Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Médias > Réflexion d’un citoyen sur le journalisme citoyen

Réflexion d’un citoyen sur le journalisme citoyen

Le concept de journalisme citoyen, porté sous des formes diverses par de nombreux sites citoyens, me paraît, pour au moins trois raisons, être une impasse.

Restant dans le paradigme du journalisme, il met au centre de son projet la collecte et la vérification de l’information. Or, ce dont nous souffrons actuellement ce n’est pas d’un manque d’information mais d’un manque de réflexion. Nous sommes de plus en plus incapables de penser ce que nous faisons, comme le disait dès la fin des années 50 Hannah Arendt. Ce mal s’est dramatiquement accentué depuis. La raison d’être de sites citoyens devrait se situer là. Fournir des lieux d’élaboration de réflexion plurielle et collective. En privilégiant l’actualité immédiate, en réagissant aux "manques ou aux manipulations" des médias traditionnels, en répondant à une logique de l’audimat importée de la télévision, les sites citoyens se fourvoient. Le débat se concentre sur le contrôle et l’exhaustivité des informations alors que la vraie question est celle de la pluralité et de la richesse des réflexions.

La division du travail, très taylorienne et très rudimentaire, adoptée sur ces sites entre animateurs, rédacteurs et commentateurs n’est pas au niveau des exigences et des possibilités de la révolution informationnelle. La puissance des NTIC convoque et permet de nouvelles catégories d’action et d’efficacité. Des catégories technico-scientifiques de certitude et de maîtrise, l’on est passé à celles de l’observation, de l’écoute, de l’innovation et de l’intelligence des situations. Le mode sensible se trouve de plus en plus mobilisé. Toutes les actions, tout en nécessitant des compétences techniques, engagent des subjectivités sensibles. Décider, organiser, servir, convaincre, engager, se mettre d’accord, juger engage l’homme dans une expérience qui requiert une sensibilité et une connaissance non garanties par un savoir technico-scientifique préexistant. Ce qui rapproche l’homme ou la femme d’entreprise, le médecin, le politique, le citoyen, du sculpteur, du peintre ou du chef d’orchestre, c’est qu’ils s’engagent dans une aventure qui commence là où s’arrête la maîtrise purement technique. Il leur faut donc un art de se montrer attentif au nouveau et à ce qui n’était pas prévu, un art de s’adapter à l’incertitude, un art d’observer, de sentir, d’écouter, d’interpréter, de comprendre. Ce que j’attends d’un site citoyen c’est qu’il contribue au développement de cet art.

Enfin ces sites citoyens accentuent le problème posé par la surabondance de l’information ou plutôt par la surabondance des données. Données que nous avons de plus en plus de mal à transformer en informations. Cette abondance est un phénomène unique dans l’histoire de l’humanité. Dans l’entreprise c’est l’un des sujets de préoccupation et d’étude qui focalise le plus d’énergie. L’information, comme la passe du ballon au football, doit être dosée, adressée selon le contexte au type d’acteur (joueur) qui saura en faire bon usage - défenseur, milieu, attaquant - au moment où il pourra en faire le meilleur usage. La meilleure manière de gagner au football, c’est de jouer collectif. Dans cette logique, un défenseur peut marquer un but comme un attaquant se mettre à défendre. Certes, il est possible de marquer des buts spectaculaires sur des actions personnelles, mais, à un certain niveau, l’évolution des moyens et des techniques rend la chose de plus en plus difficile. Jusqu’à un certain point, il en va de même dans la société et dans l’entreprise en matière d’information. Jouer collectif, c’est apporter de l’information à valeur ajoutée. C’est fournir l’élément d’information adéquat, au destinataire adéquat et au moment adéquat : quoi, qui et quand ? Dans l’entreprise, c’est d’autant plus important que, à la différence du terrain de football, les joueurs ne sont pas concentrés sur un ballon mais sollicités de partout. La valeur de l’information est nulle si elle ne retient pas l’attention du destinataire. Il faut donc faire l’effort de se mettre à la place de l’autre et d’explorer ce qui pourrait l’intéresser, plutôt que de produire ou de recevoir de l’information pour calmer sa propre émotion. Ce qui nécessite de se poser systématiquement la question suivante : lorsque j’envoie, je sollicite ou je conserve une information, le fais-je pour calmer mon émotion ou pour apporter de la valeur au système ?

