Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Rwanda, compte à rebours pour Kagamé ?

Rwanda, compte à rebours pour Kagamé ?

Les Rwandais peuvent commencer à intégrer l’idée d’un Rwanda sans Paul Kagamé. L’homme qu’ils ont autant aimé que détesté est sûrement plus proche de la sortie que de l’accession au pouvoir. Même si son départ n’est pas encore acquis, un cap vient d’être franchi dans les rangs de ses plus fermes soutiens que sont les Anglo-Saxons. En déclenchant une énième guerre au Congo pour entraver l’arrestation du criminel de guerre Bosco Ntaganda, le Président rwandais a commis le geste de trop.

A Kigali, comme d’habitude, on multiplie les démentis en assurant que le pays n’est pas impliqué. Mais il y a longtemps que la parole des autorités rwandaises sur le Congo n’inspire plus la moindre crédibilité. Le Rwanda est même devenu le repaire des criminels figurant sur la liste actualisée de la Cour Pénal Internationale[1], ce qui ne les empêche pas de continuer à déverser des hordes de combattants sur le Kivu pour assurer le drainage vers Kigali des minerais de sang. La clémence des Occidentaux semble maintenant épuisée, et on ne prend plus de gants pour critiquer le comportement des dirigeants rwandais.

Les Etats-Unis, longtemps l’allié indéfectible du régime, ont donné le ton en annonçant la suspension d’une enveloppe de 200.000 $ destinée au financement d’une école militaire au Rwanda. Le montant est faible mais le symbole est fort. D’autant plus qu’avant d’annoncer cette suspension de l’aide militaire, ils avait autorisé la publication du rapport des experts des Nations Unies accusant des hauts gradés de l’armée rwandaise d’avoir fourni des armes et des combattants aux rebelles du mouvement M23. Que les noms des dirigeants rwandais soient ainsi jetés en pâture, avec l’accord des Etats-Unis, c’est une première.

D’autres alliés du Rwanda n’ont pas tardé à emboîter le pas aux Américains. Les Pays-Bas ont annoncé la suspension d’une aide de 5 millions d’euros destinée à l’amélioration de l’aide judiciaire. La Grande Bretagne suspend le versement de 25 millions de dollars prévu ce mois-ci et l'Allemagne suspend le versement de 26 millions de dollars prévu sur les trois années à venir. On a touché le talon d’Achille du régime car le Rwanda ne peut pas se passer de l’aide que lui apportent chaque année les bailleurs occidentaux. Son budget dépend pour moitié de l’aide extérieure.

Mais il y a pire. Non seulement le retrait du soutien financier sonne comme un désaveu et pourrait avoir de graves répercussions sur la relative paix sociale, mais surtout des menaces directes sur la personne du Président sont, pour la première fois, assénées. Ainsi, l’ambassadeur américain chargé des crimes de guerre au Département d'Etat, Stephen Rapp, a affirmé au journal britannique The Gardian, que le Président rwandais pourrait être poursuivi devant la Cour Pénale Internationale pour son soutien à la rébellion du M23. Il a évoqué la « jurisprudence » Charles Taylor, ancien Président Libérien, aujourd’hui en prison à La Haye pour avoir soutenu les rebelles du RUF responsable d’atrocités en Sierra Leone. Et de rappeler que Charles Taylor n’avait jamais mis les pieds en Sierra Leone, mais en fournissant de l’aide aux rebelles en échange des minerais de sang, exactement comme le fait le régime de Paul Kagamé avec les rebelles dans l’Est du Congo, il s’est rendu coupable de complicité de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Le Rwanda est en effet la plaque tournante du trafic des minerais de sang pillés dans l’Est du Congo au prix de graves exactions dont des massacres et des viols de masse.

La difficulté pour le régime de Paul Kagamé, c’est qu’il ne peut pas se passer du pillage de l’Est du Congo. C’est un grand pays mais mal gouverné et le désordre dans le secteur minier alimente toutes les tentations. De vastes territoires gorgés de minerais échappent totalement au contrôle du gouvernement de Kinshasa. En face, un Rwanda privé de ressources naturelles, mais qui s’est dotée d’une petite bourgeoisie habituée à tirer profit des trafics de l’Est du Congo. Le confort de cette petite élite ne dépend pas de la générosité des bailleurs de fonds, et les menaces de Washington, Londres, Berlin, n’ont pas de prise sur eux. Les autorités, elles-mêmes, ont les mains liées. Même quand on s’appelle Kagamé, on ne se met pas à dos autant de notables en les privant de leur manne du Kivu.

