais de la terreur et de la peur paranoïaque de l’autre. Le mur de Berlin s’est effondré, inaugurant une mondialisation surtout économique mais cependant réelle. Puis un autre mur s’est élevé, en Israël, symbole d’une autre bipolarisation du monde, sur fond religieux cette fois, qui a stoppé à son tour cet élan de conscience commune, en réhabilitant les politiques fondées sur la peur.

Pourtant, si l’on prend au sérieux la sympathie des peuples avec le peuple arabe, et la communauté transreligieuse et transpolitique qui, sur la place Tahrir, a réussi à s’unir pour chasser un tyran. On peut espérer que cette bipartition géopolitique du monde, obstacle à la levée d’une conscience populaire mondiale, se substitue prochainement à une opposition délocalisée, globale, faisant partout valoir les droits des peuples contre leurs soi-disant protecteurs. Et l’on peut en même temps parier que cette nouvelle ère de l’espèce humaine prendra son effet le jour où la « barrière de sécurité » entre Israël et la Palestine, symbole et point névralgique de cette bipartition, s’effondrera à son tour. Car la paix, qui semble impossible entre ces deux pays, ou plutôt ces deux entités dans le même pays, n’est impossible qu’en vertu d’une analyse religieuse et territoriale (c’est à dire nationale) du conflit. Mais si cette opposition disparaît, tout sera à nouveau possible, et au lieu de militer pour l’instauration d’une frontière et la création d’un état palestinien qui éternisera de toute façon l’hostilité entre ces deux peuples, nous ferions sans doute mieux, comme le note Alain Badiou, de diriger nos efforts vers la réunification de ces deux entités artificiellement séparées, tout comme l’Allemagne s’est réunifiée, et de faire que ces deux peuples réapprennent, comme ils l’ont fait durant des millénaires, à vivre ensemble en partageant les lieux communs de leur culte. Mais répétons-le, cela ne sera possible qu’en substituant, à l’analyse binaire du choc des civilisations, une conscience populaire globale qui défasse les fausses oppositions nationales ou religieuses sur lesquelles s’assoient les tyrans du monde entier.

« Que se passe-t-il ? » « Que va-t-il se passer ? » se demandent, frileux, les technocrates et les hommes d’affaires du monde entier. Et chacun d’y aller de son pronostic sur l’avenir obscur ou radieux de ces révolutions. Mais le simple fait de se poser cette question est le symptôme d’une attitude servile et déterministe envers les événements, qui témoignent surtout d’une incompréhension quant à leur nature, qui est d’être des occasions, des portes ouvertes à l’action et à l’engagement. La question n’est pas de savoir « ce qui se passe » mais de se demander « Que voulons-nous ? » « Qu’est-ce qui est désirable ? » Encore une fois, il nous faut désapprendre à être les interprètes ou les spécialistes des courants de l’Histoire, car ces courants ne sont que la force cinétique fantôme des moteurs du système. C’est cette attitude réaliste qui est la source de notre dépression et de notre désillusion. Il faut, au contraire, retrouver le courage d’assumer et de faire valoir ce que nous désirons, car la nouvelle « Réalité » qui sortira de ces périodes de troubles, ne sera ni plus ni moins que le reflet de notre courage dans l’action, comme de notre faculté d’invention.

La Tunisie nous a montré qu’un peuple pouvait reprendre conscience et confiance en lui-même, de manière spontanée et immédiate, sans la médiation d’un parti ou d’une administration. Cette immédiateté, ce liant, fut le Graal, la Pierre Philosophale de toutes les tentatives historiques pour instaurer un équilibre entre la Justice, la Liberté et l’Equité. Quelque soit l’issue des évènements en cours, ce liant est là, maintenant et pour toujours comme une possibilité de l’Homme, de l’Histoire. Ce n’est d’ailleurs qu’en cela que ce moment, que nous vivons, est réellement « historique » ; car il a défait à jamais, théoriquement et pratiquement, toutes les doctrines « réalistes » fondées sur la peur et l’individualisme, le jour où un étudiant s’est enflammé de ce qui consumait tout un peuple de l’intérieur, et a réduit en cendres, par son geste, cette image de l’homo oeconomicus : caricature risible et insultante de ce que nous sommes, qui donnerait raison à chacun de se haïr lui-même en méprisant tous les autres, et rendrait de fait impossible toute politique digne de ce nom. 