En résumé, trois impasses et donc trois pistes. Se dégager du paradigme du journalisme (expert et lecteur, audimat...). Revoir la division du travail et la hiérarchie qui l’accompagne (exigence sur l’écrit par la suppression des commentaires et son remplacement par la confrontation de textes construits...). Sortir d’un mode de production d’information gouverné uniquement par l’émotion (supprimer les votes et notations très scolaires...).

Un exemple encore récent de réflexion plurielle et collective devrait faire école : celui du référendum de mai 2005 en France.


Moyenne des avis sur cet article :  4/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

47 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 5 novembre 2007 14:17

    Le journaliste citoyen aurait t-il dénoncé plus tôt le scandale de l’association « des enfants de zoé » plutôt que de faire un reportage accrocheur ou un publi-reportage comme cela a été le cas avec un « vrai » « journaliste » ??

    C’est tout simple,mais la base est ici,car dans cette affaire « des enfants de zoe » nous touchons au fond du problème entre le copinage des associations bizness et du copinages des « journalistes » pour des publi-reportages et des reportages de complaisances.

    Y a t-il des enveloppes de remerciements ???????


    • TTO TTO 5 novembre 2007 14:26

      Un peu court. Brauman avait déjà attiré l’attention sur les risques liés à l’approches de Kourchner et certaines ONG sur le Darfour.

      Le journalisme citoyen est souvent aussi défaillant sur le traitement des informations et sur la construction d’une réflexion.

      Je pense que la course à la collecte des infos est une impasse.

      Un site comme Contre-Info qui mêle différentes sources de réflexion me parait au moins aussi intéressant que Agoravox qui ne me parait pas exempte de « copinage ».

      A suivre...


    • fantomas 5 novembre 2007 14:35

      Ce qui est bien, c’est que la question mérite d’être posée.

      Une réponse me vient à l’esprit comme ça, « sans beaucoup de recul ».

      Un journalisme citoyen, oui s’il reste à sa place sans prendre la grosse tête.


      • philmouss philmouss 5 novembre 2007 15:08

        Intéressant cet article. ça me parait juste de dire que beaucoup de blogs citoyens se calent sur le modèle des médias traditionnels. D’ailleurs contre-info ne risque-t-il pas le même écueil si l’on considère qu’être contre c’est forcément se laisser fortement déterminer parce quoi l’on est contre. Un peu comme l’échelle, elle est contre le mur, mais essayez d’enlever le mur pour voir... Sans doute faudrait-il parler d’une autre info...

        Ok par contre avec la nécessité de produire de l’analyse et de construire du sens. Sans doute que ce travail réflexif demande de s’extraire des rythmes qu’imposent les formats médiatiques. Pour construire une réflexion, il faut du temps et comme le dit TTO, on pense mieux les problèmes collectivement. C’est un peu paradoxal, j’ai besoin de me retirer un peu de la frénésie ambiante pour penser mais pour penser j’ai quand même besoin de concepts forgés par d’autres. On y coupe pas et c’est pour ça que je ne vendrai pas toute pas bibliothèque sur Price-machin-chose. Par contre j’en vends une bonne partie parce qu’il y a vraiment des infos qui finissent par m’encombrer (et puis j’ai besoin d’argent pour réfléchir à mon rythme).

        Cultiver une subjectivité forte, proposer un autre regard sur les choses, et surtout sur celles qui nous paraissent habituellement indignes d’intérêt. Affirmer un point de vue en le croisant avec d’autres. S’affranchir des rythmes qui s’imposent comme des évidences. S’ouvrir au sensible, donc à l’émotion en la questionnant. Voilà quelques pistes que j’essaie de suivre comme blogueur d’info locale. Mais c’est pas facile d’ouvrir de nouvelles voies, surtout quand vient se poser la question de la rentabilité. Faut-il éduquer les médias ou s’éduquer aux médias ? Parfois ça me fait du bien de rester des jours sans vraiment rien dire et seulement proposer des photos ou des liens. Ce que je viens d’écrire me permet de formuler cette question : « Quand on a rien à dire, faut-il à tout prix dire quelque chose ? »


