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Accueil du site > Actualités > Politique > Entretien avec Pierre Charasse sur la crise européenne

Entretien avec Pierre Charasse sur la crise européenne

Jean-Michel Vernochet : Que dire aujourd’hui de la crise ? La fin de semaine dernière, les 8 et 9 mai, alors que les Européens négociaient un plan de sauvetage des pays en difficulté – Grèce, Italie, Espagne, Portugal, Irlande - les consultations téléphoniques se sont multipliées entre le président américain Barak Obama et ses homologues allemand et français, Mme Angela Merkel et M. Nicolas Sarkozy. De votre point de vue, cette concertation est-elle purement formelle ou va-t-elle plus loin que de simples échanges de vues ? Dans ce dernier cas peut-on parler d’ingérence de la part des Etats-Unis dans les Affaires européennes ?

Pierre Charasse : Il faut resituer cette crise dans le cours des événements de ces 20 dernières années et dans une perspective géopolitique à moyen et long terme. La crise grecque et ses derniers développements ont confirmé, si c’était nécessaire, que l’Europe politique n’existe plus. L’Europe a projeté l’image de sa désunion et a révélé sa faiblesse au reste du monde. La monnaie européenne aurait dû être l’expression la plus forte d’une union politique achevée. Phénomène incroyable, on a instauré l’Euro sans créer un gouvernement économique. Entre les présidents de la BCE, de l’Eurogroupe, de la Commission, du Conseil, la présidence semestrielle (Espagne) et les “poids lourds Européens” Sarkozy, Merkel, c’est une belle cacophonie !

Il est ahurissant que les gouvernements de la zone euro se soient interdits de contrôler leur monnaie ! Aucun pays au monde, même le plus libéral, n’applique avec autant de zèle le dogme ultra-libéral du “laisser-faire”. La BCE ne répond à personne, les gouvernements sont impuissants, mais apparemment satisfaits de l’être, car aucun ne propose de remettre la BCE et l’euro sous contrôle ! La nature ayant horreur du vide, à partir du moment où l’on demande au FMI de participer au plan d’aide à la Grèce, on place l’Europe sous la coupe des Etats-Unis, puisque aucune décision du FMI ne peut se prendre sans l’accord des américains. La réforme des droits de vote au FMI annoncée au G20 va réduire le poids des européens, mais les Etats-Unis conservent intacte leur minorité de blocage (16% des votes).

Donc, la concertation entre les présidents Obama, Sarkozy, et la chancelière Angela Merkel s’inscrit tout à fait dans le cadre d’un transfert du pouvoir de décision aux Etats-Unis puisque les Européens ne peuvent plus rien faire sans l’accord de Washington. C’est pourquoi le Président Obama se sent tout à fait autorisé à prescrire aux pays en crise les conditionnalités de l’aide : réduire les dépenses publiques, diminuer les retraites, les salaires des fonctionnaires etc. Lui, au moins exerce sans états d’âme le pouvoir que lui donne l’architecture financière mondiale. Et nos gouvernements se disent soulagés que les Etats-Unis, enfin, les « prennent en charge » ! C’est sans doute ce qu’ils entendent par « gouvernance mondiale ».

JMV : N’est-il pas d’une certaine façon “humiliant” que le FMI vienne au secours de l’UE ? Son intervention ne procède-t-elle pas de ce qu’il convient aujourd’hui d’appeler “un embryon” de gouvernance mondiale, le FMI supervisant en quelque sorte les politiques des Etats, mais également, en bloc, celle d’ “Organisations régionales” émergentes ? Autrement dit le FMI semble avoir désormais élargi sa sphère de compétences laquelle ne couvre plus seulement le monde en développement mais englobe à présent les pays postindustriels du Nord ? Organisation régionale désignant ici l’UE en ce qu’elle n’est encore qu’un conglomérat d’États nationaux sans expression identifiable d’une quelconque souveraineté collective !

PC : La situation serait humiliante pour l’Europe si ses gouvernants avaient encore deux doigts d’amour propre. Mais ce n’est pas le cas. Depuis quelques années et particulièrement avec le Traité de Lisbonne, le pouvoir politique européen, dans les différents pays, a choisi de se placer dans le sillage ou sous la coupe des Etats-Unis. Les gouvernants pensent qu’ils sont « mandatés » pour suivre cette ligne, qu’ils ont été élus sur ce programme, le seul possible, et c’est pourquoi ils n’ont pas le sentiment de trahir les intérêts européens. D’une part ils sont convaincus qu’ils incarnent le désir conscient ou inconscient des européens de se sentir de plus en plus américains.

