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Accueil du site > Actualités > Médias > Presse : Internet sauveur du papier, la première marche d’une spirale (...)

Presse : Internet sauveur du papier, la première marche d’une spirale fatale

Internet était la panacée. Le sauveur du papier déclinant, voué à disparaître. Il n’en est rien. Non seulement la presse sur Internet n’a pas trouvé son modèle économique, mais elle aggrave la situation du papier. Entraînant dans sa chute toute la presse...
Analyse d’une dégringolade... et ébauche d’une possible solution.

Peut-on sauver la presse écrite (papier) ? Le modèle actuel, une version papier rétribuée par la publicité, par les abonnements et achats en kiosque, ainsi que par les aides du gouvernement français, est peu ou prou obsolète. Les recettes fondent, le lectorat déserte, les publicités décroissent. En conséquence, la presse papier opte souvent (voire toujours) pour la même solution : réduction de la pagination, licenciement de journalistes et renflouement via du capital fourni par un généreux donateur. 
 
On ne peut raisonnablement augurer avec certitude de la mort de ce modèle, mais ne pas se poser la question est insensé. Le dernier exemple en date, le quotidien sportif « Le 10 Sport », est un modèle en la matière : paru pour la première fois le 3 novembre 2008, il n’a pas tenu 6 mois. Le 28 mars, le quorum de ventes nécessaires à son équilibre financier n’étant pas atteint, l’ex quotidien est passé au rythme hebdomadaire, licenciant par là même nombre de ses journalistes.
 
Aux Etats-Unis, les exemples abondent également. Nombre de quotidiens ont sifflé la fin de partie pour leur version papier, afin de se concentrer exclusivement sur Internet. Ainsi, les dépenses diminuent drastiquement (moins de journalistes, pas d’imprimerie, journalistes moindrement rémunérés), avec comme but avoué de retrouver l’équilibre financier en sabrant les dépenses. Mais les recettes abondent-elles pour autant ? Hélas, non. Et c’est là l’échec fondamental de ce nouveau modèle de presse, concentré exclusivement sur Internet, que tout le monde adoubait il y a peu, et que beaucoup considèrent encore comme, sinon la panacée, au moins la moins pire des solutions.
 
Internet : du sauveur au fossoyeur
 
Il n’en est rien. Mécaniquement, un modèle qui a pour unique objectif de réduire les coûts ne peut être qu’un échec. Car après avoir choisi Internet come unique support, les journaux se sont aperçus que s’ils faisaient effectivement de substantielles économies, leurs recettes fondaient encore plus ! Deux universitaires anglais se sont penchés sur le cas d’un quotidien finlandais qui avait pris le parti du tout Internet. Ses dépenses ont diminué de moitié, mais ses recettes, elles, ont plongé de 75%...
 
Ainsi, Internet sera, après le papier, le nouvel anti-modèle, et il faudra de nouveau un procédé « cost killer » (tueur de dépenses). Où va-t-on, avec cette logique ? Ni plus ni moins que dans une spirale descendante, laquelle conduira à la mort pure et simple des grands quotidiens (mais pas forcément du journalisme). Car à force de réduire les coûts, si l’on suit les exemples présents, ce sont les recettes que l’on fera fondre.
 
D’autant plus que la réduction des coûts s’opère aussi parfois par une réduction de la pagination, quand le journal reste sur papier. Ainsi, l’international, le sport, la bourse, etc. sont supprimés. Autant de pans entiers de l’actualité ne sont alors carrément plus couverts (compensés laborieusement par le recours à l’AFP). Ce choix aboutira mécaniquement à un journal réduit à la portion congrue, conséquemment inintéressant et inutile pour le citoyen. Lequel s’en désintéressera alors, et ce définitivement. Cette politique de réduction de pagination à des fins de réduction des coûts est donc, ou sera, également un échec patent.
 
Ainsi, ce n’est pas les coûts qu’il faut réduire, ou pas seulement, mais augmenter les recettes. Lapalissade, mais pour l’instant, les journaux y songent, le souhaitent, y travaillent, sans y parvenir pour autant. Il est évidemment plus facile de sabrer les coûts que de recourir à la créativité pour gagner des lecteurs ou conquérir de nouveaux financements. Mais cette facilité conduira les journaux à leur perte.
 