        • philmouss philmouss 5 novembre 2007 16:53

          Comme quoi une bonne analyse a toujours besoin de partir des faits d’observation. smiley


        • Satan's Tango Satan’s Tango 6 novembre 2007 02:45

          Le regretté André Ribaud l’ancien directeur du « Canard enchaîné » avait une phrase concernant le journalisme et l’information à propos desquels il disait : « Des faits, des faits, des faits, nom de Dieu ! »

          Et ma foi durant la période où il l’a dirigé le journal a atteint les sommets...du journalisme


        • TTO TTO 6 novembre 2007 11:59

          OK mais la culture du fait ne permet pas de couvrir l’ensemble du champ. Un exemple est donné par le Canard du 31 octobre avec un article de Jean-Luc Porquet sur ce qui nous attend en terme de nanotechnologies et médecine. Sur beaucoup de ce qui touche à la science et la technologie nos actions sont en avance sur nos modes de pensée. C’est ce que pointait Arendt dès 1958 dans La condition de l’Homme Moderne. A suivre...


        • RilaX RilaX 5 novembre 2007 15:25

          Je ne suis pas vraiment d’accord avec l’auteur ... De mon point de vue le journalisme citoyen ne se dirige pas vers l’impasse de la quête de l’info et du manque de réflexion.

          En effet, si l’on fait un petit retour en arrière, on s’aperçoit que certains billets reprennent les réflexions des internautes vus dans les commentaires d’autres billets.
          Certains billets répondent à d’autres, ce qui donne un échange et donc une réflexion accrue.
          Et pour finir les commentaires, bien que pas tous constructifs, permettent d’avoir les avis très variés d’un nombre relatifs de personnes ce qui permet encore une fois de se forger une opinion.

          Pour moi c’est surtout ça le journalisme citoyen : avoir le maximum d’infos et d’avis pour se forger sa propre opinion.

          De ce que je comprends de votre article la voie qui devrait être recherché serait celle d’une réflexion (commune) poussée qui aboutirait à la vérité qu’il faudrait accepter. J’ai peut être mal compris, mais pour ce genre de choses tout pré pensé, il y à déjà la presse.


          • TTO TTO 5 novembre 2007 17:37

            Surtout pas une vérité. Pas contre la pluralité des points de vue est indispensable. Mais cela suppose de s’intéresser aux sujets de fond et de les commenter avec le souci d’apporter quelque chose au débat et non d’exprimer son état émotionnel. Un exemple : l’article passionnant sur Hiroshima d’hier est gaché par un dialogue entre l’auteur et un contradicteur. Autre exemple : le recensement fait dans un commentaire ci-dessous sur la superficialité des sujets traités aujourd’hui sur Agoravox. Bien à vous.


          • Saï 5 novembre 2007 16:10

            Il y a une estimation intéressante à faire sur la bien-portance du concept de journalisme citoyen à l’aune des articles publiés ce lundi.

            Vingt-cinq au total à l’heure où j’écris ces lignes. La pseudo-polémique stérile sur l’allocution brève de Lagarde ce week-end occupe la tête d’affiche.

            Et sur ces vingt-cinq articles, six concernent directement Sarkozy ou son entourage immédiat.

            Pas un seul en revanche sur la situation hautement périlleuse au Pakistan dont l’évolution est une des clés de la géopolitique mondiale dans les proches années qui viennent.

            Ceci me paraît être un exemple tout à fait révélateur de l’état actuel du journalisme citoyen, qui vient signifier mon appui à la vision de l’auteur. smiley


            • philmouss philmouss 5 novembre 2007 16:54

              Comme quoi une bonne analyse a toujours besoin de partir des faits d’observation.smiley


            • TTO TTO 5 novembre 2007 17:50

              Analyse rapide mais pertinente. Merci.


            • farniente 5 novembre 2007 17:02

              Attention, « supprimer les votes., les commentaires »,

              à vouloir trop parfaire le site citoyen, il va au contraire détourner l’internaute qui cherche l’imparfait à son image.

