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Accueil du site > Actualités > International > Un monde à la dérive ou les dangers de ce siècle

Un monde à la dérive ou les dangers de ce siècle

"Et nunc reges, intelligite... erudimini, qui judicatis terram"
 
"Et maintenant, vous, les grands de ce monde, instruisez-vous, vous qui décidez du sort du monde !"

Il y a une douzaine d’années Francis Fukuyama publiait dans la revue Foreing Affairs un brûlot où il affirmait mordicus que l’Histoire avait atteint son but ultime avec l’avènement irrépressible d’un monde unipolaire gouverné voire dominé par les Etats-Unis. L’idée est ancienne, elle remonte à Hegel qui lui aussi voyant les armées napoléoniennes défiler sous sa fenêtre concluait à la "fin de l’Histoire" avec l’hégémonie européenne de napoléon. On sait ce qu’il advint de la Grande Armée et de l’empereur. Vanité des choses, vanité du monde ! "L´idée de sens de l’Histoire écrit Maurice Lageux, et celle, qui lui est souvent associée, de fin de l´Histoire n´ont guère trouvé de défenseurs parmi les philosophes les plus marquants du XXe siècle.

Toutefois, les années 1990 ont vu inopinément renaître le débat autour de ces questions à la suite de la publication par Francis Fukuyama d´un ouvrage portant le titre La Fin de l´Histoire et le dernier homme... L´idée que l´Histoire puisse arriver à une sorte de conclusion - idée qui se rencontre aussi, occasionnellement, chez Hegel - compte parmi celles qui ont eu l´heur de choquer irrémédiablement presque tout lecteur au XXe siècle. Comment se représenter un lendemain de cette fin de l´Histoire qui ne soit pas meublé d´événements tout aussi historiques que ceux qui l´ont précédée ? L´aptitude du libéralisme à favoriser le développement des richesses, au sens où on l´entend depuis Adam Smith, se verra simplement combinée au fait que les applications de la science physique ont contribué fortement à l´enrichissement des pays qui ont adopté un régime libéral. C´est ainsi, selon Fukuyama, que ce "mécanisme" entraînerait petit à petit la mondialisation du modèle économique libéral dont le succès garantirait d´ailleurs la diffusion rapide et la relative stabilité.(1)

On connaît là encore, la fin de l´Histoire avec un double constat, l´aventure qui a tourné à la débâcle s´agissant du devoir de civilisation dans le droit fil de Jules Ferry, d´apporter la démocratie aéroportée - à leur corps défendant - aux Irakiens et aussi en second lieu les perversions d´une mondialisation -, laminoir selon le bon mot de Jacques Chirac. La fin de l´Histoire présuppose épistémologiquement un critère d´arrêt et présuppose l´Histoire comme n´étant pas cyclique ni gouvernée par l´éternel retour. Il y a, selon cette thèse, une évolution de l´Histoire qui aura un terme, et qui débouchera sur une période stable sans évolutions majeures. La compréhension d´une telle thèse passe nécessairement par la mise en lumière de ces hypothèses. Il est possible de trouver une dimension messianique dans la thèse de la fin de l´Histoire.

Guerre de masse

Une analyse beaucoup plus fine et lucide de l´Histoire nous est donnée par Eric Hobsbawm dans son ouvrage L´Âge des extrêmes. Commentant l´ouvrage, Claude Julien écrit : "L´histoire du monde devait n´être qu´une longue marche - certes cahotante et sujette aux reculs - vers davantage de progrès et de raison". Mais, comme le relève l´historien britannique Eric Hobsbawm, notre siècle a surtout engendré les paradoxes et les paroxysmes, et d´abord les plus meurtriers. La guerre de masse fut rendue possible par la production de masse. En un temps historique très court, passant du stade artisanal à une taille industrielle, l´horreur et le crime ont ainsi changé d´échelle. Aux yeux de l´historien britannique Eric Hobsbawm, un " XIXe siècle long", qui s´étend de 1789 à 1914, avait enregistré un "progrès presque continu dans l´ordre à la fois matériel, intellectuel et moral". Lui succède un "XXe siècle court", qui s´ouvre avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale pour se clore en 1991 sur l´effondrement de l´Union soviétique. Dans tous les domaines, il est marqué par une régression des normes jusqu´alors acceptées, par une montée aux "extrêmes" dans tous les champs de la production comme de la destruction (2). Analysant les étapes qui ont jalonné ce "court siècle" Claude Julien poursuit : "Un grand basculement s´effectue au coup de tonnerre de 1914 : la guerre franco-prussienne de 1870 avait fait quelque 150 000 morts ; la Première Guerre mondiale, elle, mobiliserait 65 millions de soldats, dont 8,5 millions seraient tués. Prodigieux saut quantitatif, la Seconde Guerre mondiale jetterait dans la tourmente 92 millions de combattants et ferait, selon les estimations, de 50 à 60 millions de morts.