L’information est un service public...
 
Une solution serait de socialiser le coût de l’information. En un mot, que les impôts payent en partie les dépenses inhérentes à la recherche et mise en forme de l’actualité. Quoi de nouveau par rapport à aujourd’hui ? Rien, si l’on en restait là. L’idée serait d’aller plus loin dans cette socialisation. L’Etat prendrait en charge les dépenses de la presse écrite au prorata de ses difficultés financières.
 
Ainsi, un journal comme l’Humanité, dont la situation est extrême, pourrait se voir exempter, par exemple, 90% de ses dépenses, lesquelles seraient financées par l’Etat. Alors que Marianne, qui est un des seuls journaux (hebdomadaire) à être bénéficiaire, verrait ses aides supprimées. On retrouverait ainsi le principe de progressivité des aides selon les ressources.
 
Evidemment, l’opération se ferait en pure perte. A contrario de l’impôt classique qui finance la solidarité nationale, – les impôts du contribuable aisé A servant à financer les aides du foyer nécessiteux B - ce financement là ne serait pas compensé par un impôt sur la presse écrite cossue… puisqu’associer « cossu » et « presse écrite » n’est aujourd’hui ni plus ni moins qu’un oxymore.
 
... acceptons-là comme tel
 
Pour que le coût soit de zéro pour l’Etat, on pourrait envisager de créer un impôt sur la presse qui est bénéficiaire, comme la télévision. Mais cela risquerait alors de fragiliser un secteur certes bénéficiaire (seulement pour certains journaux télévisés ou émissions d’actualité, et avant la crise qui a provoqué une fonte des recettes publicitaires) mais qui reste fragile. En un mot, il ne faudrait pas déshabiller Pierre pour habiller Paul. A écarter, donc. Il faut, à défaut de financement, admettre que la presse perde de l’argent, perte compensée par le contribuable. C’est la règle de tout service public déficitaire.
 
Pour cela, il faudra accepter le postulat selon lequel l’information est un service public. Un bien commun à tous, indépendamment des écarts de revenus. Car chacun conviendra qu’il est proprement aberrant et révoltant que les fils et filles de bonne famille consomment plus la presse écrite que les jeunes venant d’autres horizons moins aisés. Cette inégalité pourrait être résolue via cette socialisation du financement de la presse écrite, laquelle pourrait alors réduire son prix d’achat.
 
La question de l’indépendance de la presse se posera forcément. Posons-là, mais ne prétendons pas pouvoir régler ce délicat problème. On laissera volontiers aux constitutionnalistes, aux journalistes et aux syndicats (et aux lecteurs éclairés d’Agoravox) le soin de proposer de solutions crédibles.
 
Qu’un débat s’impose !
 
Ces ébauches de pistes sont maladroites, précaires, fragiles. Mais si la presse écrite ne trouve pas urgemment de nouveaux financements efficaces et pérennes, je ne vois pas d’autres solutions que celle du financement au prorata de chaque situation particulière par l’Etat. Il faut ouvrir ce débat. La presse est-elle définitivement et structurellement déficitaire ? Peut-on supporter sa disparition ? Le marché et la presse sont-ils compatibles ? L’Etat doit-il se porter garant ? Toutes ces questions doivent être posées et débattues sur la place publique. Les politiques ont le devoir de s’en emparer.
 
A moins de se contenter de la situation actuelle. Les journaux diffuseront alors leur contenu exclusivement sur Internet pendant un temps, pour laisser place ensuite uniquement aux dépêches d’agence de presse, puisque lesdits journaux auront disparu. En effet, leurs économies liées au passage au tout Internet ayant fait fondre d’encore plus leurs recettes, les journaux seront, à terme, perdants dans ce parti pris du tout Internet. En tout cas jusqu’à ce qu’un modèle de financement viable pour ce support voit le jour, ce qui n’est pas le cas actuellement.
 