              Dans un groupe de discussion, vous ne pouvez censurer le binocleux, le bégayeux, le timide, le bavard, le raffiné, le paillard dans sa pensée, au nom seul des idées.

              Enlever les trolls serait déjà un grand pas.

              Et accepter de partager le site en toute honnêteté en serait un autre.

              Autrement, quel oxygène que l’apprentissage de l’art de s’adapter........... !

              Pour combien de temps encore ?

              « Nous sommes de plus en plus incapables de penser »..........

              non, « empêchés » de penser ce que nous faisons.

              Instaurer la philo dès les classes de collège, et même avant, une urgence. Car la paresse passive installée est rude à corriger.


              • TTO TTO 5 novembre 2007 17:48

                D’accord sur l’oxygène. Par contre je maintiens que les principes de notation comme tout ce qui alimente une approche de type audimat pervertit le système. Il ne s’agit pas de chercher une perfection impossible mais de s’affranchir de la dictature du chiffre. Cent Papiers, Esprits Libres et dans un autre style Contre-Info et Arrêt sur Images me semblent, actuellement, mieux y parvenir.


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 5 novembre 2007 17:23

                J’approuve tout à fait votre position : j’ajoute qu’il me semble y avoir un lien entre l’hyper-information dont on nous soûle et donc on voudrait que nous soyons partie-prenante au nom du prétendu journalisme-citoyen et l’absence de réflexion citoyenne : trop d’information sans mise en perspective vide de son sens le désir de comprendre pour agir...au profit soit de l’indifférence apolitique soit de la vitupération impuissante, soit les deux, contre ce que l’on présente comme des mensonges ou des complots.


                • farniente 5 novembre 2007 18:02

                  mea culpa, aveugle déformation passionnelle, rançon de l’implication dans des groupes de pensée unique.

                  la vie au quotidien dans un même groupe de travail nous habitue très mal, nous focalisant sur une vision monocentrée.

                  Après le boulot, peu de temps pour le reste........

                  Heureux et méritant celui qui s’ouvre à la pensée citoyenne sur ses heures de repos.


                  • grantécrivin 5 novembre 2007 18:17

                    Il y a mem des journalist-du-citoyen-qui-veut-la-verite-contre-ceu-qui-la-cache qui fon des artic pour dire quizon rien à dire (cé là : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=31032) ? Non mé dis-donc ? Ou kon valà ? Panden ce tant il y a plain plain de journaliste-citoyen-qui-veut-la-verité-contre-ceu-qui-la-cache qui écrivent des bo artic bien comme y fo contre le SARKONAZY de l’élysé et qui son mem pas« mis en ligne ». Alors ? C’est pas qu’on marche sur la tete de l’ordinateur du « word-wide-web » peut-ete ?


                    • Harald 5 novembre 2007 18:34

                      Euh... vous vous trouvez amusant ?


                    • Harald 5 novembre 2007 18:42

                      L’auteur : Ce que je viens d’écrire me permet de formuler cette question : « Quand on a rien à dire, faut-il à tout prix dire quelque chose ? »

                      Posez-vous la question la prochaine fois que vous envisagez de publier un article.


                    • grantécrivin 5 novembre 2007 18:44

                      Cé pas amuzan cé sérieux et vou vou zetes un vilin poseur du docteur folamour,non ?


                    • grantécrivin 5 novembre 2007 18:46

                      Vouzavez unair trè bait dans l’ensemb et vos kestion sont trézoiseuses.


                    • farniente 6 novembre 2007 11:42

                      ça y est, ça dérape !


                    • farniente 5 novembre 2007 18:29

                      A bas les trolls !

                      Je voudrais discuter avec des gens sérieux comme M. VILLACH...


                      • farniente 5 novembre 2007 19:04

                        Monsieur TTO,

                        à l’image des meilleurs rédacteurs,

                        Vous posez les jalons de la liberté de conscience.

                        Merci.

                        Quels talents, ces rédacteurs ! Un seul homme n’y suffirait pas.