Logique imparable : "La guerre de masse requiert une production de masse". La guerre devient "la plus vaste entreprise". Le marché est d´autant plus libre que les citoyens le sont moins. La "main invisible" du marché ne dédaigne pas la poigne de fer d´un régime autoritaire. Disparu le "péril rouge", un vaste champ libre s´ouvre ainsi au capitalisme sauvage. Quel usage sait-il en faire ? Les voici en plein désarroi, tant "l´effondrement du socialisme soviétique" entraîne des "conséquences plutôt négatives". Il laisse "une vaste zone d´incertitude politique, d´instabilité, de chaos et de guerre civile", et surtout il a "détruit un système international" dont la disparition "frappe de précarité des systèmes politiques nationaux qui s´appuyaient" sur la stabilité du monde bipolaire. Ce siècle, "le siècle le plus meurtrier", s´achève dans l´hésitation, sans perspective, sans projet de société. L´Occident impérial n´ayant jamais constitué, aux yeux d´Eric Hobsbawn, le centre de l´humanité. Cependant, afin de mobiliser l´opinion publique, il convenait d´entretenir la certitude que le monde vivait dans la menace permanente d´une apocalypse. Dès que cessa le fracas des armes, une prospérité sans précédent permit aux Etats-Unis, par le Plan Marshall, d´aider l´Europe à se relever de ses ruines. En 1971, le déficit de la balance commerciale et l´hémorragie des réserves d´or de Fort Knox obligeaient Nixon à supprimer la convertibilité du dollar. Le choc pétrolier de 1973-1974 accentuerait encore la glissade... Massives suppressions d´emplois, appauvrissement des plus humbles et exclusions ternissent la fin de ce "siècle des extrêmes" marqué par de fantastiques progrès. "Fossé qui se creuse entre le monde des riches et le monde des pauvres". Et, sous des formes variées, déchirures du tissu social : "C´est le triomphe de l´individu sur la société, ou plutôt la destruction des liens qui, dans le passé, avaient tissé les textures sociales". Il faut être Mme Margaret Thatcher pour se réjouir : "Il n´y a plus de société, jubile-t-elle, seulement des individus."(2) C´est là justement que nous faisons la transition avec le sort des "Autres". Sur les dix dernières années le PIB des Etats-Unis a augmenté de 31 %. L´analyse plus détaillée montre une extrême concentration des revenus, puisque 1 % des personnes les plus riches reçoivent 23 % du revenu national en 2006, contre 10 % en 1982. La fracture sociale traverse aussi les sociétés capitalistes. Ailleurs et dans le même temps, la faim sévit : elle resurgit non plus dans les sables, mais dans l´entassement géant des grandes métropoles. Dramatique raté de la globalisation des échanges, de la crise financière, de la vertigineuse croissance démographique, de l´aspiration des peuples pauvres vers l´eldorado illusoire des villes, du déracinement de l´agriculture.