Ainsi, même si le régime renonce à prendre part au pillage, ça ne changera rien au problème. Trop de Rwandais en dépendent. La solution serait que le gouvernement congolais reprenne le contrôle de l’ensemble de ses territoires et mette de l’ordre dans le secteur minier. Mais il ne peut y arriver que si le Rwanda cesse de déverser des centaines de combattants et des tonnes d’armes dans l’Est du Congo. C’est tout ce qu’on essaie de faire comprendre au Président rwandais. Car les risques judiciaires se précisent.

Dans tous les cas, pour les Congolais, la fin du régime de Paul Kagamé est annoncée pour être célébrée avec liesse. Ce régime aura tellement infligé de souffrances et d’humiliations aux Congolais qu’il passe pour être la pire catastrophe de l’histoire du Pays de Lumumba. Les guerres à répétition que l’Homme fort de Kigali y a menées (avec ou sans ses alliés ougandais et burundais) ont saigné le peuple congolais comme jamais (six millions de morts) et ruiné le pays pour très longtemps. Mais le Congo l’aura vraiment échappé belle. Même si des inquiétudes persistent, la fin du règne de Kagamé sera synonyme de répit par rapport au risque tant redouté, d’annexion du Kivu par le Rwanda ou de balkanisation. La taille du Congo l’a sûrement sauvé. Le Congo est en effet un mastodonte, grand comme l’Europe de l’Ouest et quatre-vingt-dix fois plus vaste que son cauchemardesque « petit voisin ». Même malade, il est difficile à tenir militairement d’un bout à l’autre.

Les campagnes militaires rwandaises au Congo rappellent étrangement les campagnes de Russie. Les troupes napoléoniennes, puis hitlériennes se sont cassé la figure, non pas parce qu’il y avait en face une armée russe redoutable, mais tout bêtement parce que le pays était trop vaste pour être conquis militairement. Dans les interminables forêts du Congo, comme dans les vastes terrains vagues de Russie, de nombreuses expéditions militaires se sont éteintes sans avoir tiré un seul coup de feu (malaria, froid, morsures de serpents,…). Et le Rwanda, financièrement, n’a pas les reins assez solides pour mener indéfiniment des campagnes militaires dans cet immense pays.

La générosité des bailleurs se justifiait par le risque que représentaient les FDLR, dont certains sont soupçonnés d’avoir pris part au génocide rwandais de 1994. Et le régime de Paul Kagamé avait fondé sa légitimité et justifié ses campagnes militaires au Congo par la lutte sans relâche contre les FDLR. Depuis quelques années, les experts affirment que les FDLR ne représentent plus une menace sérieuse pour la sécurité du Rwanda. Ainsi, comme Mobutu, l’anticommuniste acharné qui n’a plus servi à rien après la chute du Mur de Berlin, Kagamé risque de ne plus servir à rien puisque la menace des FDLR n’est plus perçue comme suffisamment importante pour continuer à soutenir son régime de plus en plus autoritaire. Le Rwanda peut passer à la phase suivante, la démocratisation, par exemple. Mais elle ne peut s’opérer qu’à condition que le dictateur s’écarte du pouvoir.

Reste à savoir si l’intéressé est disposé à se laisser faire. En effet, après plusieurs années à la tête du pays, entouré de « gens dociles » qui font des courbettes et qui racontent au dictateur ce qu’il a envie d’entendre, genre « tout va très bien, Madame la Marquise », celui-ci se prend progressivement pour un dieu. Il ne comprend pas qu’on puisse un jour contester son pouvoir, notamment de l’extérieur. Trop souvent, il réagit de la pire des manières, en jouant les jusqu’au-boutistes. Une attitude qui risque de pousser le peuple ou la communauté internationale à devoir utiliser de gros moyens pour liquider l’ensemble du régime.

On n’en est pas encore là, mais le compte à rebours semble irrémédiablement amorcé.

 Boniface MUSAVULI



Moyenne des avis sur cet article :  4.37/5   (19 votes)




Réagissez à l'article

21 réactions à cet article    


  • calimero 30 juillet 2012 19:46

    Très bonne actu, on entends pas souvent parler de ces régions. Je ne connais rien au Congo au delà de « Au cœur des ténèbres » de Joseph Conrad...
    Vrai qu’un débat là dessus par des gens qui savent de quoi ils parlent ne manquerait pas d’intérêt.