                        • philmouss philmouss 5 novembre 2007 19:20

                          Je reviens sur ce fil pour ajouter ça : Oui il faut plus d’analyse, oui il faut construire du sens. Mais ça ne se fait pas sans passer par du descriptif, du vécu, du témoignage. C’est là que les commentaires sont importants. Quelqu’un ne peut avoir que son expérience brute à proposer sur une problématique et c’est là que le blog est citoyen. Il permet à une parole de s’exprimer voire à des émotions de se libérer sur une question et en même temps le lecteur (que nous sommes tous à tour de rôle) s’approprient les analyses. quelqu’un disait ça plus haut et il a raison.

                          C’est dans ces aller retour entre expérience et analyse que le sens se crée. Il faut accepter cette part de désordre dans les blogs citoyens pour que ça marche. Par contre c’est effectivement de la responsabilité des rédacteurs de proposer des réflexions qui se tiennent un minimum.

                          Je crois pas que c’est taylorien la division rédacteurs, lecteurs, commentateurs, c’est dicté par l’activité des blogs, on peut pas tenir tous les rôles en même temps, par contre on peut très bien les tenir tous à divers moments. Il faut garder les commentaires, c’est effectivement cette possibilité de réagir rapidement qui crée le débat.


                          • farniente 5 novembre 2007 19:37

                            Ah, monsieur Phil Mouss,

                            Du côté des commentateurs, c’est exactement ça !

                            On voit que vous en êtes un authentique !

                            « L’expérience brute à proposer sur une problématique ......... », vous forgez les esprits.

                            D’où vous vient cette maîtrise, cette lucidité ?


                            • philmouss philmouss 5 novembre 2007 19:55

                              c’est difficile de répondre, franchement je ne saisis pas toute la subtilité de ce commentaire. J’ai écris 2 malheureux articles sur Agora Vox, j’y viens de temps en temps et je n’avais pas perçu à quel point la classification sociale s’y était instaurée. Un peu comme sur Wikipédia que j’ai fréquenté quelque temps. Oui, je forge les esprits, enfin j’essaie surtout de forger le mien quand j’y arrive. En fait je pense qu’on ne fait que ça, dès qu’on rentre en relation avec quelqu’un on rentre dans un jeu d’influence réciproques il me semble. C’est bien d’ailleurs que certains esprits s’opposent et résistent. ça crée de la friction , de la chaleur quoi, normal dans une forge. smiley En fait c’est vrai que c’est peut-être problématique cette « distinction » colorée sur Agora Vox.


                            • adeline 5 novembre 2007 20:28

                              Bonsoir Mr Philmouss j’ai parcouru vos anciens articles et je pense que vous devriez re-écrire vous semblez bien « HUMAIN » merci à vous et bravo


                            • philmouss philmouss 5 novembre 2007 22:39

                              bonsoir Adeline, merci pour ce compliment, ça me fait plaisir. En fait, je suis venu sur AgoraVox aujourd’hui pour y publier un article qui est en attente de validation mais vous pouvez le lire sur mon blog en suivant le lien dans ce commentaire.


                            • farniente 5 novembre 2007 21:17

                              @ Philmouss,

                              « ...on ne peut pas tenir tous les rôles en même temps, par contre, on peut très bien les tenir tous à divers moments. »

                              C’est là que les passions aveuglent la réflexion, ordinairement : les rivalités sociales cantonnent chacun dans un groupe très peu ouvert à la dialectique d’un autre groupe.

                              Il faudrait être un homme peu ordinaire, à votre image, pour s’extraire des groupes et se rendre accessible à la pensée vivante de chacun.

                              Cette fonction tient plus de l’alchimie que du rationnel ou du normal, au quotidien. Une pensée peu courante, dirons-nous, en tout cas très peu partagée : c’est cet écart là qui nous sépare, les millions de Français, de la réflexion citoyenne.

                              Un jeu de rôle où le talent individuel manque ( réflexion étouffée ), mais également la scène et d’autres participants.