D’autre part, ils pensent que « soudés » aux Etats-Unis ils seront plus forts pour faire face à la montée en puissance des pays émergents non-européens ou aux éventuelles « menaces » réelles ou supposées contre l’ordre occidental du monde. Dans ces conditions, on ne peut même pas définir l’UE comme une organisation régionale. C’est un espace politique, économique, financier et militaire européen subsidiaire du territoire nord-américain. Paradoxalement, avec la crise de l’euro cet ensemble transatlantique achève de se structurer au moment où les Etats-Unis s’enfoncent dans une crise profonde et où leur leadership mondial est contesté. Avec le traité de Lisbonne on a confié à l’OTAN la défense de l’Europe, maintenant c’est la monnaie qui passe sous contrôle américain : défense et monnaie sont les deux attributs fondamentaux de l’indépendance auxquels l’Europe a renoncé. La politique américano-britannique a finalement atteint son objectif de torpiller le projet d’une Europe politiquement et économiquement forte et indépendante.

JMV : Quelles conséquences voyez-vous à la crise ? D’abord pour l’Euro, puis pour l’avenir proche de l’Europe elle-même ?

PC : Avec une Europe contrôlée par les Etats-Unis il me paraît logique que l’Euro tende progressivement vers la parité avec le dollar, c’est à dire que l’on s’achemine vers une dollarisation de la zone euro. Dans la logique économique et financière dominante, ceci conviendrait à la fois à l’Europe car elle retrouverait la compétitivité qu’elle a perdue avec un euro fort et aux Etats-Unis qui parachèveraient ainsi leur main mise sur l’Europe. Le poids de l’Europe dans le commerce mondial diminue rapidement, et face à l’irruption de nouveaux acteurs commerciaux comme la Chine, l’euro ne pourra pas conserver sa place de grande monnaie d’échange à côté du dollar. Il faut aussi se souvenir qu’avec l’élargissement à l’Est de l’UE dans les années 90, les nouveaux venus se sont ouvertement prononcés pour la dollarisation de l’Europe. Leur aspiration profonde est d’appartenir à la zone dollar, ce qui « verrouillerait » le dispositif de sécurité au sens large que leur donne leur appartenance à l’OTAN : ils souhaitent un double parapluie américain, la défense et la monnaie. Pour eux l’euro c’est bien, mais le dollar c’est mieux ! Et peu importe si l’économie américaine est en ruine. Ce sont des restes des traumatismes de la guerre froide et de leur perception de la « menace » que constitue toujours pour eux la Russie.

Le plan de « sauvetage » euro-américain fera d’une pierre deux coups :
 d’une part il permettra de consolider le leadership américain face aux BRIC et en particulier à la Chine, qui est la véritable obsession des américains. L’Europe comme centre de pouvoir mondial pouvant faire contrepoids aux Etats-Unis dans la « famille » occidentale » est rayée de la carte. La consigne est donc de faire bloc derrière le leader naturel du monde occidental, c’est ce qu’Obama a demandé à ses alliés européens dès son élection, pour tenter d’enrayer une perte inexorable d’influence dans le monde. Mais de la part des européens c’est une politique à courte vue, une fuite en avant, qui nie la réalité des nouveaux rapports de force qui se mettent en place dans le monde.
 D’autre part, il donnera le coup de grâce à ce qui reste du modèle social européen en généralisant le tatcherisme à tout le continent. Pourtant il n’y avait aucune fatalité dans cette évolution de l’Europe, elle a été délibérément décidée. Au risque de paraître nostalgique et ringard, je pense que l’Europe aurait dû et pouvait suivre un autre chemin que celui de sa dissolution/désintégration dans le bloc occidental. Mais y a-t-il aujourd’hui une majorité d’européens pour partager cette aspiration ? Les élections qui ont lieu dans les différents pays n’indiquent pas que les européens demandent un changement de cap. Malgré les mouvements sociaux qui commencent à se manifester, les gouvernements n’auront pas d’autre choix que de se plier aux injonctions du FMI et du marché. Les « socialistes » au pouvoir ou dans l’opposition acceptent comme inévitable le traitement de choc imposé par leur ami Dominique Strauss-Khan…

JMV : Pouvez-vous formuler un commentaire sur la gestion de la crise, les solutions retenues et surtout sur la place attribuable à chacune des têtes de file de l’Union, Allemagne, France et Royaume-Uni, ce dernier pays s’étant distingué par sa capacité à se défausser de toute responsabilité ?

