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Accueil du site > Actualités > Politique > Comités de quartiers : un semi échec ?

Comités de quartiers : un semi échec ?

Une camarade, élue communiste dans une ville du sud de la France vient de m’envoyer un message :
« Le Maire socialiste vient de nous demander de réunir les comités de quartiers en nous déclarant : »c’est dans notre programme et on n’a rien fait"...
Sauve qui peut !
Il est vrai que bientôt, on arrive au mi mandat !

Vous avez dit : démocratie participative !

Quelle équipe municipale de gauche ou de droite ne se réclame pas de la citoyenneté ?

Aucune ou presque...

Certaines équipes évoquent même la citoyenneté active pour montrer ou faire croire qu’elles donnent la parole aux habitants et offrent une parcelle de pouvoir.

Bien souvent tout ceci n’est que du vent ou presque

Aujourd’hui un nouveau concept est en vogue « la démocratie participative » :

des militantes et militants engagés veulent effectivement que les citoyens deviennent des acteurs et puissent avoir leur mot à dire et que leur mot soit entendu, voire repris dans les faits et en dehors du temps des promesses non tenues.

Attention aux faux amis et aux objections préfabriquées !

Combien de fois n’ai je pas entendu des élus m’interpeler :

« Les comités de quartiers ne regroupent que quelques habitants aigris ou militants. Quel est l’intérêt de réunir des coquilles vides »

Oui effectivement peu de monde se déplace dans cette ville où la Municipalité a décidé de créer de tels comités.

Pourquoi une telle désaffection ?

  • Le nombre d’élus présents dans chaque ne permet peut être pas les échanges ?
  • Le champ d’action est peut être trop limité : les habitants sont invités à écouter les élus et à exposer leurs problèmes ;

 Une Municipalité qui veut effectivement mettre en oeuvre un projet de démocratie participative doit à la fois mesurer les enjeux et à la fois mettre des moyens suffisants et ceci sans a-priori, ni réticence.

 L’enjeu c’est de permettre à un maximum d’habitants de pouvoir devenir des acteurs dans la ville et pas seulement des électeurs.

 Il s’agit d’associer le plus grand nombre aux prises de décisions sans démagogie certes mais aussi avec des limites connues par tous.

Si le lieu institutionnel de prise de décisions reste le Conseil Municipal, le Comité de quartier peut très bien détenir une part de responsabilité et avoir une parcelle de pouvoir

Quels comités de quartier ?

  • Les comités doivent être ouverts à tous les habitants de la commune, qu’ils soient électeurs ou pas.
  • Ils se tiennent régulièrement à un lieu déterminé et à une date, annoncés par un distribution de de tracts et dans le bulletin municipal.
  • Le compte rendu de chaque séance doit être affiché en Mairie
  • Ils doivent pouvoir émettre des propositions qui soient obligatoirement soumis au Conseil Municipal qui délibère sur le sujet.

 Voici là quelques propositions contribuant à ne pas vider les comités de leur substance .

Et le budget participatif dans tout cela ?

 Ce budget doit être limité et les projets doivent être étudiés par le Conseil Municipal afin de garder une certaine cohérence au niveau de la Ville

L’essentiel ne réside pas dans le choix du vecteur de citoyenneté mais dans le champ de concertation avec les habitants.

Les vecteurs d’implication sont nombreux et variés. Les comités de quartiers constituent une forme de participation active à côté d’autres.

Le Conseil consultatif s’il est ouvert à toutes et à tous et si les habitants non élus peuvent émettre des idées constitue un espace démocratique intéressant.

Mais attention là aux faux amis comme ce comité « croupion » où au moment de l’établissement du budget l’élu de secteur se contente d’informer du cadre financier...

La possibilité offerte à tout un chacun de s’exprimer à la fin de chaque séance du Conseil municipal constitue là aussi un lieu d’échanges entre les électeurs et les élus à la condition que ces questions diverses du public donnent lieu à un compte rendu public.

La démocratie participative procède du projet construit et partagé et non du slogan électoral.

Jean-François Chalot


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2 réactions à cet article    


  • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 13 novembre 2010 13:56

    Quel comités de quartier, les CCS comité consultatif de secteur ? Ou les unions de quartier ?
    Les CCS (ils existent dans les municipalités de gauche) sont toujours pilotés par les mairies et n’ont aucun pouvoir décisionnel. Les unions de quartier ne sont composés que par des réactionnaires noyautés par la droite sinon pire.

     Non il faut absolument créer de vrais comités de quartier libres et indépendants ou se rassemble tout ceux qui en ont plein le dos de la destruction systématique des acquis sociaux, de la répression et des limitations des libertés publiques et demandent une vraie démocratie, un contrôle des élus, un droit de regards sur la gestion publique des affaire locales et nationales...Il est tant que les citoyens s’occupent un peu de leurs affaires, non ? 


    • Plum’ 15 novembre 2010 08:08

      Merci pour ce bon exposé. Vous auriez tout de même dû signaler que le terme « Comité de quartier » varie selon les villes et que la loi qui les encadre mériterait d’être revue pour éviter les trop nombreuses dérives. Dans la ville où je suis, ces structures permettent de mettre en place des bancs ou des terrains de boules mais ne doivent surtout pas s’occuper de choses trop sérieuses comme le Plan Local d’Urbanisme...

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