Dans cet étranglement imprévu, la nouveauté, c´est celle "de situations où il y a de la nourriture, mais où les misérables n´ont pas de quoi la payer". Alors qu´un peu partout dans l´hémisphère Sud et sous les tropiques, des estomacs crient famine alors que sur les 55 économistes sondés par le Wall Street Journal, 73 % estiment que la première puissance du monde, les Etats-Unis, va s´affaiblir et que le pire de la récession est devant nous, des experts, comme le prix Nobel, Joseph Stiglitz, évaluent le coût de la guerre en Irak à 3 000 milliards de dollars. En juin à Rome, M. Diouf a fait observer qu´en 2006 le monde a dépensé 1 200 milliards de dollars en armements alors que, dans un seul pays, les déchets alimentaires annuels atteignent 100 milliards de dollars "Est-il possible dans ces conditions d´expliquer aux personnes de bon sens et de bonne foi que l´on ne peut pas trouver 30 milliards de dollars par an pour permettre à 862 millions d´affamés de bénéficier du droit humain le plus fondamental, celui à la nourriture, donc à la vie ?" Llius Bassets, dans une tribune du journal, fait un diagnostic sans complaisance du monde actuel ; il affirme qu´il est devenu apolaire. Ecoutons-le : "Entre la première visite de George Bush en Europe, il y a sept ans, et la dernière qu´il effectue actuellement, le visage de la planète a beaucoup changé. Et son successeur devra redéfinir la place des Etats-Unis dans ce nouvel ordre. Quand George W. Bush foula pour la première fois le sol européen, il y a sept ans, nous vivions encore dans un monde caractérisé par la polarité. Nous sortions tout juste du monde bipolaire de la guerre froide. Le nouvel ordre mondial imaginé par Bush père et repris par Bill Clinton, la diffusion de l´Etat de droit et de la démocratie, le commerce comme façon de faire progresser la politique, toutes ces idées furent écartées, au profit de ce nouveau monde dont Washington allait devenir le maître absolu et le seul repère. Et Bush fils était le président qui donnerait l´impulsion à ce nouveau siècle américain". "Aujourd´hui, le Nouveau Monde n´en a plus un seul. Nous vivons dans un monde sans pôle, un monde ’non polaire’ ou ’apolaire’, si l´on préfère. C´est ce que dit et écrit un expert en la matière, Richard Haas, qui explique qu´à première vue, le monde peut encore sembler multipolaire, puisque cinq superpuissances accaparent 75 % du PIB mondial et concentrent 80 % des dépenses militaires. Mais il comptabilise ensuite le poids des puissances, il ajoute celui des grandes multinationales, les organisations internationales..." "Les Etats-Unis se préparent à s´organiser dans ce monde apolaire que Bush a impulsé sans le savoir. Dans ce monde de pouvoirs diffus, beaucoup de choses se font désormais dans le dos de l´actuel président. Pour l´Europe aussi, ce Bush crépusculaire compte bien peu, et sa présence souligne les tâches titanesques qui attendent son successeur".(3)

A l’autre bout de l’analyse et dans son dernier essai, le politologue Parag Khanna pointe du doigt lui aussi le déclin américain en annonçant l’avènement d’un monde multipolaire. Et l´essor de deux autres géants, la Chine et l´Europe. Pour lui, il y a pléthore de pôles, en fait trois : "Nous sommes, écrit-il, en 2016. Les Etats-Unis se sont retirés d´Irak, mais ont quelque 20 000 soldats postés dans l´Etat indépendant du Kurdistan. L´Afghanistan est stable, l´Iran a l´arme nucléaire. La Chine a absorbé Taiwan et intensifie progressivement sa présence navale dans tout le Pacifique, ainsi qu´en mer d´Oman. L´Union européenne compte plus de 30 membres et dispose d´approvisionnements sécurisés en pétrole et en gaz d´Afrique du Nord, de Russie et de la mer Caspienne, ainsi que d´un bon parc de centrales nucléaires. L´influence des Etats-Unis dans le monde ne cesse de faiblir. Le monde unipolaire a vécu et un nouvel ordre mondial apparaît déjà. Et aujourd´hui, au lieu de dominer le monde, nous nous battons (et nous perdons) face aux autres superpuissances mondiales : l´Union européenne et la Chine. Car tels sont les trois Grands de la géopolitique du XXIe siècle : pas la Russie, vaste étendue en voie de dépeuplement rapide, gérée par Gazprom.gov ; ni cet islam incohérent embourbé dans des guerres intestines ; ni l´Inde, qui a plusieurs dizaines d´années de retard sur la Chine, tant en termes de développement que d´appétit stratégique. Les Grands édictent les règles - leurs règles - sans qu´aucun d´eux ne domine. Pour la première fois de notre histoire, nous assistons à une bataille mondiale multipolaire mettant en jeu plusieurs civilisations. Le marché européen est le plus vaste du monde, les technologies européennes sont de plus en plus celles qui font référence, et les pays européens sont les plus gros contributeurs à l´aide au développement. Si les Etats-Unis et la Chine s´affrontent, les capitaux de la planète se retrouveront en toute sécurité dans les banques européennes. L´influence de l´Europe croît au détriment de l´Amérique. Tandis que Washington s´essaie maladroitement à l´exportation de la démocratie, l´Europe investit son argent et son capital politique pour attirer des pays périphériques dans son orbite. Dans le monde entier, Pékin déploie par dizaines de milliers ses ingénieurs, ses travailleurs humanitaires, ses architectes de barrages hydrauliques. Dans un monde globalisé, il n´est pas de géographie intouchable. C´est pourquoi, ouvertement ou non, la Chine et l´Europe mettront leur nez dans l´arrière-cour des Etats-Unis. La mondialisation est l´arme de prédilection : le terrain de bataille est ce que j´appelle le "deuxième monde". "C´est le marché géopolitique qui décidera du meneur du XXIe siècle." Alors que l´Amérique est en train de revenir maladroitement au multilatéralisme, d´autres s´éloignent du jeu américain et jouent selon leurs propres règles. Ni la Chine ni l´Union européenne ne reprendront le rôle de leader unique des Etats-Unis ; les trois puissances s´affronteront simplement pour étendre leur propre influence. La mondialisation n´offre d´excuses à personne ; soit nous la maîtrisons, soit nous en devenons la victime.(4)

Le monde de ce nouveau siècle

Pour Oswald Spengler, philosophe allemand, auteur du Déclin de l´Occident, l´humanité vit et pense selon des systèmes culturels uniques, et les idéaux occidentaux ne sont ni transposables ni pertinents. Avec ou sans l´Amérique, l´Asie façonne la destinée du monde - et, ce faisant, met au jour les lacunes de la grande chronique de la civilisation occidentale. Comme l´observait l´historien Arnold Toynbee, l´impérialisme occidental a fait l´union de la planète, mais cela ne signifie pas que l´Occident soit appelé à dominer éternellement ni matériellement ni intellectuellement. La toile de la mondialisation abrite désormais trois araignées. L´Amérique est isolée, alors que l´Europe et la Chine occupent les deux extrémités de la vaste étendue continentale eurasiatique, centre de gravité pérenne de la géopolitique. Aujourd´hui, leur présence en Eurasie est très clairsemée ; l´Amérique doit accepter cette réalité et s´y adapter. Si Fukuyama et ensuite Hobswan ont chacun décrit le XXe siècle, l´un en affirmant qu´il signe la fin d´un parcours linéaire, donnant lieu à un triomphe du capitalisme, et l´autre en affirmant que ce siècle d´à peine "soixante-quinze ans" a terminé sa course en 1989, il reste et nous le croyons, que le nouveau siècle a comme point de départ le 11-Septembre 2001. L´accélération de l´événement fait qu´il sera encore plus court que les précédents ; il correspondra, à n´en point douter, avec des événements de plus en plus erratiques, imprévisibles et porteurs de danger. Les peurs futures ne manquent pas. Après la crise de l´énergie qui semble tétaniser les pays industrialisés, voici venir le temps des changements climatiques, avec son cortège de réfugiés climatiques économiques et ses épaves humaines qui se compteront par centaines de millions, tout cela parce qu´une poignée de spéculateurs, sans âme et dans l´impunité la plus totale, ont décidé de ruiner et d´affamer des hommes qui ont eu le malheur - du fait de l’incurie de leur dirigeant - de croire qu´ils sont nés au mauvais moment, au mauvais endroit.

1. M. Lagueux, La Fin de l´Histoire selon Fukuyama. Presses de l´Université, Laval, Québec, 2001.

2. C. Julien, "Une histoire qui a modelé notre monde désorienté". Le Monde diplomatique, mars 1995.

3. Lluís Bassets El País, "Du monde unipolaire au monde apolaire". Courrier international, 12 juin 2008.

4. Parag Khanna, "La Guerre des trois pôles", Courrier international, hebdo n° 910, 10 avril 2008.

Pr Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger


Moyenne des avis sur cet article :  4.83/5   (46 votes)




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10 réactions à cet article    


  • sisyphe sisyphe 9 juillet 2008 15:52

    Excellent article, bonne documentation et références.
    Les temps à venir sont bien sombres, si les peuples ne se soulèvent pas pour changer le cours des choses.


    • fouadraiden fouadraiden 9 juillet 2008 16:06



       faut espérer qu’on sera encore là le jour du déclin occidental.






      • aml 10 juillet 2008 01:45

        Je suis curieuse de savoir quel est votre message en moins de 20 lignes étant donné que tout le monde approuve votre article...
        Pour ceux/celles qui ne prennnent le temps de lire que sur le temps de leurs obligations bassement sociales, est ce que c’est possible d’avoir un résumé pour savoir si je dois lire SVP ?
        Merci sinon tant pis...