PC : Je suis frappé par l’influence qu’exerce, pas toujours discrètement, et souvent avec cynisme, la Grande-Bretagne. Elle ne fait pas partie de la zone euro, mais son poids dans toutes les discussions financières est énorme. En général toutes ses décisions s’inscrivent dans la continuité de sa politique atlantiste. Elle a su habilement tirer profit de son appartenance à l’UE tout en gardant les mains libres. Son déficit public est colossal, mais elle invente l’expression péjorative des « PIGS » pour désigner les parias de l’Europe (en majorité méditerranéens). Elle ne participe pas au sauvetage de la Grèce, et bloque toute tentative de réguler les fonds spéculatifs situés dans leur grande majorité à la City de Londres. Très fort ! L’Allemagne est aussi très proche des Etats-Unis mais défend des intérêts qui lui sont propres. Quand au Président Sarkozy, sa crédibilité est très faible. Tout en prétendant peser sur les grands débats mondiaux et « refonder le capitalisme », il accepte en réalité que tout continue comme avant. La réforme du système financier international est en panne, ses grandes déclarations contre les spéculateurs ou les excès du marché ne sont suivis d’aucun effet. Au-delà de nos frontières, son discours n’est pas pris au sérieux et ses gesticulations paraissent bien dérisoires.

* Ancien ambassadeur de France, Pierre Charasse a passé l’ensemble de sa carrière au Ministère des Affaires Etrangères de 1972 à 2009. Il a occupé différents postes dans les ambassades de France à Moscou, au Guatemala, à La Havane et à Mexico. Il a été conseiller technique au cabinet de Claude Cheysson, alors Ministre des relations extérieures, et de Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur de 1984 à 86. Il a été également Consul Général à Naples et Barcelone, ambassadeur en Uruguay, au Pakistan et au Pérou et ambassadeur itinérant chargé de la coopération internationale contre la criminalité organisée et la corruption de 2000 à 2003 ; et, chef de la délégation française à la Conférence des Nations Unies sur le commerce illicite des armes légères et de petit calibre (New-York, 2000-2001) ; enfin Secrétaire général de la Conférence ministérielle « les routes de la drogue de l’Asie Centrale à l’Europe »(avril 2003) et Ministre Plénipotentiaire à partir de 1998. Il est à la retraite depuis août 2009.

Source : http://www.geopolintel.fr/


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36 réactions à cet article    


  • mac 26 mai 2010 10:41

     Tout est dit. Il semble que nous ayons été trahis par une bonne partie nos élites UMPS, depuis le départ de de Gaulle, mais le peuple dort et continue a manquer cruellement d’imagination quand il s’agit d’aller voter puisque ce sont les mêmes que l’on retrouve en tête aux élections nationales.
    Le peuple semble léthargique face l’ avènement d’une France à la Zola dominuée par l’extérieur , bien scotché devant sa télé-réalité et la coupe du monde de foot.
    Du pain et de jeux, la recette n’est pas nouvelle mais semble fonctionner plus que jamais...


    • GéraldCursoux AnnO’Nyme 26 mai 2010 11:05

      L’affaire grecque n’aura-t-elle pas alors permis à l’Europe de franchir le mur fédéral ? L’UE était menacée d’un repli sur les Etats, la vision thatchérienne s’imposait malgré la mise en œuvre du traité de Lisbonne. Mais c’est reparti : les mesures de sauvetage de la Grèce, sans être inscrites dans les traités, sont d’une importance stratégique car elles engagent l’Union dans un processus fédéral. L’Europe existera quand l’euro aura gagné sa place comme monnaie de réserve, et que la diplomatie pourra s’appuyer sur une armée européenne crédible. Et il faudra que les budgets des Etats soient en cohérence, ce qui nécessite au préalable une révision générale des services des administrations de chaque pays de l’UE.


      • mac 26 mai 2010 11:33

         « L’affaire grecque n’aura-t-elle pas alors permis à l’Europe de franchir le mur fédéral  »

        On est en plein dans la stratégie du choc : L’Europe telle qu’elle a été constituée ne fonctionne pas donc il nous en faut plus et pour cela rien de tel qu’une bonne crise pour faire avaler les plus grosses couleuvres.

        La réalité c’est que cette union à 27 est faite d’intérêts beaucoup trop divergents pour fonctionner car en dehors de l’allégeance totale au libéralisme on ne voit pas très bien ce qui constitue le ciment de l’Europe actuellement.

