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Accueil du site > Actualités > Politique > Autisme : pour qui voter ?

Autisme : pour qui voter ?

Dans moins d’un mois aura lieu le premier tour des élections présidentielles. Parmi les enjeux de cette campagne figure l’autisme, grande cause nationale 2012 qui concerne directement 400000 personnes et leurs familles dans notre pays. La plupart des candidats ont observé un silence prudent au cours des polémiques qui ont suivi la diffusion des recommandations de bonnes pratiques de la HAS. D’autres, au contraire, prennent une position tranchée. Le Collectif Egalited a donc décidé d'étudier la position des candidats sur le sujet sensible qu'est le handicap, et en particulier l'autisme. 

Rappelons tout d’abord l'opposition virulente générant un débat fort entre une partie des pédopsychiatres français, attachés aux théories et pratiques psychanalytiques, et les associations de familles, qui en grande majorité les rejettent du fait de leur absence de résultats. Ce débat a abouti sur la place publique fin 2011, à l’occasion de la sortie du film « Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » (voir ici). Il s’est exacerbé lors de la parution de la version définitive des recommandations de la Haute Autorité de Santé pour la prise en charge, qui mettent l’approche psychanalytique hors jeu et recommandent les prises en charge éducatives cognitives et comportementales réclamées par les familles depuis des décennnies. Rappelons également la situation dramatique d’abandon de l’écrasante majorité des autistes, dont seulement 20% va à l’école (contre 80% dans d’autres pays comme l’Espagne, le Royaume Uni ou la Belgique) ; cette situation a fait l’objet d’un précédent article.

L’extrême gauche

Le programme de certains candidats révèlent une cruelle absence de toute prise en compte du handicap en général et de l'autisme en particulier, et de fait, de l'inclusion sociale nécessaire aux handicapés. Malheureusement, la France souffre d'un retard abyssal comparé aux autres pays développés. Ainsi aucune déclaration claire n’a pu être relevée chez Mr Cheminade (Solidarité et Progrès) ou Mme Arthaud (Lutte Ouvrière).

En revanche, Mr Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste) prend clairement fait et cause pour les pédopsychiatres psychanalystes du « collectif des 39 », qui refusent d’admettre le bien fondé des prises en charge éducatives et continuent de préconiser la prise en charge psychiatrique des autistes (voir par exemple ici). Mr Poutou va ainsi à l'encontre des recommandations de la Haute Autorité de Santé. Il semble donc qu’on ne puisse soutenir le NPA sans rejeter l’ABA ou le TEACCH pour son enfant.

 Les choses sont moins claires en ce qui concerne le Front de Gauche et Mr Mélenchon, qui est également soutenu par le Parti Communiste Français. En effet le PCF a pris également position pour soutenir les psychiatres psychanalystes, dans un billet paru dans l’Humanité. Cependant Mr Mélenchon a multiplié les déclarations contradictoires, tant avec celles du PCF qu’entre elles. Ainsi le 12 janvier, il déclarait : « Les enfants avec autisme doivent pouvoir être scolarisés dans de bonnes conditions, ce qui nécessite la présence de personnels formés pour que chaque enfant soit pris en charge de manière individualisée et adaptée. ». Puis le 26 janvier, il prenait position pour une « psychiatrie accueillante et non sécuritaire », dans un communiqué qui ne mentionne pas l’autisme mais qui dans ses grandes lignes abonde dans le sens du « collectif des 39 », sans clairement établir ce que recouvre par exemple la notion de « psychose », qui en France reste souvent un terme incluant à tort l’autisme sous toutes ses formes. Puis le 2 février, Mr Mélenchon se déclarait fermement pour la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire (voir ici). Il a également déclaré vouloir créer un vrai statut pour les AVS et diminuer le délai de traitement des dossiers dans les MDPH. Bref, si pour la scolarisation il va dans le bon sens, Mr Mélenchon ne prend pas clairement position au sujet de l’autisme et de sa prise en charge ; nous l’avons questionné à ce sujet et attendons impatiemment sa réponse.

Mme Joly (Europe Ecologie – Les Verts) a quant à elle a pris position (dans le sillage de l’UNAPEI) contre le projet de loi Fasquelle. En effet elle déclare : « Cette proposition de loi ignore l’approche plurielle des soins, dont l’accompagnement psychanalytique (…)L’approche pluri et transdisciplinaire permet un enrichissement mutuel, source d’avancée dans la recherche et l’enseignement. Les compétences multiples répondent à la complexité de l’autisme ».

Or la HAS a relevé l’absence de données scientifiques indiquant un quelconque apport positif de la psychanalyse, seule ou en complément des approches éducatives. On peut donc craindre que si Mme Joly arrivait au pouvoir, les recommandations de la HAS restent lettre morte.

Pour conclure ce tour d’horizon à la gauche du spectre politique, signalons un récent meeting du « collectif des 39 », organe officiel du parti psychanalytique, au cours duquel les anathèmes envers la HAS ont atteint leur paroxysme. Tous les partis de gauche (jusqu’au PS), et uniquement ceux-là, y étaient représentés. D’après le communiqué officiel, tous soutiennent les positions prises ce soir là (rejet complet des recommandations de prise en charge de la HAS et demande de sa dissolution !), à l’exception du Parti Socialiste, dont le représentant est resté plus prudent et circonspect. On peut donc dire sans risque que si l’on souhaite avant tout que les autistes bénéficient de prises en charges conformes aux recommandations de la HAS, c'est-à-dire à l’état des connaissances scientifiques actuelles, il semble difficile de voter pour les partis d’extrême gauche y compris écologiste.

L’extrême droite

 A l’autre extrême du spectre politique, le Front National a publié un programme concernant le handicap dans lequel l’autisme est mentionné un peu à la marge, sans doute suite aux interpellations associatives. On ne peut qu’applaudir à certaines propositions (« Favoriser l’accès à l’école et aux activités parascolaires pour les enfants handicapés, garantir la pérennité statutaire des auxiliaires de vie scolaire et leur formation »), mais le FN s’abstient cependant de prendre clairement position dans le débat de fond sur la prise en charge (« Lancer une réflexion avec les acteurs concernés pour une meilleure prise en compte et une meilleure prise en charge de l’autisme »).

Mr Dupont-Aignan (Debout La République) a quant à lui pris position de manière très claire en faveur des approches éducatives et contre l’approche psychanalytique. Il veut également favoriser la scolarisation des élèves handicapés en école ordinaire et revaloriser le statut des AVS. Il est dommage qu’il n’ait pas été suivi par d’autres candidats dotés de meilleurs pronostics électoraux.

L’UMP

Mr Nicolas Sarkozy, Président sortant et candidat UMP, n’a pas pris position publiquement au sujet de l’autisme et sa prise en charge malgré nos tentatives de prise de contact sur son site électoral. 

Cependant on peut noter ce courrier de Mr Copé au collectif « Soutenons le Mur » dans laquelle il prend position contre le packing et implicitement pour les recommandations de la HAS, ou encore cette déclaration publique de Mr Sarkozy pour une augmentation du nombre de postes d’AVS.

Cependant, nous nous trouvons devant une situation où les besoins sont reconnus, mais les décisions budgétaires vont à l'inverse de ces besoins, même s’il faut reconnaitre des initiatives allant dans le sens vivement souhaité des associations de familles. Par exemple le bilan du plan autisme de Mme Létard (sénateur UMP) accompagné des mesures qu’il préconise, ou la mise en chantier d’un nouveau plan autisme annoncée par Mr Fillon et Mme Bachelot, devant mettre en œuvre concrètement les recommandations de la HAS, ou encore le projet de loi du Député UMP Daniel Fasquelle visant à bannir la psychanalyse de la prise en charge de l’autisme.