                              • philmouss philmouss 5 novembre 2007 22:35

                                Farniente, je voulais parler des rôles qui se distribuent sur la scène des blogs. Franchement, là je pense qu’on peut en tenir plusieurs. C’est vrai que pour ce qui est de la « scène réelle », on crève du cloisonnement que nous nous laissons imposer. J’écoutais Charlélie Couture hier à la télé qui expliquait qu’il était parti vivre à New York à cause de ça.


                              • Céline Ertalif Céline Ertalif 5 novembre 2007 22:53

                                Je suis assez proche du point de vue de TTO.

                                Le terme de journalisme citoyen n’est peut être pas très bon, en tout cas il serait déjà plus juste à l’envers : citoyens d’abord et toujours, puis journalistes d’occasions.


                                • Manuel Atreide Manuel Atreide 5 novembre 2007 23:19

                                  @ l’auteur ...

                                  j’ai bien aimé votre papier, vous y développez un point de vue intéressant, construit, cohérent. Avec lequel je suis passablement en désaccord.

                                  Vous venez sur Agoravox et d’autres sites chercher quelque chose de différent des médias classiques. Mais ce que vous trouvez ici ne vous semble pas être de la bonne forme de journalisme citoyen, ou fait par des citoyens-journalistes pleinement pénétrés de leur rôle.

                                  Ce que vous cherchez, vous avez raison de le chercher. Votre définition est bonne. Pertinente. Voire même follement intéressante. Mais, et c’est là où je ne vous suis plus, elle n’est pas la seule.

                                  A coté des cafés littéraires, politiques, scientifiques et autres que visiblement vous cherchez, où la parole sera raisonnée, collective, de qualité, d’autres vont préférer les discussions de comptoirs au café du commerce. D’autres vont aimer ce qui a un aspect émotionnel, qui les prend au tripes ou les fait hurler de rage.

                                  Les médias citoyens sont le reflet de ces envies contradictoires ou complémentaires. Les papiers d’agoravox sont écrit par ceux là même qui les lisent. Si certains sujets ne sont pas - ou pas assez - traités, c’est aussi parce que personne ne se sent de taille à écrire dessus, ou que cela n’intéresse personne.

                                  Je ne comprends pas les gens qui râlent sur l’absence d’un sujet sur agoravox. Alors qu’il est si simple de prendre son clavier et de le rédiger, cet article tant désiré.

                                  Voila. J’ai aimé votre point de vue, je le trouve simplement réducteur à une seule facette de ce que sont les sites citoyens. Prennez les dans leur globalité. Avec ce que vous qualifierez de pepites et de bouzes. Car, c’est quand même d’abord et avant tout dans la diversité que se situent leur richesse et leur originalité.

                                  J’espère ne pas vous avoir heurté par mon petit commentaire très volontaire. En tout cas, votre point de vue à sa place dans la reflexion permanente qui se fait autour du concept. Une réflesxion là encore, diverse.

                                  Manuel Atréide


                                  • TTO TTO 5 novembre 2007 23:37

                                    Loin de me heurter votre point de vue m’intéresse et élargit ma vision. Par contre il serait peut-être nécessaire sur Agoravox de mieux distinguer ces différents besoins mais ma pratique est trop récente pour avoir saisi toutes les subtilités du site et de ses pratiquants. A suivre...


                                  • Saï 6 novembre 2007 11:17

                                    Bonjour Manuel,

                                    Votre commentaire est intéressant et me fait réagir, car je comprends votre point de vue, sans toutefois le partager.

                                    Vous développez votre point de vue sur le journalisme citoyen au travers de la diversité de l’information et aussi de sa transmission, via les nombreux « types » d’article qu’on peut lire sur le site, et en cela vous avez raison. Cette diversité est intéressante, précieuse et constitue l’un des attraits d’un tel média par rapport à d’autres moyens d’information plus classiques.

                                    Cela étant, Agoravox se définit lui-même comme étant une plate-forme de journalisme citoyen, au sens large du terme certes mais de journalisme quand même. Sans verser dans le scolaire, rappelons brièvement la définition de journalisme donnée en l’occurrence par wikipédia :

                                    « Le journalisme est l’activité qui consiste à collecter, rassembler, vérifier et commenter des faits pour les porter à l’attention du public à travers les média. »

                                    Je me permets d’insister sur cette définition, et principalement sur la notion de faits qu’elle comporte. Bien sûr on peut toujours débattre sur l’ajout du terme citoyen que la nature grand public d’une initiative comme AV lui a rajouté, en affiner notre perception au gré de notre ressenti, mon idée ici n’étant pas un débat de fond sur la définition première. Je livre donc seulement un point de vue qui est le mien.