        Mieux vaudrait revoir entièrement revoir la copie autour d’un projet plus ambitieux autour de l’Allemagne et de la France comme c’était le cas au départ. Mais même cela, ça n’est pas dans la poche...


         

         


      • galien 26 mai 2010 18:29

        L’U.E n’aura toujours qu’un maître les USA.
        Les intérêts géopolitiques et l’histoire sont trop divergents. Pourquoi ne pas penser les choses en terme de coopération ?


      • Maldoror Maldoror 26 mai 2010 11:19

        Excellent article ! Comment se fait il qu’il y ait si peu de réactions ?
        Tout y est dit en effet : le nouvel ordre mondial est en marche.
        Seule solution : la sortie de l’Union européenne !!!
        Soutenez l’UPR avant qu’il ne soit trop tard : http://u-p-r.fr/


        • rastapopulo rastapopulo 26 mai 2010 12:37

          ou NDA ou Soral ou Melanchon ou Cheminade ou... ben c’est tout ! non ?

          Mais pas les ouiouistes qui ne veulent surtout pas avoir les moyens d’agir (protectionnisme social et partage de technologie entre nations souveraines) pour rester pépère sans responsabilité à part devoir dire « plus de déresponsabilisé oh oui ! tous avec moi privatisons, délocalisons, exilons,... ».


        • Maldoror Maldoror 26 mai 2010 12:59

          Mélenchon ne demande ni la sortie de l’euro ni de l’UE. Par contre à gauche, le POI (parti ouvrier indépendant) dit clairement qu’il faut rompre avec l’Union européenne :
          http://www.dailymotion.com/video/xde7fn_gluckstein-la-gauche-contre-l-union_news
          (à partir de la 11ème minute)


        • galien 26 mai 2010 18:44

          Melenchon ne peut raisonnablement pas le dire, ce n’est pas le moment. Mais sur son blog il exprime clairement sa défiance vis à vis de l’UE, et à mots couverts sont désir de sortir de l’euro. L’avenir lui donnera peut être l’opportunité de nous sortir de cette saloperie, j’ai le sentiment que c’est le meilleur canasson, en tout cas le plus crédible.


        • rastapopulo rastapopulo 26 mai 2010 21:01

          pour la gauche sans doute


        • galien 26 mai 2010 23:33

          Oui, mais peut on parler en termes bipartisants sur le coup, nous sommes dans la même configuration qu’en 40, sous réel domination d’une puissance étrangère, le gouvernement ne gouverne rien.
          Donc une aliance Melenchon / Le Pen, même si elle semble relever de l’impossible, j’en rève secrètement. Un de Gaule / Jean Moulin des temps modernes, car rappelons que De Gaulle c’est l’action française avec les royalistes (un peu le FN) et Jean Moulin c’est le rad soc Front populaire (un peu Melenchon).


        • Anonymous Republic Punisher Rigel 27 mai 2010 00:16

          ouais comme Hitler avec ses SA et ses SS, les SA des National Socialistes « rouges » anti patronat et les SS des nationalistes capitalisto-esclavagistes partenaires economiques des banquiers et industriels américains ! lol


        • galien 27 mai 2010 01:10

          Mince je suis démasqué, ne le dites à personne.


        • raissa 26 mai 2010 12:20

          Oui vraiment très bon article,. Et s’il y a peu de réactions, c’est que ce qui est dit ne laisse pas de place à un quelconque espoir de s’en sortir. Contre le nouvel ordre mondial, dont les peuples ne veulent pas , notre résistance semble dérisoire. Moi je soutien DLR parce que l’UPR est encore plus marginalisé. Mais malgré toute notre bonne volonté et notre engagement désintéressé et sincère arriverons-nous à renverser la vapeur ?


          • Anonymous Republic Punisher Rigel 27 mai 2010 00:22

            C’est même pas la peine de voter au cas ou vous auriez pas compris la constitution Française est faite pour que seul les deux plus gros partis se dispute le pouvoir et la multiplicité des candidats au premier tour ne fait qu’accentuer ce phénomène ou provoque des accidents type « 21avril » (pas mal de gens pari sur un 21 avril à l’envers pour les prochaines élections avec tout le monde « obliger » de voter DSK pour contré le FN...heureusement que le vote n’est pas obligatoire finalement), donc si vous n’êtes ni PS ni UMP ni FN ni Europe Ecologie vous pouvez rester tranquille chez vous :D


          • Maldoror Maldoror 26 mai 2010 12:29

            C’est justement parce que l’UPR n’est pas encore assez connu qu’il faut le soutenir !!

