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Analyse du site L’Observatoire de l’Europe

Le site L'Observatoire de l'Europe publie des analyses approfondies qui en font un média incontournable pour qui s'interesse au sujet. D'après une mention figurant en bas de sa page d'acceuil, il est édité par la délégation française du Groupe Europe des Libertés et Démocraties au Parlement européen ; ce groupe parlementaire est essentiellement formé autour de l'UKIP britannique (pour l'indépendance du Royaume-Uni) et de la Ligue du Nord italienne. En France, il est représenté par son vice-Président Philippe de Villiers.

Analysons quelques articles récents parus sur ce blog (ou, pour le dernier, cité et mis en lien) :

L'agonie de l'euro, par Jacques Sapir

On ne présente plus Jacques Sapir, économiste et universitaire classé à la gauche de la gauche, partisan de la démondialisation et vivement critique sur l'euro.

Dans cet article, Sapir nous explique que l'euro est en phase terminale et que son agonie pourrait durer de six à dix-huit mois. Les moyens pour stabiliser la situation actuelle sont dépassés ou impossibles. Ces moyens seraient ou auraient pu être, nous dit-il :

  1. " Les Eurobonds.Cette idée est désormais dépassée. L’émission de titres de dettes englobant les pays à risques et les pays réputés « sains » aurait un taux d’intérêt prohibitif.
  2. La monétisation des dettes.Une monétisation des dettes pourrait être faite par la BCE directement en faveur des États et non comme aujourd’hui en rachetant aux banques des titres publics. Mais un certain nombre de pays de la zone Euro s’y opposent.
  3. Une stabilisation volontariste de la dette.Outre qu’elle semble largement impossible dans de nombreux pays, si cette politique était appliquée, elle plongerait la zone Euro dans une profonde dépression que recréerait de la dette par disparition des ressources fiscales."

Sapir insiste aussi sur les divergences franco-allemandes que la période actuelle entraînera, et sur les risque budgétaires pour la France. Il conclut :

"Dans la situation actuelle, la meilleure des solutions consisterait en une dissolution de la zone qui permettrait de mettre en avant immédiatement les institutions nécessaires à une transition ordonnée. À défaut d’une telle solution, il convient de se prémunir contre les effets les plus néfastes de cette agonie en prenant les mesures unilatérales de sauvegarde qui ont été détaillées dans des documents ultérieurs et, le cas échéant, en sortant de l’Euro."

Le fédéralisme budgétaire : à quel coût ? par Edgar

L'auteur commence par remarquer que "Face à la crise financière qui atteint l'ensemble de la zone euro, les appels, directs ou indirects, à un fédéralisme budgétaire européen, se font nombreux. "

L'auteur essaie de chiffrer le coût budgétaire prévisible d'un tel fédéralisme. Il site un article d'un universitaire nommé Stéfan Collignon, qui propose  de passer le budget de l'Union européenne de 1% du PIB européen à 3%. Il calcule que cela représenterait 40 milliards d'euros supplémentaires pour la France (donc, avec les 10 milliards actuels, 50 milliards au total).

Surtout, l'auteur estime que la démocratie n'y résisterait pas :

"Le fédéralisme budgétaire est probablement le thème qui enterrerait définitivement les démocraties européennes. La bascule dans le fédéralisme donnerait les clés définitivement à la clique européenne capable, derrière Padoa-Schioppa et à sa place, de vanter les mérites d'un ordre institutionnel où les politiques sont portées par des traités constitutionnels intangibles, avec un Parlement qui a un pouvoir politique quasiment nul. Tout ceci pour prolonger un système qui marche sur la tête, avec un pacte de stabilité qui est une injure aux règles de l'économie. 

La démocratie et le pouvoir d'achat y perdraient beaucoup, pour très longtemps. "

La brève référence faite ci-dessus à Padoa-Schioppa nous conduit vers un article de celui-ci, accessible par lien article qui nous explique benoîtement pourquoi nous devrions transformer la démocratie en quelque chose qui porterait encore ce nom, mais dont le contenu n'aurait plus rien à voir avec le sens que nous donnons aujourd'hui à ce mot.

Demos et Kratos en Europe, par Tommaso Padoa-Schioppa ; Avec Tommaso Padoa-Schioppa, la dictature européenne tenait son théoricien, par le blog La Lettre Volée

Padoa Schioppa a eu cette formule savoureuse :

 « la démocratie est l’union de deux termes, dont aucun ne doit devenir le vassal de l’autre : le peuple et le gouvernement, le Demos et le Kratos, terme grec que l’on traduit par autorité, force, puissance. »

Il n'a de cesse de critiquer la légitimité du peuple à exprimer une volonté. Le peuple n'est pas assez rationnel, il est d'ailleurs composite, fait de segments qui négocient l'un avec l'autre quand le besoin s'en fait sentir ; Au fond, il n'est pas certain qu'il existe vraiment :

« Et puis, où un peuple finit-il et où en commence un autre ? Que faire des territoires où plusieurs peuples sont mélangés ? Qu’est-ce qui identifie un peuple ? Qui décide si j’appartiens à un peuple ou à un autre ? Et que me fera-t-on si je manque de l’idem sentire, mais si je continue à respecter les lois ?"

Padoa Schioppa se méfie de la majorité :

« Il n’y a pas de démocratie si le Demos majoritaire, le plus important, opprime le plus restreint, ni si ce dernier empêche au plus grand de gouverner sa chose publique. ».

Il préfère clairement le "kratos" (le pouvoir) au "démos" (le peuple) :

 « La démocratie n’est réalisée qu’en partie, non pas parce qu’il manque un Demos européen ou que le lien entre les citoyens et les institutions de l’Union est faible, mais plutôt parce le Kratos manque »

La lettre volée conclut :

"Pour ceux qui liront honnêtement, Tommaso Padoa-Schioppa ne prouve rien sinon qu’il convient de sortir de l’Union européenne pour retrouver les chemins de la démocratie."




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2 réactions à cet article    


  • BA 16 septembre 2011 08:39

    Jeudi 15 septembre 2011 :

     

    Angela Merkel déclare qu’elle est contre les euro-obligations : "Les euro-obligations seraient une erreur absolue. Pour avoir des taux d’intérêt communs, il faut des niveaux de compétitivité similaires et des situations budgétaires similaires. On n’arrive pas à cela en mettant en commun des dettes."

     

    http://www.latribune.fr/depeches/reuters/les-euro-obligations-seraient-une-erreur-absolue-dit-merkel.html

     

    Le Premier ministre autrichien Werner Faymann déclare qu’il est contre les euro-obligations : "Austrian Chancellor Werner Faymann joined Germany and France in rejecting common euro-area bonds and said a centralized economic government for the region is unrealistic because it would require a treaty change."

     

    http://www.bloomberg.com/news/2011-08-23/austria-s-faymann-rejects-euro-bonds-echoing-merkel-criticism.html

     

    Le Premier ministre finlandais Jyrki Katainen déclare qu’il est contre les euro-obligations : "Jyrki Katainen a par ailleurs répété l’opposition de son pays, qui bénéfice d’une notation triple-A, à la création d’euro-obligations."

     

    http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE77M0R420110823?pageNumber=1&virtualBrandChannel=0

     

    Le Premier ministre des Pays-Bas Mark Nutte déclare qu’il est contre les euro-obligations : "Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a déclaré mardi 16 août 2011 ne pas être en faveur de l’idée d’euro-obligations (« eurobonds ») ou d’un renforcement du fonds de sauvetage européen, et préfère des sanctions automatiques contre les mauvais élèves de la zone euro."

     

    Ces quatre exemples montrent une chose très importante : les Etats européens riches sont contre les euro-obligations, car les Etats européens riches ne veulent pas payer un taux d’intérêt supérieur au taux d’intérêt qu’ils paient aujourd’hui.

     

    Autrement dit : les Etats européens du Nord ne veulent pas payer pour sauver les Etats européens périphériques.

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