  • Georges Yang 30 juillet 2012 20:50

    Juste quelques mots

    Les abus de Kagamé ne justifient pas le massacre des Tutsis par les interhamwe au Rwanda

    Tout n’a pas commencé le 6avril, mais cela a amplifié des haines ancestrales entre bantous et tutsis qui faisaient quelquefois des mort du temps de Mobutu (comme la « sorcière rwandaise » lynchée à Béni dans les années 80

    L’ONU et la France n’auraient jamais du laisser rentrer les Hutus en armes à Goma et à Bukavu qui leur servaient de base arrière pour continuer la guerre, comme le Palipé Hutu du Burundi a fait de même dans la région de Fizi, Uvira et Burton

    La présence de ces Hutus armés puis la faiblesse de Mobutu ont servi d’alibi à Kagame pour intenter une guerre « défensive » au Kivu

    D’autre part, l’attitude de Kagame a aussi servi de justication à des exaction contre des Tutsi et des Banyamunge dans le Masisialors qu’il ne s’agissait que de paisibles éleveurs présents depuis des générations


    • MUSAVULI MUSAVULI 30 juillet 2012 22:58

      Aucune exaction contre des populations n’est justifiable dans un camps comme dans l’autre. C’est ce que la communauté internationale peine à faire comprendre au régime de Kigali longtemps bénéficiaire d’une certaine tolérance en dépit de ses méfaits sur les populations au Congo, notamment. Maintenant le ton est monté et l’avertissement des bailleurs tombe à point nommé. Le procureur de la CPI est entravé dans ses actions par un Etat membre de l’ONU. ça ne peut pas durer.


    • Ibitoki 5 août 2012 13:47

      D’accord avec vos précisions George Yang.

      Une erreur factuelle toutefois les batutsi comme les banyankole, bahima, banyamulenge et de nombreux groupes d’éleveurs de la région appartiennent au groupe bantou. (mais peut être était-ce une coquille ?)


    • Annie 30 juillet 2012 20:59

      Une version de l’histoire, pas forcément la vraie. On ne connaît pas toujours pas le rôle qu’a joué Kagame en 1994. Témoin de massacres mais se refusant d’intervenir, laissant faire parce que l’inaction joue en sa faveur ou un acteur incontournable des massacres qui ont décimé l’opposition Hutu qui était prête à partager le pouvoir. Il n’en reste pas moins que le RPF sous Kagamé a tué environ 3 à 4 millions de personnes dans les forêts de l’ancien Zaïre. Le soutien qu’il a reçu des nations occidentales et que recevait d’ailleurs son prédécesseur est proportionnel à son empressement à les servir.


      • Ibitoki 5 août 2012 14:00

        « Il n’en reste pas moins que le RPF sous Kagamé a tué environ 3 à 4 millions de personnes dans les forêts de l’ancien Zaïre. »

        Un mensonge répété 1000 fois ne constitue pas une vérité.

        « Il n’en reste pas moins »... que votre affirmation est erronée.

        Vous imputez au FPR l’ensemble des morts de la guerre du Congo, vous oubliez (à dessein ?) toutes les autres parties et vous utilisez (à dessein ?) le verbe tuer alors que vous savez que la surmortalité au Congo durant la guerre civile est pour la grande majorité des décès due à la crise humanitaire et sanitaire qui fit suite aux combats.
        Le FPR et ses alliés ont bel et bien commis des massacres mais ceux qui s’évertuent à charger la barque plus que de raison (euphémisme) sont suspects (à mes yeux) de poursuivre une autre but.
        Quel but ?

        Svp si vous répondez faîtes le sur les faits que j’ai mis en exergue les dialogues de sourd ne m’intéressent pas. Merci.


      • Georges Yang 30 juillet 2012 21:13

        Sans oublier que la mort du commandant Fred au tout début de l’offensive de 1994 a beaucoup aidé l’ascension de Kagamé, certains observateurs « mal ou bien intentionnés » y voient une relation de cause à effet, puis ce fût la disgrace de Pasteur Bizamungu, un Hutu qui l’a aidé dès le début