            Mais sinon, il faut envisager les choses autrement : la crise va être grandissante et le mécontentement populaire suivra. Il faut se rappeler que le peuple français est MAJORITAIREMENT contre l’Union européenne, comme il l’a montré lors du referendum sur le Traité Constitutionnel.

            Ce qui veut dire qu’il ne reste plus qu’à le persuader qu’il a raison !

            Quelque chose de très simple à faire, signer la pétition pour sortir de l’euro :

            http://www.debout-la-republique.fr/petitions/index.php?petition=1&pour_voir=oui&lettre=100%27


            • Anonymous Republic Punisher Rigel 27 mai 2010 00:13

              Je pense pas que la Monnaie soit le problème de fond, revenir au franc n’empecherais en rien des attaques spéculatives, je crois que le gros problèmesc’est qu’on est diriger par des banques et des industriels et que notre armée est une section de L’OTAN, d’ailleurs vu qu’on à réintégrer le commandemant de l’Otan on pourrait abandonner l’arme nucléaire ça ferait quelques milliards d’economies ; depuis l’élection d’Obama nous sommes tous des Américains !!!


            • galien 26 mai 2010 18:34

              Jorion est européiste, néanmoins ses analyses sont intéressantes.
              http://www.pauljorion.com/blog/?p=11914
              de plus il a une fâcheuse tendance à censuré quand on le critique sur ses affinités.


            • Le Canard républicain Le Canard Républicain 26 mai 2010 14:40

              Article En route vers l’Assemblée transatlantique !  :
              http://www.pouruneconstituante.fr/spip/spip.php?article284

              Cordialement.
              J.G.


              • LE CHAT LE CHAT 26 mai 2010 15:28

                excellent article , cette Europe pour laquelle 55 % des français ont dit NON n’est qu’un cheval de troie atlantiste !


                • GéraldCursoux AnnO’Nyme 26 mai 2010 15:45

                  Laissons l’Union à 27 végéter... et créons un noyau dur à 4 autour de l’Euro : Allemagne, France, Royaume Uni, et... Suisse.


                  • perlseb 26 mai 2010 17:37

                    On peut aimer raisonner en terme de blocs (Etat-Unis, Europe, BRIC) pour attiser les nationalismes mais je ne suis pas sûr que les peuples soient les uns contre les autres. Les guerres (militaires ou économiques) ne sont pas décidées par les peuples : ils n’en subissent d’ailleurs que les très mauvaises conséquences.

                    Il faut raisonner en terme de groupes d’influence qui, effectivement, peuvent appartenir à certains blocs mais ne peuvent pas les représenter. Ceux qui spéculent contre les états aujourd’hui ne cherchent qu’à augmenter leur pouvoir et rien ne dit qu’ils ne spéculeront pas demain contre le bloc auquel ils appartiennent. Incapables d’empathie, la misère de leurs concitoyens ne les touchera pas plus que la misère qu’ils peuvent engendrer ailleurs.

                    Les peuples n’ont aucun intérêt à se liguer les uns contre les autres mais il est clair que si les gouvernements des Etats-Unis ou d’Europe ne font strictement rien contre la spéculation, ainsi que la grande instabilité et paupérisation qu’elle génère, nous pouvons simplement en déduire que les démocraties représentatives ne sont pas du tout démocratiques.


                    • galien 26 mai 2010 18:40

                      Perso je souhaite que nous sortions de l’UE par le haut, en créant une vrai Union Méditerranéenne, les PIGS me dérangent pas.
                      Il y a un potentiel de développement énorme et ont ferait la nique aux Anglais, US, aux pisse froid teutons de même qu’au FLN. D’autre part nous avons la technologie pour refaire Rome avec un retournement géostratégique total !


                    • Blanqui de Paris 26 mai 2010 18:23

                      Je ne pense pas , je pense au contraire que nous devons revenir à un systeme de banque central national et nationalisé qui redonnent le droit à chaque pays :

                      - De dévaluer
                      - De frapper monnaie
                      - De s’auto financer sans intérêts.

                      Et pour garder une unité de la zone Euro , revenir au vieux système (qui fonctionnait très bien) du serpent monétaire Européen ou une monnaie virtuel de référence (on peux y recycler l’Euro) avec un ajustement constant compris entre ç5% des différentes monnaies.

                      Monnaies qui sert alors de socle pour les exportations/importations de la zone Euro.

                      Et surtout surtout on reprend la main sur nos frontières pour négocier avec chaque partenaire notre balance commercial, je t’achètes cela si tu m’achètes ceci.

