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Christian Blanc, futur grand maire ?

Trois jours après le deuxième tour des élections municipales, Nicolas Sarkozy « rééquilibre » le gouvernement, pour reprendre la novlangue en vigueur. Un « mini-remaniement » peu spectaculaire, en apparence : on supprime deux postes mineurs, on remplace un secrétaire d’Etat, on crée de nouveaux postes. La routine. Les mêmes ministres restent en place alors que depuis le début de la campagne des municipales on attendait du « lourd ». Bref, rien de croustillant à se mettre sous la dent. Sauf l’arrivée de Christian Blanc.

La nomination de Christian Blanc, 65 ans, au secrétariat d’Etat chargé du développement de la Région Capitale en a surpris plus d’un. Pourtant, il y a un peu plus d’un an, au début de la campagne des présidentielles, le député de la troisième circonscription des Yvelines depuis 2002, avait annoncé qu’il soutiendrait Nicolas Sarkozy.

Au moment des législatives, il avait même tourné le dos au MoDem pour participer à la création du Nouveau Centre, le sous-marin centriste de l’UMP. Ce que la presse présente donc comme une surprise n’en est pas franchement une.

Quant au « Grand Paris », c’est un projet cher au président. « L’idée, ambitieuse, est de favoriser la concertation entre les communes de l’agglomération parisienne sur les grands projets d’urbanisme, alors même que Paris est la seule agglomération française à ne disposer d’aucune structure intercommunale. Il devrait s’agir du chantier "le plus ambitieux depuis Haussmann", selon les termes présidentiels.

Christian Blanc devra donc impliquer les élus de la région parisienne, que Bertrand Delanoë n’est pas parvenu depuis 2001 à fédérer autour de son "Paris Métropole", faute de coopération d’une bonne partie des villes de droite. "M. le maire de Paris, rien ne se fera sans vous, rien ne se fera contre Paris et rien contre ses élus", a d’ores et déjà promis le chef de l’Etat à M. Delanoë", selon La Tribune.

Que Nicolas Sarkozy crée ce poste quasiment pour Christian Blanc est très emblématique d’une politique d’ouverture bien pensée. « Cet ancien rocardien, qui s’est progressivement écarté de la gauche, estimait dans un livre publié en février 2006 que "le modèle économique et social français est mort" et préconisait des "réformes radicales". Le service minimum dans les services publics et la réforme de l’Etat font partie de ses chevaux de bataille » (20 minutes).

« Christian Blanc est ce que l’on appelle une personnalité de la société civile. Secrétaire général de la Nouvelle-Calédonie de 1984 à1985, il est renommé pour sa "mission de conciliation" destinée à renouer le fil du dialogue entre les différentes communautés. Il devient PDG d’Air France de 1993 à 1997 alors que la société traverse une grave crise... » (La Tribune).

Trois jours après le deuxième tour des élections municipales, on constate que l’UMP s’est maintenue dans Paris, la casse est, quoi qu’on en dise, limitée. C’est la seule réussite de Françoise de Panafieu, aujourd’hui sortie définitivement du jeu. Celle-ci n’a pas été capable de mobiliser ses troupes faute d’un véritable projet et de la stature requise pour gouverner Paris, cet Etat dans l’Etat. En demandant à Christian Blanc de piloter le projet du Grand Paris, Nicolas Sarkozy prépare déjà la suite.

Le Grand Paris, François de Panafieu n’y a jamais vraiment cru. Et c’est l’une des raisons pour laquelle Sarkozy ne l’a pas soutenu dans sa campagne. Il ne suffisait pas d’attaquer, souvent maladroitement d’ailleurs, le maire sortant. Face à son absence de projet d’envergure, d’une vision d’avenir, Bertrand Delanoë a eu beau jeu de riposter en présentant son bilan et en renvoyant son adversaire à ses vieux démons, Jacques Chirac en l’occurrence.

Mais ce n’est que partie remise. La prochaine campagne de Paris a déjà commencé. Nicolas Sarkozy, fidèle à ses principes, tire le premier. Avant que Bertrand Delanoë ne commence à prendre des décisions, avant qu’il ne soit élu, le président déplace ses pions.

Le Grand Paris est une idée qui, bien que encore bien vague, tient à cœur à Nicolas Sarkozy : « Je ne laisserai pas ce projet s’enliser. Je ne laisserai personne le bloquer. La situation de l’agglomération parisienne est devenue inacceptable, la dureté de la vie qu’elle impose à un trop grand nombre de ses habitants, les coûts humains, les coûts écologiques, les coûts sociaux qu’engendrent ses dysfonctionnements ne sont pas supportables. Paris doit retrouver sa vitalité, son rayonnement, son attractivité, sa créativité. Paris doit redevenir pour le monde entier le symbole d’un art de vivre, de la plus belle ville du monde », expliquait le président de la République dans sa fameuse conférence de presse du 8 janvier dernier.

