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RD Congo 2016 : Trois exigences pour sauver 2016

L’année 2016 en République Démocratique du Congo est annoncée pour être une année à haut risque. Le président Joseph Kabila et les « dignitaires » de son régime tiennent fermement à se maintenir au pouvoir, et des manœuvres sont en cours pour vider les élections annoncées de leur utilité démocratique. La Constitution qui, pourtant, limite le mandat présidentiel à 5 ans une seule fois renouvelable (articles 70 et 220) peut à tout moment être modifiée, la corruption, les fraudes électorales et la violence armée, devant servir à faire passer la décision. Il est pourtant encore possible que les Congolais, en tant que peuple, prennent le contrôle des enjeux de 2016 en dépit des manœuvres des dirigeants actuels. 

Trois exigences, au moins, peuvent permettre d’amener Joseph Kabila et ses proches à se soumettre aux limites imposées par la Constitution actuelle et se conformer au droit du peuple congolais à choisir librement son président et ses dirigeants en 2016. Malheureusement pour la souveraineté du Congo, une partie des enjeux de 2016, dans ce scénario, devra se jouer en dehors du cadre strictement national, avec tous les risques que comporte ce genre de démarches à l’étranger en termes d’agendas cachés[1].

Première exigence : Faire désarmer la Garde républicaine. Le président Joseph Kabila mise sur cette unité (environ 15 mille hommes) dont les membres ont lié leur sort au sien[2] et qui font l’objet d’une hyper-militarisation par rapport aux autres unités de l’armée nationale[3]. S’il parvient à faire modifier la Constitution, ce qui est au centre de son lobbying auprès de Barack Obama[4], il se retrouvera, en 2016, face à des adversaires politiques totalement vulnérables, luttant à mains nues contre un régime militaire, comme en 2011. Au bout de quelques massacres, comme à Ndjili en décembre 2011[5], les responsables de l’opposition seront obligés d’appeler la population à rentrer à la maison. Le Raïs aura obtenu son maintien au pouvoir grâce à ces bataillons de l’armée que ses adversaires politiques n’ont pas.

Le désarmement de la Garde républicaine et le cantonnement de ses membres avant l’élection de 2016 peuvent être obtenus si l’opposition et la société civile congolaise mènent activement des démarches auprès des pays à même de peser sur les votes au Conseil de sécurité de l’ONU. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y en a 5 : les Etats-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni et la Chine. Dans le cas du Congo, les Congolais peuvent cibler principalement les Américains et les Français pour un ensemble de raisons historiques et géopolitiques qu’on ne saurait développer dans un article aussi court. Washington et Paris sont les deux puissances qui, sur un dossier comme celui-là, disposent des meilleurs atouts par rapport aux trois autres du cercle fermé des Cinq membres permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Mais, en cas de réticence des Américains et des Français, les Congolais ne devraient pas hésiter à cibler les diplomates d’autres puissances, notamment ceux des puissances émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – les BRIC) pour obtenir un projet de Résolution à l’ONU visant au désarmement de la Garde républicaine. Une telle Résolution, si elle devait être adoptée, serait assez facile à exécuter puisque l’ONU dispose déjà de 17 mille casques bleus au Congo dans le cadre de la Monusco[6], une force qui devrait être renforcée par des contingents destinés à sécuriser l’élection de 2016.

Deuxième exigence : Répertorier, localiser et évaluer les patrimoines de Joseph Kabila, de ses proches et des dignitaires du régime  ; au pays et à l’étranger[7], et les mettre sous surveillance d’ici à 2016. Ils pourront être gelés, en cas de troubles, voire saisis pour permettre au prochain président d’indemniser les victimes de la répression et leurs familles. Les victimes de la répression de 2006 et celles de 2011 n’ont jamais été indemnisées. Celles de 2016 devraient bénéficier de garanties longtemps avant le début d’un scrutin annoncé pour être émaillé de violences.

