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Accueil du site > Actualités > International > Tunisie : Election de la constituante – Pas droit à l’erreur

Tunisie : Election de la constituante – Pas droit à l’erreur

La Tunisie entre dans la dernière ligne droite avant l'élection cruciale d'une Assemblée constituante. Le gouvernement de transition a maintenu la date au 24 juillet contre l'avis de la commission électorale pour qui les conditions logistiques de l'organisation de ce scrutin ne seront pas remplies à temps.

Sera-t-elle une décision ferme et définitive ? Pas du tout sûr. Quelques partis politiques continuent à communiquer et même harceler pour dire qu’une élection à la date de 24 juillet sera de toute façon une élection condamnée à l’échec. Pour le POCT- extrême gauche, les partis politiques ne sauront pas prêt à cette date pour s’organiser pour mener une compagne permettant aux tunisiens de choisir en connaissance de cause et en toute responsabilité. Pour le Parti ETTAJDID, le renouveau (ancien parti communiste tunisien), le maintien de cette date pour organiser la première élection libre et démocratique est une décision irresponsable qui mettrait en danger les fondamentaux de la révolution et rappelle la responsabilité du gouvernement transitoire en cas de l’échec des élections.

En revanche, comme Ennahdha - le parti islamiste, le CPR son allié, le PDP, le FTDL – centre gauche, saluent tous cette décision du gouvernement et appellent ce dernier à mettre le paquet pour raccourcir les délais et respecter la date du 24 juillet.

Croyant que la stabilité, la reprise économique du pays et la confiance du tunisien à ses institutions sont tributaires à la légitimité de ces dernières, j’ai toujours appelé à travers mes différents Twittes au non report de cette date. En dépit des critiques de ces dernières semaines adressées au Premier Ministre Tunisien BCE et le retour des manifestations contre le gouvernement transitoire qui avait conduit ce dernier à réinstaurer le couvre feu durant une semaine, j’ai exprimé à maintes reprises mon soutien à ce gouvernement et à ce premier ministre et ce jusqu’au 24 juillet, date de fin de mission de ce gouvernement.

Il était certain qu’une nouvelle démission du gouvernement transitoire conduirait le pays à une crise profonde, nul ne pourra prévoir ses conséquences. Je suis convaincu que ce scénario catastrophe conduirait à la rupture de confiance de l’armée envers nos politiques pour assurer la transition démocratique. Ce qui amènerait l’armée tunisienne à prendre en main les commandes, et l’unité du pays en serait donc ébranlée. On serait, dès lors, à des années lumière de la démocratie et des libertés tant convoitées par le peuple tunisien.

Nous voilà donc fixé, au moins à ce jour, sur la date de la première élection libre et démocratique en Tunisie. Pour autant, rien n’est encore gagné. La commission chargée d’organiser ces élections évoque des contraintes logistiques immenses liées à la formation de 20 000 personnes qui seront chargées d’administrer ces élections, à l’établissement des listes électorales…etc. Rien d’étonnant, vu qu’on parte du néant. Mais, il est de la responsabilité du gouvernement de mettre tous les moyens matériels, humains et surtout financiers. J’insiste sur les moyens financiers car tout le monde sait qu’avec plus de ressources financières les délais se contractent exponentiellement. Il est également de la responsabilité de la communauté internationale d’apporter leur savoir faire et leurs expériences dans ce domaine pour soutenir cette jeune future démocratie. Il est urgent aujourd’hui de passer de la bonne parole aux actes. Nous continuons à entendre ici et là-bas le soutien de l’union européenne, des Etats Unies d’Amérique mais nous voyons peu pour ne pas dire pas d’actes concrets.

La Tunisie est en attente du savoir faire Européen et Américain dans l’organisation de tel scrutin.

La Tunisie est toujours en attente de l’apport logistique : matériels et experts.

Ceci étant dit, l’attentisme, face aux échéances, serait une erreur fatale pour l’atteinte de l’objectif final à savoir organiser une élection libre et démocratique le 24 Juillet. C’est pour cela, nous pouvons saluer la bonne volonté de l’ensemble des acteurs qu’il s’agit des partis politiques, des différentes commissions indépendantes et du gouvernement pour conduire une démarche scientifique et politique pour organiser ce scrutin.

Le peuple tunisien est à la fois acteur, observateur et juge final de la réussite ou de l’échec de ce scrutin. Ce peuple qui a donné de son sang ne pourra accepter une réussite mitigée ou douteuse de scrutin du 24 juillet. En dépit des contraintes et des obstacles qui nous attendent dans les jours et les semaines à venir, je reste optimiste et persuadé que la Tunisie aura à la veille de la fête de la république sa première élection libre, que la Tunisie marquera l’histoire et donnera la ligne de conduite non seulement aux autres peuples arabes souffrant de la dictature mais également aux peuples européens inspirant récupérer leur pouvoir complètement décimé par les institutions soit disons représentatives.

La responsabilité de la Tunisie et des Tunisiens vis-à-vis de l’Histoire des peuples libres et dignes, ne leur donne pas droit à l’erreur. Alors travaillons, travaillons, travaillons la liberté est au bout du chemin.

http://www.avislibre.com


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3 réactions à cet article    


  • jako jako 26 mai 2011 11:47

    Bon point de vue, malgré une erreur : « le savoir faire américain dans les elections... » hum hum smiley


    • kemilein 26 mai 2011 23:52

      Il est également de la responsabilité de la communauté internationale d’apporter leur savoir faire et leurs expériences dans ce domaine pour soutenir cette jeune future démocratie.

      communauté internationale : comme son soutient en côte d’ivoire au perdant (ex directeur FMI affrique / soutenue par les rebelles) a donc décidé par la france d’un coup d’état armée ?

       [...] Nous continuons à entendre ici et là-bas le soutien de l’union européenne, des Etats Unies d’Amérique mais nous voyons peu pour ne pas dire pas d’actes concrets.

      UE vous parler de la poignée de technoarques et oligarques qui commande l’UE au profit des financiers ? Et de la magistrale imposture qu’est le système US (gouvernement composé exclusivement de banque et multinationale et industrie d’armement)

      La Tunisie est en attente du savoir faire Européen et Américain dans l’organisation de tel scrutin.

      Et en les convoquant vous avez l’espoir d’accéder a une Démocratie ? eux qui n’en veulent surtout pas chez eux ?

      vous vivez sur quelle planète ? oO


      • Zenobie 27 mai 2011 19:59

        D’où tenez-vous que le CPR est l’allié d’Ennahda ? Il ne faut pas croire tous les ragots qui traînent sur la Toile ou ailleurs...

        Sinon, oui, il faudrait essayer de tenir les délais pour le 24 juillet et, oui, pour cela il faut des moyens financiers mais peut-être ne faut-il pas les attendre des occidentaux.

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