        Kagamé n’est pas un Saint, mais le massacre des Tutsi est un fait indéniable


        • Annie 31 juillet 2012 20:38

          Le massacre des Tutsis est un fait indéniable, là je suis d’accord. Par contre celui des « hutus modérés » que certains chiffrent à plusieurs centaines de milliers (par Christian Davenport notamment un universitaire américain spécialiste des génocides), pendant la même période est ignoré. Il faut savoir que si les Tutsis massacrés ont été recensés par le présent gouvernement, il n’en a pas été de même pour les Hutus, ce qui permet de minimiser un massacre parallèle mais bien réel. Je défens la thèse d’un génocide et d’un politicide, c’est-à-dire l’élimination de toute personne, parallèlement à l’élimination systématique des Tutsis préconisant un partage du pouvoir qui dans le Rwanda de 1994 était déjà une réalité, puisque le premier ministre était un tutsi alors que le président étant hutu et n’avait presque plus de pouvoir.
          Je questionne aussi le rôle de Kagame. Pour avoir travaillé au Rwanda juste avant cette période fatidique, je sais que le RPF était déjà bien implanté à Kigali. Pourquoi intervenir 24 jours après le début du génocide. C’est une question à laquelle je n’arrive pas à trouver une réponse toute faite. Mais il y a pour moi 2 possibilités : soit Kagame est impliqué mais parce que je fais plutôt confiance à la nature humaine je pencherai pour la deuxième possibilité, à savoir que Kagame a laissé faire parce qu’il pouvait exploiter la situation mais sans jamais imaginer que cela pourrait aller aussi loin.
          Ce qui n’enlève rien à la responsabilité des terribles tueries du RPF au Rwanda, Kibeho par exemple où les réfugiés rwandais ont été repoussés au sommet d’une colline et tués un par un, mais on s’en souvient surtout parce que 3 travailleurs humanitaires espagnols ont été aussi massacrés, et l’extermination des refugiés hutus dans l’ancien Zaîre qui se comptent par millions.
          Bref je ne souhaite rien de pire à Kagame que d’être rattrapé par l’histoire et de rendre des comptes devant la justice pour les crimes perpétrés. Mais je ne retiens pas mon souffle.


        • MUSAVULI MUSAVULI 31 juillet 2012 22:16

          A Annie,

          Votre propos est celui que les « gens raisonnables » essaient de tenir mais se font systématiquement rabroués, affublés de l’accusation devenues maintenant ridicule, d’ « idéologie génocidaire ». Le risque c’est que trop de gens se retrouvent obligés de se taire, ce qui n’est jamais bon. Le jour où ça explose, ça emporte tout sur son passage. je veux dire qu’il vaudrait mieux que la fin du régime de Kagamé et son départ soient plus ou moins maîtrisés. Un changement brutal qui imposerait de façon tout aussi manichéenne le thème des victimes hutues, et il y en a eu tellement, serait terrible pour les victimes du génocide de 1994 dont le martyre doit continuer à être reconnu, malgré le changement de régime, pour éviter la répétition des tragédies du passé.

        • Annie 31 juillet 2012 23:39

          Loin de moi l’idée de faire des hutus les seules victimes des événements d’avril 1994. Mais que l’on honore aussi la mémoire des Hutus membres de la Croix Rouge Rwandaise par exemple avec lesquels j’ai travaillé et qui ont été tués me paraîtrait équitable. Je ne demande rien de moins que la vérité, même si elle ne me convient pas. Cela fait plus de 15 ans que j’essaye de donner un sens à ce que j’ai vécu, et je n’y parviens toujours pas.


        • Georges Yang 1er août 2012 01:06

          Annie

          D’accord avec le concept de Hutus modérés, on se souvient d’Agathe Uwilingyimana (Premier Ministre) assassinée par la garde présidentielle Hutu avec les Belges en 1994

          Mais c’était une Hutu de Butare et les Hutus présidentiels de Gyseni détestaient les gens de Butare presqu’autant que les Tutsi

          Kagamé a du sang sur les mains, en particulier en RDC mais il n’a pas commencé, il a profité de la situation de 1994 par opportunisme d’autant que les Tutsi massacrés étaient des résidents alors que la plupart des membres du FPR étaient de la diaspora et ont tirés les marrons du feu après les massacres

          Les survivants du génocide sont d’ailleurs souvent amers de voir des gens venus des USA ou d’Europe occuper des positions clés dans le pays


        • Bronco79 30 juillet 2012 21:36

          Article ecrit avec un tres haut degre de subjectivite. De plus n’est pas pris en compte l’embarassante incompetence des autorites civile et militaires de la Republique Democratique du Congo qui n’ont jamais su asseoir l’autorite de l’Etat. Ce qui pousse enfin a conclure : l’eventuelle mise a l’ecart ou disparition de Kagame ne changera en rien les problemes du Congo. Car tout le monde la bas joue les victimes. La place de la victime est celle du neant