                      Et on recrée directe un plan de quinquenal de ré industrialisation... là on a peut être une petite chance de s’en sortir.


                      • rastapopulo rastapopulo 26 mai 2010 22:02

                        La vision de Cheminade me semble plus juste (les crédits publiques doivent être distingué entre ceux d’investissement sans intérêts puisque non-inflationiste et ceux avec intérêts pour couvrir des frais de fonctionnent donc inflationniste ce qui est applicable directement sans changer de dogme et n’exclue pas des mesures exceptionnelle de conversion de dette pour rattraper le vol des 30 dernière année et garanti une confiance international aussi en plus de dégager plus de marges pour les frais de fonctionnement de toute façon) et dévaluer avec le serpent monétaire est incompatible je pense.


                      • galien 26 mai 2010 18:25

                        Vraiment génial cet article. Il redonne de l’espoir et montre qu’en dépit de tout la République forme encore des cadres digne de ce nom (ou NON), on en voit aussi certains dans l’armée, mais je crains que le temps urge.
                        J’en viens même à espérer un coup d’état militaire avec dans la foulée une constituante, c’est notre seule chance de sortir de L’UE, BCE, OTAN.


                        • ZEN ZEN 26 mai 2010 19:45

                          Article d’une rare lucidité
                          Merci


                          • ZEN ZEN 26 mai 2010 19:53

                            Raoul Marc Jennar avait depuis un certain temps dénoncé la « trahison des élites » européennes

                            Vers la création d’un « marché transatlantique libre d’entraves » à l’horizon 2015....Les multinationales mènent le bal

                            -Raoul Marc Jennar
                            , chercheur à l’URFIG3, mettait en garde au cours d’un débat organisé au Parlement européen : « Le PET vise à soumettre l’Europe à la volonté des entreprises multinationales. C’est le Conseil européen lui-même qui, le 2 décembre 2003, déclarait :‘"Les relations transatlantiques surpassent les gouvernements. Les liens entre les communautés d’affaires et les sociétés sont le socle de ces affaires.’ » Ensuite, « le PET est une formidable agression contre la démocratie et le droit des Etats à s’organiser comme ils l’entendent. En effet, on peut lire dans le Plan d’action de la Commission européenne que ‘les accords négociés dans le cadre du PET s’appliquent à l’ensemble du territoire des parties,indépendamment de leur structure constitutionnelle à tous les niveaux de pouvoir. »

                            -Selon
                            Raoul Jennar, le projet d’un grand marché transatlantique« revient à négocier par étapes l’élimination progressive, sur l’espace européen, de toutes les législations et réglementations, nationales ou locales, qui pourraient entraver l’activité des entreprises américaines : protections sociales et environnementales, droit du travail, services publics, politiques culturelles et d’éducation, normes sanitaires, marchés publics, investissements, concurrence, etc. ». Au moins autant que les protections tarifaires, le projet vise les « entraves non-tarifaires », c’est à dire les normes spécifiques qui font obstacle à la mise en place d’un grand marché transatlantique. Ainsi, le rapport d’Erika Mann « met en garde contre la prolifération de réglementations complémentaires au niveau national, le non-recours aux normes internationales pertinentes sur lesquelles fonder les réglementations techniques, (et) les exigences excessivement lourdes en matière d’étiquetage ». Demain, des OGM et des hormones laitières dans nos assiettes ?

                            Le futur grand marché transatlantique :


                            • verdan 26 mai 2010 21:25

                              Merci pour cet article.

                              Je ne vote plus depuis 1995 ( on s’en fout pas mal , je sais bien...) , plutôt anar, pas de droite ni gauche du tout ( toute façon c’est un leurre ).

                              Mais avec le recul , quelle personnalité politique , que l’on aime ou que l’on déteste...peu importe...
                              dans le milieu des années 80 , lorsque mes 20 ans cons « me disaient de mépriser » cette personne.

                              à bas : l’Europe ,la mondialisation, l’immigration, les européistes , l’otan ,la financiarisation des sociétés....

                              Vous avez deviné , cette personne était en lice au second tour des présidentielles en 2002.

                              Je dois bien avouer , qu’il avait largement raison.

                              Qui , selon vous, serait plus condamnable , un type qui livre votre pays pieds et poings liés,à la curée, aux banques, à l’otan et à israël . Le tout , sans la moindre vergogne , vaseline aux lèvres, le majeur tendu à votre endroit ;

                              Ou un cyclope , infecte parfois , abject parfois aussi , mais clairvoyant.

                              Ce n’est plus le doute qui m’étreint, mais une forme de tabou , qui m’empêche de me parler vrai...