Troisième exigence : Désarmer et renvoyer dans leurs pays les agents rwandais et ougandais dont Kabila pourrait se servir contre ses opposants. C’est un secret de polichinelle, mais les présidents Kagame du Rwanda et Museveni d’Ouganda disposent d’un trop grand nombre d’agents au Congo[8] sur qui repose, en grande partie, le régime de Joseph Kabila[9]. Un avion en provenance de Kigali en a encore déposé 302 à l’aéroport de N’dolo, à Kinshasa, dans la nuit du 7 au 8 juin 2014[10]. Pour les présidents Kagame et Museveni, le maintien de Joseph Kabila au pouvoir au-delà de 2016 est une question de vie ou de mort[11]. Les deux dictateurs ne peuvent pas se passer de la manne financière qu’ils tirent du pillage de l’Est du Congo[12]. Un autre président, démocratiquement élu par le peuple congolais, sera obligé de reprendre le contrôle des ressources minières de l’Est du Congo, ce qui devrait mettre les agents de Kagame et de Museveni sur la paille. Sauf que ces agents représentent un danger permanent pour la population congolaise. En cas d’infraction, ils repartent dans leurs pays et ne peuvent pas être poursuivis devant les cours et tribunaux congolais. Le gouvernement rwandais refuse d’extrader ses nationaux qui ont commis des crimes au Congo[13]. Si l’opposition congolaise et la société civile obtiennent le départ de ces agents avant le scrutin de 2016, et une rigoureuse surveillance des aéroports et des frontières communes avec les deux pays[14], un grand pas aura été franchi pour sauver 2016.

Ces trois exigences, malheureusement pour la souveraineté du Congo, amèneront les Congolais à devoir jouer une partie des enjeux de 2016 en dehors du Congo. Il est impossible de faire geler les avoirs des dignitaires du régime de Kabila sans passer par la « communauté internationale », même lorsqu’on désapprouve le rôle de celle-ci au Congo. Seules les grandes puissances (dont au moins trois : Etats-Unis, France, Royaume-Uni, et des structures comme l’Union européenne) ont la capacité de geler, voire de saisir les avoirs des individus qui misent sur la violence contre la population pour se maintenir au pouvoir au-delà de 2016.

Quant au renvoi des agents rwandais et ougandais dans leurs pays, seules des personnalités comme Barack Obama peuvent exiger de Kagame et Museveni qu’ils retirent du Congo les hommes qu’ils y ont envoyés pour servir le régime de Joseph Kabila. Les Américains, même s’ils ne peuvent jamais l’avouer publiquement, doivent déjà disposer de renseignements fiables sur le nombre exact de ces agents. Ils seront parmi les rares à pouvoir disposer d’assez de moyens pour vérifier que ces agents étrangers ont effectivement quitté le sol congolais.

Mais la demande auprès du président Obama doit émaner du fond des couches de la société congolaise, en commençant par la société civile ; peut-être rejointe, par la suite, par plusieurs coalitions de l’opposition et les organisations de la diaspora congolaise, militant à l’unisson pour faire aboutir cette exigence.

Boniface MUSAVULI


[1] Les puissances étrangères qui seraient amenées à aider les Congolais à surmonter l’obstacle de 2016 ne le feraient qu’en fonction de leurs propres intérêts. « Les Etats n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts », dixit Charles de Gaulle.

[2] Jean-Jacques Wondo, Les armées au Congo – Radioscopie de la Force Publique aux FARDC, Ed. Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, Saint-Légier (Suisse), Avril 2013, pp. 232, 295-296, 338, 350, 356, 407.

[3] Jean-Jacques Wondo Omanyundu, « Pourquoi cette hyper-militarisation de la Garde républicaine au détriment du reste de l’armée ? », desc-wondo.org, 14 mars 2014.

[4] Ibidem, « L’offensive diplomatique discrète gagnante de Kabila aux USA ? », desc-wondo.org, 1er août 2014.

[5] Le 26 novembre 2011, près de l’aéroport de Ndjili, les forces fidèles à Kabila avaient ouvert le feu sur les sympathisants de son adversaire Etienne Tshisekedi tuant 18 d’entre eux, selon Human Rights Watch. Cf. « RD Congo : Les autorités doivent contrôler les forces de sécurité », HRW, 02 décembre 2011.

[6] MONUSCO : Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo.

[7] « La fortune de ‘Joseph Kabila’ estimée à 15 milliards $US », lecongolais.cd, 07 juillet 2014.

[8] Il ne s’agit pas des Congolais d’ethnie tutsie dont un grand nombre a déjà, en de nombreuses reprises, refusé d’être confondu avec les agents que le régime de Kagame « glisse » au Congo sous l’identité galvaudée de « Tutsis congolais ». Lire utilement la lettre du député Boniface Zingira reprise dans l’ouvrage de Patrick Mbeko : Le Canada dans les guerres en Afrique centrale – Génocides & Pillages des ressources minières du Congo par Rwanda interposé, Le Nègre Editeur, 2012, pp. 458-459. 

[9] « (…) Kayumba affirme même que jusqu’à ce jour, il y a toujours des militaires rwandais au Congo. Le général Olenga se confiant à Colette Braeckman après « les victoires des FARDC » a dit à peu près la même chose : les opérations de mixage et de brassage ont favorisé la prise en otage de l’armée congolaise par ses ennemis », JP. Mbelu, « La RD Congo, Faustin Kayumba, Raymond Tshibanda et le M23 », ingeta.com, 1er déc. 2013 ; Robert Mukombozi, « Rwanda : Kagame Govt Days Are Numbered - Gen Nyamwasa », allafrica.com, 28 novembre 2013.