En bout de chaîne, ce sont les agences de presse qui disparaîtront. Puisque selon le « business model » actuel, qui est client des agences type AFP, sinon la presse généraliste et l’Etat ? Si les clients disparaissent, le fournisseur disparaît. Une spirale descendante dont la première marche est la disparition du papier. La presse a déjà posé un pied sur cette marche. Le second, amorçant une dégringolade définitive, pourrait être fatal à toute la presse dans sa globalité. Et, conséquemment, ladite dégringolade signerait la fin d’un certain modèle politique libre : la démocratie pluraliste.

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19 réactions à cet article    


  • Hieronymus Hieronymus 27 août 2009 11:34

    c’est curieux, j’avais compris le titre differemment
    grace a Internet, on sauve le papier cad on l’economise ...
    ce qui serait un bien ecologiquement, car que de papier a pu etre gache
    combien de forets ont ete sacrifiees a cause des journaux (papier) justement !


    • sleeping-zombie 27 août 2009 13:15

      Hello,

      La presse est déficitaire ? oui, dans son ensemble, mais est-ce une mauvaise chose ?
      Non... soutenir que CLOSER est un service public, je me marre...
      Pour ne parler que de moi, l’unique journal que j’achète n’est pas déficitaire, est un hebdomadaire, produit des articles de qualité et n’a pas un poil de publicité.... et tout ça depuis presque un siècle. Mais y a un hic, il est propriété de ses journalistes... Tiens, d’ailleurs je lis dans wikipedia que le numéro d’hier contient ses comptes financiers annuels....

      Pour en revenir à ton article en général, oui, on peut voir l’information comme un service public, et ça tombe bien, parce que l’information vient la plupart du temps de l’AFP, laquelle n’est pas directement financée par l’état, mais a quand même un statut particulier...
      Les journaux dont tu parles, qui menacent de couler, ne pratiquent pas un service public. Ils trient, commentent et diffusent l’information selon leurs critères éditoriaux. Ca porte un nom, ça s’appelle de la propagande (au sens premier du terme, le sens actuel se rapporte plus du « mensonge collectif »). Et ça c’est pas un service public.
      En fait, leur principale qualité (a mes yeux) est de financer l’AFP en payant les abonnements.

      La solution qui consiste a financer les pertes de la presse par l’état, c’est tout simplement soit con (excuse moi), soit inapplicable. Sinon, je démissionne, je deviens patron de presse, j’embauche 2 journalistes a 20 000€ par mois (a ce prix-là je trouverai) et a la fin du premier mois je présente la douloureuse a l’état.

      Je pense qu’il serait plutôt avisé d’essayer de comprendre pourquoi la presse n’assure plus sa pérennité financière... Mais si tu lis ou poste sur AVOX, tu dois avoir une idée sur la question...


      • logan 28 août 2009 04:09

        Je crois effectivement aussi que si la presse a des difficultés c’est en partie à cause de sa profonde médiocrité.

        Si l’on doit réformer la presse il faut que cela se fasse en plusieurs étapes car il me parrait difficile de tout anticiper à l’avance.

        D’abord réformons les médias de manière à élever leur niveau, et notamment en les obligeant à rendre les services qu’ils devraient être pourtant censés rendre, comme être garants de la liberté d’expression ( et donc organiser les débats, la confrontation des idées, et l’expression de toutes les idées différentes), c’est aussi faire la lumière sur les zones d’ombres et apporter des réponses aux questions que se posent les citoyens,
        c’est aussi faire contre-pouvoir en décortiquant et en remettant en cause les actions du gouvernement , et enfin c’est diffuser l’information sans manipulations


      • franck2010 27 août 2009 13:43

        Le modèle économique de la presse est avant tout, bien avant le problème que lui pose internet, un modèle malsain. Il y a belle lurette que ce n’est plus son lectorat qui la fait vivre...mais les recapitalisations via quelques groupes financiers, les subventions cachées sous forme de publicité, les subventions de l’Etat, le monopole des Nmpp.... La presse n’est plus crédible. La presse meurt , donc, et c’est justice.