          • MUSAVULI MUSAVULI 31 juillet 2012 00:15

            L’incompétence des dirigeants congolais est un fait tragique mais bien réel. Il faut néanmoins prendre en compte les épreuves que le pays endure et les quelques efforts menés ça et là pour essayer de le redresser. Le redressement d’un pays demande du temps et de la paix sur une assez longue période. C’est tout ce que le régime de Kigali ne laisse pas aux Congolais. Après les accord de 2003, mettant fin au conflit, officiellement, les Congolais commençaient à reconstruire les routes, les écoles, les établissements de santé et un peu de démocratie. Mais ils n’ont jamais eu assez de temps et de paix. A chaque fois, tout retombe à zéro. C’est comme ça depuis 1996 lorsqu’il est venu à Kagamé l’idée de franchir la frontière du Congo. Chaque fois que les Congolais croient, enfin, tenir quelque chose, le Rwanda leur tire dans le dos. Comment peut-on se doter des dirigeants compétents dans un environnement perturbé sans répit ? Donc, le principal problème actuel du Congo, c’est tout bêtement le régime rwandais qui perturbe continuellement ce pays et ne laisse jamais son peuple essayer de se consacrer à son développement.


          • Bertrand Loubard 31 juillet 2012 09:43

            La question a été posée : "Est-ce le compte à rebours pour Kagamé«  ? C’est sans »compter" que la question de ce qu’il faudrait « faire » de Kagamé, à la fin du compte à rebours, est sans réponse raisonnable (au sens où "toute question à laquelle il y a une réponse raisonnable, peut être posée de plein droit" suivant Konrad Lorenz). Il « tient » les Bush, Clinton, Blair, Gates, Warren, Kouchner, Bout, Forest, d’Avignon, les recteurs des Universités qui lui décernent aux quatre coins du mondes des Doctorats Honoris Causa, les Ambassadeurs des pays de la Communauté Internationale qui lui ont lécher le bottes depuis 22 ans et qui ont couvert ses crimes crapuleux, le Pentagone où il aurait toujours quelques amoureux, mignons et autres proxies, les « entreprises » et « compagnies » associées aux seigneurs de la guerre et aux marchands de mort ; il les tient tous au sens de la « Causa Nostra »……. Sauf s’il devait être « éloigné » comme il l’a fait d’Habyarimana, Ndadaye, Ntaryamira, Kabila, Katabazi, Gapyisi, Sedashonga, Lizinde et encore de tant d’autres anonymes……Mais, là aussi, quelle serait l’"après de cet éloignement" ? Car ceux qui se bousculent au portillon pour faire le « nécessaire » et le « remplacer » ce sont ses propres complices de naguère qui ont couvert ses crimes contre la Paix, qui ont accepté ses crimes contre l’humanité, qui ont eux-mêmes commis des crime de guerre et qui connaissent tout des dessous du génocide. Ce sont les Gahima, Karegeya, Ryudasingwa, Nyamwasa, Rujugiro et consorts, avec quelques "Hutus de service", tshitshi-boys pour faire couleur locale et autres authenticités, le compte est bon….Ils ont déjà proposé leurs services à la Communauté des Multinationales pour mieux pérenniser leurs intérêts communs et assurer l’Omerta (comme avec Kadhafi en Libye…..). Alors que choisir : la peste avec l’association maffieuse des Kagamé et Musévéni, ou la choléra avec de nouvelles hyènes, charognards, qui se boufferont entre elles ? C’est le propre des dictateurs que de disparaître en laissant un vide, un « appel d’air » pour de meilleurs larrons qui, à leur tour, vireront potentats, leurs temps venus. C’est tout le machiavélisme de Kagamé que de faire faire l’erreur fatale à l’adversaire et de ne lui laisser que le choix diabolique : la « Paix et l’Injustice » ou la « Justice et la Guerre ».


            • MUSAVULI MUSAVULI 31 juillet 2012 10:24

              Dans l’intérêt des victimes, il vaudrait mieux qu’il ne disparaisse pas de la manière que vous avez décrite, même si je ne me fais pas d’illusion. Trop de dirigeants africains croient vraiment pouvoir tenir les grands de ce monde en leurs reversant une partie de l’argent sale qu’ils arrachent sur les charniers ça et là. Grossière erreur. Il n’ont jamais l’occasion de déballer leurs secrets. Mouammar Kadhafi aurait financé une partie de la campagne de son « ami Sarkozy ». Lorsqu’il a été en situation de « balancer », on sait ce qui lui est arrivé. Autant les dirigeants africains croient pouvoir, un jour exercer du chantage sur les dirigeants occidentaux, autant les Occidentaux se préparent à réagir à la moindre tentative de chantage. C’est un jeu de dupes dans lequel les Africains engloutissent des sommes considérables qui auraient servi à la construction d’écoles, d’hôpitaux, de routes,... pour qu’à la fin, ça se termine de manière aussi peu honorable.