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10 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 2 mars 2011 11:21

    Les consciences s’éveillent ... oui, les peuples se mobilisent et agissent ... oui, les dictateurs commencent à s’en aller ... oui, et pourtant, il faut bien dire que POUR L’INSTANT, rien n’a vraiment changé en Tunisie et en Egypte. L’armée depuis toujours soutien du pouvoir conserve celui ci, le système prédateur se maintient en place ... Pour l’instant.
    Michel Chossudowsky décrit ici les manipulations passées et probables des USA et de l’occident pour maintenir en place ses affidés.

    « Faire mine de changer ... pour que rien ne change ».

    Et puis, tout de même, on remarque qu’en Tunisie, le peuple n’est pas dupe de la tentative des hierarques de se maintenir au pouvoir et continue de faire pression. Rien n’est encore perdu, l’opportunité d’un VRAI changement demeure.

    Il y a bien internet qui offre un autre moyen de communication, échanges et connaissance ou éveil, et aussi le fait que, peut être pour des raisons d’évolution individuelle , la prise de conscience de la structure sociale de nos sociétés se généralise.
    On voit cette société Tunisienne pillée par une caste auto proclamée et cupide et on est héberlué et ... on se rend compte que c’est la même chose chez nous, en beaucoup mieux organisé.
     A priori, cette injustice, ajoutée à des situations économiques de plus en plus difficiles, ne peut que pousser à refuser ce monde et cette société prédatrice qui apparait maintenant au grand jour. Les pays les plus tragiquement injustes et les plus fragiles ont cédé en premier. Chaque nouveau mouvement devrait maintenant être de plus en plus dur et violent et le prix à payer pour les populations de plus en plus élevé. Pas question pour l’oligarchie de céder ses avantages.

    A priori donc, ces premiers mouvements sont les prémices de mouvements généralisés vers le changement, y compris chez nous.

    Serons nous capables de changer ce qui ne va pas et mettre en place un monde plus juste ? Là est bien la question.

    Méfions nous tout de même, car pour l’oligarchie planétaire, la dernière manière de conserver son pouvoir en détournant l’attention vers un plus grand danger, sera de créer une « bonne , grosse ... GUERRE », plus ou moins généralisée et très destructrice ... Elle a toujours procédé ainsi et tous les peuples et individus doivent rester éveillés face aux mensonges et manipulations. Rappelons nous, toutes les guerres du XXe siècles, en particulier les guerres US ont commencé par un mensonge.

    De plus en plus éveillés doivent être les citoyens du monde.


    • robin 2 mars 2011 13:32

      Nous sommes tous solidaires des peuples arabes tant qu’ils resteront chez eux, dès qu’ils mettront le pied chez nous pour fuir le chaos ça sera une autre paire de manches et les maîtres du monde jouent sur du velours la dessus.

      Quant à une révolution dans les soit-disant démocraties européennes, à voir par exemple chez nous la densité des départ au ski c’est pas gagné.....lol !

      Chez nous on a encore trop à perdre pour renoncer à ce qu’on a pour lutter contre la bête oligarchique immonde !


      • fredleborgne fredleborgne 2 mars 2011 13:58

        @robin

        Trop à perdre, manque de courage, égoïsme forcené, inculture et incivilité.

        Et là, je ne parle pas des banlieues, mais des beaufs.

        Je ne sais pas si les français méritent la Révolution tellement ils se complaisent dans la fange actuelle en se plaignant comme des gosses, et en attendant qu’on vienne balayer devant leur porte sans rien leur demander en échange.

        Désabusé, malgré les beaux articles sur Agoravox


          • herbe herbe 2 mars 2011 18:32

            "une conscience populaire globale qui défasse les fausses oppositions nationales ou religieuses sur lesquelles s’assoient les tyrans du monde entier.« 

            Oui nous avons besoin de nous »souder" en un Hercule :

            http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-combat-d-hercule-contre-l-hydre-89639

            Merci pour cet article !


            • Agor&Acri Agor&Acri 2 mars 2011 19:37

              @ l’auteur,

              les consciences s’éveillent, ça ne fait aucun doute.

              L’influence de la propagande s’effrite et apparaît la sombre réalité de la conduite des affaires du monde par une oligarchie sans morale, sans scrupules et visiblement, de par le mépris qu’elle montre envers l’intérêt collectif de son pays « d’attache », apatride.

              vous avez raison de souligner que :
              "En effet ce pouvoir repose sur la mise en scène d’une guerre de civilisation, l’instauration, parfois monté de toutes pièces, d’un état d’urgence, la favorisation ou l’invention, parfois, d’un terrorisme international, la stigmatisation des étrangers, des pauvres, avec, en toile de fond, la guerre économique généralisée, ...« 

              Il y a plusieurs mois, j’ai posté un message faisant référence à la stratégie de tension (violence, insécurité) qui est imposée aux populations du globe et qui crée une animosité ambiante.

              _______________________________
              Le monde est violent parce que l’oligarchie dominante impose ses volontés par la violence
              et en faisant craindre la violence de l’étranger, qu’elle n’hésite pas, parallèlement, à agresser pour déclencher précisément des réactions violentes.

              L’homme est un animal pacifique.
              Ce sont ses »élites-gouvernantes« qui, de tout temps, l’ont entraîné
               souvent de force, sinon par une propagande efficace- dans des guerres inqualifiables.

              Petite précision :

              Quand je dis »L’homme est un animal pacifique.« 
              ce n’est pas de l’angélisme naïf.

              Je sais bien que l’homme peut se montrer violent (coup de colère, rancune, jalousie, etc...)
              ou que certains hommes sont porteurs de violence.

              Tout comme un chien peut se montrer violent et agresser un passant ou un autre chien.

              Mais sur les dizaines de millions de chiens, les incidents sont rares parce que les chiens ne sont pas plus des animaux violents que ne le sont les hommes.

              Rien qui ne puisse jamais justifier une action guerrière contre une population entière.

              Les opérations de terrorisme »false flag« donnent le petit coup de pouce psychologique, lorsque la »simple" propagande ne suffit pas à entraîner les peuples dans la folie guerrière.
              _______________________________________

              Pour que l’équilibre entre la Justice, la Liberté et l’Equité devienne un objectif crédible,
               il faut que l’on se remémore que notre force est immense si l’on se réapproprie cette valeur que les oligarchies s’efforcent de détruire = la Fraternité


              • ddacoudre ddacoudre 2 mars 2011 22:36

                bonjour galaad

                un long et bon article dont je partage bon nombre d’analyse ; je t’invite soit à lire certains de mes articles sur ago ou sur mon blog, je pense que certains t’interpelleront.Blog savoir - Blogs savoir sur OverBlog

                les révoltes qui se produisent dans le Maghreb, sont effectivement un signe, elle ne sont pas spontanés comme tu l’écris, même si c’est un élément qui fait déborder le vase, il faut regarder de quoi il était remplie.
                c’est juste de dire que la technologie via le net à permis son accélération, et à permis de créer non une conscience de classe populaire, ou autre qui fait défaut, mais de permettre de franchir ce que l’on nomme le seuil invisible où le regroupement s’opère autour d’un thème, d’un acte, de désirs, parfois tous mélangés desquels il faudra faire ressortir ceux qui seront fondateurs.

                n’étant plus dans le circuit il est difficile pour moi d’avoir des informations, autres que celles des médias.
                c’est pour cela que j’écris peu sur ces révoltes, car j’ignore de quoi est rempli le vase.
                mais à mon sens l’issu ne devrait pas être heureuse, pour cette fois-ci.
                il faut qu’a un moment où un autre se structure une organisation systémique, il faut que les populations révoltés se trouvent des représentants, s’il ne s’agit que de remplacer ceux en place en se livrant à une forme d’épuration, ils se retrouverons avec quoi ?

                le système capitaliste à essaimé dans le monde entier, c’est lui qui façonnent le désir des populations, y compris celles qui se révoltent actuellement dans le Maghreb, ces populations seront elles capables de se rapproprier certains leviers de commandes économiques aux mains de quelques oligarchies. ont-ils les hommes capables d’engager cette lutte qui d’entrée est inégale, et qu’ils perdront, car il n’existe aucune alternative supplétive au capitalisme, seulement des propositions de répartition de richesse dans l’espoir de consommer, c’est à dire de renforcer encore plus le capitalisme et les oligarchies qui le dirigent, et eux pour diriger ils disposent également de la technologie, et des moyens d’en priver les populations.
                ne pense pas de mes propos qu’ils sont défaitistes, ils partent seulement du constat qu’ils ne suffit pas de trouver des raisons de se révolter, si derrière il n’y a pas un fondement dont l’on se sent solidaire, ou s’il ne s’en construit pas un.
                or il me semble que la demande de plus de liberté d’expression ressemble à celle que nous nous appelons la pensé unique avec la main mise des oligarchies sur l’information, en fait j’ai l’impression qu’ils veulent copier notre modèle justement celui qui nous conduit dans le mur, certes ils vont sortir d’un joug, mais seulement pour le notre, qui nous prépare la voie vers la fascisation.
                tu rappelais les erreurs de la dictature du prolétariat, il ne manquait pas d’internationalisme, d’ailleurs existe toujours celui du socialisme, mais il y a pas mal de temps qu’il n’a de socialiste que le nom.

                l’individualisme est une régression civilisationnelle, rien a voir. nous tenons nos progrès de la capacité des individus d’être capable de solidarité égoïste, elle implique d’avoir une conscience de classe, une conscience d’une destiné interdépendante dont le contrat ou la loi positive fixe les désirs, les idéaux et les utopies. de fait les hommes se regroupent pour ne pas être seul face aux dominants et être capable de s’y opposer, voire par fois comme malheureusement avec le communisme du XX siècle de le remplacer.
                dans cette situation nous n’avons pas à attendre les faveurs du « tyrans », or l’individualisme à remis chacun dans sa situation animalière naturelle où l’un incapable seul de s’opposer au tyran s’en solidarise et attend ses faveurs.
                alors est ce que ces états du Maghreb vont être capable de se construire une conscience collective ou vont elles reconstituer sous une autres forme le discours sur la contrainte volontaire, ce que nous nous avons fait, et d’où certains petits états s’échappent, comme celui que tu citais.

                nul doute qu’il y aura des rebondissements, déjà l’on voit celui de la fuite de ces populations vers ce qu’ils pensent être un eldorado auquel ils aspirent l’Europe, et pendant ce temps les marchés profitent de cette situation pour se dire frileux et augmenter le prix des produits pétroliers et rentrer plus de fric, qui n’ira pas dans la poche de ceux qui se révoltent.

                en Europe nous avons réunis quelques éléments de la route vers la fascisation, il ne faut pas penser qu’elle ressemblera à celle que nous connaissons, tout le monde le verrait, bien que les Roms en rappelaient quelques aspect, l’Europe nous en préserve, mais elle est bien mal en point pour n’avoir fait que l’Europe des marchés.
                il ne nous reste pour l’instant qu’a attendre, attendre que tous ces événements s’enchaînent et cristallisent, mais vers une nouvelle civilisation or en ce moment la demande et celle de la consommation, et sur la base de celle qui existe ce sera un échec.
                certains le disent l’écrivent mais ils n’ont pas le droit d’entenne, le lieu ou 88% des citoyens se forgent leur analyses.

                cordialement.