[10] Dans la nuit de samedi 07 à dimanche 08 juin 2014, des avions militaires ont atterrit à l’aéroport de N’dolo, à Kinshasa. Ils transportaient 302 soldats rwandais et anciens membres du M23. Une colonne de camions militaires les a amenés au Camp Kokolo. Cf. “302 Rwandan Defense Forces Special forces land at N’dolo airport, Kinshasa”, afroamerica.net, Sunday, June 8, 2014.

[11] « A chaque proclamation de la victoire électorale de Kabila, en 2006 et 2011, des feux d’artifice ont été lancés à Gisenyi, illuminant le ciel de la ville de Goma et des réjouissances populaires et klaxons ont souvent animé les nuits de cette ville en signe de solidarité à la victoire d’un des leurs, racontent certains congolais vivant à Gisenyi ». JJ. Wondo, « Le Rwanda plus fort que jamais en RD Congo malgré la déroute du M23 », desc-wondo.org, 06 février 2014.

[12] Voir différents rapports des experts de l’ONU.

[13] « Le Rwanda n’extradera pas Laurent Nkunda et les chefs du M23 », france-rwanda.info, 18 août 2013.

[14] Ajouter à la surveillance des frontières du Rwanda et de l’Ouganda les frontières du Burundi, du Sud-Soudan et de la République Centrafricaine où affluent des contingents de l’armée rwandaise auprès de la présidente Catherine Samba-Panza. Cf. Boniface Musavuli, « RD Congo : Un pays encerclé militairement ? », agoravox.fr, 26 avril 2014.

 


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7 réactions à cet article    


  • Bertrand Loubard 6 août 2014 17:00

    Garde Républicaine ? Qui l’a tolérée, formée et armée ?

    Patrimoine de Kablia ? Chez qui est-il investi ?

    Rwandais et Ougandais ? Qui les a envoyés en RDC ?

    Aux trois propositions de Musavuli, il faut joindre les trois questions ci-dessus auxquelles il n’y a qu’une seule et même réponse : La Communauté Internationale, Amie du Peuple de la RDC…..c’est à dire : l’UE, les USA, le Canada et leurs vassaux…..Alors pas besoin ni d’un long discours ni d’un petit dessin……pour deviner le scénario pour 2016…..il n’y aura pas photo…..


    • MUSAVULI MUSAVULI 6 août 2014 20:26

      Bertrand Loubard, il n’y aura peut—être pas d’élection en 2016, mais il y aura un peule qui a besoin d’être renseigné sur ce qui va lui tomber sur la tête. 


      • asterix asterix 6 août 2014 21:06

        Bonjour Musavuli, cela faisait longtemps...
        Deux choses à rajouter :
        - Si les Congolais ne réussissent pas VITE à réunir l’opposition derrière un seul leader, c’est foutu d’avance
        - Tu n’as pas parlé de la possibilité constitutionnelle de la pétition signée par 100.000 nationaux qui pourrait être le premier signal.
        Une constatation : le monde entier ferme les yeux sur le massacre de 7 millions de tes compatriotes dans le région des Grands Lacs
        Une autre : ne compte pas sur les « grandes puissances » qui ont avalisé la réélection bidon de Kabila, elles vont vous trahir encore une fois.
        Courage, rien n’est perdu mais il est plus que temps...


        • Bertrand Loubard 6 août 2014 21:39

          Albert Camus disait en 1956 à propos de la guerre d’Espagne de 1936-1939 : "C’est en Espagne que ma génération a appris qu’on peut avoir raison et être vaincu « Pour le paraphraser, je voudrais dire : »Ce sont les guerres imposées au Rwanda par le FPR de Kagamé de 1990-1994 qui m’ont appris qu’on peut avoir tort et être déclaré vainqueur".

          Encore combien de Dreyfus sans Zola ; combien de Sacco et Vanzetti sans Joan Baez et Moricone ; combien de Guernica sans Picasso, combien de Nuits et Brouillards sans Ferrat ou Louis Malle…Ce n’est qu’un début …. continuez le combat !!!!….Tout est perdu….. sauf l’horreur … !!!!!


          • maQiavel machiavel1983 7 août 2014 19:09

             

            Je veux bien qu’une partie des enjeux se jouent en dehors de la RDC. Mais ce qui me gène, c’est que les congolais ont ce dogme selon lequel les problèmes de la RDC ne peuvent se résoudre qu’à l’extérieur.

