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Accueil du site > Actualités > Politique > Chaban, MoDem avant l’heure ?

Chaban, MoDem avant l’heure ?

On commémorait, hier, les 40 ans du discours de politique générale de Jacques Chaban Delmas (le 16/09/1969), qui venait d’être nommé Premier Ministre par le nouveau Président Pompidou.

Si ce discours a laissé une trace dans la mémoire collective, c’est qu’il était visionnaire et d’une grande modernité. Chaban y fait une analyse sans concession des problèmes de l’époque et présente son projet de “ Nouvelle Société ”.

40 ans après, on constate que les problèmes n’ont pas changé, ils se sont même largement aggravés. Concernant les solutions à y apporter et la “Nouvelle Société“, les paroles de Chaban raisonnent encore aujourd’hui...

Sa Nouvelle Société voulait une économie forte (particulièrement l’industrie), débarrassée de la lourdeur et des freins d’un Etat omnipotent. Chaban Delmas dénonçait ainsi le centralisme et les dérives budgétaires (qui plus tard entraîneront nos déficits publiques abyssaux). Mais cette économie se voulait aussi sociale, en respectant l’Homme et surtout le travailleur. La “Nouvelle Société” devait lutter contre l’augmentation des inégalités et des différences entre les plus riches et les plus pauvres. Sur le plan politique, Chaban aspirait à un dépassement des clivages droite / gauche dans l’intérêt du pays.

Le projet de Jacques Chaban Delmas était donc profondément humaniste, à la croisée des chemins entre le Gaullisme et la Sociale Démocratie. Ce qui n’est pas très étonnant quand on sait que Jacques Delors était un de ses principaux conseillers.

Chaban n’eut jamais vraiment le temps ni les moyens de réaliser ce projet de société. Il fut victime de son propre camp : une droite plus conservatrice et trop attachée à ses acquis.

Aujourd’hui, cette vision n’est pas morte, car il y a de ces filiations …Il ne faut certes pas chercher du coté de Nicolas Sarkozy : celui-ci construit en France une société aux antipodes de celle voulue par Chaban ! C’est plutôt du coté du MoDem et de son projet de société que l’on retrouve les valeurs et les aspirations de la “Nouvelle Société.

Finalement, il est possible que François Bayrou, en créant une rupture avec la logique de l’UDF, ait évité d’être étouffé par la droite conservatrice qui jadis eut raison de Chaban. Le MoDem est peut-être l’outil qui a manqué à Jacques Chaban Delmas pour mener son projet dans la durée…

Adrien Debever


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7 réactions à cet article    


  • denis84 18 septembre 2009 09:59

    Hélas,il y avait un dénommé Chirac sur sa route ..........................


    • Adrien Debever Adrien Debever 18 septembre 2009 10:31

      Et oui Denis, Chirac et Giscard qui pour une fois avait trouvé un terrain d’entente !


      • Valparaiso JJSS1979 18 septembre 2009 10:45

        Il faut rappeler que ce discours de la nouvelle société avait été écrit par son directeur de cabinet Simon Nora et par son conseiller aux affaires sociales Jacques Delors. Deux parfaits mendésistes. Chaban avait lui même été ministre du fameux gouvernement Mendès France.
        Marie-France Garreau et Pierre Juillet ont donc tout fait pour sabrer Chaban, homme politique certainement réformiste mais aux manières véléitaires.
        Il était peut etre trop honnete pour des types comme Chirac et Pasqua. D’ailleurs l’assassinat maquillé du ministre Robert Boulin a poussé Chaban à lacher prise en retournant à Bordeaux et au perchoir.


        • jourdan 18 septembre 2009 11:43

          Si aujourd’hui le Modem veut atteindre les même buts de Chaban à l’époque, et bien il se trompe gravement dans le chemin pour y arriver.

          - « Un économie forte, surtout l’industrie » : impossible avec l’Europe qui refuse de mettre des droits de douane aux frontières et qui laisse donc entrer sur ses marchés des produits qui ne respectent pas ses propres normes. Des produits fabriqués à bas cout de main d’œuvre parfois même par ses propres industriels. L’Europe, par son refus d’agir, par son libéralisme, fait crever notre industrie. Normal, puisque la vision européiste, puis mondialiste, vise à transformer la France en pays touristique ou de service. On se demande bien comment nous vivrons avec ces « petits boulots améliorés »

          « Dénoncer le centralisme » conduit le Modem à vouloir : d’un côté la décentralisation, (qui fait que les français sont de moins en moins égaux : devant l’impot, les écoles, la formation …) de l’autre côté une Europe forte, qui vide l’Etat français de ses prérogatives.