            • Ibitoki 5 août 2012 14:24

              Musavuli votre obsession pour Kagame vous fait oublier les aspects positifs de son action pour le peuple rwandais mais sur ce plan je n’insisterai pas trop car je sais que ça vous laisse indifférent.

              Faire appel à la justice internationale, l’instrument aux mains des intérêts politiques et économiques occidentaux me paraît être une erreur monumentale et vous qui êtes anti kagamiste viscéral devriez savoir que cet organisme à plutôt servi les intérêt du FPR jusque la. Le TPI a prétend juger Khadafi, El Béchir, Gbagbo et Abré pas Kagamé qui est un maillon de sa chaîne. Les rwandais ont envoyé un important contingent au Darfour qui est un peu le Kossovo africain. Le Congo ne devrait pas se disputer les faveurs du « maître » blanc mais plutôt se prendre en main et chercher à diversifier ses alliances.

              Il a déjà jugé Mbemba chez vous est ce que ça vous a apporté la concorde et l’unité ? Il me semble que ce qui vous motive est plus la soif de revanche que la soif de justice.

              Vous trouverez toujours des supporter parmi les Français aigris et nostalgiques du « pré carré », les traumatisés par (ce qu’ils appellent) la repentance ou les historiens d’extrême droite comme Lugan. Méfiez vous de ce genre de flatteries ça n’est pas parce que vous avez une ennemi commun qu’ils sont vos amis...


            • MUSAVULI MUSAVULI 5 août 2012 15:22

              Cher Ibitoki,

              Il n’y a aucune obsession de ma part. La Cour Pénale Internationale, ce n’est pas moi qui en parle. C’est l’ambassadeur américain qui brandit cette menace à l’encontre de votre Président. Et si on en est arrivé là, c’est qu’il y a bien un problème avec le régime rwandais, un problème dont vous auriez dû vous rendre compte les premiers. Le régime a beaucoup fait pour le Rwanda et je suis plutôt heureux pour ce peuple. Mais à quel prix ? L’Est du Congo est devenu le pire endroit de la région pour vivre à cause des incursions militaires répétées du régime de Kigali. Vous voulez que les Congolais se prennent en charge, mais ils ne demande qu’à être assez tranquilles pour le faire. Ils construisaient des routes, des écoles, des établissements de santé lorsqu’à chaque fois ils ont été obligés de tout abandonner parce que l’armée rwandaise arrive. Et les victimes ? Pensez aussi aux victimes qui ont droit à la justice, cher Ibitoki. La communauté internationale qui, à une époque, a prêté l’oreille au peuple rwandais et l’a aidé à retrouver un peu de sérénité ; c’est cette même communauté qui ne supporte plus la conduite du régime de Kigali. Les guerres à répétition pour un oui ou pour un non, ça ne peut pas être une logique d’Etat longtemps acceptable. 

            • Lou Lou 31 juillet 2012 17:41

              Paul Kagamé l’ ami de Oblabla ...Our kinf of guy comme disait Clinton ...
              http://www.voltairenet.org/+-Kagame...


              • MUSAVULI MUSAVULI 31 juillet 2012 22:22

                Les amitiés en politique, ça va, ça vient. Elles reposent sur des intérêts, dont le « bénéfice de l’image ». Lorsque l’image est ternie et que la personne tombe en disgrâce, elle devient infréquentable. Même ses photos disparaissent (ex. photos de Kadhafi à l’Elysée). 


              • Antoine Diederick 1er août 2012 12:45

                Question :« Pourquoi Kagamé permet-il la déstabilisation du Kivu ? »


                • mangalaboyi 1er août 2012 18:24

                  C’est sûrement une des meilleures analyses que j’ai lues sur le sujet depuis belle lurette. Il n’y a pas que Kagame, il y a aussi Museveni qui est plus « soft », mais a les mêmes velléités financières. Il suffit de voir comment il se précipite vers l’Angola car il a peur que son sommet n’aboutisse. Le but étant de chercher la voie de négociation pour intégrer le M23 dans les institutions congolaises, c’est-à-dire de les infiltrer encore plus. Mais je pense que c’est peine perdue. Encore une fois, bravo pour cette analyse.
                  JM.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès