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Accueil du site > Actualités > Médias > Menace sur la presse française

Menace sur la presse française

C’est la grève des scénaristes aux Etats-Unis mais, dans l’ombre, des scénarios s’élaborent quand même. En France, c’est « Expert ami-ami » et un mauvais scénario du Medef qui veut chasser « Les Jours heureux ». Quand la presse collabore, c’est l’esprit de la Résistance que l’on veut abattre.

Si le mot "collaboration" n’est pas à prendre ici dans le sens historique qu’on lui connaît, en revanche c’est bien l’esprit de la Résistance qui est attaqué par le Medef. Une menace de plus en plus lourde plane sur les médias français.

Expert ami-ami : la série continue...

Valérie Expert, de la chaîne LCI vient compléter la série des journalistes de cette chaîne qui se mettent au service du gouvernement et font ami-ami avec le pouvoir. Elle vient d’être nommée coprésidente d’un groupe de travail sur les "mécanismes de réduction des prix " mis en place par le ministère de l’Economie.

  • La liste - ci-dessous non exhaustive - des journalistes qui travaillent pour le pouvoir, s’allonge.

Comme le souligne notre confrère Télérama, elle se divise entre ceux qui ont basculé complètement et travaillent à temps plein, la plupart du temps comme conseillers du pouvoir, et ceux qui aident ponctuellement.

Dans la première catégorie, on trouve notamment : Georges-Marc Benamou, de La Provence à l’Elysée, Patrick Buisson, de LCI à l’Elysée, Myriam Lévy, du Figaro à Matignon, Catherine Pégard, du Point à l’Elysée, Jean-Marc-Plantade, du Parisien à Bercy, Gaël Tchakaloff, du Nouvel Economiste au ministère de la Justice.

Dans la seconde catégorie : Jean-Marie Colombani, en charge d’une mission sur l’adoption internationale, Eric Le Boucher, chroniqueur économique au Monde, devenu membre de la commission Attali, Yves de Kerdrel, chroniqueur économique au Figaro, est membre de la commission Attali.

  • Le patronat, lui, veut liquider le Programme de la Résistance.

Le patronat voudrait voir disparaître ce texte fondateur de la Constitution. Charles Beigbeder (1), reprend l’initiative d’une attaque contre ce qu’il qualifie de vestige insupportable des "jours heureux".

[ (1) Charles Beigbeder est un homme d’affaires français. Il a fondé deux entreprises : le courtier en ligne Selftrade et le fournisseur d’électricité Poweo. C’est le frère de l’ancien publicitaire et écrivain Frédéric Beigbeder. En 2005, il a été candidat à la présidence du Medef. ]

Le Programme de la Résistance énonce au nom de ses principes : "assurer la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères." François Bayrou avait réaffirmé son attachement à ces idées en dénonçant lors de sa campagne présidentielle la collusion grandissante entre les pouvoirs et les médias. "Les médias suivent un mécanisme implacable : les minutes de télévision créent les bons sondages, qui eux-mêmes suscitent des articles qui engendrent les minutes de télévision. C’est un formatage qui pousse à la bipolarisation de la vie politique."

Cohérent avec ses idées, François Bayrou a soutenu le 10 janvier 2008 MediaPart, le projet de site indépendant d’information en ligne porté par Edwy Plenel, comme il soutiendrait "tout projet du même ordre".

Les amitiés particulières

A l’occasion de la parution du livre Vincent Bolloré, ange ou démon ? de Nicolas Cori et Muriel Gremillet, paru aux éditions Hugo doc, en janvier 2008, le site Rue89 publie un article : Comment Bolloré tisse sa toile dans les médias. On y explique comment l’ami breton de Sarkozy a, en moins d’une décennie, tout envahi : télévision, radio, papier, web, sondages, audiences, publicité, production ou diffusion de contenus...

François Baryou, président du MoDem, avait alerté sur le caractère dangereux de cette évolution dans son programme de candidat : "Le pouvoir politique, le pouvoir médiatique et les puissances de l’argent doivent être indépendants les uns des autres. Il doit y avoir une distance entre le monde politique et les puissances d’argent, il faut distinguer l’intérêt général des intérêts privés. Un président n’a rien à refuser à une entreprise qui a contribué puissamment à son élection. Cela doit changer."

C’est Nicolas Sarkozy qui a remporté les suffrages des Français grâce en partie d’ailleurs au soutien de la presse. On se souvient notamment du coup de main de Jean-Marie Colombani sortant complètement de sa réserve pour appeler ses lecteurs à s’abstenir de voter pour Bayrou, au nom d’une menace imaginaire de grave cataclysme ! Aujourd’hui, les choses vont leur train, au train sarkoziste. La presse indépendante perd chaque jour du terrain et Bolloré poursuit la construction de son empire. Rien ne saurait arrêter ce mouvement. Pour ce qui est des journalistes, il va devenir de plus en plus difficile de tenir une liste à jour de ceux qui mettent de côté leur carte de presse, et parfois leur déontologie, pour prêter main-forte à l’Elysée ou au gouvernement.

Remerciements

Merci au citoyen Zen et au "citizen" Kane ! Merci à Zen, rédacteur sur Agoravox, pour ce commentaire qui a fourni la pièce du puzzle pour compléter cet article. Merci à Orson Welles et à son Citizen Kane pour l’affiche librement reproduite en illustration.


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19 réactions à cet article    


  • Black Ader 11 février 2008 13:58

    Je ne vois pas le probléme : on peut tous lire les journaux, voir les télés, écouter les radio du monde entiers.

     

    "

    • Le patronat, lui, veut liquider le Programme de la Résistance.

    Le patronat voudrait voir disparaitre ce texte fondateur de la Constitution."

     

    Aucun rapport avec la constitution, et par ailleur, nous ne somes plus du tout dans la même époque : aujourd’hui la faillite de ce systéme éclate aux yeux de chacun. Il faut détruire ce qui reste du modéle français que n’ont pas balayé les 68 hards..


    • Traroth Traroth 12 février 2008 10:38

      Et au train où vont les "réformes" (entendez : la mise à sac), on pourra bientôt mettre au même niveau "Nicolas Sarkozy, président de la République française"...


    • La Taverne des Poètes 11 février 2008 15:16

      Je rappelle à Ginette de passer les clés du camion à René.


    • Gzorg 11 février 2008 16:26

      Encore un affligeant article de la taverne...maniant poncifs et lieux communs dans un innimitable enfonçage de portes ouvertes !

      - Choses aprises = 0

      - Analyse pertinantes = 0

      - valeur ajoutée = 0

      - Fond = 0

      - Forme = pas mieux

      Encore un lateverne standard qui viens de decouvrir contre toute attente que les journalistes ont des acointances avec le pouvoir.....mon dieu les bras m’en tombe...que ceci est nouveau et renversant.

      Allez zou un clic et aurevoir !


      • La Taverne des Poètes 11 février 2008 16:35

        Vous avez la réaction de quelqu’un résigné à laisser les choses se faire. C’est votre choix.


      • C.C. C.C. 12 février 2008 11:52

        Effectivement Gzorg. ET le plus délicieux dans tout cela, c’est de fustiger ces journalistes qui servent la soupe aux politiques et de s’autoproclamer "journaliste citoyen" (comprendre bénévole) ... pour servir la soupe à Bayrou, qui comme chacun le sait n’est pas un politique mais un agriculteur béarnais. 


      • Traroth Traroth 12 février 2008 10:40

        En fait, vous ne venez que pour polluer les commentaires, quoi...


      • tvargentine.com lerma 11 février 2008 17:16

        aurez vous le courage politique de permettre la publication de ma demande de diffusion d’un article pour le 12 février,date de mon anniversaire ???


        • La Taverne des Poètes 11 février 2008 18:41

          Lerma : vous vous abaissez à demander de l’aide à un "poujadiste populiste" qui pratique la censure à grande échelle ? Faut savoir...

          Pourquoi n’allez-vous pas vous exprimer sur les sites du FN et de l’UMP, bref là où ça fleure bon la liberté d’expression ?

           

           

           


        • La Taverne des Poètes 11 février 2008 18:42

          Bon anniversaire quand même.

           


        • Le péripate Le péripate 11 février 2008 18:51

          Nous pourrions faire un « spécial Lerma » ! Bon, je vais voir son papier....


        • Le péripate Le péripate 11 février 2008 18:47

          Ne laissez pas croire que le CNR n’est que la liberté de la presse. C’est la sécu, les retraites, et bien d’autres choses encore... sinon, comment comprendre que le MEDEF souhaite s’en débarrasser, comme Blingblang de Mai 68...


          • chris11 11 février 2008 21:57

            En tout cas , une chose est rassurante , c’est que malgré la volonté affichée de Sarko d’acheter ou de vouloir maitriser une partie de la presse , les résultats ne sont pas très probants au vu des sondages .


            • Traroth Traroth 12 février 2008 10:46

              Il faut bien dire qu’il y a eu un retour à plus de pluralisme depuis quelques temps. Je situerais la rupture (sans jeu de mot) vers le début du mois de décembre, après le premier sondage (Sofres) qui plaçait Sarkozy sous les 50% d’opinion favorable.

              Il faut bien dire que le score de l’opposition aux élections (présidentielle et législatives) est finalement assez notable, vu la mainmise sur la presse à l’époque.

              Mais j’ai peur que ça ne soit que de la poudre aux yeux, qu’on amuse le bon peuple pour lui faire croire qu’il a voix au chapitre, et que la propagande pour l’UMP recommence de plus belle en 2012, pour les échéances qui importent vraiment.


            • moebius 11 février 2008 23:02

              ..c’est donc que contrairement à vos assertions lui et ses amis ne maitrise pas la presse et que la presse reste "libre" de bruler ce qu’elle avait auparavant adoré. Mais détrompez vous Sarkosy reste "vendeur". Nous sommes complétement imprégnés..... Il y a une finalité économique de la presse qu’elle soit résistante ou non. Il ya d’autre finalités mais celle ci vous semblez vouloir l’ignorer..tout ceci reste confus, ça l’est en effetet pourquoi donc ? parceque la bataille rangée entre une presse qui résiste et une presse qui...est un shéma, une commodité,,


              • ZEN ZEN 12 février 2008 10:46

                J’en voudrai longtemps au tandem Minc-Colombani d’avoir mené le Monde dans la mouvance du pouvoir et du pur conformisme, dans des aventures financières les plus risquées, au dépend de la qualité de la ligne éditoriale. J’ai décidé de me désabonner depuis peu, n’attendant plus rien de cet ex-"journal de référence"...

                Quelques éléments récents d’information sur la descente aux enfers (Plantu apporte des informations intéressantes) :

                 

                Médias en crise (Monde-Diplo)

                Chronologie sur la crise au "Monde" :
                "..... - 14/1 : Eric Fottorino présente son projet aux actionnaires externes du groupe, lesquels refusent de donner leur accord à sa candidature, qu’il décide de maintenir.
                Il indique lundi que Guillaume Sarkozy, délégué général d’un des actionnaires du Monde, le groupe Médéric, pourrait "siéger statutairement (au conseil de surveillance) dans les mois qui viennent".

                - 15 : la SRM réclame le départ immédiat d’Alain Minc.

                - 16 : Jean-Michel Dumay confie à la presse qu’il quittera la SRM qu’il préside si elle l’exige pour sortir le groupe de la crise.
                SNJ et CGT du Monde réclament aussi le départ immédicat d’Alain Minc.

                - 17 : le président de 20 Minutes France, Pierre-Jean Bozo, annonce avoir refusé le poste de gestionnaire proposé par la SRM.

                - 18 : Guillaume Sarkozy insiste dans un courrier pour entrer au conseil du groupe......"

                -Comment Minc a proposé à Arnaud Lagardère d’acheter le Monde

                Presse : Le Monde selon Prisa
                "... La SRM reste très critique à l’égard du groupe Lagardère et de l’amitié qu’entretient son PDG, Arnaud Lagardère, avec Nicolas Sarkozy. Je pense que Prisa peut contribuer à désamorcer ces tensions. Ainsi, j’ai suggéré que la rédaction dispose d’un droit de veto sur le choix du directeur de la rédaction..."
                -L’offense faite au « Monde »

                Plantu.net : le site officiel du dessinateur de presse


                • Guillaume Narvic Guillaume Narvic 12 février 2008 16:59

                   Vous portez au pinacle le programme du CNR (Conseil national de la Résistance), qui est, en effet, à l’origine de l’organisation de la presse écrite française, mais vous en faites un idéal nostalgique qui, en réalité n’a jamais existé.

                  - La presse a des problèmes d’indépendance vis à vis des pouvoirs économiques et politiques depuis toujours (il me semble que l’on s’en plaignait pas mal sous De Gaulle, par exemple. Il y a eu aussi le "cas Hersant", qui n’est pas d’hier non plus), et elle n’est jamais parvenue à mettre en place un système de régulation satisfaisant (voir par exemple la troisième partie du dernier livre d’Elizabeth Lévy et Philippe Cohen, "Notre métier a mal tourné").

                  - sur de nombreux aspects, le système d’organisation de la presse mis en place à la Libération était fondamentalement vicié (comme le souligne assez bien Emmanuel Scwhartzenberg dans son livre "Spéciale dernière") :

                  Permettez que je me cite smiley

                  "Le tableau dressé par Schwartzenberg de l’état actuel de la presse quotidienne nationale française est apocalyptique, mais convaincant. Le "système profondément vicié" mis en place à la Libération s’est révélé être une véritable "machine infernale".

                  Sous-capitalisation initiale des entreprises de presse, rôle exorbitant accordé au Syndicat du livre, réseau de distribution foncièrement inefficace et coûteux, dysfonctionnements structurels de la mesure de la diffusion comme celle de l’audience, pratiques douteuses dans le domaine de l’achat du papier, du marketing ou encore de la vente des espaces publicitaires... Toute l’organisation de la filière conduit la presse quotidienne française à un faible niveau de diffusion, en raison d’un prix élevé et d’une mauvaise distribution.

                  Elle se trouve en situation de faiblesse permanente vis-à-vis du Syndicat du livre, des imprimeurs, comme des annonceurs publicitaires, et aussi de l’Etat, appelé régulièrement à la rescousse pour colmater un vaisseau qui fait eaux de toutes parts, par la mise en place d’un système d’aides publiques à la presse aussi opaque qu’absurde et inefficace.

                  Le résultat est clair : aujourd’hui "il n’y a pas un seul quotidien national généraliste qui ne soit pas en déficit". Pas un seul !"

                  Ce que l’on constate aujourd’hui n’est pas un plan d’attaque concerté pour mettre à terre la presse française comme vous le dites. A terre, la presse écrite l’est déjà, et le "programme du CNR" en est largement responsable. C’est plutôt un vol de charognards qui s’abat sur une bête agonisante, pour tenter d’emporter les meilleurs morceaux.

                  L’enjeu n’est plus là aujourd’hui. Vous vous trompez de cible et de débat. Toute l’économie de la diffusion de l’information (et pas la seule situation des quotidiens de presse écrite) est en bouleversement total actuellement, notamment en raison de la numérisation globale de l’information (le texte, comme le son et l’image). De nouveaux modes de diffusion de l’information apparaissent, et les usages d’information par le public changent également. Il ne s’agit pas de restaurer le programme du CNR, qui part en guenilles, mais d’en inventer un autre qui corresponde à une situation nouvelle.

                   

                   


                  • La Taverne des Poètes 12 février 2008 17:09

                    Ce qui ne doit pas être remis en cause c’est le principe du CNR :"Le pouvoir politique, le pouvoir médiatique et les puissances de l’argent doivent être indépendants les uns des autres."

                    Ce qui ne doit pas être touché non plus, c’est la protection des sources qui est la pierre angulaire de la liberté de la presse comme le dit d’ailleurs la Cour européenne des droits de l’homme. Or sur ce second point aussi la presse française est menacée. Voir édito du Monde "La presse surveillée" 25.12.07

                     

                     

                     


                  • Guillaume Narvic Guillaume Narvic 12 février 2008 17:43

                     Votre terme même de "pouvoir médiatique" demanderait plus qu’un billet, pour être développé. Il est clair, en tout cas, qu’il n’existait aucun "pouvoir médiatique" à l’époque de la Libération. Et c’est la corporation des journalistes, indépendamment de leur employeur, qui a été chargée par le "programme du CNR" d’assurer la liberté de l’information (notamment à travers le principe de la clause de conscience des journalistes).

                    Mais il était tout aussi clair que ça ne pouvait suffire, car la presse écrite, comme la télévision, sont avant tout des industries, qui demandent des investissement en capital considérable. A défaut que ce ne soit l’Etat qui apporte ce capital (Service public de la radio et de la télé), il faut donc faire appel à des investisseurs privés.

                    Le projet issu de la Libération portait en lui l’ambition de journaux propriété de leurs journalistes et gérés en autogestion. Le Monde et Libération s’y sont essayés, mais le projet a échoué, largement parce que les journalistes n’étaient pas assez riches pour apporter le capital suffisant. Et puis, ils se sont révélés de mauvais gestionnaires. Il faut donc aller chercher ce capital ailleurs. Dans ces conditions, votre projet d’indépendance de la presse/radio/télé des pouvoirs économiques est illusoire.

                    La seule piste viable qui irait dans votre sens est celle proposée par le philosophe allemand Jürgen Habermas d’un service public de l’information . Mais la mise en place d’un tel système est pour le moment extrêmement problématique. D’une part les contribuables sont-ils prêts à payer ? D’autre part, de nombreux journalistes sont farouchement opposés à de telles solutions, au nom même de l’indépendance de l’information.

                    La solution du problème ne réside nullement dans la dénonciation d’une situation et à l’invocation de valeurs de morales politique à laquelle vous vous cantonnez. Il n’y a pas, pour l’heure, de réponse magique à cette question très complexe.

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