                              Que mes 20 ans étaient naïfs...

                              bonne soirée à tous et toutes


                              • rastapopulo rastapopulo 26 mai 2010 21:50

                                ... reste que la fille tombe exactement dans les même travers de rejeter la faute sur les immigrés (ou leur religion ce qui est la même chose au final) alors que c’est nos dirigeants qui ont laissé faire. En plus, ce n’est pas la raison principale de refuser une immigration économique de masse qui déresponsabilise les pays hôtes (croissance sans mesure dynamique) comme les pays d’origine (qui manque de tout mais peuvent s’en foutre vu que les élites qui le savent se barrent à l’étranger).

                                Dernier point, le FN devrait décider de partager la technologie française avec d’autre nations souveraine pour bien montrer que le protectionisme social est une mesure en faveur de tout les peuples.

                                C’est déjà 2 point important à soulever pour que le FN soit vraiment le porte drapeau de la juste souveraineté. 


                              • verdan 26 mai 2010 22:44

                                Bonsoir Rastapopulo



                                 « reste que la fille tombe exactement dans les même travers de rejeter la faute sur les immigrés (ou leur religion ce qui est la même chose au final) alors que c’est nos dirigeants qui ont laissé faire »

                                je partage entièrement votre opinion.

                                Cordialement


                                • BA 26 mai 2010 22:45

                                  Lundi 10 mai 2010, les Etats européens et le FMI ont réussi un gigantesque coup de bluff : ils ont dit qu’ils mettraient sur la table 750 milliards d’euros pour aider les Etats d’Europe du sud et l’Irlande.

                                  Ce coup de bluff a rassuré les marchés internationaux : les taux d’intérêt des obligations d’Etat d’Europe du sud se sont effondrés.

                                  Mais ce coup de bluff n’a duré que deux jours.

                                  Depuis le 12 mai 2010, pour emprunter sur les marchés internationaux, les Etats d’Europe du sud et l’Irlande doivent verser des taux d’intérêt de plus en plus élevés.

                                  - Si l’Espagne devait lancer un emprunt à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 4,20 %. Par comparaison, le 1er décembre 2009, ce taux n’était que de 3,733 %. Le graphique est ici :

                                  http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR%3AIND

                                  - Si le Portugal devait lancer un emprunt à 10 ans, il devrait verser un taux d’intérêt de 4,70 %. Par comparaison, le 1er décembre 2009, ce taux n’était que de 3,727 %. Le graphique est ici  :

                                  http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR%3AIND

                                  - Si l’Irlande devait lancer un emprunt à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 4,81 %. Le graphique est ici :

                                  http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR%3AIND

                                  - Si la Grèce devait lancer un emprunt à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 7,70 %. Le graphique est ici :

                                  http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR%3AIND

                                  Cette évolution montre que, depuis le 12 mai, les marchés internationaux ne font plus confiance aux pays d’Europe du sud et à l’Irlande  : leurs taux d’intérêts sont repartis à la hausse.

                                  En revanche, les investisseurs internationaux se ruent vers les emprunts de l’Etat allemand. Conséquence  : les taux d’intérêt des obligations de l’Etat allemand s’effondrent depuis le 10 mai 2010.

                                  - Si l’Allemagne devait lancer un emprunt à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt très bas : seulement 2,65 %. Le graphique est ici  :

                                  http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GDBR10%3AIND

                                  Conclusion : cette situation est intenable.

                                  La zone euro va exploser.


                                  • ChatquiChouine ChatquiChouine 26 mai 2010 23:35

                                    Eh bien, voilà un diplomate qui n’a pas la langue de bois....ça fait du bien.

                                    Je retiens essentiellement ce passage, concernat l’humiliation supposée des gouvernants européens à se voir « sauvés » pour partie par le FMI, donc les américains :

                                    « La situation serait humiliante pour l’Europe si ses gouvernants avaient encore deux doigts d’amour propre. Mais ce n’est pas le cas. Depuis quelques années et particulièrement avec le Traité de Lisbonne, le pouvoir politique européen, dans les différents pays, a choisi de se placer dans le sillage ou sous la coupe des Etats-Unis »

                                     Elle est belle, l’ Europe qui nous a été vendue pour faire contrepoids aux US et au Dieu Dollar !

                                     Maintenant, si c’est la volonté des peuples européens d’être les vassaux de l’ Empire....en tout cas, ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas...