Cette déclaration avait alors agacé Bertrand Delanoë. Aujourd’hui que Sarkozy le remet à l’ordre du jour, le maire réélu panique : « Depuis 2001, nous avons mis un terme à plusieurs décennies d’ignorance et de mépris de la capitale à l’égard de ses voisins, et fait ainsi avancer (...) le dialogue et le partenariat à l’échelle de l’agglomération » (20 minutes). 2001, cela fait déjà une mandature... Certes Paris ne s’est pas fait en un jour, mais la botte de Sarkozy, c’est sa rapidité... Christian Blanc, pilote de ce dossier sensible, l’UMP, après éradication définitive des chiraquiens résiduels, sera en bon ordre de marche pour les prochaines municipales. Un combat qui, pour Bertrand Delanoë, s’annonce d’ores et déjà plus rude que sa récente petite promenade de campagne.

D’ailleurs Jean-Paul Huchon le président de la région francillienne ne s’y trompe pas qui vient de déclarer dans 20 minutes : « je n’ose croire que la seule leçon que le président tire du scrutin, c’est qu’il faut déjà préparer les régionales de 2010 avec un secrétaire d’Etat qui n’aura qu’une obsession : affaiblir la région et la ville de Paris ». Après les régionales, les municipales.

Christian Blanc aura 71 ans en 2014. Il est alors peu probable qu’il brigue le fauteuil de maire de la capitale. A moins qu’il ne claque la porte de son secrétariat d’Etat tout neuf (il l’a déjà fait par le passé), il aura pris soin de préparer le terrain en aidant le président à concurrencer Delanoë sur son propre terrain.

Il est vrai qu’en 2014 Bertrand Delanoë sera peut-être président de la République...

Crédit photo : commons.wikimedia.org


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7 réactions à cet article    


  • Yohan Yohan 19 mars 2008 16:59

    Vu de la province, je ne suis pas sûr qu’on apprécie la manoeuvre. Quel que soit l’utilité du projet grand Paris, pourquoi un secrétaire d’Etat et pour quoi faire ?

     


    • Forest Ent Forest Ent 19 mars 2008 18:21

      Il serait bon que M Blanc démissionne très très vite de son poste d’administrateur du groupe JCDecaux très présent à Paris.


      • bernard29 candidat 007 19 mars 2008 19:26

        Oui enfin, il serait bon de rappeler à Christian blanc son site Energie 2007 sur lequel il avait lancé une pétition contre le cumul des mandats pour les parlementaires et ministres. il avait même déposé une proposition de loi qui n’a jamais été étudiée. Mais depuis son blog de pré présidentielle, il voulait être candidat, de l’eau est passée par dessus le pont, et Christian Blanc a oublié son combat et ses pétitionnaires. Prés de 3 000. Qu’a t’il fait des signatures ???


        • ER 19 mars 2008 19:28

          L’incroyable nomination de Christian Blanc… Lot de consolation ?

          Le député M. Blanc, qui s’est fait le chantre du « non cumul des mandats », a tenté de se transformer en « député-maire » au Chesnay (78). Vous connaissez l’adage : « Faites ce que je dis... » Quel bel exemple !

          Sa course municipale fut vaine, le maire sortant, M. Brillault, arrivant en tête avec une nette majorité tandis que M. Blanc n’en regroupait qu’à peine plus du tiers.

          Il est incroyable que M. Blanc soit nommé Secrétaire d’Etat au « Grand Paris » quelques jours seulement après avoir juré publiquement, sous prétexte qu’il était en pleine campagne pour les municipales, qu’il n’en était pas question et qu’il n’en serait jamais question... Ce poste tombe à pic pour celui qui, en plus d’avoir été désavoué par les électeurs du Chesnay les 9 et 15 mars derniers, avait également échoué (avec 9% de voix) lors des législatives en 2002 à Paris 6ème !

          « Ensemble tout devient possible »... surtout l’invraisemblable !


          • Timothée Timothée 20 mars 2008 13:15

            Je ne comprends pas l’intérêt de mettre un secrétaire d’Etat au grand Paris, si ce n’est vouloir mettre des bâtons dans les roues de Delanoë et Huchon mais bon...


            • FYI FYI 20 mars 2008 13:53

              L’avantage peut-être, est de mettre de la pression pour que Paris et ses voisins se parlent plus efficacement.


              • Dégueuloir Dégueuloir 20 mars 2008 19:46

                un enfoiré de première !!!!

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