                • Eténe-68 3 mars 2011 00:01

                  Merci ddacoudre, pour ton intervention : après ma lecture de l’article mais avant celle de ton commentaire, j’ai vu le sondage habituel : « êtes-vous d’accord avec cet article ? réponse : oui ou non ». Cela m’a mis dans l’embarras, je voulais dire oui mais non.
                  J’ai applaudi à toutes les analyses très fines de l’auteur sur le processus en cours. Sur le fait que ce processus remet en question toutes les conceptions de la naissance d’une révolution au coeur d’un système totalitaire comme celui que nous subissons sous le couvert d’une soi-disant liberté ... Le fait que cela ait fait son imprévisibilité (7 syllabes, ouah !, bien de trop). L’explication de l’avènement, dû aux technologies de l’info directe et en direct, entraînant un sentiment mondial d’intérêts humanistes communs pour nous les opprimés ultra-majoritaires. La description de cette classe ploutocratique mondiale très soudée (j’avais lu « Dans les beaux quartiers » de Michel et Monique Pinçon-Charlot il y a près de 15 ans, bien avant « Le président des riches » qui a les a rendus célèbres).
                  Parfaitement d’accord avec tout cela.
                  Quant à l’optimisme sur la suite des révolutions en cours, manifeste tout au long de l’article, j’ai les mêmes réserves que toi et pour les mêmes raisons.
                  Comment croire qu’un mouvement aussi hétéroclite et spontané dans son apparition puisse éviter les écueils de nos ennemis, rompus à la communication, au contrôle des centres du pouvoir politique et financier ?
                  Depuis des années, je considère malheureusement mon pessimisme vis-à-vis de la révolution, comme un réalisme implacable.
                  Suis-je moi-même pris dans ce jeu qui sert à empêcher que l’on y croie, à nous empêcher de faire face aux chars ?


                • ravachol 3 mars 2011 07:29

                  http://bellaciao.org/fr/spip.php?article114326 ca commence a barder aux etats unis.


                  • Galaad 3 mars 2011 12:23

                    Merci pour vos commentaires, votre tempérance, vos liens, votre cynisme parfois justifié. 


                    Vous avez raison, nous avons besoin d’une grande lucidité, que le plébiscite de ces révolutions par les médias, sur fond humanitaire, tend à noyer dans un torrent de bons sentiments. Mais soyez-en sûrs, il s’agit bien de révolutions, armées, violentes, dont l’horizon ne peut-être le modèle démocrate occidental que sur le plan économique, et cela est bien légitime. 

                    Je dois vous dire mon irritation croissante pour toutes les interventions qui « prophétisent » sur l’échec ou la réussite de ces révolutions, au nom d’un Réalisme. Car ce que votre cynisme, parfois, ne peut occulter, c’est votre désir qu’elles réussissent, sinon, vous ne parleriez pas d’échec, mais de victoire des forces contre-révolutionnaire. L’amertume est le signe d’un désir brimé, ou non assumé. Et c’est précisement ce désir qui m’interresse, et le courage qu’il faut pour l’assumer.

                    Au fond, la question que je voulais poser, au delà même de ce contexte révolutionnaire, c’est la question du réalisme. Mon article porte sur la nécessité de remplacer l’attitude analytique vis à vis des évènements, qui ne peut que mener finalement, qu’au au cynisme ; par une attitude dont le courage est d’assumer notre désir politique, et qui ne peut, donc, partir d’un point de vue analytique. Remplacer la question « que se passe-t-il ? » Par la question « Que voulons-nous ? ».

                     Or le désir ne peut s’exprimer que positivement, et c’est le sens de mon « optimisme ». 
                    Je vois tous les problèmes que posent cette simple alternative, et c’est pour cela que j’aimerai, prochainement, publier un autre article sur les fondements du « réalisme politique ». Je crois que c’est absolument nécessaire de comprendre la philosophie qui lui a donné naissance.

                    Merci à vous tous, et à bientôt,

                    galaad

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