                                    • Hieronymus Hieronymus 27 mai 2010 00:01

                                      bonsoir
                                      je reviens un peu plus en arriere au niveau de la constitution de l’Europe
                                      de Gaulle, n’etait certes pas infaillible et a parfois eu des decisions malheureuses mais a l’evidence dote d’une intelligence superieure, tres cultive et erudit, historien de temperament, il etait un visionnaire qui avait souvent raison avant les autres et savait porter un jugement d’une extreme lucidite sur les situations geopolitiques et humaines, aussi, aussi, il s’est toujours oppose avec la plus extreme fermete a l’entree de la Grande Bretagne ds le Marche Commun a l’epoque (avant l’UE), opposition levee ensuite a tort en 1973 par Pompidou, pourquoi CDG etait il un adversaire resolu a la presence britannique ds l’union europeenne ?
                                      parce qu’il savait l’histoire et les connaissait trop bien ;
                                      l’Anglais fondamentalement est anti-europeen, le regard tourne vers le grand large il n’a que mepris pour les gens du continent, il ne considere comme digne de consideration que les USA ou l’ex-empire d’outre mer, ds ces conditions il est evident que present ds une organisation europeene il ne peut jouer que contre celle-ci en servant d’autres interets essentiellement ceux des Etats Unis, bref la politique atlantiste et que celle-la ..
                                      de Gaulle etait parfaitement conscient qu’avec la GB ds l’UE il ne pourrait jamais y avoir d’europe politique car les Britanniques n’en veulent a aucun prix, pour eux l’Europe restera touours un corps et un concept etranger a leur politique, ils jouent contre l’Europe pas avec, dont acte !
                                      c’est ce qu’exprime Michel Charasse :
                                      « Je suis frappé par l’influence qu’exerce, pas toujours discrètement, et souvent avec cynisme, la Grande-Bretagne. Elle ne fait pas partie de la zone euro, mais son poids dans toutes les discussions financières est énorme. En général toutes ses décisions s’inscrivent dans la continuité de sa politique atlantiste. »
                                      le peche originel de la construction europeenne, c’est d’avoir admis la Grande Gretagne, point barre.


                                      • Maldoror Maldoror 27 mai 2010 00:56

                                        Je suis bien d’accord, la Grande Bretagne dans la CEE ne pouvait que continuer ce qui fut toujours son credo vis à vis de l’Europe : diviser pour régner.

                                        Mais la construction européenne était ab initio pilotée par les américains : je vous recommande également, au cas où vous ne l’auriez pas déjà consulté, l’excellent dossier de François Asselineau sur Robert Schuman où il montre la grande idée qui se cache derrière ce projet, c’est assez édifiant :
                                        http://u-p-r.fr/wp-content/uploads/2010/05/upr-dossier-la-face-cachee-de-robert-schuman-9-mai-2010.pdf
                                        Asselineau fait de la politique au marteau, c’est le crépuscule de l’idole des européistes. Une idole, et pour cause : ils ont même essayé de le faire canoniser !


                                      • Hieronymus Hieronymus 27 mai 2010 03:47

                                        sans doute Maldoror, tres certainement meme
                                        une super-puissance comme les USA ne pouvait pas etre completement « hors du coup » comme le projet de construction europeenne, c’est bien naturel surtout a l’epoque de la guerre froide ou l’Europe etait surveillee de fort pres ..
                                        bon mais si on peut disserter sur le fondement originel des choses (sans jamais pouvoir trancher la question definitivement) il est plus imperatif de se poser une fois la question du « faire » tranchee, celle du « comment faire ? »
                                        Pompidou ex-banque Rothschild etait a l’inverse de son mentor plutot anglophile, par contre il ne parlait pas allemand, est ce a cela que l’histoire a tenu ?
                                        il est manifeste que l’entree de la Grande Bretagne ds l’UE, pis qu’une erreur, a ete une magistrale aberration, compte tenu de son poids demographique et economique, celle ci devait entraver definitivement tout espoir d’une Europe politique a terme, or celle-ci aurait peut etre ete possible, autour du couple Franco-Allemand + Benelux, simplement la politique britannique n’a jamais permis « a la mayonnaise de prendre », alors on a beau jeu apres de dire que c’etait impossible, a mon avis, c’est faux ..



                                      • Maldoror Maldoror 27 mai 2010 00:34
                                        Alors que la grande majorité des Etats européens mettent en place l’austérité, le Parlement va offrir un ipad à chacun de ses membres. Un beau cadeau à 5 millions d’euros.http://www.marianne2.fr/736-ipad-pour-les-deputes-europeens-Vous-avez-dit-rigueur_a193307.html

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