Mais il est nécessaire de souligner que les mesures d’économies budgétaires décidées par le Gouvernement actuel sont la cause :

- de l’extrême difficulté des familles à obtenir des AVS (souvent sous-payées et non formées), et en nombre d'heures d'accompagnement le plus souvent très insuffisant

- de l’augmentation des effectifs des classes, ce qui n’aide pas à l’inclusion des élèves handicapés, la présence d'un tel élève demandant un travail supplémentaire à l'enseignant ; une classe trop chargée étant déjà une difficulté pour un élève ordinaire

- ou encore la baisse des budgets médico-sociaux empêchant de fait l’ouverture de structures adaptées ou la reconversion des structures existantes.

Le Parti Socialiste

 La position de Mr Hollande (Parti Socialiste), sur le sujet de l’éducation, est radicalement inverse, puisqu’il préconise d’augmenter les moyens alloués à l’Education Nationale, à l’inverse des décisions du gouvernement sortant. Ainsi il promet de recréer 60000 postes dont une partie sera dédiée à l’accompagnement des handicapés. Par ailleurs, l’équipe électorale de Mr Hollande a rendu publique une déclaration suite aux recommandations de bonnes pratiques de la HAS ; à notre connaissance il s’agit donc du seul candidat à avoir pris acte de ces recommandations. Monsieur Hollande reste fidèle à son image de personne mesurée : il prend acte. Cependant, s’il retient qu’elles préconisent une « approche personnalisée et diversifiée », il évite soigneusement de mentionner le fait que la psychanayse n’est pas recommandée, ni que les méthodes éducatives TEACCH et de l’ABA le sont.

Cette prise de position extrêmement distanciée voire frileuse, n’est pas pour rassurer les associations de familles. Pas plus que ne l’est la récente déclaration d’un représentant PS lors d’un meeting des psychanalystes du « collectif des 39 », admettant la nécessité d’une « réorganisation de la HAS »… La seule déclaration sans équivoque concerne le packing : le candidat considère que la HAS « met ainsi fin aux interrogations sur la pertinence de cette pratique ». Pour conclure, Mr Hollande souhaite « avant tout de permettre l'inclusion des personnes avec autisme : inclusion dans l'éducation, inclusion dans la vie active, y compris professionnelle en milieu ordinaire, des adultes avec autisme ». Notons en parallèle que Mr Hollande a eu l’occasion de visiter en Corrèze un établissement de la Fondation Jacques Chirac utilisant du TEACCH, et s’était déclaré favorablement impressionné lors de cette visite.

Nous en concluons que Mr Hollande a compris dans quelle direction il fallait aller pour aider les personnes autistes, tant en matière de prise en charge que de scolarisation et d’inclusion. Il est néanmoins obligé de composer avec ses amis politiques dont beaucoup, comme Mme Aubry, restent très attachés à la psychanalyse, dont les liens idéologiques avec la gauche sont assez forts (malgré quelques voix dissonantes comme le montre ce billet d’humeur). Ce qui explique l’envoi d’un représentant au meeting des « 39 ». Bref : dans la pespective d’une élection très risquée Mr Hollande évite de trancher, préférant ménager la chèvre et le chou aussi longtemps que possible.

Le Modem

Mr François Bayrou (MoDem), sollicité à plusieurs reprises depuis des mois par le collectif Egalited, comme les autres candidats, n’a pas répondu à nos interrogations. Dans ses déclarations publiques Mr Bayrou se dit favorable à « l’intégration des enfants handicapés en milieu scolaire ordinaire » mais s’abstient de prendre des engagements : de simples généralités sans calendrier clair, comme « cela mérite une réflexion et un soutien nouveau de la nation »… Une mesure proposée dans son programme pour l'éducation nationale incite à la prudence : « Les principales difficultés des élèves très jeunes sont psychoaffectives. Elles ne sont pas, pour la plupart du temps d’ordre pédagogique ou de l’ordre des capacités, comme on le dit. Les repérer tôt par une formation et un réseau adapté, c’est donner une chance de les résoudre soit au sein de l’école soit par l’intervention, plus souvent encore, de pédopsychiatres.  » Les parents d’enfants autistes, hyperactifs ou porteurs de troubles « dys » ne manqueront pas d’être interpellés par cette analyse, quand on sait que la prévalence totale de ces trois troubles est de l’ordre de 10% à 15% des enfants, et que encore aujourd’hui la plupart des pédopsychiatres restent persuadés à tort qu’ils sont précisément « psychoaffectifs ». 

Sa frilosité dans ses quelques déclarations sur le handicap et ses paroles rappelées ici, laissent donc craindre qu’avec lui également il est peu probable que la prise en charge de l’autisme progresse dans le sens préconisé par la Haute Autorité de Santé. Nous aurions donc apprécié des précisions de sa part mais à ce jour il n’a pas répondu à nos correspondances.

 

Que peut-on dire en conclusion, au sujet du programme des divers candidats dans le domaine de l’autisme ?

A l’extrême gauche, y compris les écologistes, les choses sont claires : on soutient sans complexes la psychatrie psychanalytique. On peut encore laisser un certain bénéfice du doute à Mr Mélenchon.

A l’extrême droite, le problème a été pris en compte plus ou moins dans le sens souhaité par les familles, mais le programme du FN notamment laisse transparaitre un manque d’approfondissement de la question qui peut laisser craindre une tentative de récupération.

Au centre, le peu d’indices laissés par Mr Bayrou laisse craindre une préférence également pour la psychatrie psychanalytique.

Les deux principaux candidats en présence, MM. Sarkozy et Hollande, sont plus dans une posture de soutien à la HAS et à ses recommandations, avec à l’UMP une adhésion sensiblement plus marquée qu’au PS, probablement en raison des liens idéologiques anciens qui lient la gauche à la psychanalyse, mais côté PS une volonté de remettre plus de moyens pour la scolarisation. Pour caricaturer le débat, les familles devront-elles choisir entre avoir une bonne prise en charge pour leur enfant, ou avoir une AVS à l’école ?

Pour conclure, on constate que la question de la prise en charge éducative de l'autisme est pour le moment surtout prise en compte par l’UMP. Il est bien connu que les idées psychanalytiques sont assez répandues dans les cercles politiques dits "de gauche", ce qui explique la prudence du PS et les prises de positions radicalement pro-psychanalyse de l’extrême gauche. Mais les autistes n'ont que faire des querelles politiciennes et idéologiques. Les autistes et leurs familles ont avant tout besoin d'une prise en charge adaptée, qui a prouvé son efficacité, et tant pis si cela n'est pas du goût de certains cénacles philosophiques ou intellectuels. Les méthodes utiles et efficaces pour aider et faire progresser nos enfants ne sont ni de droite ni de gauche ; on voit qu’en ce moment le « collectif des 39 » tente de prendre en otage la gauche française, cette manœuvre dangereuse doit être évitée par le PS s’il souhaite éviter de s’aliéner les familles.


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28 réactions à cet article    


  • carine 30 mars 2012 10:08

    La vidéo sur laquelle ils devraient réagir :  http://www.youtube.com/watch?v=l1lTNPn8CIg&list=PL2C1CB2943B99EAF5&index=1&feature=plpp_video !!! C’est un appel à être plus clair !! 


    • Al West 30 mars 2012 10:24

      Par pitié, ne votez pas pour l’UMP ou le PS dont on sait que ça fait plus de 30 ans qu’ils n’en ont rien à faire de la santé des Français. Votez pour ceux qui semblent être en mesure de laisser ces polémiques se développer. Je rêve du jour où un candidat à la présidence dira obliger des laboratoires à faire des études à propos de l’impact des métaux lourds et de l’alimentation sur toutes les maladies. Parce que l’autisme se soigne aussi comme ça. Mais comme je le dis, je rêve...


      • gaijin gaijin 30 mars 2012 11:16

        et puis surtout question autisme il il est au top le sarkoléon


        • Patricia 1er avril 2012 05:13

          Croyez-vous que Sarko soit le seul ? 


          Si l’autisme reste encore un mystère la forme dont est affublée nos politiques n’est pas méconnue et engendre des générations de responsables politiques contaminées et pour cause, éternellement ils, elles, se passent le flambeau - copains, copines, fils de, filles de..........

          Comment font-ils pour s’exprimer sur cette question alors que les seuls contacts que nos politiques ont sont restreints à leur cercle très fermé avec toujours les mêmes personnes, et en plus ils n’y connaissent rien à cette pathologie pas plus qu’à la réalité des gens, chaque jour, dans une vie dont ils ignorent tout même si leurs discours semblent nous faire croire le contraire.



        • marianne 30 mars 2012 12:59

          Merci pour cet article qui permet de faire un tour d’horizon des candidats sur le sujet de l’autisme. Car pour être plus terre à terre, la rentrée scolaire prochaine est ce qui existe de plus angoissant pour nous parents.
          Merci au Collectif EgaliTED d’interpeller aussi les candidats qui j’espère répondront aux questions concrètes de la scolarisation et du financement des prises en charge.
          Serait ce possible de nous faire part des réponses, si elles arrivent ?


          • olivier 30 mars 2012 14:10

            tres bonne analyse du collectif Egalited, pour le parents d’enfant autiste, ça va etre difficile de voter à gauche


            • kemilein 30 mars 2012 15:19

              vous confondez psychiatre et psychanalyste partant de là vous avez fait des erreurs monumentales


              • marianne 30 mars 2012 17:58

                Non, EgaliTED et les parents d’enfants autistes ne confondent rien du tout justement. Ce qui est choquant que qu’en France psychanalyse soit systématiquement confondue avec psychiatrie. Partant de là, la politique de la santé, du handicap et de l’éducation engendrent non pas des erreurs mais des scandales. D’où cet article où nous nous y retrouvons très bien.
                Merci à nouveau EgaliTED de permettre d’y voir plus clair.


              • ecophonie ecophonie 30 mars 2012 16:26

                Vous comptez vraiment positionner votre vote en fonction de qui soutient l’approche psychanalytique ou non ?
                Au final, vous allez vers l’UMP, c’est dingue, l’UMP n’a pas encore de programme mais vous arrivez à lui en faire un.


                • guitoune guitoune 30 mars 2012 17:56

                  merci egalited pour ce débroussaillage ... et non ecophonie, ce texte n’amène pas à voter ump, il éclaire sur le positionnement des candidats sur ce sujet, rien de plus ..


                  • bourrak 30 mars 2012 18:30

                    Votez pour celui ou celle qui choisira le meilleur ministre de la santé.


                    • chantecler chantecler 30 mars 2012 19:26

                      Manchots, myopes , bronchitiques , parkinsoniens : pour qui voter ?


                      • Corinne Colas Corinne 30 mars 2012 19:28

                         »Le Collectif Egalited a donc décidé d’étudier la position des candidats sur le sujet sensible qu’est le handicap, et en particulier l’autisme.">span> 

                         

                        Les candidats à moins d’être concernés au premier chef, ne connaissent rien aux  troubles du spectre autistique, tout comme la société en général, plus préoccupée par le prix du pain ou de l’essence à la pompe. Il est donc assez banal de constater que nos « professionnels es politique », soit esquivent le sujet pour les plus sournois, soit s’emmêlent les pinceaux et disent des énormités pour les plus naïfs (voir la position d’Eva Joly relative à la proposition courageuse du député Fasquelle). 

                          

                        Mais soyons réalistes concernant tous ces partis ! Que feront-ils les uns ou les autres, une fois au pouvoir ? Ils s’en remettront aux « experts ». En l’occurrence, ceux-ci ont tranché, n’est-ce pas ! Ils en ont plein la bouche de « l’Europe », et bien même au niveau européen, c’est très clair donc arrêtons de nous faire peur... Ce n’est plus l’heure de discuter du « pour ou contre la psychanalyse » dans la prise en charge de l’autisme et autres TED. Sur le plan international, l’expertise a eu lieu, il y a longtemps déjà. En France, désormais, c’est fait avec le timide rapport de la HAS. On sait ce que sont les « bonnes pratiques » et ce qui va à l’encontre des recommandations, doit être sanctionné par un recours en justice, basta ! 

                        De fait, cet article n’apporte rien sur le fond réel du problème : la place qui sera accordée demain à la personne handicapée dans notre société.

                        C’est sans doute ce qui conditionne la notion de « bonne prise en charge ». Pour preuve, la position très particulière d’un mouvement outre-Atlantique qui lutte avec humour pour la reconnaissance de ceux qui ne sont pas des « neurotypiques », doux euphémisme pour qualifier les personnes TED qui refusent d’être considérées comme anormales. Il est vrai que ces enfants et adultes, n’ont pas seulement besoin de telle ou telle méthode estampillée « TED ». On doit aussi les accepter tels quels et apprendre à faire avec... Leur différence, est en effet une richesse. Les différences éducatives sont une richesse. La normalité est une plaie de notre société moderne. La pire chose faite par l’UMP, c’est bien le durcissement de la loi à l’égard des familles qui ont décidé de se passer des services de l’Education nationale pour assumer elles-mêmes jusqu’au bout, leurs responsabilités éducatives en pratiquant l’instruction hors les murs gris de l’école. Combien de celles-ci ont compris que c’était la seule voie de salut pour leur enfant handicapé ? Combien de ces familles n’en en ont strictement rien à battre « du pour ou contre les psychanalystes »... après tout, il appartient aux parents d’être vigilants et de refuser les prises en charge inadéquates. Ils ont des droits et des devoirs qu’ils font le choix d’assumer ou pas. 

                         En fait, de quelle vision du handicap, les candidats sont-ils porteurs ? Au-delà des recommandations de la HAAS, qui seront appliquées de toute façon,  au-delà des moyens financiers promis ou non par les uns et les autres, il s’agit de vérifier un peu ce que pensent ces hommes et ces femmes à propos du handicap car ils sont censés donner le tempo à notre société. Force est de constater que l’on tombe toujours dans les mêmes travers consensuels, les mêmes propositions convenues.

                         

                        Est-ce que ce papier est un vrai tour d’horizon des propositions électorales ?

                         

                        L’article démarre avec Jacques Cheminade. 

                        Ne serait-ce que pour ce candidat, il suffit d’aller faire un tour sur son site pour constater que sa prise de position est pourtant sans ambiguïté :

                        http://www.cheminade2012.fr/Le-handicap-une-chance-pour-la-civilisation_00464

                         Je n’en fais pas spécialement la promotion car en même temps, celui-ci vante les bienfaits du nucléaire (les enfants japonais le remercient), il doit avoir des actions chez Tepco ! Pour autant, sa « vision » du handicap est plutôt porteuse d’espérance. Je prends cet exemple juste pour dire qu’il faut donc se méfier du côté réducteur du titre :

                        « Autisme : pour qui voter ?  »

                         En bref, si de façon générale, j’adhère à la démarche d’Egalited quant au packing et autres joyeusetés,  je suis là, consternée par un article au ras des pâquerettes qui sous couvert d’un faux tour d’horizon des promesses électorales, semble bien faire la part belle à l’UMP tout en restant très vague sur les affirmations des uns et des autres y compris celles faites par le parti  dont il est fait ici l’éloge. 

                         

                        Extrait :

                         » Pour conclure, on constate que la question de la prise en charge éducative de l’autisme est pour le moment surtout prise en compte par l’UMP." 

                         

                        Quelle naïveté ! Leur grand Bâtonnier nous a assez prouvé que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Laisser penser que voter pour Sarkosy changera la prise en charge des troubles du spectre autistique, c’est une menterie. Si c’est possible demain, pourquoi cela ne l’est pas aujourd’hui... ! 

                         

                        L’UMP a bien eu tout le temps nécessaire pour nous prouver son indifférence vis à vis du handicap en général et des TED en particulier. 

                         

                        Encore une louche :

                        (extrait) "Les deux principaux candidats en présence, MM. Sarkozy et Hollande, sont plus dans une posture de soutien à la HAS et à ses recommandations, avec à l’UMP une adhésion sensiblement plus marquée qu’au PS, probablement en raison des liens idéologiques anciens qui lient la gauche à la psychanalyse, mais côté PS une volonté de remettre plus de moyens pour la scolarisation. Pour caricaturer le débat, les familles devront-elles choisir entre avoir une bonne prise en charge pour leur enfant, ou avoir une AVS à l’école ?"

                         

                        En bref, une « bonne prise en charge » = la droite, une AVS = la gauche ! 


                        A vous lire EgaliTED, on a une pensée émue pour le député Fasquelle et sa proposition de loi (qui n’est pas et ne sera pas votée) mais la « reconnaissance du ventre » ne peut empêcher le cerveau de réfléchir… si en plus, on a de la mémoire, on se met à désespérer et à se dire comme Pandy que les dés sont pipés dans tous les cas de figure.


                         

                         




                        • EgaliTED EgaliTED 30 mars 2012 20:56

                          Cet article a été rédigé puis amendé et relu par plusieurs membres du collectif Egalited, de toutes sensibilités politiques. Nous l’avons voulu exhaustif et le plus objectif possible afin de s’en tenir à notre ligne directrice de travailler dans l’intéret des autistes, de façon apolitique. A l’arrivée, nous ne prétendons pas avoir réussi un article parfait. Nous vous remercions donc de votre éclairage complémentaire qui sera certainement utile à certains, en tout cas plus que les insultes anti-handicapés d’un certain troll qui sévit ici.


                          Chacun peut par ailleurs vérifier tous les propos que nous avons faits figurer dans cet article, les liens ont été mis pour cela. Par exemple, la présence des représentants de tous les candidats d’extrême gauche au meeting du collectif des 39, qui nous le rappelons prétend nos enfants atteints de « folie » nécessitant sans délai une hospitalisation en pédopsychiatrie, est une réalité. Leur soutien affiché à ce collectif, également. Chacun en tirera les conclusions qu’il voudra au moment de mettre son bulletin dans l’urne. Nous aurons joué notre rôle en apportant à tout un chacun cette information qui sinon serait restée plutôt confidentielle.

                        • pluméo 31 mars 2012 01:44

                          Très bonne contribution corrine , l’article d’égalited n’est effectivement pas trés bon et ne sers à rien en tant que tel mais il permet au moins d’ouvrir une tribune ou des personnes de qualités comme vous viennent s’exprimer et vraiment faire avancer le débat . 


                        • Capautisme 30 mars 2012 20:22

                          Corinne, soit vous avez lu l’article en diagonale, soit vous le dénaturez sciemment !! Nulle part il n’est dit que la droite est la plus favorable à une bonne prise en charge de l’autisme ; il est même précisé que le candidat de l’UMP n’a pas répondu aux interrogations d’Egalited !
                          Je trouve que c’est un bon panorama des positions des candidats en lice, très utile pour les parents d’autistes qui n’arrivent pas à fixer leur choix et en aucun cas une invite déguisée à voter à droite, n’en déplaise aux esprits suspicieux !
                          Merci au Collectif Egalited pour cette bonne synthèse.


                          • Corinne Colas Corinne 31 mars 2012 14:21

                            Ne me prêtez de la mauvaise foi, svp ! Vous avez le droit de penser que cet article est « très utile pour les parents d’autistes etc. », j’ai le droit de penser qu’il est malvenu, et de le dire sans que cela fasse monter la température. Cependant, merci de m’attribuer un esprit suspicieux… car les bêtes suspicieuses qui lèvent la tête pour surveiller les alentours tandis qu’elles broutent, sont une chance pour le troupeau puisqu’elles donnent l’alerte en cas de prédateur.

                            A part ça, comme vous le soulignez, il est bien écrit que le candidat de l’UMP n’a pas répondu aux interrogations d’Egalited. 

                            Je cite :

                            « L’UMP

                            Mr Nicolas Sarkozy, Président sortant et candidat UMP, n’a pas pris position publiquement au sujet de l’autisme et sa prise en charge malgré nos tentatives de prise de contact sur son site électoral. » 

                            Dans le même temps, est mise en lien la lettre de Mr Copé pour démontrer néanmoins la prise de position de l’UMP concernant la "grande cause  nationale » qu’est l’autisme grâce au « label décerné en décembre 2010 » selon ses propres termes. On connaissait le label rouge, on sait qu’il existe aussi le label : « grande cause nationale »… les autistes sont donc « labélisées » comme les poulets élevés en plein air. La formule est bonne puisqu’en effet, ils sont dans la nature, livrés à eux-mêmes. Pardonnez cette digression mais mon esprit suspicieux et surtout narquois, n’en rate pas une. Quant à sa lettre, Mr Copé pourrait l’avaler sous mes yeux afin de me prouver sa bonne foi, que je ne croirais pas pour autant à son intérêt pour les TED.

                            Bref, que l’article ait été écrit dans le but louable de nous éclairer, personne n’en doute mais le résultat paraît plutôt partial à mon sens, voire même assez candide.

                            Ce n’est pas une lecture en diagonale que de s’attarder sur ses conclusions. On peut mettre un joli emballage tout autour, c’est le cadeau à l’intérieur qui compte. En l’espèce, il y a un joli habillage pour arriver à, je cite encore :

                            "Que peut-on dire en conclusion, au sujet du programme des divers candidats dans le domaine de l’autisme ?

                            ........Les deux principaux candidats en présence, MM. Sarkozy et Hollande, sont plus dans une posture de soutien à la HAS et à ses recommandations, avec à l’UMP une adhésion sensiblement plus marquée qu’au PS, probablement en raison des liens idéologiques anciens qui lient la gauche à la psychanalyse, mais côté PS une volonté de remettre plus de moyens pour la scolarisation. Pour caricaturer le débat, les familles devront-elles choisir entre avoir une bonne prise en charge pour leur enfant, ou avoir une AVS à l’école ?"

                            Tandis que le deuxième propose une AVS, le premier semble bien offrir « une bonne prise en charge ». C’est écrit noir sur blanc, pas besoin d’avoir un esprit suspicieux pour le lire.

                            Et comme deux conclusions valent mieux qu’une, on nous répète, je cite :

                            "Pour conclure, on constate que la question de la prise en charge éducative de l’autisme est pour le moment surtout prise en compte par l’UMP."

                            Le sujet étant défini par le titre : « Autisme : pour qui voter ? », la conclusion faite par EgaliTED étant que la « bonne prise en charge » est plutôt proposée par l’UMP, il n’y a rien d’infâmant à constater que la balance penche plutôt vers le parti de Mr Sarközy de Nagy- Bocsa.

                            Toutefois,  pas mal de gens sont malheureusement arrivés à d’autres conclusions.

                            En effet, année après année, l’ « autisme » reste toujours une « grande cause ». Pourtant, quand il a fallu acheter des millions de vaccins pour une fausse pandémie, Mme Bachelot a démontré son efficacité et les sous ont bien été trouvés.

                            Désolée de réécrire à peu près ce que j’ai dit dans mon premier commentaire  : si le gouvernement était réellement contre la psychanalyse et le packing dans la prise en charge de l’autisme, tout ce débat stérile sur "pour ou contre« , n’aurait pas eu lieu et le film : »Le Mur" n’aurait pas été interdit. Le problème aurait été réglé depuis longtemps. 

                            En cette période électorale, après le plan Alzheimer, les divers plans autisme etc., on veut nous faire croire encore que l’on va raser gratis. 

                            Comme d’habitude, la droite promet tout sans que cela l’engage après coup sauf auprès des puissants. 

                            Quant aux prises de position des partis censés incarner l’alternance et encore en lice, les liens proposés par EgaliTED, ne contredisent pas mon opinion au contraire. On remarque la méconnaissance des candidats sur le sujet. Pour entrer dans les détails, le candidat Cheminade dont il est fait état au début de l’article, est peut être le plus présent mais sa défense du nucléaire peut en rebuter plus d’un(e) dont moi-même. Néanmoins, voir ses réponses à l’UNAPEI :

                             http://2012.unapei.org/les-candidats-s-engagent/article/jacques-cheminade

                            Mais de façon générale, le sujet des TED n’est effectivement pas porteur. On peut lire partout les mêmes propos convenus sur le handicap. L’exemple extrême, c’est sans doute sur le site du candidat Poutou : la page consacrée au « maintien de pratiques humanistes et diverses auprès des enfants » (c-à-d « les interventions fondées sur les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle ») en opposition à " la volonté de standardiser les soins psychiques, en réduisant ceux-ci à une normalisation des comportements de la personne souffrante » (sic). C’est déjà une caricature en soi, digne de figurer dans « Idiocracy ». Le pire, c’est que ces gens là, sont pour la plupart sincères contrairement à d’autres qui nous jurent la main sur le cœur qu’ils vont enfin entreprendre le chantier  qu’ils n’ont pas eu le temps de faire pendant toutes les années où ils étaient au pouvoir.

                            Bref, non seulement, je n’ai pas lu l’article en diagonale mais en tant qu’électrice soucieuse de ne pas gaspiller ma maigre petite « voix », j’ai pris la peine de consulter tous les liens proposés par EgaliTED, mieux comme beaucoup, je prends soin de m’informer régulièrement depuis des années. C’est ce qui me conduit à penser qu’il n’y en a pas un pour rattraper l’autre et que je ne suis pas la seule à conclure que ma carte d’électeur ne sert à rien. Mon vote sera finalement « utile », sans plus. Lucide concernant mon choix (mon défaut de choix) d’un candidat, je ne ferai pas intervenir la question du « pour ou contre la psychanalyse » car sinon, j’irai à la plage au lieu d’aller déposer mon bulletin. Bien que concernée au premier chef par la position des candidats sur le handicap, permettez-moi de ne pas adhérer à une analyse des partis faite sous ce seul angle.

                            Pour continuer sur l’article :

                            je passe le discours sur le grand méchant loup qu’est le Collectif 39 en train de prendre en otage la gauche, et surtout l’extrême-gauche (ouf, l’extrême-droite est moins contaminée selon EgaliTED) je persiste à penser que la psychanalyse a prospéré et sous la gauche et sous la droite, n’en déplaise à certains. Elle continuera demain si les parents croient qu’ils n’ont que le pouvoir de dénoncer son inefficacité à propos des TED. Ceux qui délèguent à d’autres le soin de s’occuper de leur enfant dès lors qu’il est handicapé, savent exactement ce qu’il en est aujourd’hui. Plus personne ne peut dire : "ah, on ne savait pas, on nous a envoyé ici, on nous a envoyé là et notre enfant a subi ceci ou cela » etc. Il n’y a pas les méchants d’un côté, les gentils de l’autre. La position de l’UNAPEI en témoigne, on trouve des crabes partout. Et si la situation semble compliquée... ce n’en qu’en apparence seulement car à moins d’être déchues de leurs droits parentaux (seul un tribunal est compétent), les familles ont en réalité un pouvoir immense : celui de faire le choix de refuser une prise en charge qu’elles jugent inadéquate. N’oublions pas que la France a été condamnée au niveau international sur le sujet. Que les parents  n’aillent plus consulter un psychiatre membre des sociétés psychanalytiques s’ils jugent que cela ne sert à rien, ils n’ont pas le couteau sous la gorge. Il suffit de se renseigner sur la liste des membres de telle ou telle association professionnelle pour savoir à l’avance quelle sera la teneur de la prise en charge proposée par Mr ou Mme Machin du cabinet privé x, du CAMPS y ou du CMP z, voire de l’hosto du coin. Faute de clients, ce petit commerce fructueux cessera de lui-même. 

                            Quant au packing, désolée encore de remuer le couteau dans la plaie mais les familles qui acceptent que leur enfant soit pris en charge dans le service du Prof Delion par exemple (pour nommer le plus célèbre protagoniste d’une longue polémique), elles savent parfaitement ce que cela signifie. Je le répète : il n’y a pas des méchants d’un côté, des gentils de l’autre. Les parents ont le devoir de se renseigner. Quels sont ceux qui ont soumis leur enfant à ce fameux soi-disant « protocole expérimental » et qui s’en plaignent ? Que les uns et les autres, prennent leurs responsabilités. Ceux qui ne souhaitent pas ce genre de prise en charge, peuvent passer leur chemin. Ceux qui pensent que certaines méthodes éducatives ne sont pas assez développées, peuvent se regrouper et fonder des écoles alternatives. Ceux qui pensent que l’UNAPEI est une traîtresse, n’ont qu’à déchirer leur carte d’adhésion etc. etc. « Yes, we can » comme dirait l’autre… 

                            « EgaliTED », « Léa pour Samy » et d’autres encore, prouvent que le vent à tourner. Bien des professionnels ont du mal à accepter ce nouveau type d’association en France. Ils veulent disqualifier leur expertise en les traitant d’extrémistes, car ils ne sont pas habitués à rendre des comptes sur leurs pratiques. Le handicap est un bon business. Nombre de tiques prolifèrent sur le dos des personnes atteintes de TED ou de troubles des apprentissages. Les parents ont la responsabilité de faire le tri entre les bons et les mauvais professionnels. Cela nécessite un travail supplémentaire, parfois la reprise d’études mais le sacrifice n’est rien comparé au bénéfice qu’en retirera l’enfant.

                            L’on voit donc que le thème "pour ou contre la psychanalyse, le packing" et tutti quanti, peut vite devenir un faux débat en France faute de clients potentiels si la majorité des parents va dans le sens de l’Histoire. Nul besoin d’attendre le sauveur potentiel issu de tel ou tel parti politique. Pour cette raison, je souscris totalement au commentaire de Melara.

                            Et merci Pluméo... 


                            Corinne

                             

                            P.S

                            Grâce au projet d’une loi qui n’avait de toute façon, dès le départ, aucune chance d’être votée, Chantal Allier, représentante du Collectif 39, s’est fendue le mois dernier, d’une belle lettre ouverte auprès de la présidence du Sénat afin de faire le buzz comme on dit. L’occasion de brasser de l’air, était trop belle. A leurs yeux, ce sont « les principes mêmes de la démocratie » qui ont été mis en danger par le projet du député Fasquelle. La psychanalyse étant en  situation de monopole concernant la prise en charge de l’autisme, c’est un peu fort de café mais sur le fond, Mme Allier n’a pas tort. Et si les familles « anti » utilisaient enfin ces mêmes arguties pour défendre leur position. Dans une démocratie digne de ce nom,  les parents ont la possibilité de décider de ne pas conduire leur enfant chez un professionnel d’obédience psychanalytique. Il ne s’agit pas seulement des psychanalystes d’ailleurs, bien d’autres aiment jouer au petit Freud ou au petit Lacan. De l’infirmière au psychologue en passant par l’orthophoniste etc. tout le monde en France sait jouer de ce pipeau y compris des médecins, psychiatres ou pas, quand ils sont en échec… de là, vient peut être la mauvaise presse faite aux psychanalystes, les « vrais » étant  victimes des charlatans qui pullulent.  En tout cas, le  concept de la psychanalyse étant voué à l’échec dans le cas précis des TED (cela a été assez prouvé), les familles françaises n’ont donc plus à craindre des représailles quelconques si elles refusent le diktat des « experts ».

                             


                          • olivier 1er avril 2012 07:56

                            Corinne,


                            J’apprecie votre reflexion, meme si je partage l’analyse du contaxte fait par Egalited, par contre, il y a quand meme 2 bémols a mettre a vos propos :
                            - Les parents qui débarquent la 1ere fois avec un gamin dans un CAMSP ou un CMP font confiance a la blouse blanche et ne savent pas du tout ou ils mettent les pieds, en HDJ, c’est encore pire, il ne savent pas que c’est un hopital psychiatrique pour enfant avec tous les droits que cela confère au psychiatre.

                            - Vous parlez de liberté de choix de pratique pour son enfant, celle-ci s’arrete au financement, quand on veut faire une bonne prise en charge, c’est 2000 euros par mois, et le manque de pro fait que c’est en libéral, non remboursé, avec un MDPH qui verse une AEEH a 600 euros alors qu’un des parents a souvent été contraint d’abandonné tout travail et tout espoir d’en avoir un.

                            Donc, effectivement, les choix politiques sont important


                          • Corinne Colas Corinne 2 avril 2012 11:20

                            Bonjour Olivier,

                             

                            Vous écrivez : « … Donc, effectivement, les choix politiques sont importants ». Vous avez l’air de croire que je pense le contraire. Je ne vais pas tout reprendre de ce que j’ai écrit mais manifestement, je me suis mal exprimée puisque ce n’est pas compris. Un sentiment d’impuissance n’empêche pas de croire à la valeur des choix politiques. Au contraire, il est encore plus douloureux de s’apercevoir que son vote est vain… (il y a bien une solution intéressante : la proposition d’Etienne Chouard mais tant que les gens n’auront pour seule préoccupation que de se rendre en masse chez Orange ou SFR pour s’acheter le dernier doudou à la mode, cela paraîtra farfelu)

                             

                            Pour aller au plus radical : tout le monde a bien conscience que les choix politiques sont importants mais ce n’est pas parce qu’on nous fait une promesse que celle-ci va se transformer en choix politique une fois l’élection effective - à moins d’une décision prise au niveau européen des années avant, obligation à appliquer absolument et que l’on fait mine de faire sienne devant le peuple- c’est même plutôt le contraire. Ainsi pour le gouvernement actuel, les promesses n’ont pas été tenues, en revanche, bien des choses qui n’avaient pas été demandées, ont été mises en place. Ex, la retraite qui ne devait pas être touchée. Cependant, je ne fais pas l’erreur de croire qu’avec un autre parti, il en aurait été autrement puisque c’était dans les cartons de l’U.E dès 2005.

                             

                             Par conséquent, on peut dire qu’il y a ceux qui croient toujours aux promesses électorales et ceux qui n’y croient plus depuis un moment déjà. Le deuxième groupe peut encore être scindé en deux : ceux qui du coup, n’iront pas voter et ceux qui iront voter néanmoins. Ces derniers ne s’arrêteront donc pas à quelques effets d’annonce, ils chercheront (sans illusion) à privilégier une certaine approche. Melara a très bien résumé la situation : « vaudrait mieux avoir comme interlocuteurs des gens disposés au dialogue, même s’ils partent sur une conception du problème différente de la vôtre que des personnes qui pourraient vous dire "nous sommes d’accord avec vous, mais la conjoncture nous oblige à faire des choix draconiens et donc à faire le minimum pour cette question, quel que soit notre opinion sur le sujet."

                             

                            Et tout ceci n’empêchera pas la gueule de bois de toute façon, les « bonnes idées » ayant toujours tendance à se transformer en désavantages pour ceux auxquels, elles sont censées être bénéfiques. 

                            Je pense ainsi au fameux « travailler plus pour gagner plus » devenu « …gagner moins » mais aussi en vrac, au travail de nuit pour les femmes sous prétexte d’égalité des sexes ou le critère « chômage de longue durée » et non « expérience spécifique requise » pour le recrutement des AVS démontrant l’hypocrisie de nos gouvernants.

                            Toutefois, je comprends la démarche d’EgaliTED qui a pour but de mettre la pression sur les candidats, le collectif est dans son rôle. Sur le fond, il a raison de récuser le packing et de défendre des méthodes reconnues efficaces pour certains des TSA. Selon moi, dans sa façon d’analyser le problème, il a pourtant été maladroit mais d’autres ont le droit de penser l’article intéressant…

                            J’ai trouvé les conclusions tendancieuses, avec un postulat de départ erroné. En l’espèce, il s’agit de donner sa voix en fonction d’une promesse qui ne coûte rien car il ne s’agit plus ici d’un possible choix politique pour le futur gouvernement mais bien d’une obligation afin de se mettre en conformité. Plus rien n’empêchera la diffusion des méthodes d’apprentissage TEACH ou ABA ou l’abandon du packing.

                            Ex : http://www.vaincrelautisme.org/content/manifeste-international-contre-le-packing

                             

                            Nous avons une fausse polémique en France. Elle représente les derniers sursauts de la psychanalyse. La bête se meurt malgré l’appui plus ou moins appuyé de certains ; la teinte du parti qui accédera au pouvoir ne changera pas la donne.

                            Un exemple : la conclusion de la saisie du Comité Européen des Droits Sociaux

                             http://www.coe.int/t/dghl/monitoring/socialcharter/complaints/CC13Merits_fr .pdf

                             « (..) Par ces motifs, le Comité conclut par 11 voix contre 2 que la situation de la France

                            constitue une violation des articles 15§1 et 17§1 tant pris isolément que lus en combinaison avec l’article E de la Charte sociale européenne révisée. (..) »

                             Ce n’est pas le seul coup de semonce, la France est maintenant obligée de « garantir le droit à l’éducation des autistes et autres TED ». Ce sera à minima, seulement pour éviter de se faire taper sur les doigts comme d’habitude mais elle le fera. De même, comme d’habitude, on nous fera croire que c’est « un choix politique ».

                             Bref, cette histoire : c’est l’arbre qui cache la forêt ! Notre pays est au pied du mur. Les familles de mieux en mieux informées ne peuvent que le démolir plus vite en refusant les prises en charge inadéquates.

                             

                            Justement pour revenir au début de votre commentaire…

                             Je connais parfaitement les « bémols » auxquels vous faîtes allusion. Tous les parents trébuchent sur ces mêmes obstacles.

                             Concernant votre première remarque, je crois que le « respect de la blouse blanche » a fait long feu de façon globale. Le scandale du sang contaminé, le scandale de l’hormone de croissance… sont des exemples d’une complicité coupable de certains médecins ayant terni à jamais la confiance dans le serment d’Hippocrate. A mon humble avis, la situation vient encore d’évoluer très vite. Je ne parle pas d’hier mais d’aujourd’hui… là en ce moment.

                             Plus précisément, à propos de l’autisme et autres TED, grâce à divers mouvements et publications, il y a eu suffisamment de battage médiatique pour que la méfiance s’installe. Je pense par exemple qu’il y a un « avant et un après » le film : « Le Mur » et cela malgré le fait qu’il est inexploitable désormais. A mes yeux, il est le symbole d’une nouvelle ère qui s’annonce. Tout le monde ne l’a pas vu mais tout le monde en a entendu parlé tant il a fait l’objet de commentaires divers sur les grands médias parce que c’est un document télévisuel ! Si cela avait été un livre, il serait passé encore une fois à la trappe, la cabale pour le dénoncer serait restée confidentielle… Je pense ici à l’excellent ouvrage de Mr Bénesteau, psychologue : « Mensonges freudiens : Histoire d’une désinformation séculaire » (http://www.amazon.fr/Mensonges-freudiens-Histoire-désinformation-séculaire/dp/2870098146)

                             

                            A l’heure d’internet devenu indispensable pour s’acheter une paire de chaussures ou des fleurs, il semble par ailleurs, assez incroyable que des parents soucieux de certains symptômes chez leur enfant, ne fassent pas quelques recherches sur leur micro, avant même de consulter qui que ce soit. C’est pourquoi, j’insiste sur la responsabilité (et la responsabilisation) des familles. Les associations ont d’évidence un rôle à jouer, je les trouve assez vigilantes. Il y a peu, c’était le désert à moins de lire l’anglais. Les contributions des uns et des autres à partir de divers articles, apportent aussi des éclairages différents.

                             

                            Tout n’est pas parfait, un diagnostic ne se fait pas sur internet bien sûr mais c’est un début pour s’informer… les premiers pas initiatiques des familles avec enfant « en dehors des clous ». C’est l’occasion d’acquérir un esprit critique qui ne s’enseigne plus nulle part, qualité première à se forger car la route sera longue… 

                             

                            Ceux qui sont maintenant avertis à l’avance de certains faits, sont capables de surmonter au moins le premier écueil et cela qu’ils aient un salaire de ministre ou d’ouvrier. Il existe des centres ressources-autisme très compétents.

                             

                            On a dit aux parents qu’ils doivent consulter ou ils ont décidé d’entreprendre eux-mêmes la démarche. Eh bien pour ceux qui ne sauraient encore « où ils mettent les pieds », certaines choses peuvent être répétées !

                             C’est comme une côte à monter en vélo.

                             Premier palier :

                             1. CAMSP et CMP, certains services d’hôpitaux sont des nids à psy(…listes). Confiants ou pas, ils sauront facilement si l’expert proposé préfère les publications médicales aux thèses freudiennes en se renseignant un peu en amont. Parfois, il est juste nécessaire de lire la plaque apposée au mur mais cabinet privé ou pas, dans tous les cas, la recherche d’infos est facile. Ex : http://www.spp.asso.fr/Spp/Membres/Default.aspx

                            2. Un coup de fil à une asso  leur permettra de tâter le terrain et d’en savoir plus ! 

                             

                             Deuxième palier :

                             3. Ils passent des nuits blanches à trier sur internet ce qui peut les aider à comprendre. S’ils le peuvent, ils lisent quelques livres.

                             4. Ils rappellent certains interlocuteurs pour approfondir leur réflexion.

                             5. Ils savent enfin où ils mettent les pieds et décident des options à prendre.

                              

                            Et roue libre :

                             6. Ils se rendent à leur première consultation en toute connaissance de cause. Ils n’auront pas de réponse immédiate mais cette première approche donnera le ton des suivantes. S’ils ne sont pas satisfaits dès le départ, ils devront faire confiance à leur instinct et tourner casaque. La confiance est indispensable. L’échec est possible. Il faut parfois plusieurs avis contradictoires. Le retour aux cases 2/3/4 est alors nécessaire.

                             

                            Le parcours est rempli de cols à gravir et de faux plats, les parents n’ont pas fini de tirer la langue…. mais développent de bons cuissots avec le temps.

                              

                            D’autre part, il ne faut pas tomber dans la paranoïa : un médecin à double casquette (psy/psy) n’est pas forcément le Diable… il peut être très compétent. Une chose importe : savoir à qui on a affaire. Les médecins récoltent toutes sortes de renseignements sur leurs patients. Ils vont devoir s’habituer à la même démarche de la part de ceux qui les consultent, cela doit concerner aussi le petit monde de la rééducation qui accompagne tout ça. Finie l’époque des moutons ! Dans une société où tout se monnaye, les professionnels ne peuvent encaisser des honoraires pharamineux et en même temps se plaindre du soi-disant « patient-consommateur ».

                             

                            Ce qui fait la transition avec votre deuxième remarque, à laquelle je souscris sans croire cependant que de nouveaux moyens seront investis (c’est plutôt tjs « déshabiller Pierre pour habiller Paul » et la crise a bon dos), je vous ai dit plus haut mon sentiment là-dessus. L’argent est pourtant le nerf de la guerre. Et il s’agit bien d’une guerre à mener pour faire progresser un enfant hors normes. Celui simplement dyslexique ou dyspraxique est déjà en galère, un enfant plus gravement atteint… n’en parlons pas ! Les très riches s’expatrient pour offrir à leur enfant, une qualité d’éducation que seuls quelques établissements privés peuvent proposer… Quant aux moins « riches », généralement ceux qui ont un peu d’argent d’avance, ils le perdent (sans jamais le regagner) car toute leur vie prend alors un sens différent. C’est vrai que la MDPH ne prend pas tout en charge. Le tournant est radical même s’ils ne s’en aperçoivent pas tout à fait au début ; il leur faut en effet tout réorganiser. Il est peut être alors temps de passer à la deuxième étape de ce qui devient par la force des choses un cheminement peu ordinaire : apprendre à faire le tri entre l’indispensable et le futile car si l’argent est le nerf de la guerre, savoir s’en passer, c’est le début de la liberté…

                            Il existe aussi, il faut le dire, ceux qui ne combattent pas pour diverses raisons trop longues ici à développer. Et le manque de moyens financiers, n’est peut être pas le vrai motif… Pour d’autres encore, dès « la bûche sur la tête », le système D prévaut. Ceux qui ont épuisé leur cagnotte, sont très vite adhérents d’un club peu sectaire. Ouvert à tous, il a pour devise : « on n’a pas un radis mais on est inventif ». Les blogs de parents experts es prise en charge de leur enfant dans leur coin, en témoignent. Ces derniers qui ont d’abord voulu pallier au système défaillant, sont si profondément transformés par cette démarche, qu’ils constituent finalement un groupe à part pour des raisons trop longues encore à développer ici. Ce ne sont peut être pas toujours les plus militants sur le plan associatif car ils ont appris à leurs dépens que les solutions proposées pour le plus grand nombre, s’avéraient plutôt néfastes pour leur enfant en particulier. 

                            Les troubles du spectre autistique regroupent des situations très diverses. Les plus compliquées ne sont pas nécessairement celles spectaculaires qui sont mises en avant dans les médias ou celles défendues par des groupes de parents. A la marge de la marge, il y aura toujours des « autismes » qui ne rentrent pas dans le champ de ce que comme EgaliTED, vous appelez : « une bonne prise en charge ». Je pense à ceux qui paraissent trop handicapés ainsi qu’à ceux qui ne le paraissent pas assez parce qu’ils s’expriment aussi correctement que vous ou moi, et pourtant diagnostiqués comme ayant un TSA ou/et un TA. Combien de personnes considérées « bizarres », « idiotes » et autres qualificatifs, qui préfèrent garder leur carte de la MDPH au fond de la poche plutôt que de se la coller sur le front pour éviter les quolibets ?

                             Au-delà des ressources financières complémentaires, permettant donc à tous d’avoir l’esprit plus serein, au-delà de la nécessaire diffusion de telle ou telle méthode d’apprentissage pour compenser un déficit quelconque, reste la difficile question de l’intégration de la différence dans notre société. 