        • fonzibrain fonzibrain 10 juillet 2008 08:30

          aucun rapport

          mais je suis en train de regarder public senat et ya raffarin qui vient de dire que "les rtt ne sont pas ’avenir"
          en gros prendre du temps pour soi ca le fait pas
          et il dit que plus la situation international est tendu plus les gens devront travailler

          c’est véridique j’ai failli m’etouffer en mangeant

          mon dieu


          • xray 10 juillet 2008 11:40

            Sans commentaires 

            CONQUISTADOR SPACE
             
            Youri Gagarine (Le premier doute) 
            Commentaires sur Gagarine 
            Un Français dans l’espace
            L’homme sur la Lune


            • Le Chacal Le Chacal 13 juillet 2008 19:24

              On peut connaîter le rapport de cet article avec ce site-torchon qui clame que le virus du SIDA est une invention de l’Eglise ?


            • chlegoff 10 juillet 2008 16:29

              Article intéressant, bien construit et lucide. Il est vrai, qu’actuellement, le marché s’empare de tout et sans vergogne. Toutes les références que vous présentez, imaginent l’avenir comme un rapport de force, entre blocs géographiques et diverses cultures. Le capitalisme néo-libéral s’est affranchi des frontières depuis longtemps et investi là où le profit (le pouvoir) est le meilleur. C’est ce qu’on appel la mondialisation qui existe pour les financiers depuis le 18 ième siècle. C’est aussi le diktat de la haute finance (spéculateurs) sur l’avenir du monde. Ces puissances financières, tutélaires et occultes (au sens étymologique du terme), veulent t’elle nous refaire le coup de 14/18 ou de 39/45 ? l’intérêt des spéculateurs est effectivement de liguer des groupes sociaux les uns contre les autres. Au pire dans toutes les cultures, il existe des faibles d’esprit, extrémistes et manipulables à merci, que les spéculateurs peuvent aider à devenir plus puissants. Vous parlez du changement climatique comme étant un élément important de ce sombre avenir, il ne faut pas oublier cette révolution informationnelle que nous vivons aujourd’hui, grâce à laquelle, nous pouvons lire votre excellent article. Malheureusement, les VRP des puissants de ce monde ont bien compris que s’ils veulent satisfaire les pulsions de leurs maitres (spéculateurs), il doivent contrôler cet espace de libre expression. Le jour ou le pouvoir contrôlera ce qui se passe sur la toile, alors ce que vous écrivez sera réalisable. Pour en revenir au changement climatique, il est largement influencé par la croissance mondiale. Toute notre culture judéo-chrétienne est basée sur la croissance, la pollution vient essentiellement du fait que nous sommes trop nombreux. Il faudrait donc une décroissance, et comme c’est impensable, l’humanité va se heurter à la pire crise de toute son histoire et personne ne sera à l’abri.

              À lire ou à relire : L’appel des résistants .


              • pyralene 13 juillet 2008 12:45
                Un appel de résistants
                 
                Publié le lundi 3 avril 2006

                Nous publions ci-dessous un « Appel de résistants », lancé en 2004, en raison de son actualité. Un triple appel en vérité : à la célébration de l’anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance adopté en 1944 ; un appel à définir un nouveau « Programme de Résistance » ; un appel à « une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse ». Cette insurrection-là nous concerne directement (Acrimed)

                Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

                Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

                Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l’éducation pour tous, une presse délivrée de l’argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

                Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

                Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

                Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».

                Signataires :

                Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin (décédé le 27 octobre 2005), Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

                Voir la version vidéo sur le site alternatives-images.net (des images tournées, précise-t-on sur le site, « en réaction au refus de la publication de ce texte par les médias dominants »).


              • pyralene 13 juillet 2008 12:46
                Un appel de résistants
                   
                Nous publions ci-dessous un « Appel de résistants », lancé en 2004, en raison de son actualité. Un triple appel en vérité : à la célébration de l’anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance adopté en 1944 ; un appel à définir un nouveau « Programme de Résistance » ; un appel à « une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse ». Cette insurrection-là nous concerne directement (Acrimed)

                Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

                Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

                Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l’éducation pour tous, une presse délivrée de l’argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

                Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

                Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

                Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».

                Signataires :

                Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin (décédé le 27 octobre 2005), Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

                Voir la version vidéo sur le site alternatives-images.net (des images tournées, précise-t-on sur le site, « en réaction au refus de la publication de ce texte par les médias dominants »).


              • rocla (haddock) rocla (haddock) 13 juillet 2008 13:02

                Pyralène , auriez-vous  une bonne recette de cervelas en salade ?

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