            La première chose à faire, c’est une organisation apolitique citoyenne forte à l’intérieur du pays, le reste déroulera de là.

            Quant aux agents Rwandais et Ougandais qui déstabilisent le pays, il n’y a rien à attendre du coté des Etats unis et de la grande bretagne et voilà pourquoi : http://www.liberation.fr/monde/2014/08/07/les-etats-unis-vont-financer-une-force-de-reaction-rapide-en-afrique_1076752

            Non la solution doit avant tout venir des congolais.


            • Nsumbu 14 août 2014 15:22

              Ravi de vous relire, Mr Musavuli, perso, vous m’avez manqué !
              Mais dites-moi, ne vaudrait-il pas mieux vous faufiler dans le secret et l’entourage des protagonistes notamment les Usa pour que les contre-feux que vous recommandez qui dépendent davantage d’eux aient une chance d’écho surtout que cet extérieur est quelque part juge et partie quant aux vrais fauteurs de troubles dans la région des Grands Lacs Africains et que le peuple Congolais fait preuve jusque là de peu de capacité à peser ? Je l’espère juste car sinon je vois peu de raisons de croire en sa victoire contre ce Kabila qui continue de s’entêter !

              Première exigence : faire désarmer la Garde républicaine (en fait la garde prétorienne de « JK ») par un vote au Conseil de sécurité de l’ONU et en plus via la demande expresse de l’opposition et de la société civile ! 
              Au delà de la problématique à discuter sur sa légalité une telle opération reste bien laborieuse et risquée en plein Congo même à l’aide des Casques bleus de la Monusco... 

              Si jamais les puissances du CS approuvaient une telle solution, ce qui est loin d’être acquis, la seule manière de contourner la difficulté serait d’abord l’envoi d’une force supplémentaire expresse pour sécuriser les élections de 2016 comme le fut EUFOR en 2011...
              Mais où en est-on : est-ce une idée qui existe déjà du côté des Américains et Français et du côté des anti-« JK » (opposition, société civile) ???

              Deuxième exigence : répertorier, localiser et évaluer les patrimoines de Joseph Kabila, de ses proches et des dignitaires du régime ; au pays et à l’étranger, et les mettre sous surveillance d’ici à 2016 !
              A suivre les déclarations et la relance du décret qui cible les fossoyeurs de la paix au Congo, on ne doit pas être loin d’une idée qui trottine déjà chez Obama : sera-t-elle appliquée le cas échéant en les gelant effectivement ou mieux en les en expropriant les mafieux actuels au profit du pays jusqu’à servir en partie à indemniser les victimes respectives des élections passées ? Rien n’est acquis mais pas impossible, dans tous les cas à même de les effrayer !

              Troisième exigence : désarmer et renvoyer dans leurs pays les agents rwandais et ougandais dont Kabila pourrait se servir contre ses opposants. 
              Voeu pieux, s’il en est à mon avis : les Américains (peut-être moins les Français) s’ils ont décidé de condamner les Rwandais et Ougandais accusés de déstabiliser le Congo, ils sont moins dans une logique qui les voit les opposer aux Congolais, ils leur gardent encore quelque part leur loyauté ; peuvent-ils aller jusqu’à les confronter frontalement aux Congolais au point d’exiger leur exfiltration du Congo ? Rien n’est moins sûr !
              Et je ne vois pas les faibles Congolais prendre ce risque dont d’ailleurs très vite ils seront accusés de « congolité » xénophobe...


              Bref, autant de solutions au problème qui dépendent trop largement des positions et actions des puissants (d’abord les Américains) dont le « smart power » freine des initiatives radicales ! Obama étonnera-t-il une fois son monde comme il vient de faire en Irak (son retour en armes même aériennes après avoir milité et réussi d’en sortir il y’a qutre ans) ? L’opposition et la Société civile ont-ils pu convaincre l’Amérique lors de leur dernier passage à Washington de frapper fort un anti-démocrate qui ne manque pas d’alliés internes et externes ?
              Notre avenir immédiat (je suis Congolais, vous l’aurez remarqué) reste à écrire !


              • MUSAVULI MUSAVULI 14 août 2014 21:32

                Nsumbu, merci pour le compliment. Je pense que les « grands de ce monde » ne sont pas totalement cyniques dans la préservation de leurs intérêts contre les aspirations des peuples. Il arrive qu’à un stade de prise de conscience collective, une masse critique impose aux puissants de se montrer pragmatiques. L’enjeux pour les Congolais, au sujet de 2016, est d’arriver à créer un climat de fronde suffisamment profond pour que les « décideurs » se persuadent que la crise qui naîtrait du maintien des dirigeants actuels au pouvoir menace directement leurs intérêts futurs. 

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