                            C’est pour cette raison que je crois qu’il est important de dépasser les corporatismes et de s’attacher à découvrir quelle vision globale du monde nous est proposée par les candidats. Si au final, c’est celle impitoyable de la concurrence entre les individus à cause de la couleur de leur peau ou de l’épaisseur de leur porte-monnaie, avoir enfin progressé grâce à la méthode x ou y, ne servira pas à grand-chose. Comment imaginer que dans un tel monde, on puisse avoir du respect pour les « non performants » !

                             

                            J’arrête là ma participation aux commentaires, en espérant avoir fait mon petit boulot pour alimenter la réflexion : montrer que pour la même problématique soulevée, on peut aboutir à une analyse différente sur certains points. Cela ne signifie pas qu’EgaliTED a tort dans sa démarche, cela signifie que tout groupe constitué au nom d’un intérêt général, ne représente néanmoins que ses adhérents. Il est important de le souligner. 

                             


                          • EgaliTED EgaliTED 3 avril 2012 08:07

                            Corinne, vous avez manifestement poussé votre analyse assez loin, et vous avez beaucoup de choses à dire. Compte tenu des enjeux et de la proximité du premier tour, pourquoi ne pas diffuser plus largement vos propres réflexions à ce sujet - par exemple, en rédigeant un autre article sur Agoravox ?


                            Quels que soient nos divergences de vues, l’important est en effet de susciter chez les candidats comme chez les électeurs une prise de conscience des problèmes de nos enfants et un début de réflexion pour les résoudre, nous semble-t’il.

                          • 1984 30 mars 2012 21:06
                            Le P.S et ses méthodes dignes du stalinisme !

                            Le maire P.S de la commune de Loupian décide de faire de la publicité pour le candidat Hollande en faisant interner un militant défenseur de l’environnement !

                            A repartager massivement !

                            http://gauchedecombat.com/2012/03/30/pour-faire-taire-un-opposant-politique-lhospitalisation-sous-contrainte-sarkozy/


                            • Melara 30 mars 2012 22:41

                              Il ne semble plus qu’abusif de dire « le P.S. et ses méthodes dignes du stalinisme » à propos de cette histoire.
                              Car s’il y a stalinisme c’est tout d’abord dans le gouvernement actuel puisque cet internement d’office est permis par une loi Sarkozy du 5 juillet 2011.
                              Dans ce lien rien n’indique que le maire de cette petite commune est PS. Quelle est la source de cette affirmation là ?


                            • Melara 30 mars 2012 22:32

                              La question du traitement et de la prise en charge de l’autisme est une question importante de Santé Public.
                              Mais se déterminer dans une élection présidentielle devrait être guidé par l’idée de l’intérêt général, pas d’un intérêt particulier aussi important et estimable qu’il puisse être.
                              Il s’agit ici d’une question qui va dépendre des orientations prises en matière de Santé Publique.
                              Pour être schématique, si le programme du candidat n’accorde pas de grande valeur à une politique de santé ambitieuse, qu’il s’exprime pour votre combat n’apportera rien de bien concret.
                              D’ailleurs, quelque soit l’issue du vote, il vaudrait mieux avoir comme interlocuteurs des gens disposés au dialogue, même s’ils partent sur une conception du problème différente de la vôtre que des personnes qui pourraient vous dire « nous sommes d’accord avec vous, mais la conjoncture nous obligent à faire des choix draconiens et donc à faire le minimum pour cette question, quelque soit notre opinion sur le sujet. »


                                • le journal de personne le journal de personne 30 mars 2012 23:02

                                  Enfant : Maman je ne sais pas pour qui voter ?
                                  Mère : Il y a combien de candidats ?
                                  Enfant : Une dizaine
                                  Mère : tu en fais partie ?
                                  Enfant : non… je ne suis pas candidat
                                  Mère : dommage, j’aurai voté pour toi
                                  Enfant : on ne vote pas pour soi
                                  Mère : il n’y a pas un seul candidat qui se détache du lot ?
                                  Enfant : il n’y en a deux ou peut être trois, c’est selon
                                  Mère : et ils ne trouvent pas grâce à tes yeux ?
                                  Enfant : non, ils ne sont pas assez…
                                  Mère : pas assez bons ?
                                  Enfant : ni assez bons… ni assez mauvais
                                  Mère : tu veux dire qu’ils sont moyens… communs ?
                                  Enfant : ils cherchent par tous les moyens à en avoir l’air, mais n’ont l’air de rien
                                  Mère : et pourtant ils prétendent tous les deux à la magistrature supérieure : chef de classe…
                                  Enfant : ô mon capitaine… ils font de la peine
                                  Mère : tu as bien étudié leurs programmes ?
                                  Enfant : oui… amstramgram pique et pique et colégrame
                                  Mère : Et où se situe la différence ?
                                  Enfant : le premier voudrait que l’on baisse les notes des plus forts
                                  Mère : et pourquoi on ne relève pas celles des plus faibles,
                                  Enfant : ça ne changera rien… ils sont très loin du compte
                                  Mère : et en quoi ça te dérange ?
                                  Enfant : c’est le système qui me dérange
                                  Mère : quel système ?
                                  Enfant : le système de notation.
                                  Mère : tu sais, tous les systèmes reviennent au même… il y aura toujours des plus et des moins !
                                  Enfant : la lutte des classes, je sais !
                                  Mère : oui, on est obligé de s’affronter même pour dire qu’il faut cesser de s’affronter… sans concurrence… point de conscience !
                                  Enfant : il doit y avoir autre chose non ?
                                  Mère : sans doute…. mais les hommes n’en veulent pas
                                  Enfant : c’est le principe qui me dérange
                                  Mère : quel principe ?
                                  Enfant : le principe selon lequel c’est la nature qui est ainsi faite.
                                  Mère : qu’est-ce que tu espères que le chef de classe partage avec les autres un pouvoir qu’il peut avoir pour lui tout seul ?
                                  Enfant : je ne suis pas ringard !
                                  Mère : explique-toi alors ?
                                  Enfant : je voudrais qu’il ait le pouvoir de changer les choses
                                  Mère : c’est un peu compliqué mais peut-être que tu fais exprès !
                                  Enfant : c’est toi qui m’a appris à me méfier des solutions toutes simples
                                  Mère : ça ne me dit toujours pas pour qui tu vas voter ?
                                  Enfant : pour celui qui voudrait casser toute la machine
                                  Mère : ça rendra votre classe ingouvernable…
                                  Enfant : ça permettra de jeter tout ce qui est jetable
                                  Mère : et après ?
                                  Enfant : jeter tout ce qu’il y a de jetable
                                  Mère : c’est à dire ?
                                  Enfant : tout !
                                  Mère : tout démolir ?
                                  Enfant : ne périra que ce qui est périssable !
                                  Mère : tu veux dire qu’il en restera quelque chose ?
                                  Enfant : oui… il nous restera l’envie de voter !


                                  • Morpheus Morpheus 1er avril 2012 13:13

                                    J’aurais plutôt intitulé l’article « Pourquoi voter ».

                                    Si l’on est démocrate, l’idée même d’élire un dirigeant (un maître, quoi) est profondément révoltante, foncièrement inacceptable.

                                    Mais nous sommes si attaché à cette institution antidémocratique qu’est l’élection (présidentielle) que mon propos relève du crime de lèse-majesté.

                                    Vive l’oligarchie, tous aux urnes pour choisir notre prochain maître !


                                      • Agerate Agerate 2 avril 2012 21:04

                                        Quitte à vous choquer je pense fermement que ce n’est pas une question présidentielle. C’est une question compliqué qui typiquement, doit faire l’objet d’une étude sérieuse par le parlement.

                                        Qu’on tranche de telle questions aussi légèrement, ça me choque profondément. Celà vaut pour d’autres questions de mœurs / éthiques (euthanasie etc...)

                                        La meilleure pour un candidat est : je n’ai pas à répondre à cette question tout seul, ça ne serait pas sérieux !

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