           

          « dépasser le clivage gauche/droite » le Modem en parle, mais c’est tout à fait inutile puisque les politiques eux-memes reconnaissent implicitement qu’ils pensent tous la même chose. Ils votent les mêmes lois à Bruxelles, et peuvent sans soucis passer du PS à l’UMP, ou du PS au FMI … s’il fallait établir une grille des opinions, nous verrions vite que nos hommes politiques pensent quasiment tous la même chose. A gauche, ils se rabattent sur le sociétal pour camoufler ce vide.

          A gauche : les extrémistes, le NPA, les communistes, Mélenchon.

          au centre : Nouvelle gauche / PS /Modem / Nouveau Centre / UMP / Villiers

          à droite Debout la république avec Nicolas Dupont-Aignan

          à l’extrême droite ; FN avec un JM Le Pen qui s’en va.

           

          Le projet humaniste du Modem, c’est de la langue de coton : des discours que personne ne peut vraiment renier, mais qui ne fait pas avancer le schmilblick. Dans le concret ça se traduit par quoi ????


          • chlegoff 19 septembre 2009 12:31

            Vous parlez là d’un ancien Grand Résistant. Les idées que promouvait ce grand Monsieur, s’inspiraient directement du programme du Conseil National de la Résistance. Pour rappel ce programme politique avait été élaboré dans la clandestinité. Il me parait difficile de ne pas évoquer l’Appel des Anciens Résistants. La position du MODEM comme d’autres mouvements politiques, associatifs ou syndicaux, est assez claire. Je pense qui se doivent de dépasser les opinions ou intérêts qui les divises pour défendre ensemble les valeurs de la démocratie face au va(o)leurs du marché et de la communication de masse.


            • alcyon 21 septembre 2009 11:32

              Oui J. Chaban Delmas était un homme politique un peu à part... entre Gaullisme et démocratie sociale et si son projet de nouvelle société était avant gardiste il est malheureusement resté dans les anales du discours et la politique n’est pas faite que de beau discours comme c’est le cas trop souvent, d’ailleurs aujourd’hui cette dérive est patente puisque le discours et le médiatique a pris le pas sur l’action ce qui fait que nos responsables politiques (responsable est pour eux vide de sens) et en particulier Sarkozy dit tout et son contraire en l’espace de quelques jours. Nostalgie de la nouvelle société mise à part, aujourd’hui la donne à changer à tous les niveaux, de surcroît doublé par une crise économique et financière sans précédent qui signe la fin du capitalisme même si les nantis du systéme font tout pour le garder sous perfusion ; Il n’en demeure pas moins qu’il a perdu une grande partie de sa crédibilité que l’on se place du point de vue gains financier, d’efficacité économique, de promotion sociale ou de réussite personnelle.
              Si l’on considère que l’humain est la priorité et qu’il n’y a pas aujourd’hui de système viable en dehors de la notion de partage, alors il va falloir s’inspirer de modèle différents. J’ose espérer que F. Bayrou à pris en compte tous ces paramétres pour initier un nouveau modèle économique alternatif qui prend ses distances avec le néolibéralisme ou le libéralisme tout court qui ne veut plus dire grand chose bien incapable d’apporter des solutions en dehors d’une soit disant régulation et de la mise au pas des paradis fiscaux qui relève plus d’un leurre pour rendre un peu crédible le G20. La réalité économique est tout autre il serait bon de s’inspirer d’ouvrage comme la trahisons des économistes de J-L Greau ou encore de Emmanuel Todd « après la démocratie » . Les conditions du fiasco économiques ouvrent et commandent d’inspirer un nouveau modéle de société plus solidaire contre l’individualisme, l’hyper profit et la destruction des emplois. Peut-être pourrait-on commencer par se pencher sur un modèle d’entreprise qui a fait ses preuves « les Scop » société coopérative de production. Il y a plusieurs pistes à explorer, je ne doute pas à entendre les déclarations de marielle de Sarnez ou d’autres, qu’ au Modem l’état majeur se penche sérieusement sur la question pour actualiser un projet de nouvelle société alternative au marasme économique, sans vouloir faire avec du vieux du neuf, ce qui serait illusoire.


              • alcyon 22 septembre 2009 11:47

                bon réflexion, les leaders politiques aujourd’hui sont en panne de projet économique alternatif à un autre modèle de société et pour cause ils subissent le dictat des économistes qui n’ont rien vu venir de la crise financière et qui continue à assener leur théorie sur le libéralisme envers et contre tout, comme Nicolas Baverez très souvent invité dans les médias, la réalité c’est que l’économie n’est pas la tasse de thé des énarques, leur seul enjeu actuel est le pouvoir pour le pouvoir pas dans l’intérêt supérieur du pays mais seulement dans une poursuite carriériste individuelle. Je fais cependant crédit à F. Bayrou d’arriver à mettre au point un nouveau projet de société.

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