        • Bertrand Lemaire Bertrand Lemaire 27 août 2009 14:17

          La partie analyse de cet article est tout à fait pertinente et bien vue. Mais la solution proposée (le financement public) à la fois injuste et inefficace.
          Comme sleeping-zombie le signale, Le Canard Enchaîné fonctionne depuis toujours sans pub.
          Internet est probablement l’avenir de la presse mais à condition de faire payer le lecteur, ce qui impose que le contenu vendu ne soit pas de la soupe et que le lecteur en ait pour son argent. Les journaux qui y parviennent deviennent de plus en plus nombreux à travers le monde. Mais c’est compliqué.


          • Kelsaltan Kelsaltan 27 août 2009 14:41

            En ce qui me concerne, je ne donnerai pas un radis pour cette presse qui a perdu son indépendance et qui ne représente plus que le prolongement de la voix de son maître.

            Même gratuite, je n’en veux plus, c’est dire.

            De renoncement en renoncement pour éviter l’ANPE, les journaleux sont devenus trop lâches pour renverser la vapeur et finiront probablement tous comme les animateurs du JT de TF1.

            La rubrique des chiens écrasés reproduite à l’infini pour quelques fermes isolées du fin fond la Corrèze.


            • saint_sebastien saint_sebastien 27 août 2009 15:08

              vous dites ,on va taxer les journaux qui font leur boulot , et ceux qui n’interessent personne vont profiter des taxes ? je veux pas payer un seul cent de plus pour le FIgaro , moi , faut pas déconner. 

              LA presse doit tout simplement arrêter la formule du quotidien et doit se concentrer sur du journalisme profond , et d’investigation , avec des vrais dossiers , pas juste des breves récupérée de chez l’AFP et de l’édito minable ...



              J’achète Marianne. Pourquoi ? parce que les journaleux de Marianne ont l’air de faire un peu plus leur boulot que chez certains concurrents.

              J’ai besoin d"une info fiable , une réflexion qui me convient non seulement dans ce qu’elle affirme mais surtout dans la justesse de la démarche.

              Les journalistes sophistes et autres escrocs anonymes ne m’intéressent pas , et je ne veux pas payer pour cela.



              • saint_sebastien saint_sebastien 27 août 2009 15:15

                Pour moi , la solution est tout simplement la presse payante en ligne.


                Je suis près à payer à l’article ou au dossier , pour un journaliste en qui j’ai confiance.

                Mais une presse de qualité , avec de long articles complets sur des sujets complexes , et pas seulement des articles de 4 paragraphes bourrés de fautes comme sur le monde.Fr ou le Figaro.fr

                la qualité a un coût .

                Le stagiaire qui recopie des brèves , cela doit cesser ...

                • Christian Aubry Christian Aubry 27 août 2009 15:40

                  Je trouve que cet article prospectif manque singulièrement d’imagination. Une fois épuisé le recours à la publicité pour vivre, les « médias trad » n’auraient donc d’autre choix que de vivre au crochets de l’État. Ce qui me rassure, c’est que vous reconnaissez vous-même la fragilité et la maladresse de vos « pistes de solution » et que vous posez les prémisses du problème de la bonne façon : ce ne sont pas les coûts qu’il faut réduire, il faut au contraire augmenter les recettes.

                  Et comment augmenter les recettes sur Internet ? Simple : en vendant, plus chers, des produits à valeur ajoutée. Et de quels produits à valeur ajoutée les entreprise de presse disposent-elles ? Leurs archives ? Oui, certainement, mais ce n’est pas rare, pas très utile, donc pas suffisant. La réponse est, selon moi, évidente et je le répète depuis plus 10 ans : LES SOURCES, nom de Dieu !!!

                  Considérez l’information dans son ensemble comme un océan et chaque sujet comme un iceberg qui y fond tranquillement et, ainsi, l’alimente. Ce qui dépasse au-dessus de la surface, c’est le « papier », l’article. C’est beau et c’est impressionnant. Mais ce qui nourrit l’océan, ce n’est pas simplement la partie émergée de l’iceberg, c’est aussi et surtout sa partie immergée, beaucoup plus importante. Au niveau de l’information, cela s’appelle LES SOURCES.

                  Pour des raisons de contraintes spatiales et temporelles, puis par habitude ou par nécessité de conserver jalousement le feu qui alimente leur pouvoir magique, les journalistes des siècles passés ne publiaient pas leurs sources, même lorsqu’aucun enjeu de sécurité ou de confidentialité n’est en cause. Or, au XXIe siècle, ce comportement propriétaire n’a plus lieu d’être. Les sources viennent du peuple, qu’elles y retournent puisque ni l’espace disque ni le « temps d’antenne », désormais, ne sont limités.

                  • Enregistrez donc en audio, vidéo ou pdf autant de sources INTÉGRALES que possible.
                  • Puis validez-les, décrivez-les, « taxonomisez-les » et classifiez-les.
                  • Enfin, entrez-les dans un système informatique qui me permette à moi — utilisateur final, journaliste, chercheur, étudiant, cadre d’entreprise, fonctionnaire, peu importe — de la retrouver quand j’en aurai besoin.
                  • En complément de votre article, disponible gratuitement en ligne et maigrement financé par la publicité, vendez-moi UN ABONNEMENT DE LUXE, au moins aussi cher qu’un abonnement papier, qui me permette, SI ET QUAND CELA M’INTÉRESSE, de visiter la partie immergée de l’iceberg — toutes ces sources que vous avez trouvées pour construire votre article et traiter le sujet.
                  • Si je ne veux pas m’abonner, offrez-moi la possibilité de consulter vos sources EN FORMULE DE MICRO-PAIEMENT.
                  • Si je veux RÉUTILISER VOS SOURCES, ou une partie de vos sources (audio, vidéo, PDF), VENDEZ-MOI LE DROIT DE LE FAIRE et livrez les moi en haute définition afin que je puisse en inclure un extrait dans mon propre topo audio ou vidéo.
                  • Devenez ni plus ni moins qu’une AGENCE DE PRESSE LOCALE (ou internationale, si vous en avez la portée et les moyens) et comprenez que les citoyens et les entreprises de demain deviennent peu à peu des producteurs de contenus d’information, mais que s’ils sont capables de faire flotter de beaux icebergs à la surface de l’eau, ILS ONT BESOIN DE SOURCES VALIDES POUR LES NOURRIR SOUS LA SURFACE.
                  Ce faisant, vous ferez œuvre sociale, vous augmenterez la valeur de l’information commerciale et citoyenne et vous aurez des recettes suffisantes pour payer correctement (1) vos journalistes d’enquête et de terrain (2) vos secrétaires de rédaction traitant non seulement l’info interne, mais également celle provenant des citoyens et des entreprises et (3) vos programmeurs-intégrateurs qui feront fonctionner et amélioreront sans cesse les systèmes d’information complexes nécessaires à l’exploitation de vos sources.

                  Libérez le cœur même de l’information. Ouvrez vos sources. Ne les gardez plus jalousement dans vos coffres-forts propriétaires. Permettez qu’elles circulent librement à la manière du code des logiciels libres et ouverts. Entrez dans l’ère de l’information « open sources » et n’hésitez pas à les tarifer, si nécessaire, afin de survivre et prospérer. La démocratie a un prix que les citoyens seront prêts à payer si vous savez le leur vendre intelligemment.


                  • Peyo 27 août 2009 18:34

                    Internet est nourri par les commentaires sur des articles pratiquement nuls de journaux qui le sont tout autant. Les journalistes de la plupart des journaux français ne font pas dans l’investigation mais dans la flagornerie plus ou moins politique. Il reste le Canard Enchainé qui dispose de vrais journalistes qui apportent à ce qu’ils relatent (qui sont pratiquement toujours des faits vrais) des plus value certaines et pertinentes. Je lis Sud-Ouest un excellent journal par sa chronique funéraire (pour le reste c’est nul) mais il y a belle lurette que je ne lis pratiquement que les commentaires des articles de journaux type Le Monde, le Nouvel Obs, Libé etc sur Internet.
                    Quant à soutenir la presse papier par des fonds publics, je trouve cette proposition scandaleuse, car le contribuable citoyen participe déjà à ce soutien : l’État fourni chaque année des subventions aux journaux. N’en rajoutons pas encore de nouvelles. Il me semble que le plus simple est de les laisser crever, comme on a fait pour les ouvriers de Arcelor-Mital. Il ne peut y avoir plusieurs justices dans ce pays, à moins que le pouvoir ne veuille provoquer à terme une vraie révolution façon 1968 aggravé.


                    • Emmanuel Aguéra LeManu 28 août 2009 00:44

                      Juste une question...
                      Est-ce que les moines-copiste ont fait autant de bordel à l’invention de l’imprimerie ?


                      • stephanemot stephanemot 28 août 2009 05:14

                        Il etait peut etre utile de consulter les debats relatifs aux etats generaux de la presse avant de commettre ce papier (et a propos de papier : le papier lui-meme devient electronique, et il n’est pas absurde d’etudier cette opportunite).

                        Et pour un sujet aussi strategique, j’esperais un minimum de recul.

                        Dans tous les secteurs d’activite, internet a eu le merite d’obliger chacun a se poser des questions pertinentes sur son metier et son evolution.

                        Je vous le concede, si certains newspapers ont deduit qu’ils n’avaient plus necessairement besoin de « paper », c’etait plus souvent un choix economique que reellement le fruit d’une vision strategique.

                        Mais la presse et l’edition vivent une periode a la fois terrifiante et passionnante.


                        • Asp Explorer Asp Explorer 28 août 2009 08:21

                          Le problème de la presse papier payante vient du fait que seuls d’étranges ahuris vont payer pour avoir les nouvelles de la veille alors qu’ils peuvent avoir gratuitement les nouvelles du jour. Certes, on met souvent en avant les brillantes analyses fournies dans les journaux, qui permettent d’éclairer la conscience des citoyens, ceci-cela... toutefois, dans le cas particulier de la France, il est permis de s’interroger sur la qualité de ces contenus éditoriaux. J’ai encore en travers de la gorge les papiers de Joffrin sur le TCE...


                          • fhefhe fhefhe 30 août 2009 06:35

                            Pour Informer :
                            Le Copiste ,
                            Gutemberg ,
                            Le Téléphone ,
                            Le Cinéma (Eh Oui !)
                            La Radio ,
                            La Télévision ,
                            Internet .
                            Ont été et sont des moyens d’informations , le Papier , les « Pellicules » , les « Ondes » et les « Pixels » sont leur « Véhicules ».
                            Le moteur de ces « Véhicules » ne peut pas fonctionner sans « Essence » , dans ce cas précis , ce qui constitue la nature d’un Etre , plutôt d’un Journaliste .
                            Mais leur :

                            C ontenu (pseudo)
                            O bjectif (est)
                            2 fois + polluant pour un Etre Humain.

                            Si nous prenons , pour faire court , quelques exemples du XX et XXI éme Siècle ,
                            — Staline qui « modifie » les photos à paraître dans la presse ,
                            — Goebels es-propangadiste d’Hiltler ,
                            — PPDA est son interwiew de Castro ,
                            — Bush et ses « Bonnes et Vraies » raison d’envahir l’ Irak ,
                            La liste est loin d’ête exhaustive...mais elle démontre que l’Information véhicule ,bien souvent, un gaz « Anesthésiant » pour endormir les Consciences .
                            Les centaines de millions , voir de milliards d’Etres Humains « Anésthésiés » subissent les effets de ces manipulations qui sont la causalité des Souffrances de l’Humanité
                            Le moteur le plus polluants sont les véhicules qui utilisent les Ondes....la radio et ,surtout, la télévision.
                            Le support papier , plus particuliérement les journaux...ne touchent que maximum quelques millions de personnes .
                            Au début du XX éme Siécle quand un événement important avait lieu , des millions de personnes sortaient dans la rue pour acheter son journal d’Information...depuis la « Vulgarisation » de la Télévision des Centaines de Millions de personnes restent chez elles pour LA regarder.
                            Qui a le plus d’influence un journal qui a maxi 1 millions de Lecteurs , ou un « Journal Télévisé » qui a mini 10 millions de « Téléspectateurs » ???
                            Nous sommes Peu à penser Trop , et Trop à penser Peu (F.Sagan).
                            J’aime également ce dicton.
                            Je crois le 1/4 de ce que j’Entends , la moitié de ce que je Vois (surtout à la télévision) et les 3/4 de ce que je Sais.
                            Si la Religion Catholique (entres autres) a influencé par le « Papier » des Milliards d’Etres Humains au fil des Siècles....La Religion CathoDIQUE elle en a influencé tout autant en 1/2 Siécle !!!!
                            Un Ecran c’est l’Arbre (nécessaire à la fabrication du papier) qui cache la Forêt de la Réalité.




                            • Emmanuel Aguéra LeManu 30 août 2009 17:18

                              Légèrement élitiste quoique plein de bon sens.
                              Si information = désinformation (je résume), le média y est il pour qqchose ? Non, plutôt le médiateur, c’est à dire, pour toi : le journaliste (avec un J capitale !), pour moi : toi et moi et le reste du monde.
                              En cela l’internet dépasse ne craint plus le mensonge : contrairement au papier, le buzz est immédiat, et global, inarrêtable... Internet est capable du pire certainement, mais de bien plus que le meilleurs des canards papier. Sans internet, par exemple, pas d’infos sur l’election d’Ahmadinejahd, pas de polémique sur le 9/11...
                              Mais il faut d’abord admettre que le journaliste, c’est toi.
                              Alors le formidable outil de mensonge se transforme en une redoutable arme de vérité.
                              A nous de trier : On est là pour ça, non ?

                              PS : pourquoi tu mets des capitales partout ?


                            • franck2010 30 août 2009 11:25

                              ’ Si la Religion Catholique a influencé par le « Papier » des Milliards d’Etres Humains au fil des Siècles....La Religion CathoDIQUE elle en a influencé tout autant en 1/2 Siécle !!!! ’

                              La télévision a certainement pris pour modèle la Bible, si on s’en réfère à sa propension à la désinformation et à la manipulation. Nos journalistes : Ces curés laics...


                              • jerome f. 30 août 2009 17:58

                                Les sites internet de journaux peuvent générer des rentrées d’argent par abonnement. C’est le cas du Monde. Faire un article parlant de la presse et d’internet sans évoquer ce fait c’est être incomplet.


                                • Grégoire 9 février 2010 20:44

                                  Malheureusement, malgré l’innovation commerciale de certaines formules (je pense à celles de Libé ou à la formule ePaper des Echos), ca ne marche pas...

                                  Alors comment rentabiliser une info de qualité ?

                                  Avec le micropaiement ? les mobiles, tablettes et co ?

                                  Et DOIT elle etre rentable ? (Aux US, certains journaux appartiennent à des fondations Nonprofit)


                                • Grégoire 9 février 2010 20:39

                                  La presse écrite est au fond du trou, et pas qu’a cause d’Internet...

                                  - Un système de production obsolète et néo-stalinien ( Les imprimeurs et les NMPP rongés par la CGT-Livre).
                                  - Des journaux qui attendent que l’état leur lâche quelques millions plutôt que de se remettre en question.
                                  - Pas d’innovation depuis longtemps : Le quotidien « 10 sport » dont parle l’article (pas mal fait au demeurant) a été volontairement coulé par le groupe Amaury (l’équipe) via un concurrent (« Aujourdhui sport ») créé de toutes pièces pour l’occasion.

                                  Et la liste est longue...

                                  L’utopie du gratuit s’est révélée désastreuse et suicidaire.

                                  Alors OUI à une presse qui assume son changement de rôle face à Internet, et qui innove pour trouver un modèle économique et éditorial sur Internet.

                                  Seule la rentabilité de la presse lui garantira son indépendance et sa qualité. (C’est Sarkozy qui le dit smiley )

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Benji27


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