                                    Or la notion de faits vérifiés et commentés semble être un aspect du journalisme bien peu pris en considération par nombre de rédacteurs du site. C’est leur droit me direz-vous, et je ne leur dénie pas. Seulement il convient alors de s’entendre sur ce que l’on appelle journalisme, et ce qu’on vient chercher sur un site dédié au journalisme citoyen. A mon sens, un billet d’humeur traduisant une opinion personnelle et émotionnelle, souvent basée sur une information imparfaite ou tronquée, ne constitue pas en soi œuvre de journalisme citoyen ou non, tout article qu’il devienne.

                                    Vous dites qu’on peut préférer les discussions de comptoir au café du commerce. Je ne m’en refuse pas non plus smiley Mais une discussion de comptoir reste une discussion de comptoir et un article journalistique un article journalistique, et sont deux choses bien distinctes. Si je conçois qu’un débat suite à un article tourne à la discussion de comptoir, il m’est moins évident que l’article qui lui sert de base relève lui-même déjà de la discussion de comptoir. Quand je lis une production digne d’un blog perso et publiée quand même, j’ai le sentiment d’être sur un blog perso, et non sur un espace de journalisme citoyen.

                                    Peut-être est-ce moi qui me fais une idée trop noble ou réductrice de ce que devrait être le journalisme citoyen, amateurisme et côté virtuel mis à part. Mais je garde dans l’idée que son côté à part ne le dispense pas de la nécessité de correspondre un minimum à sa définition première. Pour deux raisons.

                                    La première est la défiance de plus en plus marquée du public par rapport aux média classiques, qui joue un rôle important dans l’attrait d’un site comme Agoravox. A me lire vous devez sans doute vous dire que les journalistes dits professionnels ne font souvent pas preuve de davantage d’objectivité qu’une catégorie de publications locales que je critique, et vous aurez raison. Mais justement, là est à mes yeux l’intérêt premier d’un site comme Agoravox, et il me semble que c’est l’avis de bien des visiteurs : fournir une information alternative non filtrée et traitée par les influences politiques des rédactions. Or lorsque la « contre-information » (par rapport à d’autres média) devient une norme, ou lorsque un sujet publié ne reflète que l’humeur du jour d’un auteur en quête d’e-reconnaissance, il me semble qu’on s’éloigne de cet intérêt premier.

                                    La deuxième réside dans la notion de diversité que vous défendez, au nom d’une ouverture d’esprit que je partage. Cependant la diversité telle que vous semblez la présenter ne constitue pas à mes yeux la limite de cette ouverture d’esprit. On peut faire le choix d’une diversité absolue et sans filtre, mais si cela doit coûter une perte en qualité, alors ce choix mérite débat. Parce que c’est au travers de la qualité, des productions des rédacteurs en l’occurrence, que se développe l’ouverture d’esprit qui permet cette diversité.

                                    A ce titre, et c’est ce que fait l’auteur au travers de sa réflexion, il me semble qu’on peut légitimement s’interroger sur le traitement de cette diversité et les pistes d’amélioration qui en découlent. Si on se détache, en son nom, de la notion de journalisme citoyen au profit d’une autre correspondant plus à une plate-forme de blogging, peut-être n’est-on alors plus vraiment dans le journalisme citoyen. Et peut-être n’est-ce alors plus ce que viendraient chercher, à la base, les visiteurs du site.

                                    J’ai effectivement pointé du doigt l’absence d’article sur le Pakistan. Sans doute aurais-je pu en écrire un moi-même, certes, et c’est peut-être ce que je ferai si ce vide persiste. Mais ce que j’ai surtout voulu traduire, en prenant aussi l’exemple des six articles sur Sarkozy, c’est cette influence encore trop vivace du conditionnement des autres média sur les articles AV, alors qu’il est pourtant notoire qu’une majorité d’intervenants clame haut et fort son indépendance par rapport à ce conditionnement. Et ce simple constat conduit à ma réflexion ci-dessus à propos de la qualité dans la diversité, qui est finalement le fond de ce fil.

                                    Les gens parlent de ce qui les intéresse et ce site sert à ça. Mais quand il apparaît, à la lumière des sujets des articles, du nombre de commentaires sur ceux-ci et d’autres données du même genre, que malgré une ouverture d’esprit revendiquée et un besoin de traitement alternatif de l’information, « on » décide toujours pour eux de ce qui les intéresse, ça me laisse la désagréable impression que les choses ne sont pas tout à fait à leur place, une sorte d’illusion, peut-être, de se trouver dans un autre type d’information quand ça n’est pas vraiment le cas. Le fait de posséder un accès Internet et de pouvoir se connecter sur Agoravox suffit en lui-même à offrir un autre type d’expression, mais pas nécessairement d’information, et ce par absence de sélection. C’est en cela que ce débat prend tout son intérêt et méritait d’être soulevé.

                                    Et me fait me dire qu’une diversité qui prend davantage en compte la qualité ne nuirait en rien à l’ouverture et aux débats citoyens constructifs, bien au contraire.

                                    Cordialement


                                  • farniente 6 novembre 2007 18:14

                                    Rédiger un article ?

                                    Bien tentant, à vrai dire, mais la confiance dans la relation rédacteur lecteur est de mise car les réactions sont immédiates, et souvent dé-stabilisantes : le respect et l’estime réciproques sont des garde-fous à l’autocensure.

                                    Sinon, le média, même citoyen, risque de finir en scène de théâtre, maintenant le spectateur muet à l’écart d’un ( faux ) dialogue. Et là, on en revient à la presse traditionnelle.


                                  • farniente 5 novembre 2007 23:32

                                    @ Philmouss

                                    ça, j’avais compris, c’est pas compliqué du ci-boulot.....

                                    Je ne vois pas de quels autres rôles on pourrait parler ici...

                                    On voit par contre que la réalité du boulot hors théâtre vous est totalement étrangère.

                                    Ah, pour les artistes, le plus dangereux n’est pas de voler, mais d’atterrir ............

                                    Y en a même qui n’atterrissent jamais.


                                    • farniente 6 novembre 2007 09:55

                                      @ RILAX,

                                      Point n’est besoin de retour en arrière pour se rappeler les reprises de certains billets. Et il est appréciable de voir que ses idées sont devenues fécondes d’une pensée enrichie.

                                      Et non, la presse ne peut avoir cette immédiateté qui forge les idées, la spontanéité, seule, faisant avancer la réflexion : chaque objection, chaque précision jalonne la pensée qui se nourrit en retour sur elle même.

                                      D’ailleurs, si on en est réduit à cette sclérose de la pensée, c’est bien que la presse l’a aussi formée.


                                      • farniente 6 novembre 2007 14:57

                                        « La défiance par rapport aux médias classiques »...........

                                        Il est clair qu’avec Agoravox, nous voilà rassurés.......@

                                        @ ATREIDE,

                                        et pourrait-on aussi demander ici que certains articles soient rédigés par des experts de la plume ? Si on leur donnait le thème de l’article, le feraient-ils ?


                                        • yvesduc 6 novembre 2007 22:16

                                          Les sites d’information alternatifs récupèrent les déçus de l’information mainstream et ces déçus sont de plus en plus nombreux. Si vous vous étiez intéressé au Pic Pétrolier, à la controverse entourant les attentats du 11 septembre, aux élections truquées aux États-Unis, à la bulle immobilière, à la propagande entourant l’Iran et à d’autres sujets encore, vous auriez écrit un article complètement différent. Mais si vous restez dans la bulle mainstream, en effet vous ne voyez pas ce que l’information alternative vous apporte puisque vous ne la connaissez pas. C’est dans ce contenu alternatif que réside le vrai journalisme citoyen tel que je le conçois, terme impropre à strictement parler mais le résultat est là.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès